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Saines Gourmandises sur Instagram ! (Quelle drôle d’idée…)

7 octobre 2019

 

{ Saines Gourmandises sur Instagram ! (Quelle drôle d’idée…) }

 

… Et une recette de croquettes thaïe au thon

(Pour les “étudiants” de 7 à 107 ans !)

 

Croquettes thaie au thon 1

Marie Chioca ©

Comment, Marie, tu n’es pas sur Instagram ?

Cette petite phrase énoncée sur un ton à la fois stupéfait, incrédule, compatissant, un brin choqué, revenait souvent ces dernières années. Mais je ne suis pas une super fan des réseaux sociaux, pour diverses raisons, la principale restant que je n’ai vraiment pas le temps. Et puis, cela me navre un peu de voir l’importance que ces réseaux virtuels ont prit dans nos vies ! Cela me rend perplexe pour la suite, aussi.

Car avant il suffisait du moindre échange de regard suivi de l’esquisse d’un sourire pour que se crée spontanément, par exemple dans une salle d’attente, une des ces conversations sympathiques qui, en plus de juste « faire passer le temps », pouvait être tellement enrichissante et chaleureuse. En petit comité j’ai le contact facile, c’est vrai, et même la « tchatche » comme on dit. Mais depuis deux ou trois ans, je ne croise plus beaucoup de regards. Tout autour de moi, il n’y a que des fronts penchés. Des fronts penchés ET des paupières baissées vers un rectangle noir, sur lequel les doigts pianotent compulsivement…

Dans le train ? Des fronts et des paupières baissées.

En ville ? Des fronts et des paupières baissées.

Au café ? Des fronts et des paupières baissées.

A la sortie de l’école ? Des fronts et des paupières baissées.

En parfois même en famille (ce qui est bien plus triste encore !) ? Des fronts et des paupières baissées…

Avouons que c’est un peu nouveau tout ça, à l’échelle de l’histoire de l’humanité. Je ne sais pas trop si nos cerveaux étaient bien préparés à une telle gifle… passer en deux ou trois générations du modèle « veillée le soir tous autour du feu » au modèle « chacun dans sa piaule derrière un écran », ça fait froid dans le dos.

Alors j’ai pris tout ça en grippe, sans bien faire dans le détail j’avoue : Facebook, Instagram, Whatsap, et même Pinterest (envahi depuis quelques temps « d’épingles sponsorisées » – c’est à dire de pub !- ), ça m’a gavé. Un jour j’ai lu cette petite phrase très drôle : « Avoir beaucoup d’amis sur Facebook, c’est comme être riche au Monopoly »…  et c’est tellement, mais tellement vrai.

Croquettes thaie au thon 2

Marie Chioca©

Pourquoi tout vivre –ou presque – à travers des écrans ? La vie n’est-elle pas encore plus full HD quand on la regarde en live avec nos petits yeux à nous, si bien faits, eux qui ont un écran retina monté en série, du 3D « réalité augmentée », un objectif reflex de plusieurs millions de pixels qui capture les plus belles images pour les stoker en ultra haut débit dans le cloud du cerveau, un autofocus infaillible bourré d’options méga intuitives, une batterie autonome qui peut durer plus de 80 ans, et tout et tout… J’ai l’impression qu’on peut passer à côté de nos vies, en tout cas à côté de moments très importants avec tout cet environnement numérique qui nous tente, qui nous bouffe, qui nous mine (et qui pollue !). Oh, bien sûr, il y a de jolies choses parfois, très inspirantes, sur le net et les réseaux sociaux. Moi aussi, j’ai épinglé des photos magnifiques sur mes tableaux Pinterest. Mais plusieurs fois, je me suis prise en flagrant délit de crétinerie avancée : Car c’est bien de passer 20min, le matin devant son café, à épingler des photos de paysages d’automne somptueuses, mais si c’est pour au final louper un lever de soleil grandiose dans les ramures du champ d’en face, quelle absurdité ! De même, lire des commentaires furieux sous un post d’actualité et rater du coup le départ des enfants à l’école, c’est nul aussi. Ils avaient peut-être des choses à me dire mes loulous, autrement plus importantes que la colique verbale de quelques trolls excités du clavier. Avant que la porte d’entrée ne claque, j’ai même eu droit à une petite bise toute fraiche, toute mignonne, toute timide, à laquelle je n’ai répondu que distraitement, le front plissé et soucieux, les yeux rivés sur l’écran. C’était nul. Plus jamais ça. Alors depuis trois ou quatre ans je ne « zone » plus ; enfin, presque plus. Avec ça, évidemment je ne suis jamais à la page des dernières tendances, c’est sûr, je loupe des épisodes, des choses parfois importantes qui se passent sur les blogs, Facebook ou autre, mais certaines priorités de la « vraie vie » sont bien plus capitales. Mieux vaut passer pour un blaireau et vivre heureux que de s’étioler tout seul en parfait geek. Et puis la tentation, quand on surfe, de passer d’une chose à une autre, puis une autre, puis encore une autre est bien trop chronophage ! Or, bien utiliser son temps, ne pas se le laisser voler par mille absurdités c’est un des piliers du bonheur, de l’équilibre, de l’harmonie.

Alors maintenant, chaque jour je déconnecte TOUT dès mon travail terminé, et je déconnecte complètement, j’aurais presque envie de dire « furieusement » ! Evidemment, après j’ai droit à des réflexions « Hé hé, t’as vu tout ce qui s’est passé dans le groupe whatsapp aujourd’hui ! Non ? Pas possible… Pfff, tu ne regardes jamais… ». Désolée les gars. Oui, mon téléphone a bien bippé toute la journée pour m’annoncer qu’il y a avait du nouveau sur Whatsap mais…

1/J’étais en train de bosser (à fond, comme d’habitude), et si je m’arrête toutes les 3 min pour tapoter sur le clavier de mon téléphone ça va pas être joli joli mon prochain bouquin !

2/ Quand j’ai enfin eu 10 minutes de battement pour souffler un chouïa en fin de journée (ce qui n’arrive pas tous les jours ) et que j’ai vu la notification « 63 messages » j’ai soupiré, refermé mon téléphone et je suis sortie faire le pitre dehors avec mon chien qui, lui, n’a jamais d’écran devant ses beaux yeux plein d’amour et d’espièglerie. C’est mieux je pense de jouer avec son chien que de regarder des mini-vidéos de mecs en train de le faire à notre place sur Youtube. Mais ça c’est juste ma vision de la vie, en mode blaireau (et fier de l’être).

Croquettes thaie

Marie Chioca©

Maintenant vous allez peut-être me dire que là, je suis en train de râler contre les méfaits d’internet en écrivant sur un blog, ce qui est complètement contradictoire…

Et c’est pas faux 😉

Mais déjà, premier point. Si j’escalade une colline au dessus de chez moi pour « haranguer les foules », ça risque de ne pas être très efficace. Au pire, vais-je terroriser un ramasseur de champignon, un vieux chasseur ou un vététiste, et ça c’est si j’ai de la chance car notre superbe forêt est vide (tout le monde est bien trop occupé à zoner sur internet, pour visionner entre autres des belles images de forêt).

On pourrait tenter le coup dans une grande ville, au beau milieu d’une place noire de monde, mais des petits bonshommes en blouse blanche risquent de vite m’embarquer dans une camisole. Et puis au lieu de m’écouter, les gens me filmeraient pour me balancer sur Youtube en opposant à mes arguments des objections très profondes genre « Lol », « MDR » et la controverse s’en tiendrait là.

Je pourrais aussi écrire un bouquin, qui se vendrait à au moins 30 exemplaires.

Alors pour ça, évidemment, un blog c’est bien, et même très bien, car cela permet de prendre le temps d’exposer des idées, en espérant qu’il y aura toujours des personnes qui prendront le temps de les lire car là aussi, on m’explique souvent que les gens “à la page” préfèrent zapper rapidement d’une image à l’autre, tout doit aller très vite, très très vite, très très très vite, de plus en plus vite… Sauf que certaines choses importantes méritent qu’on s’y arrête, qu’on les examine, qu’on les comprenne BIEN, avant de s’en faire une idée. Regardez l’alimentation saine par exemple, ça ne peut pas s’apprendre en trois croquis gribouillés sur Instragram ou Pinterest ! Moi ça fait bientôt 9 ans que je blogue, j’ai écris 40 bouquins, mais j’en ai encore des choses à partager… et à apprendre !

Il y a donc du bon dans la voie numérique, le tout étant de pratiquer la fameuse devise « autant que, mais pas plus que » qui me tient très à cœur. Utiliser Internet autant que  cela peut nous apporter de l’information (celle dont nous avons besoin… pas les démêlés médiatiques de Laetitia Markle ou de Meghan Halliday, parce que ça pardon mais franchement…), du rêve, de l’art, de la beauté, des idées pratiques (de déco, de cuisine, de loisirs créatifs, que sais-je encore !), des tutos intéressants (en bricolage écolo par exemple c’est génial !), de la musique, des documentaires passionnants, des échanges constructifs, parfois de grands éclats de rire, etc. Mais pas plus que… Car internet peut aussi vite devenir notre pire ennemi. Vous avez remarqué ? Plus on est fatigué, crevé, complètement sou l’eau, plus la tentation de « zoner » est forte, quasi hypnotique. Internet en général, et les réseaux sociaux en particulier, peuvent aussi engendrer beaucoup (trop) de colère, de frustration, de mesquinerie, de lâcheté, de mensonge, d’imbécillité, d’oisiveté, de violence, de parti-pris…

Protégeons-nous !

Mais depuis qu’on me dit qu’Instragram – si on l’utilise à bon escient !-, c’est bien, alors je tente l’aventure, coucou me voilà… avec juste une toute petite inquiétude car je ne sais pas si je pourrai assurer la réponse aux commentaires (pour cela, si je dois faire un choix je préfère garder la priorité à mon blog). Avec ce compte Instagram, j’essaierai de vous apporter un contenu qui vous fasse un peu de bien, soit à la santé, soit au moral, je n’y posterai pas exactement les mêmes choses que sur le blog (ça serait ballot), mais plutôt des petites tranches de vie prises par ci par là, non pas en me photographiant sous les trous de nez jour après jours en attendant que pleuvent les mentions « j’aime » (pitié), mais en partageant ce qui, je pense, pourra peut-être vous apporter un peu de douceur, un sourire, une idée, une information… bref, ce que moi aussi j’aime trouver sur Internet 😉

Je pensais que ça ferait un peu double-emploi avec le blog mais en fait non, car une photo et sa légende Instagram, ça se poste très vite, et cela permet de mettre quelques petites « brèves » que je ne savais pas très bien où insérer sur le blog… Bref, rendez-vous ici si le cœur vous en dit :).Vous pouvez vous abonner pour être tenu au courant des derniers posts, ou pas, c’est comme vous le sentez !

Juste pour la petite histoire, mon premier post sur Instagram a été une photo de Bouclette. Mais c’est vrai, vous ne connaissez pas Bouclette, c’est une histoire de coup de foudre, ou de coup de folie plus exactement, et si vous voulez je vous raconte ça en deux mots 😉 : J’étais allée chez un berger photographier son troupeau. Et puis il y a une brebis, une seule, qui est sortie des rangs pour se frotter contre moi en bêlant très fort et d’une façon si drôle, si drôôôle, que j’étais littéralement pliée en deux, ah, un de ces rires mémorables qui font tant de bien et n’arrivent pas assez souvent ! Elle ne bêlait pas comme un mouton, mais plutôt comme quelqu’un qui essayerait de brailler à tue tête en imitant vaguement un mouton, juste histoire de faire le clown. Et puis elle était si câline… Drôle et câline, comment ne pas craquer !

« Celle-là c’est un vrai pot de colle » m’a dit le berger. « D’ailleurs elle est à vendre, et elle attend des petits… » a-t-il ajouté d’un air détaché.

Et voilà comment je suis revenue avec Bouclette sur la banquette arrière de mon Renault Trafic (mon coffre était plein de légumes bio, et au prix que ça coûte, je ne tenais pas tellement à ce que Bouclette en fasse une orgie !), et mon mari s’es arraché les cheveux, le pauvre, c’est pas de tout repos 20 ans de mariage avec moi…

Maintenant j’ai Bichette (toujours en “maison de repos” chez nous) et Bouclette qui déambulent dans le verger. 

Avant, j’aurais baffé à grands coups de grelinette quiconque aurait osé abîmer une seule branche de ma haie de rosiers anglais mais là, je regarde avec attendrissement Bichette et Bouclette dévorer les fleurs, les feuilles…. Mes rosiers ressemblent à des arrêtes de poisson mais rien à cirer. Ce que la sécheresse, les rats taupiers et la canicule avaient déjà bien commencé, Bichette et Bouclette l’ont achevé (mais je sais qu’ils vont repousser, mes rosiers, c’était juste une année de %#8* pour eux, ah ils s’en souviendront de 2019 !). Bientôt, je vous posterai sur Instagram une petite vidéo de mes deux bêbêtes à jolies cornes, qui sont inséparables (et impayables ;)). 

Et maintenant, une recette pour combler toutes vos envies de street-food exotique, bien épicée et croustillante à souhait, du genre de celles que l’on savoure en se léchant les doigts… Super rapides à préparer, ces petites croquettes se jettent juste en petits tas dans la poêle avec une cuillère. Difficile de rêver plus simple !

C’est une recette facile, avec des ingrédients peu onéreux (les épices font partie des 4 ou 5 “incontournables” que je recommande d’avoir toujours au placard), peu de matériel (par exemple même pas de râpe pour zester le citron).

Riches en protéines, elles sont parfaites pour caler une grosse faim au repas de midi (avec par exemple un peu de riz ou un fruit pour compléter l’apport en glucides), mais peuvent aussi constituer deux repas du soir avec des légumes ou une salade (car conservées au frais, elles se réchauffent très bien à la poêle, une minute sur chaque face).

Ingrédients pour 1 à 2 portions

Préparation : 10 min

Cuisson : 6 min           

 

  • 140g de thon (poids égoutté)
  • 1 oeuf
  • Un morceau d’environ 1,5cm de gingembre frais
  • 1 gousse d’ail
  • 4 c. à soupe de farine (environ 60g)
  • Un demi citron bio ou non traité
  • 1 c. à café de curcuma + 1/4 de c. à café de piment en poudre
  • Environ 3 c. à soupe d’huile de coco, d’olive, ou d’huile neutre
  • Sel, poivre 5 baies.

Croquettes thaie

Marie Chioca©

Découper le gingembre et l’ail en tous petits cubes.

Presser le demi citron. À l’aide d’un économe, prélever un long morceau de zeste sur l’écorce du citron, puis le redécouper en petits cubes ou en petits bâtonnets.

Égoutter le thon, puis le malaxer avec les mains dans un grand bol avec tous les autres ingrédients de la recette sauf l’huile.

Faire chauffer l’huile dans une poêle, puis prélever des cuillerées de pâte, et les déposer en petits « tas » dans la poêle chaude (on peut s’aider d’une autre cuillère pour les faire tomber dans la poêle). Étaler un peu les « tas » en appuyant dessus avec une cuillère mouillée afin qu’ils cuisent plus vite, puis poser un couvercle et compter 3 min de cuisson à feu moyen. Les retourner, remettre le couvercle et compter 2 à 3 min de plus : les croquettes doivent être bien dorées, mais sans brûler.

Savourer aussitôt, tant que c’est délicieusement croustillant…

 

⇒ Et le reste du gingembre, j’en fais quoi ?

Pour ne rien gaspiller, vous retrouverez dans le livre un dhal indien et un moelleux citron-gingembre, mais vous pouvez aussi tout simplement préparer un  délicieux chaï épicé pour le matin, en rajoutant une belle rondelle de gingembre et de citron (et éventuellement un peu de cannelle) dans une tasse de thé nature. Ça réchauffe, ça réveille, et c’est même extra pour la concentration !

 

Recette extraite de l’ouvrage :

“Pressé, fauché, mal équipé… mais gourmand !

Recettes saines pour étudiants, jeunes actifs, solos…

Paru aux éditions Terre Vivante

Pour découvrir l’article de présentation de ce livre c’est ici (clic)

Pour découvrir le sommaire la 4ème de couverture, c’est ici (clic)

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{ Pressé, fauché, mal équipé… mais gourmand ! }

17 septembre 2019

 

{ Pressé, fauché, mal équipé… mais gourmand ! }

Recettes saines pour étudiants, jeunes actifs, solos…

 

Couverture du livreJ’aime bien relever les défis impossibles 😉

Car « impossible n’est pas gaulois », (déjà !), et puis de toute façon il faut parfois se casser un peu la tête pour faire avancer le schmilblik… Genre, trouver comment cuisiner le poisson de façon délicieuse, facile, mais avec des espèces pas trop onéreuses, non menacées et non polluées… ça c’était l’an dernier. Ou encore réaliser un livre entier de recettes vraiment appétissantes ET équilibrées pour les personnes qui n’ont pas de sous, pas le temps, pas de matériel, pas d’expérience, pas forcément beaucoup de notions en matière d’équilibre alimentaire… mais qui aimeraient bien se régaler quand même. Facile ! Et bien, heu. Non en fait.

Mais on peut parfois trouver quelque intérêt au fait d’être têtue comme une bourrique. Depuis le temps que je m’entends dire sur tous les tons (allant de l’excédé au mélodramatique en passant par l’amusé, le furibond et le pathétique) « Ah toi quand t’as une idée en tête… !», autant que ça serve à quelque chose.

Or, il fallait absolument un livre de cuisine saine pour les étudiants. Un livre qui soit gourmand et co-hé-rent !  Pas avec des recettes improbables que personne ne bouloterait dans la vraie vie, dont la préparation dure trois plombes, avec des ingrédients hors de prix (genre du saumon fumé ou du blanc de poulet vendu en découpes, ça coûte un bras ça les gars, et pourtant on en trouve dans tous les livres de cuisine dite « pour étudiants » !), et sans non plus tomber dans le cliché « cuisine étudiante = junk food ». Ah, parce que vous ne saviez pas ? C’est pourtant bien connu : Les licornes vivent près des arc-en-ciels et les étudiants ne doivent se nourrir que de sandwichs americanos qui dégoulinent de mayo.

Pour les licornes, je ne peux rien faire. Mais pour les étudiants…

– J’ai acheté une plaque de camping (si si, promis, et même deux : une jolie tout blanche un peu vintage qu’on voit sur les photos et une moche à induction!).

– Je me suis imposée de ne cuisiner pour ce livre qu’avec une poêle, une casserole et un faitout (même pas de mixeur !)

-J’ai scruté de (encore plus) près les étiquettes de prix. J’ai comparé, noté…

-J’ai chronométré mes recettes.

-J’ai cuisiné des portions solo (après des années à faire à bouffer pour un régiment, c’était plutôt reposant !)

-J’ai pensé à ceux qui n’auraient peut-être même pas de voiture pour le gros “ravitaillement” de courses.

-Je me suis mise (non en fait j’étais déjà…) dans la peau d’une personne hyper pressée, affamée, qui ne disposerait que de quelques minutes et de trois ingrédients du placard pour mettre quelque chose d’équilibré dans son assiette avant de craquer sur une grosse imbécilité (ça c’est moi à midi quand je suis toute seule).

Puis ces recettes, j’ai proposé à trois de mes grands enfants (17, 18 et 21ans) de les refaire, histoire de les voir se « dépatouiller » tout seuls, comme dans la vraie vie d’étudiants. Cela m’a permis de rajouter plein de petits conseils en plus…  que ma pauvre éditrice ne savait plus où fourguer (pour moi, il faudrait inventer des livres avec certaines pages qui se déplieraient en accordéon, ou qui se dérouleraient jusqu’à nos orteils, comme un parchemin).

Et puis je vais vous livrer un petit secret : Fabienne, Brigitte, Julie (les trois éditrices épatantes avec lesquelles j’ai travaillé sur ce livre) et moi même, on n’arrête pas de les refaire ces recettes, et pourtant, dans le genre « débordé » difficile d’imaginer pire. Comme quoi, on reste tous un peu « étudiants » dans l’âme dès qu’il s’agit de boulotter un petit truc vite-fait et bien sympa… 😉 

On découvre un petit extrait? Allez, c’est parti !

 

L’intro…

C’est un concentré de petites astuces et conseils “anti pétage de plombs” sur tout un tas de questions : Où faire ses courses, comment s’organiser, que mettre en réserve dans ses placards ou son frigo, comment cuisiner avec très peu de matériel et /ou un très petit budget, comment gagner du temps, qu’est-ce qu’un repas équilibré…

…bref, une sorte de petit coaching de “tata Marie” pour cuisiner en trombe des petits plats encore plus appétissants qu’au resto du coin. (Et même qu’avec toutes ces bonnes odeurs, les voisins risquent de se radiner, comme ça, l’air de rien, juste pour “prendre de vos nouvelles” sur le coup des 12H30, faites gaffe…)

 

 

Dans le premier chapitre, “Roi de l’impro”…

Vous apprenez à cuisiner des recettes vraiment très rapides…

Par exemple ces blinis express de tomate (10 min de préparation, quelques minutes de cuisson) … Et oui, je sais, les tomates en boîte c’est moins bien que les légumes frais, mais quel étudiant peut se permettre d’aller faire son marché peinard tous les matins, en sifflotant avec son petit cabas sous le bras, avant d’aller en cours?

 

Ici, c’est chili sans viande mais parfaitement bien équilibré pour le déjeuner, riche en protéines végétales et réalisé avec juste quelques ingrédients du placard. Réconfortant !

 

Vous voulez des “vrais” légumes frais? Pas de souci. Je liste dans le bouquin ceux qui sont les plus abordables, les plus rapides à cuisiner, les plus faciles à conserver, comme par exemple une simple de tête de brocoli dont la moitié permettra de préparer cette succulente omelette italienne…

 

… et l’autre moitié une bonne salade de riz tiède au thon, car j’ai pris soin dans cet ouvrage que rien ne  s’ennuie trop longtemps dans le frigo (car vous connaissez l’adage? Le tupperware c’est cette petite boîte qui permet de conserver soigneusement ce que vous ne jetterez que dans une semaine…). Bref, s’il faut ouvrir  une boîte de tomates pelées pour les blinis, hop, je vous donne la recette pour utiliser aussi le jus (un risotto rosso express que vous trouverez p30).

D’autres exemples anti-tuperwares-oubliés ? Les blocs de tofu se vendent généralement par deux ; Or, il en faut un pour le chili… et l’autre servira à faire de succulents steaks végétariens au parmesan (recette page 39). De même, si la réalisation d’une recette nécessite un steak surgelé (lesquels se vendent au minimum par quatre, et peuvent se conserver quelques jours dans le bac à glaçon du frigo) je vous donne des idées de recettes et d’utilisations pour les trois autres steaks de la boîte.

Ainsi, pas de gaspillage !

 

 

Dans le 2ème chapitre, on devient le roi de l’organisation !

… Avec des recettes à multiples “rebondissements” de type batchcooking ! Je m’explique.

C’est un concept que j’applique depuis toujours, et que j’ai déjà expliqué dans d’autres ouvrages : cuire en une fois, le plus simplement possible, une bonne quantité de quelque chose qui servira de base à d’autres recettes variées pour gagner du temps en semaine. Par exemple un plat de lentilles (très peu onéreux et très nutritif), qui se décline ensuite en trois plats express équilibrés. Ci-dessus, une assiette de moudardara libanaise, un mets délicieux que j’affectionne tout particulièrement !

 

Autre exemple avec un petit rôti de porc cuit à la casserole, et consommé en trois ou quatre fois (c’est tellement plus naturel que le jambon !). Après avoir savouré la première tranche toute chaude et la deuxième par exemple en sandwich à emporter, vous pourrez encore vous régaler d’une escalope panée (en version particulièrement saine, voir p69) ou de ces nouilles sautées chinoises… D’ailleurs les pâtes asiatiques, ça c’est un bon plan ! Elles ne sont peut-être pas aussi nutritives que des pâtes complètes, mais c’est tellement pratique pour dépanner quand on n’a que très peu de temps… il suffit de verser de l’eau chaude dessus, et trois minutes après, hop, c’est prêt ! Quant aux légumes frais de cette recette, ils sont particulièrement abordables, se conservent bien et cuisent vite, comme tous ceux proposés dans ce livre.

 

Autre exemple glané dans ce chapitre “Roi de l’organisation” : Même quand on est seul, mieux vaut cuire -par exemple le dimanche soir- un poulet entier (même sans four c’est possible, je vous explique ça dans le livre) car c’est beaucoup moins cher que d’acheter des découpes. Et avec ce seul poulet comme base vous réaliserez plusieurs repas formidables : La première cuisse de poulet sera savourée telle quelle, la deuxième cuisse sera apprêtée en pilaf aux épinards (c’est le montage photo ci-dessus), le premier blanc en one-pot-pasta, le deuxième blanc en poêlée forestière aux champignons et haricots blancs, le bouillon de cuisson servira de base à un potage écossais aux flocons d’avoine… et même les petits morceaux récupérés sur la carcasse seront valorisés en salade Caesar ! Evidemment, toutes ces recettes sont dans le bouquin, c’est pas juste pour vous faire saliver 😉

A noter que beaucoup des recettes de ce livre sont végétariennes car les légumineuses, les oeufs et certains fromages sont des protéines particulièrement économiques. Cependant, j’ai listé quatre protéines animales “abordables” pour un petit budget : le poulet entier, le rôti de porc, le steak surgelé et le poisson “carré” surgelé. Dit comme ça, c’est pas franchement folichon mais promis, ces trucs de cantine on va les relooker du tonnerre ! Pour en revenir à ce pilaf, il est d’une grande simplicité car tout cuit dans la même poêle, et vous (re)découvrirez peut-être en outre à quel point c’est facile à vivre, des épinards frais : une petite rincette dans la passoire, hop dans la poêle, et 3min après c’est déjà cuit…  sans rien devoir éplucher !

 

 

Le 3ème chapitre est pour les “veinards” qui ont un four…

(Avec parfois des variantes pour ceux qui n’en ont pas !)

Au départ, je m’étais dit “pas de four”… Mais comme vous êtes tout de même nombreux à vivre par exemple en collocation (avec souvent une “vraie” cuisine) je propose quelques recettes rigolotes. Non pas d’énièmes versions de quiches, de gratins ou de tartes dont vous trouverez les recettes un peu partout, mais plutôt des recettes un peu “magiques” tant elles sont simples et bluffantes !

Par exemple, une flamme aux légumes, à partir d’une pâte souple et délicieuse qui se prépare en 3 minutes avec juste un mug et une cuillère, qui s’étale à la main, qui cuit en 10min

Ou ces lasagnes végétariennes à la ratatouille, préparées à partir d’ingrédients du placard…

 

Ou encore des pitas-pizzas : la pâte n’est autre que des petits pains pitas complets longue conservation qu’on trouve très facilement en magasin bio. C’est épatant !

 

Le 4ème et dernier chapitre est pour les petites envies de sucré…

 

Bref, des gourmandises bonnes pour le moral comme ce granola croustillant…

 

Ces cookies au chocolat cuits à la poêle…

 

Ou ce gâteau au chocolat cuit à la casserole, dans un simple mug…

 

Pressé, fauché, mal équipé… mais gourmand !

Recettes saines pour étudiants, jeunes actifs, solos…

 

Paru aux éditions Terre Vivante

Pour découvrir le sommaire la 4ème de couverture, c’est ici (clic)

 

⇒ L’acheter directement sur le site de l’éditeur

⇒ Ou chez mon libraire-partenaire Decitre

{ Fromages maison, 1 : La méthode dite « lactique » }

6 septembre 2019

 

{ Fromages maison,1 : La méthode dite « lactique » }

 Picodons (ou saint-marcellins) au lait cru

(Recette en pas à pas spéciale “débutants” ;)) 

 

Cette année, je n’ai plus que deux enfants qui rentrent à l’école, et me souvenant de rentrées passées complètement épiques, j’ai comme une grosse nostalgie. Que l’être humain est bizarre tout de même ! Quand je repense à toutes les énormes galères de « quand-y-z’étaient-p’tits », je donnerais très cher pour rempiler histoire de revivre tout ça… Tenez, les courses de rentrée justement, avec un chariot monstrueux qui menaçait de s’effondrer sur ses roulettes, les « descentes » exténuantes pour écumer tous les Emmaüs de Grenoble à la recherche de vêtements adéquat… Pour six iroquois, je vous promets que c’était du sport :  genre, tenter de déchiffrer la taille à moitié effacée d’un pull pendant qu’un de mes garçons sortait en caleçon de la cabine d’essayage à cloche pied, la demi-jambe coincée dans un pantalon trop petit, que l’autre brandissait triomphalement une veste caca d’oie taille XXXL en claironnant « super chouette la veste de cowboy, en plus elle me va ! » , que la grande s’esclaffait « hé hé, t’as vu maman un peu la jupe de mémé à grosses fleurs que j’ai trouvé, elle est impayable celle-là » (évidemment juste sous le nez d’une pauvre dame affublée d’un imprimé tout à fait du même acabit), que la moyenne fifille avait faim, que sa cadette était prise d’une irrépressible envie de courir aux toilettes et que la petite dernière voulait faire la sieste, n’importe où, là, tout de suite, par exemple sur un monticule de couvertures pouilleuses qui sentaient le chien mouillé. Bref, épique je vous dit ;)).

Et puis il y avait la journée où l’on marquait pour l’école chaque gomme, chaque compas, et jusqu’à chaque stylo ou crayon individuellement  (j’en retrouve encore dans tous les recoins de la maison, et quand je m’en plante un dans le… dos en m’asseyant dans le canapé, et bien comme ils sont « signés » au moins on connaît le coupable !), celles où on préparait les cartables avec tendresse (ah, tous ces jolis petits cahiers, tout frais, tout neufs, tout propre, les pauvres, s’ils avait su…). Bref. Maintenant que  trois de mes grands sont partis d’un coup, et que ma quatrième est en alternance, il ne me reste plus à la maison que deux petites filles toutes sages, toutes douces, c’est reposant, c’est tout mignon, c’est plein de tendresse… mais c’est presque trop calme !

Bref, savourez bien chaque instant avec vos petits, car tout le monde m’avait dit « Profite bien, ça grandit si vite » mais moi, plus maline bien sûr, je pensais que le mythe des enfants qui grandissent trop vite c’était que pour les autres hein. Ben non. Tout ça pour dire… ben rien du tout. Ce n’était même pas l’intro de ma recette, ça m’a pris quand j’ai attrapé mon clavier. Faut croire que j’en avais trop gros sur la patate 😉

Et dans quelques années, vous allez voir que je viendrai pleurnicher sur mon blog « Ah, que c’était bien, quand j’avais deux petites filles si sages à la maison, que c’était mignon, que c’était poétique et apaisant, maintenant j’ai 12 petits-enfants déchainés qui piétinent mes plates bandes, qui tirent les oreilles de mon chien, qui écrabouillent les quelques jouets qui avaient résisté à leurs parents ». Puis quelques années plus tard « Bouhouhou que c’était mignon quand mes petits enfants venaient labourer mon salon… ». Je suis une vraie tête à claques en fait 😉

Bichette, en flagrant délit de bêtise dans mon potager. En d’autres circonstances, j’aurais sorti manu militari cette debroussailleuse à pattes de mes légumes ! Mais elle a été si malade, la pôôôvre, et ils sont si bons, mes choux-fleurs 😉

Alors je vais me mettre un grand coup de pied au derrière parce que la vie est belle quand même. Et puis en ce moment (et je sens que ça y est, je vais encore ouvrir une trop longue parenthèse), j’ai beaucoup de chance car je soigne une petite pensionnaire : Bichette. C’est une petite chèvre de quelques mois, et accessoirement, « LA » petite bête chérie adoptée à sa naissance par ma Poupougnette de 8 ans. Mais Bichette est tombée gravement malade (une plante toxique ?), au point qu’une de mes grandes nous a envoyé il y a 10 jours ce SMS alarmant « Bichette est morte », avec un petit émoticône qui pleurait toutes les larmes de son corps. Notre chevrier en chef, lui, venait tout juste (à 14H15 le pauvre) de s’asseoir chez moi devant son repas en revenant d’une grosse matinée de marché : il est évidemment rentré chez lui en trombes, a trouvé Bichette dans le coma mais encore animée d’un mini souffle de vie, a réussi à la faire « revenir » avec un massage cardiaque, lui a prodigué toutes sortes de soins jusque tard dans la nuit (je vous passe les détails, mais même le véto n’était pas optimiste du tout !). Pauvre Bichette… et pauvre Hugues aussi ! Car elle était prise par moment de fortes convulsions, et lors d’une de ces crises, la corne de Bichette a rencontré si violemment l’œil de Hugues qu’il a bien cru que dorénavant, il vivrait le restant de ses jours avec un bandeau de pirate (son œil a carrément « roulé » sous la corne, qui s’est enfoncée dans l’orbite de plusieurs centimètres, c’était horrible, et moi qui était à côté j’ai cru que j’allais tourner de l’œil – sans vouloir faire de jeu de mot super nul). Pour tenter de sauver Bichette (et éviter à sa petite maîtresse un énorme chagrin) il fallait lui faire boire goutte à goutte de l’argile et de l’eau sucrée toute la journée car elle avait bien reçu du véto le traitement adéquat, mais en attendant qu’il fasse effet (quelques jours), elle ne pouvait ni se tenir debout, ni boire, ni manger toute seule, d’où un état de deshydratation extrême. Et puis on a proposé au pauvre Hugues – qui était au bout du rouleau !- de nous emmener Bichette à la maison pour qu’on prenne la relève. C’était effrayant, elle était vraiment mal en point… On l’a couchée dans l’herbe, à l’ombre d’un arbre, avec une petite couverture et sa tête posée sur  un « oreiller » de paille, je vous promets que ça fendait le coeur. Elle n’arrivait pas à bouger du tout, ni même à bêler, mais nous suivait du regard. Je me disais « Pauvre petite bête, au moins on aura fait tout ce qu’on pouvait ». On s’est relayés pour la faire boire, manger (en lui enfonçant loin dans le gosier du foin, de l’herbe, des mini morceaux de pomme, etc. jusqu’à ce que le réflexe de mâche se déclenche, et même que là t’as intérêt à vite enlever tes doigts !). Chaque jour il y avait un petit progrès : jour après jour elle a relevé la tête, puis s’est remise debout, puis a fait trois pas, puis a attrapé toute seule une feuille pour la mâchonner, puis a bu sans aide, etc. Bref, cette histoire qui était si mal partie est bien jolie puisque chaque jour Bichette va un peu mieux… elle a même vampirisé mon potager, liquidé mes choux fleurs, piétiné mes plans de piment, dévoré  mes vignes, déplumé un rosier et totalement relooké un drap sur l’étendoir, mais c’est si mignon d’entendre enfin ce petit bêêê joyeux quand on s’approche du jardin !  Pfiou, on commence tout juste à s’éponger le front, ça y est, Bichette est sauvée (et je précise, en mère indigne que je suis, que bien évidemment, l’œil de mon fiston aussi !).

Et là je me rends compte qu’il y a sûrement des gens qui ont lu le titre du post « Picodons ou saint-marcellins au lait cru », qui ce sont dits « miam, chouette ! », et qui là sont au bout du rouleau, car les souvenirs de monstrueux chariots de rentrée, d’essayages cataclysmiques chez Emmaüs ou de petite chèvre qui a la colique et bien en toute sincérité, ils n’en ont franchement rien à braire . Désolée.

Et promis, je vais être très sage maintenant jusqu’à la fin du post.

Puisque vous avez été nombreux à plébisciter des recettes de fromages fait-maison, j’en posterai avec plaisir quelques unes sur le blog (mais pas tout d’un coup !). Grosso modo, il y a principalement deux grandes façons de faire du fromage :

1/ La méthode dite « lactique », qui donne des fromages comme le picodon, le crottin de chèvre, le saint-marcellin, le saint-félicien, le chaource, le valençay, le sainte-maure, le rocamadour, etc. Cette méthode se caractérise par une lente maturation du lait avec des ferments (ce qui a pour effet de développer l’acidité et le goût du lait), puis un emprésurage (l’ajout de la présure) à température ambiante, puis un caillage long, puis un égouttage long, généralement sans pressage.

2/ La méthode dite du « caillé-présure », qui est à l’origine de quasiment tous les autres fromages. Dans cette méthode, la maturation est plus courte et se fait généralement après un léger chauffage du lait additionné des ferments, l’emprésurage se fait à une température précise, le caillage est rapide, le caillé est brassé, parfois cuit, puis égoutté, voire pressé. En jouant sur ces divers paramètres, ainsi que sur l’affinage, on obtient un panel incroyable de fromages très différents : reblochon, parmesan, roquefort, camembert, munster, cheddar, gouda, cantal, ossau iraty, beaufort, gorgonzola, morbier, saint-nectaire, etc.

Il existe d’autres façons de faire du fromage, y compris sans présure (paneer indien, labneh libanais, azeito portugais etc.), mais les méthodes lactiques et de caillé-présure sont de loin les plus répandues.

Nous allons donc commencer par deux recettes « lactiques » qui se ressemblent beaucoup (le picodon et le saint-marcellin) car c’est un peu le BA BA des fromages : tout se fait à température ambiante (de la maturation du lait à l’affinage !), sans beaucoup de matériel, et si le lait est de bonne qualité le fromage est quasiment inratable, s’affine très bien, avec plein de variantes possibles (demi-sec, crémeux, bleu, etc.) ! Un bonheur pour les débutants donc… Mais aussi les personnes plus expérimentées, qui auront beaucoup de plaisir à produire un si bon fromage à partir d’une recette si simple !

Je vous rajoute en rouge au cours de la recette des petites infos pour vous aider à bien comprendre le pourquoi du comment. Cela rallonge beaucoup le texte mais ne prenez pas peur car ce ne sont que des explications en plus. En réalité, il est vraiment ultra simple de faire du fromage (surtout lactique !), c’est même bien plus fastoche que la plupart des recettes de cuisine en général ! Faut juste être plus patient, le temps que ça caille, que ça s’égoutte…

Des saint-marcellins affinés une semaine à température ambiante, sous un bol.

 

Fromage de chèvre type Picodon (ou de vache type saint-marcellin)

 

Ingrédients pour 4 fromages (en fonction de la taille des moules)

Temps actif de préparation : 15 min

  • 3 l de lait de chèvre cru et entier (ou de vache si on veut faire du saint-marcellin)
  • 3cl de petit lait (récupéré dans une boîte de fromages en faisselle bien frais par exemple), ou de kéfir bien actif
  • 4 gouttes de présure 
  • Sel.

Mélanger le lait avec le petit lait ou le kéfir. Couvrir, laisser maturer environ 12H à température ambiante (cette étape permet le développement des ferments lactiques, ces micro-organismes bienfaisants qui protègent le lait contre les bactéries pathogènes, mais aussi sans lesquels le fromage n’aurait aucun goût !).

Ajouter la présure préalablement diluée dans environ 3 à 5cl (pour faciliter sa bonne dilution dans le lait), mélanger au fouet (sans non plus trop insister sinon le lait peut commencer à coaguler en faisant des “grumeaux”), couvrir, puis laisser cailler 12H sans y toucher jusqu’à obtention d’un beau caillé à cassure nette (voir la photo ci dessous).


Enlever si possible avec une louche le petit lait qui surnage sur le caillé  (ça dépend des fois, parfois il n’y a pas de petit lait sur le dessus, et on ne le voit que lorsque qu’on commence à le briser), puis mouler le caillé avec une cuillère à pot (à mon avis, plus pratique que la louche) dans quatre faisselles à picodon ou à saint-marcellin, en veillant à casser le moins possible le caillé, et en laissant le maximum de petit lait dans la bassine.

Laisser égoutter 12H sur l’égouttoir bien propre de l’évier, ou sur une grille posée sur un plat si on veut récupérer le petit lait (ci dessous il y a cinq fromages car j’ai réalisé des saint-marcellins avec 5l de lait)…

…puis démouler délicatement pour retourner chaque fromage dans sa faisselle. 

Saler la face qui se retrouve alors sur le dessus de la faisselle (environ la moitié d’une petite cuillerée à café), et laisser égoutter 12H de plus.Démouler alors les fromages sur une grille ou un paillon (par exemple, une natte à sushi en bambou, ça fonctionne très bien).

Saler la deuxième face.

Laisser égoutter encore 12H de plus sur une grille ou sur une natte (on dit qu’on fait “ressuyer” le fromage”), puis mettre tel quel au réfrigérateur (dans une boîte hermétique pour éviter le « goût du frigo ») si on veut les savourer tout frais… ou passer à l’affinage.

Pour cela, on peut au choix, soit laisser les fromages sur une grille à température ambiante (en les protégeant bien des mouches) plusieurs jours jusqu’à ce qu’ils deviennent un peu plus secs, ou les couvrir chacun d’un bol pour conserver une meilleure hygrométrie (et rendre les fromages tout crémeux, avec une jolie peau plissée), soit les mettre dans une cave à environ 12 à 13°C pour un affinage de un mois ou plus…

Quatre affinages différents: dans le sens des aiguilles d’une montre, en commençant par celui en haut à gauche : Crémeux, frais, demi-sec, bleu.

 

 

Pour mieux comprendre…

 

⇒ Quel lait utiliser ? 

Du lait cru, bio ou fermier, ou à la rigueur du lait frais micro-filtré ou pasteurisé (avec du lait en brique UHT, c’est même pas la peine d’essayer hélas…)

⇒ Pourquoi retourner les fromages dans leur faisselle en cours d’égouttage ?

Tout simplement pour leur donner une jolie forme (sinon, le côté du fromage qui aurait égoutté sur le dessus ne serait pas arrondi) mais aussi pour qu’ils s’égouttent mieux, tout simplement

⇒ Que signifie « moulé à la louche » ?

Ces quelques mots fièrement mis en avant sur certaines étiquettes de fromages m’ont toujours beaucoup fait rire, car on serait tenté de penser que moulé à la louche, à la petite cuillère, à la pelle à neige, avec les mains ou même les pieds, ça ne change pas grand chose au final… Et que donc, comme « Label », c’est un peu nul. Cependant, il faut reconnaître qu’un fromage moulé à la louche comme ici – donc en brisant le moins possible le caillé – donne une texture encore plus crémeuse.  C’est donc moins important qu’un label bio ou fermier (qui garantissent souvent de bons fromages), mais ce n’est pas une indication si ridiculement inutile que ça…

⇒ A quel moment saler ?

Le sel aide le fromage à bien égoutter, mais si on le met au tout début de l’égouttage, il sera « lavé » par la grande quantité de petit lait qui s’écoule. Pour les fromages de type picodon, l’idéal est vraiment de ne saler qu’après avoir attendu 12H d’égouttage, puis retourné le fromage dans sa faisselle. Ainsi, il risque moins d’être lessivé (la majeure partie du petit lait s’étant déjà bien égouttée à ce stade là), mais aidera le fromage a gagner en fermenté avant d’être définitivement démoulé.

⇒ L’affinage :

Pour le picodon et le saint-marcellin (mais aussi bien d’autres fromages !), c’est en jouant avec la température d’affinage, le degré d’hygrométrie mais aussi la proximité avec d’autres fromages déjà affinés qu’ils deviendront soit demi-secs (de texture un peu cassante à la coupe mais fondante à dégustation, avec une peau assez lisse d’une couleur crème unie, quand on les affine quelques jours à température ambiante dans un lieu bien aéré), soit à peau plissée légèrement crémeuse et cœur moelleux (quand on les laisse affiner avec un bon taux d’humidité, par exemple sous un bol retourné), soit presque coulants à cœur (affinage plus long en cave fraîche ET avec une bonne hygrométrie), soit « bleus » (affinés en cave ou au frigo, à proximité d’autres fromages bleus). Pensez bien à retourner régulièrement vos fromages pour qu’ils ne collent pas aux grilles ou aux planches d’affinage !

⇒ Dans tous les cas…

Veillez à toujours travailler avec des mains et du matériel bien propre, y compris les éventuelles planches en bois brut pour l’affinage (qui ne doivent pas servir au fromage ET aux légumes, car les germes les plus embêtants en fromagerie proviennent souvent de la terre). Les planches d’affinage peuvent être en épicéa, hêtre ou bouleau, mais évitez les autres essences qui pourraient “déteindre” sur les fromages !

⇒ Le saint-marcellin…

Fortement emblématique du terroir Dauphinois, il est l’un des rares fromages lactiques de vache et sa fabrication, ancestrale, ressemble beaucoup à celle du picodon. La petite histoire raconte que le futur Roi Louis XI se perdit un jour à la chasse dans une forêt du Vercors, avant que des bûcherons ne lui portent secours et ne le réconfortent d’un morceau de saint-marcellin.  Conquis par ce petit fromage (qui était à l’époque préparé au lait de chèvre) il l’exigea ensuite à sa table et assura ainsi sa renommée.

Aujourd’hui, le saint-marcellin est fabriqué avec le lait des vaches de race montbéliarde, dont la jolie robe blanche tachetée de roux égaie les champs, les collines, les vallons, et sans qui les splendides paysages du Dauphiné ne seraient pas tout à fait les mêmes…

Pour le réaliser, c’est presque exactement la même recette que le picodon sauf que lors de la maturation du lait, puis du caillage, le lait de vache a beaucoup plus tendance que celui de chèvre à se déphaser, la crème remontant alors en surface pour former une peau ivoire : aussi veillez bien, en moulant le caillé, à répartir assez équitablement dans les faisselles le dessus du bac de caillé (qui est très riche) avec celui, plus maigre, du dessous, sinon, vous aurez dans la même fournée des saint-marcellins « light », et d’autres complètement décadents… Il faut aussi particulièrement bien veiller à soutirer le petit lait avant de mouler les fromages dans les faisselles, car l’égouttage est souvent un peu plus compliqué qu’avec du lait de chèvre.

On peut aussi écrémer à la louche le lait cru ayant un peu reposé avant de fabriquer le saint-marcellin.

⇒ Où trouver du matériel de fromagerie? (Présure, faisselles…)

Dans ma cambrousse, pardon, dans ma belle région de France rurale, tout simplement chez Gamm Vert : ils ont un rayon spécialisé pour cela, c’est chouette ! Sinon, et bien par exemple ici, ici ou ici.(Article NON sponsorisé !)

La présure se trouve aussi en pharmacie. Pour une fois, je ne recommande pas celle de la marque Nat’Ali (en magasin bio, que j’aime énormément par ailleurs et que j’utilise énormément en pâtisserie) car la dilution est totalement différente !

 

Des saint-marcellins maison frais, réalisés avec 5l de lait de vache cru et entier, 5cl de kéfir et 7 gouttes de présure.

Quand on laisse affiner les picodons environ 1 mois dans un endroit un peu frais et humide (cave, bac du frigo…) et à proximité d’un autre fromage à pâte persillée (roquefort par exemple) ils deviennent tout bleus, et leur goût change totalement. Moi, j’ai horreur de ça (désolée ;)), mais tous les autres membres de ma famille en raffolent !

Affinage 5 à 7 jours à température ambiante, sur une grille dans ma cuisine. Les fromages obtenus sont de type demi-sec, avec un petit goût très légèrement piquant et acidulé… délicieux ! La peau a pris une teinte ivoire et une texture plissée, due au ferment geotrichum candidum (à vos souhaits !) lequel est naturellement très présent dans le lait cru et le kéfir, et qui permet un affinage de nombreux  fromages mythiques comme le saint-félicien, le valençay, le chabichou, le rocamadour… mais aussi le picodon et le saint-marcellin, évidement !

Affinage plus poussé (3 semaines en cave, sous un bol)… c’est délicieusement crémeux et coulant sous la peau, avec un franc parfum de crème, des petites notes de sous-bois, et plus aucune acidité.

La petite Bicheeette <3 … son museau est si doux 🙂

Petit éloge de la nuance, épisode 2 

12 août 2019

{ Petit éloge de la nuance, épisode 2 }

 

Alors le lait, bon ou mauvais ?

(En bonus, la recette du kéfir de lait)

 

Lait et produits laitiers

Marie Chioca©

En lisant certains commentaires par ci par là sur internet (où l’on « m’accuse » d’être une grande adepte du soja, ce qui me fait dresser les cheveux sur la tête !), je me rends compte qu’il y a un petit malentendu : Oui, je suis bien l’auteure de « Cuisiner sans lait », mais non, je ne rejette pas tous les produits laitiers ! Cet ouvrage est destiné, comme je l’explique bien dans l’introduction (que certains râleurs n’ont visiblement pas lue, mais encore eut-il fallu pour cela qu’ils daignassent ouvrir ledit bouquin avant de grogner) aux personnes soit gravement allergiques au lactose, soit plus ou moins intolérantes (mais ça demande d’être nuancé, d’où mon article d’aujourd’hui), soit souffrant de pathologies pour lesquelles une éviction des laitages est souhaitable (certains cancers hormono-dépendants par exemple).

Une fois de plus – et n’en déplaise aux esprits manichéens – il n’y a pas un gentil (le lait végétal) et un méchant (le lait animal). Dans la vie, les choses sont rarement aussi simples.

Vous connaissez peut-être déjà mon amour de la nuance, laquelle pourrait changer bien des choses si elle était davantage appliquée en matière d’alimentation (sans même parler de politique, d’Histoire, d’écologie… bref !). La nuance c’est un peu la fille de la bonne volonté, la sœur jumelle de l’honnêteté intellectuelle, et la mère du bon sens. La nuance, certes, s’oppose à un certain dualisme excessif (ça c’est blanc ou noir, bon ou mauvais, basta), mais ce n’est pas  non plus le consensus dans la mollesse genre « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout le monde il a raison, tout le monde il a sa vérité », non, il faut parfois batailler pour la nuance, être exigent, et même un peu casse-pied ;). Insister sur l’importance de nuancer telle ou telle idée, ce n’est ni plus ni moins qu’une forme d’amour de la vérité et de l’exactitude dans une société ou les jugements sont hélas souvent de plus en plus hâtifs, simplistes… et tout particulièrement en matière de bouffe ! Il y aura donc probablement un épisode 3 du « petit éloge de la nuance » qui portera sur le gluten… puis peut-être un épisode 4 (si  certains “animalistes” surexcités continuent à me chauffer un peu trop les oreilles), et bien d’autres encore, pourquoi pas.

Bref, pour en revenir au cas particulier des produits laitiers :

Une vache Salers et son petit... quelles belles cornes !

Une vache Salers et son petit…  Marie Chioca©

Je connais des médecins qui préconisent absolument trois laitages par jour, pour tous, sans distinction, et qui n’en démordent pas. A croire que sans ça notre squelette va fondre, nos dents vont se décrocher, et qu’on va tous finir par ressembler à des calmars.

Et puis je connais d’autres médecins qui les bannissent, car pensez-donc madame, les laitages sont responsables de tous nos maux (avec le gluten évidemment). Troubles ORL, cancer, surpoids, cors aux pieds, redressement fiscaux, tout je vous dit ! Laitages et gluten seraient les Bonnie and Clyde de notre assiette ! 

Avec ça, allez y comprendre quelque chose. Allez surtout savoir que mettre au menu de nos enfants ! Alors je ne suis pas médecin, c’est vrai. Mais j’aime bien comprendre. Il y a quelques années j’ai essayé de supprimer les produits laitiers de mon alimentation pendant plusieurs mois. Ça ne m’a pas vraiment fait du bien, j’ai souffert de spasmophilie. J’ai aussi essayé, bêtement, le coup des trois laitages par jour (c’était il y a encore plus longtemps, j’étais jeune et influençable ;)) et j’ai vite arrêté en frôlant les 80kg ! Puis je suis arrivée depuis quelques années à une sorte, je pense, de bon équilibre, en tout cas pour moi et ma famille. Je ne vous dit pas de faire absolument pareil car je ne suis ni médecin, ni diététicienne, ni coach santé, ni dictateur en bouffologie (mon CV, c’est cuisinière/photographe, basta !) et de plus nous sommes tous différents, mais voici toutefois quelques pistes dont vous ferez vraiment ce que vous voudrez. C’est juste le fruit de nombreuses années de réflexion, de lectures variées, et de constatations très empiriques « sur le terrain » (le terrain c’est à dire moi, en fait, car j’étais le seul cobaye à disposition ;)).

Un saint-nectaire "maison" en cours de fabrication...

Un saint-nectaire “maison” en cours de fabrication… Marie Chioca©

 

⇒Affirmation N°1 (des « pro-lait ») : « Il faut manger trois laitages par jour pour ne pas manquer de calcium. » 

⇒Nuance(s) à apporter :Trois laitages par jour, c’est vraiment beaucoup ! Déjà en terme de budget, ensuite parce que cela surcharge le foie, peut perturber l’activité hormonale, et acidifier l’organisme. Or, qui dit acidose chronique dit… fuites en calcium pour « tamponner » l’excès d’acidité, et donc déminéralisation osseuse ! Trois laitages par jour cela représente aussi trop de protéines et de graisses animales pour nos organismes qui, des chasseurs-cueilleurs-cultivateurs qu’étaient nos ancêtres sont devenus zoneurs-sur-ordinateurs en même pas trois générations.

Et puis cela dépend aussi des gens (certains médecins disent même, des groupes sanguins, mais je ne sais pas ce que vaut cette hypothèse) : Il y a des gens qui peuvent consommer un peu plus de laitages que d’autres, et s’en portent très bien. Cela évolue aussi au cours de la vie : un petit bébé devra consommer 100% de produits laitiers (idéalement, le bon lait de sa maman) et non pas du lait de soja (trop perturbateur au niveau hormonal), de riz (pas assez nourrissant) d’amande (trop allergisant), etc., alors qu’en approchant de la quarantaine ou de la cinquantaine, beaucoup de personnes commencent à moins bien digérer les laitages qu’avant, même en quantité raisonnable. Il faut donc savoir écouter son corps (et non sa gourmandise,dommage! ), car la bonne tolérance (ou pas) aux produits laitiers évolue au cours de la vie. Evolue ou fluctue, avec parfois des hauts et des bas : ainsi, une légère intolérance au lactose ressentie par exemple en période de stress intense ou de convalescence ne signifie pas que vous resterez intolérant à vie ! Juste que vous devez lever le pied quelques temps… jusqu’à ce que votre corps retrouve son équilibre.

A la maison, nous consommons 3 à 5 laitages par semaine (et pas n’importe lesquels, ni à n’importe quel repas, voir plus bas)

Une chèvre du Rove...

Une superbe chèvre du Rove (race provençale, mais photographiée tout près de chez nous dans le Dauphiné). Un éleveur dont le troupeau de moutons avait été décimé par le loup les a jointes au cheptel pour aider… ses chiens (!) à défendre le troupeau.. Et ça marche, car contrairement aux moutons les chèvres tiennent souvent tête aux loups, et avec de telles cornes, mazette… Marie Chioca©

⇒Affirmation N°2 (toujours des « pro-lait ») : « Il faut manger beaucoup de laitages après 50 ans pour éviter l’ostéoporose »

⇒Nuance(s) à apporter : C’est pas dit… Car comme nous l’avons vu juste au dessus, un excès de laitages engendre de l’acidose, laquelle accentue les risques d’ostéoporose. 

On trouve aussi du calcium dans d’autres aliments (brocoli, algues, sésame, fruits de mer, etc.), cependant, il semblerait que le calcium des eaux minérales ou de certains végétaux ne soient pas aussi bien assimilé que le calcium du fromage (à vérifier, mais je l’ai lu plusieurs fois). On peut donc, pas exemple, consommer de temps en temps des produits laitiers de bonne qualité (voir plus bas), mettre par ailleurs le plus possible de calcium végétal au menu, et renforcer son squelette avec de la vitamine D naturelle, de la silice organique, de la prêle, de l’ortie, pratiquer un peu d’activité sportive (à condition de ne pas se lancer non plus dans l’ultra trail ou le saut en parachute !). Il faut surtout lutter contre l’acidose chronique au quotidien, mais ce serait trop long de détailler cela ici, bien que ce soit intéressant. Renseignez-vous bien sur la question de l’équilibre acido-basique si vous souffrez d’ostéoporose. 

 

Un brousse de brebis fait-maison...

Un brousse de brebis fait-maison… Marie Chioca©

⇒ Affirmation N°3 (des « anti-lait ») : « Le lait, c’est mauvais pour la santé. »

⇒ Nuance(s) à apporter : Oui, c’est vrai, le lait sera mauvais pour votre santé si vous souffrez par exemple d’un cancer hormono-dépendant, d’une grave maladie inflammatoire chronique, d’une allergie au lactose (ou d’une intolérance avérée). En dehors de quelques pathologies, et bien tout dépend de la fréquence à laquelle nous consommons des produits laitiers (ça nous venons de le voir) mais aussi de quel lait on parle… et de quel laitage en particulier !

Car il y a un MONDE entre un verre de lait UHT produit par des vaches nourries à l’ensilage et le même verre de lait cru bio de vache, ou encore mieux, de chèvre.

Je m’explique (j’essaye d’aller au plus court mais ça va quand même être long).

– L’élevage : Dans le lait issu d’un élevage conventionnel on retrouve des antibiotiques, parfois des hormones bizarres, et beaucoup de graisses saturées car la façon dont les vaches sont nourries (ensilage, excès de soja et de céréales) influe sur la qualité même des graisses du lait.

Le lait issu de vaches mangeant de l’herbe et du foin est plus riche en omégas 3. Si de plus, les vaches sont bio, vous n’aurez pas de résidus d’antibiotiques.

– L’animal : Le lait de vache serait plus perturbant d’un point de vue hormonal que celui de chèvre ou de brebis. Cela ne veut pas dire que l’on doive le bannir, mais juste si possible privilégier davantage ceux de chèvre ou de brebis, comme cela se fait de façon ancestrale dans le régime méditerranéen par exemple.

– Le traitement du lait : Dans le lait UHT il n’y a plus aucun ferment, aucun probiotique, bref, plus de vie. C’est un aliment mort, stérilisé, indigeste. De plus, le traitement subi par le lait pour le rendre « UHT » modifie (si j’ai bien compris) les molécules mêmes de protéines et de graisses, les rendant plus aptes à traverser nos parois intestinales (d’où des risques accrus d’intolérances). Le lait cru, non homogénéisé, contient quant à lui dès la sortie du pie une diversité admirable de probiotiques, de ferments, de bonnes bactéries, bref, toute une vie, tout un brave petit peuple microscopique… qui aide déjà un peu à la digestion du lait, et ne demande qu’à se développer pour donner de bons fromages ou laitages, encore plus assimilables une fois fermentés ! Le lait cru (ou à la rigueur frais micro-filtré), de bonne qualité, est déjà meilleur donc que le lait UHT, mais gagnera beaucoup à être transformé en laitage ou en fromage avant sa consommation, car cette transformation (quand on ne dépasse pas une température de 57°C au moment de la fabrication) n’est autre qu’une sorte de multiplication « magique » de toute une flore composée de ferments naturels, de probiotiques, de champignons et d’enzymes qui nous font beaucoup de bien ! Pourquoi acheter à prix horrible des gélules de probiotiques quand on en trouve autant (et même davantage, avec une diversité bien plus impressionnante) dans les yaourts, fromages blancs, fromages frais, fromages affinés, kéfir, lait ribot, crème fraîche, etc. Bref, les laitages fermentés sont, comme tant d’autres aliments fermentés, bénéfiques à une bonne santé intestinale, mais aussi à une bonne immunité par exemple. 

 

Un cantal maison

Là c’est un cantal fait-maison. Vous me direz hein, si ça vous intéresse les recettes de tous ces fromages 😉 Marie Chioca©

⇒ Affirmation N°4 (des « anti-lait ») : «Le lait, ça fait grossir »

⇒ Nuance(s) à apporter : Oui, cela peut faire grossir. SI l’on consomme trop de laitages (excès de protéines et de matières grasses, fatigue du foie, inflammation chronique, perturbation hormonale, tout cela pèse sur la balance), et/ou si on les consomme régulièrement le soir, et/ou si on les choisit mal.

Il faut aussi savoir que les laitages peu ou non égouttés (donc riche en « petit lait », appelé aussi lactosérum), même s’ils sont par ailleurs intéressant pour la santé (yaourts par exemple, ou lait fermenté), peuvent chez certaines personnes augmenter la production d’insuline. Alors si vous êtes diabétiques, ou en surpoids, mieux vaut privilégier les laitages bien égouttés (faisselle plutôt que yaourt), frais ou affinés. Et il ne faut pas non plus oublier que plus le fromage est affiné, plus il est concentré en matières grasses et protéines ! Une portion de 50g de chèvre frais, c’est super raisonnable, mais 50g de comté, c’est beaucoup…

 

 

⇒ Affirmation N°5 (toujours des « anti-lait ») : « Le calcium du lait, on le métabolise pas bien »

⇒ Nuance(s) à apporter : Déjà, je n’ai jamais pu savoir qui avait raison entre les « pro-lait » qui affirment qu’on n’assimile pas aussi bien le calcium végétal que le calcium du lait, et les « anti-lait » qui disent exactement le contraire ! Mais une chose est sûre, on peut créer de bonnes associations d’aliments : Pour ma part, je mange du fromage au cours de repas ne contenant pas d’autres protéines animales (ou alors très peu, genre juste un œuf ou un peu de poisson). Cela évite les digestions difficiles, mais aussi les excès de protéines au même repas qui créent toutes sortes de troubles (problèmes de côlon, acidose, etc.). J’essaye, de façon générale (car je fais des exceptions, évidemment !) de ne pas manger de fromage en même temps que de la viande car l’assimilation du calcium et du fer serait semble-t-il en conflit s’ils sont consommés au sein d’un même repas. On peut aussi consommer un peu de fromage au petit déjeuner : du chèvre frais sur du pain complet grillé, avec un filet d’huile d’olive ça cale bien et c’est le bonheur !

Bref, je ne sais pas quel calcium est le plus assimilable, celui du lait ou celui des végétaux ? Dans l’impossibilité d’avoir une réponse sûre à ce sujet, j’ai adopté une position que je pense prudente : je mange « un peu de tout, et de tout un petit peu ! »

Un fromage de brebis

Un fromage de brebis (fait-maison aussi, avec une recette traditionnelle Corse) Marie Chioca©

⇒ Affirmation N°6 (des « anti-lait ») : « La preuve qu’on peut vivre sans lait c’est que les asiatiques n’en consomment traditionnellement pas et sont en très bonne santé »

⇒ Nuance(s) à apporter : C’est vrai ! Et certains d’entre eux cassent même des briques avec le tranchant de la main, tout ça tout ça, preuve que leurs squelettes sont bien assez solides pour que le diktat des 3-produits-laitiers-par-jour soit un peu mis à mal… Mais certaines populations qui consomment énormément de laitages (en Europe centrale par exemple, ou, beaucoup plus proche de nous, dans les Alpes) sont AUSSI en très bonne santé*, et c’est même là un grand mystère pour les « anti-lait ». De là à penser que, pour le lait comme pour le reste (soja, blé, etc.), nos organismes forgent leurs affinités alimentaires en fonction du terroir d’où il sont issus, il n’y a qu’un pas. Il n’est pas impossible par exemple que notre microbiote (la flore intestinale) ait évolué différemment selon que nos ancêtres aient été élevés depuis des générations au pain et fromage ou au riz et soja. On sait que dans la nature, la flore sait s’adapter. Pourquoi pas la flore intestinale ? Bref, une sage indication sur ce qui nous convient le mieux en matière d’alimentation consiste peut-être à essayer de reproduire autant que possible ce que faisaient nos anciens. Voilà aussi pourquoi chaque cuisine ancestrale et traditionnelle du monde est un trésor de l’humanité, et pourquoi il serait bien dommage de tout noyer dans une espèce de grande « fusion-food universelle » comme cela se fait hélas de plus en plus.

*Cela n’est vrai que si l’on parle du mode de vie réellement ancestral de ses peuples, soit des montagnes, soit des grandes steppes. Un mode de vie qui, par sa nature même, inclue aussi beaucoup d’activité physique au grand air, des cueillettes sauvages, des aliments non transformés et naturellement “bio”, du lait d’une extrême qualité, etc. Car évidemment, tout cela compte beaucoup ! On ne le répètera jamais assez… Dès qu’un peuple abandonne son mode de vie pour adopter notre “beeau” (sic) mode de vie moderne (malbouffe, produits industriels ultra-transformés, graisses trans, élevage intensif, pesticides sur les cultures, sédentarité, glucides raffinés, etc.) il adopte automatiquement tout le cortège des maladies dites de civilisation (re-sic) qui va avec… à méditer !

 

Pour résumer, voici comment l’on procède chez les Chioca en matière de produits laitiers :

– 4 ou 5 laitages par semaine et par personne

– En portion raisonnable (1 laitage = un seul yaourt, ou 30g de parmesan râpé, ou 50g de chèvre frais, ou un verre de kéfir de lait… ou un demi reblochon par personne (ça c’est pendant les vacances en Haute-Savoie)

– Mais jamais du lait en bouteille, non fermenté (personne chez nous ne boit de bols de lait au petit déjeuner par exemple : on carbure au thé, au café, à la chicorée, aux tisanes et au lait d’avoine)

– Toujours bio ou fermier

– Soit de vache, soit de chèvre, soit de brebis, mais en donnant quand même la préférence aux deux derniers

– Je fabrique la plupart de mes laitages (oui, et même mes fromages, d’ailleurs dites-moi si ça vous intéresse que je vous en parle ici)

… à partir de lait de chèvre cru bio (là je suis pistonnée, j’avoue), de lait de vache cru bio (que je trouve au rayon frais du supermarché, ou chez une éleveuse de ma région qui n’a pas le label bio mais dont le troupeau est toujours dans les champs), ou de lait de brebis acheté auprès d’un petit jeune du coin (mais ça reste assez cher, le lait de brebis).

Pour terminer j’ajouterai, sincèrement, que je ne peux imaginer une vie sans picodon de chèvre, ni cantal, ni mozzarella, ni reblochon, ni ossau iraty, ni gorgonzola au mascarpone, ni saint-félicien, ni chaource, ni saint-nectaire, ni tomme de Savoie, ni pecorino au poivre, ni beaufort, ni parmesan, ni rocamadour, ni valençay, ni brillat-savarin, ni pointe de brie, ni… râââââh, que c’est bon tout ça ! Et puis la gourmandise, ça rend heureux, et le bonheur, c’est la santé. Et puis c’est du patrimoine, de la culture générale, quoi. Et puis là je me rend compte que mes derniers arguments ne sont peut-être pas les plus objectifs de cet article 😉

Bon, on passe à la pratique? Voici la recette du kéfir, ou comment rendre un litre de lait encore plus bienfaisant, une sorte de petite “bombe” en probiotiques, de surcroît au goût délicieux et repiquable à l’infini…

Marie Chioca©

 

Le kéfir de lait à boire

 

Les grains de kéfir

Les grains de kéfir. Marie Chioca©

Le mot « kéfir » désigne tout aussi bien la boisson réalisée ci-après que les petits grains blancs et gélatineux qui servent à sa fermentation. Ces fameux grains de kéfir, qui ressemblent vaguement à des minis choux-fleurs et dont l’origine se perd dans la nuit des temps, sont en fait une sorte de symbiose entre des bactéries et des levures, une véritable bombe en micro-organismes vivants et bienfaisants, dont une multitude de ferments probiotiques (ceux que l’on paye si cher en gélules, alors qu’ils se retrouvent par millions dans chaque gorgée de ce délicieux breuvage…).

Certaines personnes ayant des soucis avec le lactose affirment même que le lait fermenté au kéfir ne leur pose aucun souci… Bon pour la santé donc le kéfir, certainement. Mais c’est aussi un régal : qu’il soit doux et crémeux comme un yaourt à boire, ou légèrement pétillant (je vous donne plus bas les deux versions possibles) on le boit d’abord par gourmandise !

 

Ingrédients pour 1l de kéfir à boire

Temps de préparation actif : environ 5min

 

Environ une c. à soupe de grains de kéfir de lait bien actifs

1l de lait cru à température ambiante (vache, chèvre ou brebis)

Facultatif : 2 c. à soupe de sucre roux (pour que ce soit plus pétillant)

 

Mettre les grains et le lait dans un bocal. Laisser fermenter environ 24H (tout dépend de la température ambiante), en agitant éventuellement le bocal de temps en temps pour que la préparation reste fluide.

Quand le lait a bien épaissi et pris un délicieux parfum un peu lactique et acidulé évoquant le fromage blanc en faisselle, c’est prêt ! Le filtrer à travers une passoire posée sur un entonnoir – lequel sera évidemment déposé dans le goulot d’une bouteille – pour récupérer les grains de kéfir (qui serviront à ensemencer d’autres fournées de kéfir), fermer la bouteille et placer au frais. Consommer idéalement dans la semaine, quand les ferments sont encore bien actifs.

 

⇒ Le saviez-vous ?

  • Si on ne relance pas tout de suite une nouvelle fermentation de kéfir, on peut conserver les grains longtemps au frais dans un tout petit bocal de lait, à condition de changer ledit lait tous les 5 jours environ (j’ai lu sur certains blogs qu’on pouvait changer le lait une fois tous les 3 mois seulement, mais je n’ai pas osé, de peur de perdre mes petits grains « magiques ») pour assurer à la fois le gîte et le couvert à ce gentil petit squatteur de frigo… qui nous rendra au centuple ces quelques bons soins !
  • Le lait de vache donne du kéfir plus épais que celui de chèvre, mais les deux sont excellents au goût Le kéfir de brebis est probablement tout aussi délicieux, mais je n’y ai pas encore goûté !
  • Si suite à la fermentation votre lait a trop épaissi, et que vous rencontrez quelques difficultés à le filtrer pour récupérer les grains, secouez bien le bocal pour le liquéfier avant de tout verser dans la passoire. On peut aussi récupérer les grains de kéfir tout simplement en partant « à la pêche » avec les doigts ou avec une fourchette dans le bocal de fermentation, puis, une fois les grains mis en « sécurité », fouetter le lait fermenté pour le rendre plus fluide et onctueux.
  • Où trouver des grains de kéfir ? Les ferments en poudre que l’on vend en petits sachets au rayon frais dans les magasins bio permettent certes de préparer une délicieuse boisson lactée au goût très proche du kéfir traditionnel, mais ne sont pas de véritables grains de kéfir. Ces derniers, par tradition, ne se vendent jamais : ils s’offrent ou se troquent ! Des forums de dons ou d’échange de kéfir existent sur le net, ainsi que des groupes Facebook, mais on peut aussi tout simplement déposer une petite annonce dans un magasin bio : c’est avec cette méthode que j’ai pu trouver des grains de kéfir en 48H seulement !
  • Si l’on souhaite faire du kéfir de lait un peu pétillant, le laisser fermenter, une fois filtré, 24h de plus dans une bouteille à température ambiante… sans visser le bouchon à fond !
  • Pour cette recette, l’idéal est d’utiliser du lait frais, soit cru, soit microfiltré ou pasteurisé car le goût sera bien meilleur ainsi. Mais si vous n’avez que du lait UHT sous la main, vous pouvez l’utiliser : en restaurant la flore de ce pauvre lait stérilisé, le kéfir lui redonnera une bien meilleure digestibilité.
  • Selon le type de lait utilisé (vache, chèvre ou brebis), sa qualité (cru, microfiltré, pasteurisé, UHT), son traitement (entier, demi-écrémé) mais aussi la température ambiante au moment de la fermentation, le kéfir obtenu peut avoir un goût et une texture très différents ! Mais du moment que le lait a épaissi, et sent bon, soit le fromage blanc, soit le yaourt, c’est que tout s’est bien passé !
  • Apparement, il est possible que le kéfir réalisé avec des grains un peu “fatigués” (qui sont par exemple restés longtemps au frigo) puisse avoir un gout un peu bizarre… Mais il ne faut pas se décourager ! Au bout de quelques tournées, le temps de se “remettre dans le bain” il reprendra un goût délicieux. Moi j’ai eu beaucoup de chance avec le kéfir que l’on m’a donné : dès que j’ai humé le bocal, j’ai su que j’allais aimer le kéfir 😉

 

 

« Yaourts » de kéfir

 

Marie Chioca©

Contrairement au kéfir à boire présenté dans la recette précédente, celui-ci se mange à la cuillère, et présente une extraordinaire texture, crémeuse à souhait, bien plus épaisse que celle de la plupart des yaourts maison. Comme c’est en outre beaucoup plus facile à faire (car le lait fermente à température ambiante), et tout aussi riche, voire plus, en probiotiques, cela pourrait bien nous faire remiser définitivement à la cave toutes les yaourtières qui encombrent nos placards…

 

Ingrédients pour 6 à 8 « yaourts » de kéfir

Temps de préparation actif : 5 min

 

10cl de kéfir bien actif (la boisson ci-dessus)

1l de lait cru (ou à la rigueur frais microfiltré) de vache bio et entier

 

Mélanger le kéfir et le lait. Verser dans les pots, couvrir d’un torchon et laisser fermenter environ 24H à 48H (tout dépend de la température ambiante), jusqu’à que la préparation soit bien épaissie.

Couvrir les pots et mettre au frais au moins 4H avant de savourer.

C’est tout !

 

Marie Chioca©

⇒ Le saviez-vous ?

Dans la recette précédente (kéfir à boire), ce sont les grains de kéfir qui font fermenter le lait. Dans ces « yaourts », c’est juste un peu de lait fermenté repiqué d’une précédente tournée de kéfir-boisson, car ainsi, on n’est pas obligé de partir à la « pêche aux grains » ce qui casserait immanquablement la jolie texture de ces yaourts ! Mais contrairement aux véritables yaourts (ceux que l’on fabrique en faisant fermenter à chaud du lait et du ferment pour yaourts), ceux-ci ne sont pas « repiquables » à l’infini et au bout d’un moment, la flore du kéfir s’appauvrit. Mieux vaut donc à chaque fois utiliser 10cl de kéfir-boisson pour ensemencer le litre de lait, plutôt qu’un pot de «kéfir-yaourt  d’une tournée précédente.

 

Allez, on termine ce (long) article sur le lait par quelques belles images de vaches, de moutons et de biquettes prises cet été (j’ai toujours un souci avec l’algodystrophie, mais je commence à aller faire le guignol boiteux dans les champs avec mon appareil photo alors c’est preuve que ça va mieux). Ah, que j’aime la campagne… Mais ça, vous le savez n’est-ce pas? 🙂

 

Une vache de race limousine

Une vache de race limousine

Génisses

De jolies petites génisses juste au dessus de chez moi (derrière la colline, il y a ma maison).

Montbéliardes

Deux belles montbeliardes, une race très répandue par chez nous puisque c’est avec son lait que l’on fabrique les fromages saint-marcellin et saint-félicien. Pour la petite histoire, un chevreuil a traversé juste après, mais je l’ai loupé de peu…

Vache Aubrac

Une belle Aubrac (la seule du coin ;))

Le soir dans les Chambaran

Le soir, juste au dessus de chez moi, trois vaches perdues dans un champ immense. J’aime tellement cette photo !

Voici enfin, pour approfondir la question, ces articles rédigés par Marie-Claire Frédérique, une personne que j’admire beaucoup pour son franc-parler et la grande qualité de ses publications :

Les fromages au lait cru ne sont ni risqués ni dangereux pour la santé (clic)

La rocambolesque histoire du kéfir de lait (clic)

Le kéfir étudié par la science (clic)

A bientôt 🙂

{ Pique-nique du soir au jardin }

4 juillet 2019

{ Pique-nique du soir au jardin…}

 

Gaufres express aux courgettes

♥ Végétarien ♥ IG Bas ♥

 

Gaufres aux courgettes 1

Marie Chioca ©

Au départ, ce n’est pas du tout la recette que je voulais poster sur le blog cette semaine ! J’avais depuis longtemps prévu un autre article (ce n’est que partie remise), et puis hier soir, je me suis retrouvée seule à la maison avec mes deux plus petites. Comme vous le savez peut-être déjà (ou pas) j’ai un pied cassé depuis le 4 mai, une double fracture qui ne guérit pas du tout (Pourquoi ? Mystère !) avec en prime une complication neurologique à la noix (de « l’algoneurodystrophie » que ça s’appelle, un truc assez original où tu te retrouves avec le pied énorme et tout cramoisi de Vil Coyotte quand Bip Bip vient de lui flanquer un coup de marteau-pilon sur les orteils), bref, je ne suis pas très fringante en ce moment. Mais je voulais quand même faire un truc sympa avec mes deux choupinettes, histoire de fêter les vacances qui arrivent, et de passer un joyeux moment en pique-niquant toutes les trois au jardin (on vit les aventures palpitantes qu’on peut hein, avec un pied cassé…).

Mais pour élaborer un semblant de menu il a fallu commencer par passer le frigo en revue. Et comme en ce moment, ce n’est pas moi qui fait les courses, c’était, hum… Navrant. Il y a avait juste de quoi composer un menu à la fois sans gluten, sans lactose, sans allergènes, sans FODMAPs, vegan et hypotoxique. C’est à dire, de l’eau et de l’air.

Mais heureusement, on avait des œufs au poulailler ! Et puis des courgettes à gogo dans le potager… J’ai donc proposé d’envoyer une fille au poulailler (où il faut savoir que nous avons un coq psychopathe et ceinture noire de boxe Wing Shun… faut y aller en armure si on ne veut pas se faire trouer les tibias à grands coups de becs et d’ergots, et même mon chien recule devant ce velociraptor miniature), l’autre au potager. Evidemment, elles préféraient toutes les deux le potager.  Alors c’est moi qui suis allée au poulailler, en béquilles. En entrant dans l’antre de la bête { ici, musique stressante avec juste deux notes de piano } j’ai entendu un cri de guerre genre « whatchaïïï !!! », puis une furie emplumée m’est littéralement tombée dessus, bec et ongles en avant, comme dans un mauvais remake entre Dragon Ball Z, Les Oiseaux d’Hitchcock et Jurrassic Park.

Mais là, paf. Y’a pas à dire, ça calme bien un coup de béquille.

Gaufres aux courgettes 2

Marie Chioca ©

Paf le Coq est donc reparti d’aussi sec se cacher derrière le tas de compost, crête de travers, et si les poules avaient pu se marrer, elles s’en tiendraient encore les côtes de rigolade. Non mais. (Petite annonce : famille cherche coq gentil, et donne coq ninja). Bref, revenue saine et sauve à la cuisine, j’ai regardé ces courgettes et ces bons œufs, pensant à une omelette. C’est bon, une omelette aux courgettes. Mais pas très fun. Et puis une petite voix de 8 ans a dit « et si on faisait des gaufres ? ». Cela m’a fait sourire, car c’est Miss Gaufres celle là, dès qu’on réfléchit à un menu on entend inévitablement « Et des gaufres ? ».

Sauf que là, l’idée a fait son chemin. Mais oui, des gaufres aux courgettes ! Sur le moment, les filles ont été vaguement inquiètes, mais ça sentait si bon en cuisant… et nous nous sommes tellement, mais teeeeellement régalées… qu’on a immédiatement refait des gaufres (elle est si rapide, cette recette, c’est vraiment un truc qu’on bidouille en trois coups de mixeur !), et je vous les ai photographiées aussitôt pour le blog, là, dans le jardin et sur le coup des 19H30…

Là dessus, je vous laisse en m’excusant d’avance : comme ces trois dernières années, je pars en famille une petite semaine et entre les bagages à faire (sur une seule patte… je sais même pas comment je vais y arriver), les courses, le travail à boucler avant de partir et tout et tout je sais d’avance que je vais trop manquer de temps pour réussir à répondre à vos messages cette fois-ci, désolée. Mais je vous promets en revanche de tout lire, cela me fera même très plaisir !

Je souhaite de très chouettes vacances à ceux qui partent, beaucoup de courage à ceux qui travaillent encore (je compatis, car pour moi aussi les vacances seront très courtes), et à tous un bien bel été ! On se retrouvera fin juillet pour le fameux article qui vient de galamment céder sa place à ces demoiselles les gaufres 😉

 

PS : Je sais d’avance que dans les commentaires, je trouverai inmanquablement cette question : C’est quoi ton gaufrier Marie ?

Et bien, une saleté. Désolée pour ma franchise mais j’ai testé les gaufriers « vintage » en fonte, c’est très joli, mais il faut décoller chaque gaufre à la pince à épiler du couteau suisse, puis frotter entre les creux avec une brosse à dent de nouveau-né pour tenter de nettoyer la pâte incrustée entre chaque rainure, très peu pour moi, merci. Du coup je ne suis pas très fière, mais j’ai un gaufrier tout bête à 30euros, avec un revêtement anti-adhésif (soit disant sans téflon). Mais je crois que c’est la seule calamité de ce genre dans ma cuisine habitée par les poêles de cowboys en tôle de fer, grosses cocottes en fonte et faitouts inox 18/10. Alors je me dit que pour une fois… et puis ça faisait tellement plaisir à Miss Gaufres…

Mais si un jour je trouve un gaufrier performant, sans revêtement anti-adhésif, et qui ne m’oblige pas à vendre un rein pour pouvoir me le payer, je sauterai sur l’occasion ! Alors si vous avez une bonne adresse, je suis preneuse 😉

… surtout que je compte bien tenter cette recette avec plein d’autres légumes !

Gaufres aux courgettes 3

Marie Chioca ©

Ingrédients pour environ 8 grandes gaufres (tout dépend de la taille du gaufrier)

Temps de préparation 5 min

Temps de cuisson : environ 10 min (tout dépend du gaufrier)

  • Une courgette bien fraîche de 200g
  • 70 à 100g de parmesan râpé
  • 1 gousse d’ail
  • Quelques brins de persil et de basilic
  • 140g de farine complète ou semi-complète de blé ou de grand épeautre
  • 3 oeufs
  • ½ sachet de poudre à lever
  • 10cl de vin blanc sec
  • Une grosse pincée de sel.

Gaufres aux courgettes 4

Marie Chioca ©

Couper la courgette en rondelles dans le bol d’un robot. Ajouter le persil, le basilic et la gousse d’ail écrasée, mixer grossièrement en gardant des petits bouts (voir la photo)

Ajouter tous les autres ingrédients puis mixer par brèves impulsions, juste pour bien mélanger, mais surtout sans faire de « purée » trop lisse.

Faire chauffer le gaufrier. Le huiler au pinceau, puis verser des petites louchées de pâte sur chaque empreinte.

Laisser cuire jusqu’à ce que les gaufres soient bien dorées et se détachent facilement des parois du gaufrier.

Renouveler l’opération jusqu’à épuisement de la pâte et savourer tout chaud !

 

 

 

 

 

 

 

 

Gaufres aux courgettes 5

Marie Chioca©

 

Marie Chioca ©

Marie Chioca ©

{ Quelques petites nouvêêêêêlles… }

20 juin 2019

{ Quelques petites nouvêêêêêlles… }

 

… du chevrier et de ses biquettes !

 

Biquettes des Chambaran 1Par quoi vais-je donc bien pouvoir commencer ? Car vous êtes nombreux à me demander des nouvelles, mais il s’en est passé tellement des choses, depuis l’arrivée des petites chèvres ! Cet hiver, les biquets sont nés… ça a été le marathon sur presque deux mois -dont trois semaines particulièrement « intenses »- mais un marathon tout mignon il faut dire ;)… Dehors, un froid terrible. Dans la tiédeur de l’étable, ça bêlait de partout (ou plus exactement, ça “béguetait” ;)), et Hugues était un touuut petit peu sous pression. Vas-y que je courre avec le flacon de bétadine pour désinfecter un petit cordon ombilical, tirer délicatement sur deux petits sabots, bouchonner vigoureusement avec deux poignées de paille un nouveau-né, ou aider un affamé pas très dégourdi à trouver la mamelle de sa maman. On entendait le petit bruit de succion si attendrissant des chevreaux qui buvaient le bon lait… et toutes ces petites voix, ces minuscules mêêêh, que c’était joli ! Et puis il faut savoir, et c’est merveilleux, que chaque maman a un bruit différent pour appeler ses biquets, une sorte de chant assez bas, grave, doux. Dans la journée, elles laissent les bébés jouer avec leurs copains, ça saute, ça gambade comme des petits chamois miniatures. Et puis dès qu’une maman fait entendre son chant, hop, ses petits courent immédiatement vers elle… C’est drôlement obéissant un biquet 😉

Il y a eu  une ou deux histoires tristes. Et puis d’autres très jolies, comme cette gentille grande chèvre blanche, Alba, qui après avoir frôlé la mort de très près (une septicémie après la naissance de ses jumeaux) a trouvé encore le courage d’adopter deux cabris de plus qui, eux, avaient été abandonnés par leur maman ! Elle est maintenant en pleine forme, Alba 🙂

Juste après le marathon des naissances, il y eu d’énormes travaux : décaissage, terrassements urgents à la pelleteuse (dans une de ces boues… je vous raconte pas), monter des murs en parpaings pour retenir le terrain instable, refaire le toit de la « nurserie », l’électricité de certains bâtiments… tout cela dans un froid stratosphérique ! Hugues me faisait rire tant il était débordé. C’est à peine s’il ne tendait pas la louche à fromage au papy (maçon) qui demandait une truelle, ne mettait pas le ciment dans le lait à la place de la présure et ne branchait pas la machine à traire sur son pauvre chien !

Biquettes de Chambaran 2

La petite Taïga, née cet hiver…

Et puis sont arrivés les premiers fromages (sans ciment promis). Hugues se débrouillait comme un chef, on était « babas ». Lui qui n’a jamais voulu cuisiner, alors là côté fromage il assurait ! Ils étaient si doux, si crémeux, si délicats ses picodons… Chapeau Hugues ! Mais après trois semaines seulement, le refroidisseur du séchoir est tombé en panne : Huit semaines de délai pour le réparer, et tout ce temps là, il a dû continuer ses fromages en se débrouillant à la Macgyver avec quatre ventilateurs vintage prêtés en urgence par une chevrière du village d’à côté, d’une gentillesse extrême puisqu’elle s’est démunie pour Hugues ! Puis (la même semaine) le gros cumulus de la salle de traite a lâché ! Puis Hugues a appris que suite à un « petit » oubli d’une autre personne dans un certain dossier, il ne pouvait toucher sa subvention pour la machine à traire (qui avait coûté un bras, et que Hugues n’aurait pas achetée sans qu’on la lui promette cette niwagnagna de subvention !). La raison ? L’installation n’est pas aux normes européennes, car l’eau qui sert à rincer le lait dans la machine part dans le champ de noyers. Il paraît que c’est drôlement grave, ça alors. Les usines qui déversent des tonnes de trucs chelous dans le Rhône même que les brochets après il leur pousse un troisième bras, ça va encore, mais de l’eau et des traces de lait frais dans un champ de noyers, faut pas déconner ! Heureusement, nous avons eu une interlocutrice conciliante :  Hugues va certes devoir encore emprunter un peu pour faire creuser une piscine à roseaux qui va filtrer les eaux de la salle de traite (on pourra même pas se baigner dedans, la poisse !), mais après ça sera aux normes, et il devrait avoir sa subvention… quand l’entrepreneur voudra bien se bouger, car il doit passer demain-soir-promis-sans-fautes-c’est-noté-cette-fois-j-oublie-pas depuis deux mois (où est le smiley qui a de la fumée qui sort des narines ?).

Biquettes de Chambaran 3

La superbe Whenua…

Et puis parfois, on a eu chaud comme le jour où Hugues m’a demandé : « Je peux emmener mes petites sœurs dans le tracteur pour épandre le fumier ? » Regards suppliants desdites petites sœurs, qui avaient même amené leurs poupées pour l’occasion (fallait pas qu’elles ratent ça !). Coup d’oeil un tantinet effaré de la maman vers le tas de ferail… le tracteur, soupir, puis, permission accordée. Ils se sont éclatés comme des fous. Jusqu’à ce qu’une grosse pierre soit projetée en l’air, ricoche sur la nuque de Hugues (il en a vu 36 chandelles !) avant d’exploser le pare brise du tracteur en mille morceaux. Plus de peur que de mal mais bon, heureusement que c’est le plus costaud des trois qui s’est pris cette pierre dans la poire… Maintenant le tracteur a l’air conditionné (chaud en été, froid en hiver) et quand aux petites, ça ira, pour l’instant elles sont vaccinées côté mécanique agricole 😉

Un autre jour, notre chevrier s’était levé de très grand matin pour gagner du temps (on l’attendait pour une petite fête de famille). Il est entré dans son séchoir à fromages (5H du mat), la grosse porte de sécurité s’est refermée derrière lui… et la clenche s’est cassée !!! C’est inouï, à peine croyable qu’elle ait cassé pile à ce moment là, mais rigoureusement véridique ! Et dans ce « trou » caverneux aux murs épais, aucun appel d’urgence ne passait avec le portable. Il lui a donc fallu presque une heure à coup d’épaules et de hanches pour défoncer cette %!81#!!! de  porte… les scénaristes des films américains ont jamais dû essayer, en vrai.

Et puis il y a le jour où il a trouvé une vipère sous ses pieds, le jour où il s’est fait voler la caisse avec les sous après le marché… Le jour où il a perdu son portable pro… Pour la vipère, elle s’est sauvée, on espère très loin.  Pour la caisse, on a rien pu faire. Mais le portable, on a réussi à le géolocaliser en direct jusqu’à ce qu’il s’arrête dans une auberge du village d’à côté! Mon mari y est allé en mode –John-Wayne-pas-content-déboule-dans-un-saloon pour tenter de pincer sur le fait « l’infâme voleur »… qui était entre temps reparti, pour déposer sagement ledit portable devant la porte de la maison de Hugues, comme un honnête brave type, après avoir juste demandé à l’auberge à qui appartenait ce téléphone trouvé sur la route et ayant le logo d’une chèvrerie en page d’accueil… Heureusement qu’ils se sont ratés à l’auberge, John Wayne et lui. Pauvre brave type, ça lui aurait fait une émotion 😉

Biquettes des Chambaran4

La si gentille petite Rosa…

Et puis il y a aussi eu la fois où ce grand bêta de Hugues a voulu jeter des fromages qui n’étaient plus du tout « présentables » (c’était à l’époque de la panne de séchoir, et ceux qui étaient trop crémeux passaient à travers les grilles… fallait les ramasser à la petite cuillère ! Nous on  les mangeait pour “pas gâcher” mais ça frisait l’indigestion). Une fois les fromages mis dans un sac, il les a posés sur le toit de sa camionnette le temps de fermer la maison… Les a oubliés, est parti comme ça au marché (circonstance atténuante, il était 4H du mat). Au premier virage, le sac est tombé, les fromages se sont éparpillés partout sur la route, et Hugues n’a rien capté du tout. Un voisin (sûrement pas très réveillé, ou que plus rien n’étonne dans notre monde de fous, pas même un plateau de fromages géant sur le bitume) a fait quelques allers-retours en tracteur entre sa ferme et son champ, éparpillant encore plus les fromages, les « incrustant » dans le goudron… miam. Vers 7H, Roseline est allée traire (elle remplace son frérot les jours de marchés) accompagnée par sa grande sœur. Et puis mon mari et moi, encore en quatrième phase de sommeil devant un bon petit déjeuner du samedi matin, avons reçu un coup de fil angoissé. « Papa, maman, il s’est passé quelque chose de terrible, quelqu’un a volé plein de fromages à Hugues et les a jetés sur la route, c’est affreux !!! ». Comment cela était-il possible ? Car il y a tout de même deux chiens du genre pas commodes à la chèvrerie… et des voisins, et une porte rudement solide. Mystère.

Mon mari est parti en trombes (encore le mode John Wayne…) pour constater les dégâts avant de porter plainte à la gendarmerie. Et moi pendant ce temps, la voix un peu tremblante (j’allais dire chevrotante), j’appelais Hugues, sur le marché, à mille lieux de se douter du « drame » qui se tramait… « Hugues ? C’est Maman. Ne t’affole pas mon grand, on va gérer ça au mieux, mais il y a eu un sabotage ce matin à ta chèvrerie, un salopard a volé plein de fromages et les a jetés sur la route. Papa va à la gendarmerie, tu le rejoindras après le marché ». Blanc à l’autre bout du fil. J’ai cru que Hugues était ému. En fait il était absolument ca-tas-tro-phé… « J’ai peur que ça soit moi, le schtroumfard qui a jeté les fromages partout sur la route » me dit-il d’une voix étranglée.  Quoiiiiiiiii ??? Ben oui. Et après quelques explications précipitées, on a pu rattraper in extremis par le fond du pantalon le papa furax qui partait voir les gendarmes avec à l’appui des photos de l’infâme « sabotage »…

Bon, je vous rassure, il ne lui arrive pas que des tuiles à mon Hugues, loin de là ! Ses fromages ont du succès (il n’en a jamais assez, faudrait même qu’il rachète quelques chèvres !), il s’occupe très trèèès bien de ses biquettes, croule sous les paperasses mais ne s’en sort pas si mal, et reste toujours bien zen dans les coups durs (comme ce week-end, où le toit de la chèvrerie a été entièrement détruit en 10 min chrono par des grêlons de la taille d’un abricot !!!).

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Voilà, c’est le temps magnifique qu’on a eu pour la “journée VIP à la ferme” 😉 Et c’est tombé comme ça toute la journée…

D’ailleurs, je vais vous donner « en vrac » quelques petites nouvelles des chèvres elles-mêmes, des anecdotes qui font tout le charme de la vie à la chèvrerie, et « compensent » à mille contre un tous les tracas et fatigues de chaque jour (fatigue qui est quand même bien présente, faut pas se leurrer ! Prévenez bien vos potes babas cools qui seraient tentés par la slow life genre Bob va traire ses trois chèvres à la main entre deux cours de yoga : la chèvrerie bio en 2019, c’est plutôt pour les types un peu énervés! ;)).

Ce printemps, mon mari a installé un ancien trampoline, un peu cassé, chez les bébés biquets. Ça a été du délire !!! Et puis un jour on a même pris Hugues en flagrant délit, sautant sur le trampoline avec un biquet, ils se tenaient tous les deux « par les pattes », c’était irrésistible. J’ai une vidéo ;)… Mais Hugues ne veut pas que je la propulse sur le blog ! (Je vous la mettrai un jour quand même, en douce, quand il surveillera pas ;)).

Ce printemps, il était un peu déconcerté. Tous les matins, en entrant dans la chèvrerie, une chèvre (une seule, toujours la même), le suivait absolument partout en bêlant très fort sur toute la gamme possible (comme quand on tombe par mégarde sur Radio Classique, et que manque de bol en plus c’est un opéra.) Pour le coup, Hugues qui pourtant commence à bien connaître ses chèvres avait du mal à comprendre ce qu’elle voulait. Râler ? Fayoter ? « Cafarder » les bêtises que les autres chèvres avaient faites pendant la nuit ? Présenter des doléances au nom du troupeau ? C’était hallucinant en tout cas, elle le suivait vraiment comme une ombre en lui « parlant » avec insistance, et elle y mettait des trémolos dans la voix et tout et tout ! Il l’a appelée « La Déléguée Syndicale », ça a duré longtemps… jusqu’au jour où, pour rigoler, il l’a prise par les cornes et lui a fait une bise sur chaque joue ! Ça l’a scotchée, la chèvre ! Et maintenant, tous les matins, elle vient râler, obtient sa bise, repart tout contente… et muette. Hugues espère juste que les 50 autres ne vont pas réclamer le même traitement quotidien 😉 Lui qui rouspétait déjà de devoir faire la bise aux « collègues » en arrivant au lycée…

Mélusine (si belle, avec son air de bouquetin sauvage), Alba la grande blanche (qui fayote auprès du « boss »;)) et Big Mamma (celle qui produit jusqu’à 5 litres de lait par jour !!!) sont les « matriarches » du troupeau. Ce sont elles qui décident de tout, marchent devant, accèdent à la nourriture en premier…. Et donnent le ton ! Les matriarches sont elles sages ? Le troupeau est impeccable. Font-elles les bécassines ? Alors mieux vaut aller se recoucher et traire un autre jour (ce qui est évidemment impossible).

La petite Châtaigne a été gravement blessée dans une dispute « chevresque » ce printemps. C’était affreux… sa pauvre mamelle était déchiré à quatre ou cinq endroits différents, pour la traite c’était quasi impossible, et personne, même pas le véto, n’espérait qu’elle puisse survivre à une telle blessure de surcroît bien infectée. Hugues a soigné les plaies avec de la pommade au calendula car c’est la seule chose qui ne la brûlait pas trop. Ça a été long, looong, mais bien lui en a pris, car en plus d’être complètement soignée, Châtaigne arrive à produire un peu de lait pour récompenser son « infirmier » !

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Là, c’est Mignonne, mon amour de bébé chèvre…

Hugues avait installé dans l’étable un très grand balai agricole pour que les chèvres puissent aller se gratter le dos. Et puis un jour, ma petite Luce est allée s’y frotter aussi, par jeu. Quelle ne fut pas notre stupeur d’entendre une sorte de rumeur monter de tout le troupeau à la fois, un mêêêêêh évoquant le rire, ou l’étonnement (difficile à interpréter, je ne suis pas psy pour chèvres moi). C’était génial : grand silence, Poupougnette se grattait le dos sur le balai, mêêêêê de tout le troupeau, grand silence, Poupougnette se re-grattait le dos sur le balai, re-mêêêêê de tout le troupeau, etc. J’ai pris une de ces parties de rire ^^

En avril, Hugues a lâché les chèvres dans les prés qui avaient enfin reverdi…  On croyait naïvement qu’elles seraient ivres de joies mais non, elles ont juste voulu illico retourner dans l’étable genre “horreur de l’herbe !!!”. Ça a été un drôle de rodéo, mais les pauvres sont tombées sur un os, ou plutôt sur un boss… bien plus têtu qu’elles. D’ailleurs, on imagine souvent les chèvres comme des êtres rustiques, indépendants, sauvageons… c’est vrai par certains côtés. Mais dès qu’il tombe trois gouttes d’eau -vraiment juste un pipi d’oiseau !- elles se précipitent en masse vers la porte de la chèvrerie et béguètent d’un air complètement navré pour que Hugues vienne vite ouvrir. On dirait des petites mamies qui craignent pour leur mise en plis…

Les bébés de cet hiver ont grandi. Mignonne (la fille de Mélusine) c’est MON bébé. Mais il y a aussi Asphodèle, Bichette, Vernerette, Taïga, Sissi, Madeleine, Hortense, et tant d’autres !  Ces chevrettes sont tellement gracieuses, affectueuses et mutines qu’on sent son cœur se gonfler de joie rien qu’à les regarder… Par contre elles ne font que des conner.. bêtises ! Renverser le seau de lait, enfoncer le portillon, prendre des bains de pied dans la gamelle d’eau toute propre, se coincer trente six fois par jour la tête dans la barrière… Ce sont des enfants quoi !

Poupette est la petite chèvre à qui Hugues a un jour donné un trognon de pomme qu’il venait de manger. Tous les matins, elle vient maintenant réclamer son trognon. C’est bien, ça fait manger des fruits à mon grand dadais…

Bref, il y a plein de petites anecdotes comme ça, je ne peux pas toutes les raconter, et je suis sûre que les éleveurs qui tomberont sur cet article souriront en disant « moi aussi ça me rappelle la fois où… ».

Il y a eu certes des coups durs (il y en aura d’autres), des nuits blanches, des mois à très peu dormir, des jours où la pause repas a juste été impossible, de longues heures de permanence sur les marchés, des petits drames parfois, une fatigue importante, les inimaginables emmerdemen…tracasseries administratives, une tonne de travail à abattre chaque jour, un Hymalaya de paperasses… chevrier bio, faut pas croire, c’est pas une planque ! Mais qu’est-ce que c’est chouette 🙂

 

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Selfie…

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Frais, demi-sec, séchon, crémeux, coulant, bleu… tous les affinages des fromages de Hugues et Roseline.

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Mélusine, aux cornes de légende…

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Dauphine et le troupeau

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Roseline et Chouquette

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La chèvrerie…

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Châtaigne, la petite chèvre “rescapée”…

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Le jardin de Hugues (en friches ;))

Un petit moment de complicité pris sur le vif…

Hugues et Alba 

Dans la fromagerie

Le soir, devant la maison…

Un crémeux… quel régal, mais c’est tout un art pour l’affiner !

La petite Pomera, un autre bébé de la maison. La plus sage…

En vrai, Roseline ne trait pas tout à la main… Mais là j’avais besoin de lait tout de suite pour une photo !

La “nurserie”… Et puis Hortense, Bichette et Mignonne qui nous font coucou.

 

  • Si vous voulez découvrir la trombine de chaque membre du troupeau (je les ai photographiées une par une, c’était pas une sinécure, je veux une médaille de la légion d’honneur pour ça ! ), voici le lien vers le site de la chèvrerie qui vient juste d’être mis en ligne. Le portrait des chèvres se trouvent dans l’onglet “Galeries”
  • Si vous êtes parrain ou marraine d’une chèvre suite au financement participatif, mais que vous ne voyez pas son nom apparaître sous un « portrait », pas de panique ! On a juste pas réussi à retrouver absolument tous les prénoms que vous nous avez envoyé au compte goutte soit sur Mimosa, soit par mail, soit par Face de Bouc (vraiment désolés…). Il vous suffit juste de contacter Hugues sur la boîte mail de la chèvrerie pour nous redonner le nom de votre chèvre…
  • Nous avons attribué les prénoms au hasard, de peur que sinon ça soit trop délicat (si plusieurs personnes avaient voulu la même chèvre par exemple). Nous espérons beaucoup, Roseline Hugues et moi, que votre « filleule » vous plaira mais si vraiment vous lui trouviez une tronche de cake (vous avez le droit ;)) on peut éventuellement changer avec une chèvre qui n’a pas encore été parrainée (celles qui sont libres ont juste un numéro de matricule, mais pas de prénom).
  • Concernant les contributions… on a mis une actualité sur Miimosa pour expliquer que c’est en train de se faire, mais qu’il y a hélas un peu de retard par ma « faute ». J’ai en effet des complications sérieuses suite à ma fracture du pied, je ne pourrai pas marcher normalement ni tenir debout sans béquilles avant de longs mois. Mais je vous raconterai ça plus tard, car pour l’instant je préfère ne pas trop y penser…
  • Si vous habitez la région et voulez acheter les fromages de Hugues, voici comment les trouver

 

Sur ce, je suis sûre que vous allez bientôt récupérer vos loulous en vacances… Profitez-en bien !

… Avant qu’ils ne deviennent peut-être chevriers, et que vous ne les aperceviez plus qu’en coup de vent 😉

 

 

 

 

 

 

 

 

{ C’est rien que des salades tout ça ! }

3 juin 2019

 

{ C’est rien que des salades tout ça ! }

 

Ma petite saladerie à la maison

Comme au bistrot !

 

Ma petite saladerie à la maison, Marie Chioca, Terre VivanteQue ces quatre dernières semaines ont donc été loooongues pour moi, avec ce niwagnagna de pied cassé en trois morceaux… J’aurais voulu vous dire que la page est enfin tournée mais vu la tronche de mon pied (genre en taille 44 alors que celui de gauche est en 38) je « rempile » pour du rab de béquilles, et peut-être même beaucoup de rab de béquilles. Ça me fait suer (soupir) j’ai l’impression d’être coincée dans un embouteillage monstre depuis un mois, assise à attendre que ça avance sauf que rien n’avance et que là je ne peux même pas m’énerver sur le klaxonne du canapé ou prendre un raccourci. Vous allez me dire que chouette, du coup je peux faire plein d’ordinateur, genre m’occuper de mon blog. Et bien non en fait, pas trop. Parce que d’habitude quand je fais beaucoup d’ordinateur, j’ai mal au crâne, alors hop je pars marcher dans la campagne et ça passe comme par magie. Mais là quand j’ai mal au crâne, je peux juste partir avec mes béquilles faire une randonnée sensationnelle jusqu’au portail, revenir avec les bras en compote, un pied énorme, et toujours autant mal au crâne.

Et puis, c’est compliqué quand même la vie sur un seul pied… Dans les détails on s’imagine pas ! Tu veux te lire une petite BD pour pas trop déprimer ? Ben tient, et comment que tu vas la transporter dans ta chambre la BD hein ? Si tu te la coinces sous le bras, au troisième coup de béquilles elle risque de glisser et où qu’elle va tomber la BD ? Ben sur ton pied évidemment. Avec un peu de bol ça sera celui qu’est pas encore cassé mais bon, dans la vie on a pas toujours du bol. Du coup… ben voilà pourquoi toutes mes BD ont des traces de dents en ce moment. Il y a les mordus de BD, et les BD mordues. Le prochain qui viendra m’en emprunter une risque d’être un peu étonné, mais je lui dirai que c’est comme à la bibliothèque : au lieu de mettre un coup de tampon sur la première page, moi j’imprime ma dentition sur la couverture, c’est ineffaçable et impossible à contrefaire ça au moins !

Ma petite saladerie à la maison, Marie Chioca, Terre Vivante2

Marie Chioca ©

Pour le reste, je me suis trouvé un long gilet trèès élégant (je vous raconte même pas comme il est beau) avec deux gigantesques poches. Ça permet d’y trimballer les livres de taille normale, les lunettes, le téléphone (sauf quand quelqu’un appelle, parce que là forcément on l’a oublié à l’étage), les tartines du petit déjeuner (affreux mais vrai), etc. Avec quatre ou cinq trucs dans chaque poche et un dernier fourbi coincé entre les dents, ya pas à dire, on peut quand même ranger un peu la maison avec des béquilles ! Il y a aussi la solution du sac à dos. J’ai vidé tout ce qui me servait avant à faire d’inoubliables randonnées (snif), pour y mettre mes fringues quand je vais à la salle de bain, les blocs de glace pour placer sous mes guiboles quand je vais dans le canapé, l’appareil photo quand j’en ai besoin, etc. Système D je vous dis !

Certains moments de la journée, j’ai de l’aide, et ça c’est gentil. Et le reste du temps ? Ben j’ai mon chien. Et là je peux toujours essayer : « va chercher le téléphone », « va me faire chauffer un thé », « apporte-moi mon ordi (sans l’écrabouiller entre tes dents) », « fais moi un petit coup de rangement dans la cuisine », rien à faire, ce truc ça ne marche que dans les films genre Rintintin ou Flipper le dauphin. Ma pauvre toutoune, elle, me regarde d’un air navré genre « Tu veux pas plutôt un truc que je sais faire? Tiens, si tu veux je vais te chercher le troupeau de vache du champ d’en face et je te le met en rond dans le salon, ça te plairait ça ? Ou alors je te ramène le facteur par le fond du pantalon, ça serait pratique pour prendre le courrier sans te déplacer ! Je peux aussi perdre mes poils partout sur le sol regarde, c’est joli, c’est comme quand tu viens de coiffer ton mari et tes deux fils avec la tondeuse ! »

Côté repas, ça se résume à des carottes croquées, des boîtes de thon non essorées et des tartines de fromage (fromage transporté du frigo à la table dans la poche du gilet, en “sandwich” entre un stylo bille et un paquet de mouchoirs ;)). Et je mange avec le pied dans un seau de glace, sinon ça serait moins rigolo !

Enfin voilà, ça c’est ma vie sur trois pattes, et c’est un peu folklo, surtout que j’essaye de ne pas prendre trop de retard dans mon travail, alors je cuisine et prends des photos dès que j’ai un peu d’aide mais c’est compliqué tout ça… Voilà pourquoi j’ai deux semaines de retard pour vous parler de mon dernier livre ! 

Ma petite saladerie à la maison, Marie Chioca, Terre Vivante3

Marie Chioca ©

Et c’est là que je vais commencer à vous raconter des salades, parce que c’est tout ce qu’il y a dans ce bouquin ! Des végétaliennes toutes légères et détox, des plus « costaudes » pour bien se caler à midi, des salades à thème rigolotes pour repas entre amis, des salades ultra rafraîchissantes pour l’été ou au contraire avec du « chaud dedans » pour la saison froide, des salades de printemps, d’été, d’automne ou d’hiver, des salades végétariennes ou au contraire avec un peu de viande, de fromage, ou de poisson, des salades avec des céréales ou des légumineuses, des salades de crudités ou de « cuidités », des salades très sages ou délicieusement décadentes, des salades très franchouillardes et d’autres venues de loin, leur seul point commun étant qu’elles sont toutes délicieuses, que le légume y est roi… et que j’ai bien planché sur les associations de saveurs !

… Et oui car pour faire une bonne salade, il ne s’agit pas juste de jeter en vrac tout ce qu’on a sous la main (genre concombre, ananas en boîte, grenade, lentilles, tofu au curry, camembert et abricots secs, le tout avec une sauce à l’huile de lin et vinaigre de framboise). Mieux vaut viser des associations du tonnerre, celles du genre qui renversent les papilles, mais dans le bon sens ! Ce qui n’empêche pas d’être inventif (dans ce bouquin, vous découvrirez par exemple le mariage d’amour des myrtilles fraîches avec le fromage de chèvre, ou encore que le carpaccio tomate-pastèque est une tuerie ;)).

En vrai, je pense que cette passion pour les salades me vient en partie de ma culture méditerranéenne, et je peux vous dire que quand je suis de passage à Nice, dans ma famille, je ne manquerai pour rien au monde l’occasion de me régaler en terrasse d’une grande assiette de salade niçoise (une vraie, surtout sans pommes de terre ni haricots verts, mais avec de la cebette, du céleri cru, du poivron, de la tomate, des anchois, des olives noires, etc. sans oublier la petite note d’ail dans la sauce à l’huile d’olive !). Evidemment, je sais aussi apprécier une bonne pizzeria, un bistrot très franchouillard ou un resto italien, mais le petit “plus” d’une grande salade-repas c’est qu’après en avoir apprécié chaque bouchée, on peut repartir vaquer à tout un tas d’occupations sans avoir envie de roupiller ! 😉

La salade gourmande, c’est donc l’idéal pour se régaler en toute légèreté… Mais le souci, c’est qu’il est plutôt rare de tomber au hasard d’une carte sur une salade composée vraiment réussie, appétissante et équilibrée, réalisée avec des ingrédients de qualité dans les restaurants où abondent surtout les salades en sachets, croûtons tout-prêts, « épaule » industrielle, sauces en bouteille, etc. Voilà pourquoi je vous propose de reproduire à la maison, même en n’ayant que peu de temps et/ou d’expérience en cuisine, les salades que vous rêveriez de rencontrer dans un chouette bistrot pour votre pause repas. C’est en tout cas l’idée de ce bouquin, qui se veut avant tout gourmand, mais aussi très bienfaisant, car la salade composée sait associer à la perfection – mieux que tout autre plat !- gourmandise et équilibre nutritionnel. 

Alors si vous cherchez quelque inspiration pour passer maître dans l’art (si facile !) de la salade, voici une cinquantaine de recettes touchant à un grand nombre de registres, chacune ayant – comme dans les vraies saladeries !- un petit nom évocateur 😉 : La Popeye, la Pagnol, la Sauvageonne, la Dolce Vita, la Chaperon rouge, la Calanque, la Canicule, la Toscane, la Belle Méditerranéenne, la Junk, la Poulette, l’Alpine, la Cigale, la Corsica, l’Ecureuil, l’Irlandaise, la Winnie, la Cocooning, la Nuit de Noël…  et là ce n’est qu’un petit aperçu de la carte des salades ! Après il y a aussi la carte des sauces, avec par exemple La citronette détox, la pistou-balsamique, la crémeuse au persil, la crétoise menthe-citron, le pesto de ciboulette, la mayo-santé, la piquante, la tapenade-origan, l’américaine, la gourmande, la grenobloise ou la londonienne pour ne donner que quelques exemples.

Vous apprendrez même en prime à préparer des croûtons « maison » aussi dorés et croustillants que ceux en sachets (mais bien meilleurs au goût et pour la santé), ou à paner des petits fromages de chèvre en un tournemain.

Voulez-vous un petit aperçu? Dans “Ma petite saladerie à la maison” vous trouverez entre autres dans le chapitre printemps :

Ma petite saladerie à la maison, Marie Chioca, Terre Vivante

Marie Chioca©

La Roma (Crudités, jambon cru, parmesan, piment, tomates séchée)

 

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Marie Chioca ©

La Bretonne (Salicorne fraîche et haricots beurre en méli-mélo croquant-fondant)

 

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Marie Chioca ©

La Mandoline (Pétales de légumes crus, truite fumée et pesto de ciboulette)

 

 

Dans le chapitre été :

Ma petite saladerie à la maison, Marie Chioca, Terre Vivant6

Marie Chioca ©

La Nissarde (Pan Bagnat à l’ancienne mode)

 

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Marie Chioca ©

La Canicule (Carpaccio rafraîchissant de pastèques et tomates anciennes, mozza, pistou)

 

Ma petite saladerie à la maison, Marie Chioca, Terre Vivant8

Marie Chioca ©

La Tartare (“Steak” cru de tomates anciennes coupées au couteau)

 

Dans le chapitre automne :

 

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Marie Chioca ©

La Brocéliande (Chou Kale mariné, champignons, dulse de Bretagne et allumettes croustillantes de blé noir)

 

Ma petite saladerie à la maison, Marie Chioca, Terre Vivant10

Marie Chioca ©

La Forêt d’Automne (Crudités de saison à la mimolette vieille et noisettes grillées)

 

Ma petite saladerie à la maison, Marie Chioca, Terre Vivant11

Marie Chioca ©

La Winnie (Salade de fruits d’automne, cannelle et gaufrettes au miel)

PS : Oui parce qu’il y a aussi quelques recettes de salades de fruits pour le dessert !

 

Dans le chapitre hiver :

 

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Marie Chioca ©

La Highland (Salade tiède d’avoine aux légumes et au boeuf)

 

Ma petite saladerie à la maison, Marie Chioca, Terre Vivant13

Marie Chioca ©

L’Andine (Salade fondante de patate douce au ceviche, avocat et piment)

 

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Marie Chioca ©

La Baker Street (Laitue au bacon grillé, cheddar mature, et pommes sautées)

 

 

Ma petite saladerie à la maison, Marie Chioca, Terre Vivante

Ma petite saladerie à la maison

Comme au bistrot !

Paru aux éditions Terre Vivante

 

 

Pour consulter la carte complète des salades ;), c’est ici

Pour acheter ce livre sur le site de l’éditeur (je touche une petite commission en plus, je préfère le dire), c’est ici

Pour l’acheter sur le site de mon libraire-partenaire Decitre (idem) c’est ici…

 

A bientôt ! La prochaine fois, je vous donnerai enfin plein de bonnes nouvelles d’un certain troupeau de biquettes et de leur chevrier débordé… mais heureux ;))

 

{ Pour le bébé de Jeanne… mais pas que ! }

10 mai 2019

 

{ Pour le bébé de Jeanne… mais pas que ! }

 

Biscuits express à l’épeautre et au jus de pomme

(Spécial « petites menottes et petites quenottes »)

♥ Sans oeufs ♥ IG Bas ♥ 

Et en bonus de la musique (pour une fois ;))

 

Bon, on ne va pas y aller par quatre chemins : Je me suis pété le pied samedi. Double fracture des métatarses + une petite entorse, bref, me voilà avec une grosse botte de robot au bout du pied droit, enfin, si on peut encore appeler ça un pied vu qu’on dirait plutôt la patte de Donald, mais avec la couleur d’un Schtroumpf.

J’ai donc un pied explosé, ce qui entraîne comme conséquence une sérieuse contracture des sourcils parce que franchement, je ne suis pas très ravie de ma performance. J’essaye bien de trouver le bon côté des choses, histoire de détendre un peu ces fameux sourcils tout chiffonnés, mais humainement, ça va être compliqué. Il y a bien tout un tas de gens très gentils, les pauvres, qui me disent pour me consoler « Bah, au moins tu vas te reposer ». J’ai envie de leur répondre, chouette, quelle chance, comme vous avez raison ! Je vais pouvoir croupir dans mon canapé pendant un mois, une patte en l’air, en ruminant sur tout le travail en retard qui va s’accumuler, en « admirant » par la fenêtre mon potager envahi de mauvaises herbes, en pensant comme les collines et les forêts doivent être belles en cette saison (pour revoir ça, faudra attendre le printemps 2020), en voyant le linge s’accumuler, la maison s’encrasser, etc. Mais patience. Il y a des choses pires dans la vie, et les enquiquinements comme ça, quand on les supporte de bon cœur, peuvent aussi nous rendre un peu meilleurs, c’est sûr. C’est la seule et unique chose qui me « console » un peu.

Bon, vous allez me dire : et comment tu t’es fais un truc pareil Marie ? Hein ? Qu’est-ce que tu nous as encore fabriqué ? As-tu fais de l’ultra-trail en tongs dans tes collines de Chambaran ? As-tu sauté du troisième étage (en loupant évidemment de peu la bâche tendue par les pompiers) ? Ou d’un rocher de douze mètres pour échapper à un ours qui voulait bouffer tes cookies de randonnée? As-tu tenté une figure de kick-boxing sur un menhir ? Ou peut-être t’es-tu juste fait tomber sur le pied la pile de tous tes livres parus depuis 10 ans ?

Aaah, que j’aurais aimé vous répondre que c’était en affrontant trois ninjas pour défendre le sac à main d’une petite grand-mère, ou en tentant un audacieux croche-patte sur un taureau de quatre tonnes qui fonçait sur la foule, ou encore –au minimum-, qu’il s’agit là d’une honorable blessure de combat (genre, fidèle au poste dans ma cuisine, en glissant sur une frite de potiron) bref, quelque chose d’un peu épique quoi.

Ben rien de tout cela les gars : c’était juste – très héroïquement vous allez voir -, en posant le pied par terre après avoir été à peine bousculée dans une soirée samedi dernier. Et je me suis pété le pied comme ça, débilement, alors que je venais juste avant de me taper au moins deux heures de danses irlandaises et provençales, de gigues, de polkas, de farandoles déchaînées (avec des gens qui n’en étaient probablement pas à leur premier verre de punch), bref, de quoi s’exploser le pied 55 fois à la minute, le tout sous la pluie, sur un sol glissant, avec des talons de 8cm… sauf que sur le moment je ne me suis rien fait du tout. Il a fallu attendre que je redevienne « sage » pour me faire mal. Si c’est pas rageant ça.

Bon côté des choses : j’ai vu jouer samedi dernier un groupe sen-sa-tion-nel (on est fan depuis un bout de temps chez les Chioca) ! Des morceaux d’inspiration traditionnelle (celtique, provençale, polonaise…), interprétés sur des instruments anciens et modernes, et souvent sur un rythme actuel qui donne envie de sauter sur place comme un kangourou (quitte à perdre toute dignité ;)). Genre, des Irish Rovers de Provence, vous imaginez un peu le truc ?  Moi qui me désolait tellement de ne pas trouver l’équivalent en français des groupes irlandais qui me donnent tellement la pêche, là je suis servie !

Pour vous faire comprendre un peu comme ça déménage la « country-rock celto-provençale », faut que je vous raconte un truc : ça fait 23 ans que je connais mon chéri et rien à faire, c’est net et sans appel, définitif, impossible de lui faire exécuter ne serait-ce qu’un seul pas en musique. Monsieur ne veut pas ne sait pas danser. Sauf que là, au bout de 3min de musique je l’ai quand même cherché des yeux pour tenter de le convaincre une fois de plus (après deux décennies d’échecs, c’est pour vous dire un peu comme je suis pénible et coriace ;)) quand je l’ai retrouvé, ô stupeur, en train de faire le guignol sur la piste… de surcroît avec mon Papa, l’honorable professeur de droit habituellement si digne, dans une interprétation trait pour trait du Capitaine Haddock dansant le sirtaki (si vous n’avez pas vu « Tintin et le mystère de la toison d’or », courez vite, il ne faut pour rien au monde rater le moment du sirtaki !!! Vous penserez à mon Papa ;)).

Bref, si ça vous tente, le site de ce groupe atypique et ô combien talentueux est ici : on ne peut écouter que le début des morceaux, et c’est bien normal de protéger ainsi ses créations mais du coup, ça ne donne qu’une très pâle idée de ce qu’on a vécu samedi (surtout que les morceaux se « déchainent » souvent vers la fin). En tout cas, c’était du pur bonheur, et ça valait presque le coup de se péter un pied pour ça… (Petite anecdote amusante : Ce groupe s’appelle « Le Condor », ce qui n’a rien à voir DU TOUT avec mon dessert de Pâques. Là, pour le coup c’est une coïncidence totale ;)).

Pour en revenir beaucoup plus sagement à notre recette d’aujourd’hui, il y a Jeanne qui m’a demandé sur le blog une recette de biscuits pour son bébé de 10 mois… Je n’ai hélas plus de bébé à la maison, mais l’idée de faire « comme si » le temps d’une recette m’a tenté : voici donc de bons biscuits pour bébés, ultra simples à réaliser (spéciale dédicace aux papas et mamans aux nuits courtes), faciles à tenir par les petites mains, assez solides pour ne pas tomber en miettes (même quand ladite petite main s’en sert pour tabasser le bord du chariot) et résister au machouillage sans partir en gros morceaux qui risqueraient de passer par le trou du dimanche. Le tout avec des ingrédients ultra simples, sains, peu onéreux, et une facilité de réalisation enfantine ! J’ai volontairement choisi d’y mettre un peu de beurre (3g par gros biscuit, y’a pas de quoi faire une attaque), car contrairement aux idées reçues, ce n’est pas du tout une « mauvaise graisse » pour un bébé. C’est même bien mieux que les purées d’oléagineux (très allergisantes chez les tout petits !), ou certaines huiles végétales ayant « bonne presse » alors qu’en vrai elles supportent plutôt mal la cuisson, ou exotiques (l’huile de coco est plutôt à éviter chez les bébé de moins d’un an). J’aurais pu faire des biscuits à l’huile d’olive ou de colza mais voilà, le beurre c’est bien aussi. Les autres ingrédients de ces biscuits sont la farine d’épeautre semi-complète (idéale pour apporter des bons glucides et des fibres sans irriter le bedon d’un petitou), le jus de pomme (qui donne une bonne texture croquante, mais que l’on peut aussi remplacer par du lait d’avoine pour une texture qui fond davantage en bouche), une lichette de sucre complet (que vous pouvez éventuellement remplacer par du sucre de coco pour une version « adulte » à IG plus bas) et un peu de poudre à lever (à choisir absolument bio, car dans les autres il y a des phosphates, ce n’est pas bon pour votre bébé). Evidemment, ce qui est bon pour le bébé de Jeanne est aussi bon pour la maman de Louise, l’oncle de Caroline, le frérot de Julie, la mamie de Paul, la sœur de tante Sophie, la cousine d’Hervé etc. Bref, régalez-vous les gars, parce qu’ici ces petits biscuits qui ne payaient pourtant pas de mine ont eu tellement de succès que ce soir, tout le monde se lamente sur la boîte vide des-biscuits-du-bébé-de-Jeanne…

 

 

Ingrédients pour environ 25 biscuits

Préparation : 10 min

Cuisson : 10à 12 min

  • 5cl de jus de pomme
  • 80g de bon beurre bio, ou de ghee
  • 50g de sucre complet (ou de sucre de coco)
  • 200g de farine de grand épeautre semi-complète
  • 2 sachets de sucre vanillé
  • ½ sachet de poudre à lever bio
  • Une petite pincée de sel.


Préchauffer le four à 180°C, si possible en chaleur tournante.

Faire fondre dans une petite casserole le beurre avec le sucre, le sucre vanillé et le jus de pomme, sans faire bouillir.

Mélanger à part la farine avec la poudre à lever.

Verser le mélange liquide dans la farine, bien mélanger.

Filmer la pâte, la mettre éventuellement au frais environ 30 min (juste pour faciliter son découpage, mais c’est facultatif).

Etaler la pâte sur environ 5mm d’épaisseur, puis découper des biscuits longs avec une roulette à pâtisserie (moi j’en ai fais 26), en les déposant au fur et à mesure sur une plaque de cuisson chemisée de papier.

Enfourner pour 10 à 12min, jusqu’à ce qu’ils soient à peine dorés (si vous les faites un peu plus cuire, ils seront encore plus croquants mais je ne sais pas si du coup ça conviendrait bien à un bébé : mieux vaut que les biscuits soient moins durs, et se « délitent » plus facilement au machouillage…)

Laisser refroidir : les biscuits vont alors gagner en croustillant. A conserver dans un bocal ou une boîte hermétiques.

 

Bon, les photos ont toutes été prises en “mode cigogne”, c’est à dire debout sur un seul pied… J’ai fais ce que j’ai pu, c’est pas très varié, désolée 😉

 

Les petites souris qui font les guignols sur les photos ont été gracieusement prêtées par Poupougnette Chioca, ex bébé de la famille… et maintenant “grande fille” (mais encore un peu petite quand même, heureusement pour les souris !)

 

Là, pour une deuxième fournée j’ai fait des oursons : c’est mignon mais ce n’est peut-être pas une si bonne idée, une oreille ou un bras pourraient peut-être se détacher un peu vite… pour un “bébé” un peu plus grand peut-être?

 

 

Pour en revenir au Condor Notre album préféré est “Racines” (de toute façon on les a tous, ça fait un bout de temps qu’on est fan chez les Chioca).

Nos morceaux préférés :

  • Game of Thrones (juste LA meilleure version de ce morceau moult fois interprété par divers artistes… et dont je connais chaque note par coeur sans avoir jamais vu un épisode de la série !)
  • Kan ar Kann (mon sang celte bouillonne littéralement à écouter ça…;))
  • La mort des hommes (le titre est pas très folichon, mais la musique si !)
  • Amazing Grace (un très joli morceau, très bien joué)
  • An Dro (le traditionnel, celui de l’album 2010)
  • Pour passer le Rhône (avec un clip délirant ici…)
  • Un concert de rue acoustique et traditionnel ici (enregistrement amateur un peu pourri, mais c’est bien sympa quand même à écouter, il y en a un autre extrait ici )
  • Et un teaser vraiment formidable ici…

Pour acheter les albums, il faut laisser un message sur le formulaire de contact (ceci n’est pas un article sponsorisé, juste un coup de coeur total, et un petit coup de pouce pour des artistes exceptionnels. Ben oui quoi, ça peut servir à ça aussi un blog de cuisine… ;))

 

 

 

 

 

 

{ Sans acheter de moules spéciaux ! }

16 avril 2019

{ Sans acheter de moules spéciaux ! }

Des “œufs de condor” pour votre dessert de Pâques?

En mousse choco-caramel, biscuit café et coque de chocolat croquante

(Et en plus ça en jette !)

(Et en plus, c’est vraiment facile)

(Et en bonus, des photos de ma nouvelle cuisine !)

(Et à propos, pourquoi des œufs de « condor » plutôt que de poule, de canard ou d’autruche ? )

 

montageEt ben voilà, on s’en est sortis ! Cinq semaines de travaux pour refaire toute la cuisine, tout seuls, comme des grands, ça fait tout drôle.

Les premiers jours, on était tellement enthousiastes, presque survoltés… Dès la moitié du premier oeil ouvert le matin, hop, on sautait du lit comme des enfants le matin de Noël : Youpiii, c’est enfin les travaux, ça va être trop bien !!! . Hihihi, trop rigolo, les cheveux tout blancs de poussière, les traces de peinture sur le pantalon, la dînette sur une caisse en bois… ça change de d’habitude. On était super maniaques aussi. Tu viens manger ? Nan, attend, je rebouche avec du mastic et un couteau à peintre le petit trou de ver derrière ce meuble.

Quelques jours après, on a commencé à sentir un petit peu de fatigue. Pfff, déjà une semaine et ça avance pas bien vite. Maintenant qu’on vient de tout défoncer dans la cuisine, ça serait pas le moment de se casser une jambe hein. Vivement que ça soit fini. Je vais me refaire un p’tit café tient. Tu rebouches pas ce moyen trou là ? Non, d’abord je vais manger.

Puis arrive la démotivation. Pfff, tu vas me chercher dans l’atelier le marteau rouge avec un manche jaune stp ? Pffff, ben non, et moi qui allait juste te demander si tu pouvais me chercher le pinceau bleu tout rond avec des poils blancs… (Il faut imaginer le dialogue entre deux êtres échevelés, l’un perché sur une caisse, l’autre à plat ventre par terre en train de repeindre le bas du mur. Tout ça à l’heure de la sieste, quand les paupières sont aussi lourdes que le manche du pinceau ou du marteau). Tu rebouches pas le gros trou là avant de peindre ? Pfff, faut vraiment, tu crois que ça se voit ? Tu vas me chercher le mastic alors ? Oublies pas le pinceau (et ton marteau du coup).

Puis le gros coup de stress. Purée, plus qu’une semaine avant de reprendre le boulot, et t’as vu la tronche de la cuisine ? Non mais on va JAMAIS y arriver !!! Attend, je refais le planning : lundi dans la journée, carrelage, lundi dans la nuit, peinture, mardi dans la journée joints du carrelage, mardi dans la nuit, pose des plaquettes de parement, mercredi dans la journée, joints des plaquettes de parement, mercredi dans la nuit, traitement des terres cuites, jeudi dans la journée… Hé, tu rebouches pas l’énorme trou là ? Non, rien à foutre, j’appuierai le balai contre ce morceau du mur et personne y verra rien. Et si quelqu’un me fait une remarque je vais te me le… OK OK Marie, on posera le balai dessus, continue de refaire le planning.

évierJe vous promets, on avait prévu de terminer au plus tard samedi dernier au soir (en pensant qu’on aurait sûrement fini avant, et que ça laisserait quelques jours de répit) et bien on a fini d’emménager pile ce soir là à 0H27 (du coup c’était même dimanche matin), heure à laquelle j’ai posé mon vieux robot kitchenaid à sa nouvelle place.

On a eu des bonnes surprises (trop classe, la peinture écolo à l’argile : c’est pas cher, ultra recouvrant, avec un joli rendu velouté, un vrai bonheur. Après avoir repeint toute la cuisine en 6, 4, 2, je me suis promenée dans la maison avec mon badigeon à la main pour voir ce que je pouvais repeindre tant j’étais déçue que ça soit déjà terminé)… et des très mauvaises : Merci par exemple au magasin de produits écolos qui nous a dissuadé de traiter nos terres cuites anciennes avec l’ancestral mélange huile de lin/térébenthine qui a pourtant fait ses preuves (mais non ma p’tite dame, ça c’était avant, maintenant y’a beaucoup mieux). On est donc reparti avec un produit supposé topissime (à la colle de peau des fesses de homards bio je pense, vu le prix), on l’a appliqué sur notre sol, notre si joli sol, bouhouhou, prunelle de nos yeux, celui que nous avions poncé tomette après tomette pendant des semaines, au prix de notre sueur et de notre saaang !!! Comment ça j’en fais trop ? Pour poncer ces saletés, ma grande fille s’est retaillé un petit os de la main avec le disque à marbre alors quand même ! Maintenant elle n’a plus d’octobre quand elle compte les mois sur les petites bosses de sa main, c’est grave ça ! … Où en était-je ? Ah oui, je reprends mes lamentations : Bouhouhou, notre sol qui était si beau avant qu’on l’imbibe de cette sal*perie d’huile « topissime » !!! Car même après séchage complet de 24H, les terres cuites sont restées poisseuses, ultra brillantes (quelle horreur !!!), et quand on marchait, ça faisait chouic chouic chouic (en chaussures) ou schlef schlef schlef (avec des chaussettes qui, du reste, restaient collées aux carreaux) ou schliiak schliiak schliiak (pieds nus), bref, une abomination. J’en aurais pleuré. Si je n’avais pas été si furax. Vous avez déjà fait brûler très fort de l’huile dans une poêle à crêpes, quand ça devient collant comme du papier tue-mouche et qu’on a du mal à en venir à bout même avec une paille de fer ? Ben nous on avait ça sur 30m2 au sol… Et c’était le mardi matin de la dernière semaine, quand tout était encore en bombe dans la cuisine ET sous le auvent du jardin. Il a fallu, à trois avec mes deux grandes filles (mon mari était malade, le petit malin ;)), frotter furieusement chaque tomette avec le côté vert d’une éponge et de l’eau brûlante au savon noir, puis faire à ladite tomette une sorte de massage cardiaque énergique avec une serviette éponge histoire d’enlever le surplus de cette grblmbmrbr d’huile collante (je n’ai pas été aussi polie le jour même, désolée. Et je crois même que j’ai fomenté le complot d’aller vider le reste du seau d’huile “topissime” sur la tête de la dame qui nous l’avait vendue, ce qui n’est pas très chrétien). A ce prix là (c’est à dire au prix de six genoux éclatés, six coudes en compote, six poignets en marmelade, 38 crises de palpitations, trois crises de nerf, 124 gros mots, 18 éponges neuves et 9 serviettes de toilette bousillées à jamais) on a pu sauver le sol. On avait poncé des semaines ces imbéciles de tomettes. Il a fallu ensuite les sauver du produit censé les protéger. C’était de la pure philo : Je ponce, donc j’essuie. On aurait encore dû davantage se méfier de Descartes.

petite tableBon, pour le reste, on est super contents d’avoir réaliser avec un budget aussi raisonnable le relooking de cette cuisine. Elle nous plaît beaucoup 🙂

Je vous ai mis quelques photos plus bas, après la recette. Ah, oui, parce que c’est vrai que c’est un blog de cuisine ici… Et comme les photos de travaux ça ne nourrit pas, je vous ai concocté un dessert rigolo pour Pâques (rigolo ET facile, parce que je suis un peu flagada là hein… ) : Ce sont des œufs de condor de Pâques. On ne vous l’avait pas encore faite celle-là n’est-ce pas ;). Dans les magasins on trouve maintenant, en plus des poules en chocolat de notre enfance, tout un tas de petites bêbêtes mignonnes -et même des godasses de foot en chocolat (euh ?) ou des oeufs de la Reine des Neiges (ah, elle pond des oeufs la reine des neiges?)- mais le coup des œufs de condor, héhé… Pourquoi ?

Parce que pour réaliser mon dessert de Pâques de rêve, je n’avais pas de moule adéquat. Et ça m’aurait un peu énervé (si si, ça m’arrive des fois) de devoir acheter des moules en forme d’œuf de Pâques, que je n’aurais pas su où ranger dans ma nouvelle cuisine si bien organisée (j’ai pondu environ deux heures pour chaque casserole ou verre à mesure histoire que ça soit rangé à la place « la plus mieux », avec -et c’était très énervant- la musique de Tétris dans la tête tout ce temps là et même que là, merci les gars, je viens de me la remettre dans le crâne c’est pas pour me faire ensuite enquiquiner par des moules en forme d’œuf “sans domicile fixe” qui ne m’auraient plus servi jusqu’à Pâques 2020 !)

 

Et puis au petit-dej j’ai eu une illumination devant un panier d’avocats : Eurekavocat !!! J’avais trouvé mes moules (bio et renouvelables !) à œufs de Pâques. Du coup, quitte à récupérer les peaux d’avocat, j’ai mis aussi un peu de leur chair dans la mousse au chocolat. C’est une tuerie…

Pourquoi un œuf de condor donc (on va y arriver un jour). Ben, à cause de l’avocat, le Pérou, tout ça tout ça… Et puis la taille aussi (je suis sûre que c’est quand même gros un œuf de condor) et la couleur (c’est bien marron un condor non ?). Et puis parce quand j’étais petite j’aimais beaucoup « Les cités d’or », et aussi parce que je suis fatiguée et que j’ai des idées un peu bizarres, faut pas vous inquiéter. Les émanations de peinture, de vernis, de mastic…

“Oeufs de condor”

(Sans lait, IG bas)

Ingrédients pour 6 personnes (soit 6 demi-œufs, ou 3 œufs entiers)

Préparation : 25 min

Cuisson : quelques minutes à la casserole

À préparer la veille !

Demi oeuf de condor

  • 250g de chocolat noir pâtissier à 70% de cacao
  • Les coques de 3 gros avocats Haas mûrs à point
  • La chair d’un avocat (ou juste la moitié d’un avocat si ça vous inquiète vraiment… ou pas d’avocat du tout ;))
  • 100g de lait d’avoine ou de soja
  • 65g de sirop d’agave
  • 1 c. à soupe d’arôme de caramel (marque Nat’Ali pour moi, ça donne un petit goût de Carambar à la préparation ! A remplacer éventuellement par de la vanille)
  • 1 c. à soupe d’extrait de vanille liquide (en plus du caramel ou de la 1ère cuillerée de vanille)
  • 1 c. à soupe de rhum (facultatif)
  • 3 œufs ultra frais
  • 6 biscuits à la cuillère (fait-maison, ou du commerce… moi j’ai pas chipoté : un seul biscuit par personne c’est pas ça qui va exploser l’IG du repas ;))
  • Environ 20cl de café bien corsé et parfumé
  • Une pincée de fleur de sel.

oeuf ouvertOuvrir en deux les avocats, enlever les noyaux, vider la chair sans abîmer les coques. Conserver la chair du plus « parfait » d’entre eux (mûr à point, non fibreux, sans tâche brune : c’est très important !) et réaliser éventuellement un guacamole avec les autres (pour cela, écraser juste la chair à la fourchette avec du jus de citron, du sel et du piment, ça se conserve plusieurs jours au frais et c’est trop bon !).

Bien nettoyer l’intérieur des coques sous l’eau avec une éponge ou une brosse à vaisselle, les sécher.

Couper le chocolat en morceaux et le faire fondre au bain-marie.

Avec un pinceau en silicone, « peindre » l’intérieur des coques d’avocat avec du chocolat fondu en formant une couche assez épaisse et qui recouvre bien tout. Mettre au frais pour faire durcir le chocolat.

Faire chauffer le lait, puis l’ajouter au chocolat restant (car évidemment, tout n’aura pas servi à “peindre” les coques) avec le sirop d’agave, les extraits de vanille et de caramel, le rhum et la fleur de sel. Bien mélanger, puis mixer parfaitement avec les trois jaunes d’œufs et la chair de l’avocat « parfait ».

Fouetter les blancs d’œufs en neige assez souple et soyeuse qui forme de jolis « pics ». Incorporer à la crème au chocolat avec une spatule.

Remplir les coques d’avocat presque à ras bord avec la mousse au chocolat, puis déposer au milieu de chacune un biscuit à la cuillère légèrement imbibé de café. L’enfoncer un peu dans la mousse pour qu’il ne dépasse pas trop. Couvrir le tout et mettre au frais.

Le lendemain, enlever délicatement les coques d’avocats en les déchirant (une fois qu’on a réussi à “chopper” avec l’ongle la jointure entre la peau d’avocat et la coque de chocolat, elles se désolidarisent très facilement mais attention toutefois à ne pas briser la coque de chocolat dans un geste malencontreux : moi j’en ai bousillé une sur les six en étant trop pressée…), puis servir, soit une demi-coque dans chaque assiette, soit en reformant trois beaux « œufs » avec les demi-coques tenues à l’aide de rubans, avant de les poser sur une jolie tasse qui servira de “coquetier” (car ils ne tiennent pas debout tout seuls ;))… 

=> A noter que l’on peut aussi poudrer légèrement les coques des “oeufs de condor” avec du cacao nature, ça donne une jolie finition mate (et après faut vraiment que j’arrête avec les travaux…)

oeuf fermé

l'intérieur

mousse choco

Pssst : si vous avez la flemme de remplir les coques d’avocat, vous pouvez aussi verser la mousse dans des petits pots… avec ou sans biscuit à la cuillère imbibé de café, de toute façon elle est TERRIBLE !!!

 

Bon, et les photos de cette cuisine ?

Certains d’entre vous vont la détester, et c’est bien normal, car tous les goûts sont dans la nature. Moi j’aime le style “campagne authentique”, c’est mon truc depuis toujours, mais vous avez le droit d’aimer les cuisines ultra design évoquant la carrosserie d’une Ferrari, je reconnais que ça peut être rigolo aussi !

Pour ceux qui aimeraient bien, ou qui du moins aimeraient bien tel ou tel détail, je vous mets le plus d’infos possible en précisant toutefois : je n’ai eu AUCUN partenariat d’aucune sorte ni avec qui que ce soit pour cette cuisine ! On a tout payé plein pot avec nos sou-sous à nous. Si quelqu’un m’avait démarché en me disant « Vous voulez que je vos offre une cuisinière ou un nouveau frigo contre un petite pub sur votre blog ? » soyons honnêtes jusqu’au bout, j’aurais probablement dit oui. Mais comme ça ne s’est pas présenté, on a fait avec les moyens du bord et quelque part, c’est peut-être mieux comme ça d’être totalement libre de ses choix.

Et si par hasard j’avais oublié de noter la marque de tel tout petit bidule qui vous fait rêver dans le coin de la photo, là, à droite derrière, demandez-le moi, pas de souci, je répondrais avec plaisir…

 

 Textes et photos Marie Chioca ©

Avis aux petits malins : J’ai oublié de mettre les copyright incrustés sur chaque photo, c’est pas une raison pour me les chiper sans autorisation! (Internet monde cruel… j’ai été rudement échaudée ces derniers temps). En plus là j’ai environ 3l d’huile écolo qui colle à renverser sur la tête des gens qui auraient la mauvaise idée de me contrarier en ce moment !J’ai AUSSI un bon avocat, mais c’est nettement moins rigolo. (En plus c’est le dernier qui me reste, les autres ont servi pour la recette.)

La lumière rose du petit matin inonde la table du petit déjeuner de dimanche… C’était magique de manger à nouveau en famille, assis autour d’une vraie table 🙂 (Lustre Maison du Monde, frigo repeint avec de la peinture argent métallisée puis poncé à l’abrasif doux pour donner un effet “zinc”, échelle “chipée” dans la grange de mon fils pour accrocher les torchons ;)) Marie Chioca ©

Bar

Le bar central a été rabaissé (avant il m’arrivait presque sous les trous de nez ;)) afin que la lumière circule mieux. On a aussi changé les briques de parement, celles-ci sont plus jolies, plus nuancées, et font vraiment illusion ! (Briques de parement Granulit “Rouge”) Marie Chioca©

Vue large

L’autre côté de la cuisine (derrière le bar en briques). Après avoir été sablés pour enlever le vernis roux tout brillant et ouvrir les veines du bois, les placards “simili-rustiques” des années 80 ont été repeints en ivoire pour donner plus de lumière à la pièce… (Grille-pain, bouilloire et robot de couleur crème Russel Hobbs, achetés patiemment d’occasion -parce que c’est pas donné donné). Marie Chioca ©

Détail placards

Détail sur les portes et tiroirs repeints en ivoire donc, PUIS poncés au niveau des reliefs et des arrêtes pour donner un effet “usé” sympa. Finition avec un vernis mat V33 spécial cuisine car “anti-tâches” (pas super écolo du coup, désolée…). Marie Chioca ©

Portes grillage à poules

Au départ, ce placard était muni d’un “vitrail” gnagnan à losanges verts et bleus. C’était d’un goût… On les a fait sauter à coups de marteau (ça c’était rigolo ;)) pour les remplacer par du grillage à poules pour le côté “campagne” tellement plus sympa ! Le soir même Poupougnette y avait installé une poule en peluche avec ses poussins, c’était trop mignon… (mais après il a fallu faire place aux bols ;))

Table

La table était en pin brut, ni très jolie (depuis TOUJOURS je rêve plutôt d’une vraie table de ferme super patinée et vieille d’au moins 200 ans, comme celle qui est en Auvergne dans la maison de mes grands-parents…), ni très moche non plus. Elle a donc aussi été sablée, peinte en ivoire, puis reponcée pour laisser apparaître le veinage du bois. C’est plus sympa comme ça !

Meuble à bocaux

Mon meuble à bocaux  en sapin ancien (il était déjà là, je l’ai juste super bien ciré -une fois en 4 ans ça fait du bien- et j’ai changé les boutons de tiroir qui étaient moches. Je ne sais pas si c’était une bonne idée, là on dirait un peu des yeux d’escargots…) Marie Chioca©

Cocottes

Ma collec de cocottes en fonte (les deux grandes sont de marque Invicta, les autres ont été trouvées chez Emmaüs)… Je suis une grande grande fan de la fonte pour la cuisson ! Mes faitouts Warmcook (qui se partagent dans mon coeur avec les cocottes la première place ex-aequo aux jeux olympiques du meilleur matériel de cuisson) sont cachés quant à eux dans un placard facile d’accès, car leur look très “design” n’est plus trop dans le style de ma cuisine hélas. Du coup, les cocottes -qui étaient un peu jalouses- se marrent, mais elles verront bien qu’au final, c’est quand même les faitouts Warmcook que je vais sortir le plus souvent : L’inox, c’est tellement moins lourd que la fonte 😉 Quand à ce meuble, c’était lui aussi un “rouquin luisant des années 80”. Vous imaginez la suite? Sablage… Puis cire “pin anglais”, marque Libéron. Du coup il est enfin super assorti au joli vaisselier ! Il me regarde d’ailleurs avec les mêmes yeux d’escargot idiot… Marie Chioca©

Seau compost

Ça c’est mon seau à compost !!! Si si, et j’en suis très fière… Petit poêle à bois un peu fendu dégoté à 20€ sur le Bon Coin, repeint en vert, reponcé pour lui donner un effet usé, puis équipé d’un seau en plastique dedans (le joli couvercle se soulève, évidemment !). Marie Chioca ©

Plan de travail

Les anciens plans de travail en “faux marbre” ont été remplacés par de grosses planches d’établis anciens chinées par mon cher-et-tendre, qui n’a pas peu galéré pour les transporter… et les assembler ! L’un de ces plans est en vieux pin, l’autre en sapin, l’autre en hêtre, et celui-ci en platane ! Souci : donner à tous une teinte un peu uniforme, histoire de ne pas se retrouver avec une cuisine en patchwork… Le casse-tête chinois ! Après avoir tout poncé (encoooore !) pour repartir partout sur du bois brut, j’y suis arrivée en jonglant avec le technique du “vinaigre d’acier” (voir les tutos sur internet) ET du brou de noix. La teinte finale a été fixée et protégée avec du vernis mat pour tables et plans de travail de la maison Dugay (je vous dirai si c’est solide à l’usage. Là on a déjà une rayure, mais on va dire que le vernis est encore un peu frais…). Sur ce tiroir, on voit assez bien aussi le rendu sympa de la technique consistant à user les arrêtes d’un meuble en le ponçant légèrement pour lui donner un effet patiné. Boîte à sucre Comptoir de Famille, pichet vert en émail Krüger, pot à lait rouge chiné en brocante.

Mitigeur

Non mais visez moi un peu le look de ce robineeeet ! J’en rêvais de celui-là, et dans le magasin, il a fallu dégainer mon plus beau regard, celui mi-biche mi-épagneule breton avec les cils qui battent et tout et tout. Mon mari aurait préféré un affreux mitigeur « indestructible » de marque allemande. Il a quand même acheté celui-ci, au look vintage qui me ravit (merci mon chéri, ça me fait vraiment trop plaisir !)… Non sans avoir toutefois grommelé un truc du genre « OK mais c’est toi qui te mettras à plat ventre sous le siphon pour le changer dans six mois, quand il commencera à fuir ! ». Oui mon chéri (et quand il y aura un geiser dans la cuisine tu seras bien obligé de venir m’aider hé hé). Mitigeur trouvé chez Leroy Merlin (me demandez pas le nom, j’ai oublié mais il fait partie de la toute nouvelle collection), grand pot à farine vert (pour les sacs de 5kg de grand épeautre non hybridé ;)) Krüger. Casseroles en fonte Nomar chinées sur le Bon Coin, distributeurs à savon ou produit vaisselle Maison du Monde, évier Sarreguemines “timbre d’office Country” (je suis très fan de cet évier aussi !!!). Marie Chioca©

Chaise

Vous avez vu mon sol d’amour en vraies tommettes anciennes “recyclées”? Il ne nous a pas coûté très cher (18€ le m2, le prix d’un carrelage moyenne gamme), mais que de boulot pour nettoyer toute l’ancienne colle-plâtre !!! Je voulais aussi refaire de même le sol du salon, mais on va laisser tomber hein… ! Il m’en reste 30m2 du coup, si quelqu’un habitant dans le coin est intéressé ;)). Les chaises, chinées 5€ dans une brocante étaient marron foncé. Je les ai repeintes avec la teinte “Aiguille de pin” (Dulux)…

Détail chaise

… Puis reponcées légèrement sur les reliefs, avant de les patiner en les frottant partout avec une éponge sèche et une lichette de brou de noix. Je les aime tant, avec leur look “années 40” elles semblent sorties tout droit de l’Hôtel du Globe (La Grande Vadrouille, pour les cinéphiles ;))

Petite table

Chinée aussi pour trois fois rien dans une brocante, cette petite table d’appoint ancienne était marron très foncé. Elle a donc subit le même sort que tout le reste : sablage, peinture ivoire mat, vernis mat. Le tour des fenêtres (au départ en béton moche) a été habillé d’angles de parement (toujours les “Granulit Rouge”), jointés avec un enduit au sable et à la chaux (galère, mais tellement plus authentique !). Grand pot vert en métal de marque Kitchen Kraft (au départ il était d’un joli vert sauge un peu bleuté, mais qui tranchait trop avec les autres verts de ma cuisine. Je l’ai donc repeint à la bombe. Là pour le coup il est un peu trop vert…) Moulin à café rouge en métal Tre Spade (super efficace !). Marie Chioca©

Porte ancienne

Cette MERVEILLEUSE porte de ferme, au départ très abîmée, m’a été offerte par mon fiston, qui l’a trouvée au fond de la grange de sa chèvrerie. Elle est si belle… Mon mari a passé une après-midi à la réparer et la retailler pour l’adapter, et bon, il reste “un peu” d’espace dessous mais c’est pas très grave… Grosse clef chinée dans une brocante.

étagère à merveilles

Mon étagère à “merveilles”, cette jolie vaisselle achetée petit à petit depuis si longtemps et qui attendait bien sagement dans un carton que la cuisine soit faite… Cafetière de cowboy en émail rouge (opérationnelle, elle fait du super bon café !) marque Ibili…

Torchons

… Torchons Greengate collection “Camille White”, trop jolis pour essuyer de la vaisselle (Marie Chioca ©)

Bols

Bols Greengate aussi (collections “Camille white”, “Mary White”,”Raspberry” etc.) Là pour le coup je mets un lien car la dame est tellement gentille qu’elle mérite bien ça (mais attention, c’est un coupe gorge pour le porte-monnaie ;)) : Boutique web “Le panier d’églantine” : https://www.lepanierdeglantine.com/greengate-vaisselle-bols-c11-212.html (Marie Chioca©)

Bouquet

Joyeuse fête de Pâques !!! 🙂

 

 

 

{ Attention, travaux ! }

22 mars 2019

 { Attention, travaux ! }

 …Mais je vous donne quand même 2 recettes sympa à la fin de l’article 😉

 

Montage poissonsEn général, je ne suis pas très douée pour faire coïncider pile-poil mes recettes avec le calendrier. La semaine dernière, c’était la St Patrick, et cela fait presque 8 ans que je me dit « Cette fois-ci, il ne faudra suurtout pas oublier de publier sur le blog une bonne recette irlandaise pour le 17 mars ». Et voilà, encore une année loupée. Je l’avais pourtant bien écrit sur mon agenda, moi qui aime tant l’Irlande en général, et St Patrick en particulier, mais je suis encore passée à côté. Il faut dire que j’ai quelques petites circonstances atténuantes : ma cuisine est en travaux. Et pas juste un petit niwagnagna de coup de pinceau à donner en sifflotant, non, plutôt le genre de travaux où tu te demandes si la maison sera encore debout quand ton mari aura fini de tronçonner le plan de travail de la main droite tout en ouvrant une saignée dans le carrelage au marteau piqueur de la main gauche.

Cependant, je ne vais pas me plaindre car cette cuisine, il fallait vraiment faire quelque chose ! Restée presque en l’état depuis les propriétaires précédents, elle n’était pas franchement vilaine (même si on aurait pu rêver mieux), mais carrément pas adaptée à mon travail : des placards en vrai bois (ça c’est plutôt chouette), mais in-photographiables car laqués d’un vernis roux ultra brillant censé donner un look rustique (vous savez, le style « Louis-XV-années-80 » ;)). Un plan de travail luisant en faux marbre mais vrai plastique. Un gros bar (là on est d’accord, je ne parle pas du poisson) en simili-briques orange qui coupe la pièce en deux et empêche la lumière d’arriver sur les plans de travail. Du marron partout (au sol, au plafond, sur les placards, une véritable orgie de marron), des fils électriques qui courent (avec des rallonges dans tous les sens tant la disposition des prises avait été pensée avec intelligence), des tuyaux de chaudière apparents… et surtout, un manque de lumière abyssal ! Je parle de la lumière du jour, évidemment, car côté néons on était bien servis (j’ai horreur des néons, et là il y en avait quatre !!! Le matin au réveil, c’était un peu la scène de torture genre « Ach, nous afons les moyens de fous faire barler »…).

Voilà pourquoi, depuis un peu plus de 10 ans, je prends absolument tous mes clichés dans le salon, lequel est un peu mieux exposé. C’est très pratique, vous allez voir : Imaginons que je fasse le pas à pas photographique d’un gâteau. Et bien le matin, je dois déjà tirer tout contre la porte-fenêtre du salon la table qui me sert à prendre mes photos (on ne peut pas la laisser là tout le temps, car une porte-fenêtre où il faudrait grimper sur la table à chaque fois qu’on veut sortir dans le jardin ou aller ouvrir à un livreur, ça limite beaucoup la praticité de la chose). Je dois ensuite placer contre la table une porte (j’en ai toute une collection) qui sert de « fond » à la photo. Puis installer des réflecteurs blancs pour la lumière. Voilà, ça c’est juste pour le petit déménagement quotidien du matin qui fait les bons biscottos et les bons lumbagos aussi. Ensuite je dois courir entre la cuisine et le salon autant de fois que j’ai de photos à prendre : genre tu fais ton caramel, hop, tu cours au salon avec la casserole bouillante pour la shooter très vite avant que ledit caramel ne durcisse. Puis tu montes tes blancs en neige, hop, tu cours au salon. Tu retournes à la cuisine peser la farine pour l’incorporer aux blancs en neige, hop, tu recours au salon. Et ça c’est quand tu n’as pas à enjamber un chien qui roupille, slalomer entre un château en cubes et un bateau pirate Playmobil, ou assurer un dérapé contrôlé sur la tache d’huile de coco fondue que tu viens de faire sur le carrelage lors du petit sprint « cuisine-salon » précédent. Et puis tout ça très vite, car en fin de matinée le soleil tourne encore, passe au coin de la maison, et là il faudrait continuer les photos à l’étage, dans les chambres, mais pitié…

Et rebelote tous les jours, pour une ou deux recettes quotidiennes, parfois trois.

Alors je vous la fais courte : un jour, j’en ai eu marre. Personne ne travaille comme ça tonnerre de Brest ! Mes « collègues » photographes ont souvent un petit atelier, un studio, ou du moins une pièce bien exposée dédiée aux séances photos. J’ai donc « tanné » mon mari pour avoir un atelier, mais il aurait fallu agrandir la maison et là pour le moment c’est hors budget. Du coup on refait la cuisine, avec des améliorations qui devraient pas mal me simplifier la vie… Je vous dirai ça plus tard parce qu’en ce moment, pour ce qui est de se “simplifier la vie”, avec ces travaux en mode post-bombardement on a évidemment obtenu l’inverse de l’effet recherché. Mais ça ce n’est que passager… et c’est même presque rigolo. Si ça vous dit, je vous raconte un peu (et si ça vous fait suer – là je ne peux vraiment pas vous en vouloir-, vous trouverez plus bas les recettes).

Moi je suis le ponceur en chef. Quand je demande « qu’est-ce que je fais » ? On me répond invariablement « Coooontinue de poncer ».

OK.

Génial.

J’ouvre la bouche pour râler mais je me souviens à temps que si on en est là, c’est un peu à cause de moi.

Alors je ponce, avec application, et grâce à cela j’ai découvert par exemple le concept délicieux du masque anti-poussières. C’est extra ! Cela t’évites de t’asphyxier avec les fines particules de bois, de veilles peintures, de plâtre ou de terre cuite. C’est ton propre gaz carbonique -que tu respires en boucle- qui se chargera de l’affaire. Et puis ce qui est bien c’est qu’il y a des lunettes pour se protéger les yeux. Et ça c’est vraiment malin. Ça aurait peut-être été encore plus performant si l’on pouvait voir à travers, mais faut pas non plus demander la lune : après tout, on ne peut pas être trop chiant et exiger de voir, ce ne sont QUE des lunettes (parce qu’il faut savoir que quand tu respires dans le masque anti-poussières, ça sort par les lunettes, ça fait de la buée, et du coup tu as le choix entre poncer à l’aveuglette à travers des lunettes opaques ou poncer sans lunettes, mais, les yeux fermés, c’est plus prudent).

Je ponce donc, avec une ponceuse ou avec une disqueuse selon les cas, et ce qui est étonnant, c’est que même en ayant terminé, je continue de poncer. En mangeant, j’ai la main qui vibre. En tapant sur mon clavier, j’ai le bras qui tressaute. Quand je ferme les yeux, je me vois encore en train de poncer et la nuit, je rêve que je ponce. Saleté de placards « Louis-XV-années-80 », ils m’en auront fait voir !

Mais bientôt je serai promue, et passerai de “ponceur apprenti” à “sableur en chef”, car j’ai réussi à dégoter une sableuse aéro-gommeuse qui devrait m’aider à décaper les endroits inaccessibles à la ponceuse. Elle est arrivée depuis une semaine, il faut la monter, et c’est bien ça le hic : Cher-et-Tendre n’a pas le temps, il m’a dit « regarde le mode d’emploi » mais moi j’ai toujours été nulle en Méccano : il y a bien sur la notice ce qu’ils appellent une « vue éclatée » (“Aidez-vous de la vue éclatée page 7 pour le montage de la machine » qu’ils disent), mais ça ressemble à un schéma d’astrophysicien, avec des zigouigouis dans tous les sens, on dirait un moteur de fusée qui viendrait de s’éclater sur le bitume après une chute libre à travers la stratosphère, et ce n’est pas dans le texte qu’il faut espérer trouver une aide quelconque : ça cause d’une histoire de manomètre qu’il faut visser fermement à la prise d’air au niveau de la vanne d’entrée à l’aide d’une goupille et d’une rondelle et de quatre clips qui doivent résister à une pression de 6 à 9 bar fixé sur un taraudage d’adaptateur mâle/femelle d’air comprimé sur un côté du filtre au raccord rapide. Bref, je ne suis pas sûre d’avoir bien tout compris dans le détail, mais une chose est sûre : il y a un avertissement en gros et en gras qui t’explique que si tu ne réalises pas tout à la lettre… Baouuuuum !

Voilà pourquoi en attendant, je continue de poncer…

J’ai aussi testé : repeindre un frigo à la bombe. Première couche, j’ai eu très peur, on avait juste l’impression qu’une bande de voyous venait de taguer mon frigo. Il a fallu quatre couches, passées en apnée (ceux qui ont testé la peinture en bombe comprendront).

Je teste aussi pour vous : 5 semaines sans four ni plaque de cuisson. Là ça fait presque deux semaines, et les « repas de chantier » consistent en casse-croûtes pain-sardines ou pain-fromage. C’est pas désagréable, surtout quand c’est du super bon fromage (la prochaine fois, je vous donnerai des nouvelles de mon fiston chevrier), mais je vous dirai à la fin des travaux ce que ma ligne en a pensé.

En vrai, je suis très reconnaissante de pouvoir faire ces travaux 😉 Pour rien au monde je ne voudrais être ailleurs qu’en train de patauger dans les gravats avec une blouse poussiéreuse, des chaussures de clown de sécurité en taille 45 prêtées par mon fils (ça évite de se faire broyer un orteil), bercée par le doux murmure du marteau piqueur et enivrée du parfum d’un mur humide en cours de démolition : ça sera tellement plus chouette, après ;))

Travaux 1

La cuisine de Marie Chioca…

Travaux 2

Son ravissant ilot central en fausses briques orange…

Travaux 3

Son “Mignon” avale-poussière (indigestion en vue)…

Travaux 4

Ses placards très design…

L’air consterné du chien en mode “Mes maîtres ont pété un câble, ils ont bousillé toute leur niche !”…

Travaux 6

Son fourneau perfectionné…

Travaux 7

Ses menus d’anthologie…

Travaux 7

Son nouveau couteau électrique…

Travaux 10

Son Total Look Fashion Victim printemps 2019. (Ensemble “Le Ponceur de Rodin”).

Travaux 8

Et le meilleur pour la fin : LA fameuse “vue éclatée” de la sableuse aéro-gommeuse 😉 Est-ce que quelqu’un y en a compris de quoi ça s’agit? Moi je pense que j’ai juste réussi à identifier la cagoule, en haut à droite…

 

Bon, alors comme du coup je n’ai rien pu vous concocter de bon, je partage avec vous deux recettes tirées de mon dernier ouvrage « Poissons et autres produits de la mer » : la première est un peu festive, je me suis dit que ça serait par exemple très chouette pour une entrée à Pâques. La deuxième est d’une facilité déconcertante, et se réalise en 3 min chrono avec une simple fourchette. Tient. Ça me donne une idée pour le prochain repas de chantier…

 

Poisson en croûte aux légumes verts et parmesan

 

Inspirée du fameux Koulibiac russe (qui contient quant à lui plusieurs couches d’ingrédients différents), cette recette simplifiée n’est vraiment pas très longue à réaliser, et absolument délicieuse grâce à l’association du poisson et de la fondue de légumes au parmesan, le tout enchâssé d’une croûte d’épeautre à l’huile d’olive moelleuse à l’intérieur et crousti-sablée autour… Bref, un ré-gal pour jour de fête, de surcroît super « équilibré ».

(Recette en pas à pas !)

 

Ingrédients pour 6/8 personnes

Préparation : 30 min

Cuisson : 15 min à la poêle + 45min au four

 

Pour la pâte :

  • 500g de farine semi-complète de blé ou de grand épeautre (voir plus bas)
  • 1 sachet de poudre à lever
  • 1 c. à café un peu bombée de sel gris
  • 15cl de vin blanc sec (150g)
  • 15cl d’huile d’olive (120g)

Pour la garniture :

  • 2 longs filets de poisson frais ou surgelés (préalablement décongelés) au choix : ici, du saumon sauvage
  • 1 gros bulbe de fenouil
  • 1 oignon
  • 2 poignées d’épinards ou de blettes à couper
  • 75g de parmesan râpé
  • Sel, poivre 5 baies.

 

Éplucher l’oignon, retirer les feuilles extérieures un peu durs et filandreuses du fenouil (ainsi que les tiges) afin de ne conserver que le cœur bien tendre. Émincer le premier, couper le deuxième en cubes, et faire colorer le tout 15min à feu doux dans l’huile d’olive, en salant légèrement. Trois minutes avant la fin de la cuisson, ajouter les épinards, juste le temps de faire « tomber » les feuilles.

Préchauffer le four à 180°C, si possible en chaleur tournante.

Pendant ce temps, réaliser la pâte : mélanger au robot (ou à la main) la farine, la levure et le sel. Ajouter l’huile, puis mélanger jusqu’à obtention d’une consistance sableuse. Verser enfin d’un coup le vin blanc, et pétrir juste ce qu’il faut pour amalgamer une belle boule de pâte, sans trop la travailler inutilement.

Diviser en deux pâtons :

Étaler le premier (en un ovale un peu plus long et large que le filet de poisson) sur une plaque de cuisson farinée. Y déposer le premier filet de poisson, saler, poivrer. Répartir par dessus la garniture de légumes…

…puis saupoudrer de parmesan (là j’avais oublié ;)).

Recouvrir avec le deuxième filet de poisson, saler, poivrer.

Étaler le deuxième pâton, le déposer sur la garniture et bien faire adhérer les deux pâtes. Recouper proprement le tour à la roulette, puis décorer éventuellement en festonnant le tour du pâté avec une cuillerée à café (voir photo ci-dessous).

On peut enfourner le pâté ainsi, ou découper dans les « chutes » de pâte des petites décorations à l’emporte-pièce (étoiles, feuilles, etc. Ici, j’ai réalisé des petits poissons avec deux emporte-pièces, voir ci-dessus, l’un en forme de calisson, l’autre en forme de cœur) que l’on disposera sur le pâté.

Enfourner 45/50min, jusqu’à ce que le pâté soit bien doré.

Servir tout chaud, ou juste tiède, en découpant délicatement les tranches avec un couteau à pain.

 

=> Si vous utilisez de la farine de blé, il faudra la choisir d’un blutage T80 pour que la croûte soit parfaitement légère et croustillante. Avec de la farine de grand épeautre non hybridé, on peut sans souci « monter » jusqu’au blutage T110, le résultat sera tout aussi léger…

=> On peut raccourcir encore la recette en utilisant deux pâtes feuilletées du commerce… mais ce sera moins chouette pour la santé !

=> à réaliser aussi avec n’importe quels filets un peu grands de poisson blanc ou rose, sans peau et sans arrêtes, de mer ou d’eau douce, soit surgelé, soit acheté chez le poissonnier. Éviter juste les poissons au goût très fort (lieu noir, carpe, bonite…), car le parfum doit rester très délicat.

 

 

Rillettes « minute » de maquereau fumé au poivre

 

Le genre de recette que l’on improvise au dernier moment, en quelques coups de fourchette, par exemple pour garnir une grande tartine-repas saine et délicieuse, ou encore pour faire des toasts autour d’une bouteille de vin blanc.

La chair du maquereau fumé écrasée à la fourchette présente une consistance évoquant vraiment les rillettes de canard ou de porc, et bien que le parfum soit évidemment très différent, c’est tout à fait délicieux !

 

Ingrédients pour 2 personnes en repas principal, 4 pour une entrée ou une mise en bouche

Préparation : 5 min

 

  • Un paquet de 2 filets de maquereaux fumés au poivre, soit environ 300 à 400g (au rayon “saurisserie” des grandes surfaces, à côté du saumon fumé, etc.)
  • 100g de yaourt de brebis au lait entier (option la plus « sage »), ou de crème fraiche épaisse, ou de mascarpone (pour les jours de fête)
  • Quelques brins de ciboulette.

 

Enlever la peau des filets de maquereaux, puis écraser la chair à la fourchette (enlever éventuellement les arrêtes si on en trouve). Ajouter le laitage choisi, ciseler finement la ciboulette, puis bien mélanger à la cuillère jusqu’à obtention d’une consistance de pommade.

Servir aussitôt avec des blinis ou du pain grillé (dans un pot fermé, ces rillettes se conservent si besoin 24H au frais).

 

=> Sur une assiette de salade, on peut aussi « mouler » les rillettes dans des cercles inox individuels, et les présenter joliment ainsi, pour une entrée par exemple.

 

Recettes tirées de l’ouvrage

POISSONS et autres produits de la mer

100 Recettes éco-responsables

Paru aux éditions Terre Vivante

Pour consulter le sommaire, la quatrième de couverture, ou lire l’article de présentation sur le site de mon éditeur, c’est ici (clic)

Pour acheter cet ouvrage directement sur le site de l’éditeur, c’est ici (clic)

Pour acheter cet ouvrage chez mon libraire partenaire Decitre c’est ici (clic)

Rivière Vercors

Quelques grammes de douceur dans cet article de brute…

 

{ La mer, qu’on voit danser ♫♩♪♬…)

6 mars 2019

{ La mer, qu’on voit danser ♫♩♪♬…}

POISSONS

Et autres produits de la mer

100 recettes éco-responsables

 

Livre poissons et autres produits de la merQuand j’étais une très petite fille- presque encore un gros bébé-, j’arpentais le mercredi les ruelles niçoises avec mon cher papi pour acheter au marché des mérous, des chapons de mer, des daurades royales, des soles, des rascasses, des loups ou des saint-pierre à peine sortis de la Méditerranée toute bleue. Nous revenions, ma petite menotte dans sa grande main de bon papi gentil, et en levant mon nez en trompette pour admirer le beau ciel du matin je me pourléchais déjà les babines en imaginant comme nous allions nous régaler… En arrivant à la maison, j’essayais bien de jouer un peu pendant que mon papi cuisinait mais très vite le parfum des oignons rissolés dans l’huile d’olive, des sucs déglacés au vin blanc, des notes marines si alléchantes du poisson frais m’attiraient irrésistiblement dans la cuisine jusqu’au moment de passer-enfin !– à table. Ohh, ces filets de sole d’un blanc moiré, baignant dans un délicieux jus roux iodé et citronné… Ohh, ces pavés de mérou à la chair si ferme, sortis tout chauds d’un court-bouillon parfumé, et dont on savourait chaque bouchée avec une mayonnaise maison à l’huile d’olive… Souvenirs de la petite enfance, gravés à jamais. Certains s’émeuvent au parfum d’une madeleine, moi c’est le goût de ces poissons-là qui me laisse rêveuse. Hélas, mon gentil papi un jour s’en est allé, et c’est un peu comme si ces poissons mythiques des côtes niçoises étaient partis avec lui. Car petit à petit, certaines espèces sont devenues totalement inabordables, presque entièrement réservées aux restaurants de luxe de la Côte d’Azur. Qu’à cela ne tienne ! Mon papa et ma maman avaient pris le relais avec brio pour continuer de nous régaler avec des poissons certes un peu plus modestes, mais tout au moins parés du charme irrésistible de leur extrême fraîcheur : Il a fallu quand même trouver des « bons plans », en achetant du poisson directement sur les quais de pêche (mon papa est un lève-tôt !) ou en se faisant copain avec un ou deux poissonniers honnêtes, mais grâce à cela nous nous délections par exemple de délicieuses bonites (des petits thons de Méditerranée), de merlans tout frais plein de délicatesse, de congres à la chair parfumée, de sardines à la persillade brillantes comme du vif argent et autres petits poissons sympathiques, le tout pêché de la nuit. Oui, il a fallu un peu se décarcasser pour dégoter tous ces bons poissons car déjà, le supermarché du coin proposait une marchandise toute flasque aux relents ammoniacaux, ayant probablement traversé la moitié du globe avant d’atterrir sur l’étal. On se bouchait juste le nez, ma petite sœur et moi, en passant devant “le rayon d’Ordralphabétix”, et ça nous faisait rire…Pauvre de nous. Si on avait su, ça nous aurait tout de suite fait moins rigoler.

Livre poissons et autres produits de la mer 1

Désolée si ça casse un peu le mythe : Ce superbe spécimen n’est pas un poisson exotique capturé dans un lagon lointain par un pêcheur en pagne, mais une brave “vieille”, espèce qui abonde au large des côtes bretonnes. Certains lui trouvent un goût un peu curieux… Mais c’est parce qu’ils ne savent pas la choisir (il en existe de différentes sortes), ni la cuisiner (entre autres, il ne faut pas la cuire à four trop chaud au risque de brûler le mucus des écailles, c’est cela qui lui donne un goût un peu fort). Bientôt, vous connaîtrez toutes les petites astuces imparables pour vous régaler avec ce poisson qu’il serait bien dommage de “bouder” tant il est économique et non menacé … Marie Chioca ©

Car un jour j’ai déménagé en Isère. Et là j’ai compris pourquoi tant de gens n’aimaient pas le poisson. La mer n’est pourtant qu’à 300km, mais il faut croire qu’ici, certains produits de la pêche n’arrivent de Lutèce qu’en char à bœufs ! J’en ai tenté, des trucs, pour retrouver le bon goût du poisson : Apprendre, hélas, à ne pas faire confiance aveuglément au poissonnier-aussi sympathique soit-il !- mais être capable de juger toute seule de la fraîcheur d’un arrivage. Casser quelques idées reçues (dans mon bled par exemple, les poissons sont généralement beaucoup plus frais au supermarché Le****c que chez les poissonniers de ville hors de prix !). Découvrir les espèces d’eau douce, si abondantes  chez nous dans les torrents du Vercors, les lacs alpins, les étangs des campagnes, les piscicultures de qualité. Me tourner vers certains poissons surgelés, et les métamorphoser, avec trois fois rien, en délicieuses recettes pour les rendre plus séduisants. Redécouvrir les poissons fumés, indubitablement délicieux quand ils sont de qualité. « Apprivoiser » aussi les algues, ces légumes de la mer si bienfaisants pour la santé.

Le tout sans me ruiner (grande famille oblige !), en évitant au maximum les espèces les plus menacées, ou les plus polluées. La quadrature du cercle? Presque ! Mais le défi a été relevé… et aujourd’hui, toute ma famille raffole du poisson.

Et puis je me suis dit que toutes ces astuces, toutes ces recettes pour se régaler des bons produits de la mer (si importants pour notre santé : c’est même un des piliers de la diète méditerranéenne, indéniablement l’une des façons les plus sûres de s’alimenter sainement), je n’allais pas les garder pour moi, et qu’il fallait absolument les partager. Cela fait presque 10 ans que je bataille un peu pour qu’un tel projet d’ouvrage voit le jour… les éditeurs sont un peu frileux, « Le poisson n’attire pas vraiment, c’est pas ce qu’on fait de plus glamour » m’était-il répondu avant qu’on me donne enfin le feu vert (merci encore Brigitte, éditrice formidable des éditions Terre Vivante !). Et maintenant moi je suis prête à parier qu’un livre avec plein d’astuces et une centaine de recettes…

– Saines (Car avec les produits de la mer, on chouchoute à fond notre silhouette et notre santé !)

– Délicieuses (Si vous n’aimez pas le poisson, c’est peut-être bien ce qui vous fera changer d’avis…)

– Faciles et rapides (Car il existe déjà quelque très beaux livres sur les poissons, mais aux recettes parfois un peu trop alambiquées, c’est décourageant quand on manque de temps.)

– Economiques (Parce qu’on en a marre des sempiternelles recettes élitistes aux noix de saint-jacques et saumon fumé des magazines !)

-Qui préservent au mieux les stocks marin (Avec par exemple plein d’infos sur les différents modes de pêche, mais aussi pour découvrir des espèces non menacées… parce que le fameux trio colin-cabillaud-merlu commence à en avoir ras la casquette de notre affection trop débordante, et troquerait bien volontiers toute cette célébrité pour un peu de tranquillité genre “Laissez-nous nous frayer en paix les gars !”)

-Et qui évitent les espèces les plus polluées (Sans toutefois les bouder totalement, car on peut consommer un peu de thon de temps en temps sans tomber raide mort, faut pas flipper comme ça !)

…ça pourrait peut-être bien vous intéresser ?

 

Livre Poissons et autres produits de la mer 3

Autre superbe “bêbête”, cette fois-ci d’eau douce, une grosse truite ultra fraîche de pisciculture bio et locale. C’est une formidable alternative au saumon (lequel est lui, généralement beaucoup plus pollué aux métaux lourds… et plus onéreux aussi !). Dans le livre, cette truite est grillée au four avec une farce très simple aux herbes, légumes, amandes et parmesan. Un régal ! Marie Chioca ©

 

Envie de découvrir un petit échantillon des recettes? Alors c’est parti ! Dans le premier chapitre, on cuisine du poisson frais, le moins menacé, le moins pollué, le plus abordable, le plus simplement, le plus délicieusement possible…

Livre poissons et autres produits de la mer 3

Rassurez-vous : si on cuisine plusieurs gros poissons dans ce livre (car c’est au final beaucoup plus économique et écologique, je vous explique tout ça…) les petits ne sont pas en reste : Ici, de délicieux bogues, des “cousins” de la dorade modestes mais délicieux, de surcroît très abordables ! Les voici cuisinés en rougail, cette bonne sauce des îles épicée au piment et gingembre. Simplissime, mais efficace ! Marie Chioca ©

Livre poissons et autres produits de la mer 4

On trouve aussi quelques recettes de fête, mais toutes simples. Ça par exemple, c’est du saumon gravlax, LE truc de fainéant qui nous fait passer pour un chef quand on reçoit des amis… Avec un beau filet de saumon bio ou Label Rouge, c’est le top ! (Et c’est beauuuucoup moins cher que du saumon fumé !) Marie Chioca ©

Livre poissons et autres produits de la mer 5

Pour ce livre, je n’ai pas hésité à prendre des risques (si si !) en goûtant des poissons que je ne connaissais vraiment pas et qui, à priori, ne m’inspiraient pas des masses 😉 Car il faut savoir sortir un peu des sentiers battus, histoire de découvrir des espèces méconnues mais abondantes, et relâcher du même coup la pression sur d’autres beaucoup plus plébiscitées mais victimes de surpêche (le cabillaud par exemple). Dans la famille zarbi, voici par exemple l’orphie : un nez d’espadon, un corps d’anguille, une arrête bleu turquoise… Ça se pêche sur les côtes françaises, et sincèrement c’est très bon ! Surtout comme ça, dans une matelote au cidre et à l’échalote… Marie Chioca ©

 

Dans le deuxième chapitre, on cuisine les “fruits de mer” : coquillages, mollusques et crustacés.

Livre poissons et autres produits de la mer 6

Pasta alle vongole, une délicieuse recette traditionnelle italienne avec des palourdes. Un régal ! Marie Chioca ©

Livre poissons et autres produits de la mer 7

“Brûle-doigts” d’amandes de mer à la bière blanche : une recette express, une cuisson minute, et un bon goût d’embruns dans l’assiette… Mais surveillez bien le temps de cuisson, au risque sinon de vous retrouver avec autant de mini chewing-gums “fraîcheur océan” ! C’est un peu farceur, les amandes de mer 😉 Marie Chioca ©

 

Livre poissons et autres produits de la mer 8

Beignets de crevettes (sans friture), avec une petite touche d’ail et de gingembre dans la pâte… Une irrésistible gourmandise, à grignoter du bout des doigts à l’heure de l’apéro ! Marie Chioca ©

 

Dans le troisième chapitre, on cuisine les poissons surgelés (c’est un peu l’art de métamorphoser en un coup de baguette magique quatre portions carrées par très jojo en un petit plat qui met l’eau à la bouche !)

Livre poissons et autres produits de la mer 10

Croquettes aux herbes (les loulous en raffolent, et dans le même genre, vous trouverez page précédente une recette très saine et simplissime de nuggets maison sans friture). Marie Chioca ©

Livre poissons et autres produits de la mer 11

Limande “meunière” au pistou. Quelques minutes de préparation et de cuisson seulement pour épater la galerie ! Marie Chioca ©

 Livre poissons et autres produits de la mer 9

Burger de saumon sauvage au citron et à la ciboulette. Le genre de petit plat régalatoire juste comme on les aime, du genre de ceux qui se préparent en quelques coups de mixeur avec très peu d’ingrédients… Marie Chioca ©

 

Dans le quatrième chapitre, on cuisine les poissons fumés !

Livre poissons et autres produits de la mer 12

Et c’est l’occasion par exemple de découvrir quelques recettes traditionnelles d’autres contrées, comme par exemple cette soupe écossaise au haddock (“Scottish Skullen Skink”), qui nappe les papilles de sa texture crémeuse et de son parfum envoûtant… Marie Chioca ©

Livre poissons et autres produits de la mer 13

... Ou encore les fameux smørrebrød danois, tellement festifs dans leur simplicité ! Marie Chioca ©

 

 

Dans le cinquième chapitre, on cuisine les poissons en boîte (je vous l’ai dit, pas d’élitisme dans ce bouquin, juste du pratico-pratique ;))

Livre poissons et autres produits de la mer 14

La fameuse sauce crémeuse au thon de Jean. ( Jean, c’est un de mes fistons, et vous découvrirez page 170 l’histoire de cette recette qui a depuis fait littéralement le buzz tout autour de nous ;)) Marie Chioca ©

Livre poissons et autres produits de la mer 15

La tourte rigolote aux ingrédients du placard… Spectaculaire mais toute simple à préparer, et illustrée en pas à pas page 175 du livre. On peut même la préparer avec des enfants, pour le 1er avril par exemple 😉 ! Marie Chioca ©.

 

Dans le sixième chapitre, on cuisine des algues !

Livre poissons et autres produits de la mer 16

Comme ici cette salade de salicorne crue aux patates nouvelles. Une vraie découverte pour moi ! Marie Chioca©

Enfin, dans le septième chapitre on cuisine des sauces… pour tenir compagnie aux poissons !

Livre poissons et autres produits de la mer 17

… Certaines bases incontournables sont déjà parues dans d’autres livres (rouille provençale, lahdolemono crétois ou amplouada niçoise par exemple), d’autres sont inédites comme celle-ci : LA sauce hollandaise simplifiée au échalotes et citron, une de mes préférées, et qui s’accorde avec absolument tous les poissons, qu’ils soient blancs, bleus, roses, de mer ou d’eau douce ! Marie Chioca ©

 

POISSONS et autres produits de la mer

100 Recettes éco-responsables

Paru aux éditions Terre Vivante

Pour consulter le sommaire, la quatrième de couverture, ou lire l’article de présentation sur le site de mon éditeur, c’est ici (clic)

Pour acheter cet ouvrage directement sur le site de l’éditeur, c’est ici (clic)

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{ Les carottes sont cuites ! Tant mieux… }

14 février 2019

{ Les carottes sont cuites ! Tant mieux… }

Carrot Cake “raisonnable” avec un tout p’tit peu de beurre quand même

♥ IG Bas ♥

 

carrot cake 1Parmi les recettes que vous me demandez parfois sur ce blog, l’idée d’un carrot cake à IG bas revient assez souvent. Certes, j’en ai déjà posté une version il y a quelques temps, plutôt du genre rigolote mais pas très académique ! Du coup, le challenge du carrot cake à IG bas, c’était ni fait ni à faire… et l’idée restait dans un petit tiroir de ma tête. Il fallait juste LA bonne occasion de rouvrir ce petit tiroir, ce qui n’était pas gagné vu le nombre de tiroirs pas très bien rangés qui encombrent mon pauvre cerveau…

Mais en ce moment, une de mes filles passe un CAP de pâtisserie, et devinez un peu ce qu’il y avait au programme dernièrement ? Bravooo, un carrot cake ! (comment avez-vous deviné ?). Et là, j’avoue que nous avons tous été un peu dépités : Car le principe du carrot cake consiste à ce que la carotte remplace une bonne partie du beurre et du sucre, d’où sa réputation (parfois un peu surfaite) de gâteau « santé ». Or, dans la recette du cours, il y avait une quantité indécente, oui littéralement in-cé-dente de beurre et de sucre, au point qu’on se demandait un peu ce que les pauvres carottes étaient venues faire dans cette galère !

Sans beaucoup de surprise, ce pauvre butter-sugar-(carrot)-cake du CAP n’a donc pas fait l’unanimité… Oh, ça, on avait bien le goût du beurre et du sucre plein la bouche, mais pas de cette façon si machiavéliquement délicieuse dont -par exemple- un kouign amann saurait nous ensorceler les papilles : Là c’était plutôt une sorte de gros platras marronâtre, tout suintant, outrageusement sucré et parfumé aux restes de carottes râpées, bref, rien de bien idyllique. Et nous sommes restés sur l’idée qu’il fallait tenter quelque chose pour laver l’honneur déchu de ce malheureux gâteau, après qu’il ait été à ce point humilié, moqué, raillé, ironisé chez les Chioca… avant de terminer chez les poules (assez euphoriques, elles, pour le coup il faut l’avouer mais bon en même temps quand on se régale d’un vers de terre et d’un trognon de navet exhumé du tas de compost, c’est qu’on n’est pas vraiment très trèèès difficile).

Et puis hier soir, je suis tombée dans la cave sur un sachet de bien jolies carottes -tombée au sens figuré, car je ne passe pas non plus ma vie à me prendre des gamelles, je vous rassure-, et cela m’a donné envie de tenter le coup d’un carrot cake « raisonnable » : Beaucoup de carottes, très peu de beurre, du sucre de coco, de la farine d’épeautre intégrale, etc. J’ai un peu inventé ça au pif… exactement comme le mec qui a dû mettre au point la recette du carrot cake du CAP de ma fille (oups, ça c’était mesquin) sauf que là j’ai juste eu plus de bol que lui…

carrot cake 2Car déjà, pour avoir préparé ce pauvre gâteau pendant le petit-déjeuner des enfants (genre peser la farine de la main droite en coupant une tartine de la main gauche, râper le beurre en étalant les carottes sur ladite tartine à moins que ce ne soit le contraire, décortiquer les noix en versant de l’eau chaude dans un bol de chicorée, chercher un sachet de sucre vanillé en épongeant le *&#!8! de bol de chicorée renversé sur la table, casser les œufs en disant « arrêtez de faire les guignols et dépêchez-vous », mesurer une cuillerée de rhum en écoutant une petite voix expliquer pourquoi l’écharpe d’hier a aussi été perdue à l’école comme les quatre écharpes précédentes, préchauffer le four en constatant à haute voix qu’à moins de se grouiller un bon coup on va probablement être en retard, beurrer le moule en hurlant « faites cracher cette noix au petit chien !!! », etc.) je peux vous dire une chose : il est rudement facile à réussir. Même sous un bombardement vous devriez y arriver.

Ensuite, pour avoir senti le parfum qui se dégage du four pendant la cuisson je dois vous mettre en garde : ça ferait presque perdre la boule ! (Symptôme : reprendre un petit déjeuner à 8H30, en espérant contre toute logique et toute honnêteté intellectuelle que les deux énormes tartines de guacamole avalées à 7H30 soient déjà digérées).

Enfin, pour l’avoir découpé en me léchant les doigts et goûté quatre fois histoire d’en être bien sûre je peux vous l’assurer : Pour un gâteau à la farine intégrale, et contenant si peu de beurre, il rivalise haut la main  avec tout ce qui se fait de plus moelleux en pâtisserie ! Au départ, j’avais prévu d’imbiber mon gâteau d’un sirop de mandarine « maison » (sirop d’agave + jus de mandarine + zeste de mandarine) mais sincèrement, c’est complètement superflu tant les tranches sont déjà fondantes ! D’ailleurs juste un conseil à propos du moelleux de ce gâteau : évitez de le découper ou de le manipuler de bon matin, vous pourriez vous rendormir dessus.

Côté saveur, on pourrait comme il est d’usage dans les pays anglo-saxons ajouter des épices dans la pâte (cannelle, épices à spéculoos, épices chaï, etc.) mais là encore, c’est un peu dommage tant le parfum de ce carrot cake est déjà équilibré et gourmand, avec ses notes de noix, de beurre, de vanille, de sucre brun et de rhum. En revanche, il faut vraiment le vouloir pour déceler le goût de carotte ! (ben… tant mieux non?). Perso, je l’ai trouvé sucré juste comme il faut, mais deux de mes loustics l’auraient aimé un peu plus doux. Je vous laisse voir donc, en fonction de vos goûts, si vous mettez 130g de sucre comme moi, ou 150, 170… je ne pense pas que cela risque de trop modifier la texture du gâteau.

Je me suis inspirée d’aussi près que possible des véritables recettes anglo-saxonnes (lesquelles sont presque toujours des carrot cakes à la noix… sans aucune ironie, juste dans le sens littéral du terme ;)) mais pour n’en avoir jamais goûté de “vrai”, je peux difficilement vous dire s’il se défend bien aux jeux olympiques des carrot cake. En revanche, c’est probablement un des meilleurs gâteaux aux noix de ma vie, ce qui n’est pas peut dire quand on habite près de Grenoble…

carrot cake 3

 

 

Ingrédients pour un gâteau de 8/12 parts

Préparation : 15min

Cuisson : 40min

  • 300g de carottes
  • 150g de cerneaux de noix (fraîchement décortiqués, car ceux vendus en sachets sont souvent rances)
  • 90g de beurre
  • 180g de farine complète ou semi-complète de blé ou d’épeautre
  • 1 sachet de poudre à lever
  • 3 oeufs
  • 130g de sucre de coco
  • 1 c. à soupe d’extrait de vanille liquide
  • 1 c. à soupe de rhum.

carrot cake 4Préchauffer le four à 180°C.

Décortiquer les noix.

Râper les carottes (inutile de les éplucher si elles sont bio) et les noix (râper les cerneaux de noix plutôt que de les mixer, c’est une astuce pour les concasser grossièrement, sans les transformer en bouillie).

Faire fondre le beurre.

Mélanger la farine et la poudre à lever, puis ajouter tous les autres ingrédients et bien « touiller » jusqu’à obtention d’une pâte homogène. Beurrer un moule à savarin d’environ 24cm de diamètre, puis y verser la pâte et bien égaliser.

Enfourner pour 40min.

Laisser un peu refroidir dans le moule, puis faire le tour du gâteau avec une spatule pour bien détacher les bords avant de démouler.

Savourer tel quel ou avec une crème fouettée (de coco, de vache… au choix !)… et en boulottant les mandarines qui n’auront pas servi au sirop 😉

 

carrot cake 5

carrot cake 6

 

{ Un petit matin d’hiver…}

31 janvier 2019

{ Un petit matin d’hiver…}

Crunchy du petit dej’ (super croustillant, super sage…)

♥ Végétalien ♥ IG Bas ♥ 

 

C’est vrai qu’en général, le matin j’aime bien manger salé : il a été prouvé que cela « cale » beaucoup mieux les morfals de mon genre, et régule d’emblée les fringales de sucré pour toute la journée. Mais quelqu’un m’a demandé, il y a quelques mois, une recette pour le petit déjeuner de « céréales qui croustillent, parce que le porridge, c’est dégueulasse ». Cette requête pleine de poésie était restée dans un coin de ma tête, car c’est quand même une bonne idée, ne serait-ce que pour régaler un peu plus sainement les « irréductibles » qui persistent à remplir leurs estomacs au petit déjeuner de tous ces trucs un peu chelous qui flottent et surfent sur leur bol de lait, et qu’il faut avaler très trèèès vite avant qu’ils ne deviennent tout limaceux… Sur les boîtes de ces « céréales », je ne sais pas si vous avez remarqué mais il y a souvent un tigre, un coq ou un lion par exemple : c’est pour bien nous prévenir du bruit que fera notre estomac sur le coup des 9H30, en pleine réunion devant le patron, après un tel petit déjeuner! Car il faut savoir que les corn-flakes, le riz soufflé et autres céréales industrielles (même bio hélas, même estampillées « complet » ou « sans sucre ajouté ») ne sont pas idéales du tout car du fait qu’elles sont extrudées, leur indice glycémique est très élevé : elles font donc beaucoup grossir tout en calant que dalle, et c’est la porte ouverte à toutes les fringales les plus folles en cours de matinée, genre quand vous en arrivez à vous demander si la plante verte du couloir est comestible ou pas.

Pour remplacer dans vos vies ces « céréales » remplies d’air et de sucres ultra-violents (mais non j’exagère pas ;)), j’ai déjà publié dans deux ou trois ouvrages quelques alternatives de type granola (vous avez même une vidéo ici), mais voici une recette encore plus rapide : En 8 min à la poêle, sans même allumer le four, vous aurez plusieurs bons petits déjeuners d’assurés ! Le tout confectionné avec de véritables flocons d’orge (ou d’avoine) complets et du sucre à IG bas : c’est donc beaucoup plus sain, et tellement délicieux sur une compote, un yaourt, ou dans un bol de lait végétal par exemple. Vous pouvez aussi vous asseoir sur un canapé avec le pot sur les genoux et y piocher tel quel, mais ça je ne vous le conseille pas, c’est beaucoup trop dangereux car vraiment très bon (et même « mortel » pour employer l’adjectif exact d’une de mes grandes, mais bon, il paraît que c’est un compliment et qu’il faut bien le prendre… Attention, les ados, si un jour vous tombez sur un petit livret de mycologie, ne vous précipitez pas pour bouloter les amanites panthère genre “Hé, les gars, ceux-là vous pouvez les ramasser, c’est écrit qu’ils sont trop mortels ces champignons !”). En cuisant ça sent un peu comme ces pralines toutes chaudes qui sont vendues sur les foires (ma recette d’aujourd’hui, pas les amanites panthère !), et puis une fois refroidi, ça croustille sous la dent, mais à un point, que s’en est incontrôlable ! Tenez, ce matin, où j’ai photographié ce « crunchy » et bien il n’y avait rien à faire, ma main ne m’obéissait plus, au lieu d’appuyer sur le déclencheur de l’appareil, paf, elle plongeait sans cesse vers le pot. C’était, je pense, pour bien vérifier que les petits flocons restaient tout aussi croustillants même après 3 min à l’air libre, 5 min, 7 min, 9 min, 11min, 13min, 15min, etc…

Ça reste bien croustillant : je suis heureuse d’avoir eu tant de rigueur scientifique pour une fois.

Je termine avec quelques petits conseils « utiles ou futiles » comme le dit si bien Mercotte :

– Cette recette est bien plus savoureuse réalisée avec de l’huile de coco, mais peut quand même se faire avec de l’huile de tournesol désodorisée (plus économique) : dans ce cas, surveiller la cuisson de plus près, car il ne faut jamais faire fumer l’huile, ni laisser brunir le mélange, ni qu’il se crée de dépôt brun et collant au fond de la poêle (ni de fumée noire dans toute la cuisine, bref, vous aurez compris), or, l’huile de tournesol a toujours tendance à surchauffer un peu plus vite que l’huile de coco. Et oui, j’ai essayé avec de l’huile d’olive, et non, pour une fois ce n’est pas bon du tout !

– Concasser « grossièrement » des amandes et des noisettes ne signifie pas qu’il faille leur taper dessus en disant des gros mots, mais que vous devez juste les casser en gros morceaux… Pour cela, tapez-les sur le plan de travail avec un rouleau à pâtisserie (douuucement, sinon vous allez en ramasser dans toute la cuisine), ou dans un saladier avec le culot d’une bouteille en verre, ou concassez-les à vitesse lente dans le bol d’un robot pâtissier muni de son batteur plat, juste pour les éclater un peu sans non plus les réduire en miettes (de trop petit bouts brûleraient à la cuisson).

– J’en connais (du genre très “sages”) qui vont tout de suite me demander s’ils peuvent mettre moins de sucre : et bien non, je ne vous le conseille pas, car c’est en caramélisant au contact des flocons qu’il va les rendre tout croustillants (en plus, il n’y en a déjà pas beaucoup !).

– J’en connais d’autres qui vont se dire, « Bah, pourquoi mettre du sucre vanillé et du sel ! ». Réponse : pour que ça soit super bon, les gars… Sans ça, rien à faire, ça n’a pas le même charme (c’est moins « mortel », quoi).

– Et puis j’en connais encore d’autres (des aventuriers…) qui voudront peut-être savoir si ça marche avec des flocons de riz, d’épeautre, de seigle, de blé ancien, de sorgo, de millet, de quinoa, d’amarante, de haricot, de soja, de neige ou que sais-je encore (on dirait que les étals de magasins bio tentent le Guiness des records en matière de flocons, dites les gars est-ce que quelqu’un les mange ?). Réponse : Je n’ai essayé qu’avec l’orge et l’avoine et déjà, il y a une petite différence (ceux d’avoine cuisent plus vite que ceux d’orge). Donc, pour les autres, il faudra tester…

– Attention, les flocons d’avoine qui restent ouverts trop longtemps (genre, vous avez juste essayé, une fois, de vous faire un porridge en 2014) deviennent in-man-geables ! L’avoine est une céréale qui rancit très vite et devient amère, piquante, bref, très bizarre quand elle s’oxyde…

– Idem avec l’huile de coco : Juste ouverte, elle sent délicieusement bon le Bounty… 6 mois après, ça évoque déjà plus le vomi de goéland.

Ingrédients pour environ 8 à 12 portions (petit-déjeuner ou goûter)

Préparation : 5 min

Cuisson : 8 min

  • 100g d’amandes
  • 100g de noisettes
  • 200g de flocons d’orge (IG très bas) ou d’avoine (IG moyen)
  • 75g d’huile de coco vierge
  • 2 sachets de sucre vanillé
  • 65 à 75g de sucre de coco
  • 1/2 c. à café rase de sel fin.

 

Concasser grossièrement les amandes et les noisettes, puis les brasser rapidement dans une passoire pour enlever les petits éclats de peau qui risqueraient sinon de brûler.

Faire ensuite toaster environ 3 min à la poêle sèche (plutôt une grande poêle, d’environ 28 à 30cm de diamètre), à feu moyen et en mélangeant tout le temps : les fruits secs doivent commencer à dorer sur certains endroits, mais ne surtout pas noircir (attention, vers la fin ça va très vite : en général, dès que ça commence à sentir bon, c’est presque prêt). Les débarrasser dans une assiette, essuyer la poêle, puis y faire fondre l’huile. Jeter les flocons d’avoine dans la poêle avec le sel et le sucre vanillé, faire dorer 3min (avoine) à 4min (orge) en mélangeant sans cesse jusqu’à ce que les flocons blondissent très légèrement. Ajouter alors dans la poêle le sucre et les fruits secs toastés, puis cuire 2 min de plus sans cesser de mélanger, le temps que le sucre fonde et caramélise les flocons.

Verser sur un papier absorbant d’environ 65cm de long ou un torchon propre et bien étaler : En refroidissant, le mélange deviendra très croustillant. À conserver dans un bocal ou une boîte bien hermétiques !

 

Et pour un petit-déjeuner tout en douceur, quelques images de chez moi, à l’heure où peut-être vous buvez votre café…

Se réveiller un peu avant 5H, quand l’aube caresse les montagnes de timides lueurs bleutées pour les tirer de leur sommeil. Trouver cela si beau… Enfiler très vite une parka bien chaude, et sortir affronter le froid piquant pour capturer en images le beau spectacle du lever du jour sur un paysage d’hiver…

Cette belle histoire qui se renouvelle tous les jours, mais dont beaucoup d’entre nous sont privés, dans ces villes où l’aube a seulement la couleur des phares sur le bitume, des enseignes publicitaires, des néons dans les transports…

Alors, je vous dédie ces quelques photos, espérant partager avec vous un peu de ce silence si bienfaisant, de cette majesté, de cette douceur que nous offre au petit matin une campagne saupoudrée de neige…

… même un jour un peu « ingrat » comme celui-ci où il n’y eut pas de lever de soleil spectaculaire, mais un ciel bas, sombre, d’un gris de plomb… un vrai temps de neige, qui a lui aussi son charme un peu impressionnant je trouve.

Somptueux Dauphiné !

… Ce qui est bien, quand on n’habite pas exactement dans les Alpes, c’est qu’on a vue sur les Alpes 😉 Sur le Vercors aussi (à droite) et la Chartreuse (à gauche). Et dans le creux, bien caché, c’est Grenoble…

Quelques instants de rose, à l’heure la plus froide du jour…

En prenant cette photo, j’ai entendu une branche craquer dans la forêt…Chevreuil, sanglier, lapin ou hérisson rentrant au terrier ? Je ne le sais pas plus que vous, mais tout était si paisible ici que ce ne pouvait sûrement pas être quelque chose de bien effrayant. Je regarde mon chien, un peu tendu, oreilles dressées…

Je lui gratouille la tête, sens en retour un coup de langue tiède sur ma main, quelle gentille bête. Cette photo de Beauceron est spécialement pour vous Mamijo…

A quelques pas, c’est la chèvrerie de Hugues, mais je n’y vais pas ce matin. J’imagine ces petites bêtes bien au chaud dans le foin de l’étable, je les envie un peu, avec mes mains glacées sur l’appareil photo, le vent qui s’infiltre sous ma capuche et fait un peu pleurer mes yeux…

Il va maintenant falloir redescendre, attaquer une nouvelle grosse journée de travail. Merci, merci du fond du cœur pour cette chère nature si belle qui me comble de joie… Malgré tout, je suis heureuse de rentrer pour un bon petit déjeuner ! J’ai presque aussi faim que si j’avais mangé des cornflakes 😉

{ Un « mal aimé »… qui peut encore nous étonner ! }

9 janvier 2019

{ Un « mal aimé »… qui peut encore nous étonner ! }

Chiffonnade de chou frisé au cantal, noix et jambon cru

♥ Sans Gluten ♥ IG très bas ♥

 

chou frisé 4En ce début d’année 2019, il y a un grand mystère existentiel que je voudrais résoudre : Pourquoi, mais pourquoiiiiiii donc, alors que tout le monde s’échine à préparer en salade le chou rouge, le chou cabus et le chou kale qui sont plutôt du genre coriaces, personne ne pense-t-il à faire de même avec le chou frisé, dont les feuilles sont toutes fines, délicates et tendres à souhait ?

Serait-il juste un peu trop rustique pour les tables branchées se voulant toujours plus à la pointe de la nouveauté, de la « créativité* »? Si c’est juste cela, qu’il vienne donc se consoler chez moi, grande adepte d’une certaine plouc’attitude heureuse et assumée, je saurais quoi faire de ses délicates frisettes !

D’ailleurs, imaginez un instant si, depuis des générations, on n’avait connu que le chou kale. Bon, déjà, l’espèce humaine aurait un peu muté, nous aurions tous un visage pyramidal à cause des mâchoires surdimensionnées, mais passons. Et puis un jour, au 21ème siècle, quelqu’un aurait « découvert » le chou frisé : Hiiiiiiiii ! Quelle délicatesse, quelle classe, il est trop mignoooooon, le chou frisé ! Pardon. Il est trop mignoooooon, le Curly Cabbage (oui, parce que ça fait toujours plus mieux avec un nom anglo-saxon : par exemple, chez nous, le chou kale s’appelle le « chou fourrager à vaches », ça fait tout de suite moins tendance**). On lirait sur les blogs et dans les magazines de cuisine tout un panégyrique sur le Curly Cabbage, si charmant, si healthy, si branché (pardon, si hipster)… Tout le monde vanterait les qualités nutritionnelles de cette nouvelle coqueluche, on s’esclafferait sur sa délicatesse en cuisine, on le masserait dans un beurre végétal aux épices pour le transformer en chips vegan, on le presserait à 4000 tours/minute pour en faire des smoothies de stars atttttention aux dents vertes avant la séance photo !, on l’entarterait, on l’engratinerait, on l’enmuffinerait, et il serait peut-être même « réinventé » en macaron, en fondant au chou-colat ou en tirami-chou (ouaip, plus rien ne m’étonne…).

chou frisé5Mais pas de chance. Le chou frisé nous tient compagnie depuis l’époque des gaulois, au moins, et rien n’arrivera de tout cela car dans l’imaginaire collectif, le chou frisé, c’est beuuuh, ou au mieux, c’est bof. On en achète -une fois !-quand les tomates, poivrons et aubergines pendent tout congelés au bout de leurs branches, que les blettes sont blets, que les courges deviennent liquides et qu’on a épuisé tout le répertoire des recettes aux poireaux. Voilà voilà… Pauvre chou, va.

Mais je vous vois venir ! Le problème avec le chou, c’est que ça sent le chou. OK. Loin de moi l’idée de nier l’évidence. Remarquons juste, par souci d’équité, que TOUS les crucifères sentent plus ou moins le chou, y compris le chic-issime chou kale, le chou chinois, le chou romanesco, le brocoli, la roquette, la moutarde, le colza (promenez-vous dans un champ au printemps, ça sent pas la rose)… sans parler du chou fleur et du chou de Bruxelles, deux malins qui cachent bien leur jeu sous leur petit minois sympathique, alors que ce sont en réalité deux bêtes de guerre hors catégorie en matière d’attaque chimique.

Et bien il existe des astuces trèèèès efficaces pour que le chou se fasse beaucoup plus discret !

– Astuce N°1: Choisir du chou bio, ou non traité (vous verrez, la différence est énorme côté odeur et saveur)

– Astuce N°2 : Ne pas le faire trop attendre au frigo (plus le chou est frais, moins il “sent” en cuisant)

– Astuce N°3 (la plus importante) : Ne surtout pas trop le faire cuire !

Pour des fleurettes de brocoli ou de chou romanesco, c’est 10/12 minutes chrono de cuisson à l’eau bouillante salée, surtout pas plus : les fleurettes doivent rester d’un vert pimpant, car dès qu’elles virent au kaki, hop, ça sent… Pour le chou frisé c’est exactement pareil : 10, 12 -à l’extrême limite 15 min- de cuisson suffisent, que ce soit dans l’eau (ou dans une soupe de type garbure, dans un bouillon de pot au feu, une potée…) ou au wok (après avoir fait revenir des oignons et des petits bouts de jambon cru par exemple ;)). Sauf que pour le chou frisé, il faut aussi penser à bien enlever le trognon (voir photo ci-dessous) car c’est lui qui sent le plus fort !

chou frisé6Évidemment, avec une cuisson aussi minutée, il faut d’abord couper le chou en morceaux : soit l’émincer (pour le faire sauter), soit le détailler en gros carrés (comme dans le colcannon irlandais), soit au minimum en quartiers, pour les potées par exemple. Sinon, seules les feuilles du tour seront cuites ! (En revanche, désolée, pour le chou fleur et le chou de Bruxelles la seule astuce « anti-odeur » véritablement efficace consiste à les cuisiner uniquement en cas de sinusite carabinée, quand on a le nez si bouché qu’on ne distinguerait pas un filet de haddock fumé d’une cuisse de poulet rôti…)

Et pour en revenir à notre bon vieux chou frisé, on peut donc aussi le préparer en salade, je vous assure, c’est très délicat ! Testez-le par exemple dans cette recette d’inspiration auvergnate (que j’ai surnommé « L’Arverne » à la maison ;)) associant les fameuses frisettes de chou à du cantal (miam !), des noix (re-miam), des « lardons » de jambon cru (re-re-miam) et des pruneaux (Euh ?…)

Et là je suis sûre que je vais vite recevoir un ou deux commentaires stupéfaits : Du pruneau, sérieusement ?!

Ben, cette idée m’est venue en cherchant quel autre ingrédient bien typique de la cuisine auvergnate l’on pouvait éventuellement ajouter dans cette salade après le chou, le cantal, le jambon cru et les noix qui sont déjà bien représentatif de ce terroir. L’idée du pruneau m’a d’abord semblée complètement saugrenue, puis intrigante, puis séduisante… Au final, l’association de saveurs est réellement formidable ! Vous verrez : en se resservant, vos convives chercheront moins à attraper les morceaux de fromage et de jambon que ceux de pruneaux…

On parie ?

chou frisé7

 

* Créativité : NF. Désigne, en cuisine du 21ème siècle, une très large palette de plats allant de belles idées assez bien inspirées (ex : Dauphinois de potimarron aux cèpes et confit d’oignons de Roscoff, chiffonnade de Pata Negra) aux fermentations intellectuelles les plus déroutantes (Tournedos de foie d’autruche mi-cuit aux wakame, émulsion café-citronnelle et mirepoix de rutabagas au miel de manuka ). (Et rien à voir avec le fait que je sois encore assez énervée d’avoir trouvé, cet hiver au resto, de la mangue et du pain d’épice dans une terrine de canard qui aurait été tellement bonne, si on lui avait foutu la paix !)

** Oui, parait que ça fait toujours plus rêver en anglais, mais j’y vois au moins une exception : la kalette (joli petit chou de Bruxelles rose et frisé que l’on trouve de plus en plus souvent en magasin bio), se nomme « Flower Sprout » dans la langue de Shakespeare, et c’est bien ainsi qu’il est noté sur les étiquettes des étals de mon magasin bio. J’aime mieux « kalette ». Même si « Flower Sprout » ça a le mérite d’être franc, direct et sans détour…

 

Ingrédients pour 3/4 personnes

Préparation : 15min

  • La moitié d’un chou frisé de taille moyenne
  • 1 oignon rouge
  • 100g de cantal jeune
  • 100g de jambon cru en tranche un peu épaisse
  • 8 pruneaux
  • Une dizaine de noix dans leurs coques
  • 6 c. à soupe d’huile d’olive ou de noix
  • 3 c. à soupe de vinaigre de vin
  • Sel, poivre.

Enlever les deux ou trois feuilles vraiment vert très foncé et coriaces autour du chou. Recouper le demi chou en deux, puis bien enlever le trognon (voir sur la photo 3). Émincer finement au robot ou au couteau.

Recouper la tranche de jambon en « lardons », et le cantal en cubes. Dénoyauter les pruneaux et les découper aux ciseaux en petits morceaux. Casser les noix.

Bien brasser ensemble tous les ingrédients de la salade, puis servir aussitôt, car les feuilles si tendres du chou frisé n’ont pas spécialement besoin de mariner !

chou frisé 3

Ça c’était un chou de mon jardin (en 2017), tout couvert de gel… En fait, le SEUL chou acceptable de mon jardin (oui parce que les rats taupiers se goinfrent dans mon potager, et ils aiment tout particulièrement les racines de chou, si vous saviez… j’suis au bout du rouleau 😉 Est-ce que quelqu’un aurait une solution? Pitiéééééé.)

Chou frisé 2

Une autre façon très simple de détailler le chou en petits morceaux, c’est de superposer quelques feuilles les unes sur les autres (pour gagner du temps) avant de les couper en carrés. Après, il suffit de les faire sauter au wok, ou cuire à la cocotte. C’est aussi ainsi que l’on procède pour confectionner le colcannon irlandais, ce plat si délicieusement réconfortant associant pommes de terre, chou, lait et fromage…

chou frisé

Eh, psst… D’ailleurs, vous la voulez ma recette du colcannon irlandais? C’est pas DU TOUT à IG bas, mais mâhââ, que c’est bon !

Tous mes plus beaux voeux pour cette nouvelle année 2019 !!!

Et un grand merci pour tous ceux d’entre vous qui m’ont laissé de si gentils messages lors du dernier post. Je suis vraiment désolée de n’avoir pas pu répondre (quand j’ai rouvert mon ordi, il y avait plus de 180mails !), mais j’ai évidement tout lu, et que dire à part que vous m’avez beaucoup touchée… Merci encore pour ces bons moments passés à vous lire, car votre gentillesse et votre sympathie comptent beaucoup pour moi. Ce blog, c’est énormément de travail, mais quand je suis presque tentée de baisser les bras (ça m’arrive d’être parfois un tout petit peu au bout du rouleau, j’avoue ;)), tant de gentillesse me remotive beaucoup. Vous êtes juste formidables ! 🙂

{ Pour Emmanuelle… }

18 décembre 2018

{ Pour Emmanuelle… }

 

Bûche poire-chocolat à la Chartreuse Verte

Et en bonus, THE recette de truffes !

♥ IG bas ♥ Sans Lait ♥ Sans oeufs (les truffes)

 

Bûche poire-chocolat à la Chartreuse VerteUn peu nunuche, la buche ? Apparemment oui, en tout cas si l’on en croit les grands gourous de la “tendance” culinaire… mais tant pis ! Parce que moi je trouve ça vraiment trop mignon, une bûche de Noël, et on ne risque pas de s’en lasser vu que justement, on n’en mange qu’à Noël ! En plus, là ce n’est pas tout à fait une bûche, plutôt une souche, mais bon, on va pas chipoter 😉

Tout vient du fait que cette année, je voulais vous donner ma recette number one de truffes, celle qui a annulé et remplacé toutes les autres recettes de ma vie, y compris publiées à l’époque sur ce blog… et ce n’est pas peu dire, car je suis une sorte de spécialiste de la question, Docteur ès truffes et fondants (au chocolat), c’est vraiment des études de fou, j’en suis déjà à Bac + 22 je crois, mais je continue la formation, juste par esprit d’abnégation et amour de la science (je laisse à d’autres la vocation du doctorat en choux de Bruxelles, histoire de ne pas trop tirer la couverture à moi).

Bref, il fallait absolument que vous ayez tous accès à cette recette, mais comme par ailleurs je l’ai déjà publiée dans un livre, j’aurais trouvé ça frustrant pour ceux d’entre vous qui l’avaient déjà. D’où l’idée de donner en bonus une autre recette, cette fois-ci inédite, mais toujours autour de cette fameuse pâte à truffe. Entre temps, il y a eu Emmanuelle qui m’a demandé pour sa maman “une bûche au chocolat sans noisettes et à IG bas”… Cette recette est donc pour ta maman, Emmanuelle 🙂

Alors j’étais partie comme ça avec plein de bonnes résolutions sauf que là, j’ai bien failli être vaincue par KO. Car déjà, et c’est sûrement pareil pour vous, cette semaine avant Noël est bien chargée : tout un tas de petits paquets à emballer discrètement, une liste incalculable de courses à faire, de menus à prévoir, de trucs à ranger et à organiser, de cadeaux-gourmands à préparer, et tout ça en sortant d’une petite « grippe-éclair » assez mystérieuse qui m’a quand même bien brassée (mais qui m’a permis de lire au lit huit BD avant qu’elles ne disparaissent à Noël dans les chambres des enfants, faut voir le bon côté des choses). Et puis j’ai oublié de vous dire que je fais chez moi quelques travaux dans le salon pour faciliter mes futures photos, et bien sûr je me démer… débrouille toute seule parce que les hommes de cette maison sont occupés ailleurs (il faut poser des briquettes de parement sur un mur qui était tout moche, ce sera très joli quand ce sera terminé mais là, comme je ne suis pas du tout Docteur ès maçon-carreleur, ça prend trois plombes.)

Chartreuse Du coup, quand j’ai voulu faire les photos de cette bûche ce matin, ça a été, heu, problématique : Déjà, il faut savoir que comme je n’ai pas de studio photo, je prends tous mes clichés dans le salon, seul endroit de la maison à peu près lumineux. Mais là, devant LA fameuse (et unique) porte-fenêtre qui me sauve habituellement, il y avait des briquettes de parement en tas, des seaux de colle, un énorme radiateur pour faire sécher les joints (les joints des briquettes de parement ! n’allez pas imaginer des trucs idiots…) ET un monstrueux sapin parce que cette année, il n’a jamais été aussi gros et c’est chouette sauf que là, on ne sait vraiment pas où le mettre tant que je n’ai pas fini ce bout de mur devant lequel se trouve, évidemment, le seul mètre carré de la maison où je puisse faire tenir un sapin (oui parce que la maison Chioca, c’est un peu le principe de la permaculture appliqué à la déco-rangement, il y a des trucs vraiment partout : des moyens trucs qui s’insèrent entre les gros trucs, les petits trucs qui se glissent entre les moyens trucs, des trucs qui grimpent et qui s’accrochent au mur, d’autres qui squattent indifféremment sur la malle ou sur le canapé mais qui sont contents, du moment qu’ils squattent… bref, tout pousse et cohabite en bonne intelligence, la “biodiversité” est au top mais si je devais rajouter ne serait-ce qu’un cadre photo en format carte-postale, ça serait compliqué.)

Alors comme le salon est complètement en bombe, il a fallu sortir la petite table qui me sert à faire mes photos et que j’avais rangée pour les travaux. Mais pour cela, il fallait préalablement déplacer le rocking-chair, lequel était coincé par la malle, malle qu’on ne pouvait pas déplacer sans faire d’abord glisser totalement la table basse contre le canapé, lequel était derrière le sapin. Sapin qui a évidemment déjà été décoré en grandes pompes par les petites filles dès son arrivée samedi, alors qu’il n’a pas encore de place définitive. Sapin qu’il faut donc déplacer trèèèès précautionneusement, en le tirant par la souche (c’est à dire, à plat ventre par terre la tronche dans les épines) pour ne pas faire tomber les précieuses petites boules en verre. Petites boules en verre qui ont d’ailleurs été déjà pas mal éprouvées par le petit chien.

Bûche poire-chocolat à la Chartreuse Verte3

Attention, là il fait son air de peluche mais c’est un malin 😉 Trois secondes plus tôt je l’avais rattrapé par le fond de la culotte alors qu’il s’enfuyait avec ma belle pantoufle en pure laine presque pas trouée… Non mais quand même !

Ah, oui, le petit chien ! Je ne vous ait pas dit… ça, c’est le petit « imprévu » plein-de-poils-qui-mordille-les-chaussettes-et-qui-fait-pipi-partout, mais qui me regarde avec tant d’amour que mouais, bon, mff, je râle pas trop. Car l’histoire c’est que le grand fiston étant parti avec Dauphine, notre Border Collie (il en avait vraiment besoin pour son troupeau) en ressentait comme une petite culpabilité. Du coup, il a offert à son papa (parce que moi j’ai déjà ma mascotte ;)) un petit chiot, le premier qu’il a trouvé, un espèce de griffon je crois, bref, un truc évoquant un peu les franges d’un balai Océdar, en plus irrésistible évidemment parce que votre serpillière ne vous regarde pas avec des grands yeux dorés tout amoureux, et ne vient pas vous lécher la main avec sa petite langue toute rose ni pleurnicher quand vous quittez la pièce. Je vous ai fais une photo parce qu’à décrire, c’est compliqué : un bébé chien, mais qui a déjà une tignasse poivre et sel de vieux loup de mer. Et puis, c’est une demoiselle, mais elle porte barbe et moustache à la façon des Dubliners… curieux. Mais c’est quand même un super mignon petit chien 😉

Où en étais-je ? Ah, oui, au moment donc où je tirais le sapin sans trop le secouer pour pouvoir accéder au canapé, y faire glisser la table basse, pour pouvoir déplacer la malle, faire pivoter le rocking-chair, sortir la petite table à photos et l’insérer derrière le gros radiateur qui fait sécher les joints, tout ça en me dépêchant parce que pendant ce temps le chocolat durcissait trop dans la casserole, et bien Alpine (le petit truc poilu) a croqué une boule de sapin en verre, et j’ai dû me précipiter pour enlever de sa bouche tous ces éclats super dangereux, sans savoir si ce qui me rentrait dans les doigts c’était les bouts de verre ou les mini-dents bien aiguisées d’un petit chien pas content du tout qu’on ne le laisse pas se perforer les intestins tranquille…

Là, je vous promets, entre temps le soleil avait tourné, inondait littéralement la table, la bûche et tout et tout, impossible de faire une photo et j’ai failli tout passer par la fenêtre : bûche, casserole de chocolat, rocking-chair, tabouret, appareil photo, sapin, boules en verre, tout je vous dis, parce que hier, j’étais quand même au lit avec une bouillotte et là, faudrait pas trop charrier !

Bref, ne m’en veillez pas trop si la lumière des photos du pas à pas n’est pas top ou si la déco de la bûche aurait pu être plus appliquée (ça c’est clair !), mais cette séance photo fait réellement partie du top 10 des pires shootings de toute ma vie… D’ailleurs, pour le coup, le mot « shooting » avait tout son sens, vu que je devais shooter dans tout un tas de trucs à chaque pas (éclats de boules, tabouret, coins de table, cartons de briquettes, seaux de colle, bref, tout sauf le petit monstre qui était entre temps allé voir dehors si j’y suis).

Des fois j’ai peur que vous vous disiez « Bah, Marie elle rigole, c’est romancé tout ça, des journées pareilles c’est juste pour Pierre Richard ou Mr Bean, elle tiendrait pas le coup sinon ». Ben si, c’est vraiment ça, ma vie… presque tous les jours. Et ça encore, c’est rien 😉

Je crois que quand je serai à la retraite, quand mes six enfants auront grandi, et tout et tout, et que je ne serai plus obligée de tout faire en mode moulin à vent sous une tempête de mistral, je vais vraiiiment m’ennuyer.

Mais là, en attendant je vais profiter de ces vacances pour me reposer un peu, hein, parce que j’en ai vraiment besoin… et c’est de tout cœur ce que je vous souhaite aussi !

Joyeux Noël à tous !!!

 

Bûche poire-chocolat à la Chartreuse Verte 4

Nous décorons depuis quelques années notre sapin sur le thème de la forêt, avec des biches, des renards, des hérissons, des oursons, des pommes de pin, etc. tout dans les tons de marron, cuivré, orangé, et une guirlande de toutes petites lumières blanc chaud, comme des lucioles… C’est un sapin des Chambaran 😉 Un jour, je voudrais bien vous le montrer, mais là j’ai trop honte de l’état de mon salon…

 

 

=> Nota importante :

Comme chaque année à la même époque, je m’excuse d’avance mais je ne pourrai pas répondre aux commentaires de ce post. Promis, je lirai tout, vos petits mots me feront super plaisir, mais avec les enfants à la maison, la famille et les amis de passage, les fêtes, etc., je sais que ce n’est même pas la peine d’essayer d’allumer mon ordinateur pendant ces vacances…et quand je rependrai le travail début janvier il y aura hélas déjà trop de mails en retard, je vais être un peu dépassée. J’espère que vous me comprendrez.

Je vous souhaite de bien profiter aussi de ces quelques jours !

Bon, à part ça vous allez voir, comme je ne serai pas là pour répondre à vos questions, j’ai essayé d’être super précise (c’est pour ça que la recette a l’air longue, mais en vrai c’est quand même assez facile… surtout qu’à priori, vous ferez cette bûche dans de meilleures conditions que moi !), et je vous ai même fait un pas à pas « spécial bûche » pour vous faciliter le travail, si c’est pas de l’amour ça 😉

 

 

Recette 1 :

Les truffes de folie au chocolat noir intense, pointe de fleur de sel

(et végétaliennes en plus)

 

truffes végétaliennesAprès avoir testé maintes recettes de truffes un peu « revisitées » (en essayant de supprimer le jaune d’œuf, le beurre, la crème, le sucre raffiné qui rendent ces petites gourmandises si lourdes en période de fête) j’ai enfin mis au pont cette recette… et depuis, je n’en change plus d’un yota !

Leur fondant ? Inégalé, encore plus voluptueux et doux au palais qu’avec une recette au beurre.

Leur saveur ? Intensément chocolat histoire de ravir les amateurs passionnés, mais sans la moindre note d’amertume.

Relevé d’un soupçon de fleur de sel et de vanille qui introduisent comme une petite note de bon caramel breton, ça frise juste la félicité…

 

Ingrédients pour environ 30 truffes / Préparation : 10 min / Cuisson : quelques min / Prise au frais : au moins une nuit

 

  • 200g de chocolat noir pâtissier à 70% de cacao
  • 75g d’huile de coco vierge
  • 20cl de crème de coco liquide en briquette
  • 10cl de sirop d’agave
  • 1 belle gousse de vanille, bien charnue
  • 1 c. à soupe rase de lécithine de soja (facultatif si l’on mixe bien la pâte à truffes, mais recommandé quand même, car cela remplace l’effet émulsionnant des jaunes d’oeufs et donne une texture encore plus fondante)
  • 1 pointe de couteau de fleur de sel
  • Cacao pour saupoudrer.

 

Fendre la gousse de vanille en deux, puis en gratter soigneusement les graines à l’aide d’un couteau lisse.

Faire chauffer à feu doux le crème de coco avec la vanille (gousses + graines) et le sirop d’agave, en fouettant sans cesse. Couper le feu juste avant ébullition. Hors du feu, ajouter l’huile de coco et le chocolat coupé en tout petits morceaux, puis faire fondre en mélangeant à la cuillère.

Après avoir retiré la gousse de vanille, transférer dans le bol d’un robot avec la lécithine et la fleur de sel.

Mixer plusieurs minutes, jusqu’à ce que la lécithine soit parfaitement fondue (bien vérifier qu’il ne reste plus du tout de petites graines).

Verser la pâte, soit dans un petit saladier si vous souhaitez faire des truffes rondes, soit dans un petit plat carré ou rectangulaire si vous préférez des truffes carrées (ce qui simplifie beaucoup les choses)

Laisser prendre une nuit au frais, puis…

– soit prélever à la cuillère des petites portions d’environ 20g de pâte à truffe, les façonner avec les mains en forme de boule puis les rouler dans le cacao.

– soit démouler le rectangle de pâte à truffes sur un plan saupoudré de cacao, y découper à l’aide d’un grand couteau des rectangles ou des carrés d’environ 2 à 2,5cm de côté, puis brasser le tout dans un saladier avec du cacao pour poudrer les truffes.

Dans tous les cas, ces truffes qui ne contiennent aucun produit « fragile » (comme le jaune d’œuf cru ou la crème par exemple) se conservent au moins 15 jours au frais dans une boîte bien hermétique, mais mieux vaut les sortir environ 20min à température ambiante avant de les savourer.

Truffes 2

 

Recette 2 :

Bûche (pardon, souche) Poire-Chocolat à la Chartreuse Verte

 

Pour ceux qui ne connaîtraient pas la Chartreuse (dans le Dauphiné, c’est une véritable institution !), il s’agit d’une liqueur à base de 130 plantes des Alpes, mise au point par les Pères Chartreux il y a plusieurs siècles, et encore élaborée de nos jours par leurs soins à Voiron, sans que la recette ait été changée d’un iota (sa jolie couleur verte est entièrement naturelle). Avec la poire et le chocolat, ça nous fait un accord du tonnerre ! A noter qu’au départ, je voulais y mettre aussi des cerneaux de noix, mais dans la « bataille » je les ai oubliés…

Il existe différentes liqueurs de Chartreuse, les principales étant la jaune et la verte, mais je vous recommande vraiment la verte qui est moins sucrée (si vous en trouvez, la Chartreuse “1605” est parfaite aussi !). Il me semble qu’à défaut de Chartreuse Verte, on pourrait utiliser du Génépi ou éventuellement de la Bénédictine. À défaut de tout ça (je préfère anticiper les questions ;)), essayez avec de l’amaretto (liqueur d’amande) ou de la liqueur de poire, ça sera très différent mais probablement bon quand même.

 

Ingrédients pour 8/10 personnes / Préparation : 35min / Cuisson : 8 min

 

Pour la génoise au chocolat :

  • 4 œufs
  • 10cl de sirop d’agave
  • 125g de farine T110 de grand épeautre non hybridé (ou de blé)
  • 25g de cacao amer
  • 1 sachet de poudre à lever

Pour le fourrage :

  • Environ 300g de compote de poire sans sucre ajouté mais assez épaisse et concentrée* (marque « T’air de Famille » pour moi car elle est sublime, mais c’est un producteur local et je ne sais pas si vous la trouverez partout)
  • 40cl de crème de coco liquide (marque Kara par exemple, briquette verte non allégée !)
  • 4 sachets de sucre vanillé (ou 30g de sucre vanillé maison, moi je le fais au sucre de coco)

* Si besoin, la faire préalablement un peu réduire en la cuisant quelques minutes dans une poêle, pour faire évacuer l’excès d’eau.

Pour le sirop :

  • 6cl de Chartreuse Verte
  • 6cl de sirop d’agave

Pour le glaçage :

  • Une pâte à truffes (voir juste au dessus, mais tout ne servira pas, et vous pourrez même faire quelques truffes en plus !)

 

1/Préparer en premier la pâte à truffes (voir recette ci-dessus), qui doit avoir le temps de refroidir un peu afin de ne pas être trop coulante.

2/Préparer ensuite la génoise au cacao :

Préchauffer le four à 180°C, si possible en chaleur tournante.

Fouetter au robot les œufs avec le sirop d’agave pendant plusieurs minutes, jusqu’à ce qu’ils doublent ou triplent de volume (voir le pas à pas ici).

Pendant ce temps, tamiser la farine avec le cacao et la poudre à lever.

Verser les poudres dans les œufs montés, puis mélanger le tout délicatement avec une spatule souple, en soulevant le mélange dans un mouvement tournant, jusqu’à obtention d’une texture homogène. Verser la pâte sur une plaque de cuisson chemisée de papier cuisson, en formant un rectangle de 22X44cm.

Enfourner pour 8/9min, puis décoller le papier cuisson et laisser un peu refroidir.

3/ Préparer le sirop en mélangeant la Chartreuse et le sirop d’agave.

4/ Préparer la chantilly en fouettant au robot la crème de coco avec le sucre vanillé.

5/ Monter la bûche (voir le pas à pas ci-contre).Pas à pas bûche

Découper la génoise encore tiède en deux bandes d’environ 11X44cm (photo 1)

Imbiber avec tout le sirop (photo 2)

Étaler la compote de poires (photo 3)

Déposer des cuillerées de crème fouettée (photo 4), sans tenter de trop les étaler (cela ferait « baver » la compote de poires)

Rouler la première bande de gâteau (photo 5)…

… puis déposer le rouleau obtenu sur le bout de la deuxième bande, et rouler de nouveau (photo 6)

Déposer sur un plat (photo 7), et napper le dessus de chocolat.

Avec le doigt, faire des « spirales » afin de mélanger un peu le chocolat et la crème de coco, en créant de jolies volutes (photo 8).

Étaler le reste du glaçage à la spatule (photo 9), parce qu’à mon avis, ça évoque mieux l’écorce que les stries réalisées avec les dents d’une fourchette 😉

 

Et voilà, il n’y a plus qu’à la mettre au frais !

Vous pouvez décorer ensuite votre bûche, pardon, votre souche, avec des petits éléments végétaux (non toxiques !!!) pour faire encore « plus vrai de vrai »…

Ma bûche est hélas au congélateur, on la ressortira pour Noël. J’espère qu’elle sera aussi bonne qu’aujourd’hui parce que j’ai goûté un touuuut petit bout et c’était terriiiiible…

 

Part bûche

 

Petit Griffon

Et en voilà une autre de jolie truffe… elle a même l’air en chocolat 😉

 

{ Les p’tites chèvres sont bien arrivées ! }

5 décembre 2018

{ Les p’tites chèvres sont bien arrivées ! }

Et comme promis, les voici en photos…

 

…Parce que je vous devais bien cela !

Et puis après, promis, j’arrêterai un peu de vous parler de biquettes sinon vous allez finir par les prendre en grippe, ces pauvres bêtes, et ça sera bien de ma faute en plus.

Alors la prochaine fois ce sera un post “avec quelque chose à se mettre sous la dent”, rassurez-vous. Pour vous montrer ma bonne volonté, j’essaierai même de ne pas écrire une seule fois le mot “chèvre” de tout mon article… (Est-ce que j’ai quand même droit à “caprin”, “biquette”? Non? Pff, z’êtes durs…)

En attendant, petit retour en photos sur la belle journée d’hier…

 

Départ à 4H du matin pour un long trajet Dauphiné-Charolais. Traversée de petits villages endormis où l’aube se devine à peine au dessus des clochers.

 

Puis lever du soleil, perçant timidement ce ciel bas de décembre aux teintes un peu fantastiques, sous lequel se révèle une bien jolie campagne…

 

Arrivée à destination, au petit matin, après plusieurs heures de route. Envie de secouer une sorte de torpeur, de s’étirer et de manger un croissant chaud… Mais les biquettes attendent, et notre cœur bat plus vite.

 

Allez mesdemoiselles, embarquement immédiat à destination du Dauphiné, veuillez monter à bord et prendre place ! Un moment que nous n’oublierons jamais… Bien tranquillement, les petites chèvres prennent le « bus » qui va les mener vers leur nouvelle vie. À droite, une curieuse aux yeux doux 😉

 

Et c’est le départ. Les champs, brillent de petites perles mouillées… comme les paupières de l’éleveuse, disant au revoir à son troupeau chéri. Gros serrement de cœur. Et puis, le camion s’élance. Sous un ciel encore rose, des vaches charolaises semblent regarder passer le train… Le train, vraiment ?

 

Non, le voilà, c’est lui, le précieux camion jaune et vert, qu’il va falloir suivre, couver du regard tout le voyage, priant qu’il puisse passer tous les barrages routiers de notre pays “un peu” en émoi ces temps-ci, espérant très fort qu’il n’y ait pas de blocage, pas de chahut, pas d’émotions fortes et que tout se déroule au mieux. Car dedans, bien au chaud, se serrent un peu anxieuses 57 jolies chèvres chamoisées. Et dans leur bedon rebondi, des promesses de vie à protéger.

 

Au revoir, joli pays du Charolais…

 

(En attendant je suis bien contente que mon fiston élève des chèvres plutôt que des heu, bisons (?) charolais. Car je ne sais pas si c’est bien facile de s’expliquer avec un morceau pareil !)

 

15H30, destination atteinte ! Tout a été ni-ckel… Mais à l’arrivée, petite complication : la camion ne pourra pas monter jusqu’à la chèvrerie (la cour est trop étroite pour tourner). Que faire ? Une fois de plus, la solidarité des campagnes fonctionne à merveille, et un agriculteur du village que nous connaissons à peine propose illico son aide : le camion peut se garer chez lui. Un autre éleveur prêtera de bon cœur sa petite remorque-bétaillère à Hugues, qui n’a plus qu’à l’accrocher derrière son « antique » tracteur (antique mais fidèle, il nous l’a bien prouvé hier !). Et c’est parti pour deux aller-retour village/chèvrerie ! La moitié de ces dames est donc invitée à prendre la navette, et sans bousculade s’il vous plait…

 

Cahin-caha… Pof pof pof… Teuf teuf Pof. La remorque du tracteur ce n’est tout de même pas le même confort ! Heureusement, ce trajet là est court, moins d’un kilomètre. Il est un peu plus de 16H, le jour décline déjà, et moi je suis là, attendant assise devant la ferme que les premières biquettes entrent dans l’étable.

 

Techniquement, cette photo est complètement ratée. Mais je la trouve particulièrement émouvante, car ce flou dû au mouvement traduit bien l’élan des biquettes –moment magique !-s’élançant spontanément vers Hugues et Roseline, leurs nouveaux éleveurs…leurs nouveaux amis. Une bonne étable les attend, paillée sur 40cm d’épaisseur. Hugues avait tout préparé, tout nettoyé, ça sent bon le foin frais.

 

Tout le monde est redescendu au village chercher le reste du troupeau. Sauf moi. Dans la semi-pénombre et la tiédeur de l’étable, on se regarde, avec les p’tites chèvres… Elles sont vraiment touchantes. Si calmes, si curieuses. Ça grignote déjà ça et là des petites touffes de foin frais, sans me quitter des yeux. Mais ce ne sont pas des regards craintifs. Malgré le trajet, les émotions, ces petites bêtes ont immédiatement retrouvé leur douceur teintée d’espièglerie… C’est le grand silence, et puis à tout coup retentit un mêêêêêh joyeux qui me fait sourire. Une grosse chèvre blanche (il n’y en a que deux au milieu de ce troupeau d’écureuils !) vient se frotter contre moi et se laisse gratouiller entre les cornes. Je pose mon appareil photo, il y a des moments qu’il vaut mieux vivre intensément, sans y interposer d’écran…

 

Mais je me souviens de ma promesse ! Vite, prendre des photos des chèvres pour vous, avant qu’il ne fasse trop nuit. J’essaye de capter des regards, des « sourires », et ce n’est pas bien compliqué, puisque de toute façon elles me regardent TOUTES 😉

Et c’est là que j’ai découvert Biscotte…

 

…Ce sera ma chèvre. Elle m’a immédiatement conquise : Un gabarit un peu « miniature », avec des jolies cornes de chamois, une petite tête mignonne et un regard vraiment différent. En fait, je crois qu’elle me plaît surtout parce qu’elle me regarde exactement comme ma gentille chienne bergère de Beauce. Elle en a même les couleurs noir et feu ! J’ai donc parrainé dès hier soir Biscotte, la « chèvre-beauceronne »… et supporté sans me fâcher les railleries de ma famille sur la “supposée” ressemblance de Biscotte et de Brunhilde. Visiblement, à part moi ça ne saute aux yeux de personne 😉

 

Un petit « sourire » par ci…

 

Un petit air curieux par là…

 

…Une incroyable petite bouille de chamois qui casse la croûte… (sans jamais me quitter des yeux).

 

Et puis, hop, tout le monde a tourné la tête en même temps parce que le tracteur revenait.

 

Sauf Biscotte 😉 On a continué à se regarder… C’est même à ce moment précis que je me suis vraiment décidée à la choisir comme “mascotte” (parce que j’hésitais encore un peu avec la “bouille de chamois” ;))

 

La dernière « navette » est maintenant arrivée à bon port, tout le monde est là, on fait connaissance… Oh, les belles cornes de bouquetin ! Quel bonheur qu’en bio, les chèvres ne soient pas écornées. C’est juste dommage, de mon point de vue de photographe, que la loi oblige à mettre ces grandes étiquettes sur les oreilles (mais bon, apparemment il n’y a pas moyen d’y couper, c’est pour la traçabilité).

 

Encore quelques doux regards et belles cornes captées par-ci par là… et puis la pénombre s’est installée doucement, et quelques biquettes ont commencé à se coucher dans la paille. Il règne une atmosphère paisible et rassurante.

Je sort.

 

Dehors, il fait froid, mais ce qui me frappe le plus c’est ce beau ciel d’un soir de décembre, teinté par les derniers rayons. J’ai repensé à celui de ce matin, dans le Charolais. Qu’il s’en est passé, des choses, en une journée… Dans l’étable, bien au chaud, Hugues inspecte ses chèvres, vérifie qu’elles ne manquent de rien, leur apprend à boire dans les nouvelles abreuvoirs. Elles sont en de bonnes mains.

Je récupère ma toutoune, qui m’a attendu bien sagement attachée tout ce temps, et qui me regarde d’un air un peu interrogatif. C’était quoi, toutes ces bêtes ? Pourquoi tu ne voulais pas que j’aboie? Tu faisais quoi, maîtresse, dans cette étable sans moi ? C’est bizarre, l’odeur de tes mains, aujourd’hui…

On redescend à la nuit vers notre maison, juste 2km plus bas, veillant l’une sur l’autre. Il fait vraiment noir, je suis heureuse qu’elle soit près de moi, ma grosse bête si rassurante. Biscotte, aussi mignonne soit-elle, ne la remplacera jamais ; )

C’était une bien belle journée…

{ La dernière recette au chèvre de la saison… }

20 novembre 2018

{ La dernière recette au chèvre de la saison… }
 

Cromesquis de chèvre à l’huile d’olive, ail et thym

(Et aussi le Beaujolais sous la brume, cet automne)

 

Il faut déjà que je vous dise : Merci !!!

… et que je vous fasse à chacun une grosse bise virtuelle sur chaque joue !

Merci pour Hugues, pour son projet, pour ses biquettes qui doivent bientôt arriver grâce à vous tous. Le financement participatif a été un bien plus grand succès que prévu, et ce formidable soutien sera très, très précieux pour lui.

Alors je me suis dit, quoi de plus naturel qu’une bonne recette au fromage de chèvre pour fêter cela ? Il faut savoir qu’en plus c’est en automne, donc en fin de lactation (du moins, quand on ne dessaisonne pas le troupeau, vous avez vu, j’apprends plein de trucs sur les chèvres maintenant ;)) que le lait est le plus riche, donc que les fromages sont les plus crémeux, et ce avant une petite pause hivernale bien méritée pour les biquettes… C’est aussi en automne que les épinards repoussent après leur pause estivale. Hum, tout cela pour dire quoi ? Ah, oui, juste histoire de se trouver une excuse im-pa-rable pour croquer dans ces cromesquis de chèvre tout crousticoulants et parfumés au thym, à l’ail et à l’huile d’olive… Avec ça, vous allez tomber le derrière par terre, promis, et en plus, c’est tout simple à préparer ! L’idée de cette recette m’est venue grâce à mon cher-et-tendre qui aime bien, quand c’est le Beaujolais nouveau (et c’était il y a quelques jours) préparer des camemberts panés pour ses copains qui viennent picoler à la maison ;). Or, (que mes lecteurs normands aient la grande bonté de me pardonner) je n’aime pas trop le camembert, ni les fromages un peu forts en général. Le reblochon, le saint-nectaire, oui, mille fois oui, mais le camembert et le maroilles, houlàlà… mon nez se retrousse.

Pardon 😉

J’ai donc mijoté dans ma tête cette petite dérogation à la recette initiale, et je ne sais pas si mon mari va aimer (je lui ferai goûter ça ce soir), mais de mon côté, malgré des tracas aujourd’hui qui m’ont un peu tourneboulé l’estomac, je me suis quand même bien régalée à midi ! Comme le dirait nos jeunes, ça console grave, des cromesquis de chèvre à l’ail et au thym 😉

Et puis, cette histoire de Beaujolais nouveau est une bonne occasion de vous faire découvrir l’autre Beaujolais : pas celui qui se boit (plus ou moins bien selon qu’il soit vraiment bon, ou au contraire le roi de la piquette !), non, celui qui se savoure avec les yeux. Touchée au plus profond de mon cœur par ces paysages extraordinaires découverts pour la première fois lors d’une petite virée à deux ce printemps, j’ai eu envie d’y emmener mes enfants cet automne. La journée a été très brumeuse. Mais loin de gâcher le paysage, cela lui a conféré un charme particulier, quelque chose d’un peu onirique, en dehors du temps. C’était extraordinaire.

Je n’avais pas pris mon appareil photo, car j’avais décidé que ce devait être un « vrai » samedi de vacances, entièrement pour les enfants (or, quand je commence à prendre des photos, en général je suis pénible ;)). Mais après avoir croisé, sur la petite route allant du Mont Brouilly au somptueux village médiéval de Oingt, une vingtaine de petits châteaux de campagne tous plus pittoresques les uns que les autres, j’ai craqué… et piqué l’appareil de mon mari. Du coup, la qualité n’est pas tout à fait la même, mais franchement, entre les couleurs des feuillages, la beauté extraordinaire des paysages, la lumière particulière de l’automne et cette brume un peu mystérieuse, je suis moi-même bluffée par le résultat et toute heureuse d’avoir gardé ces photos en souvenir… Évidemment, une fois que j’ai eu l’appareil autour du cou, il n’y a plus eu le moindre château sur la route *!!!#. Ah si, sauf un, carrément canon, mais là j’étais au téléphone avec mon grand qui est parti en Italie et qui ne m’appelle qu’une fois par semaine, alors même si j’avais croisé sur le bord de la route Brad Pitt et Georges Clooney en train de tourner une pub “Beaujolais nouveau, what else?”, je n’aurais même pas interrompu la conversation histoire de prendre une photo pour vous ! (Désolée…)

Et puis en fin de journée, la brume s’est un peu levée, et nous avons sillonné les petites routes de plus belle, faisant mille tours et détours pour être sûrs de ne rien rater : Jarnioux, St Laurent d’Oingt, Sainte Paule d’Oingt, Bagnols, etc., quelle campagne magnifique, quand même (à juste 30 min de Lyon !), très joliment vallonnée, alternant vignes, champs, forêts et petits villages en pierre dorée (d’ailleurs, dites-le à Esteban, Zia et Tao : on a trouvé les Cités d’Or, en fait c’était pas dans les Andes, ils se sont fait suer pendant 50 épisodes pour rien), bref, un régal. Ça, c’était pour les yeux.

Après, oserais-je vous avouer (mais si, je vais oser) qu’on a aussi disparu entre 14H et 15H30 dans une cave ? Mmmf, c’est louche hein, cette histoire. Mais il était très bon, ce Beaujolais bio*, vraiment très bon, et puis le vigneron était très accueillant, alors vous comprenez, on n’allait pas le laisser tout seul et tout triste dans sa cave, en tête à tête avec ses bouteilles. C’était juste de la charité, quand on est passé et qu’on a vu la pancarte avec marqué « vin bio, ouvert », on s’est dit, houlàlà, et si on sacrifiait un peu de notre temps pour le pauvre gars qui doit sûrement beaucoup s’ennuyer dans sa cave toute froide. Alors on lui a tenu compagnie, et par gentillesse, on a bien voulu goûter son vin, pour lui faire plaisir. Et puis on est reparti avec des cartons de vin, heu, juste pour l’aider à faire un peu de place parce que sa cave était un peu trop encombrée et qu’il risquait de se cogner un genou à la fin. Voilà voilà.

(Et là, je dois ajouter « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé » histoire d’être en règle avec la loi, c’est ça ? Mais nous on n’a pas abusé, promis monsieur le juge !).

 

* Domaine Paire, à Ternand, parce que je suis sûre que sinon il y en a qui vont me le demander (à commencer par mon Papa ;)). Et ceci n’est pas un article sponsorisé !

Ingrédients pour 4 personnes

Préparation : 15min

Cuisson : quelques minutes

  • 6 crottins de chèvre d’environ 60g chacun
  • 35g de biscottes (moi j’ai pris des biscottes complètes d’épeautre)
  • 1 oeuf
  • 1 grosse gousse d’ail
  • 1 c. à café de thym séché bien parfumé (ou d’origan)
  • 2 c. à soupe d’huile d’olive
  • 300g de jeunes pousses d’épinards
  • 4 tranches fines de jambon cru (facultatif)
  • 8 noix.

Pour la sauce :

6 c. à soupe d’huile d’olive, 2 c. à soupe de vinaigre de cidre, 1 c. à soupe rase de moutarde de Dijon, une gousse d’ail écrasée (facultatif), sel, poivre.

Recouper chaque fromage de chèvre en deux dans le sens de l’épaisseur, de façon à obtenir 12 petits fromages.

Bien fouetter l’œuf dans un petit bol.

Mixer les biscottes avec la gousse d’ail et le thym. Verser dans une assiette.

Tremper le premier morceau de chèvre dans l’œuf battu, puis le passer dans la chapelure de façon à bien l’enrober.

Renouveler l’opération pour les autres morceaux et réserver.

Répartir les pousses d’épinards dans les assiettes, ajouter le jambon découpé en lanières et les noix mondées. Bien fouetter les ingrédients de la sauce dans un bol pour l’émulsionner et la rendre crémeuse. En arroser chaque assiette.

Faire chauffer l’huile (sans la faire fumer !) dans une large poêle, puis y déposer les petits fromages : laisser dorer à peine 3 min de chaque côté, juste le temps que ça devienne croustillant autour et coulant dedans, puis servir aussitôt !

 

 

 

 

 

 

 

 

{ Le « chevrothon », et non, ceci n’est pas une recette de fromage de chèvre au thon ! }

3 novembre 2018

 

{ Le « chevrothon », et non, ceci n’est pas une recette de fromage de chèvre au thon !}

Une belle histoire…

 

Vous n’êtes sûrement pas sans savoir qu’en plus de mon métier merveilleux, j’ai aussi -et je dirais même, j’ai surtout-, la « casquette » de mère de famille nombreuse. Six enfants, dont quatre “grands”, il y a de quoi être bien occupée, mais ces derniers mois ont été plus chargés que jamais. Je vais vous raconter tout ça 😉

Petit retour en arrière, pour vous présenter Hugues, mon « numéro 2 ». Il y a trois ans de cela Hugues était en première générale, genre plutôt bon élève, appliqué mais pas super motivé, et encore c’est un euphémisme. Chaque matin, l fallait un grand coup de vuvuzela directement sur l’oreiller pour réussir à lui faire ouvrir la moitié d’une paupière, et il partait en cours avec l’air presque aussi enthousiaste qu’un australopithèque devant aller absolument chasser le mammouth avec 40 de fièvre et un lumbago.

Et puis, un jour où nous promenions ensemble les toutous dans les champs, il m’a juste avoué, prenant comme à témoin ces jolis paysages de campagne : « Tu sais maman, je crois que travailler dans un bureau, c’est pas fait pour moi. En fait, ce que je voudrais vraiment faire, c’est agriculteur, et même éleveur de chèvres plus exactement ». Cela ne m’a pas beaucoup étonné : je les connais par coeur, mes zouaves.

Hugues c’est celui qui, tout-petit, était capable de faire guili-guili sous le menton de tous les molosses qu’il croisait sans jamais se faire mordre, celui qui aimait balancer tendrement un coq dans ses bras sur une balançoire pour l’endormir, ou renouveler chaque jour un plâtre à l’argile sur une patte de canard cassée jusqu’à ce qu’il ne boitte plus. La moindre chose que l’on puisse dire, c’est qu’entre les bestiaux et lui, le contact passe bien depuis toujours.

Alors direction le lycée agricole (une MFR, plus exactement), pour une réorientation bac pro. Je me souviens encore d’une remarque de professeur du lycée général qui m’avait fait bouillir : « Enfin, Hugues ne va pas faire ça, un garçon si bon en classe, quel gâchis ! ». Hum, ça veut dire quoi ça, qu’il faudrait être de préférence un peu illettré pour faire un bon agriculteur ? Quel cliché à la noix, non mais franchement !

Une associée va rejoindre Hugues d’ici moins de deux ans : Sa soeur de 16 ans (ma “numéro 4” ;)), elle aussi en bac agricole…

Sans compter quelques encouragements  absolument prodigieux du genre : « Tu ne vas pas faire un métier où le taux de suicide est si élevé ? », « Tu vas sentir la chèvre toute ta vie ! », « Hinhinhin, encore un bobo de plus qui croit qu’il va gagner sa vie en élevant des chèvres et cultivant du cannabis » (je vois vraiment pas le rapport). Que de gentillesses !

Mais il est têtu, mon fils, gentil mais têtu, ahlàlà, si seulement vous saviez. Parfois, ça m’énerve (%*# !!!), et parfois, ça a du bon 😉

Bref, il a passé deux années formidables en alternance, moitié du temps à l’école, l’autre moitié dans une chèvrerie bio pas très loin de chez nous. Plus besoin de vuvuzela : quand on se levait aux aurores, il était déjà parti en vélo, à la nuit noire, voir si tout allait bien chez les biquettes qui devaient mettre bas. On le voyait aller et venir tout content, sifflotant, sans compter ni sa peine, ni sa fatigue, bref, on le voyait heu-reux, et tout se « combinait » au mieux pour lui puisque la personne qui était en train de reprendre la chèvrerie avait prévu de l’engager après le bac comme stagiaire BTS, puis comme associé à temps plein ! Bref, un chouette avenir, bien tracé, dans le calme, la joie, la sécurité.

Et puis… gros coup dur. Trois jours avant Noël, nous apprenons que pour des raisons sur lesquelles je ne peux pas trop m’étendre, le « plan de reprise » de l’exploitation tombe à l’eau. Tous les rêves de Hugues aussi. Il ne reste qu’un des deux associés, celui qui vendait la ferme, un monsieur formidable mais qui ne peut plus tenir tout seul car d’autres projets l’attendent depuis longtemps. L’exploitation doit donc être arrêtée, vendue. Un jour de janvier, les biquettes que Hugues soignait avec tant d’affection (dont certaines qu’il avait vu naître le printemps précédent) partent vers d’autres exploitations. Il leur avait donné des petits noms, connaissait par cœur leur caractère, il ne les reverra jamais. C’est ainsi, il fallait réellement vendre ce troupeau en urgence car beaucoup de chèvres étaient sur le point de mettre bas, et personne n’était plus là pour bien s’en occuper, même pas Hugues qui devait hélas passer son bac, et pour cela continuer à aller au lycée une semaine sur deux.

Ça sourit, les biquettes, je vous promets ! Si si…

Bien sûr, vu comme ça, on aurait envie de dire, « Bah, c’est pas grave, il en verra d’autres dans la vie ». C’est juste. Mais moi, la maman, j’ai vu une vraie détresse dans ces yeux là, et comme je ne pouvais rien y faire, je vous promets que ça m’a fait un peu mal. Les jours qui ont suivi n’ont pas été très joyeux. On essayait de refaire des plans, mais les chèvreries bio, dans le coin, il n’y en a pas des masses.

Et puis un jour il nous a demandé tout à coup : « Et si je la reprenais moi cette exploitation ? L’été prochain, juste après mon bac !».

Là, je vous promets, ça se passe comme ça : D’abord tu te demandes comment expliquer à ton fils que vraiment, ce n’est pas du tout possible, avec le ton ferme mais conciliant que tu avais dû prendre, déjà, quand à 5 ans il avait voulu élever des bigorneaux dans le lavabo. Et puis tu croises un regard si brûlant de vivacité, de confiance et d’enthousiasme que tu te retrouves comme un âne à ne pas trouver tes mots.

Alors je vous la fait courte : On lui a dit « Ouaip, ça se tente peut-être, mais, heu, demande quand même leur avis à tes professeurs du lycée agricole pour voir ».

Ils lui ont dit (les traîtres ! 😉) : « Ouaip, ça se tente, demande à la chambre de l’agriculture ».

À la chambre de l’agriculture, ils lui ont dit, « Ouaip, ça se tente, on va travailler tout ça, demande aux banquiers ».

Et les banquiers lui ont dit « Ouaip, ça se tente… même que ça va le faire ! »

C’est très très résumé évidemment 😉

Et voilà comment, après quarante-douze rendez-vous, 1083 heures au téléphone, 687 paraphes et signatures, 872 poignées de main, 245 pages à imprimer et signer, 4 cartouches d’encre à changer (*%# !!!), 2327km d’allers-retours maison/chambre de l’agriculture, 6 stages de perfectionnement sur le terrain (dont un lui ayant coûté l’arcade sourcilière gauche et le crash d’une voiture ;)), une méningite pour essayer de comprendre ce que l’assureur était en train de nous expliquer, une agrégation en machine à traire (le fil rose, sur la mamelle rose, le fil blanc, sur la mamelle blanche, hop…), etc. voilà, disais-je, comment un jeune homme légèrement audacieux, pas mal têtu, et méga passionné se retrouve à la tête d’une exploitation de 55 chèvres, endetté sur 25 ans. Mais ça devrait bien se passer. Même pas peur 😉

Voici le tout premier biquet que Hugues avait aidé à naître, en stage, il y a déjà deux hivers… ça méritait bien une photo 🙂

Nous, en tant que parents, ce qu’on a trouvé le plus éprouvant c’est le premier rendez-vous avec la chambre de l’agriculture : Mazette, la tension nerveuse qu’il a fallu déployer pour cacher -avec le plus de dignité possible- cet air complètement abruti sur notre figure quand le conseiller nous a dit : « Lorsque Hugues aura passé son bac pro CGEA à la MFR et terminé son PPP, il pourra prétendre en tant que JA primo-accédant à la DJA, à condition bien entendu que la commission SAFER ait statué, et qu’il soit passé en CDOA, mais si on prépare un BP en béton j’suis pas inquiet » !).

Tout ce qu’on avait entendu, nous, c’était « pas inquiet », dans l’histoire… Alors on a essayé d’avoir l’air aussi peu inquiet que possible 😉

Voilà, voilà… Là on y est. Je savais que ça serait un parcours du combattant, mais à ce point là ! Cependant, je n’en reviens toujours pas de toute l’aide que nous avons reçu : conseils et incroyables « coups de pouce » des professeurs du lycée agricole, conseillers de la chambre de l’agriculture, maîtres de stages, agriculteurs du coin, maire du village, famille, que de soutiens sans lesquels les choses auraient été tellement plus aléatoires ! Cela fait chaud au cœur de voir à quel point les gens se mobilisent d’emblée avec sympathie pour soutenir un jeune agriculteur.

Normalement, Hugues « signe » mi-novembre : Un banquier le suit pour l’achat des terrains (22 hectares de coteaux plein sud en moyenne montagne, idéal pour les biquettes), des bâtiments agricoles (une confortable étable pour les chèvres, une fromagerie en ALGECO, une grange à foin) et il y a même une petite maison d’habitation… que Hugues restaurera dans longtemps, parce que pour l’instant, même sans chauffage et avec des trous dans le plancher qu’on-peut-voir-la-pièce-du-dessous, pour lui c’est déjà le rêve, vraiment trop de luxe, du moment qu’il peut relancer l’exploitation…

C’est si beau, c’est si doux, une chèvre… Celle-ci est de race Alpine Chamoisée, elle appartient à une dame que j’aime beaucoup et qui fait des fromages de chèvre formidables dans notre village (bonjour Christine ! :)) C’est aussi la race que Hugues a choisi pour son troupeau…

Il faut maintenant trouver de quoi acheter le troupeau, puisque les chèvres ont été vendues depuis presque un an (il ne reste sur place que le vieux chien de berger, qui se fait suer, mais suer… on dirait le mec chargé de surveiller les mouvements de foule en Antarctique).

Et là, je vous avoue, on a un peu besoin d’aide, et c’est pour cela qu’on a lancé un financement participatif. Hugues a dû prendre de gros gros crédits, car même en restant très « raisonnable » (pas de tracteur énorme pour se la péter et épater les collègues par exemple : le sien, qui a « presque » fait 14/18, ne daigne démarrer qu’en pente, et encore, il faut espérer qu’il démarrera avant la fin de la pente), les investissements sont lourds, très lourds. C’est bête, mais si ce financement participatif ne marche pas, ça sera très compliqué car on a atteint un peu le maximum de nos possibilités côté crédits + soutien familiale.

Je veux cependant être bien sincère.

Si vous ne pouvez pas aider Hugues financièrement, je le comprendrais très bien. Je suis maman d’une grande famille, et il y a toute une liste de « bonnes œuvres » que je voudrais faire, et que je ne peux pas me permettre. Donc, surtout, pas de culpabilité…

Et si vous pensez que vous pouvez le faire, je sais à peine comment vous remercier ! Sachez que je suis déjà un peu confuse de demander ce coup de pouce, je préfèrerais vraiment que mon fiston n’en ait pas besoin mais je me dis que peut-être, certain d’entre vous seront heureux de le soutenir dans cette belle aventure car je vous promets qu’il « tient la route » comme chevrier bio mon Hugues, et qu’il va réussir parce que même en étant tout jeune, il connaît bien son métier : que ce soit pour soigner les chèvres, faire des super fromages, assurer une bonne compta de son exploitation etc. ce n’est pas un farfelu, sinon on lui aurait dit non, comme pour le coup des bigorneaux. Je peux aussi vous assurer, le connaissant bien, que chaque sou sera employé pour quelque chose « d’intelligent » : en premier lieu le troupeau (cela représente un gros budget hélas), et si le financement se passait mieux que prévu, parer à d’autres choses un peu urgentes.

Pour le reste, je vous laisse découvrir sur la plateforme Miimosa le projet de Hugues, qui vous l’expliquera mieux que moi, ainsi que les petits cadeaux que nous avons prévu pour remercier les contributeurs (j’ai payé de ma personne, vous verrez, il y a même une “journée VIP” surprise ;))

Je vous l’ai dit, c’est une belle histoire. Et le plus chouette, c’est qu’on va peut-être continuer de l’écrire ensemble, grâce à vous…

Un grand grand merci, car le plus beau c’est qu’en faisant son bonheur, je vous promets, vous faites aussi le mien 🙂

Ici, le lien pour découvrir le projet de Hugues sur la plateforme Miimosa

 

Vous pouvez aussi copier-coller ce lien dans votre barre de navigation :

https://www.miimosa.com/fr/projets/soutenez-un-jeune-chevrier-bio-dans-son-installation

 

 

Et ici, une petite vidéo “fait-maison” (on ne se moque pas ! ;))

 

 

Et quelques photos en plus…

Une photo prise ce printemps : vue sur la chèvrerie… C’est joli n’est-ce pas?

Bon, de près, on voit qu’il y a des travaux à prévoir dans la maison, mais ce n’est pas très grave, le principal étant que les bâtiments agricoles soient bien en état pour les biquettes (et c’est le cas !)

Est-ce que vous reconnaissez Dauphine ? Je vous en avais parlé il y a quatre ans, quand elle arrivait dans notre famille… Depuis, elle a grandi avec Hugues ( c’est son “meilleur pote” sur Terre ;)), et partira avec lui pour la chèvrerie. Ça nous coûte un peu, on l’aime bien notre toutou, mais garder des chèvres, c’est ça, le bonheur ultime pour un Border Collie 😉

La campagne environnante, vous la connaissez déjà, c’est la même qu’autour de chez moi… En fait, je peux aller chez lui à pied ! Pas comme mon autre fiston parti de l’autre côté des Alpes 😉

Avant, cette chèvrerie s’appelait “La Combe du Lin”, et je suis sûre que certains grenoblois la connaissent bien car Vincent, l’ancien propriétaire, faisait des fromages sensationnels qu’il vendait sur les marchés. Comme nouveau nom, Hugues a choisi “Les biquettes de Chambaran”…

 

 

 

 

{ Galette de sarrasin, chapitre 2 }

18 octobre 2018

 

{ Galette de sarrasin, chapitre 2 }

4 idées « express » pour se régaler au quotidien

♥ Sans Gluten ♥ Sans Lait ♥ Sans Œufs ♥ IG très bas ♥

 

 

J’avais prévu de vous parler d’un truc un peu extraordinaire*, mais c’est pas prêt 😉

Alors tant pis, en attendant, je vais continuer ma thèse sur les galettes de sarrasin…

Déjà, pour mettre les choses bien au clair auprès des moqueurs, non, je n’ai pas gagné une année gratuite de crêpes de sarrasin lors du dernier concours de bombarde bretonne. Promis.

Ni le prix du plus grand (enfin, du plus gros…) dévoreur de kouign amann.

Ni mon poids en galettes de sarrasin (qui a dit « dommage, il y aurait eu de quoi bien se régaler, surtout après le concours de kouign amann » ?) lors de la tombola des amis du blé noir.

Et pourtant, j’ai eu ces derniers mois un tel coup de foudre pour les galettes de sarrasin que je ne peux plus m’en passer, et les enfants se moquent de moi en ouvrant le frigo parce que quand on essaye de poser un truc, paf, au lieu d’atterrir sur une clayette ça atterri sur un paquet de galette de sarrasin !

« Messiiiiire, messiiiiire une galette de sarrasin !!! » est l’autre petite blague qui les fait beaucoup rire en ouvrant le frigo (j’espère que vous avez tous vu Les Visiteurs sinon pour le coup vous allez chercher le fin mot de la vanne pendant trois jours) et un de mes enfants m’a même demandé, goguenard, si je faisais réserve de galettes en attendant de les distiller pour produire du whisky (dans le genre d’un super whisky pur blé noir distillé à Brocéliande que m’a offert mon papa) et j’ai trouvé ça mesquin (pas le fait que mon papa m’ait offert une bouteille hein, juste les médisances sur mes prétendues intentions de distillateur clandestin ! Il faut préciser sinon mon papa va se vexer et je n’aurai plus de whisky breton).

Bref, cet envahissement de galettes, ça me rappelle une histoire que j’avais lue quand j’étais petite, où Donald voulait absolument gagner la « tranche d’ananas d’or » qui donnait droit à un mystérieux « cadeau prodigieux en provenance des îles paradisiaques ». Évidemment, après avoir mangé des tonnes de boîtes d’ananas avec Riri, Fifi et Loulou com-plè-te-ment écoeurés, il a fini par trouver LA fameuse rondelle d’or au fond d’une boîte ! Et le prix, c’était un an de boîtes d’ananas…

Mais moi je ne cherche pas à gagner un concours, c’est juste parce que j’aime ça. En plus, ça fait du bien, c’est sain, les galettes de sarrasin  poil aux mains ! : Côté indice glycémique, on est au ras des pâquerettes. Côté gluten, néant. Côté effet anti-inflammatoire et anti-oxydant, champion. Et côté fibres, magnésium, vitamine B, protéines végétales etc. c’est parfait.

Et puis quand on est un peu occupé (notez mon effort pour ne pas dramatiser les choses), sortir une galette de sarrasin c’est aussi facile que d’ouvrir une boîte de raviolis pour chiens. Sauf que c’est un peu plus équilibré…

Là dessus, je vous laisse avec mes quatre idées, en vous encourageant bien de votre côté : n’hésitez pas à donner les vôtres, ça sera super sympathique (par exemple, j’ai oublié de vous l’écrire ci-dessous, mais les galettes de sarrasin sont formidables en remplacement des pâtes blanches quand on fait des cannellonis !). (Si quelqu’un avait un truc pour les distiller, aussi…)

Ah, encore une chose, s’il vous plaît. Après cet article, ruez-vous dans tous les supermarchés ou magasins bio que vous voudrez pour faire un stock de galettes de sarrasin, mais pas dans le Biocoop ou dans le L***erc de Saint-Marcellin. Parce que si vous videz le rayon (il était déjà très désert cette semaine, c’est louche, tout le monde serait-il en train de se faire des chips ?), comment que je vais faire moi, hein ?

Pour distiller mon whisky…

 

* Non, c’est pas encore des dates pour les stages 😉

 

 

 

⇒ Idée N°1 :

Les galettes « en vrac » dans la poêlée de légumes…

 

Vous allez me dire, ça on sait faire. Et bien tant mieux, faites-le alors 😉

Parce que moi, franchement avant je n’y pensais jamais ! Et puis un jour où je n’avais même plus le temps de me faire gonfler une tasse de couscous d’épeautre, j’ai jeté une galette pliée n’importe comment dans une poêle avec des légumes… et je me suis régalée alors maintenant, je le fais tout le temps !

Mode d’emploi : Pour une personne, faire revenir dans une grande poêle (faut de la place !) un oignon découpé en petits cubes avec un peu de sel et d’huile d’olive. Quand il commence à dorer, ajouter deux grosses poignées de légumes-feuilles au choix (épinards, cresson, roquette, poireau finement émincé, chou kale, chou vert, chou chinois, chou noir toscan, etc… ici des blettes à couper de mon potager ;)), poser un couvercle et faire « tomber » le tout, c’est à dire, cuire juste ce qu’il faut pour que les feuilles soient tendres mais conservent leur belle couleur verte (cela ne prend que quelques instants pour des légumes feuille, un peu plus pour les poireaux). Saler, poivrer, ajouter éventuellement un peu d’origan, mélanger, puis mettre de côté tous les légumes dans un coin de la poêle. Ajouter un tout petit peu d’huile (pas sur les légumes, là où la poêle est vide !), puis déposer 3 galettes (la portion idéale de glucides pour un repas de midi qui « cale » bien) pliées en quatre. Poser un couvercle, laisser cuire 3 ou 4 minutes, le temps que le fond devienne un peu croustillant, et le dessus délicieusement souple.

Saupoudrer éventuellement d’un peu parmesan, c’est tout !

À noter que l’on peut évidemment rajouter une protéine, par exemple un blanc de poulet découpé en petits morceaux et mis à poêler en même temps que les oignons (ou un steak haché bio, deux œufs au plat…).

 

 

⇒ Idée N°2 :

Les galettes de sarrasin « fond de quiche »…

 

Là je ne peux pas vous donner la recette exacte de cette tourte au colin, champignons et blé noir, car elle sera dans un livre qui doit sortir cet hiver 😉

Mais le principe est simple : quand vous vous sentez atteints de flemingite aigüe, disposez 3 galettes de sarrasin au fond d’un moule à tarte ou à clafoutis, sans oublier de huiler* un peu le moule ainsi que chaque galette au pinceau. Versez ensuite la préparation de votre choix (genre mélange œufs/lait/fromage pour quiche lorraine, quiche au poisson, quiche aux légumes…) et enfournez ! C’est très bon, beaucoup plus simple à préparer qu’une pâte brisée maison… et beaucoup plus sain qu’une pâte brisée du commerce !

La petite « touche » super gourmande en plus ? Mixez deux galettes avec deux cuillerées à soupe d’huile d’olive, et versez le tout sur votre quiche avant d’enfourner : ça fait comme une sorte de délicieux crumble qui croustille sous la dent…

*je n’ai pas testé, mais en “huilant” le plat et les galettes avec du beurre fondu, ça doit pas être mal non plus (ça doit être à cause du concours de kouign amann que cette idée saugrenue me trotte dans la tête…)

 

 

⇒ Idée N°3 :

Les « tagliatelles » de crêpes de sarrasin…

 

Et là, je ne suis pas peu fière de ma trouvaille 😉 Sauf que bien sûr, j’imagine qu’une fois de plus, j’ai dû inventer ça après tout le monde mais bon, pour le cas où certains d’entre vous auraient la bonté pour moi de ne pas y avoir encore pensé, je vous donne le truc :

Roulez une galette de sarrasin (pour gagner du temps, on peut en rouler deux ou trois ensemble), puis découpez le rouleau ainsi formé avec une paire de ciseaux. On obtient des sortes de tagliatelles, qu’il ne reste plus qu’à poêle quelques instants dans une poêle chaude avec de l’huile d’olive (en posant un couvercle) : le nec plus ultra ? C’est quand les « tagliatelles » sont croustillantes dessous et toutes souples, presque un peu élastiques dessus. Ne surtout pas mélanger, au risque de faire de la bouillie !

C’est juste irrésistible avec… heu, avec tout, en fait 😉 : De la salade, des légumes, du poisson, un rôti ou une viande mijotée (comme ici ce bon plat de veau au rosé et aux olives, recette corse traditionnelle, que d’ailleurs, il faudrait qu’un jour je pense à vous donner sur le blog !).

 

 

⇒ Idée N°4 :

La galette sucrée poire-coco qui me fait chavirer…

 

Faites chauffer une cuillerée à café d’huile de coco dans une poêle. Y déposer une galette de sarrasin, laissez dorer 3 minutes, le temps que -tant pis je me répète- le dessous soit un peu croustillant et le dessus délicieusement souple. Replier la galette chaude en quatre, la garnir de compote de poire un peu épaisse, puis d’une lichette de crème de coco nature. C’est sans sucre ajouté, et pourtant tellement bon qu’à choisir entre ça et un gâteau du pâtissier, mon choix est fait !

Testez-moi ça à l’heure du goûter 😉

 

Sur ce, je vous promets de revenir très vite pour vous parler du fameux truc « extraordinaire » 😉 Mais pour une fois, ça ne sera pas un livre… ni des stages.

Héhé, je vous laisse vous creuser un peu la tête.

Un indice ? Ça fait mêêêêêêh.

 

PS : Normalement ça y est, hourraaaaa, on a enfin réglé le problème des notifications ! Là, quand je vous réponds, vous devriez recevoir un mail vous prévenant que j’ai répondu. Vous me direz si ça marche ? 😉

J’espère que oui, sinon je ne réponds plus de rien !

Attention : Lorsque vous laissez un commentaire, vérifiez bien que la case cochée soit “Seulement les réponses à mes commentaires”

Dans le cas contraire, cochez bien vous même “Seulement les réponses à mes commentaires”, et surtout pas “s’abonner” ou “ne pas s’abonner”.

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{ La feuille d’automne…}

5 octobre 2018

{ La feuille d’automne ♫♬♩…}

Chips de sarrasin (attention, recette de méga-fainéant)

♥ Sans gluten ♥ Sans lait ♥ IG très bas ♥

 

Chips de sarrasin 1L’une d’entre vous m’a bien fait rire, en supposant que ma « disparition » de ce blog depuis 3 semaines était peut-être due au fait que le coup du stage, c’était une blague, et que je ne savais pas comment vous l’annoncer… Meuuuh nooon c’était pas une blague (mauvaise langue ! ;)). Ma « disparition » tient à des choses beaucoup plus prosaïques. Je suis, comment dire, horriblement débordée. Je sais, ça je vous l’ai déjà dit, plein de fois. Mais je viens de découvrir qu’après la lessive qui lave plus blanc que blanc, on peut aussi être plus débordée que débordée.

J’ai toujours plein d’enfants, une maison à entretenir, des livres à faire chaque jour avec des recettes, des photos, etc. pour ça, rien de changé. Avant, on se partageait bien les tâches, mon mari et moi, mais là, pour l’instant il n’a plus de main droite, juste un gros pansement, genre gant de boxe blanc (ou moufle de ski XXL « spécial Yeti », ça aide aussi à visualiser le truc). Evidemment, il n’est pas bien doué avec sa main gauche, donc non seulement il m’aide moins, mais en plus, comme il veut m’aider quand même, il fait des bêtises ! En ce moment, j’ai donc sept enfants au lieu de six, voilà, c’est ça le truc.

Mais non, je ne « cumule » pas tant que ça les em*erdes. C’est juste que proportionnellement, quand on a six enfants, on a trois fois plus « d’imprévus » que quand on n’en a que deux. Il me faut donc trois plus de patience, et le gros souci, c’est que j’en ai trois fois moins (c’était le quart d’heure de mathématiques, vous me résoudrez ça pour lundi).

Bref, pour en revenir à notre projet de stage, je suis quand même un peu effrayée, j’avoue 😉 Vous êtes si nombreux à m’avoir dit « pourquoi pas ? » (quand ce n’était pas carrément, « j’arrive, c’est quand, c’est où, je suis déjà dans le train…) que pour finir c’est pas un stage qu’on va faire, c’est une manif ! Si vous venez tous d’un coup (une bonne centaine), on risque de se faire remarquer, hein, ils vont croire qu’on arrive tous pour une ZAD ou une rave-party, ça risque de finir au poste cette histoire.

Chips de sarrasin 2Et puis ces 100 personnes, qui va les encadrer, hein ? Comment que je vous réveille déjà, moi le matin hein ? Quand j’aurai fait sortir tout le monde du lit, y sera déjà l’heure de la sieste… On pourrait embaucher un vieux sergent major à la retraite pour vous faire lever plus vite, mais vous imaginez un peu le truc ? Chant des petits oiseaux matinaux, glouglou de la rivière, bêêêê poétique des biquettes, irrésistible senteur d’une brioche qui cuit pour le cours de cuisine du matin… et là dessus, une grosse voix tonitruante… « Allez hop, filez-droit vers la salle de topo, du nerf !, une-deux-une-deux, qui c’est qui m’a mis des trouffions pareils !, me ferez 20 pompes le rigolo qui vient de rater son gâteau !, hep hep hep où vous allez là ?, corvée de patates pour le saltimbanque qui rigole là bas !, quand Marie Chioca dit une ânerie on répond chef-oui-chef et on rit pas comme un imbécile !!! ».

Bref, je me dis que 25 personnes, c’est déjà bien, on se le fera sans service d’ordre, comme des grands ;). Dans quelques semaines (peut-être courant janvier) je vous donnerai les dates, le programme, les tarifs, etc. je suis en train de voir ça avec la dame qui nous recevra dans sa ferme pédagogique (oui parce que chez moi, déjà c’est pas très grand, et en plus, ya des enfants qui traînent dans tous les coins). Mais j’essaierai de ne laisser personne sur le quai, il vous faudra peut-être juste attendre un peu que je puisse, un jour, refaire un autre stage s’il n’y a pas assez de place au premier. Mais tout, ça, on en reparle dans quelques temps 😉

Merci en tout cas pour tant d’enthousiasme ! 🙂

 

Chips de sarrasin 3Pour sauter du coq à l’âne, j’ai beaucoup fréquenté les hôpitaux ces derniers temps, et une chose m’a frappé : quand tu as la dalle, genre parce que tu attends ton mari qui devait être fini d’opéré à 10H sauf que là il est 13H45 et que tu en es à te demander si, en t’évanouissant devant l’accueil pour simuler une grosse hypoglycémie, ils vont te filer à bouffer (ou te flanquer un coup de défibrilateur, c’est pour ça que tu hésites), bref, disais-je, quand tu as grave la dalle, il y a les dis-tri-bu-teurs ! Et les distributeurs de bouffe dans les hôpitaux, il faut le savoir, sont sponsorisés par le service de diabétologie de chaque hôpital (enfin, je pense). Du coup moi je pose la question, pourquoi, pourquoiiiii n’y a-t-il rien pour les gens qui veulent manger sain dans les distributeurs de nourriture ? J’ai déjà vécu ça à la piscine (quand tu sors de l’eau avec assez faim pour manger un morse à la mayonnaise mais que tu te rappelles que zut, si tu viens de nager 1H, ça serait bête de tout reprendre, et que tu vas donc opter pour… ben, une bouteille d’eau minérale, parce que tout le reste est un cataclysmique pour ta ligne). Bref, mesdames et messieurs les remplisseurs de distributeurs, s’il vous plaît, mettez-nous aussi des petits encas sains : des sachets d’amande, des biscottes complètes, des cookies de Marie Chioca (bah, on peut rêver…), des gourdes de compote de fruit sans sucre ajouté. Ça sera mieux pour tout le monde non ? Merci.

Et c’est là que vous allez voir, cette parenthèse n’avait pas totalement rien à voir avec la suite : car un de ces fameux jours où j’étais en train d’envisager si j’allais craquer sur un Twix, un Kinder Bueno ou un énorme sablé breton à la confiture, mais que j’avais conclu que j’allais plutôt continuer à mourir de faim, je suis tombée dans une sorte d’état cotonneux où le cerveau fait défiler devant les yeux tous les restos dans lesquels on va se ruer dès qu’on aura récupéré le mari avec son gant de boxe unilatéral. Une pizzeria, mamamia… Une crêperie, holàlà. C’est si bon, les galettes de sarrasin. Pourquoi qu’ils n’en mettent pas dans les distributeurs ? Parce que c’est mou et pas facile à faire passer par la petite trappe OK, surtout quand c’est garni… et pourquoi qu’ils ne les deshydrateraient pas, pour les mettre dans des sachets de chips ?

Et bingo, c’est comme ça qu’est née cette recette… pendant une de ces divagation pré-comateuse comme je sais si bien les faire quand j’ai faim.

Un jour je vous expliquerai pourquoi je suis archi-fan des galettes de sarrasin. Mais là, je vous laisse juste vous ébaudir devant cette recette tellement simple, que c’est à peine si on peut l’appeler « recette »…

Vous allez voir, à l’apéro, c’est quelque chose 😉

(Et je vous raconte même pas le malheur que ça ferait dans un distributeur !)

Chips de sarrasin 4

Mes premières “photos d’automne 2018″… Il a fallu être patiente (moi qui aime tant photographier cette belle saison !), car c’était vraiment un trèèès long été indien. (Et hop, après “la feuille d’automne”, encore une chanson à la gomme qui va nous trotter une semaine dans la tête ;))

 

Ingrédients pour 4 personnes environ

Préparation : 5 min

Cuisson : 5min

  • 4 à 6 grandes galettes bretonnes pur sarrasin du commerce (on en trouve des bio super bonnes et pas trop chères maintenant dans les GMS)
  • Un chouïa d’huile d’olive
  • Un peu de piment doux (optionnel)
  • 1 goutte d’huile essentielle d’origan (optionnel).

Chips de sarrasin 5Préchauffer le four à 210°, si possible en chaleur tournante.

Déposer une feuille de papier cuisson au fond d’une grande lechefritte. La huiler au pinceau (ça suffit, point n’est besoin de rajouter de l’huile sur les « chips »).

Découper les galettes de sarrasin (en les laissant superposées pour gagner du temps !), soit avec une roulette à pizza pour former des petits triangles ou des losanges, soit avec un joli emporte-pièce comme le mien ;), mais dans ce dernier cas, il y aura des « chutes » de galette (on peut les poêler rapidement au repas suivant dans un peu d’huile d’olive pour accompagner des légumes, c’est très bon !) .

Enfourner les « chips » 5 min en surveillant bien : dès qu’elles deviennent dorées, c’est cuit ! Il faut toutefois les laisser entièrement refroidir pour qu’elles gagnent en croustillant car au sortir du four, elles sont encore un peu tendres, c’est normal.

Refaire une, deux autres fournées (ça dépend de la taille du four et du nombre de galettes).

On peut ensuite les saupoudrer d’un soupçon de piment doux ou de paprika.

Pour une saveur « origan », il faut préalablement diluer une goutte (et une seule !) d’origan compact dans un peu d’huile d’olive, et se servir de cette huile pour huiler le papier. Car si on saupoudre les « chips » d’origan séché, il n’accroche pas, et se sauve dès qu’on manipule lesdites chips…

À conserver dans un bocal bien hermétique.

 

Chips de sarrasin 6

Ci-dessus, les chips “nature”, c’est déjà très bon ! Il n’est même pas utile de rajouter du sel…

Chips de sarrasin 8

L’étang où je baigne mon toutou (quand il veut bien y aller… heu, sans moi, merci). Les feuillages commencent à peine à changer de couleur, mais au coucher du soleil, c’est déjà joli.

Chips de sarrasin 9

Avec une petite touche de piment ou de paprika, ça fait encore plus “feuille d’automne” ! (Y’a des fois, franchement, pour dire ça je ferais mieux de m’abstenir de mettre des légendes…)

Chips sarrasin 10

Bon week-end à tous 🙂