Sans gluten, mais sans ingrédients bizarres non plus…

{ Sans gluten, mais sans ingrédients bizarres non plus… }

Fondant chocolat-châtaigne

♥ Sans gluten ♥ Sans Lait ♥ IG modéré ♥

 

Au fur et à mesure que les années passent, je croise de plus en plus de gens qui suivent un régime « sans » (sans gluten, sans lait, sans cuisson, sans FODMAPs, sans produits animaux, etc.), y compris parmi les enfants. Bien consciente qu’il s’agit pour certaines personnes d’impératifs graves (allergie par exemple), loin de moi l’idée de rejeter en bloc de telles précautions lorsqu’elles sont motivées !

Mais je me demande, depuis longtemps, si ces restrictions ne sont pas trop souvent imposées de façon un peu abusive par des naturopathes un tantinet trop zélés, ou par des magazines « santé » aimant surfer sur la vague des tendances qui font vendre.

Pour ne prendre qu’un exemple : manger sans gluten, cela n’est pas anodin ! En effet, il est très difficile de faire cohabiter régime sans gluten et alimentation à IG bas (ce qui est bien dommage car cette dernière a amplement prouvé ses bienfaits sur la santé). Je ne dis pas que cela soit impossible, mais juste extrêmement compliqué, et très restrictif car hormis quelques farines de type sarrasin, quinoa ou de diverses légumineuses (bon courage pour utiliser ces dernières autrement qu’en cuisine extraterrestre), toutes les autres farines sans gluten ont un indice glycémique élevé ! Et voilà pourquoi une majorité de recettes sans gluten contiennent par exemple divers amidons, fécules, farine de riz ou de millet, arrow-root et autres “alternatives” qui sont censées chouchouter les intestins… mais malmènent par ailleurs le pancréas, donc le métabolisme.

Tout cela sans parler des « spécialités sans gluten » vendues en magasin genre gâteaux, biscuits, madeleines, pain, biscottes, brioches, etc. : leurs listes d’ingrédients sont longues comme un discours de député et l’on y trouve, entre autres, toutes sortes d’adjuvants censés apporter un peu plus de légèreté, d’élasticité, de goût, bref, tout ce qui manque aux “farines” sans gluten mais que l’on trouve naturellement dans une bonne farine d’épeautre non hybridée (laquelle contient certes un peu de gluten, mais généralement beaucoup mieux toléré par les intestins sensibles que les farines de blés modernes).

Je l’ai déjà dit sur ce blog par le passé mais comme c’est important (et que certains lecteurs nous ont rejoint en cours de route), sachez que j’ai été « diagnostiquée », il y a bien longtemps, intolérante au gluten. C’était par un médecin naturopathe qui attribuait à cette protéine la responsabilité de mon côlon sensible, mais aussi tout une liste de pépins de santé réels ou imaginaires (d’après lui, l’arrêt du gluten allait me mettre à l’abri de tout, y compris des maladies que je n’avais pas, ou pas encore, ou que je ne savais pas que j’avais, ou que je ne savais pas que j’allais avoir…). Mais en sortant de chez lui, j’ai décidé que j’aimais décidément bien trop le bon pain, les pâtes et les pizzas pour imaginer une vie « sans ». J’ai donc continué à consommer du gluten, mais très raisonnablement (une fois par jour maxi), sous forme d’épeautre non hybridé, et tout va nettement mieux. Certes, j’ai toujours le côlon un peu sensible, mon tour de taille pouvant parfois passer du 38 au 48 quand j’ai des contrariétés, surtout au moment des repas. Mais pour éviter cela, ce n’est pas une cure sans gluten qu’il me faudrait, c’est une cure sans conar… sans casses-pieds. Et dans notre monde fabuleux c’est hélas { soupir } un régime particulièrement compliqué à mettre en œuvre…

Par honnêteté j’ai quand-même tenté deux vraies cures sans gluten dans ma vie, mais sans réelle amélioration sur mes petits soucis de bedon à géométrie variable. Peut-être que le régime sans gluten pratiqué sur de longs mois viendrait à bout de cet effet baudruche quand on me « gonfle » un peu trop (dans tous les sens du terme) ? Bah, même si c’était le cas, je peux supporter d’avoir de temps en temps une panse de Père Noël si c’est le prix à payer pour pouvoir manger de tout le reste du temps !

Donc, vous l’aurez bien compris : si le gâteau d’aujourd’hui est sans gluten, ce n’est pas par nouvelle « lubie » ! : Mon truc, depuis toujours, c’est l’alimentation méditerranéenne à IG bas, et plus j’en apprends, plus je suis convaincue que c’est LA réponse à la malbouffe actuelle, avec de surcroît une expérience, un “recul” de plusieurs millénaires (contrairement à d’autres diètes super en vogues ayant fait leur apparition ces toutes dernières années, et dont on ne mesurera les réelles conséquences que dans 20, 30 ans… ou beaucoup plus, quand l’être humain commencera à « muter » ;)).

Mais vous êtes nombreux à me demander des recettes sans gluten, alors de temps en temps, je tente une expérience même s’il faut avouer qu’en excluant l’usage de fécules ou d’amidons (à cause de leur IG explosif), la pâtisserie sans gluten est un monde bien cruel ! Si vous saviez combien j’ai dû ingurgiter de gâteaux en forme de cratère, craquelés comme le désert d’Atacama, friables comme un pâté de sable paléolithique, lourds comme un cartable de CM2, gluant comme une omelette aux œufs de grenouille, dégueu comme un clafoutis aux lentilles vertes (normal, vu que c’était un clafoutis à la farine de lentilles vertes), en un mot, raté comme une recette sans gluten ^^… et je ne suis pas venue à bout de tout hein, heureusement que j’ai des poules, et trois chiens, et des canards (parce que certaines enclum… certains gâteaux gagnaient beaucoup a être immergés quelques temps dans une flaque avant d’être avalés).

Avec tout ça, je ne suis pas sûre de vous avoir bien rassuré mais le gâteau d’aujourd’hui, vous pouvez y aller : Sans gluten, et même sans farine du tout, il est à la fois fondant et mousseux, aérien, avec une intense saveur de châtaigne et de chocolat. Je crois que ça va vous plaire 😉

Sans blaguer, je me suis vraiment régalée et il vient compléter ma collection de recettes de fondants au chocolat… lequel reste envers et contre tout mon dessert préféré. Même en version sans gluten !

Ingrédients pour 10 parts

Préparation : 15 min

Cuisson : 20 min

À commencer la veille

  • 100g d’huile de coco
  • 200g de chocolat noir pâtissier à 70%
  • 100g de miel d’acacia (ou de sirop d’agave)
  • 3 sachets de sucre vanillé
  • 400g de châtaignes pelées au naturel (en bocal)
  • 5 œufs moyens (ou 4 gros)
  • 20cl de lait de soja à la vanille
  • 1 sachet de poudre à lever
  • Une grosse pincée de fleur de sel.

Non mais sans blague, vous avez vu cette texture… 😉

Préchauffer le four à 180°C.

Séparer le blanc des jaunes d’œufs, fouetter les blancs en neige.

Dans une casserole, porter le lait à ébullition avec le miel, l’huile de coco et le sucre vanillé. Transvaser dans le bol d’un blender et mixer très soigneusement avec 250g de châtaignes, jusqu’à obtention d’une crème très lisse.

Découper le chocolat en petits morceaux, les rajouter dans le blender et mixer par brèves impulsions jusqu’à ce qu’il soit entièrement fondu. Ajouter les jaunes d’œufs, le sel, la poudre à lever et mixer de nouveau.

Découper en gros morceaux les châtaignes restantes puis tout mélanger à la spatule souple (morceaux de châtaignes + blancs en neige + crème chocolat-marron) en soulevant la préparation dans un mouvement tournant.

Verser dans un cercle à pâtisserie d’environ 20cm de diamètre, et enfourner pour 20 min.

Laisser entièrement refroidir au réfrigérateur. Avant de servir, saupoudrer le dessus avec une petite passoire à thé remplie de cacao.

Les premières châtaignes sauvages, ramassées ce dimanche dans ma chère forêt. Elles sont toutes petites, mais super douces et parfumées. Par contre, je ne les ai pas utilisées pour le gâteau,… J’ai pas eu la patience 😉

Un petit matin d’octobre…