Réussir ses fromages à la maison

{ Réussir ses fromages à la maison }

Frais ou affinés, yaourts, beurre, crème…

 

Ces dernières semaines, j’ai été sous l’eau comme jamais : Mon travail d’auteur (ce qui n’est déjà pas peu de choses) + les enfants qui font « l’école à la maison » + tout mon agenda 2020 qui a été chamboulé, que dis-je, balayé, que dis-je, anéanti par le Covid = Plusieurs journées de 15H devant l’ordi (sans exagérer) pour rattraper le retard.

Et c’est dur… j’ai même cru, franchement, que j’allais tomber raide vendredi dernier : Après avoir été « irradiée » non stop pendant une semaine à grands coups d’ordi, de wifi, de téléphone portable, de bluetooth et autres machiavéliques “grandes avancées” du 21ème siècle, je me suis sentie comme si je venais de réparer un réacteur nucléaire à mains nues. Il m’a fallu un bon week-end avec randonnée samedi et 62km de vélo dimanche (OK, c’est un vélo électrique, j’avoue) pour recommencer à me sentir un peu mieux. Et cette semaine qui s’annonce presque comme le précédente, pfff…

Voilà comment je me retrouve à vous présenter ce livre plusieurs jours après sa sortie alors que j’étais si impatiente de vous en parler, et que je me scotche la bouche depuis l’été dernier pour ne pas hurler sur les toits « Hé, les gars, vous savez quoi, je suis en train de faire un livre sur les fromages, je suis teeeeeellement contente !!! ».

Car ce n’est pas un bouquin comme les autres celui-là : il fera date ! Non pas que j’espère forcément un best-seller 😉 , mais juste parce que je ne suis pas prête de l’oublier :

D’abord, j’y pense depuis des années, et lorsque mon éditrice m’a donné le feu vert j’étais littéralement folle de joie car tous les sujets que je traite me plaisent, mais certains encore plus que d’autres, et celui-ci était sur le podium de mes rêves les plus fous en matière de bouquins (comme, du reste, celui que je suis en train de réaliser actuellement mais là chut! je n’en dis pas plus, c’est juste pour vous taquiner un peu, héhé).

Ensuite, parce qu’après en avoir rêvé si longtemps… ben je me suis pété le pied deux jours avant de l’attaquer ! Si c’est pas ballot…

J’ai donc TOUT fait en béquilles ou, au mieux, en boitillant sur une patte (quand ça allait “mieux”) ce qui vous prouve mon degré de motivation, mais aussi la réelle « faisabilité » des recettes que je vous propose, y compris quand on n’a pas beaucoup de temps, y compris quand on n’a pas beaucoup de disponibilité… y compris quand on a une double fracture des métatarses compliquée d’une bonne algodystrophie de derrière les fagots !

Car réussir à partir de bon lait bio ou fermier des laitages de type yaourts, fromages blancs, petits suisses, ou même des petits fromages dits « lactiques » (picodon, chavignol ou saint-marcellin par exemple), c’est à peu près aussi simple que de faire un gâteau au yaourt : On mélange deux ou trois ingrédients, on égoutte, on attend (plus longtemps que pour un gâteau au yaourt, OK), et voilà, c’est à peu près tout. Et puis, c’est bon pour la santé (car plus riche en ferments probiotiques, je vous explique cela dans le livre), délicieux, mieux pour la planète (car sans suremballages), très amusant (voir carrément enthousiasmant), beaucoup plus autosuffisant, et même plutôt sympa côté porte-monnaie.

Ce fromage de type saint-nectaire a été réalisé l’été dernier avec du lait cru de la ferme d’à côté… Je ne vous raconte pas comme il était crémeux et parfumé, j’en ai l’eau à la bouche rien qu’à revoir la photo…

Mais peut-on vraiment, à la maison, obtenir un fromage un peu plus délicat qui serait par exemple la réplique absolument parfaite d’un reblochon de Haute-Savoie, d’un saint-nectaire fermier d’Auvergne, d’un brie de Meaux ou d’un comté du Jura ?

Non, sincèrement, car à moins de bénéficier à la fois du bon terroir, d’un savoir-faire ancestral, d’un moyen idéal de mener l’affinage (la bonne cave, à la bonne température, avec la bonne aération, la bonne micro-flore indigène, etc.), sans compter éventuellement d’autres petits « détails » qui ont leur importance pour la réussite de certains fromages (la race de la vache laitière par exemple, ou encore l’essence du bois servant à fabriquer les planches où mûrissent les fromages en cave), on ne peut pas rivaliser, c’est clair.

Et il en est de même pour bien d’autres grands fromages de terroir… Ils sont inimitables ! Mais doit-on pour autant s’interdire un petit coup d’audace consistant à s’inspirer respectueusement du mode de fabrication de tel ou tel fromage ? Allez, soyons un peu intrépides, car en mettant toutes les chances de notre côté (du bon lait, une recette aussi proche que possible des méthodes traditionnelles, un affinage du même type, etc.) alors oui, il est possible d’obtenir en terme d’arôme, de saveur, de texture ou de croûtage un magnifique fromage maison qui ne sera pas une pâle copie, mais plutôt une interprétation touchante, délicieuse, authentique, de tel ou tel fromage transposé dans notre « terroir » à nous. Du moment que nous ne vendons pas ensuite notre fromage artisanal sous l’appellation saint-nectaire, reblochon, roquefort, etc. nous ne sommes pas des « faussaires », mais juste de dignes rejetons des générations de campagnards ayant réalisé chez eux, dans un coin de la cuisine ou du cellier, les fromages qu’ils avaient envie de fabriquer sans trop s’inquiéter de questions d’appellations.

Certes, tout cela peut sembler un brin audacieux car nous n’atteindrons jamais le degré de savoir-faire des fromagers professionnels, c’est évident. Et pourtant, avec de bonnes recettes et tout un tas de petit « trucs », nos fromages maison peuvent se montrer tout à fait épatants !

Absolument tous les fromages que vous découvrirez au cours de ce livre ont été réalisés par mes soins, dans ma cuisine, avec assez peu de matériel mais beaucoup d’amour et de passion. Evidemment, certaines recettes ont été longues à mettre au point et vous verrez, chaque détail à son importance mais au final rien n’est bien compliqué car faire du bon fromage, cela demande beaucoup moins de gestes techniques que la boulange ou la pâtisserie par exemple… Cependant, un fromage maison ne sera jamais aussi « parfait » ni aussi régulier d’une fois sur l’autre que son homologue fermier du terroir réalisé par un pro, il faut avoir l’humilité d’en être bien conscient. En revanche, vous ferez certainement mieux, avec du bon lait et de bons ingrédients, que la majorité des fromages industriels (même bio) ! Personnellement, je trouve par exemple mes chaources, brillat-savarins, picodons ou banons bien meilleurs que ceux des magasins (ils se « défendent » même bien par rapport à ceux d’un bon fromager, si si). En revanche, mes fromages à pâte molle (reblochon, saint-nectaire, camembert, morbier…) n’ont pas toujours une texture aussi régulière que ceux des fromagers car le processus de fabrication des fromages à pâte molle est délicat, mais je vous explique en détail mes petits « secrets » pour mettre toutes les chances de votre côté.

Avant de commencer, je vous recommande de lire attentivement, en tout début d’ouvrage, les pages « Dico du fromage bio », lequel synthétise par ordre alphabétique quelques secrets indispensables pour réussir, et qui vous donne plein de conseils allant des règles d’hygiène à l’affinage, en passant par les astuces pour trouver du lait fermier, l’égouttage, les ferments, la conservation, le matériel (minimaliste), la présure, le terroir, etc.

Vous trouverez aussi au début de chaque chapitre un petit texte d’entrée en matière (« Avant de commencer… ») qui regroupe les conseils pratiques propres à chaque type de laitage. Tout cela est très important alors surtout, lisez-les bien… avant de commencer ! Car tous ces conseils sont la synthèse de mes expériences, mais aussi d’échanges avec des fromagers.

Tout cela fera de vous des « fromagers amateurs » comblés…

 

Textes, recettes et photo : © Marie Chioca

 

 

C’était si difficile pour moi, l’été dernier, de rester coincée dans mon canapé avec un pied en mille morceaux… Alors mon cher-et-tendre m’a trimballée partout en bagnole -y compris sur des chemins à peine carrossables où l’on aurait pu laisser tout le bas de caisse en route – pour des « safaris photo » à travers la campagne environnante. Ce qui m’a permis de prendre l’air, mais aussi de photographier tant de jolies vaches, moutons, brebis, paysages… sans lequel ce livre ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui !

Au départ, exactement le même fromage (un brebis au lait cru de type pérail), fabriqué le même jour, avec le même lait. Mais le premier a été affiné avec plus de lavages à la saumure (c’est donc la bactérie brevibacterium linen qui a pris le dessus, celle du munster par exemple), contrairement au deuxième, qui n’en a reçu que 4 ou 5 en début d’affinage (il présente un léger feutrage blanc dû au champignon geotrichum candidum) : au résultat, un goût, une couleur, une texture totalement différentes … C’est “magique” ! Je vous détaille tout cela dans le livre !

Et maintenant je suis sûre que vous aimeriez bien un petit aperçu du livre, comme d’habitude. On ne change pas les bonnes traditions ;)…

 

Dans le 1er chapitre, vous trouverez des recettes de laitages type yaourts, petits suisses, fromages blancs, caillé, etc.

Par exemple du skyr islandais (un laitage très maigre et pourtant délicieusement onctueux)

Des yaourts delactosés (méthode dite “du bonnet de laine”)

Des yaourts de brebis, méthode au four (vous trouverez dans ce chapitre d’autres méthodes de yaourt alternatives à la yaourtière : par exemple dans une cocotte en fonte, avec cuisson préalable du lait ou non, tout est expliqué.)

Dans le genre “plus facile tu meurs”, vous y découvrirez aussi différentes recettes de caillebottes et de caillés : Ici, du junket puding, une vieille recette de pionniers américains à base de lait cru, de sucre noir (ou de mélasse) et d’épices douces. Un régal !

Dans le 2ème chapitre, on aborde les fromages dits “lactiques” de type picodon, rocamadour, chavignol, valençay, saint-marcellin, chaource, saint-félicien, brillat-savarin, etc.

Exemple avec ces crottins de chèvre simplifiés

Ce bleu crémeux

Ou ces petits chèvres bien coulants type rocamadour

Dans le 3ème chapitre, vous trouverez des fromages dits “à caillé présure” 

Par exemple ces chèvres de type banon, affinés en feuille de châtaignier

Ce brebis grec en saumure de type feta

Cette petite “meule des alpages” (de type gruyère )

… que l’on découvre ici une fois affinée. Quand j’ai pris la photo fin septembre (à genoux dans un virage des Chambaran devant un tabouret avec un fromage dessus), un garde forestier s’est arrêté, fort intrigué. Après lui avoir tout expliqué (non je ne sors pas de l’asile, je suis photographe culinaire et c’est le meilleur endroit du coin où j’ai les montagnes en fond), j’ai compris qu’il avait bien envie de le goûter, mon fromage ^^

Cette tomme de vache marbrée à pâte souple (de type morbier)

Ce fromage de brebis de type basque

Ou cette “Fleur de Savoie” (type reblochon)…

Que l’on voit ici une fois l’affinage terminé.

Dans le 4ème chapitre (celui qui m’a donné le plus de fil à retordre !) on aborde le cas des fromages sans présure animale, mais caillés à base de suc de figuier, de fleurs de chardon, de citron, de vinaigre, d’aizy, de kéfir, etc. (mais vous retrouverez aussi de nombreuses recettes de laitages sans présure disséminées dans les autres chapitres du livre).

Exemple avec ce fromage de chèvre provençal de type “brousse du Rove”.

… un délice très crémeux qui se savoure aussi bien salé que sucré.

Ce plateau de fromages variés à tartiner (caillage au petit lait)

Ou ces petits fromages de vache caillés au kéfir.

Dans le 5ème chapitre, on apprend à réaliser d’autres laitages de type beurre, crème, mascarpone, kéfir, etc.

Ici, le pas à pas pour réaliser du beurre cru maison…

Moulé dans un joli moule à beurre “vintage” :)

Il y aussi de la crème de gruyère (pour les loulous)…

Même si en toute sincérité, ce n’est pas exactement pareil que de la vache qui r*t ;)

Ghee (beurre clarifié, très digeste pour les personnes sensibles).

Dans le 6ème et dernier chapitre, on apprend comment “recycler” le petit lait en délicieux laitages de type sérac, ricotta, gaperon… Ainsi, rien ne se perd !

Fromage de type brocciu de Corse (j’ai dit “de type” brocciu, car tout le monde sait qu’on ne fait de vrai brocciu qu’en Corse, et je ne dis pas ça pour ne pas froisser mes amis corses, vu qu’ils ne sont pas susceptibles ;))

Une autre brousse de brebis, caillée de façon très différente.

Sérac Alpin au poivre.

Fromages de type picodon, banon, gruyère, saint-nectaire, brebis basque, cantal… en cours d’affinage (septembre 2019, et tous “fait-maison” !).

Acheter ce livre directement sur la boutique de mon éditeur, Terre Vivante

Pour en savoir plus :

Lien vers mon article « Alors le lait, bon ou mauvais ? » (clic)

Lien vers deux recettes complètes (le picodon de chèvre, et le saint-marcellin de vache) postées sur mon blog l’été dernier (clic)

Sommaire complet du livre et présentation sur le site de l’éditeur (clic)

Et enfin, une belle vidéo de qualité pour présenter mon ouvrage, tournée pour Terre Vivante par ma collègue et amie Aurélie Jeannette :