{ Piou ! }

{ Piou ! }

Nid de Pâques « Capuccino »

(Et ses poussins en pâte d’amande maison)

(♥ IG bas ♥ Sans Lait ♥ Sans Oeufs ♥ Végétalien ♥)

 

Et bien voilà, Pâques arrive à grands pas. Et comme cette année ce ne sera pas – pour tout un tas de raisons – vraiment bien jojo, j’ai essayé de mettre un peu de bonne humeur dans le dessert… c’est toujours ça de pris, même si ce n’est pas grand chose.

Je sais que vous galérez grave pour trouver, soit de la farine, soit des œufs, (soit ces fameux petits rouleaux roses qui sont, mystérieusement, ce qu’il y aurait de plus essentiel à stocker pour parer à une pandémie respiratoire mais bon ça, heureusement en cuisine on peut encore s’en passer). Moi c’est après les œufs que je cours, car mes poules sont vieillissantes (chez les Chioca, elles atteignent un âge canonique) et du coup, j’ai des œufs quand elles veulent. Et là, elles veulent pas.

Il semblerait que des mulots aient eu l’audace d’envahir le poulailler (si j’en crois mon mari qui s’est payé une trouille du tonner… a ressenti un peu d’effroi avant-hier soir quand un rongeur de la taille d’un lapin lui a filé entre les pieds) et ça doit contrarier nos chères demoiselles de l’ordre des gallinacés qui, du coup, se sont mises en grève une fois de plus. Et avec ces poulettes de la CGT (Cocottes Grévistes Tenaces) je me suis donc retrouvée, pour la énième fois, à devoir improviser un  gâteau sans œufs. On va dire que grâce à ça, je me sens plus solidaire envers tous ceux d’entre vous qui galèrent pour faire les courses dans des rayons plus vides que le cerveau des mecs qui ont pensé que la pandémie serait – tel le nuage de Tchernobyl- miraculeusement refoulée par la ligne Maginot.

Côté farine heureusement j’avais déjà ce qu’il faut, et tant mieux car un dessert sans œufs ET sans farine, cela n’aurait pu être qu’une crème dessert, et pour ce qui est de la transformer en nid de Pâques, heu… à moins d’être la marraine de Cendrillon avec sa baguette magique (bibibidou, lamagicadou, gagabibiba, bibidou ♪) je ne vois pas bien comment procéder. A la limite, on aurait pu imaginer une flaque de Pâques avec ses petites grenouilles en pâte d’amande, mais là n’était pas le sujet car moi je voulais un nid avec des poussins (à ce propos, notre couvée de cailles a été un ratage parfait, puisque sur tous les œufs mis en couveuse, seul un poussin a sorti le bout du bec, juste le temps qu’on appelle les enfants en grandes pompes… pour constater qu’il avait passé l’arme à gauche. Génial. Et dire qu’on a attendu 15 jours pour voir ça. Bref.).

Pour le challenge du nid de Pâques sans oeufs, j’ai donc repris un peu l’idée de cette génoise là, puis bidouillé deux crèmes toutes légères, l’une au chocolat, l’autre au café, pour étrenner ma toute nouvelle poche à douille double (que j’ai acquis par erreur, en croyant acheter une poche à douille normale, ce qui m’avait beaucoup énervé sur le moment). Mais quèsaco une “poche à douille double” ? Et bien, une poche à douille avec deux poches bien distinctes, mais une seule douille, comme ça, quand on presse dessus, il sort un joli zigouigoui marbré (enfin, si on a pris soin de remplir les deux poches avec des préparations de couleurs différentes évidement, et d’autre part, si on presse doucement, sinon au lieu de sortir ledit joli zigouigoui marbré du côté de la douille, c’est un gros schplof marbré qui nous explose à la figure).

Le résultat était somptueux, une sorte de « tourbillon » littéralement hypnotisant avec sa spirale ivoire et chocolat, et j’étais toute fière de ma performance, hé hé. Mais le temps que je règle mon  appareil pour la photo… hop, ma chère fille (celle qui pose pour le pas à pas) a mis une malencontreuse « baffe » au gâteau ce qui a eu pour effet de scalper la moitié de la crème. J’étais conteeeeente, ohlàlà, je vous raconte même pas. Il ne me restait plus qu’à tout ré-étaler puis « lisser » grosso modo à la fourchette. Forcément, pour le coup c’était nettement moins ébahissant, mais on va se consoler en se disant que ça donne une idée plus réaliste de ce à quoi ressemble ce gâteau quand on n’a pas de poche à douille “double”. Ou alors, quand on a une poche à douille “double” (youpiii !!!) mais qu’on se fait assister en photo par Gastonnette Lagaffe…

Bon, à part ça, j’espère très fort que vous avez de la farine… De la farine de blé ou d’épeautre je veux dire, pas de la farine de teff, de souchet, de coco, d’amarante, de lentilles vertes, de manioc ou de cosses de graines de lupin vert à pois rouges de Madagascar, bref, les seuls sachets qui restent en rayon… A défaut, vous pouvez peut-être tenter votre nid de Pâques avec cette base sans farine (sauf que là, manque de bol faut des œufs). Pour décorer votre nid, je vous propose d’utiliser ma recette de pâte d’amande maison au sirop d’agave, celle, toute simple, que j’ai déjà publié et qui se modèle si facilement.

Période de confinement oblige, j’ai tenté de faire pour vous un truc trèèèès chelou 😉 à savoir une vidéo (tout arrive) pour vous montrer comment réaliser ces poussins. Sans rire, la vidéo c’est vraiment une épreuve pour moi ;), et comme j’ai 02/10 de patience en générale, et 0,5/10 de patience en ce moment, on a tout tourné d’un coup et ce n’est pas une œuvre d’art mais bon, avec mon court métrage « Je fais des poussins en pâte d’amande » on ne vise pas la Mostra de Venise et je me suis dit que pour une fois ça serait reposant de ne pas être trop perfectionniste…

Bon, et à part ça, le confinement, chez vous ça donne quoi ? Ici on a des gendarmes planqués dans la forêt de Chambaran, bon, ils ont sûrement des bonnes raisons stratégiques hautement prioritaires de traquer les deux pépés qui auraient dépassé leur “1 km” réglementaire mais bon, ça casse un peu l’ambiance. Moi qui avait déjà du mal à ressortir faute de moral adéquat…

Côté oisiveté, j’avoue ne pas avoir encore pu beaucoup souffrir de la « mère de tous les vices » vu que je rend un livre de 80 recettes en fin de semaine, que je m’occupe d’un potager pour régiment d’infanterie (avec un lumbago depuis 10 jours, c’est tellement plus rigolo), que je dois m’improviser institutrice (au secuuours, c’est quoi une « subordonnée circonstancielle d’opposition ou de concession elliptique du verbe ou du sujet juxtaposée ou coordonnée à la précédente ou incise* » ?), que ma grande va bientôt péter une durite pour son Bac (apparemment, le cas des « bac pro agricole » en candidats libres intéresse autant l’éducation nationale que la dernière chaussette du dernier pingouin du dernier iceberg de l’extrême pointe sud de la Patagonie), que mon mari me dit toute la journée « ça y est t’es libre, je peux enfin te monter un truc marrant sur youtube ? », que mon grand chevrier cherche tous les moyens possibles de vendre ses fromages maintenant que les marchés sont fermés (je commence à envisager de me balader en panneau sandwich publicitaire, avec un porte voix “Les booons, les booons, les booons fromages des Biquettes de Chambaran !!!“), que le téléphone et whatsapp sonnent du matin au soir parce que tout le monde se fait suer et cherche à « tuer le temps » sauf moi, que les repas sont un peu compliqués (et le ravitaillement une épopée épique, genre, il faudrait la musique du film Gladiator quand on arrive à chopper le dernier paquet de pâtes sous le nez de trois personnes qui nous fusillent des yeux ), bref, vous voyez, je suis un peu fatiguée, et je voudrais bien m’ennuyer un tout petit peu en confinement moi aussi, juste pour voir si j’aime ça… Je vais d’ailleurs essayer, en prenant quelques vacances dès vendredi, des vacances sans ordi, sans devoirs scolaires, sans boîte mail. Juste ma petite famille à s’occuper, le chant des oiseaux au potager, les siestes-fleuves, les grasses matinées, les massages anti-lumbagos, les BD, et même les petites balades réglementaires d’1km en tous sens autour de la maison… je sens que je vais aimer ça 😉

A défaut d’avoir eu une fête de Pâques super « joyeuse », je vise au moins des vacances un peu ressourçantes… C’est aussi ce que je vous souhaite !

*Mais si PROMIS ça existe !!!

 

Nota : Je vous demande pardon d’avance, mais pour cet article je pense que je n’arriverai pas à répondre aux commentaires. Mais je lirai tout, promis… Du coup je vous remercie beaucoup d’avance, et de tout coeur, pour vos petits mots toujours si agréables, si amicaux, si touchants… et si motivants 🙂

Pour la génoise au cacao :

  • 300g de farine T110 de blé ou de grand épeautre
  • 2 sachets de poudre à lever
  • 2 sachets de sucre vanillé
  • 30g de cacao amer
  • 165g de sucre de coco
  • 33cl de lait de soja vanille
  • 3cl de vinaigre de cidre
  • 5cl d’huile de tournesol désodorisée
  • Une grosse pincée de sel

Pour la ganache montée rhum-chocolat :

  • 100g de chocolat noir à 70% de cacao
  • 1 c. à soupe de rhum ambré
  • 20cl de crème de coco
  • 1 sachet de sucre vanillé

Pour la crème cappuccino :

  • 40cl de crème de coco bien froide
  • 1 expresso très serré (3 cl)
  • 60g de sucre de coco
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • Un peu de cacao pour saupoudrer.

Pour le sirop :

  • 3 c. à soupe de rhum
  • 3 c. à soupe d’eau
  • 1 café expresso bien serré (5cl)
  • 4 c. à soupe de sirop d’agave

Nota : Recette de la pâte d’amande blanche ici, dans ce post un peu ancien (sauf que maintenant, je mixe longuement au robot la poudre d’amande et la sirop d’agave, puis je laisse reposer la pâte d’amande une nuit dans un sachet bien fermé avant de l’utiliser. La texture est bien meilleure ainsi !)

Une autre recette de pâte d’amande plus récente ici, associant sirop d’agave ET sucre complet ou sucre de coco. Elle est brune mais cela permet de faire aussi des poussins « bronzés » trop mignons 😉

PS : Pour teinter la pâte d’amande blanche en jaune, j’ai utilisé un peu de curcuma, et j’ai ajouté quelques gouttes d’huile essentielle de citron pour “camoufler” le parfum un peu spécial 😉

1/ Génoise : La veille, ou quelques heures auparavant, préchauffer le four à 180°C, si possible chaleur tournante.

Huiler un moule à savarin de 24cm de diamètre environ. Mélanger dans un saladier la farine, le cacao, le sel, le sucre vanillé, la poudre à lever et le sucre de coco. Faire un puits, y verser le lait de soja, l’huile et le vinaigre de cidre puis mélanger juste ce qu’il faut pour obtenir une pâte homogène (sans trop insister). Verser dans le moule, égaliser, enfourner pour 30min.

2 / Ganache au chocolat : à feu très doux, faire fondre dans une casserole tous les ingrédient de la ganache.

3/ Crème capuccino : Mélanger la crème de coco, le café, le sucre de coco et le sucre vanillé dans le bol d’un robot, puis tout mettre au congélateur pour quelques minutes, le temps que le bol et la crème soient bien froids. Fouetter ensuite le tout au robot, en commençant doucement, puis en augmentant petit à petit la vitesse des fouets jusqu’à obtention d’une chantilly bien ferme.

Jusqu’au lendemain, mettre la crème capuccino ainsi que la ganache au réfrigérateur (ne pas oublier de bien les couvrir).

A la sortie du four, imbiber le gâteau de sirop, cuillerée après cuillerée, puis le couvrir et laisser à température ambiante.

4/ Montage : Le lendemain, démouler le gâteau.

Fouetter la ganache au robot (batteur plat, puis fouet) pour la « monter », c’est à dire lui donner une texture plus souple, crémeuse et légèrement aérée. Sans trop les mélanger, mettre les deux crèmes (chocolat et café) dans une grande poche à douille (ou dans une poche à douille double), puis en recouvrir le gâteau (on peut s’aider d’un plateau tournant, c’est plus simple). Mettre tout le restant de crème au fond du plat, dans le « creux ».

5/Déco : Orner le gâteau de fleurs non toxiques (ici, des fleurs de pommiers et de cerisiers)… et/ou passer à la confection des poussins en pâte d’amande (voir la vidéo ci-dessous ;)).