{ En trois coups de mixeur ! }

{ En trois coups de mixeur ! }

Shrek le cake 😉

♥ Végétarien ♥ IG Bas ♥ 

 

J’ai faim, qu’est-ce qu’on mange ce soir ?

Je ne sais pas si vous avez souvent entendu cette question (ah si ?), en tout cas elle résonne chez moi quasiment tous les soirs car statistiquement, plus vous avez d’enfants, plus vous avez de chances qu’un gugusse vous la pose. Et quand c’est la quatrième ou la cinquième fois en un quart d’heure, ça peut devenir un tantinet irritant… (Gniiiiiiiiii !!!)

Du coup, pleine de pitié pour tous les pauvres parents en train de faire gniiiiiiii ! eux aussi tous les soirs dans leur cuisine, j’ai eu envie de poster sur mon blog une “recette du soir”, c’est à dire quelque chose qui soit à la fois facile, super rapide et équilibré. Alors j’ai longuement cogité sur la question hier en marchant en forêt (il faut savoir qu’avant, je réfléchissais à mes futures recettes en sautant sur un trampoline, c’était efficace comme tout, mais depuis mon pied cassé ce n’est plus possible. Or, mes neurones ont visiblement besoin d’être secoués très forts pour produire quelque chose puisque dès que je m’assois tranquillement, ils tombent en panne d’inspiration). L’idée de cette recette a donc germé sur un chemin forestier et franchement j’ai bien du mérite (sans blague !) parce que j’étais partie marcher avec une de mes filles qui est championne olympique de tchatche (elle peut parler 2H20 non stop, j’ai vu ça hier ;)). Je suis rentrée assez tard avec une de ses envies de roupiller… mais pas question de céder à l’appel de l’oreiller : Trois semaines d’absence sur le blog, ça n’avait que trop duré !

J’ai donc réalisé un gâteau de légumes en quelques coups de mixeur (l’impératif « faut que ça aille vite » m’arrangeait bien pour le coup !), puis j’ai attendu les 50min fatidiques de cuisson en baillant comme un diplodocus dans ma cuisine. En entendant enfin sonner le minuteur, j’ai soulevé avec appréhension le couvercle du cuit-vapeur pour découvrir, merveille, un gâteau d’un vert intense, super appétissant ! Réussite sur toute la ligne, hé hé…

Et puis là pfiouuuuu. Il s’est dégonflé.

La seule fois de ma vie où j’ai vu une tronche de cake se dégonfler à cette vitesse là, c’est le jour où un livreur Amazon (qui était en train de sérieusement manquer de courtoisie) a vu mon beauceron dégringoler de par dessus la clôture pour s’interposer entre nous !

Bref, mon cake avait la bonne couleur (celle de Shrek, comme le livreur ), mais un look des plus déprimants. Une bouse, ni plus ni moins. (Le cake, pas le livreur).

Là je voudrais vraiment que vous sortiez vos petits mouchoirs pour pleurer sur cette scène si épique, si émouvante, si attendrissante, si bouleversante, si poignante, si héroïque, si pathétique, si édifiante, si homérique de moi en train de ressortir, dans le noir de la nuit, chercher un poireau à la cave (et vous êtes en train de rire, bravo ! Vraiment pas de cœur !!!) au lieu de fourrer mon nez une bonne fois pour toutes dans l’oreiller.

Bref, j’ai recommencé à 22H ce gniwagnagna de gâteau en modifiant un peu les quantités d’ingrédients. Et le temps que ça cuise, j’ai baillé, écris la recette, baillé, rangé la vaisselle, baillé, regardé ma montre, baillé, ouvert mes mails d’un œil hagard et larmoyant, baillé, attrapé une poignée d’amandes au chocolat dans le bocal, baillé, reposé les amandes en me souvenant de mon tour de hanches, baillé, entendu sonner le minuteur, baillé, soulevé le couvercle du cuit-vapeur… et là je suis restée la bouche ouverte !!! Certes, déjà, parce que j’étais en train de bailler, mais surtout parce que “Shrek le Cake II” semblait é-pa-tant ! Dodu, aéré, bien plus séduisant que le premier en tout cas !

J’ai attendu quelques minutes, le cœur battant { là, musique de film d’horreur } pour surveiller (en oubliant de bailler) qu’il ne se dégonfle pas mais, ouf, tout s’est bien passé. Et j’ai pu aller me coucher en baillant de soulagement : Première partie de mission accomplie ! Après une bonne nuit de sommeil, la seconde partie de mission consisterait à shooter “Shrek le Cake II” sous ses meilleurs profils (ce qui n’était pas gagné ;)), mais cette perspective ne m’a pas franchement empêché de dormir…

D’ailleurs, je n’ai pas vu Shrek (le dessin animé), et mes enfants non plus. Désolée, ça manque à ma graaande culturation générale. Mais comme on sait quand même à quoi il ressemble, ma petite Luce m’a supplié de renommer mon gâteau autrement pour ne pas vous effrayer. Pourtant je trouve ça marrant moi, Shrek le Cake, ça sonne bien 😉

Et puis, s’ils ont tous les deux la même couleur, la comparaison ne s’arrête pas là ! Il partagent aussi, à prime abord, un aspect un peu repoussant (si si, disons les choses comme elles sont), qui s’estompe vite au profit d’une certaine affection dès qu’on fait davantage connaissance… Mon gâteau et le monstre vert ont encore en commun ce côté extraterrestre et mutant, car la texture de Shrek le Cake est à mi-chemin entre le gâteau éponge, le cake humide, les quenelles, la terrine de légumes et le clafoutis (oui oui, à mi-chemin de tout ça !)… et là, je ne suis pas sûre DU TOUT d’avoir réussi à vous convaincre d’y goûter alors sachez que je grignote des parts depuis ce matin en me disant à chaque fois « C’est trop rigolo ce truc, humm, c’est bon, ça ressemble à rien, c’est laid mais c’est bon. »

Je préfère juste prévenir les légumophobes les plus récalcitrants : passez votre chemin, car Shrek le Cake est si bourré d’épinards, de poireaux, de persil et d’oignons que vous ne vous en remettriez pas ! Il faut dire que ça nous fait quand même presque 700g de légumes frais planqués dans le gâteau (enfin, « planqué » n’étant pas vraiment le mot, n’est-ce pas, vu que ce gâteau semble hurler à tout le monde « Je suis tout vert donc plein de léguuuuumes !!!). J’aurais pu en mettre moins, c’est vrai, et obtenir une texture plus séduisante. Mais à vaincre sans danger, on vainc sans gloire, et le challenge était bien plus rigolo à relever avec toute cette verdure en premier ingrédient 😉

Ingrédients pour 6 parts

Préparation : 5 à 10min

Cuisson : 50min

  • 50g d’oignons
  • 200g de blancs de poireaux
  • 400g d’épinards frais
  • 1 grosse gousse d’ail
  • Un demi bouquet de persil (70g)
  • 4 œufs
  • 100g de parmesan râpé
  • 175 à 250g* de farine semi-complète de blé ou de grand épeautre
  • 1 sachet de poudre à lever
  • 6 cl d’huile d’olive
  • Noix de muscade fraîchement râpée
  • 1 c. à café de sel, poivre 5 baies (soyez généreux sur le poivre et la muscade)

 

* J’ai fais plusieurs tests de ce cake : avec 175g de farine, ça se dégonfle un peu, mais la texture est très agréablement fondante, beaucoup plus proche de la terrine de légumes. Avec 250g de farine, le gâteau lève mieux, est plus aéré, mais moins fondant. À vous de voir, les deux sont bons.

Mettre à chauffer au moins deux litres d’eau dans l’élément du bas d’un cuit-vapeur.

Rincer les épinards et les égoutter très soigneusement à l’essoreuse à salade.

Dans le bol d’un robot, hacher les poireaux, les épinards, l’oignon, l’ail et le persil avec l’huile, les œufs et le parmesan (procéder en deux fois si le bol est trop petit).

Dans un petit saladier à part mélanger la farine, la levure, le poivre, la muscade et le sel, puis verser dans le bol du robot avec le hachis de légumes et mixer de quelques impulsions, juste pour mélanger.

Transférer la pâte dans un moule à savarin huilé de 22cm de diamètre. Le déposer dans le panier du cuit-vapeur, poser un couvercle et compter 50min de cuisson.

Laisser un peu refroidir avant de démouler.

À servir tout chaud, ou froid avec une vinaigrette maison (ça fonctionne aussi très bien avec une sauce tomate !)