{ Avec de la farine intégrale, ça le fait… }

{ Avec de la farine intégrale, ça le fait aussi…}

Gâteau “Grog” (super moelleux et aérien)

♥  Sans lait ♥  IG bas ♥

 

Gâteau grog

Depuis le temps que je « pâtisse » avec des farines complètes et des produits bruts, je commence à avoir, hum, disons, une toute petite expérience en la matière… Dommage d’ailleurs que l’agrégation en pâtisserie bio n’existe pas, j’aurais tenté une validation des acquis et « Docteur ès Gâteaux bio pas trop estouffe-gari » ça aurait fait classe sur mon CV 😉

Il y a un peu plus de 30 ans, je tentais mon premier gâteau toute seule. C’était un dimanche matin (très tôt), je devais avoir 8 ou 9 ans, et j’ai inventé une recette de cake au chocolat pour épater (sic) mes parents en les réveillant avec un petit dej’ de rêve. Je ne me souviens que d’une chose : Dedans, il y avait 750g de farine complète, 2 c. à soupe de Nesquik (ça c’était pour le chocolat), et j’avais oublié la levure. Vous imaginez un peu le parpaing qui est sorti du four…

Et je suis allée réveiller mes pauvres parents avec ça. Un dimanche matin à 7H. Mais ils sont gentils comme tout :). Il leur a juste fallu beaucoup de café pour faire descendre leur toute petite part. Maman m’a demandé quelle recette j’avais suivie, puis m’a confié d’une voix douce que 750g de farine c’était un peu beaucoup pour un seul gâteau, et que la prochaine fois, je pouvais aussi mettre davantage de chocolat. Mon Papa, plus taquin, a dû prononcer une phrase dans le style qu’il faudrait proposer mon gâteau à la Nasa pour nourrir les cosmonautes, mais comme j’avais 8 ans, j’ai trouvé ça chouette comme compliment. Il m’a fallu beaucoup grandir, et devenir maman à mon tour pour comprendre quelle chance j’avais eu de ne pas me faire enguirlander d’avoir flingué sans permission 750g de farine complète (et sûrement d’autres ingrédients que j’ai oublié entre temps, ce qui n’est pas une grande perte pour l’humanité), mais surtout une grasse mat’ de rêve…

Encouragée par tant d’abnégation, que dis-je d’immolation sur l’autel de la patience (mes parents ont été des martyrs de la pâtisserie, si si), j’ai réalisé beaucoup d’autres « créations » (entre-temps maman s’était hâtée de m’offrir un petit carnet de recettes maison, je me demande bien pourquoi ;)), et maintenant, je peux dire sincèrement que même en travaillant « au pifomètre » je ne rate presque plus jamais de gâteau.

Et pourtant…

La semaine dernière, c’était l’anniversaire de ma grande Roseline, qui n’aime pas trop le chocolat (a-t-on idée aussi !) et je cherchais une idée de gâteau inédit. Il faisait froid, et revenant d’une bonne marche dans la campagne, nous étions fort occupées à humer les vapeurs séduisantes d’un grog brûlant quand l’idée m’est venue : mais oui, un Gâteau-Grog, quelle aubaine pour un anniversaire de novembre ! Seulement, comme nous surveillons un peu notre ligne Roseline et moi (car on a comme l’impression que dans cette famille c’est nous qui stockons mystérieusement tout ce que les autres s’empiffrent sous notre nez), je lui ai promis de le faire très « sage » ce gâteau, avec de la farine T150, un IG au ras des pâquerettes, pas trop de matières grasses et tout et tout.

Seul souci (qui m’arrive assez souvent en ce moment, où nous nourrissons des poules grévistes), je manquais d’œufs. Résultat, le premier gâteau a été cataclysmique. Une sorte de pâtisserie collector pour fêter les 32 ans du parpaing au Nesquik.

C’était étouffant au possible, pas assez sucré, sans goût… et imperméable, que dis-je, littéralement amphibie ! Promis (j’ai des témoins !) une nuit après avoir versé le sirop dans le cercle à pâtisserie, le gâteau ne l’avait toujours pas absorbé !!!

Ce sont donc nos trois toutous qui ont mangé ce « gâteau » là, ça leur a même fait plaisir, ils ont juste vidé leurs gamelles d’eau dans la foulée. Puis j’ai refais un gâteau en mode panique, mais en changeant la recette (après avoir acheté les œufs nécessaires), et là ce fut un ré-gal (mon honneur était sauf, l’anniversaire aussi), mais ma “création” était juste un peu bizarre visuellement car la pâte avait énormément levé avant de s’affaisser pitoyablement dans le four. Du coup je l’ai recommencé deux jours plus tard en peaufinant encore un peu la recette, et là, victoire : Mon Gâteau-Grog était encore meilleur, et de surcroît parfaitement “présentable” (ça se joue à un oeuf et 20g de farine près ! ;)).

Alors je vous donne vite la recette, parce qu’un Gâteau-Grog, ça pourrait peut-être même faire un chouette dessert de Noël, qu’en pensez-vous?… 😉

Le gâteau du 3ème essai, celui qui n’avait pas de cratère au centre (car promis, ce n’est pas pour “camoufler” que j’ai rajouté la chantilly et la déco !)

Ingrédients pour un gâteau de 8 parts

Préparation : 15 min (sans la déco)

Cuisson : 35min

Pour le gâteau :

  • 125g farine T150 de grand épeautre (ou de blé)
  • 125g de poudre d’amande
  • 1 sachet de poudre à lever
  • Le jus d’une orange bio fraîchement pressée, avec sa pulpe (soit 9cl)
  • 6 oeufs
  • 100g de miel d’acacia
  • 5 cl d’huile neutre

Pour le sirop “grog” :

  • 20 cl d’eau
  • ½ c. à café de cannelle en poudre (ou un bâton de cannelle)
  • 1 ou 2 étoiles de badiane
  • 1 gousse de vanille fendue en deux
  • Le jus d’une orange bio
  • Le jus d’un demi-citron bio
  • 100g de miel d’acacia
  • Une pincée de thym séché bien parfumé
  • 10 gouttes d’huile essentielle d’orange
  • 10 gouttes d’huile essentielle de citron
  • 3 c. à soupe de rhum ambré.

Préchauffer le four à 180°C, si possible en chaleur tournante.

Chemiser de papier un moule à manqué, puis y déposer un cercle à pâtisserie d’environ 22cm de diamètre.

Fouetter quelques minutes au robot les oeufs entiers avec les 100g de miel jusqu’à ce que le mélange blanchisse, devienne mousseux et double (ou triple !) de volume. Mélanger dans un bol à part la farine, la poudre d’amande et la levure, puis verser dans les œufs fouettés en « vrac » avec le jus d’orange et l’huile.

Bien mélanger le tout avec une spatule souple, en soulevant la préparation dans un mouvement tournant (les œufs « retomberont » un peu, c’est normal, ce qui compte c’est que la préparation soit bien homogène). Verser aussitôt dans le cercle à pâtisserie, enfourner pour 35mn (en baissant éventuellement la température à 150°C en cours de cuisson si le dessus du gâteau bronze trop vite, mais sans jamais ouvrir la porte du four).

Pendant ce temps, préparer le sirop : Mettre dans une casserole l’eau, la cannelle, la badiane et la gousse de vanille, poser un couvercle et laisser frémir à feu doux quelques minutes. Filtrer, puis ajouter le rhum, les jus d’orange et de citron, le miel, les huiles essentielles et bien mélanger.

Imbiber le gâteau encore chaud, cuillerée après cuillerée, de ce sirop, puis laisser tiédir avant de savourer.

Petites astuces :
Ce gâteau est déjà très bon tel quel, mais si vous voulez épater la galerie, vous pouvez évidemment le décorer un peu. Moi par exemple j’ai rajouté une chantilly végétale de crème de coco fouettée au miel et à la vanille (je sais, oui, la chantilly coco je fais toujours ça, mais c’est parce que c’est bon !), ainsi que des tranches d’agrumes “confites” au four : pour cela, il suffit de découper des rondelles d’orange, de mandarine et de citron vert, de les déposer sur une plaque chemisée de papier cuisson puis de les “peindre” au pinceau avec du sirop d’agave (sur les deux faces). Il ne reste plus qu’à enfourner 1H à 180°C (en baissant un peu la température si ça semble “bronzer” un peu trop vite), et c’est tout ! Sincèrement, c’est beaucoup plus simple à réaliser que les fruits confits au sucre, et pour un résultat épatant ! Gardez bien cette petite astuce sous la main car pour vos desserts de Noël, ça peut aider n’est-ce pas? ;))
⇒ Lorsque vous battez les oeufs avec le miel pour les faire mousser, l’opération sera bien plus facile à réaliser avec un robot pâtissier muni de son fouet à fils plutôt qu’avec un simple fouet électrique mais à mon avis, cette dernière option se tente quand même. Vous me direz?
⇒ N’essayez surtout pas de mélanger le jus d’orange et l’huile à la farine avant d’y incorporer les oeufs car ça ne marche pas. Il faut tout jeter “en vrac” dans un grand saladier (oeufs mousseux + farine à la levure + huile + jus) puis travailler à la spatule pour bien mélanger. Et pas de panique si le mélange “redescend” un peu : c’est même mieux (sinon ça risque de faire un “gâteau cratère”)
⇒Attention : Ce gâteau est fait pour être imbibé de son sirop, voilà pourquoi sa base est volontairement peu sucrée et peu parfumée. Ne me faites pas le coup de le goûter sans 😉
⇒ Je sais, je sais. Vous n’avez pas de rhum (si si, il y en toujours un qui n’a pas de rhum dans les commentaires, je commence à bien vous connaître ;)). Bon, et bien essayez avec un autre alcool (Cointreau ou Grand-Marnier, ça le fait ! Cognac, Armagnac, brandy, kirsh, schnaps et eau de vie aussi par exemple). Vous ne voulez pas du tout mettre d’alcool dans ce gâteau? Et bien tant pis, il y a déjà les jus d’agrumes et les huiles essentielles pour parfumer. Mais ça ne sera plus un gâteau grog 😉

En redescendant à pied de la chèvrerie, vers notre village… C’était la balade d’avant le grog ;)


Il y a même un peu de thym dans le sirop de ce gâteau (et oui comme dans les vrais grogs !) et promis, c’est délicieux… à noter que ce gâteau est celui du deuxième essai, c’est à dire très bon mais avec un cratère au centre (là il est retourné sur le plat, mais on voit qu’il est quand même bien concave ;))

Une part du dernier gâteau, celui qui était bon ET présentable, sans cratère au milieu ;)


Les jolies couleurs d’automne, cette année, fallait pas les louper parce que ça a juste été 8 jours chrono avant que les arbres ne commencent à se déplumer. Mais quand le givre arrive, c’est joli aussi. On se rapproche de Noël, ça se sent :)