{ Sous la neige… }

{ Sous la neige… }

Welsh Cawl (Soupe-repas galloise)

♥ Sans lait ♥ IG Bas ♥

 

Jeudi dernier, il est tombé entre 20 et 30cm de neige lourde et collante sur des arbres qui n’avaient pas encore perdu leurs feuilles… Je vous laisse imaginer le désastre ! Ramures qui ploient sous la neige jusqu’à toucher terre, troncs déracinés, branches charpentières écrasées sur les fils électriques ou téléphoniques… et dans des milliers de maisons, plus de jus, ni de chauffage, ni de téléphone, hop, retour à l’époque de nos arrières-pépés !

Les petites coupures d’électricité ou de téléphone ça nous connaît car ici, c’est presque tous les ans quand il neige. Mais là, ça a tout de même duré 4 jours et à la maison, il s’était invité en prime un bon petit virus du genre enquiquineur de première classe… Or je vous assure que lorsqu’on a une bronchito-asthmatico-trachéito-angino-conjonctivito-otito-sinusite, et bien… plus de chauffage quand il fait 2°C dehors, c’est tout de même un peu frisquet. Nous avons heureusement un petit poêle à bois dans le salon, et il a avalé tant de bûches qu’il a bien failli fondre : résultat, 45°C près du poêle (même que pour lire sur le canapé, il ne fallait pas oublier de tourner la tête de l’autre côté toutes les 10min pour bien faire griller l’autre face, c’est l’effet « coup de poêle », comme un coup de soleil mais en plus hivernal), 25° à l’autre bout du salon, 17° dans la cuisine, 14° dans le couloir, et 10° dans les toilettes. Bizarrement, il n’y a pas eu besoin de déloger ceux qui lisent habituellement sur le trône… Tout le monde ressortait très vite en claquant des dents.

Idem en montant vers l’étage : plus on s’éloignait du salon, plus on se rapprochait du pôle nord, la chambre de Roseline (tout au bout de la maison) ayant été littéralement transformée en réfrigérateur géant. Les autres enfants en revanche étaient tout contents : pas d’école, le feu de bois, les dessins à la bougie, tout ça tout ça, c’est é-pa-tant. Et c’est vrai que ça fait parfois du bien d’être un peu coupé de tout, sans téléphone, sans internet… on a fait de bonnes parties de belote, on a lu des bons livres, c’était chouette !

Par contre, quand il fait nuit à 17H dans la maison, et qu’on ne croise plus dans les couloirs que des cyclopes luminescents (chaque membre de la famille se baladant avec une lampe frontale), ce n’est pas très jojo. Il fallait donc choisir, juste après le goûter, entre :

– Aller se coucher à 17H (avec le risque de se réveiller vers 1H du mat en pétant la forme… dans le noir, évidemment)

– Sortir jouer dans la neige, sous la clarté poétique de la lune (ça aurait été trop bien, mais vu le contexte, c’était pneumonie assurée).

– Se prélasser dans le canapé devant le feu de bois (sauf que l’unique place où l’on ne rôtissait pas était déjà très convoitée)

– Se planquer dans la chambre sous 6 couvertures avec des BD (mais pour tenir le bouquin il faut bien sortir les bras de dessous la montagne de couettes, et ça fait froid, brrrr).

– Cuisiner à la lampe de poche (histoire d’avoir l’impression de servir à quelque chose, tout en se réchauffant à la chaleur de la cocotte en fonte qui mijote sur le feu.)

J’ai évidemment opté pour la dernière option, irrécupérable morfal que je suis, car nous avions du gaz, youpi !!!! (mais pas de four, évidement). Et comme je rêvais d’un gigantesque plat fumant, que l’idée d’un welsh cawl me faisait de l’œil depuis longtemps, et que j’avais tout ce qu’il fallait sous la main, et bien je me suis mise à l’ouvrage, on s’est régalés… et bien réchauffés !

Juste une petite anecdote rigolote : quand le téléphone est revenu, dimanche soir, sur le coup on était tout contents mais il y avait plusieurs personnes au bout du fil, dont une mémé qui racontait sa vie à je ne sais qui alors que j’essayais de parler à mon fiston ! L’employé télécom avait dû réparer ça sans enlever ses moufles ;)) Le pauvre… Merci quand même 🙂

Ingrédients pour 8 personnes

Préparation : 15min

Cuisson : environ 1H15

Trempage : 8H

  • 500g d’orge mondé (ou de gruau d’avoine)
  • Une petite épaule d’agneau, ou du collier d’agneau (environ 1 à 1,2kg)
  • Un jarret de porc fermier demi-sel (environ 1 à 1,2kg)
  • 2 gros oignons
  • Un chou vert (environ 800g à 1kg)
  • 4 c. à soupe d’huile
  • 4 poireaux
  • 4 carottes
  • Un céleri rave
  • 3 feuilles de laurier
  • 3 clous de girofle
  • Persil (pour le service)
  • 1 c. à soupe rase de sel.

 

Environ 8 à 12H avant, mettre l’orge ou l’avoine à tremper dans l’eau froide. Le lendemain, bien rincer la céréale dans une passoire, puis la mettre à cuire dans un grand faitout d’eau froide (non salée). Dès que l’eau arrive à ébullition, compter environ 45min de cuisson (il faut que le grain soit bien tendre).

Parallèlement, couper les oignons en gros morceaux et les faire revenir à l’huile avec l’épaule d’agneau dans une très grande cocotte ou marmite (33cm de diamètre), jusqu’à obtention d’une légère coloration.

Découper les carottes et les poireaux en tronçons d’environ 3cm, le chou vert en petits carrés de 4cm, et le céleri en cubes de 5cm. Les ajouter dans la cocotte avec le jarret bien rincé, le laurier, les clous de girofle et le sel, puis couvrir d’eau jusqu’à 3cm du bord de la cocotte. Laisser mijoter 1H15 environ à petit feu.

Égoutter l’orge ou l’avoine dès qu’elle est cuite (la rincer éventuellement, voir plus bas), puis la rajouter dans la cocotte et bien mélanger.

Découper la viande, et servir en parsemant les assiettes de persil haché.

 

Nota :

– Si vous ne mettez pas de jarret de porc demi-sel, pensez à ajouter une cuillerée à soupe supplémentaire de sel dans le bouillon (d’autant plus que la céréale n’est pas salée pendant sa cuisson, mais juste par contact avec le bouillon).

– L’orge et l’avoine ont une saveur et une texture différente. L’orge est plus mucilagineuse, l’avoine plus crémeuse. On pourrait les faire tremper et les ajouter directement dans la soupe en début de cuisson mais dans ce cas, il faudrait surveiller de très près car en épaississant le bouillon, cela augmente beaucoup les risques que le fond « attache » !

– Si vous vous contentez d’égoutter la céréale une fois cuite, sans la rincer, elle épaissira davantage le bouillon, donnant une texture plus crémeuse. Si vous la rincez, le bouillon restera plus limpide. C’est vraiment au choix, les deux variantes sont excellentes.

– Si vous préférez goûter à la variante sans céréale, mais aux pommes de terre (moins ancestrale, mais « traditionnelle » tout de même depuis au moins deux ou trois siècles) rajoutez-les tout simplement dans le bouillon, coupées en gros cubes, environ 20min avant la fin de la cuisson.

– Cette soupe-repas galloise populaire et ancestrale, constitué de légumes, de viande d’agneau, d’éventuellement un peu de porc, d’orge ou d’avoine (même si le cawl « moderne » peut aussi se préparer avec de la pomme de terre) est aussi revigorante que conviviale ! J’espère juste que vous disposez d’un « chaudron » de taille suffisamment conséquente… à défaut, vous pourrez encore diviser les proportions par deux.

Mon village, vu de ma chambre, vendredi matin au lever du jour. La lumière était très spéciale, c’était joli… mais je ne pouvais pas sortir, snif  (c’est le cas de le dire !)

Une autre vue prise d’une fenêtre de la maison, vendredi matin (c’est mon cher-et-tendre qui a pris cette photo, je le précise sinon il va bouder ;))

Là par contre c’était aujourd’hui lors ma première marche après 3 semaines de bronchito-asthmatico-angino etc. : la neige a fondu, mais ça continue de cailler… mais j’étais trop contente quand même !

Vercors et Chartreuse en fond de paysage… je ne m’en lasse pas.

Une jolie Aubrac dans un champ plein de neige… avec de la “brume” qui sort des naseaux ( mais c’était pareil pour moi, derrière l’appareil photo ;))

Des petits moutons bien mignons, mais qui se demandent quand même où est passé l’herbe, zut alors, ça c’est bêêêête !

La cabane de chasse, où j’aime bien “squatter” , en fin d’après-midi, pour boire mon thermos de thé quand il n’y a pas de chasseurs… Qui va à la chasse perd sa place, hé hé !

Et ce grand champ magnifique c’est la vue que l’on a sous les yeux lorsque l’on est assis sur le banc de la cabane, en buvant le thermos de thé. Quand je vous dis que je l’aime, ce pays… Je ne vous posterai pas de photos de mes balades à chaque fois, promis, mais c’était la première neige, alors quand même, hein ;)

Tout prêt de la cabane, il y a enfin ce petit étang, but de ma randonnée, où le ciel se reflétait si joliment ce soir…

En bonus : Autre recette concoctée pendant la coupure d’électricité; ce moelleux à l’orange… cuit à la vapeur (évidement, vu que je n’avais plus d’électricité, donc plus de four !). J’ai mis la recette sur mon compte instagram “mariechioca”. Bonne fin de semaine ! Et réchauffez-vous bien…