{ Ode à l’automne… }

{ Ode à l’automne… }

 

Moelleux à la pomme, ghee et miel

Crème végétale fouettée à la noix de Grenoble et fleur de sel

 ♥ IG Bas ♥ 

 

 

Lundi, c’était mon anniversaire… ça y est, j’ai 40 ans !

Et pour fêter ça, il m’est venue une impérieuse envie de créer un joli gâteau pour le blog, oui, quelque chose de vraiment sympa car là, après avoir réalisé plusieurs ouvrages de cuisine salée (et avant d’en attaquer d’autres…), je veux faire des gâteaux moi ! (dit-elle en tapant du pied…)

Ou alors c’est l’âge, peut-être 😉

J’étais donc en train de balancer entre une « Charlotte des Highland » (à la mousse au chocolat et crème de whisky) ou un « Layer-cake de la forêt » (à la crème de marron et noisettes toastées, bref, rien de très sage dans tous les cas), et tout en réfléchissant, je boulottais des kakis (ça aide). Et c’est comme ça, en découpant une tranche de kaki du bout de mon opinel, que j’ai découvert à quel point c’est joli, dedans, cette sorte de petite étoile naturelle… comme les pommes, du reste (vous avez remarqué, quand on les coupe en deux horizontalement, l’emplacement des pépins forme comme une jolie petite fleur d’edelweiss). J’ai donc découpé des tranches assez fines (environ 3mm), puis taillé dedans des fleurs à l’emporte-pièce, c’était ravissant et j’ai fait des petits bonds dans la cuisine ! Voilà donc déjà comment a germé l’idée des « fleurs » de kaki et de pomme, astuce que je reprendrai bien volontiers pour décorer dorénavant mes gâteaux d’automne tant c’est facile et joli !  Quand je pense à tous les tutos compliqués pour créer des fleurs en sucre ou à la poche à douille, là c’est juste à la portée d’un petit enfant 🙂

Bon, la déco c’était déjà bien mais après, il fallait décider que mettre dans ce gâteau, et si possible qui changerait un peu (parce qu’en général, à la maison c’est toujours cette génoise-là qui revient). J’avais une idée bien précise en tête, mais plus d’œufs. J’ai donc envoyé ma petite Lulu les chercher au poulailler, mais là, ça ne s’est pas passé comme prévu. Vous vous souvenez de Bouclette, ma brebis si sage ? Et bien elle cohabite avec les poules en ce moment. Et Bouclette avait piétiné les œufs… au point qu’il n’est restait plus qu’un. Imaginez un peu comme j’étais furax mon désarroi ! Quel somptueux gâteau de fête peut-on espérer réaliser avec un seul œuf riquiqui… Mais là j’ai pensé à ma si gentille copinaute Flo Makanai, et sa fabuleuse astuce consistant à remplacer les oeufs par de la compote. Bingo, j’avais de la compote. Il a donc fallu cogiter sur un plan B, et ça c’est terminé en pâte à gâteau avec de la compote (pour ceux qui ont suivi), du ghee, une reinette (pas la grenouille, la pomme, on se calme), du miel, une lichette de rhum et de vanille. En enfournant, je n’étais pas très rassurée. Pendant la cuisson, j’ai commencé à espérer (mazette que ça sentait bon)… Et à la sortie du four, en voyant comme c’était moelleux j’ai su que c’était gagné ! D’ailleurs, vous pouvez vous arrêter à cette étape de la recette (10min seulement de préparation) si vous cherchez juste un super bon moelleux aux pommes !

Mais moi, je voulais « que ca en jette », alors en attendant le complet refroidissement (car on ne découpe jamais un gâteau encore chaud !) je suis partie dans la campagne chercher des petites idées de déco « nature » pour tenir compagnie à mes fleurettes de pommes et de kakis. Je suis revenue avec quelques ravissantes minuscules châtaignes (celles qui sont trop petites pour que les gens les ramassent), des cèpes (rien à voir avec le gâteau mais ça n’aurait pas été décent de les laisser là ;))… et trois mini-pommes jaunâtres toutes tachetées. J’étais un peu frustrée pour le coup des pommes, car généralement, en automne je trouve au cœur de ma forêt un arbre qui produit de ravissantes pommes de poupées, toutes rouges, toutes minuscules, toutes ravissantes, mais là cette année, rien : il boude le pommier. Alors je me suis rappelée qu’il y en a un autre, sur la place du village, qui produit lui aussi des pommes miniatures encore plus petites, mais bon, c’est juste en face de la  mairie alors comment oserais-je…

J’ai osé (pardon Mr le maire, promis, je recommencerai plus !).

Il paraît que ce sont des pommes d’ornement (malus perpetu Evereste), que sans être toxique ça ne se mange pas, bref, j’en ai chipé quelques unes et après ce grave acte de « détérioration » de bien publics, j’avoue que j’étais plutôt ravie : ces pommes ressemblent à de ravissantes cerises ! Enfin, juste d’aspect hein, parce que pour le reste elles sont dures comme le bois, âpres comment une tige d’artichaut cru, acides comme de l’oseille et juteuses comme des billes de cade antimites. Evidemment j’y ai goûté, et rien que d’y repenser, j’en ai encore la chair de poule (vous avez remarqué comme le corps humain est bizarre tout de même, quand je mord dans certaines pommes, mes poils se dressent sur les avant-bras, je voudrais bien qu’on m’explique…). Bref, si vous en trouvez, précisez bien à vos invités que c’est joli, très joli même, pas toxique du tout, mais que ça ne se mange pas. Oh que non. C’est comme les bougies sur le gâteau (en pire ! ;))

Pour ce qui est des feuilles en chocolat, j’ai voulu les réaliser en me servant de feuilles de pommier et de plaqueminiers en guise d’« empreintes ». Monumentale erreur, car ces feuilles, toutes douces, sont pourvues de minuscules « poils » et au moment de démouler, impossible de séparer les feuilles de leur coque de chocolat sans en briser deux sur trois, bref, je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi de revivre ça… Mes nerfs, déjà un tantinet ébranlés par le coup de ma pauvre Bouclette qui avait piétiné les œufs, puis électrifiés par la « dégustation » d’une pomme Evereste, ont failli lâcher. Mais quelques feuilles ont pu être démoulées sans finir en miettes, et le moral est remonté en flèche.

Entre temps, j’avais aussi trouvé avec quoi fourrer mon gâteau (au départ j’étais partie sur une ganache chocolat noir, mais je me suis dit qu’avec la pomme acidulée ça le ferait pas), à savoir une crème fouettée coco et noix de Grenoble, avec une pincée de vanille et de fleur de sel dedans. Là c’était déjà le soir, mon mari agonisait à moitié sur le canapé en attendant d’aller se coucher, je lui ai fais goûter un bout de spatule de crème aux noix, ça l’a réveillé direct, il a voulu savoir s’il fallait aussi lécher le saladier tout de suite.

En le photographiant le lendemain matin (le gâteau, pas le mari), c’était la tempête dehors, et la lumière était toute pourrie. Mais tant pis, car après tout, c’est l’automne, et on va dire que tant mieux si ça se voit un peu sur les photos ;).

 

Alors voilà, ainsi vous avez la genèse de ce gâteau. Si j’avais été un super pâtissier interviewé pour une émission de télé, le texte aurait probablement été beaucoup plus poétique et inspiré, genre «  Ode à L’Automne ? Oh, pour rendre hommage en toute simplicité à cette saison à la fois si languide et vivifiante, je suis parti sur un biscuit moelleux rhum-vanille aux notes délicatement beurrées et miellées, mais en twistant l’appareil de pétillants inserts de pomme acidulée pour réveiller les papilles, puis j’ai fourré et nappé ma création d’un velours coco-noix suavement aérien, avant d’orner le tout d’un diadème aux fleurs de fruits d’automne sculptés et feuilles craquantes en chocolat Val**ona  ».

Mais chez moi, c’est beaucoup plus terre à terre : « Ode à L’automne? Ben… Je suis partie sur une charlotte qui a été d’emblée sabotée par une brebis qui avait piétiné des œufs, alors je me suis rabattue sur un gâteau à la compote, j’ai dérobé quelques pommes au goût oseille-artichaut sur un arbre de mon village, j’ai insulté quelques pauvres feuilles de pommier et de plaqueminiers poilues qui s’attachaient trop à leur coque de chocolat, et voilà, paf, avec un peu (beaucoup) d’entêtement parce que j’avais vraiment envie de “pâtisser”, ça nous donne quand même un super, méga, giga bon gâteau top moumoute de chez top moumoute et qui en jette un max ! ».

Ingrédients pour un gâteau de 6/8 parts

Préparation : 30 min

(mais 10 min seulement si on fait le gâteau aux pommes tout simple, sans décor)

Cuisson : 40min

A préparer idéalement la veille

Pour le moelleux à la pomme :

  • 200g de farine de grand épeautre T110
  • 1 sachet de poudre à lever
  • 3 sachets de sucre vanillé
  • 200g de compote de pomme sans sucre ajouté
  • 2 c. à soupe de rhum ambré
  • 110g de ghee (ou de beurre si vous n’en avez pas)
  • 1 œuf
  • 1 grosse pomme de reinette grise (environ 150g), ou autre pomme un peu acidulée
  • 115g de miel d’acacia
  • 1 bonne pincée de fleur de sel

Pour la crème fouettée aux noix (facultative) :

  • 40cl de crème de coco liquide bien froide (marque kara, briquette verte, pour moi)
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 40g de sucre de coco
  • 1 pincée de fleur de sel
  • 60g de cerneaux de noix de Grenoble fraichement décortiquées

Pour la déco (facultatif) :

  • 125g de cerneaux de noix en plus (pour le tour du gâteau), quelques fruits de saison (pomme et kakis persimon pour moi), châtaignes, graines de courges, pommes d’ornement, quelques feuilles d’arbre non toxiques et non velues (de rosier, lierre…), environ 100g de chocolat noir pâtissier.

 

1/ Feuilles en chocolat (facultatif)

Couper le chocolat noir en petits morceaux puis le faire fondre trèèès doucement, sans surchauffe, au bain-marie. Avec un pinceau « peindre » de chocolat chaud (en couche épaisse) le dessous de plusieurs feuilles (bien veiller à ne pas trop en mettre sur l’autre face, sinon ça complique le démoulage). En prévoir un peu plus car attention, il y aura un peu de « casse » au démoulage ! Laisser entièrement durcir.

 

2/Moelleux à la pomme :

Préchauffer le four à 180°, chaleur tournante.

Faire fondre le ghee, réserver. Eplucher la pomme, la découper en cubes d’environ 1 à 1,5cm, réserver.

Mélanger la farine et la levure, faire un puits, y verser le ghee, la pomme et tous les autres ingrédients du moelleux, bien mélanger. Verser aussitôt la pâte dans un cercle à pâtisserie de 18cm, enfourner pour 40min environ (bien surveiller). A cette étape, on a déjà un super bon gâteau aux pommes, hyper moelleux, hyper goûteux. On peut donc s’arrêter là… ou sortir le grand jeu !

 

3/ Crème fouettée aux noix (facultatif) :

Fouetter au batteur la crème de coco très froide avec le sucre de coco, le sucre vanillé et une bonne pincée de fleur de sel. Quand la chantilly est bien épaisse, ajouter 60g de noix préalablement concassées (par exemple en les mettant dans un sac et en les tapant avec un rouleau à pâtisserie).

 

4/ Montage du gâteau :

Quand il est bien refroidi, ouvrir le gâteau en deux pour le fourrer avec la moitié de la crème aux noix, puis répartir le reste de crème sur le dessus et bien lisser. Avec une spatule, lisser aussi sur les bords du gâteau la crème qui aura probablement un peu « bavé ». Concasser le reste de noix, puis les appliquer tout autour du gâteau en appuyant bien. Mettre au frais pour quelques heures (ça durcit la crème et facilite la découpe).

 

5/ Décor (facultatif) :

Découper des tranches de fruits (j’ai utilisé des pommes et des kakis) puis y redécouper des fleurs à l’aide d’emporte-pièces au choix.

Décoller délicatement les feuilles en chocolat.

Disposer joliment, en couronne autour du gâteau, les « fleurs » de pomme et de kaki, les feuilles en chocolat, les graines de courges (qui font comme des mini-feuilles), les petites châtaignes, etc., et ajouter éventuellement un fin nuage de cacao pour poudrer très légèrement certains endroits du gâteau. C’est prêt !

 

Quelques précisions…

– La crème de coco est de marque kara (briquette verte) ceci n’est pas un article sponsorisé mais je préfère le préciser pour vous éviter toute déconvenue (car certaines crèmes de coco ne « montent » pas en chantilly). J’ai reçu dernièrement une autre marque à la maison (Compagnie Autour du Riz), je vais la tester et vous dire ça très vite.

– J’ai déposé mon cercle à pâtisserie dans un plat en terre, et comme j’ai déjà pu constater que cela ralentit parfois un peu la cuisson, faites bien attention si vous utilisez une plaque en métal : votre gâteau risque de cuire un peu plus vite (du coup surveillez un peu, et vérifiez que le gâteau soit cuit en le piquant à cœur avant de le sortir du four).

kakis

Pour réaliser les fleurs de ce gâteau, utilisez bien des kakis de variété “persimon”, ceux qui ont une texture assez ferme. Car dans les kakis (délicieux mais tout mous !) qui poussent sur la plupart des plaqueminiers de nos campagnes, vous ne pourrez rien y découper du tout ;)

Découpe fleurs kaki

J’ai acheté mes emporte-pièces au milieu de tout un lot il y a bien longtemps, du coup je ne saurais plus vous dire où, mais je pense que ce n’est pas bien grave si vous n’avez pas exactement les mêmes, n’importe quel découpoir en forme de fleur peut convenir.

gâteau automne IG bas

Ça c’est la photo postée en avant-première hier soir sur Instagram (cliquez sur la photo si vous voulez le consulter)… Et à ce sujet, je voulais vous dire que je suis un peu triste de ne pas pouvoir répondre sur Instragram, car vous me mettez plein de petits mots super gentils, j’ai toujours une grande joie à les lire, mais hélas, je sais que je n’arriverai pas à assurer la réponse aux commentaires à la fois sur le blog et sur Instagram : je suis bien trop dépassée pour ça… et comme j’ai promis de toujours garder la priorité à ce blog, j’espère que vous ne m’en voudrez pas trop 🙂  Merci encore, en tout cas, car pour l’instant, grâce à votre soutien si amical j’avoue me sentir un peu moins timide et impressionnée sur mon nouveau compte Instagram :)

part gâteau d'automne à IG bas

Je ne vous mentirai pas : ce gâteau est une tuerie, et quand j’en ai enfin goûté une cuillerée sur le coup des 11H30, j’ai su que mon repas de midi risquait d’être du grand n’importe quoi… et ça a été du grand n’importe quoi, genre quatre parts de gâteau en entrée puis une boîte de thon et une salade (pouah !) pour tenter « d’équilibrer » le menu ;)

Chemin du soir

L’automne met un peu de temps à s’installer cette année, mais si les feuillages ne sont pas encore bien colorés, en revanche les somptueux ciels du soir sont bien au rendez-vous… Ici, un petit chemin que je prends presque tous les jours. Vous savez, quand on a goûté à une telle beauté, une telle quiétude, on n’a pas vraiment besoin d’autre chose pour se ressourcer d’une longue journée de travail. La nature est un “luxe” gratuit, et précieux au possible…