{ Les carottes sont cuites ! Tant mieux… }

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Carrot Cake “raisonnable” avec un tout p’tit peu de beurre quand même

♥ IG Bas ♥

 

carrot cake 1Parmi les recettes que vous me demandez parfois sur ce blog, l’idée d’un carrot cake à IG bas revient assez souvent. Certes, j’en ai déjà posté une version il y a quelques temps, plutôt du genre rigolote mais pas très académique ! Du coup, le challenge du carrot cake à IG bas, c’était ni fait ni à faire… et l’idée restait dans un petit tiroir de ma tête. Il fallait juste LA bonne occasion de rouvrir ce petit tiroir, ce qui n’était pas gagné vu le nombre de tiroirs pas très bien rangés qui encombrent mon pauvre cerveau…

Mais en ce moment, une de mes filles passe un CAP de pâtisserie, et devinez un peu ce qu’il y avait au programme dernièrement ? Bravooo, un carrot cake ! (comment avez-vous deviné ?). Et là, j’avoue que nous avons tous été un peu dépités : Car le principe du carrot cake consiste à ce que la carotte remplace une bonne partie du beurre et du sucre, d’où sa réputation (parfois un peu surfaite) de gâteau « santé ». Or, dans la recette du cours, il y avait une quantité indécente, oui littéralement in-cé-dente de beurre et de sucre, au point qu’on se demandait un peu ce que les pauvres carottes étaient venues faire dans cette galère !

Sans beaucoup de surprise, ce pauvre butter-sugar-(carrot)-cake du CAP n’a donc pas fait l’unanimité… Oh, ça, on avait bien le goût du beurre et du sucre plein la bouche, mais pas de cette façon si machiavéliquement délicieuse dont -par exemple- un kouign amann saurait nous ensorceler les papilles : Là c’était plutôt une sorte de gros platras marronâtre, tout suintant, outrageusement sucré et parfumé aux restes de carottes râpées, bref, rien de bien idyllique. Et nous sommes restés sur l’idée qu’il fallait tenter quelque chose pour laver l’honneur déchu de ce malheureux gâteau, après qu’il ait été à ce point humilié, moqué, raillé, ironisé chez les Chioca… avant de terminer chez les poules (assez euphoriques, elles, pour le coup il faut l’avouer mais bon en même temps quand on se régale d’un vers de terre et d’un trognon de navet exhumé du tas de compost, c’est qu’on n’est pas vraiment très trèèès difficile).

Et puis hier soir, je suis tombée dans la cave sur un sachet de bien jolies carottes -tombée au sens figuré, car je ne passe pas non plus ma vie à me prendre des gamelles, je vous rassure-, et cela m’a donné envie de tenter le coup d’un carrot cake « raisonnable » : Beaucoup de carottes, très peu de beurre, du sucre de coco, de la farine d’épeautre intégrale, etc. J’ai un peu inventé ça au pif… exactement comme le mec qui a dû mettre au point la recette du carrot cake du CAP de ma fille (oups, ça c’était mesquin) sauf que là j’ai juste eu plus de bol que lui…

carrot cake 2Car déjà, pour avoir préparé ce pauvre gâteau pendant le petit-déjeuner des enfants (genre peser la farine de la main droite en coupant une tartine de la main gauche, râper le beurre en étalant les carottes sur ladite tartine à moins que ce ne soit le contraire, décortiquer les noix en versant de l’eau chaude dans un bol de chicorée, chercher un sachet de sucre vanillé en épongeant le *&#!8! de bol de chicorée renversé sur la table, casser les œufs en disant « arrêtez de faire les guignols et dépêchez-vous », mesurer une cuillerée de rhum en écoutant une petite voix expliquer pourquoi l’écharpe d’hier a aussi été perdue à l’école comme les quatre écharpes précédentes, préchauffer le four en constatant à haute voix qu’à moins de se grouiller un bon coup on va probablement être en retard, beurrer le moule en hurlant « faites cracher cette noix au petit chien !!! », etc.) je peux vous dire une chose : il est rudement facile à réussir. Même sous un bombardement vous devriez y arriver.

Ensuite, pour avoir senti le parfum qui se dégage du four pendant la cuisson je dois vous mettre en garde : ça ferait presque perdre la boule ! (Symptôme : reprendre un petit déjeuner à 8H30, en espérant contre toute logique et toute honnêteté intellectuelle que les deux énormes tartines de guacamole avalées à 7H30 soient déjà digérées).

Enfin, pour l’avoir découpé en me léchant les doigts et goûté quatre fois histoire d’en être bien sûre je peux vous l’assurer : Pour un gâteau à la farine intégrale, et contenant si peu de beurre, il rivalise haut la main  avec tout ce qui se fait de plus moelleux en pâtisserie ! Au départ, j’avais prévu d’imbiber mon gâteau d’un sirop de mandarine « maison » (sirop d’agave + jus de mandarine + zeste de mandarine) mais sincèrement, c’est complètement superflu tant les tranches sont déjà fondantes ! D’ailleurs juste un conseil à propos du moelleux de ce gâteau : évitez de le découper ou de le manipuler de bon matin, vous pourriez vous rendormir dessus.

Côté saveur, on pourrait comme il est d’usage dans les pays anglo-saxons ajouter des épices dans la pâte (cannelle, épices à spéculoos, épices chaï, etc.) mais là encore, c’est un peu dommage tant le parfum de ce carrot cake est déjà équilibré et gourmand, avec ses notes de noix, de beurre, de vanille, de sucre brun et de rhum. En revanche, il faut vraiment le vouloir pour déceler le goût de carotte ! (ben… tant mieux non?). Perso, je l’ai trouvé sucré juste comme il faut, mais deux de mes loustics l’auraient aimé un peu plus doux. Je vous laisse voir donc, en fonction de vos goûts, si vous mettez 130g de sucre comme moi, ou 150, 170… je ne pense pas que cela risque de trop modifier la texture du gâteau.

Je me suis inspirée d’aussi près que possible des véritables recettes anglo-saxonnes (lesquelles sont presque toujours des carrot cakes à la noix… sans aucune ironie, juste dans le sens littéral du terme ;)) mais pour n’en avoir jamais goûté de “vrai”, je peux difficilement vous dire s’il se défend bien aux jeux olympiques des carrot cake. En revanche, c’est probablement un des meilleurs gâteaux aux noix de ma vie, ce qui n’est pas peut dire quand on habite près de Grenoble…

carrot cake 3

 

 

Ingrédients pour un gâteau de 8/12 parts

Préparation : 15min

Cuisson : 40min

  • 300g de carottes
  • 150g de cerneaux de noix (fraîchement décortiqués, car ceux vendus en sachets sont souvent rances)
  • 90g de beurre
  • 180g de farine complète ou semi-complète de blé ou d’épeautre
  • 1 sachet de poudre à lever
  • 3 oeufs
  • 130g de sucre de coco
  • 1 c. à soupe d’extrait de vanille liquide
  • 1 c. à soupe de rhum.

carrot cake 4Préchauffer le four à 180°C.

Décortiquer les noix.

Râper les carottes (inutile de les éplucher si elles sont bio) et les noix (râper les cerneaux de noix plutôt que de les mixer, c’est une astuce pour les concasser grossièrement, sans les transformer en bouillie).

Faire fondre le beurre.

Mélanger la farine et la poudre à lever, puis ajouter tous les autres ingrédients et bien « touiller » jusqu’à obtention d’une pâte homogène. Beurrer un moule à savarin d’environ 24cm de diamètre, puis y verser la pâte et bien égaliser.

Enfourner pour 40min.

Laisser un peu refroidir dans le moule, puis faire le tour du gâteau avec une spatule pour bien détacher les bords avant de démouler.

Savourer tel quel ou avec une crème fouettée (de coco, de vache… au choix !)… et en boulottant les mandarines qui n’auront pas servi au sirop 😉

 

carrot cake 5

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