{ Un petit matin d’hiver…}

{ Un petit matin d’hiver…}

Crunchy du petit dej’ (super croustillant, super sage…)

♥ Végétalien ♥ IG Bas ♥ 

 

C’est vrai qu’en général, le matin j’aime bien manger salé : il a été prouvé que cela « cale » beaucoup mieux les morfals de mon genre, et régule d’emblée les fringales de sucré pour toute la journée. Mais quelqu’un m’a demandé, il y a quelques mois, une recette pour le petit déjeuner de « céréales qui croustillent, parce que le porridge, c’est dégueulasse ». Cette requête pleine de poésie était restée dans un coin de ma tête, car c’est quand même une bonne idée, ne serait-ce que pour régaler un peu plus sainement les « irréductibles » qui persistent à remplir leurs estomacs au petit déjeuner de tous ces trucs un peu chelous qui flottent et surfent sur leur bol de lait, et qu’il faut avaler très trèèès vite avant qu’ils ne deviennent tout limaceux… Sur les boîtes de ces « céréales », je ne sais pas si vous avez remarqué mais il y a souvent un tigre, un coq ou un lion par exemple : c’est pour bien nous prévenir du bruit que fera notre estomac sur le coup des 9H30, en pleine réunion devant le patron, après un tel petit déjeuner! Car il faut savoir que les corn-flakes, le riz soufflé et autres céréales industrielles (même bio hélas, même estampillées « complet » ou « sans sucre ajouté ») ne sont pas idéales du tout car du fait qu’elles sont extrudées, leur indice glycémique est très élevé : elles font donc beaucoup grossir tout en calant que dalle, et c’est la porte ouverte à toutes les fringales les plus folles en cours de matinée, genre quand vous en arrivez à vous demander si la plante verte du couloir est comestible ou pas.

Pour remplacer dans vos vies ces « céréales » remplies d’air et de sucres ultra-violents (mais non j’exagère pas ;)), j’ai déjà publié dans deux ou trois ouvrages quelques alternatives de type granola (vous avez même une vidéo ici), mais voici une recette encore plus rapide : En 8 min à la poêle, sans même allumer le four, vous aurez plusieurs bons petits déjeuners d’assurés ! Le tout confectionné avec de véritables flocons d’orge (ou d’avoine) complets et du sucre à IG bas : c’est donc beaucoup plus sain, et tellement délicieux sur une compote, un yaourt, ou dans un bol de lait végétal par exemple. Vous pouvez aussi vous asseoir sur un canapé avec le pot sur les genoux et y piocher tel quel, mais ça je ne vous le conseille pas, c’est beaucoup trop dangereux car vraiment très bon (et même « mortel » pour employer l’adjectif exact d’une de mes grandes, mais bon, il paraît que c’est un compliment et qu’il faut bien le prendre… Attention, les ados, si un jour vous tombez sur un petit livret de mycologie, ne vous précipitez pas pour bouloter les amanites panthère genre “Hé, les gars, ceux-là vous pouvez les ramasser, c’est écrit qu’ils sont trop mortels ces champignons !”). En cuisant ça sent un peu comme ces pralines toutes chaudes qui sont vendues sur les foires (ma recette d’aujourd’hui, pas les amanites panthère !), et puis une fois refroidi, ça croustille sous la dent, mais à un point, que s’en est incontrôlable ! Tenez, ce matin, où j’ai photographié ce « crunchy » et bien il n’y avait rien à faire, ma main ne m’obéissait plus, au lieu d’appuyer sur le déclencheur de l’appareil, paf, elle plongeait sans cesse vers le pot. C’était, je pense, pour bien vérifier que les petits flocons restaient tout aussi croustillants même après 3 min à l’air libre, 5 min, 7 min, 9 min, 11min, 13min, 15min, etc…

Ça reste bien croustillant : je suis heureuse d’avoir eu tant de rigueur scientifique pour une fois.

Je termine avec quelques petits conseils « utiles ou futiles » comme le dit si bien Mercotte :

– Cette recette est bien plus savoureuse réalisée avec de l’huile de coco, mais peut quand même se faire avec de l’huile de tournesol désodorisée (plus économique) : dans ce cas, surveiller la cuisson de plus près, car il ne faut jamais faire fumer l’huile, ni laisser brunir le mélange, ni qu’il se crée de dépôt brun et collant au fond de la poêle (ni de fumée noire dans toute la cuisine, bref, vous aurez compris), or, l’huile de tournesol a toujours tendance à surchauffer un peu plus vite que l’huile de coco. Et oui, j’ai essayé avec de l’huile d’olive, et non, pour une fois ce n’est pas bon du tout !

– Concasser « grossièrement » des amandes et des noisettes ne signifie pas qu’il faille leur taper dessus en disant des gros mots, mais que vous devez juste les casser en gros morceaux… Pour cela, tapez-les sur le plan de travail avec un rouleau à pâtisserie (douuucement, sinon vous allez en ramasser dans toute la cuisine), ou dans un saladier avec le culot d’une bouteille en verre, ou concassez-les à vitesse lente dans le bol d’un robot pâtissier muni de son batteur plat, juste pour les éclater un peu sans non plus les réduire en miettes (de trop petit bouts brûleraient à la cuisson).

– J’en connais (du genre très “sages”) qui vont tout de suite me demander s’ils peuvent mettre moins de sucre : et bien non, je ne vous le conseille pas, car c’est en caramélisant au contact des flocons qu’il va les rendre tout croustillants (en plus, il n’y en a déjà pas beaucoup !).

– J’en connais d’autres qui vont se dire, « Bah, pourquoi mettre du sucre vanillé et du sel ! ». Réponse : pour que ça soit super bon, les gars… Sans ça, rien à faire, ça n’a pas le même charme (c’est moins « mortel », quoi).

– Et puis j’en connais encore d’autres (des aventuriers…) qui voudront peut-être savoir si ça marche avec des flocons de riz, d’épeautre, de seigle, de blé ancien, de sorgo, de millet, de quinoa, d’amarante, de haricot, de soja, de neige ou que sais-je encore (on dirait que les étals de magasins bio tentent le Guiness des records en matière de flocons, dites les gars est-ce que quelqu’un les mange ?). Réponse : Je n’ai essayé qu’avec l’orge et l’avoine et déjà, il y a une petite différence (ceux d’avoine cuisent plus vite que ceux d’orge). Donc, pour les autres, il faudra tester…

– Attention, les flocons d’avoine qui restent ouverts trop longtemps (genre, vous avez juste essayé, une fois, de vous faire un porridge en 2014) deviennent in-man-geables ! L’avoine est une céréale qui rancit très vite et devient amère, piquante, bref, très bizarre quand elle s’oxyde…

– Idem avec l’huile de coco : Juste ouverte, elle sent délicieusement bon le Bounty… 6 mois après, ça évoque déjà plus le vomi de goéland.

Ingrédients pour environ 8 à 12 portions (petit-déjeuner ou goûter)

Préparation : 5 min

Cuisson : 8 min

  • 100g d’amandes
  • 100g de noisettes
  • 200g de flocons d’orge (IG très bas) ou d’avoine (IG moyen)
  • 75g d’huile de coco vierge
  • 2 sachets de sucre vanillé
  • 65 à 75g de sucre de coco
  • 1/2 c. à café rase de sel fin.

 

Concasser grossièrement les amandes et les noisettes, puis les brasser rapidement dans une passoire pour enlever les petits éclats de peau qui risqueraient sinon de brûler.

Faire ensuite toaster environ 3 min à la poêle sèche (plutôt une grande poêle, d’environ 28 à 30cm de diamètre), à feu moyen et en mélangeant tout le temps : les fruits secs doivent commencer à dorer sur certains endroits, mais ne surtout pas noircir (attention, vers la fin ça va très vite : en général, dès que ça commence à sentir bon, c’est presque prêt). Les débarrasser dans une assiette, essuyer la poêle, puis y faire fondre l’huile. Jeter les flocons d’avoine dans la poêle avec le sel et le sucre vanillé, faire dorer 3min (avoine) à 4min (orge) en mélangeant sans cesse jusqu’à ce que les flocons blondissent très légèrement. Ajouter alors dans la poêle le sucre et les fruits secs toastés, puis cuire 2 min de plus sans cesser de mélanger, le temps que le sucre fonde et caramélise les flocons.

Verser sur un papier absorbant d’environ 65cm de long ou un torchon propre et bien étaler : En refroidissant, le mélange deviendra très croustillant. À conserver dans un bocal ou une boîte bien hermétiques !

 

Et pour un petit-déjeuner tout en douceur, quelques images de chez moi, à l’heure où peut-être vous buvez votre café…

Se réveiller un peu avant 5H, quand l’aube caresse les montagnes de timides lueurs bleutées pour les tirer de leur sommeil. Trouver cela si beau… Enfiler très vite une parka bien chaude, et sortir affronter le froid piquant pour capturer en images le beau spectacle du lever du jour sur un paysage d’hiver…

Cette belle histoire qui se renouvelle tous les jours, mais dont beaucoup d’entre nous sont privés, dans ces villes où l’aube a seulement la couleur des phares sur le bitume, des enseignes publicitaires, des néons dans les transports…

Alors, je vous dédie ces quelques photos, espérant partager avec vous un peu de ce silence si bienfaisant, de cette majesté, de cette douceur que nous offre au petit matin une campagne saupoudrée de neige…

… même un jour un peu « ingrat » comme celui-ci où il n’y eut pas de lever de soleil spectaculaire, mais un ciel bas, sombre, d’un gris de plomb… un vrai temps de neige, qui a lui aussi son charme un peu impressionnant je trouve.

Somptueux Dauphiné !

… Ce qui est bien, quand on n’habite pas exactement dans les Alpes, c’est qu’on a vue sur les Alpes 😉 Sur le Vercors aussi (à droite) et la Chartreuse (à gauche). Et dans le creux, bien caché, c’est Grenoble…

Quelques instants de rose, à l’heure la plus froide du jour…

En prenant cette photo, j’ai entendu une branche craquer dans la forêt…Chevreuil, sanglier, lapin ou hérisson rentrant au terrier ? Je ne le sais pas plus que vous, mais tout était si paisible ici que ce ne pouvait sûrement pas être quelque chose de bien effrayant. Je regarde mon chien, un peu tendu, oreilles dressées…

Je lui gratouille la tête, sens en retour un coup de langue tiède sur ma main, quelle gentille bête. Cette photo de Beauceron est spécialement pour vous Mamijo…

A quelques pas, c’est la chèvrerie de Hugues, mais je n’y vais pas ce matin. J’imagine ces petites bêtes bien au chaud dans le foin de l’étable, je les envie un peu, avec mes mains glacées sur l’appareil photo, le vent qui s’infiltre sous ma capuche et fait un peu pleurer mes yeux…

Il va maintenant falloir redescendre, attaquer une nouvelle grosse journée de travail. Merci, merci du fond du cœur pour cette chère nature si belle qui me comble de joie… Malgré tout, je suis heureuse de rentrer pour un bon petit déjeuner ! J’ai presque aussi faim que si j’avais mangé des cornflakes ;)