{ ENCORE du chocolat ?!!! Ben… oui, pardon }

23 octobre 2020

{ ENCORE du chocolat ?!!! Ben… oui, pardon }

 

« Le Clan »

Gâteau « mousse au chocolat » sur biscuit croustillant, crème de whisky

 

Ouille, deux gâteaux au chocolat à la suite sur mon blog, ça ne fait pas sérieux du tout du tout ! Alors déjà, faisons taire les espoirs les plus fous : non, je ne suis pas en train en réaliser un ouvrage sur le chocolat (pleurons ensemble) c’est juste une sorte de concours de circonstances…

Celui que je vous propose aujourd’hui est, en fait, mon gâteau d’anniversaire de mercredi dernier : Voilà pourquoi j’ai mis dedans tout ce que j’aime le plus (y compris du whisky parce que l’accord avec le chocolat est totalement dingue) et sans oublier d’emprunter au seul et unique gâteau de pâtissier qui me fait craquer – le Royal !- son biscuit praliné si finement croustillant aux crêpes dentelle… Les crêpes dentelle, certes, ce n’est pas à IG bas, mais l’intérêt de faire n’importe quoi se faire un peu plaisir le jour de son anniversaire c’est que justement, ça ne risque pas de se produire trop souvent n’est-ce pas ?

Ce gâteau est incroyable : assez facile à faire, pour un résultat… en fait, c’est probablement un des meilleurs gâteaux au chocolat de ma vie, voilà pourquoi je le partage avec vous alors que ce n’était pas prévu (j’étais plutôt partie sur une recette à base de courge, mais ça viendra une fois que je me serais un peu assagie, oui, ça arrive des fois).

Je l’ai appelé « Le Clan » en clin d’œil à l’Ecosse, patrie du whisky… Mais aussi aux passionnés invétérés de chocolat noir, lesquels forment un « clan » bien particulier (dont je fais partie !), ceux qui n’ont pas crainte de flirter avec les 70% bien corsés aux arômes intenses. Au minimum.

Je vous souhaite donc de goûter à ce gâteau : il a une action anti-morosité garantie 🙂 Et pour renforcer le côté réconfortant de la chose, je vous laisse avec quelques photos de l’automne qui commence tout juste à s’installer chez nous… et c’est déjà tellement joli !

Cette fois-ci, pardonnez-moi : je lirai évidement tout mais je ne pourrai pas répondre aux commentaires car je suis obligée de « décrocher » pour les vacances de Toussaint : cela me navre un peu de vous lâcher mais c’est une promesse faite aux enfants après deux mois très compliqués, avec beaucoup (trop) de travail, tout un tas de soucis, bref, je vais essayer de ne pas allumer mon ordinateur pour respecter ma promesse. Pauvres enfants, cela fait des semaines que je leur dit « Ne vous inquiétez pas, là c’est compliqué mais maman s’arrêtera pour les vacances de Toussaint et on fera plein de trucs ensemble »… alors, impossible de les décevoir. Et de toute façon cela me fera du bien d’éteindre mon ordinateur pour ne plus m’occuper « que » de ma grande famille pendant une quinzaine de jours : j’aspire à écouter le bruit de la pluie sur ma capuche quand je marche en forêt, ranger un peu ma maison (dont la cuisine et le salon ont été semble-t-il l’épicentre de la tempête Alex, et les chambres celui de la tempête Barbara), allumer des feux de cheminée pour y griller des châtaignes, faire des omelettes aux cèpes, me poser dans mon canapé avec un bon livre et un gros plaid en laine, regarder quelques chouettes films avec les enfants, leur faire des gaufres, revenir d’une longue promenade dans la brume puis nous concocter un lait d’avoine chaud au miel et au rhum pour nous réchauffer… Ces petites joies du quotidien, c’est un bonheur que je vous souhaite aussi !

Voilà, notez que j’ai été très peu bavarde cette fois-ci, faute de temps… On se retrouve dans 15 jours, j’aurais plein de trucs à vous raconter, et même une petite surprise  🙂

 

Ingrédients pour 8/10 parts

Préparation : 35min

Sans cuisson

Pour le biscuit croquant :

  • 80g de crêpes dentelles
  • 50g de chocolat noir à 70%
  • 100g de Nocciola

Pour la mousse chocolat-café :

  • 300g de chocolat noir pâtissier à 70%
  • 6 œufs
  • 1 expresso bien serré (5 cl)
  • 5cl de lait de soja à la vanille
  • 3 sachets de sucre vanillé
  • 10cl de sirop d’agave
  • Une grosse pincée de fleur de sel

Pour la crème au whisky :

  • 20cl de crème au choix (vache ou coco) bien froide
  • 3 sachets de sucre vanillé
  • 3 c. à soupe de sirop d’agave
  • 2 c. à soupe de whisky

Pour la déco (facultatif):

  • Environ 3 c. à soupe de grué de cacao (fèves de cacao concassées)
  • Quelques pincées de pralin
  • Un peu de cacao amer.

Recette 

 

1/ Biscuit croquant :

Faire fondre le chocolat au bain-marie.

Ecraser les crêpes dentelles du bout des doigts. Mélanger le chocolat fondu, la Nocciola et les crêpes dentelles, verser dans un cercle pâtissier de 19cm de diamètre et bien tasser pour égaliser.

2/ Mousse :

Porter à ébullition les 10cl de sirop d’agave, le lait et le café. Verser sur le chocolat (préalablement coupé en petits morceaux dans un bol), poser un couvercle et laisser fondre.

Séparer les blancs des jaunes d’œufs. Monter les blancs en neige (pas trop ferme) avec le sucre vanillé.

Ajouter les jaunes d’œufs et la fleur de sel dans le chocolat fondu et mélanger. Avec une spatule souple, incorporer les blancs en neige au chocolat, en soulevant la préparation dans un mouvement tournant. Verser sur le croquant, égaliser, couvrir et mettre au frais jusqu’au lendemain.

3/Chantilly :

Fouetter la crème, en ajoutant le sucre vanillé, le sirop d’agave et le whisky au fur et à mesure, de façon à obtenir une chantilly bien ferme. Filmer et mettre au frais.

4/ Déco :

Le lendemain, démouler sur un plat de service en faisant le tour du cercle inox avec une lame huilée. À l’aide d’une cuillère à glaces, déposer des boules de chantilly au centre du gâteau, puis les saupoudrer d’un voile de cacao et de quelques pincées de pralin.

Couronner le tour du gâteau avec du grué de cacao.

=> Quelques astuces :

– Si vous ne « sentez » pas trop le coup de la cuillère à glaces pour former des boules de chantilly (ça fonctionne pourtant bien !), alors réalisez-la au dernier moment et nappez en tout simplement les parts dans les assiettes… ou déposez-a sur le gâteau en vous aidant de cuillères à soupe, comme ici.

– La chantilly de coco est toujours plus ferme que celle à la crème de vache, surtout après un passage au réfrigérateur. Si vous choisissez l’option à la crème de vache, et que vous n’êtes pas un as de la chantilly, vous pouvez utiliser un sachet de poudre à fixer* pour qu’elle soit plus ferme.

– Si vous avez un peu abîmé le tour du gâteau en le démoulant du cercle, lissez-le tout simplement avec une spatule plate un peu huilée.

Au lever du jour, ce gros chêne qui surplombe la chèvrerie émerge de la brume fraîche. On dirait qu’il veille attentivement, lui aussi, sur les biquettes. Cela fait paraît-il plus d’un siècle que ce titan garde notre vallée, tout seul du haut de sa colline. Que j’aime ces gros arbres solitaires, dont la silhouette se dessine à des kilomètres….

On vous a vu les chevreuils !!! Regardez un peu comme ils ont l’air surpris 😉

Dans un endroit très reculé de la forêt, les restes d’une ancienne habitation. Comme un témoignage du passage d’hommes ayant vécu loin de tout, au coeur des bois.

Un petit chemin de crêtes, que je suis pour la première fois… Ou va-t-il me conduire?

A la clôture d’un champ, tout simplement… mais que c’est joli !

Un étang de la forêt de Chambaran.

Poupougnette très occupée à la recherche de cèpes (ils commencent à arriver !)

Et enfin cette vue (!), quand je redescend du plateau pour rentrer chez moi, à peine plus bas dans la vallée… Bonnes vacances de Toussaint  ! Et prenez bien soin de vous aussi 🙂

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Sans gluten, mais sans ingrédients bizarres non plus…

12 octobre 2020

{ Sans gluten, mais sans ingrédients bizarres non plus… }

Fondant chocolat-châtaigne

♥ Sans gluten ♥ Sans Lait ♥ IG modéré ♥

 

Au fur et à mesure que les années passent, je croise de plus en plus de gens qui suivent un régime « sans » (sans gluten, sans lait, sans cuisson, sans FODMAPs, sans produits animaux, etc.), y compris parmi les enfants. Bien consciente qu’il s’agit pour certaines personnes d’impératifs graves (allergie par exemple), loin de moi l’idée de rejeter en bloc de telles précautions lorsqu’elles sont motivées !

Mais je me demande, depuis longtemps, si ces restrictions ne sont pas trop souvent imposées de façon un peu abusive par des naturopathes un tantinet trop zélés, ou par des magazines « santé » aimant surfer sur la vague des tendances qui font vendre.

Pour ne prendre qu’un exemple : manger sans gluten, cela n’est pas anodin ! En effet, il est très difficile de faire cohabiter régime sans gluten et alimentation à IG bas (ce qui est bien dommage car cette dernière a amplement prouvé ses bienfaits sur la santé). Je ne dis pas que cela soit impossible, mais juste extrêmement compliqué, et très restrictif car hormis quelques farines de type sarrasin, quinoa ou de diverses légumineuses (bon courage pour utiliser ces dernières autrement qu’en cuisine extraterrestre), toutes les autres farines sans gluten ont un indice glycémique élevé ! Et voilà pourquoi une majorité de recettes sans gluten contiennent par exemple divers amidons, fécules, farine de riz ou de millet, arrow-root et autres “alternatives” qui sont censées chouchouter les intestins… mais malmènent par ailleurs le pancréas, donc le métabolisme.

Tout cela sans parler des « spécialités sans gluten » vendues en magasin genre gâteaux, biscuits, madeleines, pain, biscottes, brioches, etc. : leurs listes d’ingrédients sont longues comme un discours de député et l’on y trouve, entre autres, toutes sortes d’adjuvants censés apporter un peu plus de légèreté, d’élasticité, de goût, bref, tout ce qui manque aux “farines” sans gluten mais que l’on trouve naturellement dans une bonne farine d’épeautre non hybridée (laquelle contient certes un peu de gluten, mais généralement beaucoup mieux toléré par les intestins sensibles que les farines de blés modernes).

Je l’ai déjà dit sur ce blog par le passé mais comme c’est important (et que certains lecteurs nous ont rejoint en cours de route), sachez que j’ai été « diagnostiquée », il y a bien longtemps, intolérante au gluten. C’était par un médecin naturopathe qui attribuait à cette protéine la responsabilité de mon côlon sensible, mais aussi tout une liste de pépins de santé réels ou imaginaires (d’après lui, l’arrêt du gluten allait me mettre à l’abri de tout, y compris des maladies que je n’avais pas, ou pas encore, ou que je ne savais pas que j’avais, ou que je ne savais pas que j’allais avoir…). Mais en sortant de chez lui, j’ai décidé que j’aimais décidément bien trop le bon pain, les pâtes et les pizzas pour imaginer une vie « sans ». J’ai donc continué à consommer du gluten, mais très raisonnablement (une fois par jour maxi), sous forme d’épeautre non hybridé, et tout va nettement mieux. Certes, j’ai toujours le côlon un peu sensible, mon tour de taille pouvant parfois passer du 38 au 48 quand j’ai des contrariétés, surtout au moment des repas. Mais pour éviter cela, ce n’est pas une cure sans gluten qu’il me faudrait, c’est une cure sans conar… sans casses-pieds. Et dans notre monde fabuleux c’est hélas { soupir } un régime particulièrement compliqué à mettre en œuvre…

Par honnêteté j’ai quand-même tenté deux vraies cures sans gluten dans ma vie, mais sans réelle amélioration sur mes petits soucis de bedon à géométrie variable. Peut-être que le régime sans gluten pratiqué sur de longs mois viendrait à bout de cet effet baudruche quand on me « gonfle » un peu trop (dans tous les sens du terme) ? Bah, même si c’était le cas, je peux supporter d’avoir de temps en temps une panse de Père Noël si c’est le prix à payer pour pouvoir manger de tout le reste du temps !

Donc, vous l’aurez bien compris : si le gâteau d’aujourd’hui est sans gluten, ce n’est pas par nouvelle « lubie » ! : Mon truc, depuis toujours, c’est l’alimentation méditerranéenne à IG bas, et plus j’en apprends, plus je suis convaincue que c’est LA réponse à la malbouffe actuelle, avec de surcroît une expérience, un “recul” de plusieurs millénaires (contrairement à d’autres diètes super en vogues ayant fait leur apparition ces toutes dernières années, et dont on ne mesurera les réelles conséquences que dans 20, 30 ans… ou beaucoup plus, quand l’être humain commencera à « muter » ;)).

Mais vous êtes nombreux à me demander des recettes sans gluten, alors de temps en temps, je tente une expérience même s’il faut avouer qu’en excluant l’usage de fécules ou d’amidons (à cause de leur IG explosif), la pâtisserie sans gluten est un monde bien cruel ! Si vous saviez combien j’ai dû ingurgiter de gâteaux en forme de cratère, craquelés comme le désert d’Atacama, friables comme un pâté de sable paléolithique, lourds comme un cartable de CM2, gluant comme une omelette aux œufs de grenouille, dégueu comme un clafoutis aux lentilles vertes (normal, vu que c’était un clafoutis à la farine de lentilles vertes), en un mot, raté comme une recette sans gluten ^^… et je ne suis pas venue à bout de tout hein, heureusement que j’ai des poules, et trois chiens, et des canards (parce que certaines enclum… certains gâteaux gagnaient beaucoup a être immergés quelques temps dans une flaque avant d’être avalés).

Avec tout ça, je ne suis pas sûre de vous avoir bien rassuré mais le gâteau d’aujourd’hui, vous pouvez y aller : Sans gluten, et même sans farine du tout, il est à la fois fondant et mousseux, aérien, avec une intense saveur de châtaigne et de chocolat. Je crois que ça va vous plaire 😉

Sans blaguer, je me suis vraiment régalée et il vient compléter ma collection de recettes de fondants au chocolat… lequel reste envers et contre tout mon dessert préféré. Même en version sans gluten !

Ingrédients pour 10 parts

Préparation : 15 min

Cuisson : 20 min

À commencer la veille

  • 100g d’huile de coco
  • 200g de chocolat noir pâtissier à 70%
  • 100g de miel d’acacia (ou de sirop d’agave)
  • 3 sachets de sucre vanillé
  • 400g de châtaignes pelées au naturel (en bocal)
  • 5 œufs moyens (ou 4 gros)
  • 20cl de lait de soja à la vanille
  • 1 sachet de poudre à lever
  • Une grosse pincée de fleur de sel.

Non mais sans blague, vous avez vu cette texture… 😉

Préchauffer le four à 180°C.

Séparer le blanc des jaunes d’œufs, fouetter les blancs en neige.

Dans une casserole, porter le lait à ébullition avec le miel, l’huile de coco et le sucre vanillé. Transvaser dans le bol d’un blender et mixer très soigneusement avec 250g de châtaignes, jusqu’à obtention d’une crème très lisse.

Découper le chocolat en petits morceaux, les rajouter dans le blender et mixer par brèves impulsions jusqu’à ce qu’il soit entièrement fondu. Ajouter les jaunes d’œufs, le sel, la poudre à lever et mixer de nouveau.

Découper en gros morceaux les châtaignes restantes puis tout mélanger à la spatule souple (morceaux de châtaignes + blancs en neige + crème chocolat-marron) en soulevant la préparation dans un mouvement tournant.

Verser dans un cercle à pâtisserie d’environ 20cm de diamètre, et enfourner pour 20 min.

Laisser entièrement refroidir au réfrigérateur. Avant de servir, saupoudrer le dessus avec une petite passoire à thé remplie de cacao.

Les premières châtaignes sauvages, ramassées ce dimanche dans ma chère forêt. Elles sont toutes petites, mais super douces et parfumées. Par contre, je ne les ai pas utilisées pour le gâteau,… J’ai pas eu la patience 😉

Un petit matin d’octobre…

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{ Désolée, ils ne savent vraiment pas se tenir… }

22 septembre 2020

{ Désolée, ils ne savent vraiment pas se tenir… }

 

Cookies pomme-noisette sans sucre ajouté

♥ Sans lait ♥ Sans Œufs ♥ Sans Sucre ♥ Végétalien ♥ IG Bas ♥

 

J’espère que pour vous la rentrée s’est bien passée. La mienne se fait un peu en décalé car après un été particulièrement studieux, j’ai eu besoin de quelques jours de congé… mais cela n’a pas été de tout repos car pendant mes « vacances » les enfants sont tombés super malades (avec évidemment le mélodrame covid or not covid, et pas moyen de les faire tester du coup nous restés un peu cloitrés pour ne pas semer notre crève à tous vents même si à priori c’était plutôt un gros rhume). Puis hier, tout le monde est rentré tranquillement à l’école… juste pour que mon petit amour de Lulu tombe en récréation sur une énorme pierre et se fracture le nez ! Passage d’une partie de la nuit aux urgences, gros chagrin (pour elle bien sûr, et aussi pour moi car j’ai le cœur brisé de voir sa petite frimousse si esquintée) et après… Il faudra voir un chirurgien maxillo-facial dans quelques jours mais il y a quand même bon espoir que l’opération puisse être évitée.

Alors j’espère que tout va s’arranger pour le mieux et en attendant, je dorlote et console mon petit amour (si brave !) qui a même encore le courage de plaisanter : tout à l’heure, elle est venue me tirer la manche pour me dire « En fait, maman, je me suis cassée la figure dans les deux sens du terme ! ». Elle ne peut même pas rire, la pauvre, ça lui fait trop mal (l’hématome lui gonfle même la bouche et les yeux), mais il y avait un petit air si mutin dans ses prunelles. Brave petit coeur !

Bref, j’ai le moral un peu dans les chaussettes en attendant le bon rétablissement de ma Poupougnette chérie mais j’espère qu’une fois passé ces grosses émotions tout redeviendra plus paisible à la maison après ce mois de septembre un peu particulier…

D’ailleurs, mis à part ces galères, si vous saviez comme en général j’aime le mois de septembre ! A cheval entre l’été et l’automne, il emprunte à l’un la douceur des beaux jours et à l’autre la poésie des lumières : Tout est si beau, septembre est pour la nature une sorte de renouveau, un peu comme le printemps mais avec quelque chose d’encore plus éblouissant, plus majestueux.

Pour illustrer cette recette de cookies aux pommes j’ai photographié ce week-end mes pommiers au petit matin et ce qui est bien c’est que dans la brume dorée… on ne voit plus toutes les taches de tavelure, d’oïdium et de moniliose de ce verger un peu trop « bio » 😉 Vous me direz probablement qu’on n’est jamais trop bio alors bon, disons, de mon verger un peu trop « punk » car il aurait besoin de quelques soins que je me promets de lui apporter cet automne tant je sens de reproches quand je cueille mes fruits (Ah bravo Marie, tu nous donnes rien à bouffer, rien à boire, ça fait au moins quatre ans que tu nous laisses pousser les cheveux n’importe comment, on doit se de*erder tout seuls avec tout un tas de maladies et de petites bêtes, des courges sans gêne viennent nous chatouiller les trous de nez chaque été et toi pendant ce temps tu ne penses qu’à ton potager et à tes fleurs ! Mais c’est pas avec tes nepetas et tes poireaux que tu vas faire des bonnes tartes, hein, heureusement qu’on est là !).

Bon, après la séquence pathétique du pommier qui parle (mais si mais si je vais bien, promis ! Agreuuuu !) il va bien falloir aussi que j’en arrive un jour à vous dire un mot sur mes cookies. Vous l’avez compris, ils sont à la pomme. Et à la noisette aussi, des gros morceaux dorés au four qui croquent sous la dent… Et puis, ils ne contiennent quasiment pas de sucre hormis un peu de sucre vanillé (0,8g par cookie !!!) et c’est ça une gageure 😉

Côté santé, c’est très très bien : entre la farine d’épeautre complète, l’absence de sucre, le plein de magnésium, de fibres et tout et tout, c’est le genre de recette d’utilité publique qu’on devrait pouvoir acheter en pharmacie et se faire rembourser.

Côté saveur, c’est une tuerie intergalactique !

Côté texture, c’est… hum, disons, mitigé 😉 : Très gourmand (vraiment !) car super sablé, mais du coup, pas « sortables » du tout car ce sont des cookies « Mission Impossible » (Attention, dès que vous tenterez de le toucher, ce cookie s’autodétruira…).

Le côté sablé est en effet un peu poussé à l’extrême, faute à l’absence de sucre (lequel, en caramélisant à la cuisson, assure toujours une certaine cohésion dans les pâtes à biscuits). On pourrait tenter de mettre un œuf comme liant dans la pâte, je vais d’ailleurs essayer (je rajouterai un édit sur cet article dès que je l’aurai fait*) mais j’ai un doute : depuis le temps que je « pâtisse » je sais que les cookies les plus croustillants ne contiennent pas d’œufs, et très peu de liquides aqueux. Bref, ces cookies sont un peu comme le cousin boute-en-train de la famille, si sympathique dans les repas décontractés, mais pas sortable DU TOUT en société !

Tout ça pour dire que ces cookies, dévorez-les dans votre cuisine parce que si vous tentez de les emporter au boulot, alors n’oubliez pas la petite cuillère pour les manger à même le sac, la pelle et la balayette pour passer sur le bureau (et sous le bureau) sans oublier la brosse à vêtements pour vous épousseter la devanture. Sinon tout le monde saura que vous venez de manger des cookies… et comme un cochon de surcroît ! Bref, un rustre sachant aussi mal vous tenir que mes cookies 😉

 

*Edit du 23/09 : ça y est, c’est fait ! J’ai un tout petit peu modifié la recette, c’est toujours aussi bon mais un chouïa moins friable 😉

Ingrédients pour environ 25 biscuits

Préparation 20min

Cuisson : 30min

  • 125g de rondelles de pommes séchées (pas des chips de pomme croustillantes, mais des rondelles déshydratées un peu molles comme celles qu’on trouve en magasin bio)
  • 125g de farine T110 de grand épeautre
  • ½ sachet de poudre à lever
  • 3 sachets de sucre vanillé
  • 100g d’huile de coco
  • 125g de noisettes décortiquées
  • 3 c. à soupe de jus de pomme
  • 1 grosse pincée de fleur de sel.

Préchauffer le four à 150°C.

Mettre tous les ingrédients dans le bol d’un robot sauf les noisettes, puis mixer jusqu’à obtention d’une pâte assez homogène (s’il reste des tout petits bouts de lamelles de pomme, c’est normal). Ajouter les noisettes et mixer avec quelques brèves impulsions, sans trop insister car il doit rester de gros morceaux.

Prélever 20g de pâte, la façonner en boule, puis l’écraser sur une plaque de cuisson chemisée de papier. Renouveler l’opération jusqu’à épuisement de la pâte.

Enfourner pour 20min à 150°C, puis 10min à 100°C (en surveillant bien que ça ne brunissent pas trop car cela dépend des fours), puis laisser entièrement refroidir avant de ranger les gâteaux dans une boite bien hermétique.

Encore quelques photos de mon verger, ici des pommes “Braeburn” mais pas encore tout à fait mûres (je les cueille mi-octobre).

Une caisse de “Royal Gala”, “Braeburn” et “Belle de Boskoop” ramassées dans l’herbe. Ces premières pommes qui tombent en septembre se conservent beaucoup moins bien que la deuxième vague cueillie directement sur l’arbre un peu plus tard, alors nous les mangeons vite en tartes, compotes et pommes au four (juste ouvertes en deux avec une lichette de beurre et de cannelle…).

Et quelques autres photos un peu en vrac de ce bel été indien qui a ravit nos yeux de lumières merveilleuses. Ici, le lever du soleil 2km au dessus de chez nous. Nous étions parties très tôt avec les filles faire une randonnée, si tôt que nous avons pu voir le soleil se lever sur les montagnes en tenant un mug de café chaud dans nos mains. Un beau moment de sérénité… qui aide à mieux vivre les incontournables petits et gros tracas du quotidien.

Tôt le matin aussi, quand j’accompagne Roseline à la traite pour remplacer son chevrier de frangin 😉 Et oui, quand il est sur les marchés, nous on s’occupe des biquettes 😉 A la sortie de l’étable, la vue est drôlement jolie !

Trois chevreuils surpris dans un champ moissonné…

L’Abbaye de Saint-Antoine, un joyau médiéval en pays de Chambaran. J’ai posté cette photo, ainsi qu’une petite histoire de l’abbaye, sur Instagram juste avant les journées du patrimoine. C’est un endroit que je trouve particulièrement émouvant…

Toujours la même abbaye : Sur Insta, j’avais dû recadrer de force cette photo alors je suis vraiment contente de pouvoir la remettre ici sans la “mutiler” 😉

Une bassine de “Reinettes” du jardin, issues d’un très vieux pommier planté par un propriétaire du siècle passé… Quelqu’un saurait si ce sont des reinettes blanches, des reinettes grises, des reinettes vertes?…

Ce petit veau croisé dans un champ lors d’une sortie à vélo…

Pssst… et enfin, si vous aimez les cookies tout doux pour la ligne et bons pour la santé, je me permets de vous rappeler l’existence de ce livre, que j’utilise moi-même souvent au quotidien pour les goûters de la famille…

Désolée pour l’auto-promotion, mais c’est vraiment un bon livre 😉

 

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Où je vous parle de permaculture, épisode 3

24 août 2020

{ Où je vous parle de permaculture, épisode 3 }

Un petit tour au jardin cet été

(Et deux recettes spéciales « retour du potager »)

 

J’espère que vous avez tous passé un bon été, malgré les circonstances un peu bizarres… Pour ma part, je ne suis pas sûre de trop aimer le « monde d’après » qu’on nous vantait tant dans les milieux les plus optimistes il y a encore quelques semaines. « Après » quoi, d’abord, puisque rien n’est fini, rien n’est réglé, que l’on n’a RIEN compris à cette épidémie (ni à la crise économique qui se profile), que l’on ne sait toujours pas où l’on va, ni comment, ni à quelle vitesse, ni pour combien de temps, bref. J’ai beau essayer de voir le verre à moitié plein, là il y a tout de même de quoi se prendre un petit coup de spleen

Personnellement, j’ai surtout beaucoup souffert de la perte d’amis que j’aimais beaucoup, non pas qu’ils aient disparus à cause du coronavirus (Dieu merci !) mais parce qu’ils n’ont pas compris que notre famille ait tenté d’appliquer un minimum de principes de prudence (juste dans la mesure du raisonnable, en évitant par exemple les gros rassemblements, en appliquant les réflex anti-contagion de base, en étant extrêmement vigilants pour les personnes vulnérables, etc.), bref, ce qui nous semblait du simple bon sens vis à vis d’une maladie nouvelle dont on ne sait, au final, pas grand chose…

Maladie qui, certes, n’est pas si grave pour une majorité de gens.

Mais, qui en a tué beaucoup d’autres, frappant un peu au hasard.

Car non, cela ne touche pas que les personnes fragiles (et même si c’était le cas, ce serait déjà une cause largement suffisante pour qu’on y fasse tous gaffe !) : dans notre village et aux alentours, beaucoup de gens ont été extrêmement malades, même des jeunes, même des « costauds », certains sont restés au lit 5 ou 6 semaines dans un état de fatigue inouï (des agriculteurs entre autres) et cela, c’est une catastrophe pour eux ! Tout le monde n’a pas le temps (ni les moyens) de se prendre un long congé maladie. Ces convalescents du Covid l’ont donc un peu mauvaise, ça je peux vous l’assurer, contre les “grands rebelles” qui se croient très malins, se riant éperdument du moindre geste anti-contagion : ceux-là pourront probablement bien se reposer dans leur canapé une fois qu’ils auront choppé cette crève à laquelle ils ne croient pas, mais pas tous ceux qu’ils auront contaminé sans leur demander leur avis… Sans compter les malheureux qui ne reviendront jamais (quatre de nos connaissances ont péri à cause de cette pandémie, dont un collègue de mon mari, dont le papa d’un copain de mon fils, dont la maîtresse d’une amie de ma fille, et ça, c’est pas « l’intox de la télé » : c’est la réalité).

Je me rends bien compte que tout cela est un peu personnel, et que probablement, je ne devrais pas exprimer sur mon blog ce genre de choses. Mais c’est plus fort que moi : ces amis que j’aimais, que j’aime toujours (c’est ça le plus douloureux !) et qui nous ont pris pour des trouillards, qui nous ont jugé durement, qui nous regardent un peu de haut comme si nous étions des nigauds, m’ont très profondément attristée. Oui, j’ai du mal à m’en remettre. Et s’ils lisent ces lignes, j’espère que sera l’occasion d’en reparler tranquillement… Quand la tension sera redescendue car visiblement pour le moment, le Covid est un sujet “tabou” dont on ne peut discuter sereinement. Et c’est pénible. Car je vous garantis qu’il y a des gens que nous pouvons protéger par une attitude prudente, même si cela doit demander quelques sacrifices.

Alors je ne sais pas comment vous vivez la chose, mais personnellement, entre d’une part les infos officielles totalement délirantes (où l’on nous explique tout et son contraire à quelques jours d’intervalle et où, certes, tout est fait pour nous faire imbécilement paniquer et/ou nous mener en bateau sur tout un tas de trucs) et d’autre part les vidéos apocalypto-complotistes d’une absurdité consternante (le plus souvent réalisées par des gens recherchant le buzz bien davantage que l’amour de la vérité), j’ai tout éteint car je ne sais plus à qui offrir ma confiance : la radio, la télé, les mails « à-lire-tout-de-suite-de-toute-urgence-car-révélations-secrètes-explosives-sur-le-covid ». Tout ça, franchement, ça m’a gonflé. Et je comprends d’autant mieux que l’on puisse ne pas avoir, même entre amis, un avis parfaitement concordant sur un sujet que PERSONNE ne comprend ni ne peut expliquer totalement. Mais la moindre des choses, dans ce cas, n’est-ce pas de garder son calme? Et surtout, de continuer à faire ce qui est important pour que le monde continue de tourner, rien de plus, rien de moins. Et tout cela sans flipper outre mesure, certes. Mais sans non plus, c’est mon avis le plus net, frimer en mode « même-pas-peur » comme tous ces gens sans masque au milieu de la foule, qui ne se lavent jamais les mains (« pff, c’est pour les pétochards ça » !), serrent la poigne à tout le monde ou se précipitent pour faire ostensiblement la bise à la cantonade (et se froissent si vous tentez de leur expliquer, même avec délicatesse, pourquoi cela vous embête un peu), bref imposent leur décision (celle de ne prendre aucune précaution) à tous ceux qu’ils croisent, sans leur demander leur avis, ni leur laisser le choix.

Une merveilleuse rencontre, un petit matin d’août au coeur de la forêt de Chambaran… Les enfants ont retenu leur souffle, et moi je tremblais tellement de rater ma photo (ou que la biche s’en aille) que c’est la seule pas trop floue sur une quinzaine de clichés 😉

À la maison, nous avons tous continué cet été notre petit bonhomme de chemin : énormément (trop) de travail pour mon mari et moi (en fait, pour être franc, on n’aurait pas trop le “temps”, l’un comme l’autre, d’attraper le Covid et de passer des semaines au lit sans que ce soit un désastre économique pour toute la famille) mais les enfants ont, je pense, passé de belles vacances d’été car même en évitant les gros rassemblements nous avons pu faire des trucs chouettes : du camping en forêt, du vélo, des balades à pied avec un super pique-nique à la clé, de l’affût de nuit pour apercevoir des cerfs, et tout un tas d’autres petites choses qui nous aideront à garder un souvenir très doux de cet été 2020… même si au départ, c’était pas gagné 😉

Mon mari a repris le chemin du travail dès la sortie du confinement, il visite des clients toute la journée. Mon fils chevrier croise des centaines de personnes sur les marchés, on sait que pour notre grande famille c’est un risque certain, mais nous l’aidons presque tous les jours car le pauvre est totalement débordé et il n’est pas sorti indemne physiquement de son immense solitude durant le confinement. Deux autres de mes grands passent leur permis en ville, leur BAFA, etc. On fait les courses nécessaires, juste ce qu’il faut, sans sortir pour un oui ou pour un non. On voit quelques amis (ceux qui nous restent), parce que nous savons qu’ils sont prudents eux aussi dans leur vie de tous les jours et qu’un minimum de vie sociale, c’est important. Mes plus jeunes vont rentrer à l’école, parce que l’instruction à la maison c’est bien, mais une bonne école, c’est mieux. On fait tout cela en prenant des précautions élémentaires. Et après, adviendra ce qu’adviendra…

Je me rends compte qu’en ouvrant ma page Word ce matin, je ne voulais pas DU TOUT vous parler de ça… Je venais, toute guillerette, vous parler jardin ! Comme quoi, je dois en avoir vraiment très gros sur la patate 😉

Mais il y a un lien entre ce long préambule un peu morose et ce qui va suivre : Car au jardin, nous avons passé cet été des moments merveilleux… consolants, joyeux, sereins (oui oui, j’arrivais à y faire abstraction de toutes ces pensées douloureuses), rigolos… et productifs !

Si productifs que nous croulons actuellement sous les récoltes ce qui explique (en plus de quelques travaux et de quatre livres à réaliser cette année !) mon peu de présence sur le blog et Instagram cet été : Je fais des bocaux à tour de bras moi, je cuisine des ratatouilles, j’émince des concombres à tous les repas, « j’enclafoutise » mes prunes, « j’engratine » mes courgettes, « j’entarte » mes belles tomates anciennes, « j’entourte » tout un tas de légumes verts… Entre autres choses 🙂

Alors je vous laisse oublier pour quelques instants ce qu’il peut y avoir de si tristounet dans notre monde insensé… Et je vous invite au jardin, pour une petite bouffée de nature. Tout y est si réconfortant !

Petit reportage (presque) en direct du potager, par Marie Chioca (qui a enfin arrêté de râler, c’est un des plus grands  “miracles” du jardinage)

😉

Petit coup de main de mes princesses pour les arrosages d’été, si fastidieux cette année 2020 (quasiment deux mois sans pluie !). En arrosant tôt le matin, l’eau sèche vite sur les feuillages, ce qui limite les risques de maladies cryptogamiques. Mais c’est aussi particulièrement agréable : l’air est frais, parfumé, les petits oiseaux saluent à coeur joie le jour nouveau, et l’on plaisante gaiement tout en grapillant des tomates cerise par-ci par-là… en s’arrosant parfois un peu les orteils. Le jardin, c’est aussi précieux pour cela : de très beaux moments avec les enfants.

 

Mon “potager” du haut. C’est le plus productif car le sol y est chouchouté en permaculture depuis quelques années déjà. Mais le deuxième potager, celui défriché ce printemps pendant le confinement, m’a tout de même offert de belles récoltes. Il faut juste que je lui donne un peu plus de soins, en arrosages et amendements entre autres…

 

Un panier de « Noire de Crimée », « Green Zebra », « Cornue des Andes », « Ananas », « Cœur de Bœuf », ainsi que divers tomates cerise. Les tomates anciennes au potager, c’est toute une palette de goûts exceptionnels, une chair fondante et juteuse, une peau qui s’épluche facilement… Quel bonheur de mordre dans une telle tomate, au soleil, en s’éclaboussant le menton de bon jus tiède ! Aucun étal de fruits et légumes ne pourrait nous offrir un tel petit bonheur de la Vie.

 

Une belle bassine de tétragone pour midi, histoire de changer un peu des tomates, courgettes, aubergines et poivrons… C’est bon comme des épinards, sauf que ça résiste bien mieux à la chaleur !

 

Certes, cela aide à maintenir le sol bien vivant et humide. Mais petit « luxe » en plus , un potager paillé au foin sent délicieusement bon, surtout quand on l’arrose, ou que le soleil tape sur le foin chaud…

 

Un de nos jolis canards “coureur indien”, avec Poupougnette en mode câlin 🙂

 

… et là en mode “boulot”, lâché par la grande soeur dans les choux après le (seul et unique) gros orage d’août… Car les petites limaces grises (fort ragaillardies par la pluie !) avaient illico commencé leur festin de jeunes plants… Mais l’arrivée des coureurs indiens a sonné la fin de la récréation. Ils ont juste un peu goûté aux feuilles des chicorées à côté mais j’ai fermé les yeux avec indulgence 😉 Après toute cette orgie de limaces, il fallait bien un peu de salades pour équilibrer le menu !

 

On me dit parfois que je ferais mieux de m’occuper de mes oignons… Ben voilà, cet été c’est ce que j’ai fait 😉

 

On a testé la méthode des “patates sur gazon” et comme je le disais il y a quelques temps sur Insta, c’est une réussite ! Seul gros bémol : une maman lapin avait fait ses petits sous le foin et nous l’avons vu trop tard… Malgré tout nos soins à remettre le nid en l’état après la récolte, elle a abandonné ses petits… ça a été un drame j’avoue, quand ils ont passé l’arme à gauche faute de lait (impossible de leur donner le biberon : là ils étaient vraiment trop petits). Il a fallu les enterrer en grandes pompes, et depuis on regarde un peu les patates “fautives” de travers…

 

Ces jours-ci, je suis dans les bocaux de quetsches… au naturel, avec juste un peu de cannelle et surtout, sans ajouter de sucre : quel régal !

 

La lasagne de légumes verts sous le cerisier (à comparer, avec la petite vidéo tournée au printemps pour constater son développement ahurissant !) : ici (début août), toutes les laitues plantées en « bouche trou » autour des légumes principaux ont déjà été récoltées, laissant la place au développement des blettes (lesquelles nous ont déjà donné plusieurs récoltes), choux toscans, choux kale, choux Flower Sprout, céleris branches, tétragone, etc. Que de bonnes tourtes, poêlées, pestos et gratins ! Plantée au printemps, cette lasagne nous fournit en légumes verts pour tout l’été, l’automne et l’hiver ! En bordure, du basilic dont le fameux basilic pourpre, au parfum certes moins fin, mais très résistant aux maladies cryptogamiques.

 

Nous avons vécu cet été la pire sécheresse depuis que nous habitons le Dauphiné ! Et lorsqu’il faut arroser tout le potager, c’est long… Alors plutôt que d’attendre bêtement debout, le tuyau à la main (en piaffant d’impatience !), je profite toujours des arrosages pour apporter en même temps des soins aux fleurs et légumes, et faire ainsi d’une pierre deux coups. Pour cela, je dépose le tuyau par terre à l’endroit que je souhaite arroser, cela me libère les mains et l’eau s’écoule, par exemple, au pied d’une tomate (sans mouiller les feuilles, la classe !) pendant que je l’attache avec un brin de raphia, ou sur un rang de carottes pendant que j’arrache quelques mauvaises herbes, etc. Cela transforme ce moment un peu fastidieux en séquence d’observation active, et permet de prodiguer double-soins aux légumes dans le même laps de temps !

 

Idéalement, je récolte dès le matin mon repas de midi, et je le cuisine dans la foulée avant d’aller au jardin (ou de me mettre au travail, parce qu’il faut bosser aussi !). Pourquoi ? Parce que sinon, me connaissant, je vais tourner de l’œil vers 11H30, me ruer dans la cuisine sans même jeter un coup d’œil aux magnifiques blettes, tomates, oignons tiges, courgettes mourant d’envie d’être cueillies, et me jeter imbécilement sur du pain et du fromage… Si un bon plat de légumes est déjà prêt au moment où je commencerai à avoir l’estomac dans les talons, c’est beaucoup plus sage 😉

 

Roseline met les piments du jardin sur un fil pour les sécher (tel quel, juste accrochés à une poutre de la cuisine) : on en profitera tout l”hiver, et c’est tellement plus parfumé que le piment en poudre !

 

Ce printemps, j’ai (encore) planté trop de pieds de courgettes… alors on en mange presque tous les jours, on en met en bocaux, on en donne. Et chaque matin il y en a encore un plein panier au potager 😉

 

Ma pépinière de “bébés” légumes, qu’il faut arroser une ou deux fois par jour tant il fait chaud et sec en ce moment.

 

Coucou ! 😉 Ils me font parfois de ces frayeurs ces coquins de lézards verts…

 

12kg de tomates un petit matin d’août… Nous avons donc cuisiné des sauces pour l’hiver, avec des câpres, des olives noires, de la sarriette et du citron. On a tellement hâte d’ouvrir les pots 😉

 

On a galéré cet été (si vous saviez !) avec une invasion de petits lapins de garenne au jardin… Alors oui, ils sont mignons comme tout. Mais ils mangent mes salades, mes choux… Ça a été un peu compliqué du coup parfois, entre les rats taupiers qui bouffent les racines par dessous et les lapins qui bouffent les feuilles par dessus… Je veux bien partager un peu, mais j’aimerais qu’il m’en reste ! (Je rouspète mais en vrai, oui, il m’en reste ;))

 

Focaccia du jardinier : Très simple à préparer, c’est la focaccia des apéros au jardin, quand on veut épater les copains sans passer trop de temps en cuisine. Et vous avez le choix entre la version végétalienne (avec seulement de la pâte à pain, de l’huile d’olive, des herbes et des légumes), mais aussi la version plus « décadente », fourrée de mozzarella qui fait d’indécents fils de fromage quand on tire une part… Avec cette recette, vous aurez aussi sous la main ma pâte à pizza préférée, que je n’hésite pas à préparer en double proportion (avec 1kg de farine) car elle peut se conserver 24H au frais et plusieurs semaines au congélateur…

Mélangez 500g de farine semi-complète avec 10g de sel fin. Délayez un sachet de levure de boulangerie déshydratée dans 365g d’eau tiède, versez ce mélange dans la farine, ajoutez 4 c. à soupe d’huile d’olive et pétrissez à la main ou au robot jusqu’à obtention d’une pâte très souple et un peu collante (c’est normal). Couvrez-la et laissez lever, au choix, 1H à température ambiante ou une nuit au réfrigérateur. Préchauffez le four à 220°C. Directement avec les mains (petite astuce : mouillez-les pour qu’elles ne collent pas) étalez la pâte en deux disques, ou deux rectangles (au choix) d’environ 1 à 1,5cm d’épaisseur sur une plaque bien farinée (ou un papier cuisson huilé.) Ecrasez une ou deux gousses d’ail dans un peu d’huile d’olive et passez cette préparation au pinceau sur les focaccia (on peut aussi rajouter des anchois hachés). Décorez avec des tomates cerise, des lamelles d’oignons ou de piment frais, des feuilles, des herbes aromatiques… C’est comme faire un dessin, il suffit de retrouver son âme d’enfant ! Saupoudrez de fleur de sel, couvrez avec une feuille de papier cuisson huilé (pour protéger le décor qui, sinon, risque de trop brunir au four) puis enfournez pour 12min chrono.

Il y a plein de versions différentes…

Parce qu’en fait j’en ai fais tout l’été 😉

Voici comment procéder si vous voulez fourrer les focaccias avec du fromage (mortel !) : une fois les deux pâtes étalées sur un plan bien fariné, les garnir de mozzarella en morceaux (une boule par foccacia), puis les replier en deux comme un chausson, souder les bords et ré-étaler légèrement avec les mains (pour obtenir une épaisseur de 1,5cm) avant de décorer.

 

Autre recette de l’été chez les Chioca : La crème de courgette « magique ». C’est LA recette qui va met tout le monde d’accord : la jardinier qui ne sait plus quoi faire chaque matin de ses paniers remplis de courgettes, les enfants qui en ont maaarre des courgettes, et même parfois les invités qui n’en reviennent pas de savourer quelque chose d’aussi délicieux en direct du potager. Et vous savez ce qui est vraiment bien avec cette recette ? Sa saveur de folie ? OK. Sa texture ultra dingue, ça aussi je vous l’accorde. Mais c’est surtout parce qu’on peut ainsi « recycler » 3kg de courgettes d’un coup, ni vu ni connu (et même qu’on va se battre chez vous pour lécher la casserole…). (Ingrédients pour 4 à 6 personnes) : Dans une cocotte en fonte, faites rissoler légèrement 10 gousses d’ail coupées en gros morceaux et 4 ou 6 brins de sarriette effeuillés (donc sans les tiges) dans 6 c. à soupe d’huile d’olive. Quand l’ail est légèrement doré, ajoutez 3kg de courgettes découpées en cubes ou en tranches. Salez avec une c. à café de sel, posez un couvercle (sans rajouter d’eau), et laissez mijoter 20 à 30min jusqu’à ce que les courgettes soient parfaitement tendres, en mélangeant de temps en temps. Rajoutez quelques feuilles de basilic frais (sans les tiges) avant de mixer très soigneusement au blender jusqu’à obtention d’une texture très veloutée.

 

Et du côté du jardin d’ornement? Et bien la chaleur est écrasante cet été, le tout compliqué d’une sécheresse inouïe… Mais les bignones et les althéas tiennent le coup, épaulés de quelques rosiers particulièrement résistants. Abondamment paillée au printemps, régulièrement amendée au fumier de lapin, cette haie ne reçoit pas d’eau l’été. Cela a fait une sorte de sélection naturelle (certaines plantes n’y ont pas résisté), mais celles qui restent sont du genre motivé !

 

Et que serait mon jardin sans le perovskia, aussi appelé « Sauge de Russie »… Il faut dire qu’il a vraiment tout pour plaire : Une résistance exceptionnelle au froid en hiver et à la chaleur en été, une « frugalité » en eau exemplaire, aucun besoin en engrais ni amendement d’aucune sorte, des propriétés mellifères, un port gracieux, une couleur à tomber… C’est avec ce genre de plantes que l’on construit facilement de beaux jardins bio, à la fois sobres et réjouissants !

 

Toujours le beau rosier « Teasing Georgia » (1), photographié un 25 juillet, alors que la plupart des autres rosiers ont renoncé… Un althéa double (2). Une bignone jaune (3). Le rosier liane « Bobby James » (4). Des sauges « Améthyste » (5) le long de la maison… et un joyeux bouquet (6) réalisé avec tout cela, plus des ombelles de fenouil sauvage et quelques fleurs de nepetas.

 

 

 

 

Les semis spontanés au jardin, c’est sympa ;)… Ici la vergerette (1), toujours pimpante dans son bac de pierres. Les feux d’artifice du fenouil sauvage (2) devant la maison et qui, culminant à 3 mètres de hauteur, habille le volet de la porte-fenêtre (c’est si joli qu’on n’ose plus le fermer de tout l’été !). Un althéa à fleurs blanches et cœur rose (3). De la chicorée sauvage (4 et 5) qui s’est installée au pied d’une clématite. Des balsamines (6), elles aussi tombées du ciel et se ressemant à l’envie dans les lieux ombragés du jardin. Le bac des aromatiques (7), où un pied de lin bleu fait son intéressant alors qu’il n’a rien à faire là (mais il est si beau…). Le portillon vert (8) menant au jardin d’été, littéralement envahi par les althéas et les drageons de bignone (il va falloir tailler ou baisser la tête). La cabane des enfants (9), près de laquelle s’est installé un pied de gaura.

Bonne rentrée à tous vos loulous 🙂

 

PS : J’ai pour l’instant totalement abandonné les vidéos faute de temps… Mais comme vous êtes nombreux à attendre des nouvelles de la lasagne montée ce printemps, j’ai fais une petite vidéo rapide (donc toute pourrie) fin juillet pour vous montrer comme tout avait bien poussé . Sauf que là je n’arrive pas à la téléverser sur mon blog (“erreur : réponse inattendue du serveur”, on me l’avait encore jamais fait celle là…). Bref, j’essaye de régler ce bug au plus vite…

=> Edit de 19H10 (après deux ou trois petites crises de nerfs ;)) : le blog veut vraiment pas télécharger ma vidéo, mais j’ai pu vous la poster (en qualité encore plus pourrie ;)) sur IGTV :

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(Vidéo tournée fin juillet)

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{ Un chèvre, un brebis, un vache…. Et 5 braves petits boucs ! }

30 juillet 2020

 

{ Un chèvre, un brebis, un vache…. Et 5 braves petits boucs ! }

3 recettes de bons fromages « maison »

 

Je sais ce que vous devez vous dire : Pauvre Marie… à force de jardiner au soleil, elle s’est pris un coup sur le citron et ne sait même plus écrire français. Car on ne dit pas « un » chèvre », « un » brebis, « un » vache » !

Et bien en fait si… quand ce sont des fromages 😉

Car cela fait déjà un bout de temps que je veux partager avec vous quelques recettes de mon dernier livre, mais j’ai eu un mal fou à faire un choix : Après avoir pondu 2H ce matin en me disant « Celui-là ! », « Ah, non, plutôt celui-là ! », « Oh zut, et celui-là alors, il est si bon… », « Hum, entre celui-là et celui-là, je prends lequel ? », j’ai fini par m’énerver un peu et les attraper quasiment au hasard. J’ai juste fait attention qu’il y ait bien un fromage de vache, un de chèvre et un de brebis, si possible choisis parmi les recettes « spécial débutants » car ce serait trop long de recopier sur le blog toutes les précisions que je donne dans le livre pour la réussite de fromages un peu plus élaborés (pâte pressée cuite, croûte fleurie, pâte souple, etc.).

Bon, mais les 5 boucs alors ?

Hé hé… tous ceux qui me suivent sur Instagram le savent déjà. Enfin, presque tous, car il paraît que certains d’entre vous n’ont pas pu avoir le fin mot de l’histoire vu que les commentaires les plus anciens, où j’expliquais tout en détail, ne se chargeaient pas bien. Et puis il y a les « irréductibles » qui ne sont pas très fanas de réseaux sociaux (ce n’est pas moi qui vais leur en faire reproche). Du coup, il faut vraiment que je vous raconte ici cette grosse frayeur qui nous a bien secoués, mais dont l’issue a été fort heureuse 😉

C’est donc l’histoire des « Cinq braves petits boucs ». On dirait le titre d’un livre pour enfants…

« Il était une fois un grand garçon, qui avait toujours aimé les animaux. Très jeune, il a mis toute sa bonne volonté dans un projet un peu fou : acquérir un petit troupeau de chèvres alpines, un bout de terre sur un coteau ensoleillé, et devenir chevrier. Il aimait beaucoup ses biquettes, mais aussi ses trois boucs : Johnny, le vétéran aux longues cornes de bouquetin. Ontario, le méditatif. Popy, la grosse peluche aux yeux doux. Ces boucs-là, le jeune homme les avaient choisis avec soin plus d’un an auparavant, et ils étaient issus de belles lignées (des princes boucs !), afin d’améliorer la qualité du lait des futures chevrettes. Il les choyait pour leur apprendre à rester confiants, calmes et pacifiques… et cela, c’est toute une éducation, de longs mois de patience. Mais c’est important si l’on veut conserver les belles cornes d’un animal un tantinet batailleur ! Or, le jeune homme savait bien que se gratter est un des plus grands « bonheurs de la vie » chez les caprins… et il ne voulait pas priver ses bêtes de cette petite joie.

Deux nouveaux boucs venaient d’arriver un mois plus tôt. Un jeune, assez discret mais très beau (Durandal), et un bébé de 6 mois, tout timide, aux grands yeux de biche : Ivanhoé.

Ces boucs, le jeune homme les avaient confiés à une ferme située à quelques lieues de la chèvrerie, car mieux valait séparer quelques temps ces messieurs de ces dames avant les grandes retrouvailles, mi août. Mais le jeune homme allait les voir matin et soir, pour que ses boucs ne l’oublient pas.

Et puis un matin, le jeune homme a trouvé la lourde porte coulissante grande ouverte, les traces d’un camion à plateau imprimées dans le foin de l’étable, la clôture électrique enlevée et jetée dans un coin, une barrière à vaches déplacée pour barrer le virage juste au dessus… Un vol, une méchanceté, une jalousie… ? Le jeune homme ne voulait pas le montrer mais il était profondément meurtri. Sa maman le voyait bien. Les épaules voutées, il regardait l’étable vide sans mot dire. Une sourde colère rongeait son cœur. Il pensait à ses chèvres qui n’auraient pas leurs princes à temps pour avoir des petits. Il pensait à la prochaine saison de fromages, si mal partie (car pas de boucs, pas de petits, pas de lait). Il pensait encore à la difficulté de retrouver des papas de si bonne lignée pour les futures chevrettes. À l’impossibilité de les rendre aussi doux et confiants en si peu de temps. Au danger de travailler avec des bêtes que l’on n’a pas eu le temps de rendre familières. Mais il pensait surtout à ses boucs, qui étaient un peu ses copains. Et particulièrement Johnny, cette merveille de la nature qui le regardait depuis toujours avec un petit air amical.

Bref, des choses auxquelles peu de gens pensent en dehors du monde agricole. Des choses auxquelles les voleurs n’avaient probablement pas pensé non plus, ce qui les excuse un peu… mais le mal était fait.

La sœur du jeune homme, bonne marraine fée qui aide à la chèvrerie et connait si bien le troupeau, était tombée malade à l’idée que quelqu’un allait peut-être faire du mal à ses braves bêtes. Et puis il y avait déjà eu dans le pays plusieurs autres vols, ou tentatives échouées (dont, peu de temps auparavant, le petit troupeau de moutons du voisin auquel la maman avait confié sa brebis, Bouclette, fort heureusement non emportée par les bandits… mais quelle frayeur !).

La maman, voyant ses deux grands enfants si tristes, si découragés, essayait de les rassurer (sans toutefois trop y croire) : « Allons, de si braves boucs, si forts, avec de si belles cornes, ils se sont forcément défendus, les voleurs n’ont peut-être pas réussi à tous les attraper, il en reste peut-être un ou deux qui errent, affolés, dans la forêt… ». Elle pensait surtout à Johnny, qui a de gros yeux ronds si gentils… mais une force de rhinocéros et des cornes d’auroch ! Personne ne peut attraper Johnny, ni le faire aller là où il ne veut pas. À part le jeune homme, mais c’est parce que Johnny veut bien le suivre.
On les a donc cherchés, cherchés et encore cherchés… et cela était émouvant, réconfortant, de rencontrer dans la forêt des paysans, des chasseurs, des vieux pépés à casquettes qu’on ne connaissait parfois même pas mais qui cherchaient eux aussi, sous un soleil de plomb, après avoir entendu parler “du petit jeune à qui on avait fauché ses boucs”. La solidarité de la campagne… La colère à cause de tous ces vols des derniers temps… L’envie d’aider le « petit qui vient juste de s’installer »… L’espoir que les boucs n’avaient peut-être pas tous été emportés…

La petite fée chevrière, inconsolable, pleurait en pensant au mal qui pouvait arriver à ses gentils boucs. Le grand chevrier, la rage au cœur, n’y croyait plus mais continuait quand-même de chercher, aidé de Dauphine, la Border Collie si vaillante, son meilleur chien de berger.

Et puis, le matin du 3ème jour, quelqu’un a aperçu quatre boucs errant loin, en forêt de Chambaran, si loin que l’on n’aurait jamais pensé à les chercher là ! Tout le monde s’est précipité mais entre temps ils avaient encore disparus : seul restait un petit tas de billes brunes au parfum éloquent… Mais les boucs ne sont pas le Petit Poucet : ils avaient laissé tous les « cailloux » à l’endroit du bivouac ces gros bêtas !

Alors ceux qui aimaient bien ces petits boucs ont soupiré et encore cherché… Très longtemps dans cette forêt épaisse, sous une chaleur étouffante, en entendant glisser un serpent ici ou là sous les fougères ou les herbes desséchées, secouant leur torpeur grâce à quelques alertes (un chevreuil aperçu au loin, deux chèvres aux longues cornes sur une colline, un bêlement – hélas- de mouton, une sorte de claquement de sabots : juste des cimes de sapins d’entrechoquant dans le vent). Mais les boucs restaient introuvables, si bien camouflés dans leur robe marron comme les taillis, peut-être couchés dans un bosquet en attendant des heures plus fraîches, au plus profond de la forêt elle-même si dense, si sombre en été ! Les animaux des bois devaient bien se demander qui étaient ces messieurs. Les cerfs et chevreuils étaient probablement un peu jaloux. Et les boucs, eux, s’étant perdus, peut-être dans une folle cavalcade pour échapper aux marauds, ne retrouvaient plus le chemin de leur maison.
Et à la tombée de la nuit du 3ème jour, alors que tous avaient abandonné les recherches sauf le jeune homme, sa sœur et leur maman…

Et bien la petite marraine fée est passée en carrosse, avec sa maman, devant un petit bout de forêt comme tant d’autres. A cet endroit précis, la vaillante Dauphine avait absolument voulu emmener ceux qui cherchaient les boucs une demi-heure plus tôt sauf que personne n’avait voulu la suivre : « Mais non Dauphine, ils ne peuvent pas être ici, ce bout de forêt a déjà été sillonné en long et en large. Bien sûr, ils ont dû passer par là mais tu suis la piste à l’envers, viens… ». Et au bord de la route, juste au niveau de ce bout de forêt, les cinq boucs étaient là, broutant des ronces dans la pénombre. Même le bébé !

En reconnaissant la jeune fille ils sont venus la voir, et ce sont mis autour d’elle, AU MILIEU de la route, dans un virage, là où d’autres carrosses pouvaient arriver à vive allure… et il ne fallait pas effrayer les boucs, au risque qu’ils ne repartent se perdre de nouveau dans la forêt ! En les flattant doucement, la jeune fille a réussi à en attacher trois avec sa corde magique en attendant qu’arrive le grand frère (lequel fouillait au loin un champ de céréales) à qui seul obéissent les têtus petits boucs. Mais le grand Johnny, fier, emballé, un peu effarouché par toute cette aventure, a couru vers la maman qui, à cet instant, aurait donné très cher pour une bonne vieille armure du 11ème siècle. “Bloque-lui la route Maman !!!” criait la jeune fille. Alors la maman a étendu les bras, entrechoqué les genoux (ça ne servait à rien, mais c’était inné)… et fermé les yeux pour ne plus voir la taille des cornes qui lui faisaient face. Peu de temps après, merveille, le jeune homme est enfin arrivé dans son grand carrosse blanc, a appelé doucement cette énorme bête qui a aussitôt tourné sa grosse tête… et couru vers son éleveur tel un petit chien joyeux avant de sauter dans la camionnet… pardon, dans le carrosse princier, suivi de tous les autres…

Sauf le bébé !

Celui là, quel fripon ! Il faut dire aussi : cela ne faisait qu’un mois qu’il était à la chèvrerie. Alors forcément, le jeune homme qui l’appelait ne lui évoquait que de très vagues souvenirs, le carrosse princier et la corde magique de la jeune fille l’affolaient beaucoup, et la reine-mère entrechoquant les genoux ne lui disait rien qui vaille… Il est donc reparti galoper dans la forêt, comme un petit chevreuil effrayé. Il a fallu appeler du renfort pour le rattraper mais malgré tout, cela a pris beaucoup de temps, et il faisait nuit noire quand cette vive petite bête a enfin pu retrouver la direction du carrosse.

Devant tant de difficulté à rattraper le plus petit des cinq boucs, il a été facile de déduire combien les larrons ont dû avoir de « désagréments » le soir de leur forfait, et l’on comprend mieux qu’ils aient pu les laisser échapper. Rien que Johnny, Ontario et Popy lancés à toute vapeur, c’est à peu près la force d’un bison furieux… à 6 cornes !

Maintenant les cinq braves petits boucs, qui se sont bien défendus et dont l’on peut être si fiers, sont revenus au chaud dans leur étable qui fleure bon le foin frais. Ils se font caresser, viennent frotter leurs belles têtes intelligentes contre leurs éleveurs, roulant de gros yeux tout doux, tout calmes, mais un peu coquins… comme s’ils rigolaient encore de cette drôle d’aventure, puisqu’elle finit bien.

Ils vécurent heureux… et eurent beaucoup d’enfants ! »

Johnny aux grandes cornes (65cm), belle barbiche, et regard si doux <3

Voilà, ce petit récit est terminé… Certains vont se dire “Pff, que d’histoires pour quelques boucs”, et je ne leur en veux pas : Il se passe tant de choses bien plus graves ailleurs, je sais bien. Mais j’ai tout de même une pensée pour tous les éleveurs qui ont vécu le même choc et qui, eux, n’ont jamais retrouvé leurs bêtes. Et les vols se multiplient ces derniers temps… Bien au delà de la perte financière, il y a la tristesse, la révolte, le désarroi. La colère aussi, devant ces gens qui croient que l’on peut ainsi « se servir » gratuitement sur le travail des autres, sans penser à tout le mal qu’ils se sont donnés, ni à la peine immense que cela va leur faire… Se faire voler son MP3 ou ses lunettes de soleil, ça fait déjà un peu chi… suer. Mais une bête, c’est beaucoup plus déchirant.

Je précise juste, pour rassurer les petits (et les grands !) que les « braves petits boucs » sont sous très haute surveillance maintenant, dans une ferme habitée 24H sur 24, avec deux chiens de garde du genre « pas commode » mis à disposition par des amis le temps de se retourner (ce qui fait que si un voleur revient et échappe aux cornes des boucs, il partira, entres autres, avec un Staff planté dans chaque fesse).

Alors pour finir, nous nous posons beaucoup de questions : Qui étaient ses voleurs ? Pourquoi ont-il tenté cela ? Ont-ils vraiment « raté » leur kidnapping, ou bien ont-ils relâché les boucs en prenant peur, vu l’énorme indignation des gens du pays et toute cette mobilisation pour les retrouver…

Nous avons demandé aux principaux témoins, qui nous ont fait le rapport très détaillé, édifiant et parfaitement éclairant que voici : Mêêêêêêê ! Mais nous ne sommes pas sûrs d’avoir tout compris…

Et maintenant les recettes 😉

Crottins de chèvre  simplifiés

 

C’est la façon la plus simple de préparer les crottins de chèvre, sans pré-égouttage (comme pour les Chavignol) ni faire tiédir le lait (comme pour les Chabichou). Avec quelques variantes, cette recette ressemble d’ailleurs un peu à des picodons qui auraient été préparés dans des moules beaucoup plus hauts et étroits… ce qui donne au final un goût et une texture bien différents !

Alors du coup, quelle est la meilleure des trois méthodes pour préparer des crottins de chèvre ? Humph, quel choix cornélien… Le mieux serait de goûter les trois recettes du livre 😉

 

Ingrédients pour 5 crottins

Temps de préparation actif : 10 min

 

  • 5l de lait de chèvre cru et entier
  • 5cl de petit lait
  • 1 c. à café de présure*
  • Sel.

*(J’en parle dans le livre : Attention au dosage en chymosine ! Certaines présures pas assez dosées ne conviennent pas)

 

Mélanger le lait et le petit lait, couvrir, laisser maturer 12H à température ambiante. Ajouter la présure diluée dans un peu d’eau, mélanger, couvrir, laisser cailler 12H de plus.

Soutirer le petit lait, puis remplir à ras bord cinq faisselles d’environ 7,5cm de diamètre par 12cm de haut (photo 1). Attendre une minute ou deux qu’elles se soient un peu égouttées pour compléter de caillé s’il en reste dans la bassine.

Laisser égoutter 12H, puis saler (une cuillerée à café rase par fromage) le dessus de chaque faisselle. Laisser égoutter 12H de plus, sans retourner les fromages. Démouler délicatement sur une grille. Ne pas saler la deuxième face : Lors de l’égouttage, le sel ce sera déjà bien réparti dans le fromage. Laisser (éventuellement) ressuyer 12H de plus (sauf si on aime les crottins ultra-frais) puis savourer aussitôt ou passer à l’affinage de son choix.

 

NOTA :

=> Comme le caillé n’a pas été pré-égoutté sur toile (comme on le ferait pour les crottins de type Chavignol), il faut utiliser des moules bien hauts car en égouttant et séchant, la hauteur du fromage va diminuer de moitié ! Cependant, la forme un peu particulière de ces moules va…

1/Rendre un peu périlleux un éventuel retournement du fromage en cours d’égouttage (voilà pourquoi on n’essaye même pas…)

2/ Compliquer un peu l’égouttage, du moins si l’on compare à un fromage type picodon ou saint-marcellin qui est plus large et moins haut. Voilà pourquoi on sale le fromage dans sa faisselle au bout de 12H (cela booste l’égouttage ). Mais il ne faudrait pas non plus le mettre au tout début, sinon il serait « lavé » et les fromages ne seraient plus assez salés.

3/ Cet égouttage plus lent donne au final une texture fine et très fondante, moins sèche que celle des Chavignol : Mais veillez bien à ce qu’après le démoulage, ces crottins soient très bien aérés (sur une grille, qui ne trempe pas dans le petit lait) durant les deux ou trois premiers jours sinon ils risqueraient de développer des notes un tout petit peu amères.

=> On peut manger ces crottins ultra-frais (et même dès la sortie de la faisselle, en les mélangeant avec de la ciboulette par exemple), ou les affiner de la façon que l’on veut. A noter qu’au bout de seulement trois ou quatre jours d’affinage sur la grille et à température ambiante (autour de 18/20°), ces fromages commencent déjà à développer une peau ivoire et crémeuse très appétissante (voir sur la photo : ces fromages n’ont que trois jours d’affinage à 20°C) ! Mais le top des top, si on les aime très crémeux, c’est de continuer ensuite l’affinage dans une boîte en bois munie d’un paillon dans le fond (sinon, les fromages s’y colleraient !), encore deux ou trois jours de plus à température ambiante, et jusqu’à deux semaines en cave.

Après, il faudra mieux les mettre au réfrigérateur… à moins que l’on aime les déguster à la petite cuillère !

Brousse au lait et au sel (façon brocciu de Corse)

 

Voici une recette pour utiliser tout le précieux petit lait issu de la fabrication des fromages de brebis présentés dans le livre, mais que vous pouvez évidemment adapter en fonction des quantités que vous avez sous la main. Cette brousse est vraiment différente des autres fromages au petit lait, car aucun ingrédient acide n’est utilisé dans sa fabrication : C’est tout simplement l’alchimie entre le petit lait doux, le lait cru entier (rajouté en cours de cuisson) et le sel qui génère, en présence de chaleur, cette écume blanche d’une douceur voluptueuse… laquelle se raffermira en refroidissant (si vous n’avez pas tout mangé à la cuillère entre temps), formant ainsi un délicieux petit fromage, fondant et crémeux, à la saveur inégalée !

 

Ingrédients pour un petit brocciu

Temps de préparation actif : environ 10min

 

  • Environ 2,5l de petit lait (issu de la fabrication d’un fromage de chèvre ou de brebis)
  • 1l de lait de brebis cru et entier
  • 1 c. à soupe un peu bombée de sel fin.

 

Chauffer le petit lait à environ 40°C, puis ajouter le lait, le sel, et continuer de chauffer à feu doux, en mélangeant le moins souvent possible (juste ce qu’il faut pour que le fond n’attache pas). Quand la température approche des 90°C, il se forme une mousse épaisse et floconneuse sur le dessus. Après avoir baissé le feu au minimum (car idéalement, ça ne doit pas bouillir), la récupérer soigneusement avec une passoire à thé à grille bien fine, en égouttant chaque prélèvement au dessus de la casserole avant de le verser dans une faisselle à picodon. Laisser égoutter environ 1H sur une grille, puis couvrir soigneusement et mettre au frais au moins 3 ou 4H avant de savourer.

A conserver jusqu’à 1 semaine dans un récipient hermétique. Comme la ricotta, cette brousse peut se savourer sucrée ou salée, et s’intègre dans de nombreuses recettes (beignets, gratins, tartes…).

 

NOTA :

– C’est selon ce procédé (petit lait + lait entier + sel + récupération délicate de la mousse surnageant sur le dessus), qu’est fabriqué le brocciu corse, qui peut être indifféremment de chèvre ou de brebis. Quand le brocciu doit être commercialisé, son taux de lait ajouté ne doit pas dépasser 25% de la quantité totale (j’ai arrondi un peu la quantité de lait, car à la maison il est plus simple d’avoir des chiffres ronds). Evidemment, le terroir joue beaucoup dans le goût du véritable brocciu, car les brebis et chèvres de Corse se régalent de plantes du maquis aux saveurs littéralement envoûtantes… A noter que le brocciu Corse peut aussi être salé et affiné (on parle alors de brocciu passu).

– Une fois que toute la précieuse mousse floconneuse du dessus a été récupérée, on peut filtrer le liquide restant dans la passoire à thé : cela permet de récupérer encore un peu de matière qui se trouverait en suspension dans le petit lait. Mais attention ! Aussi mystérieux que cela puisse paraître, la brousse récupérée ainsi aura une texture moins fondante, plus grumeleuse, que celle formée en récupérant patiemment la mousse surnageant sur le dessus avec une écumoire ou une petite passoire ! La saveur en revanche ne changera pas.

– Attention, pour que le goût de votre brousse soit vraiment très doux, utilisez le petit lait juste après la fabrication des fromages (ou juste après les avoir démoulé, c’est à dire environ 8 après la fabrication), sans laisser fermenter le petit lait. Sinon, le goût du fromage sera différent, un peu plus acidulé. Mais cette variante a aussi ses adeptes !

 

Labneh (Fromage(s) de yaourt)

 

Labné, labane, labneh… ce fromage libanais a presque autant d’orthographes différentes, que d’affinages ou de formes possibles. Un seul point commun à tout cela : Une base de yaourt, tout simplement plus ou moins égouttée. Et dans tous les cas, la texture est incroyablement onctueuse !

 

Ingrédients pour une boule de fromage d’environ 500g, ou un bocal de petites boules à l’huile, ou une grande assiette creuse de fromage frais battu.

Temps de préparation actif : 20min

 

  • 2l de lait frais entier, microfiltré
  • 1 yaourt au lait entier
  • Environ 1 c. à soupe de sel fin.

 

Préchauffer le four à 55 ou 60°C maximum (vérifier avec le thermomètre à fromage), puis l’éteindre.

Chauffer le lait à 57°C, y délayer le yaourt, puis placer dans le four (éteint !) et laisser incuber 8H.

Placer une grande toile à fromage dans une passoire. Y transférer le yaourt, à la louche, puis nouer la toile et la pendre. Laisser égoutter 12H.

Ouvrir la toile, saler, mélanger, renouer la toile et laisser égoutter de nouveau…

  • Soit juste 12H de plus si l’on souhaite une texture crémeuse, que l’on battra quelques instants au fouet avant de la présenter comme au Liban, sur une assiette avec un peu d’huile d’olive, éventuellement des herbes et/ou épices, en accompagnant le tout de pain plat.
  • Soit 24 à 36H de plus (et même 48H) si l’on souhaite une texture plus épaisse (de type « pâte à modeler »). Dans ce cas, on peut servir la boule de fromage telle quelle, ou la façonner en plusieurs petites boules pour les affiner à l’huile (soit nature, soit après les avoir préalablement roulées dans un mélange d’épices, voir plus bas). Ainsi, elles se garderont plusieurs semaines au frais !

 

NOTA :

=> Le labneh en version sucrée ?

C’est une alternative plus saine et absolument irrésistible pour garnir un gâteau en remplacement du mascarpone ou de la crème fouettée… Pour cela, remplacez tout simplement la cuillerée de sel par 50g de sucre (afin que, comme le sel, le sucre aide à mieux égoutter le fromage). N’hésitez pas ensuite à rajouter du sucre ou du miel ainsi qu’un éventuel arôme (fleur d’oranger, essence de mandarine, vanille…) avant de garnir votre gâteau !

=> Le zaatar…

C’est un mélange d’aromates assez variable, pouvant associer thym, origan, hysope, sésame, calament (une sorte de petite menthe des champs), sarriette, sumac, mais aussi coriandre, anis, cumin et sésame. Pour que le zaatar soit bon, mieux vaut privilégier peu de variétés (par exemple juste origan, thym et sésame) mais vraiment parfumées plutôt que de multiplier les ingrédients plus ou moins éventés.

Cet été, je me suis mise au vélo (au tandem, plus exactement), et après des débuts un peu difficiles je raffole maintenant de nos longues sorties le soir, à la « fraîche » (quand il ne fait plus « que » 25 ou 28°C ;)), et que la campagne est si belle baignée de cette lumière particulière des soirées d’été. Cela m’a offert l’opportunité de quelques incroyables photos que je partage ici pour « dédommager » un peu ceux d’entre vous qui ont déjà mon livre sur les fromages et qui, du coup, connaissent déjà les recettes de ce post…

Du côté du Col de Toutes Aures

Près de Marnans, une ferme abandonnée

La silhouette d’un gros arbre comme je les aime tant, et au loin, les “Terres Froides” (qui s’étendent entre les Chambaran et Lyon, donc quand on tourne le dos au Vercors).

Un champ de pissenlits défleuris, lesquels sont encore bien plus beaux ainsi je trouve, avec leur petites têtes légères et argentées qui s’envolent au moindre souffle de vent.

Je suis tombée sur ce paysage samedi soir, c’était tellement beau…. Je serais bien restée là longtemps, mais on avait cherché les boucs toute la journée et j’avais faim à en tourner de l’oeil 😉 Heureusement qu’il y avait des mûres dans les fossés…

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{ Rayon de Miel }

2 juillet 2020

{ Rayon de miel }

 Gâteau tout simple pour l’été (avec ou sans chantilly lavande)

♥ IG Bas ♥

 

Il y a quelques jours, j’avais une petite fête à organiser à la maison, et le gâteau que j’ai réalisé à cette occasion était si bon que je l’ai refait pour vous le prendre en photo.

Je suis en revanche navrée car je n’ai pas beaucoup de temps pour écrire sur le blog aujourd’hui (je vous écris à plat ventre sur une valise pour tenter de la fermer… Haute-Savoie, nous revoilà !) mais je me suis dit que mieux valait vous poster cette recette vite-fait que de la poster dans 3 semaines… ou de ne pas la poster du tout !

Avec mon gâteau “Rayon de Miel”, vous aurez déjà sous la main une recette de base aussi simplissime que délicieuse pour se régaler en famille, y compris en cas de flemmingite aigüe (maladie très estivale il me semble) : tout se mélange en un tournemain comme un gâteau au yaourt, même vos enfants pourraient le faire sans souci. Le résultat ressemble à un quatre quart au miel (un peu) allégé en beurre, hyper moelleux, pas trop sucré, et pour tenir compagnie à une salade de fruits ou à une compote d’abricots un peu trop « sage » c’est le genre de petit dessert des vacances qui donne le sourire ! Et je ne vous parle même pas de l’idée de mettre un gros carreau de chocolat noir sur la tranche avant de croquer dedans ; je suis sûre que vous y avez déjà pensé.

Ce même gâteau, une fois chapeauté de chantilly lavande, prend tout de suite une dimension beaucoup plus « chic », avec un petit côté certes audacieux mais parfaitement maîtrisé : Beurre, crème, miel, vanille, lavande fine… Vos papilles seront littéralement transportées !

Juste le gâteau de base… La recette peut déjà s’arrêter là sans souci 😉

… Mais pour éviter toutefois qu’elles ne soient transportées au rayon des lessives écologiques (car la lavande en pâtisserie, ça dérape vite) suivez bien ces conseils :

– Utilisez de la lavande vraie (on l’appelle aussi lavande fine) de Provence et/ou d’altitude (et non du lavandin et encore moins de la lavande aspic), de qualité, bio, et pas éventée (c’est à dire ouverte depuis peu : on ne dégaine pas triomphalement le vieux flacon ouvert en 2014 qu’on vient de retrouver sous un canapé !).

– Mettez seulement 2 gouttes, pas une de plus ! Pour éviter toute catastrophe, mettez l’huile essentielle en premier. Comme ça, si vous lâchez 4 gouttes par mégarde, vous pouvez toujours laver le bol et recommencer. Alors que si ça tombe dans la crème…

– Ne faites pas l’impasse sur le sucre vanillé : avec la lavande, ça créé un accord parfait qui ” arrondit” encore davantage le parfum de la lavande, le rendant tout de suite plus floral, moins “camphré”.

– Enfin, sachez que ce gâteau est meilleur consommé le jour-même (idéalement, ne le mettez pas au réfrigérateur car cela le durcirait un peu.)

Ce gâteau “Rayon de Miel”, c’est vraiment une recette de pâtisserie comme je les aime : facile, sans adjuvant bizarre (même la jolie couleur parme de la crème est obtenue de façon 100% naturelle), avec des ingrédients sains, bruts, à IG bas… même si pour une fois il y a un peu de “vrai” beurre et de “vraie” crème” parce que de temps en temps, je ne suis pas contre ! J’espère que vous n’aurez pas trop de questions pour la réalisation car je ne pourrai pas répondre aux commentaires (voir plus bas), mais je ne suis pas inquiète car j’ai essayé d’anticiper tout ce que vous auriez pu me demander… Enfin, presque tout (je suis sûre que vous allez bien m’en trouver encore une ou deux de derrière les fagots 😉.

Bel été à vous tous ! On se retrouve fin juillet 🙂

(D’ici là, je donnerai peut-être quelques petites nouvelles rapides sur Instagram).

⇒ Nota : Pour cet article, je crains de ne pas pouvoir répondre aux commentaires, vraiment désolée, car je sais que je vais trop manquer de temps avant mon départ, et être complètement dépassée par les mails à mon retour… Mais je lirai tout avec un très grand plaisir !

 

Ingrédients pour 6/8 parts

Préparation : 10min + 5min pour la chantilly

Cuisson : 22min

Pour le gâteau de base :

  • 175g de farine T110 de grand épeautre
  • 3 oeufs
  • 5cl de jus de pomme
  • 125g de miel liquide d’acacia
  • 125g de beurre fondu
  • ½ sachet de poudre à lever
  • 1 grosse pincée de fleur de sel

Pour la chantilly-lavande (optionnelle) :

  • 40cl de crème fleurette entière, très froide
  • 2 gouttes d’huile essentielle de lavande vraie
  • 3 sachets de sucre vanillé
  • 100g de confiture de myrtille sans sucre ajouté (ou allégée en sucre).

Préchauffer le four à 180°C, chaleur tournante.

1/Gâteau :

Mélanger la farine, la fleur de sel et la poudre à lever. Faire un puits, y mettre tous les autres ingrédients, mélanger, verser dans un moule à savarin de 24cm et enfourner pour 22min.

2/ Chantilly lavande (optionnel) :

Fouetter la crème très froide en chantilly avec le sucre vanillé et l’huile essentielle de lavande, en ajoutant la confiture de myrtilles soit au fur et à mesure que vous fouettez la crème (si votre robot est bien puissant), soit vers la fin, en l’incorporant à la main, délicatement, une fois la chantilly bien ferme.

Chapeauter le gâteau une fois qu’il est bien refroidi, soit à la poche à douille, soit en formant des petites « quenelles » de crème avec une cuillère à soupe. Décorer éventuellement de fleurs de lavande fraîches si vous en avez au jardin.

Juste après l’orage, en lisière de forêt de Chambaran… Un petit moment de quiétude délicieuse avant de plonger (bien volontiers) la tête dans six ou sept valises 🙂

 

 

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Réussir ses fromages à la maison

15 juin 2020

{ Réussir ses fromages à la maison }

Frais ou affinés, yaourts, beurre, crème…

 

Ces dernières semaines, j’ai été sous l’eau comme jamais : Mon travail d’auteur (ce qui n’est déjà pas peu de choses) + les enfants qui font « l’école à la maison » + tout mon agenda 2020 qui a été chamboulé, que dis-je, balayé, que dis-je, anéanti par le Covid = Plusieurs journées de 15H devant l’ordi (sans exagérer) pour rattraper le retard.

Et c’est dur… j’ai même cru, franchement, que j’allais tomber raide vendredi dernier : Après avoir été « irradiée » non stop pendant une semaine à grands coups d’ordi, de wifi, de téléphone portable, de bluetooth et autres machiavéliques “grandes avancées” du 21ème siècle, je me suis sentie comme si je venais de réparer un réacteur nucléaire à mains nues. Il m’a fallu un bon week-end avec randonnée samedi et 62km de vélo dimanche (OK, c’est un vélo électrique, j’avoue) pour recommencer à me sentir un peu mieux. Et cette semaine qui s’annonce presque comme le précédente, pfff…

Voilà comment je me retrouve à vous présenter ce livre plusieurs jours après sa sortie alors que j’étais si impatiente de vous en parler, et que je me scotche la bouche depuis l’été dernier pour ne pas hurler sur les toits « Hé, les gars, vous savez quoi, je suis en train de faire un livre sur les fromages, je suis teeeeeellement contente !!! ».

Car ce n’est pas un bouquin comme les autres celui-là : il fera date ! Non pas que j’espère forcément un best-seller 😉 , mais juste parce que je ne suis pas prête de l’oublier :

D’abord, j’y pense depuis des années, et lorsque mon éditrice m’a donné le feu vert j’étais littéralement folle de joie car tous les sujets que je traite me plaisent, mais certains encore plus que d’autres, et celui-ci était sur le podium de mes rêves les plus fous en matière de bouquins (comme, du reste, celui que je suis en train de réaliser actuellement mais là chut! je n’en dis pas plus, c’est juste pour vous taquiner un peu, héhé).

Ensuite, parce qu’après en avoir rêvé si longtemps… ben je me suis pété le pied deux jours avant de l’attaquer ! Si c’est pas ballot…

J’ai donc TOUT fait en béquilles ou, au mieux, en boitillant sur une patte (quand ça allait “mieux”) ce qui vous prouve mon degré de motivation, mais aussi la réelle « faisabilité » des recettes que je vous propose, y compris quand on n’a pas beaucoup de temps, y compris quand on n’a pas beaucoup de disponibilité… y compris quand on a une double fracture des métatarses compliquée d’une bonne algodystrophie de derrière les fagots !

Car réussir à partir de bon lait bio ou fermier des laitages de type yaourts, fromages blancs, petits suisses, ou même des petits fromages dits « lactiques » (picodon, chavignol ou saint-marcellin par exemple), c’est à peu près aussi simple que de faire un gâteau au yaourt : On mélange deux ou trois ingrédients, on égoutte, on attend (plus longtemps que pour un gâteau au yaourt, OK), et voilà, c’est à peu près tout. Et puis, c’est bon pour la santé (car plus riche en ferments probiotiques, je vous explique cela dans le livre), délicieux, mieux pour la planète (car sans suremballages), très amusant (voir carrément enthousiasmant), beaucoup plus autosuffisant, et même plutôt sympa côté porte-monnaie.

Ce fromage de type saint-nectaire a été réalisé l’été dernier avec du lait cru de la ferme d’à côté… Je ne vous raconte pas comme il était crémeux et parfumé, j’en ai l’eau à la bouche rien qu’à revoir la photo…

Mais peut-on vraiment, à la maison, obtenir un fromage un peu plus délicat qui serait par exemple la réplique absolument parfaite d’un reblochon de Haute-Savoie, d’un saint-nectaire fermier d’Auvergne, d’un brie de Meaux ou d’un comté du Jura ?

Non, sincèrement, car à moins de bénéficier à la fois du bon terroir, d’un savoir-faire ancestral, d’un moyen idéal de mener l’affinage (la bonne cave, à la bonne température, avec la bonne aération, la bonne micro-flore indigène, etc.), sans compter éventuellement d’autres petits « détails » qui ont leur importance pour la réussite de certains fromages (la race de la vache laitière par exemple, ou encore l’essence du bois servant à fabriquer les planches où mûrissent les fromages en cave), on ne peut pas rivaliser, c’est clair.

Et il en est de même pour bien d’autres grands fromages de terroir… Ils sont inimitables ! Mais doit-on pour autant s’interdire un petit coup d’audace consistant à s’inspirer respectueusement du mode de fabrication de tel ou tel fromage ? Allez, soyons un peu intrépides, car en mettant toutes les chances de notre côté (du bon lait, une recette aussi proche que possible des méthodes traditionnelles, un affinage du même type, etc.) alors oui, il est possible d’obtenir en terme d’arôme, de saveur, de texture ou de croûtage un magnifique fromage maison qui ne sera pas une pâle copie, mais plutôt une interprétation touchante, délicieuse, authentique, de tel ou tel fromage transposé dans notre « terroir » à nous. Du moment que nous ne vendons pas ensuite notre fromage artisanal sous l’appellation saint-nectaire, reblochon, roquefort, etc. nous ne sommes pas des « faussaires », mais juste de dignes rejetons des générations de campagnards ayant réalisé chez eux, dans un coin de la cuisine ou du cellier, les fromages qu’ils avaient envie de fabriquer sans trop s’inquiéter de questions d’appellations.

Certes, tout cela peut sembler un brin audacieux car nous n’atteindrons jamais le degré de savoir-faire des fromagers professionnels, c’est évident. Et pourtant, avec de bonnes recettes et tout un tas de petit « trucs », nos fromages maison peuvent se montrer tout à fait épatants !

Absolument tous les fromages que vous découvrirez au cours de ce livre ont été réalisés par mes soins, dans ma cuisine, avec assez peu de matériel mais beaucoup d’amour et de passion. Evidemment, certaines recettes ont été longues à mettre au point et vous verrez, chaque détail à son importance mais au final rien n’est bien compliqué car faire du bon fromage, cela demande beaucoup moins de gestes techniques que la boulange ou la pâtisserie par exemple… Cependant, un fromage maison ne sera jamais aussi « parfait » ni aussi régulier d’une fois sur l’autre que son homologue fermier du terroir réalisé par un pro, il faut avoir l’humilité d’en être bien conscient. En revanche, vous ferez certainement mieux, avec du bon lait et de bons ingrédients, que la majorité des fromages industriels (même bio) ! Personnellement, je trouve par exemple mes chaources, brillat-savarins, picodons ou banons bien meilleurs que ceux des magasins (ils se « défendent » même bien par rapport à ceux d’un bon fromager, si si). En revanche, mes fromages à pâte molle (reblochon, saint-nectaire, camembert, morbier…) n’ont pas toujours une texture aussi régulière que ceux des fromagers car le processus de fabrication des fromages à pâte molle est délicat, mais je vous explique en détail mes petits « secrets » pour mettre toutes les chances de votre côté.

Avant de commencer, je vous recommande de lire attentivement, en tout début d’ouvrage, les pages « Dico du fromage bio », lequel synthétise par ordre alphabétique quelques secrets indispensables pour réussir, et qui vous donne plein de conseils allant des règles d’hygiène à l’affinage, en passant par les astuces pour trouver du lait fermier, l’égouttage, les ferments, la conservation, le matériel (minimaliste), la présure, le terroir, etc.

Vous trouverez aussi au début de chaque chapitre un petit texte d’entrée en matière (« Avant de commencer… ») qui regroupe les conseils pratiques propres à chaque type de laitage. Tout cela est très important alors surtout, lisez-les bien… avant de commencer ! Car tous ces conseils sont la synthèse de mes expériences, mais aussi d’échanges avec des fromagers.

Tout cela fera de vous des « fromagers amateurs » comblés…

 

Textes, recettes et photo : © Marie Chioca

 

 

C’était si difficile pour moi, l’été dernier, de rester coincée dans mon canapé avec un pied en mille morceaux… Alors mon cher-et-tendre m’a trimballée partout en bagnole -y compris sur des chemins à peine carrossables où l’on aurait pu laisser tout le bas de caisse en route – pour des « safaris photo » à travers la campagne environnante. Ce qui m’a permis de prendre l’air, mais aussi de photographier tant de jolies vaches, moutons, brebis, paysages… sans lequel ce livre ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui !

Au départ, exactement le même fromage (un brebis au lait cru de type pérail), fabriqué le même jour, avec le même lait. Mais le premier a été affiné avec plus de lavages à la saumure (c’est donc la bactérie brevibacterium linen qui a pris le dessus, celle du munster par exemple), contrairement au deuxième, qui n’en a reçu que 4 ou 5 en début d’affinage (il présente un léger feutrage blanc dû au champignon geotrichum candidum) : au résultat, un goût, une couleur, une texture totalement différentes … C’est “magique” ! Je vous détaille tout cela dans le livre !

Et maintenant je suis sûre que vous aimeriez bien un petit aperçu du livre, comme d’habitude. On ne change pas les bonnes traditions ;)…

 

Dans le 1er chapitre, vous trouverez des recettes de laitages type yaourts, petits suisses, fromages blancs, caillé, etc.

Par exemple du skyr islandais (un laitage très maigre et pourtant délicieusement onctueux)

Des yaourts delactosés (méthode dite “du bonnet de laine”)

Des yaourts de brebis, méthode au four (vous trouverez dans ce chapitre d’autres méthodes de yaourt alternatives à la yaourtière : par exemple dans une cocotte en fonte, avec cuisson préalable du lait ou non, tout est expliqué.)

Dans le genre “plus facile tu meurs”, vous y découvrirez aussi différentes recettes de caillebottes et de caillés : Ici, du junket puding, une vieille recette de pionniers américains à base de lait cru, de sucre noir (ou de mélasse) et d’épices douces. Un régal !

Dans le 2ème chapitre, on aborde les fromages dits “lactiques” de type picodon, rocamadour, chavignol, valençay, saint-marcellin, chaource, saint-félicien, brillat-savarin, etc.

Exemple avec ces crottins de chèvre simplifiés

Ce bleu crémeux

Ou ces petits chèvres bien coulants type rocamadour

Dans le 3ème chapitre, vous trouverez des fromages dits “à caillé présure” 

Par exemple ces chèvres de type banon, affinés en feuille de châtaignier

Ce brebis grec en saumure de type feta

Cette petite “meule des alpages” (de type gruyère )

… que l’on découvre ici une fois affinée. Quand j’ai pris la photo fin septembre (à genoux dans un virage des Chambaran devant un tabouret avec un fromage dessus), un garde forestier s’est arrêté, fort intrigué. Après lui avoir tout expliqué (non je ne sors pas de l’asile, je suis photographe culinaire et c’est le meilleur endroit du coin où j’ai les montagnes en fond), j’ai compris qu’il avait bien envie de le goûter, mon fromage ^^

Cette tomme de vache marbrée à pâte souple (de type morbier)

Ce fromage de brebis de type basque

Ou cette “Fleur de Savoie” (type reblochon)…

Que l’on voit ici une fois l’affinage terminé.

Dans le 4ème chapitre (celui qui m’a donné le plus de fil à retordre !) on aborde le cas des fromages sans présure animale, mais caillés à base de suc de figuier, de fleurs de chardon, de citron, de vinaigre, d’aizy, de kéfir, etc. (mais vous retrouverez aussi de nombreuses recettes de laitages sans présure disséminées dans les autres chapitres du livre).

Exemple avec ce fromage de chèvre provençal de type “brousse du Rove”.

… un délice très crémeux qui se savoure aussi bien salé que sucré.

Ce plateau de fromages variés à tartiner (caillage au petit lait)

Ou ces petits fromages de vache caillés au kéfir.

Dans le 5ème chapitre, on apprend à réaliser d’autres laitages de type beurre, crème, mascarpone, kéfir, etc.

Ici, le pas à pas pour réaliser du beurre cru maison…

Moulé dans un joli moule à beurre “vintage” 🙂

Il y aussi de la crème de gruyère (pour les loulous)…

Même si en toute sincérité, ce n’est pas exactement pareil que de la vache qui r*t 😉

Ghee (beurre clarifié, très digeste pour les personnes sensibles).

Dans le 6ème et dernier chapitre, on apprend comment “recycler” le petit lait en délicieux laitages de type sérac, ricotta, gaperon… Ainsi, rien ne se perd !

Fromage de type brocciu de Corse (j’ai dit “de type” brocciu, car tout le monde sait qu’on ne fait de vrai brocciu qu’en Corse, et je ne dis pas ça pour ne pas froisser mes amis corses, vu qu’ils ne sont pas susceptibles ;))

Une autre brousse de brebis, caillée de façon très différente.

Sérac Alpin au poivre.

Fromages de type picodon, banon, gruyère, saint-nectaire, brebis basque, cantal… en cours d’affinage (septembre 2019, et tous “fait-maison” !).

Acheter ce livre directement sur la boutique de mon éditeur, Terre Vivante

Pour en savoir plus :

Lien vers mon article « Alors le lait, bon ou mauvais ? » (clic)

Lien vers deux recettes complètes (le picodon de chèvre, et le saint-marcellin de vache) postées sur mon blog l’été dernier (clic)

Sommaire complet du livre et présentation sur le site de l’éditeur (clic)

Et enfin, une belle vidéo de qualité pour présenter mon ouvrage, tournée pour Terre Vivante par ma collègue et amie Aurélie Jeannette :

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{Permaculture, chapitre 2 }

28 mai 2020

 

{Permaculture, chapitre 2 }

Un jardin bio, ça a aussi le droit de ployer sous les fleurs…

(En bonus, un gâteau fraise-rhubarbe à tomber pour ceux qui en ont marre du jardinage ;))

 

Lors de mon dernier post sur ce blog, je vous ai déjà bien décrit l’aménagement général de mon jardin cultivé en permaculture (potager, verger, jardin de fleurs) et comme une bonne image vaut mieux qu’un long discours, je vous présente (presque) sans autre forme de blabla supplémentaire quelques photos des fleurs qui me réjouissent si fort en ce mois de mai précoce, même si je ne peux absolument pas toutes vous les photographier (sinon cet article ne serait plus “permaculture chapitre 2” mais “permaculture “tome 2“) ! Et puis, les fleurs estivales sont encore en boutons, et leur éclosion prochaine sera peut-être une bonne excuse pour un autre article, plus tard, quand la canicule aura un peu assommé les roses mais que les perovskias, hibiscus, bignones, gauras, sauges, etc. auront courageusement pris le relais, formant de jolies scènes impressionnistes sous le chaud soleil de l’été !

Avant de passer à la petite visite du jardin de fleurs, je voudrais vous confier une réflexion que je me fais souvent : quand on pense « permaculture », on imagine tout de suite et avant tout « jardin nourricier », à savoir des légumes, des arbres fruitiers, un poulailler… Mais il me semble que le jardin de fleurs y a aussi toute sa légitimité car s’il ne remplit pas directement les assiettes, il “nourrit” un peu l’âme du jardinier (ce qui n’est pas peu de choses) mais aussi – et c’est capital !- assure gîte et couvert à toute une kyrielle de petites bêtes auxiliaires. Un jardin potager ou un verger qui n’aurait pas de fleurs à proximité se porterait beaucoup moins bien, c’est certain.

Le rosier couvre-sol “Neige d’été”. Une vraie beauté, jamais assoiffé, jamais malade, toujours en fleurs… si touchant dans sa simplicité.

Il existe des fleurs de toutes sortes, mais pour que le jardin d’ornement soit, lui aussi, le plus résilient possible et apporte réellement quelque chose  (outre la joie du jardinier) au projet permaculturel général du jardin, il me semble intéressant de les choisir en fonction de certains critères :

– Sobriété en eau

– Affinité parfaite avec votre sol (car il existe des plantes pour les sols plutôt argileux, plutôt filtrants, plutôt acides, plutôt calcaires, etc. et une plante ne sera jamais aussi solide si elle n’est pas dans son “élément”).

– Adaptation idéale au climat local (sécheresse, canicule, pluviométrie, gels importants en hiver ou pas, etc.)

– Grande variété de tailles et de formes des plantes pour imiter ce qu’il se passe spontanément dans la nature, sans lésiner sur les couvre-sol (ce qui permet, au bout d’un an ou deux seulement, que les massifs de fleurs puissent quasiment « s’autogérer », sans passer devoir des heures à désherber).

– Propriétés mellifères

– Diversité importante pour que les floraisons, et donc les moments “mellifères”, s’étalent au cours des saisons.

– Nourriture et accueil pour les oiseaux, les lézards, les insectes auxiliaires, etc. (petites baies, possibilité de nicher…).

 

Chez moi (terre argileuse, climat très froid en hiver et très chaud en été), les plantes qui me donnent beaucoup de satisfaction sont les nepetas Six Hill Giant, les lavandes, les valérianes, les sauges vivaces (choisies parmi les plus rustiques, telle la sauge « Améthyste »), les lavatères, les géraniums vivaces (dont le sublime « Rozanne », si florifère et d’un bleu profond). Parmi les “plantes-bourriques” que je ne réussis pas très bien il y a les gauras (que j’aime pourtant tellement, comme toutes les fleurs au port un peu vaporeux qui créent un si joli brouillard végétal), les lins bleus (j’en suis fana, mais ils préfèrent les sols plus sablonneux), les anémones du Japon (réputées « increvables », sauf chez moi, et je suis très vexée !).

Parmi les envahissantes, qui se plaisent si bien que je dois limiter leur ardeur chaque année, il y a les asters (vraiment sans-gêne !), les verges-d’or et les menthes.

L’entrée du jardin. Une bordure de roses et de nepetas longe l’allée sablée. En été, les perovskias, les lavatères et les hibiscus assureront un décor totalement différent, mais dans les mêmes tonalités.

Du côté des rosiers, je sais que certaines personnes vont être un peu étonnées d’en voir autant dans un jardin qui se veut aussi écolo que possible, comme si cela était un peu trop beau pour être vrai. Car on associe souvent, dans l’imaginaire collectif, “jardin sobre” avec “jardin spartiate”, voire même, “jardin lunaire”. Or il n’en est rien. Mes rosiers sont très peu chouchoutés, ne reçoivent AUCUN engrais ni traitement chimique, et ne sont arrosés que leur première année de plantation (et exceptionnellement deux ou trois fois en été si c’est caniculaire). Mais je soigne toujours beaucoup le moment de la plantation, et chaque année au printemps je les paille généreusement avec le fumier de mes animaux (poules, lapins), en rajoutant parfois un peu de foin ou de copeaux dans l’été si besoin. C’est à peu près tout (avec une bonne taille de printemps), mais ces quelques soins, ils me les rendent au centuple…

On peut réellement créer un très beau jardin d’ornement en respectant tous les principes de permaculture tels qu’économie en eau, non travail du sol, absence totale de traitements chimiques, imitation des systèmes de la nature, etc. Il ne faut donc pas s’autocensurer ! Un jardin bio, un jardin “écolo” n’est pas forcément composé que de plantes grasses et de graminées. Même si je reconnais que dans le sud, certains jardins secs sont aussi tout à fait charmants… mais dans ma campagne, je rêvais davantage d’un jardin dans le style de celui de Monet, un jardin anglais, un jardin “de curé”, enfin, vous voyez un peu le truc. Luxuriant, sauvageon, généreux, rétro, un peu “foufou”. Et sobre aussi, et naturel. Et oui, c’est conciliable.

J’y vois un parallèle avec ce que je constate déjà en alimentation : Beaucoup de gens s’imaginent que pour manger sain, il faut absolument manger triste, et renoncer définitivement à la gourmandise. Comme si tout ce qui donnait du plaisir était forcément mauvais pour la santé ou faisait immanquablement grossir. Moi je suis là pour vous dire le contraire depuis des années : ne faites pas n’importe-quoi en alimentation certes, prenez les bonnes décisions, renoncez à la mal-bouffe et aux produits industriels, choisissez des aliments sains et surveillez vos portions mais à part ça, faites-vous plaisir en apprenant comment réaliser des petits plats qui mettent l’eau à la bouche, y compris des pizzas, y compris des plats de fête, y compris des gâteaux et desserts géniaux. Le tout étant de connaître quelques “trucs” pour tout bien concilier.

En jardinage c’est pareil : ne faisons pas n’importe-quoi, prenons les bonnes décisions en choisissant les bonnes plantes, économisons l’eau en paillant bien notre sol, etc. mais à part ça, faisons-nous plaisir en cultivant des plantes VRAIMENT très belles, dont nous avons VRAIMENT envie, y compris des rosiers si on aime ça, y compris choisis parmi les plus spectaculaires du moment qu’ils sont bien résistants (car tous ne se valent pas, et beaucoup n’ont pas survécu chez moi, j’avoue, comme tant d’autres plantes installées en grande pompe mais non adaptées, donc gardées en vie sous perfusion jusqu’à ce que je me dise “oh et puis zut”). Le tout étant de connaître quelques “trucs” pour tout bien concilier…

C’est un peu la “Saine gourmandise” appliqué au jardin… 😉

Bon, j’avais dit que je vous montrerai tout ça sans blabla… (Pardon).

Allez, on enfile nos bottes et on y va !

Textes et photos : ©Marie Chioca

Vergerette et campanule des murs pour donner une petite note bucolique à ce vieux banc de pierre (derrière la barrière, le domaine des toutous, qui nous lèchent les oreilles et nous mâchonnent les cheveux quand on s’assoit “poétiquement” sur ledit banc…).

 

J’aime les roses un peu « rétro », aux tons pastels et parfum capiteux… Mais ce qui me choque parfois un peu – et jusque dans les plus grandes roseraies -, ce sont les associations de couleur contre-nature : ainsi voit-on, par exemple, le rose dragée d’une grande douceur côtoyer l’orangé criard, ou le jaune canari faire affreusement jurer de grandes roses de velours grenat. Aussi me suis-je régalée à créer des massifs de roses (que j’appelle pompeusement mes « roseraies » ;)) aux camaïeux les plus harmonieux possibles : ces trois massifs ne se côtoyant pas, on les découvre au grès des flâneries dans le jardin sans que leurs tons ne jurent ou ne s’écrasent entre eux :

Mon premier massif, qui borde l’allée d’entrée, est entièrement construit dans des tons de « vrai rose », sans aucune pointe de rouge, de jaune ni d’orangé : Rose cerise, rose framboise, rose pétale, rose dragée… et même quelques déclinaisons de mauve ou de blanc s’harmonisent en douceur, le tout ponctué de fleurs ton sur ton (hibiscus, pivoines, géraniums vivaces…) parfois blanches, sans oublier les bleues (nepetas, lin et perovskias principalement).

L’un des rosiers de ce massif aurait dû être “Geoff Hamilton” mais il me semble que le rosiériste s’est trompé car une fois épanoui, il ressemble davantage à “James Galway”. Heureuse faute, puisque le voilà encore plus beau que prévu avec ses pétales si élégamment disposés ! A son pied, le géranium vivace “Brookside” hisse ses longues tiges aussi haut que possible histoire de faire admirer ses fleurettes au bleu intense.

Alors, “James Galway “ou “Geoff Hamilton”? On demande l’avis des connaisseurs 😉

“Young Lycidas”, rose sombre, et si beau.

“The Ancient Mariner” (David Austin, comme tous les rosiers précédents), aux énormes roses de forme parfaite.

“Chartreuse de Parme” (Delbard) : une jolie couleur, mais un feuillage hélas vite touché par les taches noires. Il a 14 ans, et c’est un des “pépés” de mon jardin 😉

Rosier “Souvenir de Louis Amade” (Delbard), l’un des quelques vétérans Delbard à avoir traversé les années sans prendre une ride. Ses roses, presque mauves, sont sublimes à l’ouverture puis la couleur passe un peu et devient grisonnant, c’est dommage. Mais en coupant les fleurs fanées de temps en temps il reste bien pimpant jusqu’à l’automne.

J’ai pu capturer les tous premiers rayons du soleil tombant sur mon massif d’entrée… Il faut s’imaginer cela à 7H30, à la fraîche, une tasse de café à la main, quand les oiseaux du jardin et de la forêt toute proche semblent se répondre en polyphonie… Sans compter le coq qui s’en donne lui aussi à coeur joie, mais sans toutefois pouvoir prétendre au même talent (bousilleur de concerto !).

 

Le deuxième massif de roses, situé à quelques encablures seulement du premier et tout proche de la maison (je l’aperçois même de la porte-fenêtre de mon salon) reste dans des tons de rose doux tout en oscillant doucement vers des teintes chair, pêche et abricot pastel. Parmi les vivaces qui soulignent ces jolies teintes on retrouve mes incontournables nepetas, mais aussi des campanules, de la menthe bergamote, diverses sauges aux teintes mauves, quelques pavots saumon, des sedums, des gauras blanches… En voici quelques aperçus :

“Fighting Téméraire” (Austin) aux larges roses un peu sauvageonnes.

Quelques campanules délicieusement champêtres (elles sont arrivées là toutes seules !)

“Sweet Juliet” (Austin)

“Boscobel” (Austin)

“Queen of Sweden” (Austin)

Mais aussi des pavots, des nepetas, des sauges (en arrière plant)…

 

Ma troisième et dernière roseraie, derrière la maison, est davantage une haie vive qu’un massif : comme deux bignones (une jaune et une couleur brique) y étaient déjà bien installées au milieu d’autres arbustes comme des hibiscus, des lilas, des seringats, des boules de neige, des chèvrefeuilles, etc.), je me suis fait plaisir en plantant des rosiers aux tons plus chauds, plus cuivrés, incluant aussi différents vrais jaunes et des roses approchant de très près l’orangé sans que jamais leur teinte ne soit trop vive à mon goût. C’est ma roseraie « agrumes ». Le pied des rosiers est habillé de nepetas (non, sans blague !), de géraniums vivaces et de millepertuis.

Au premier plan, “Graham Thomas” (Austin), suivi de “Yann Arthus Bertrand” (Meilland), deux valeurs sûres.

Autre vue, plus large, de cette haie. A droite, un mur de pierres, celui du garage, ou grimpe le rosier liane “Bobby james” (non photographié, ce sera pour une autre fois. )

Dans cette haie, on retrouve aussi par exemple “Orangerie” (Kordes)…

… dont les roses restent sublimes à tous les stades de leur épanouissement.

Mais encore “Jean Cocteau” (Meilland), qui hésitera toute la saison entre framboise et mandarine… et c’est bien ce qui fait tout son charme !

Ici, la rose “Marie Curie”, des nepetas et des aubriettes (en fin de floraison) pour ourler joliment le muret en contrebas de la haie…

Bouquet en progression… 😉 “Charlotte”, “Lady Emma Hamilton”, “Lady of Shalott”, “Orangerie”, “Graham Thomas”, “Golden Celebration”, “Fighting Téméraire”, “Liane Foly”, “Yann Arthus Bertrand”, “Crown Princess Margareta”, et “Marie Curie”. Ces tons de citron, de mandarine et d’orange sanguine…Pas de doute, ces roses ont toutes été cueillies dans ma haie “agrumes” !

C’est fait 😉 Il sera pour la chambre de ma Phiphi, aux mêmes camaïeux de corail et de jaune doux que ce bouquet.

Toujours ce bouquet, deux jours plus tard : en fanant légèrement les teintes se sont adoucies, je le trouve encore plus charmant ainsi !  A droite, toujours “Orangerie”, absolument sublime…

 

Comme j’aime bien les rosiers rouges mais qu’il me semblait qu’aucun de ces trois massifs ne pourraient en accueillir sans risque de faute de goût, j’en ai installé un qui me faisait rêver… au potager (“Eric Tabarly”, Meilland) ! Il n’était pas encore en fleurs lors du “reportage” alors ce sera pour une autre fois 😉

Divers rosiers grimpants aux teintes douces partent à l’assaut d’autres zones du jardin, se mêlant volontiers aux vignes et clématites.

Ici, le somptueux “Teasing Georgia” (the best of the best of the best meilleur plus beau génial top moumoute rosier of the world de l’univers). Il a 15 ans, pousse les pieds dans la caillasse…

Et ne cesse de nous éblouir, année après année.

Ses roses, d’un jaune doux tirant sur le crème en fin de floraison, sont même délicieusement parfumées.

Autre grimpant au charme extraordinaire, “A Stropshire Lad” (Austin), qui part à l’assaut de l’entrée de l’atelier et chatouille les oreilles de mon mari à chaque fois qu’il va chercher un outil. S’en sont suivies quelques séances de taille un peu vengeuses, mais rien à faire. A Stropshire Lad est têtu…

Têtu et MAGNIFIQUE…

Comme je vous le racontais dans le dernier article, un champ de boue jaunâtre décaissée à la pelleteuse s’étalait derrière la maison lorsque nous l’avons achetée il y a 15 ans. Nous y avons construit un mur en galets du pays pour terrasser un peu tout ça, et un petit oratoire. Exposé Nord-Ouest, c’est notre jardin d’été, si frais grâce à la brise qui descend de la forêt toute proche. Nous n’avons pas semé de gazon (trop fragile) mais attendu patiemment que repoussent des graminées sauvages lesquelles, une fois tondues, donnent une pelouse tout à fait acceptable, c’est à dire piétinable et rustique à souhait ! En été, ça devient un paillasson mais bah, un orage d’août et ça repart…

Des rosiers blancs pour Marie…

Dont “Crocus Rose”, (Austin) vraiment extraordinaire…

… et sachant même faner joliment, sans brunir, ce qui est rare chez les roses blanches.

… et “Neige d’été”, que je vous ai déjà présenté…

… dont les petits boutons légèrement rosés s’ouvrent en larges corolles d’un blanc très pur.

Juste derrière la clôture de ce jardin s’étend un champ non cultivé d’un hectare où les graminées se balancent au soleil. Et juste après commence la forêt de Chambaran, immense, sauvage, un brin mystérieuse, je l’aime tant… Plus encore que mon jardin ! C’est un tout autre terrain de jeu pour une assoiffée de nature telle que moi… 🙂

Maintenant, j’ai aussi pensé à tous ceux d’entre vous qui ne sont pas fans de jardin et que cet article pourrait un peu barber… Alors voici une recette pour vous réconforter un peu parce que les fleurs, et tout et tout, ça ne se mange pas, on est bien d’accord, et deux articles de jardin à la suite sur “Saines Gourmandises” c’est un peu abuser, OK 😉

(Psst : Ceux qui ont un jardin, et plein de jolies fleurs, ont aussi le droit d’y goûter)

 

Gâteau au fromage blanc, curd fraise-rhubarbe

La saveur toute douce de ce gâteau un peu humide forme une association parfaite avec la crème acidulée fraise/rhubarbe. Comme les jaunes d’œufs ont été utilisés pour le curd, on ne met que des blancs dans le gâteau, d’où sa teinte très claire et sa texture un peu étonnante, autant au moment de la préparation que de la dégustation. Ce gâteau au fromage blanc très simple peut aussi se savourer avec de la confiture ou de la compote maison.

Ingrédients pour 6 personnes

Préparation : 25 min

Cuisson : environ 10min à la casserole + 30min au four

Pour le curd :

  • 350g de rhubarbe
  • 350g de fraises
  • 150g de sirop d’agave
  • 3 sachets de sucre vanillé
  • 4 jaunes d’œuf
  • 20g de farine
  • 75 g de beurre

Pour le gâteau au fromage blanc :

  • Environs 250g de fromage blanc en faisselle
  • 4 blancs d’œuf
  • 200g de farine T110
  • ½ sachet de poudre à lever
  • 55g de beurre
  • 100g de sirop d’agave
  • 1 c. à soupe de jus de citron
  • Une pincée de sel.

Avant toute chose, renverser le fromage en faisselle dans une passoire fine et laisser égoutter au dessus d’un bol le temps d’avancer la recette.

Préchauffer le four à 180°C.

1/ Curd :

Eplucher la rhubarbe (uniquement si les tiges sont très grosses), puis l’émincer en tronçons de 5 cm. Equeuter les fraises et les mettre dans une casserole avec la rhubarbe, le sirop d’agave et le sucre vanillé. Laisser compoter à feu doux jusqu’à ce que les fruits soient bien tendres et que le jus ait bien réduit.

Mettre le beurre, la farine et les jaunes d’œuf dans un blender, rajouter la compotée brûlante et mixer soigneusement. Réserver.

2/ Gâteau au fromage blanc :

Mélanger la farine, le sel et la levure.

Fouetter les blancs en neige.

Faire fondre le beurre, puis le mélanger avec le fromage blanc, le sirop d’agave et le jus de citron. Verser cette préparation dans le bol des blancs en neige, ajouter la farine, puis mélanger le tout en soulevant le mélange dans un mouvement tournant à l’aide d’une spatule souple, juste ce qu’il faut pour obtenir une consistance assez homogène (ne pas insister).

Verser dans un cercle à pâtisserie d’environ 22cm de diamètre, égaliser et enfourner 25 min.

3/ Montage : A la sortie du four, laisser un peu refroidir le gâteau. Le retourner sur un plat (pour que la partie la plus plate et régulière se retrouve sur le dessus car le gâteau va se bosseler un peu en refroidissant). Le napper de curd fraise-rhubarbe et bien égaliser à la spatule.

Ce gâteau se savoure tiède ou froid, au choix.

⇒ Pour la déco…

J’ai enfourné des tronçons de rhubarbe légèrement badigeonnés de sirop d’agave en même temps que le gâteau pour les faire rôtir. Une fois refroidis, je les ai disposé en bandes sur les ¾ du gâteau (en recoupant les bords aux ciseaux) puis j’ai ajouté quelques fraises et fleurs de sureau.

Et aussi, sur Youtube… (même si le thème n’a rien à voir ;))

Poussée par mon fils Jean qui m’aide beaucoup dans ce projet, je vais tenter de tourner tous les 15 jours pour vous une petite vidéo de cuisine ou de permaculture parce que la vidéo est un vecteur très pédagogique, je pense, pour montrer ce qu’il est un peu compliqué d’expliquer avec des mots ou des photos. Gestes de pâtisserie, astuces de jardin, pain au levain, recettes… Vous pouvez vous abonner si vous souhaitez être sûr de ne rien rater.

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{ Où je vous parle de mon jardin… }

12 mai 2020

 

{ Où je vous parle de mon jardin en permaculture… }

Et de mon potager en particulier !

 

Ces dernières semaines, si déconcertantes, ont été grandement adoucies par le bonheur d’être en famille à la maison… Mais mon jardin a aussi joué un grand rôle à la fois rassurant, consolant, joyeux, poétique, étonnant, distrayant, nourricier, bref, du baume au cœur, un baume 100% bio et naturel à base de fleurs, de miel, de sucs de plantes et de perles de rosée…

Pauvre jardin, dans lequel je regrette chaque année de ne pouvoir passer plus de temps malgré la tendresse que je lui porte… Il a été tout étonné ce printemps de me voir chaque jour, même sous la pluie ! Autant dire qu’il en est tout transformé, et sans ressembler non plus au Potager du Roy à Versailles (et tant mieux, car je suis pas tellement adeptes des thuyas savamment taillés en suppositoires géants), il a quand même une bonne tête de jardin campagnard délicieusement rétro, avec des légumes et des fleurs à profusion formant une sorte de gros bazar harmonieux, les graminées sauvages chatouillant le nez des roses, les corolles toutes légères du lin bleu égayant les plans de pommes de terre (tout en les protégeant, beaucoup plus prosaïquement, des doryphores), les potirons partant à l’assaut des treilles dans une course amicale contre les vignes, les marguerites, coquelicots et bleuets formant de jolies touches impressionnistes au pied des fruitiers (tout en abritant la faune auxiliaire)… Sans oublier, au potager, les vrilles charmantes des pois gourmands, le feuillage si fin des carottes, les grosses laitues craquantes semblant mourir d’envie d’être dévorées et le popotin tout rose des petits radis sortant de terre pour prendre un peu le soleil. Bref, tout cela, c’est une merveilleuse découverte au jour le jour, et je visite mon jardin chaque matin avec une joie sans cesse renouvelée. Hier j’ai découvert la première fleur de pivoine, d’un rose chair si doux… Un plan de fenouil sauvage s’est installé à côté, tout seul comme un grand, et son feuillage si fin, si aérien, est juste l’accord parfait pour souligner ces grosses fleurs si généreuses.

” Roses anglaises “Teasing Georgia”, “Bathsheba” et “Crown Princess Margareta” (David Austin), associées à du gaillet blanc, une “mauvaise herbe” si charmante que je me garde bien de l’arracher !

Après la visite de deux jolis pigeons dans mon cerisier, j’ai craqué et installé un couple de “texans” dans la volière de mon poulailler : ils couvent déjà ! En attendant de voir à quoi ressemble un petit pigeon (il paraît que c’est particulièrement laid, genre E.T. avec des ailes), plusieurs ravissantes boules de plumes jaunes et noires sont nées au poulailler. Quant à Chingachgook le canard, il a bien grandi et nous suit partout de sa démarche dodelinante si comique… Une couvée de canards « coureur indien » (des vrais, cette fois-ci ;)) a été lancée, et on attends tout cela avec beaucoup d’impatience car en plus d’être très affectueux et carrément délirants avec leur démarche de vieux gentleman très digne qui aurait été filmé en accéléré, ce sont paraît-il des bouloteurs de limaces hors pairs ! Je vous dirais ça quand j’aurais testé. Pourvu que ce ne soient pas des coureurs indiens vegans, qui préfèreront mes salades…

Ce jardin, je le cultive en appliquant jour après jour un maximum de principes de permaculture, apprenant chaque saison un peu plus sur la vie du sol, les associations de plantes, l’importance du non-travail de la terre, ou les échanges de « bons procédés » entre auxiliaires du jardin et végétaux par exemple. Sans oublier l’importance d’ouvrir grand les yeux pour trouver, le plus localement possible, des ressources formidables pour pailler, soigner les plantes, ou améliorer la fertilité du sol sans devoir acheter en jardinerie des sacs onéreux et venant de loin.

Mon jardin, qui entoure totalement la maison mais pas de façon très équitable, se découpe, grosso modo, en 4 zones :

1/ Une cour de ferme exposée sud-ouest, devant la maison, avec une grande allée sablée : ce n’est pas l’endroit le plus fertile du jardin puisque l’allée doit rester « carrossable »… Mais cette cour a deux zones de pelouse (composées de plantes et graminées autochtones, plus résilientes que le gazon), une cabane d’enfants avec mini-potager (composé principalement de fraisiers en guise de « légumes », tu parles ;)) et « mini-clairière secrète » lovée au milieu d’une haie de lilas et d’arbres à papillons. Quatre grands massifs de fleurs dans le style « jardin anglais » (associant rosiers et plantes vivaces vaporeuses) suivent l’allée en laissant déborder leurs jolis coussins bien ronds de népétas et géraniums vivaces. On trouve aussi dans cette cour plusieurs treilles plantées de vignes, des rosiers grimpants, deux figuiers, un mûrier platane, des herbes aromatiques, bref, beaucoup de vie, et cette zone du jardin si colorée, parfumée et bourdonnante, a bien changé depuis que nous avons acheté la maison (à l’époque, c’était une allée gravillonnée, un gazon uniforme, et quelques arbustes d’autoroute paillés aux écorces de pin, bref, rien de bien charmant, et le quasi vide en terme de biodiversité). Mais cette zone-là, qui est la plus proche de ma maison, je vous en parlerai dans un prochain article 😉

Je laisse fleurir quelques choux tôt au printemps, c’est le délice des petites abeilles…

2/ Derrière la maison, au nord-ouest, il y a un morceau de terrain se présentant sous la forme d’une bande assez étroite (environ 4m), et qui était au départ un sol très dégradé car décaissé à la pelleteuse ! La terre, jaune, glaiseuse, est du pur pisé, celui dont on se sert pour monter les murs des maisons dans ma région… Donner de la vie et du charme à cet endroit du jardin a donc été une gageure !!! Maintenant, on y trouve une grande haie très diversifiée associant des petits fruits et des floraisons échelonnées sur plusieurs mois, une sublime collection de rosiers dans un camaïeu de jaune doux, pêche et tons cuivrés soulignée de plantes couvre-sols bleues et mauves, deux pruniers, une glycine, deux bignones, et j’en oublie, c’est sûr ! Cette haie est un refuge merveilleux pour les oiseaux du ciel… Même si elle est aussi pleine de lézards verts du genre Jurassic Park miniature (pas si « miniatures » que ça), qui nous filent souvent des frousses du tonnerre de Brest quand on ne s’y attend pas^^. Là aussi, cette zone – qui aurait pu servir au départ pour une reconstitution historique sur la bataille de Verdun – est devenu au cours du temps bien plus fertile, fleurie, mellifère, animée de l’incessant balai des abeilles et papillons, même si cela ne s’est pas fait en un jour mais petit à petit, tout tranquillement… Il a fallut passer par les plantes pionnières, les lasagnes, les paillages et tutti quanti, mais ce serait bien long de vous raconter tout cela aujourd’hui.

On y a construit un grand muret de galets pour soutenir la terre décaissée, un joli petit oratoire dédié à Notre Dame Reine de la Paix, un barbecue vertical (c’est tout de suite plus prosaïque ;)) et depuis, c’est notre jardin d’été, car exposé plein nord et souvent rafraîchit par une petite brise descendant de la forêt toute proche, cet endroit est un délice par temps de canicule grâce à son ombre bienfaisante et sa pelouse si fraîche. De cette zone du jardin, bordée d’un immense champ d’un hectare non cultivé (un agriculteur y fait ses foins), on a vue sur les sommets et crêtes de la forêt de Chambaran (qui commence juste après le champ, on habite donc quasiment à l’orée des bois), dont une petite colline de pâturage couronnée d’un énorme chêne, au loin. Et cette silhouette se découpant sur le ciel du soir, avec ou sans les vaches broutant paisiblement à son pied (selon le vent, on entend même tinter leurs jolies cloches), je ne m’en lasserai jamais… Mais ça, je vous le présenterai un autre jour aussi 😉

On a dit qu’on ne parlait que du potager, et je ne vous ai pas (encore ;)) photographié les autres zones du jardin. Mais je craque quand même (c’est plus fort que moi !) pour quelques roses, dont “Lyne Renaud” (Meilland) un rosier somptueux qui accueille les amis à l’entrée du jardin depuis plus de 10 ans.

3/Au sud-est, c’est le verger, composé de divers pommiers, pruniers, mais aussi un noyer, un pêcher, un poirier, un plaqueminier, un cerisier (gigantesque !) et une haie de noisetiers. Mais c’est aussi la pâture des poules ! Cette zone de prairie est non fauchée, si ce n’est par la gourmandise des cocottes. C’est aussi ma réserve d’orties sauvages (pour la soupe, mais aussi le purin et la fertilisation du potager), que les poules boudent parce que ça pique (on les comprend !). Pour aller de leur grand poulailler/volière (contre le mur sud-est de la maison) à cette partie du verger qui leur est destinée (mais clôturée, vous allez voir pourquoi !), les poules doivent emprunter un petit tunnel sous-terrain construit par mon mari car sinon, elle seraient obligées de traverser une bande du verger trèèès dangereusement tentante car menant tout droit… au potager 😉

D’ailleurs, des potagers il y en a deux chez moi, dont un dans cette zone de verger sud-est (celui qui serait directement menacé sans le tunnel à poules) : Il tout simple, parfaitement rectiligne et rectangulaire, le sol y est assez sablonneux, et je l’ai beaucoup cultivé il y a quelques années avant qu’il ne devienne un terrain de foot/badminton ces derniers temps faute de disponibilité de la jardinière. Il est redevenu cette année un potager grâce à Grelinet mon cher fils (qui, rassurez-vous, ne s’appelle pas Grelinet dans la vraie vie : c’est juste un petit nom attachant que je lui ai trouvé en le voyant défricher bravement, à la pioche et à la grelinette, ce bout de terrain tassé et piétiné par des années de parties foot déchaînées). Cette terre, une fois défrichée, est assez agréable à travailler, mais a bien besoin d’un coup de pouce pour améliorer sa fertilité et sa structure : lasagnes, engrais verts, paillages nutritifs, amendements… je suis en train de reprendre les choses en main tout en y menant déjà quelques bonnes cultures de légumes.

Toujours dans cette zone sud-est de verger-potager, j’ai deux énormes tas de compost dans le bas du terrain (où je plante chaque année des pieds de courges, sachant que j’ai une façon très particulière de produire du compost, en lasagne, avec courges ET phacélie durant tout l’été, je vous raconterai peut-être ça un jour), des patates douces qui grimpent contre la clôture (c’est un essai cette année), un massif de framboisiers et cassissiers (bien paillés, et au pied desquels je plante aussi des courges pour qu’elles puissent faire profiter les framboisiers de leurs divers arrosages et fertilisations), un large carré de pommes de terres plantées « sur gazon » (encore une technique de permaculture, mais je ne peux hélas pas tout expliquer dans les détails aujourd’hui)… et c’est à peu près tout. De cet endroit du jardin, on aperçoit des champs cultivés, mais aussi une petite route de campagne (en contrebas, bordée de merisiers sauvages et d’acacias absolument géants où s’ébattent de nombreuses pies, piverts, coucous et écureuils pour assurer le spectacle à toute heure du jour) et, au loin, les massifs de la Chartreuse et des Alpes. Bref, c’est bien joli aussi.

L’ail se consomme aussi immature, comme ici, avec ses tiges et ses feuilles. On appelle cela de l’aillet, et c’est tellement, mais tellement bon ! Au jardin, il prend la suite de l’ail des ours, qui disparait courant mai pour réapparaitre comme par magie en grands tapis l’année suivante, en mars, dans le coin le plus humide et le plus ombragé de mon potager.

4/ Enfin, LE potager principal, plein sud, et ceint d’un ancien petit muret moussu, charmant, qui coupe le vent et crée un formidable micro-climat (les anciens faisaient bien les choses). C’est de lui que je vais davantage vous parler aujourd’hui (pas du muret, du potager !) : Cet endroit est planté d’un vieux cerisier, d’un vieux mirabellier, et ils sont tout deux si généreux en fruits malgré leur grand âge que je partage volontiers avec eux cette zone assez fertile, argilo-limoneuse, au sol un peu lourd mais que j’ai réussi à bien améliorer grâce à divers amendements (engrais verts, apports massifs de compost et/ou compostage en surface, paillis nutritifs, etc.). Ce potager-là, que j’ai toujours cultivé en l’agrandissant un peu plus chaque année grâce au principe de la lasagne, est d’une générosité folle : à cette date, 12 mai, nous avons déjà mangé 81 salades en moins de 2 mois (promis, nous notons tout sur un carnet), et ce n’est que le début. Les légumes y sont plantés assez serrés, avec une succession de cultures quasiment non stop, bref, un ratio « surface/production » très élevé. C’est ma façon à moi de voir le potager, car avec toutes ces bouches à nourrir et un espace relativement petit (environ 50 à 60m2 pour ce potager-là), je ne peux pas me permettre, même si j’aimerais beaucoup, d’intégrer de larges allées confortables, ni de mettre les légumes bien à l’aise… Chez moi, ils doivent pousser en cohabitant de très près avec les autres, sans râler !

Cette plantation un peu dense au potager pose trois problèmes :

1- Il faut bien veiller à la fertilité du sol (mais là ça se passe bien, et chaque année ma terre est un peu plus riche et vivante grâce à divers principes de permaculture dont le non-travail du sol, le paillis nutritif quasi-permanant, etc.).

2- On peut voir apparaître quelques maladies cryptogamiques (par exemple un peu de mildiou sur les salades, ou de pourriture du collet) mais ce n’est jamais catastrophique grâce à la grande diversité de légumes cohabitant entre eux, dont certains avec des interactions très bénéfiques. Il serait par exemple extrêmement risqué de planter aussi serré uniquement de larges planches de laitues en monoculture : les insectes ravageurs et divers maladies s’y répandraient en un clin d’oeil. Mais en les intercalant par exemple avec des tomates, des cebettes, des épinards, des poireaux, etc. sans oublier les fleurs mellifères (qui attirent toute une gentille petite armée d’insectes auxiliaires), ça se passe plutôt bien ! Et puis j’ai toute une petite « pharmacie » de produits tout simples et naturels pour intervenir si besoin (le moins possible) : Huiles essentielles anti-fongiques (origan, sarriette, géranium..) et très bien tolérées par les légumes même très jeunes, savon noir, bicarbonate, décoction de prêle, petit lait… éventuellement soufre ou bouillie bordelaise dans de rares cas d’enquiquinements récalcitrants.

3- Il ne faut pas faire l’éléphant dans un magasin de porcelaine ! Et je rouspète un peu, parfois, toute seule dans mon jardin, car emprunter les allées s’apparente beaucoup à un jeu de marelle, étant donné que je n’ai pas d’allées (place perdue) mais juste des tomettes de terre cuites disposées çà et là pour poser le bout du pied sans écraser les légumes ni tasser cette belle terre aérée. Il en faut de l’équilibre, surtout avec un arrosoir de 20 litres à la main ! Et quand on s’accroupit un peu vite pour prélever une cebette, il ne faut pas oublier que derrière, se cache peut-être un machiavélique tuteur de piment en bambou qui ricane d’avance à l’idée de nous pourfendre le fessier gauche !

Mon potager en avril : C’est le seul moment de l’année où l’on voit la belle terre brune entre les frêles petits légumes. Après, le sol sera paillé, et le potager deviendra une vraie jungle nourricière ! Gardez bien cette photo en tête : je vous la reprendrai sous le même angle dans deux mois et on en reparle 😉

Mi-mars, j’ai semé et planté, en plus de mes 150 laitues (oui parce que chez nous, quand on fait de la salade – et c’est tous les jours en cette saison où il n’y a quasiment que ça au jardin – il en faut au moins quatre dans le saladier pour que tout le monde puisse en avoir une assiette décente. { J’ai un saladier de compet’, ma sœur doit s’en souvenir, c’est un truc en inox de 45cm de diamètre qu’on s’est trimballé toute une journée dans le Vieux-Nice accroché à une poussette il y a déjà 8 ans de ça 😉 }, de la roquette, du persil, des bulbilles d’ail et d’oignons, des épinards, des radis, des pois mange-tout, des pois croquants, des carottes, des choux et des blettes. En avril j’ai fait une lasagne de légumes verts (voir la vidéo, un peu plus bas), abritant du chou noir toscan (j’en suis archi-fan !), d’autres blettes (des niçoises, celles sans cardes), des choux flower sprout (quel horrible nom pour ces petits choux roses si jolis et savoureux ;)), des céleris, des choux chinois Tsoi Sim, des choux chinois Tah Tsai (je me la pète un peu mais je viens de vérifier, comme chaque année, l’orthographe sur le sachet de graines), de la tétragone, d’autres laitues, du basilic… tout cela avait été préalablement semé en petits godets courant mars et chouchouté bien au chaud, sur la dalle de la porte-fenêtre plein sud contre la maison.

La “grelinette” home-made, conçue et soudée par mon cher-et-tendre. Je suis très fière de lui (même si elle pèse un poids terrible du coup c’est lui qui la passe, hé hé…)

Fin avril, comme le printemps a été précoce cette année j’ai aussi eu la témérité de planter les pieds de tomate, de courgettes, de poivrons, de piment, de basilic, de courges et de potirons… et même, d’aubergines (!) avec un mois d’avance.

Je viens aussi de semer en godets et cagettes des légumes pour la fin de l’été et l’automne : poireaux, choux chinois, choux frisés, d’autres céleris, fenouils, etc. puis, un peu plus tard dans l’été, je penserai aux chicorées, laitues d’hiver, mâche, cresson, navets (pour les bons pot-au-feux ! »), claytone, etc., qui viendront compléter les récoltes hivernales de carottes, poireaux, courges et potirons, oignons et autres choux.

Toutes ces cultures prendront la place de cultures finissantes : par exemple, poireaux après le ramassage des pommes de terre, choux après les laitues ou les carottes de printemps, chicorées et laitues d’hiver après les pois gourmands, mâche et roquette glissées un peu partout où il reste de l’espace, bref, comme je le disais plus haut, mes légumes se serrent les coudes, c’est du « bien vivre ensemble » obligatoire, content ou pas, y’a pas trop le choix, et c’est cela qui me permet de récolter autant (à condition, je le reprécise, de bien m’occuper de mon sol  : ce petit bout de terre me nourrit généreusement, je le nourris en retour, c’est la moindre des gratitudes :)), et aussi de veiller à ce que les légumes soient courtois entre eux. Là par exemple je viens de récolter des choux certes encore un peu trop petits, mais parce qu’ils avaient décidé, malgré mes admonestations, d’étrangler les poivrons pour avoir toute la place. Je les avais prévenus !

Le fait de semer en godets permet de produire davantage, car le mois (ou les deux mois) que tel ou tel légume passe chouchouté ainsi en pépinière permet qu’un autre légume soit en train d’occuper l’espace au potager pendant ce temps.

La terre de mon potager, après 6 ou 7 ans de pratiques de permaculture…

Je ne cultive pas de topinambours (et pourtant j’en raffole) car des agriculteurs du pays en ont planté un champ entier au cœur de la forêt il y a quelques années (pour nourrir les sangliers et, si j’ai bien compris, éviter qu’ils ne s’en prennent trop aux autres cultures) et ils nous ont dit qu’on pouvait en prendre tant qu’on voulait. Alors je ne vais pas m’en priver, et chaque automne, je fais comme les sangliers : le nez dans la terre, je fouille avec une petite pelle (n’ayant pas de groin) et je déterre des topinambours, c’est rigolo comme de chercher des œufs de Pâques, version “gros bébés de 40 ans” ;).

 

Ont dit généralement que pour nourrir une famille de 4 personnes, il faut environ 500m2 de potager. J’en suis très loin, car mes deux potagers totalisent à peine environ 120m2 à eux deux si on compte aussi les patates sous gazon et les diverses lasagnes rajoutées cette année (voir la vidéo plus bas). Mais même les années précédentes, avec seulement mon « potager fortifié » (celui entouré d’un vieux mur ;)) de 50m2, on a été presque autonomes en salades, tomates, cebettes, poivrons, courges… et surtout courgettes (qui veut des courgeeeeeetttes ?). Sans compter plein de choux différents, des poireaux, etc. Cette année, en rajoutant le deuxième potager et trois lasagnes, j’aimerais bien savoir exactement combien je récolte, voilà pourquoi nous avons décidé de tout noter : j’ai posé une balance sous le auvent, devant la porte de la cuisine, avec un petit carnet de type répertoire posé à côté : chaque onglet de légume est représenté par une gommette de sa couleur (violet pour les aubergines, rose fushia pour les radis, rouge pour les tomates, orange pour les carottes, bleu pour les poireaux, etc.) et comme il y avait plusieurs légumes de la même couleur (surtout en vert, n’est-ce pas) j’ai rajouté la ou les premières lettres du nom sur la pastille. Ainsi on a des pastilles vertes notées « E » (épinards), « T » (Tétragone), mais ça se gâtait pour les « C » (céleri, courgette, concombre, chou…). Alors on a une pastille verte « COU » (courgettes), « CHO » (choux), « CEL » (céleri) et, heu, « CONC » (pour les concombres, et là on a un peu serré l’écriture car la 4ème lettre s’imposait vraiment). Ce petit carnet, très facile d’utilisation pour toute la famille, est accroché par une ficelle à la balance ET à un stylo. Sinon, je sais comment ça va se passer, il va se perdre et ça sera la faute à personne (vous aussi vous avez les mêmes à la maison ?)

Les épinards, qui nous font tellement plaisir dès les premiers beaux jours. C’est la verdure “primeure” du potager, ils sont si frais, si gourmands…

Je savais déjà que beaucoup de légumes sortaient chaque année de mon potager, et plus je modifie mes pratiques vers davantage de permaculture, plus j’ai de récoltes. Mais comme ça, je saurai précisément combien. Le coup des 81 salades, 2kg d’épinards, 22 cebettes, etc. au 12 mai, ça m’a déjà bluffé…

Le deuxième potager (celui, plus sablonneux, qui a été retourné par Grelinet dans le verger) sera forcément moins fertile cette année, mais j’y ai toutefois planté des pommes de terre (une culture « nettoyante » idéale pour les terres fraîchement défrichées), des pois gourmands et croquants (qui vont, comme toutes les légumineuses, apporter de l’azote au sol grâce à leurs nodosités racinaires), des oignons et de l’ail (qui se plaisent bien en terre assez pauvres) des courgettes et des courges (généreusement agrémentées de fumier), ainsi que de la phacélie (un engrais vert ayant un effet à la fois structurant du sol, nettoyant et fertilisant, sans oublier que c’est une très jolie fleur bleue, de surcroît mellifère ce qui est très important quand on plante des courges car la présence d’abeilles pour polliniser les fleurs de cucurbitacées peut modifier la production du tout au tout !)

Pour arroser tout cela, nous récupérons l’eau de pluie dans de grands bacs. Nous paillons beaucoup les sols, avec tout ce qu’on a sous la main (feuilles mortes en automne, tontes de gazon, broyat de fins rameaux de haies taillées, mais surtout foin, ce dernier étant je pense le « régal » des sols, car plus riche en substances nutritives que la paille). Ces paillis, nous laissons la terre les « digérer » sur place après l’été, en automne et hiver, et nous intégrons, au croc, sur les premiers centimètres du sol ce qui ne serait pas tout à fait décomposé au début du printemps (car de mars à mai, je laisse ma terre nue, sans paillis, pour qu’elle puisse bien se réchauffer). Outre ces paillis nutritifs (qui se transforment en humus via l’action des vers de terre, des champignons et des micro-organismes du sol), la terre est aussi enrichie de compost, de fumiers de poule ou de chèvre (en fonction des cultures), et parfois d’Or Brun (la seule chose que j’achète en jardinerie avec le terreau pour semis) quand je manque de compost pour certaines cultures exigentes.

Au début, ces laitues étaient beaucoup plus serrées sur le rang. Au bout d’un mois environ, j’en récolte une sur deux sans attendre qu’elles soient énormes, laissant les autres continuer de grossir. C’est autant de place de gagnée…

Je rêve d’apporter encore beaucoup d’améliorations à mon jardin mais déjà, il a trouvé je pense un bel équilibre grâce à ses diverses zones qui interagissent entre elles : le broyant des haies ou les tontes de pelouse paillent et nourrissent le potager, zone la plus « exigente » du jardin. Outre le broyat pour pailler et fertiliser, les haies diversifiées coupent le vent glacial en hiver et desséchant en été, limitent l’évaporation et l’érosion du jardin, abritent les oiseaux et auxiliaires, captent par leur racines profondes les éléments nutritifs situés loin dans le sol. Les nombreuses fleurs d’ornement, outre le bonheur des yeux, attirent une grande vie au jardin : papillons, abeilles, syrphes, etc. sans oublier toutes les petits bêtes qui s’abritent dans les coins les plus sauvageons des massifs, que je me garde bien de nettoyer en automne car ils représentent gîte et couvert pour beaucoup d’espèces. Outre de bons œufs, nos poules fournissent un fumier CA-PI-TAL dans cet équilibre… et en échange, le potager leur fournit de délicieuses fanes et épluchures. Bref, chaque élément du jardin a plusieurs attraits, plusieurs atouts, interagit avec d’autres éléments, c’est cela aussi la permaculture. Il y un monde entre une haie de thuyas (dont on ne peut même utiliser les tailles pour pailler le jardin) et la même haie composée de lilas, boules de neige, églantiers, chèvrefeuilles, corêtes du japon, bignones, mûres grimpantes, seringats, troènes, rosiers, etc. dont les délicieuses floraisons vont se succéder au fils des saisons, sans compter les petites baies d’automne… Quelle beauté, la biodiversité !

Ce sont toutes ces interactions entre les différentes zones du jardin qui font sa force et sa résilience. L’an dernier, je me suis cassé le pied, mon jardin été totalement « abandonné » (5 mois d’immobilisation entre mai et septembre, ça ne pardonne pas !), et pourtant, le jardin s’est bien débrouillé : les coussins serrés de fleurs vivaces ont protégé le pieds des rosiers du manque d’eau, les nombreux auxiliaires bien installés ont veillé à ce que piérides et pucerons ne se croient pas tout permis au potager, les nombreux apports de compost et paillis nutritifs des ans passés ont permis aux légumes de se passer de moi pour une fois, bref, je n’ai pu qu’admirer l’équilibre et la force d’un jardin en permaculture. Même si tout n’a pas été parfait (les campagnols, ou rats taupiers, se sont fait des ventrées par exemple, sales bêtes !!!).

Du chou kale, vu sous un jour nouveau 🙂

Pour un jardin au design idéal en permaculture, il est « topissime » d’avoir aussi une mare (que je n’ai pas… un jour peut-être ?) et un coin de terrain totalement sauvage, où la main de l’Homme n’intervient pas. Pour cela, j’ai la forêt, immense, juste à côté…

Ma région a ses atouts (forêt, agriculture forte permettant de trouvant aisément du foin ou de la paille, zone rurale aux nombreuses espèces d’oiseaux et d’insectes auxiliaires, etc.) mais aussi des points faibles : hivers montagnards très froids, été très chauds et souvent secs, terre lourde et argileuse par endroits, armada de campagnols (ça prolifère dans les champs ces petits « Attila » rongeurs, mais entre un champ et un potager, hélas, le choix est vite vu) ou de mulots (on en a des gros comme des lapins, ils mangent les œufs, les poussins…). Chaque région a ses atouts et points faibles différents, ressources variées, etc., c’est pour cela qu’il n’y a pas un seul modèle valable en permaculture, mais plusieurs , les uns s’inspirant des autres en intégrant les différents impératifs.

Les trois grands principes consistent à observer, observer… et observer 😉 ! Mais il faut ensuite réfléchir et tirer partie des meilleurs ressources locales sans vouloir absolument copier à la lettre tel ou tel modèle vu dans un livre ou une vidéo youtube, mais juste en s’inspirant des modèles de la nature. Cela fait de nous des jardiniers observateurs, souvent émerveillés, respectueux… et comblés !

 

⇒ Je vous ai fait une petite vidéo sur la lasagne en permaculture, parce que la lasagne, ça a tout simplement changé ma vie de jardinier ! Il n’y a pas, à ma connaissance de moyen plus radical pour métamorphoser son sol (même le plus ingrat !), rapidement, sans se casser le dos, et le tout avec des récoltes dès les premières semaines suivant l’implantation. En voyant mon pauvre Grelinet se casser les reins et s’entailler les mains pour défricher le « terrain de foot » cette année, je me suis dit « Quel dommage qu’on n’ait pas eu plus de temps ! On aurait transformé ce terrain sans bêchage, juste grâce au système des lasagnes, par petites bandes d’1,20m, année après années, exactement comme je l’ai fait pour l’autre potager, gagnant chaque printemps un peu plus sur la prairie »…

 

Les pois croquants, encore plus dodus et sucrés que les pois gourmands. Mais là, il me faut encore un peu de patience avant les premières récoltes !

Une nouvelle lasagne, faite cette année. Je vous en parle un peu dans la vidéo.

Détail sur les tout petits légumes (blettes de Nice, Choux Tah Tsai, céleri, laitues) plantés dans la lasagne. Ils vont devenir énormes, je le sais, c’est comme ça tous les ans 😉

Un aperçu de la glycine en fleurs

Une “récolte” qui ne se mange pas. C’est juste pour le bonheur de faire rentrer cela dans sa maison…

Cette petite soupe de fanes de radis et patates douces est un dé-lice, on l’a faite 4 fois en deux semaines. Quand les fanes nous réjouissent plus encore que les radis en question… 😉

Avril au potager, ça “circule” encore bien entre les légumes… mais tout va se gâter courant mai !

Ah, ces salades de rêve, craquantes, ultra-fraîches, savoureuses au possible…

Oups, encore des roses, désolée, mais je ne peux résister au plaisir de partager avec vous ces jolis bouquets. ici dans un camaïeu de pêche, framboise et abricot…

Là dans des tons de fruits rouges acidulés…

Et enfin, cette photo que j’aime tant, sur le petit banc de pierres ourlé de campanules et de vergerettes… (Rosier, “Teasing Georgia”). 

En bonus, voici une petite bibliographie (non exhaustive) des livres qui m’ont tout appris ( depuis 30 ans que je dévore les ouvrages de jardin…) : il y en a bien d’autres sur le site de Terre Vivante, éditeur de référence et véritable “pionnier” en matière de jardin bio. Là je ne vous parle que de quelques livres que j’ai déjà dans ma bibliothèque. Comme on ne peut pas tous les acheter (évidemment ;)) je les ai classés : Certains sont des bases quasi incontournables (je les signale par une *) d’autres des livres plus spécialisés pour se perfectionner, soit que l’on soit passionné par un sujet bien précis (ex : les pommes de terre), soit que l’on soit déjà un jardinier chevronné en quête de perfectionnement ou de précision. Vous pouvez cliquer sur chaque titre pour plus d’infos.

 

Le poireau préfère les fraises*(Parce que c’est le tout premier – et le seul- que j’ai eu pendant des années, avec un autre ouvrage sur le potager, de Claude Aubert qui n’est plus édité.)

Je prépare mes potions pour le jardin (Des purins et décoctions diverses, très efficaces, pour remplacer les produits chimiques au jardin)

Je paille mes cultures

Je réussis mes plants du premier coup

Elles sont bonnes mes tomates

J’associe mes cultures et ça marche !*

Je ne jardine que le week-end !

J’accueille et j’observe les oiseaux dans mon jardin (Offert à ma petite Luce qui aime tant les oiseaux)

Mon potager de vivaces

Stop aux ravageurs dans mon jardin (Avec une super  solution pour tout… sauf pour les campagnols ;))

Je prépare mon potager d’hiver*

Mon petit jardin en permaculture* (Une perle ce livre !)

Je cultive mes pommes de terre

Le verger bio*

Les clés d’un sol vivant

Les enfants, vous venez jardiner ?

Le guide de la permaculture urbaine

Petit élevage familial bio*

Le sol en permaculture

Mon jardin du moindre effort*

Je cultive en lasagnes, partout et toute l’année* (Voir la vidéo ! ;))

Produire tous ses légumes, toute l’année*

Jardiner, ça peut pas faire de mal ! (De bons gestes, de bons outils et de très bons conseils pour jardiner longtemps, et à tout âge, sans se blesser ni se mettre le dos en compote)

Mon balcon en permaculture* (Pour ceux d’entre vous qui seraient citadins, mais titillés par la question ;))

L’oignon fait la force, et les choux sont pleins d’atouts

Mon potager, mes mômes et moi* (Une nouveauté, un livre très touchant, pédagogique et super sympa écrit par le “jardinier en chef” de Terre Vivante, qui intéressera tout autant les débutants que les jardiniers plus chevronnés.)

Drôles de légumes

Petit manuel d’apiculture douce en rucher Warré (Avec de si jolies photos de mon amie Aurélie Jeannette)

Faire son vin bio dans son jardin (Offert à mon cher et tendre, qui n’a pour l’instant réussi qu’à produire une effroyable piquette avec nos vignes un peu bizarroïdes… mais on y croit et on persévère ^^)

Du bois pour aménager mon jardin

Agenda 2020 du jardinier bio* (Histoire d’être sûrs de ne rien oublier, on y trouve toutes les dates idéales pour semer et planter).

 

Ceux qui ont l’air bien sympa mais que je n’ai pas (encore)…

Le guide Terre Vivante du potager bio* (Il est un peu onéreux mais très complet, et s’il ne vous en fallait qu’un seul pour débuter au potager, ce serait peut-être celui-là je pense. Beaucoup de mes amis l’ont à la maison et en sont fans)

Je démarre mon potager bio*

J’économise l’eau au potager

J’installe une ruche dans mon jardin

La vie secrète de ma mare

Des auxiliaires dans mon jardin

Je veux un jardin tout de suite !

 

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{ Piou ! }

8 avril 2020

{ Piou ! }

Nid de Pâques « Capuccino »

(Et ses poussins en pâte d’amande maison)

(♥ IG bas ♥ Sans Lait ♥ Sans Oeufs ♥ Végétalien ♥)

 

Et bien voilà, Pâques arrive à grands pas. Et comme cette année ce ne sera pas – pour tout un tas de raisons – vraiment bien jojo, j’ai essayé de mettre un peu de bonne humeur dans le dessert… c’est toujours ça de pris, même si ce n’est pas grand chose.

Je sais que vous galérez grave pour trouver, soit de la farine, soit des œufs, (soit ces fameux petits rouleaux roses qui sont, mystérieusement, ce qu’il y aurait de plus essentiel à stocker pour parer à une pandémie respiratoire mais bon ça, heureusement en cuisine on peut encore s’en passer). Moi c’est après les œufs que je cours, car mes poules sont vieillissantes (chez les Chioca, elles atteignent un âge canonique) et du coup, j’ai des œufs quand elles veulent. Et là, elles veulent pas.

Il semblerait que des mulots aient eu l’audace d’envahir le poulailler (si j’en crois mon mari qui s’est payé une trouille du tonner… a ressenti un peu d’effroi avant-hier soir quand un rongeur de la taille d’un lapin lui a filé entre les pieds) et ça doit contrarier nos chères demoiselles de l’ordre des gallinacés qui, du coup, se sont mises en grève une fois de plus. Et avec ces poulettes de la CGT (Cocottes Grévistes Tenaces) je me suis donc retrouvée, pour la énième fois, à devoir improviser un  gâteau sans œufs. On va dire que grâce à ça, je me sens plus solidaire envers tous ceux d’entre vous qui galèrent pour faire les courses dans des rayons plus vides que le cerveau des mecs qui ont pensé que la pandémie serait – tel le nuage de Tchernobyl- miraculeusement refoulée par la ligne Maginot.

Côté farine heureusement j’avais déjà ce qu’il faut, et tant mieux car un dessert sans œufs ET sans farine, cela n’aurait pu être qu’une crème dessert, et pour ce qui est de la transformer en nid de Pâques, heu… à moins d’être la marraine de Cendrillon avec sa baguette magique (bibibidou, lamagicadou, gagabibiba, bibidou ♪) je ne vois pas bien comment procéder. A la limite, on aurait pu imaginer une flaque de Pâques avec ses petites grenouilles en pâte d’amande, mais là n’était pas le sujet car moi je voulais un nid avec des poussins (à ce propos, notre couvée de cailles a été un ratage parfait, puisque sur tous les œufs mis en couveuse, seul un poussin a sorti le bout du bec, juste le temps qu’on appelle les enfants en grandes pompes… pour constater qu’il avait passé l’arme à gauche. Génial. Et dire qu’on a attendu 15 jours pour voir ça. Bref.).

Pour le challenge du nid de Pâques sans oeufs, j’ai donc repris un peu l’idée de cette génoise là, puis bidouillé deux crèmes toutes légères, l’une au chocolat, l’autre au café, pour étrenner ma toute nouvelle poche à douille double (que j’ai acquis par erreur, en croyant acheter une poche à douille normale, ce qui m’avait beaucoup énervé sur le moment). Mais quèsaco une “poche à douille double” ? Et bien, une poche à douille avec deux poches bien distinctes, mais une seule douille, comme ça, quand on presse dessus, il sort un joli zigouigoui marbré (enfin, si on a pris soin de remplir les deux poches avec des préparations de couleurs différentes évidement, et d’autre part, si on presse doucement, sinon au lieu de sortir ledit joli zigouigoui marbré du côté de la douille, c’est un gros schplof marbré qui nous explose à la figure).

Le résultat était somptueux, une sorte de « tourbillon » littéralement hypnotisant avec sa spirale ivoire et chocolat, et j’étais toute fière de ma performance, hé hé. Mais le temps que je règle mon  appareil pour la photo… hop, ma chère fille (celle qui pose pour le pas à pas) a mis une malencontreuse « baffe » au gâteau ce qui a eu pour effet de scalper la moitié de la crème. J’étais conteeeeente, ohlàlà, je vous raconte même pas. Il ne me restait plus qu’à tout ré-étaler puis « lisser » grosso modo à la fourchette. Forcément, pour le coup c’était nettement moins ébahissant, mais on va se consoler en se disant que ça donne une idée plus réaliste de ce à quoi ressemble ce gâteau quand on n’a pas de poche à douille “double”. Ou alors, quand on a une poche à douille “double” (youpiii !!!) mais qu’on se fait assister en photo par Gastonnette Lagaffe…

Bon, à part ça, j’espère très fort que vous avez de la farine… De la farine de blé ou d’épeautre je veux dire, pas de la farine de teff, de souchet, de coco, d’amarante, de lentilles vertes, de manioc ou de cosses de graines de lupin vert à pois rouges de Madagascar, bref, les seuls sachets qui restent en rayon… A défaut, vous pouvez peut-être tenter votre nid de Pâques avec cette base sans farine (sauf que là, manque de bol faut des œufs). Pour décorer votre nid, je vous propose d’utiliser ma recette de pâte d’amande maison au sirop d’agave, celle, toute simple, que j’ai déjà publié et qui se modèle si facilement.

Période de confinement oblige, j’ai tenté de faire pour vous un truc trèèèès chelou 😉 à savoir une vidéo (tout arrive) pour vous montrer comment réaliser ces poussins. Sans rire, la vidéo c’est vraiment une épreuve pour moi ;), et comme j’ai 02/10 de patience en générale, et 0,5/10 de patience en ce moment, on a tout tourné d’un coup et ce n’est pas une œuvre d’art mais bon, avec mon court métrage « Je fais des poussins en pâte d’amande » on ne vise pas la Mostra de Venise et je me suis dit que pour une fois ça serait reposant de ne pas être trop perfectionniste…

Bon, et à part ça, le confinement, chez vous ça donne quoi ? Ici on a des gendarmes planqués dans la forêt de Chambaran, bon, ils ont sûrement des bonnes raisons stratégiques hautement prioritaires de traquer les deux pépés qui auraient dépassé leur “1 km” réglementaire mais bon, ça casse un peu l’ambiance. Moi qui avait déjà du mal à ressortir faute de moral adéquat…

Côté oisiveté, j’avoue ne pas avoir encore pu beaucoup souffrir de la « mère de tous les vices » vu que je rend un livre de 80 recettes en fin de semaine, que je m’occupe d’un potager pour régiment d’infanterie (avec un lumbago depuis 10 jours, c’est tellement plus rigolo), que je dois m’improviser institutrice (au secuuours, c’est quoi une « subordonnée circonstancielle d’opposition ou de concession elliptique du verbe ou du sujet juxtaposée ou coordonnée à la précédente ou incise* » ?), que ma grande va bientôt péter une durite pour son Bac (apparemment, le cas des « bac pro agricole » en candidats libres intéresse autant l’éducation nationale que la dernière chaussette du dernier pingouin du dernier iceberg de l’extrême pointe sud de la Patagonie), que mon mari me dit toute la journée « ça y est t’es libre, je peux enfin te monter un truc marrant sur youtube ? », que mon grand chevrier cherche tous les moyens possibles de vendre ses fromages maintenant que les marchés sont fermés (je commence à envisager de me balader en panneau sandwich publicitaire, avec un porte voix “Les booons, les booons, les booons fromages des Biquettes de Chambaran !!!“), que le téléphone et whatsapp sonnent du matin au soir parce que tout le monde se fait suer et cherche à « tuer le temps » sauf moi, que les repas sont un peu compliqués (et le ravitaillement une épopée épique, genre, il faudrait la musique du film Gladiator quand on arrive à chopper le dernier paquet de pâtes sous le nez de trois personnes qui nous fusillent des yeux ), bref, vous voyez, je suis un peu fatiguée, et je voudrais bien m’ennuyer un tout petit peu en confinement moi aussi, juste pour voir si j’aime ça… Je vais d’ailleurs essayer, en prenant quelques vacances dès vendredi, des vacances sans ordi, sans devoirs scolaires, sans boîte mail. Juste ma petite famille à s’occuper, le chant des oiseaux au potager, les siestes-fleuves, les grasses matinées, les massages anti-lumbagos, les BD, et même les petites balades réglementaires d’1km en tous sens autour de la maison… je sens que je vais aimer ça 😉

A défaut d’avoir eu une fête de Pâques super « joyeuse », je vise au moins des vacances un peu ressourçantes… C’est aussi ce que je vous souhaite !

*Mais si PROMIS ça existe !!!

 

Nota : Je vous demande pardon d’avance, mais pour cet article je pense que je n’arriverai pas à répondre aux commentaires. Mais je lirai tout, promis… Du coup je vous remercie beaucoup d’avance, et de tout coeur, pour vos petits mots toujours si agréables, si amicaux, si touchants… et si motivants 🙂

Pour la génoise au cacao :

  • 300g de farine T110 de blé ou de grand épeautre
  • 2 sachets de poudre à lever
  • 2 sachets de sucre vanillé
  • 30g de cacao amer
  • 165g de sucre de coco
  • 33cl de lait de soja vanille
  • 3cl de vinaigre de cidre
  • 5cl d’huile de tournesol désodorisée
  • Une grosse pincée de sel

Pour la ganache montée rhum-chocolat :

  • 100g de chocolat noir à 70% de cacao
  • 1 c. à soupe de rhum ambré
  • 20cl de crème de coco
  • 1 sachet de sucre vanillé

Pour la crème cappuccino :

  • 40cl de crème de coco bien froide
  • 1 expresso très serré (3 cl)
  • 60g de sucre de coco
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • Un peu de cacao pour saupoudrer.

Pour le sirop :

  • 3 c. à soupe de rhum
  • 3 c. à soupe d’eau
  • 1 café expresso bien serré (5cl)
  • 4 c. à soupe de sirop d’agave

Nota : Recette de la pâte d’amande blanche ici, dans ce post un peu ancien (sauf que maintenant, je mixe longuement au robot la poudre d’amande et la sirop d’agave, puis je laisse reposer la pâte d’amande une nuit dans un sachet bien fermé avant de l’utiliser. La texture est bien meilleure ainsi !)

Une autre recette de pâte d’amande plus récente ici, associant sirop d’agave ET sucre complet ou sucre de coco. Elle est brune mais cela permet de faire aussi des poussins « bronzés » trop mignons 😉

PS : Pour teinter la pâte d’amande blanche en jaune, j’ai utilisé un peu de curcuma, et j’ai ajouté quelques gouttes d’huile essentielle de citron pour “camoufler” le parfum un peu spécial 😉

1/ Génoise : La veille, ou quelques heures auparavant, préchauffer le four à 180°C, si possible chaleur tournante.

Huiler un moule à savarin de 24cm de diamètre environ. Mélanger dans un saladier la farine, le cacao, le sel, le sucre vanillé, la poudre à lever et le sucre de coco. Faire un puits, y verser le lait de soja, l’huile et le vinaigre de cidre puis mélanger juste ce qu’il faut pour obtenir une pâte homogène (sans trop insister). Verser dans le moule, égaliser, enfourner pour 30min.

2 / Ganache au chocolat : à feu très doux, faire fondre dans une casserole tous les ingrédient de la ganache.

3/ Crème capuccino : Mélanger la crème de coco, le café, le sucre de coco et le sucre vanillé dans le bol d’un robot, puis tout mettre au congélateur pour quelques minutes, le temps que le bol et la crème soient bien froids. Fouetter ensuite le tout au robot, en commençant doucement, puis en augmentant petit à petit la vitesse des fouets jusqu’à obtention d’une chantilly bien ferme.

Jusqu’au lendemain, mettre la crème capuccino ainsi que la ganache au réfrigérateur (ne pas oublier de bien les couvrir).

A la sortie du four, imbiber le gâteau de sirop, cuillerée après cuillerée, puis le couvrir et laisser à température ambiante.

4/ Montage : Le lendemain, démouler le gâteau.

Fouetter la ganache au robot (batteur plat, puis fouet) pour la « monter », c’est à dire lui donner une texture plus souple, crémeuse et légèrement aérée. Sans trop les mélanger, mettre les deux crèmes (chocolat et café) dans une grande poche à douille (ou dans une poche à douille double), puis en recouvrir le gâteau (on peut s’aider d’un plateau tournant, c’est plus simple). Mettre tout le restant de crème au fond du plat, dans le « creux ».

5/Déco : Orner le gâteau de fleurs non toxiques (ici, des fleurs de pommiers et de cerisiers)… et/ou passer à la confection des poussins en pâte d’amande (voir la vidéo ci-dessous ;)).

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20 petites idées pour mieux vivre le confinement…

26 mars 2020

 

{ 20 petites idées pour mieux vivre le confinement… }

 …Et un joli gâteau pour Pâques

(Uniquement avec des ingrédients du placard !)

♥ Sans lait ♥ Sans oeufs ♥ IG bas ♥ Végétalien ♥

 

10ème jour de confinement en France… sur combien à venir ? Plutôt que de subir cela en laissant s’amenuiser chaque jour un peu plus nos forces, notre santé, notre moral, nos nerfs et la bonne ambiance familiale, nous pourrions tenter d’en faire une épreuve salutaire dont nous ressortirions plus forts, plus raisonnables… pour bien préparer demain.

Dans cette optique, je partage de bon cœur avec vous tout un tas de petites idées pour vivre au mieux ce temps de quarantaine si pesant et déroutant. Surtout, n’hésitez pas à partager vous-même votre expérience et vos bonnes astuces ! Si vous le voulez, les commentaires de cet article pourraient représenter comme une sorte de forum d’échange pour nous soutenir les uns les autres 🙂

Je précise que cet article s’adresse tout particulièrement aux personnes confinées en télétravail avec des enfants, car on ne parle bien que des situations que l’on connaît 😉 mais certaines petites astuces peuvent tout aussi bien convenir à des étudiants, des couples sans enfants ou des personnes à la retraite par exemple. Et puis, j’attends impatiemment vos petits « trucs » à vous aussi car surtout, ne croyez pas que je veuille m’ériger là en sorte de maître à penser ! Les quelques « astuces » que je vous livre, c’est avec beaucoup de timidité car je me sens moi-même bien fragile. Pas plus tard qu’hier, je vous avoue avoir fait une crise de nerf totalement ridicule parce que je ne retrouvais pas mes gants de jardin anti-ronces… on sent la tension qui couve depuis des jours, hélas. Mais ne nous laissons pas abattre ! (PS : Après les avoir cherché partout en mode Taz, je les ai finalement retrouvés bien plus tard dans la boîte à pain. Bien sûr, personne ne les avait mis là. Et depuis j’hésite à les utiliser en tant que vulgaires gants de jardinage : pensez-donc, j’ai la chance extrême de posséder des gants ronciers ayant une vie propre, capables de se planquer tout seul dans une boîte à pain ! Leur place est dans un musée, assurément…)

 

(⇒ Nota : Comme je vous l’ai déjà expliqué par le passé, j’ai un partenariat avec Decitre et Terre Vivante qui me permet de toucher une petite commission sur les ventes de livres via mon blog grâce à des liens d’affiliation spéciaux (qui permettent, pour simplifier, de dire au libraire “ce clic vient de Saines Gourmandises, il faut donc reverser un petit pourcentage à Marie Chioca” quand quelqu’un achète un livre). Mais pour cet article, je n’ai mis aucun lien de ce type car sinon, j’aurais eu l’impression troublante d’avoir l’air de vouloir “profiter de la situation”. Tous les liens des livres cités ici sont donc juste à titre informatif pour vous aider, et libres de toute affiliation. Pour une fois j’ai mis les liens vers Amazon car je ne sais pas si Terre Vivante ou les autres librairies en ligne livrent toujours : il faudrait se renseigner).

 

 

Bouclette et son bébé, Timmy, qui a bien grandit. Pour qu’ils aient de la bonne herbe, je les ai confiés à un voisin qui a une grande pâture juste avant la “crise”, et j’allais les voir tous les jours. Mais c’est à 2km de chez moi… Donc voilà, plus de visites possibles à ma Bouclette car il n’y a pas de case “Je vais gratouiller la tête de ma brebis” sur l’attestation de sortie. Pourvu qu’elle ne m’oublie pas… 🙁

Préambule : Restons (absolument !) chez nous !

Je commence par cela, car bien que ce soit évident, cela ne l’est pas encore assez. Oui, le confinement c’est pénible, et même parfois très pénible. Les gens des campagnes sont probablement moins durement privés de bon air, c’est vrai, mais je vous assure que chacun a ses soucis, ses angoisses, ses brisements de coeur. Moi, pour ne vous donner qu’un exemple je ne vois plus mon fils alors qu’il habite à 3km de chez nous, et qu’on le sait en énorme galère en ce moment (marchés qui ferment, impossibilité de vendre ses fromages alors qu’on est au pic de lactation, tous les semis et travaux de printemps à faire tout seul, bref, quand j’y pense j’ai une grosse boule dans la gorge). MAIS nous avons été malades à la maison. Coronavirus ou pas, impossible de se faire tester pour savoir : cela a « juste » été un peu de fièvre et de toux, rien de grave DU TOUT, mais dès les premiers symptômes, soit trois jours avant le confinement officiel, nous avons décidé de ne plus voir personne pour ne pas risquer de transmettre une saleté.

Je sais que chacun a ses petites et grandes tristesses en ce moment. On ne voit plus ni sa famille ni ses amis, c’est très difficile. Mais le but de ce confinement est d’éviter que nous attrapions tous ce virus en même temps, ce qui enverrait des milliers de gens aux urgences quand les soignants sont déjà au bout du rouleau et le matériel médical cruellement manquant donc, oui, je sais que je n’ai vraiment RIEN de mieux à faire que de supporter cet enfermement en essayant de ne pas trop me plaindre. Je pense que, pendant que je me lamente un peu égoïstement d’être privée de balades d’autres sont entre la vie et la mort dans un box de réanimation… Ou exposent leur vie pour soigner des gens qui, pour certains (pas tous !) n’ont pas été assez prudents. Quand c’est difficile, je pense combien j’ai de chance d’avoir un toit, d’être chez moi, avec quatre de mes six enfants. Je tente de faire de ce foyer un doux cocon qui nous protège tout autant contre le virus que contre la déprime, la mauvaise humeur ou l’asthénie ! Je n’y arrive pas à la perfection ;). Mais ça ne se passe pas si mal non plus 🙂

 

 

Idée N°1 : Bien se reposer pour se renforcer contre le virus

Me reposer, j’en avais besoin, alors je saisis l’occasion à chaque fois qu’elle se présente en ce moment. Ce repos n’est pas sensationnel car je travaille tout autant qu’avant pour mes livres en cours, et il faut en plus superviser le travail scolaire des petites, accélérer les travaux du potager, etc. Mais je m’accorde une petite sieste chaque jour, j’essaye réellement de me détendre, de me ménager en remettant à plus tard certaines choses afin que le virus ne risque pas de tomber sur un organisme épuisé… Je vous souhaite de prendre aussi bien soin de vous, en vous octroyant du vrai temps de repos. J’écris « vrai » repos car attention : zoner des heures sur le net n’est peut-être pas aussi reposant que de s’accorder une bonne sieste hein 😉

Là vous allez me dire « Hin hin, super le coup de la sieste alors que mon voisin de droite joue du trombone électronique, que la mémé du dessous regarde « Les feux de l’amour de la passion qui tue à Santa Barbara » (et elle n’en est qu’à la saison 2 depuis le début du confinement, alors qu’il y en a 137, bouhouhou), que mon voisin du dessus passe ses nerfs sur un trampoline qui grince, que mes enfants s’étripent à propos d’un chien en Légo perdu et que mon mari vomit des gros mots contre son ordinateur qui plante (variante : que mon mari est déjà dans la chambre et qu’il ronfle comme un phacochère en train de digérer une tartiflette à l’aïoli) ».

Alors là, pour une fois j’ai une solution im-pa-rable : Les Boules Quiès ! Cela fait 20 ans que je pratique ;). Et sans Boules Quiès, mon état mental et nerveux serait nettement plus endommagé encore 😉

Autre solution très efficace pour se relaxer : s’étendre un peu (dans son lit, dans le canapé, dans le jardin, sur le balcon, dans la baignoire, dans les chiottes, bref, où vous voulez du moment qu’on vous laisse la paix) avec un casque de MP3, et écouter une musique qui vous fait du bien (quelque chose que vous aimez vraiment ! moi par exemple les musiques « zen » et « relaxantes » pour « se détendre » me font littéralement exploser d’agacement ;)), tout en sniffant quelques gouttes d’huile essentielle sur un mouchoir : lavande ou mandarine pour se relaxer, citron ou lemongrass pour la bonne humeur, etc. : le choix est vaste !

Les cueillettes sauvages dans le jardin, un bon moyen de faire le plein de vitamines (à condition de bien savoir que ramasser !). Ici, un “mesclun” de pissenlit, roquette sauvage, repousses de fenouil, feuilles de pâquerettes, ail des ours, plantain, persil…

Idée N°2 : Booster ses défenses naturelles

Paragraphe délicat s’il est, car je ne suis pas médecin, et de plus, comme on ne sait pas grande chose de ce virus, ce serait doublement abruti de vous donner des consignes pseudo-imparables. Je sais, beaucoup d’entre nous sont en quête d’invincibilité ;). Mais la vraie vie, ce n’est pas un jeu vidéo hein…

Tout ce que je peux vous dire c’est que d’une façon générale, pour renforcer son immunité contre les virus il y a :

– Le repos (ça on vient de voir)

– Une alimentation saine (ça on VA le voir)

– Une bonne hygiène de vie, c’est à dire s’aérer, respirer (et oui c’est possible, on va le voir aussi), éviter de prendre un gros coup de froid, un gros coup de stress…

– La vitamine C (chez les Chioca, on en prend tous les matins depuis 15 jours)

– L’HE de ravinstara, dont l’effet antiviral est très bien documenté et confirmé par de nombreuses études. Pour ce qui est de cette huile essentielle, renseignez-vous bien mais les voies d’absorption privilégiées sont le massage sur l’intérieur des poignets (car c’est un endroit du corps où les vaisseaux sanguins affleurent la peau : l’HE passe donc très vite et très bien dans la circulation générale) et l’inhalation.

Chez nous, les « adultes » (donc mon mari, moi et les enfants de plus de 16 ans) prennent 4 gouttes sur les poignets matin et soir (on laisse tomber les 4 gouttes sur l’intérieur d’un poignet, et on frotte avec l’autre poignet jusqu’à ce que l’huile ait été absorbée), et deux gouttes à inhaler matin et soir (avec un inhalateur vintage de ce genre là, en veillant à ce que l’eau ne soit pas trop chaude sinon l’huile s’évapore d’un coup et on n’en profite pas bien : 45°C environ, c’est bien !).

Pour mes enfants plus jeunes (9 et 12 ans), c’est 2 gouttes sur les poignets et 2 gouttes à inhaler (matin et soir).

Il existe d’autres huiles essentielles, d’autres plantes ou compléments alimentaires (échinacée, shiitake, propolis, zinc, sureau, etc.) efficaces pour renforcer l’immunité et/ou lutter contre les virus mais là je ne maîtrise pas assez. Surtout, ne faites pas n’importe quoi, renseignez-vous auprès d’un médecin, dans un ouvrage écrit par des gens sérieux, ou au strict minimum sur des sites internet de référence (évitez les trucs genre « Le réveil du Vichnou transcendantal » par Skippy Dugland, auto-thérapeute depuis 2016).

Le confinement, c’est aussi l’occasion de se former sur la santé au naturel… mais on y reviendra 🙂

Idée N°3 : Manger sainement pour que « confinement » ne rime pas avec « engraissement » 😉

Une assiette équilibrée et de saison, la salade de pois chiches aux jeunes pousses. Recette tirée de mon livre “La cuisine bio du quotidien”. A la maison on a des pois chiches, une pelouse et des poules, bref, tout ce qu’il faut pour se faire cette salade tous les jours s’il le fallait ^^

Certaines personnes se sont rués sur les paquets de pâtes comme s’ils en avaient besoin pour ériger des barricades contre le Covid ;).

Miaaam, des glucides, plein de bons glucides, histoire d’avoir bien des forces pour emmener Médor faire son pipi journalier au coin du pâté de maison 😉

Bref, vous me voyez venir… quand on bouge moins, la première chose à limiter un peu ce sont les sucres, tous les sucres (sauf si vraiment on n’a aucun souci de silhouette). Privilégiez donc PLUS QUE JAMAIS les menus à IG bas. C’est un peu compliqué quand on doit limiter les courses mais pas tant que ça. Je vous donnerai quelques idées-recettes « du placard » mais néanmoins équilibrées sur mon compte Instagram mais vous en trouverez déjà beaucoup dans cet ouvrage par exemple, ou tout simplement sur mon blog. Car on peut cuisiner des menus qui soient à la fois bons, équilibrés et faciles à partir de conserves, de céréales et de produits congelés : c’est moins bien que de manger du tout frais, mais infiniment mieux que de bouloter n’importe quoi…

Idée N°4 : Rire et sourire… malgré tout !

Vous êtes anxieux, je suis anxieuse, et c’est bien normal.

Il faudrait être complètement insensible ou inconscient pour ne pas avoir le cœur brisé devant tant de détresse humaine, et un minimum préoccupé pour l’avenir du monde ces prochaines semaines.

Mais faire tout son possible pour ne pas se laisser submerger par cette vague d’angoisse, ce n’est pas un manque d’empathie ou de réalisme : c’est tout simplement du courage.

J’ai lu des histoires de mamans restées seules pendant la guerre, sachant leur cher-et-tendre (et parfois même leurs grands fils chéris) exposés à mille morts, et pendant ce temps-là il fallait gérer la faim, le froid, les bombardements, les tickets de rationnement, etc. Et ces mamans-là ont tout fait pour garder le sourire afin de ne pas accentuer l’angoisse de leurs plus petits, ceux qu’elles avaient gardé sous leurs ailes et qui étaient encore fragiles comme des poussins.

J’ai lu aussi les 8 tomes de « La petite Maison dans la Prairie » (infiniment plus bouleversants que la série télé des années 70) où l’on voit Mme Ingalls garder son calme et son imperturbable visage avenant dans des situations absolument terrifiantes, histoire de ne pas faire péter les plombs à ses enfants. Il y a aussi le livre « La famille Trapp » (c’est l’histoire vraie de la famille dont l’histoire a inspiré le film « La mélodie du bonheur »), où Maria Von Trapp, la maman, a toujours su garder sa bonne humeur communicative malgré les persécutions nazies, la fuite avec juste quelques valises, le déracinement dans un pays étranger qui a les plusieurs fois rejetés et quasiment remis à la mer (ah, le « rêve » américain…), la pauvreté absolue de sa famille très (!) nombreuse, la maladie, plusieurs fausses couches et j’en passe. Ce livre, d’un optimisme éblouissant a changé ma vie.

Il y aussi cette jolie devise d’un ancien chef scout et grand résistant, que j’aime beaucoup tant elle peut s’appliquer aux papas et aux maman :

Si tu veux être chef un jour

Pense à ceux qui te seront confiés,
Si tu ralentis, ils s’arrêtent.
Si tu faiblis, ils flanchent.
Si tu t’assieds, ils se couchent.
Si tu critiques, ils démolissent.

Mais…
Si tu marches devant, ils te dépasseront.
Si tu donnes la main, ils donneront leur peau.
Et si tu pries, alors, ils seront des saints.

Bref, rire et sourire malgré tout, ne pas flancher, ou en tout cas, ne pas le montrer…

Pour cela, voici quelques petites idées (j’attends les vôtres !)

– Éviter autant que possible de trop regarder les infos devant les enfants. On sait tous que ce qui se passe est terrible. Nos yeux et notre cœur n’ont pas tellement besoin d’être abreuvés d’images affreuses comme des cercueils alignés par centaines, des gens qui pleurent, des malades dans leurs lits médicalisés… Ces images peuvent aider, certes, à convaincre les récalcitrants (ces sombres crétins qui se prennent pour Zorro ou William Wallace juste parce qu’ils continuent à organiser des barbecues géants en se torchant avec le papier d’attestation). Mais nous, qui avons compris, ménageons-nous. Et protégeons nos petits de ces images qui peuvent les détruire profondément, même si ça ne se voit pas forcément tout de suite ! (Certains enfants « encaissent » super bien avec une apparente insensibilité… mais ce sont parfois ceux qui morflent le plus !).

– Sourire, beaucoup, car notre famille a besoin de cela. Sourire gentiment, sourire doucement, sourire pour encourager, sourire pour rassurer. Car le sourire est incroyablement contagieux ! (La mauvaise humeur aussi).

– Rire, autant que possible : petites blagues ou petites farces gentilles de temps en temps, choix de films ou de livres particulièrement joyeux, parties de cache-cache, jeux rigolos, etc., c’est le moment où jamais de faire un peu « le guignol » avec des enfants. Je sais, on ne peut pas faire cela toute la journée mais de temps en temps, c’est bien, et cela laisse dans l’atmosphère comme un petit parfum de légèreté et de bonheur. Et plutôt que de laisser ses enfants devant leur dessin-animé, pourquoi ne pas le regarder avec eux une fois de temps en temps ? Winnie l’Ourson ou Toy Story en posant sa petite tête sur le cœur de papa ou maman, c’est tellement mieux que tout seul dans sa chambre !

Idée N°5 : Chouchouter son cocon

Ouvrir les fenêtres en grand, trier, laver, organiser, nettoyer à fond, c’est à la fois utile et source de grand contentement… Chez les Chioca, depuis le début du confinement on fait le ménage en famille ET en musique. Ça défoule, et quel bonheur ensuite de se détendre dans une maison qui sent bon le propre :). Pour ménager vos poumons, et respirer de l’air pur, choisissez autant que possible des produits écologiques. En ce moment, à la maison c’est savon noir parfumé à l’HE de pamplemousse. Ça sent bon et c’est si naturel…

On peut aussi relooker un peu, s’autoriser de petites « futilités » pour la maison… dans la mesure où l’on a déjà tout sous la main, car les magasins de bricolage sont fermés, et ça c’est dur (Pfff, dire qu’en ce moment j’ai mon mari à la maison et que je pourrais lui faire faire tant de trucs ! Mais il n’a « pas ce qu’il faut », l’affreux et ça l’arrange bien ;))

 

 

Idée N°6 : Faire de l’exercice physique… à tout prix

Je sais, c’est pas de la tarte en ce moment. Mais ceux qui ont un jardin peuvent déjà désherber, planter, bêcher, tailler, cela ne fait que du bien. En matière de jardinage, j’ai un adage « Tout ce qui ne donne pas de tour de rein rend plus fort » ;). On peut aussi faire de la gym dans son jardin, du trampoline, etc.

En appartement, outre le petit jogging réglementaire-autorisé-par-le-gouvernement c’est plus compliqué mais je peux quand même un tout petit peu ramener ma fraise sur la question vu que je sors d’un « confinement » de 5 mois côté sport… Car pour ceux qui ne savent pas tout, je me suis fait une double fracture du pied, grave, début mai dernier. Il m’a fallu 5 mois d’immobilisation et pour quelqu’un qui aime autant que moi la marche (c’est « vital » pour mon équilibre) l’épreuve a été terrible. Au bout de quelques jours sans bouger je me suis rendue compte que j’allais mal, très mal.

Alors j’ai ouvert ma fenêtre, et de mon lit j’ai fais plein de battements de jambes, d’abdos, tout ce qui me venait en tête par séries de 20, de 50, de 100… et tout ça en musique. Je faisais cette petite séance une ou deux fois par jour et après je me sentais bien, mais bien… Et puis dès que ça a été possible j’ai fais du vélo d’appartement : c’est vraiment nul le vélo d’appart, ça a les inconvénients du vélo (on a mal aux fes… au bas du dos, on transpire comme un phoque, etc.) sans les avantages (les jolis paysages ne défilent pas, on se fait suer… dans tous les sens du terme ;)). Mais ça défoule ! Et ça, c’est déjà bon à prendre.

Bref, ouvrons grand nos fenêtres puisque l’air est moins pollué en ce moment, et faisons de l’exercice. À la maison, mon deuxième fils a téléchargé un programme de fitness très complet : il fait ça avec ses petites sœurs (qui ne réussissent pas absolument tous les exercices, mais qu’importe). Quand la séance est finie, elles sont rouges, suantes et fumantes comme des poivrons grillés sortant du four : une bonne douche, et tout le monde est calmé pour longtemps ;).

Moi je continue à me faire suer sur le vélo d’appart, je jardine et je fais des allers-retours rapides dans l’allée gravillonnée ;). Voilà, ce n’est pas aussi captivant qu’une randonnée en forêt, mais ça fait du bien au corps… et à la tête !

Idée N°7 : Le « miracle » de l’emploi du temps

Vous allez me dire : du sport, de la cuisine, des jeux… en plus du télétravail, mais comment arriver à tout concilier !

En ayant un emploi du temps.

On me demande souvent comment j’arrive à faire « tout ça » dans ma vie (c’est à dire, 4 livres par an, 6 enfants, du sport, quelques loisirs créatifs, du jardinage, etc.). Et bien voici mon secret (qui n’en est pas un) : le jour où j’ai décidé de faire un emploi du temps, et de m’y tenir, ça a changé ma vie !!!

Et c’est d’autant plus important en ce moment car rester confinés comme des zombies, en se croisant dans les couloirs d’un œil bovin, en pyjama, pas peignés, en train de se gratter l’épaule d’un air désabusé pour savoir qui ira s’étaler comme une étoile de mer sur le canapé pour regarder une série plus ou moins débile ou qui restera dans sa chambre à zoner sur son portable 4H de plus, c’est un cauchemar. La lassitude et l’oisiveté aidant, on perd de sa « pêche » un peu plus chaque jour, toute volonté s’affaiblit, la mauvaise humeur s’accroît, tout part à la dérive… jusqu’à la famille elle-même. Plusieurs semaines de confinement, il faut être conscient que cela peut être bien dangereux 🙁

Chez les Chioca, nous avons réalisé ensemble pour ce temps de confinement un emploi du temps familial assez chouette, équitable et relativement “réaliste” même s’il pourrait encore beaucoup se perfectionner. Tout a été mis par écrit : À quelle heure se lever, les horaires de travail scolaire, les « récréations », le ménage, les temps de jeu, la préparation du repas (qui varie en fonction des jours, comme ça tout le monde cuisine à tour de rôle et c’est plus rigolo), le ménage, le linge, etc. Je n’ai rien imposé : j’ai proposé, suggéré, et chacun s’est engagé sur telle ou telle chose après avoir bien compris qu’on est tous « sur le même bateau » et que chacun doit y mettre du sien pour que la famille aille bien. Et cet emploi du temps, qui nous garde toujours occupés à de bonnes choses, c’est un remède infaillible contre l’ennui, la mauvaise humeur et la routine. Même pour aider, les enfants ne rechignent pas, car ils savent que s’ils donnent un coup de main comme prévu de telle heure à telle heure, ou qu’ils travaillent bien de telle heure à telle heure, et bien ils auront de longues heures prévues à d’autres moments de la journée ou de la semaine pour jouer aux playmobils, dessiner, lire, voir un film ou se défouler un peu. C’est certes un peu long de faire un emploi du temps tenant bien compte des impératifs de tous les membres de la famille. Mais que de bienfaits ensuite…

Idée N°8 : Mettre le paquet sur son potager (et les cueillettes dans le jardin !)

Les courses, c’est compliqué. Comme je le disais sur Instagram, j’ai vu il y a 15 jours (juste avant qu’on ne tombe nous-même un peu malades) des gens tousser sur les salades, se gratter le nez, se moucher avant de tâter les fruits… Bref. Moins on sort pour les courses, mieux c’est à tous points de vue.

Alors samedi dernier, nous avons fait une énorme opération « potager » en semant et plantant des choses qui poussent assez vite (semis de mesclun et de radis entre autres) sans oublier les légumes qui arriveront un peu plus tard (oignons tiges, laitues, ail frais, pois gourmands, carottes, tétragone, épinards, tomates, courges, concombres, etc.) mais qui seront bienvenus si la situation restait un peu compliquée économiquement après la fin du confinement. Je préfère ne pas laisser « dormir » mon petit morceau de bonne terre, quitte justement à laisser les légumes qui seront dispos sur le marché pour les gens qui n’ont pas de jardin. En attendant, on compte beaucoup sur les cueillettes sauvages du jardin pour assurer la liaison entre les quelques légumes semi-décomposés qui nous restent à la cave et les premiers radis tout frais du potager qui n’arriveront que dans 10 jours…

Les jardineries sont ouvertes, certaines livrent en ligne, bref, là dessus on a bien de la chance :). Et puis qui dit potager dit faire de l’exercice, respirer du bon air, mûrir de chouettes projets, se changer les idées, bref, c’est un programme feel good au top des tops 🙂

En plus je ne sais pas chez vous mais ici avec le confinement et le silence sur la route et bien je n’ai jamais eu autant de merveilleux chants d’oiseaux dans mon jardin !

Et si vous n’avez pas de jardin, mais un balcon, sachez que vous pouvez déjà bien vous amuser 🙂

Idée N°9 : Se recentrer sur la « vraie » vie

Si les écrans, bien utilisés, peuvent aider à mieux vivre le confinement (musique, émissions passionnantes, télétravail, etc.) il faut je pense prendre un peu garde à ne pas se laisser trop happer non plus au point d’être comme déconnectés du réel. À la maison, je dois faire un peu la guerre, c’est usant. Oui, même avec mon emploi du temps « miraculeux » ;), il m’arrive encore d’en surprendre en plein flagrant délit de « zonage » inutile : portable devant les yeux ou ordi sur les genoux, air lunaire, avachissement sur le canapé. Hop, on secoue tout ça ! Il y a toujours mieux à faire que de subir un programme télé ou une recherche internet qui nous « capte » sans vraiment nous intéresser.

Idée N°10 : Laisser la nature venir à nous

Nous ne pouvons plus randonner, plus accéder aux parcs, plus sortir avec autant de liberté.

Alors, à défaut d’aller à elle, laissons la nature venir à nous : elle nous émerveillera toujours, ne nous décevra jamais…

A la maison, dans cet optique (et outre le potager) nous avons par exemple :

1/ Ranimé le levain naturel qui attendait au congel pour refaire du pain avec les enfants et tout expliquer : le travail des « petites bêtes » qui font lever la pâte, comment ça marche, etc.

2/ Lancé une couvée d’œufs de caille (idée ridicule s’il en est, j’avoue : nous avions des œufs de cailles au frigo, on les a mis dans la couveuse à poussins et on attend avec beaucoup d’impatience que ça éclose lundi prochain ^^. Je vous posterai des photos, ça doit être mignon à mourir de tendresse vu la taille riquiqui des œufs… Ces petites cailles iront rejoindre la volière avec les poules et les canards, dans l’espoir d’avoir des bons oeufs frais !)

Mais sans aller vers des idées aussi excentriques que couver des œufs de cailles (surtout que tout le monde n’a pas de couveuse, j’en ai bien conscience à défaut, on peut mettre les œufs sous les ados en train de zoner sur internet ou des jeux vidéo) vous pouvez semer quelques graines sur le balcon, faire nourrir les petits oiseaux du quartier par vos enfants, observer avec des jumelles un couple de pies en train de construire leur nid (on en a un juste en face de la maison), etc. Ce seront autant de sources d’émerveillement pour les enfants… et nous-même. La nature nous soigne, elle est bienfaisante, elle est merveilleuse, elle est fidèle, elle est résiliente, elle nous enseigne, elle nous apaise. Il faut savoir la trouver là où elle est, même dans les villes…

Idée N°11 : Retrouver son âme d’enfant

Vous avez beaucoup de travail, je sais. Moi aussi {soupir}.

Mais le temps que l’on passe avec ses enfants n’est jamais perdu s’il est bien utilisé. J’ai remarqué une chose (en tout cas avec les miens) : Si je leur consacre un peu de temps privilégié vraiment, mais VRAIMENT rien que pour eux (sans m’interrompre toutes les 30 secondes), ils sont incroyablement moins « pot-de-colle » dans les heures qui suivent et je peux mieux travailler. Habiller ou coiffer une poupée, faire une partie de “Times-up” (ce jeu est dé-li-rant et on se fend la poire de 7 ans à 107 ans ^^), décorer un cahier avec une enluminure (j’ai fait ça hier, et mon « paon » ressemble ridiculement à un poulet avec une traîne, ça a fait rire toute la famille), inventer une histoire rocambolesque à l’heure de la sieste (avec plein d’épisodes « à suivre » pour la sieste du lendemain ;)), organiser une petite veillée en soirée, lire des BD à quatre sur un canapé, cuisiner avec les enfants… tout cela, c’est de l’anti-morosité assuré ! Alors prévoyez-le bien sur le fameux emploi du temps (celui avec lequel je vous bassine depuis tout à l’heure ;))

Idée N°12 : Lire… et faire lire les enfants !

LE remède puissant anti-écrans, anti-oisiveté, anti-énervement et anti-zombies. À la maison, on a ressorti tous les classiques : les livres d’Enid Blyton (série « Club des cinq »), de Georges Bayard (série « Michel »), de Paul-Jacques Bonzon (série « Famille HLM » et « Les 6 compagnons »), d’Edward Home-Gall (série « Shirley »), de Fenimore Cooper (série « Bas de cuir », dont « Le Dernier des Mohicans »), de Laura Ingalls Wilder (La Petite Maison dans la Prairie), Jacqueline Dusmenil (série « Les compagnons du cerf d’Argent »), tous les Jules Vernes, et j’en passe car la liste n’est pas du tout exhaustive ! Il y a de quoi lire pour 5 ans de confinement avec tous les livres que je collectionne d’occasion depuis 20 ans ;). Vos parents ou vous-même les avez probablement déjà lus, ils ont déjà un peu vécus ces braves vieux livres mais sont à la fois passionnants et super bien écrits pour des livres d’enfants (en tout cas bien mieux que la plupart des livres pour enfants plus récents je trouve). On en trouve beaucoup d’occasion sur Rakuten (qui livre encore… ;)). Mes enfants sont passionnés en tout cas, sincèrement, et les dévorent hyper volontiers. Précieuses heures de tranquillité en vue pour les parents en télétravail… Sans compter toutes les BD (Tintin, Astérix, Gaston et Cie), que vous pouvez accessoirement leur piquer sans vergogne pour le bien de votre moral ;).

Idée N°13 : Les loisirs créatifs

Moi je n’ai pas trop le temps mais si ça vous tente, c’est le moment où jamais! Ma Roseline crochète par exemple des petits doudous “de Pâques” pour se changer les idées, ça fait rire toute la famille et c’est mignon à croquer. Quelques grammes de douceur dans ce monde de brutes 😉

 

Idée N°14 : Savoir s’isoler quand ça ne va pas

Mauvaise humeur de maman ou papa = danger. Car c’est encore plus contagieux que le coronavirus ça… Alors quand ça ne va pas (et c’est normal d’avoir des coups de mou), je crois que c’est prudent de savoir s’isoler un peu avant que ça « pète ». Hier, après le coup des gants disparus je me suis planquée au fond du jardin et j’ai arraché des ronces avec fureur. Ça m’a fait du bien. Une autre fois, je me suis enfermée dans ma chambre avec une BD. Ce n’est pas toujours facile, mais savoir s’éclipser avant de s’être engueulé avec chaque membre de la famille c’est plus sage… On est humains, donc pas parfaits 😉

Idée N°15 : Gérer au mieux le « ravitaillement »

Je suis sûre que déjà, vous avez du PQ. Ah ben si ! Parce que sinon, je voudrais bien savoir où sont passés tous les rouleaux des supermarchés de la région de St Marcellin ! Moi par exemple, je n’ai pas fait de stock… pas pensé. Imprévoyance folle. On s’arrangera avec des feuilles de noisetiers parce que « l’acacia, ça irriiite », comme dirait Laurent Gerra…

Pour le reste, je ne pense pas que l’on ait besoin de réserves pré-apocalyptiques. D’abord parce que si plus personne n’a à bouffer à part nous, on va faire quoi ? Savourer tranquillou nos 30 mètres cubes de victuailles planquées en regardant les voisins crever la gueule ouverte ? Très peu pour moi, merci. Bref, faire quelques réserves, c’est normal, c’est prudent, c’est prévoyant, c’est le bons sens même, ne serait-ce que pour sortir le moins possible par la suite afin que le confinement soit optimal. À chaque fois que l’on sort, on prend un risque, on en fait prendre aux autres.

Mais de là à vider les rayons de pâtes, de riz, de sucre et de boîtes de thon… Ceux qui font ça ne vont pas se régaler les prochains mois, quand tout sera rentré dans l’ordre (mais si, il faut être optimiste) et qu’ils devront s’avaler ces kilos de bouffe en conserve pour pas laisser gâcher…

D’ailleurs, j’ai une communication à faire : Hé, les emmerd… les râleurs qui vous permettez de nous insulter, mon mari ou moi, quand on passe en caisse avec un énorme chariot ! J’ai six bouches à nourrir tous les jours + des recettes à faire pour mes livres donc mes chariots sont TOUJOURS énormes, même quand c’est pas la panique mondiale. Comparez avec vos courses pour deux personnes, et vous verrez qu’il n’y a rien de choquant dans le fait d’acheter les boîtes de haricots verts par 3, ou les bouteilles d’huile par 4 !!! Zut quoi ! (version censurée)

Côté « stock », je n’ai acheté que des choses que je suis sûre de pouvoir manger assez rapidement, en variant bien (parce que 25kg de coquillettes, ça risquerait d’être un tantinet lassant pour les 50 jours à venir), en associant céréales et légumineuses, farine pour le pain, quelques conserves… On ne crèvera pas de faim, même si quelques produits sont manquants ou risquent de manquer un peu ces prochaines semaines. On ne meurt pas du fait qu’il n’y ait plus de chocolat (mauvais exemple, OK), de beurre, d’œufs ou de pâtes en rayon certains jours. On improvise juste autre chose avec ce qui est disponible, et il y aura toujours plein de choses disponibles parce qu’on a quand même l’immense chance de ne pas habiter au Sahara ou au Groenland, et c’est un virus qu’on s’est pris, pas une bombe nucléaire ou un nuage de sauterelles. De toute façon on est trop gâtés, et ça nous fera du bien (moi la première ;), de devoir faire des touts petits efforts de sobriété si besoin.

Juste une info : quand vous rentrez avec des courses d’épicerie, ou que vous vous faites livrer, certaines personnes conseillent de laisser vos achats deux ou trois jours en « quarantaine » dans un coin sans y toucher car le fameux virus serait semble-t-il assez récalcitrant sur le carton ou le plastique. Je ne sais pas DU TOUT ce que vaut ce conseil mais bon, dans le doute je l’applique…

Idée N°16 : Téléphoner aux anciens

Grands-parents, vieux voisins, etc. ils sont très seuls, pas toujours connectés à Internet, et souvent très angoissés par cette pandémie… alors prendre quelques minutes (OK, 1H30 c’est plus réaliste) pour appeler tante Désirée ou pépé Robert, c’est d’une grande délicatesse. Je me dis que dans le cas inverse (moi très vieille et eux encore tout jeunes) je serais touchée au plus profond de mon âme qu’ils prennaient le temps de me tenir un peu compagnie par téléphone en me donnant des nouvelles, en me changeant les idées, en me donnant un peu d’affection et d’attention.

Idée N°17 : Ne rien gaspiller !

C’est une des « conséquences » les plus positives du confinement !

Apprendre à ne rien gâcher, montrer cela à nos enfants, quel magnifique pas en avant pour préparer demain…

Faire un bouillon bien parfumé avec le vert des poireaux et juste un clou de girofle avant d’y faire cuire des petites pâtes, apprêter les tiges de brocoli ou les fanes de radis en plat de légumes bien appétissant, ne pas jeter la moindre miette de pain, mais aussi limiter sa consommation de shampoing (une seule bouteille pour tous les « chevelus » de la famille Chioca, ça va se terminer au savon de Marseille cette histoire là !), de lessive, de produit vaisselle… C’est merveilleusement formateur !

Je ne m’attarde pas plus sur le sujet car j’ai déjà l’impression d’avoir écrit une thèse (ça fait deux jours que je rédige ce post ;)), mais je posterai plusieurs recettes « anti-gaspi » sur Instagram ces prochaines semaines… Promis !

Idée N°18 : Profiter de ce temps pour se former

Lire de bons ouvrages ou des articles sérieux par exemple sur le potager bio (même si on ne s’y met pas encore cette année, tout est bon à prendre pour plus tard ;)), la permaculture (y compris urbaine), la santé naturelle, l’alimentation saine, le pain maison, la fermentation, ou que sais-je encore, c’est le moment où jamais puisque beaucoup d’entre nous se retrouvent avec un peu de temps devant eux, ce fameux temps si précieux et si rare dans nos sociétés de fous, et qui nous empêche bien souvent d’approfondir les choses ! Certaines librairies en ligne livrent encore pour le moment, heureusement.

Sur un sujet plus spirituel, j’ai lu dernièrement deux ouvrages bouleversants : « Don Bosco, l’apôtre des jeunes », et « Saint Vincent de Paul, le père des pauvres », tous écrits par Guillaume Hunermann, un auteur que j’apprécie beaucoup. Je pense que ces livres pourraient toucher beaucoup de personnes, y compris parmi les athées, tant ces deux vies sont à la fois captivantes (difficile de lâcher le livre une fois commencé, c’est palpitant, touchant, avec parfois même un peu d’humour, bref, tout sauf rébarbatif et on ressort de ces lectures avec un petit stock de courage en prime, ce dont nous avons tous bien besoin ;)). Mais surtout… tous deux ont vécu une grave épidémie (bien plus grave encore que le Covid) à un certain moment de leur vie, et la façon dont ils ont géré cela est un poignant témoignage de ce que l’Homme peut avoir de meilleur en lui dans les situations les plus terribles.

À priori ce sont des livres « pour les jeunes », mais à 40 ans, pour moi c’était juste parfait 😉

Idée N°19 : Rester solidaires AUTANT qu’on le peut

On peut avoir parfois l’impression que confinement individuel et solidarité sont incompatibles. Or on peut, de chez soi, faire tout de même quelques petites choses pour les malades, les soignants et toutes les autres personnes en grande difficulté : déjà, respecter le confinement (quand je vois des gens continuer à se voir comme si de rien n’était en « bravant » les interdictions, ont-ils conscience que s’ils tombent malades, outre le danger pour leur vie ils risquent de « prendre » le respirateur d’une personne un peu plus âgée qui décèdera par leur faute ? »), mais aussi confectionner des masques en tissu (une association en fait dans notre région et mon fils Hugues en a bénéficié pour ses livraisons de fromages, cela m’a énormément touchée et du coup, on est en train d’en faire à notre tour), prier pour eux (dans les temps passés, nos anciens qui avaient beaucoup de bon sens ont toujours pensé à demander le secours du Ciel en priant les uns pour les autres dans les grandes épreuves de famine, de guerre et d’épidémie… ces fléaux qui, bien souvent, ne sont dus qu’à la folie humaine !), en gardant leurs enfants quand cela est possible (j’ai une amie, très chère, qui est « sur le front » directement au contact des malades : elle a deux petites filles, gardées par des amis, elle ne les a plus revues depuis 10 jours et ne les reverra probablement pas avant la fin du confinement, c’est un crève-cœur pour une maman ça), en « profitant » d’une course urgente pour ramener quelques denrées nécessaires à un voisin fatigué ou une personne âgée du quartier (en gardant toujours les « gestes barrière », pour ne pas apporter le covid en même temps que la baguette de pain…), en demandant si, dans sa famille ou connaissances, certaines personnes pourraient être soulagé d’un peu de leur télétravail, etc.

Surmonter son individualisme pour aider tout autant qu’on le peut (sans jamais mettre en péril non plus le dispositif de confinement), cela occupe, cela grandit l’âme, cela rend très heureux…

Idée N°20 : Cuisiner !!!

Vous l’attendiez un peu celle là, avouez :)… et bien nous y voilà ! Cuisiner de bons petits plats équilibrés ça occupe, ça nourrit sainement, ça fait passer le temps, ça console et ça apaise.

Pour votre bon moral, c’est une recette un peu poétique que je vous propose aujourd’hui, un gâteau réalisé uniquement avec des ingrédients que nous avons tous (ou presque) dans nos placards !

Mais nooon, pas du PQ. (Pffff !).

De la farine, de la compote, des trucs comme ça 😉 Et même pas d’œufs ou de beurre puisque c’est en rupture dans certains magasins !

Ce pourrait être un chouette gâteau de Pâques d’ailleurs, car malgré la simplicité des ingrédients et de la recette, il est extrêmement bon…

Et puis lors du prochain post, j’essaierai de vous trouver un moyen de faire des petits animaux de Pâques home made pour vos enfants… enfin, si j’arrive à un résultat correct ! Parce que je suis encore très vexée par mon paon enluminé qui ressemble à un poulet en queue de pie

 

Bon courage à vous tous. On en viendra à bout de cette saleté. Et le bon plan suprême, ce serait qu’on en sorte plus forts…

 

 

 

« Fleurs blanches », le gâteau du placard qui n’en avait pas l’air…

Telles les première corolles d’un verger de printemps enivrant abeilles et papillons de leurs senteurs florales et miellées, ce gâteau léger comme un nuage joue sur une partition pleine de délicatesse et de légèreté : miel d’acacia, vanille, soupçon de fleur d’oranger et d’amande évoqueront ces fleurs blanches qui ne laissent personne indifférent…

A noter que ce gâteau, ultra facile à réaliser, ne contient ni œufs ni laitages et peut se cuire soit à la vapeur soit au four.

 

Ingrédients pour 8 parts

Préparation : 15min (tout compris !)

Cuisson : 25min

À commencer la veille

 

Pour la crème :

  • 40cl de crème coco liquide (marque Kara, briquette verte, car elle monte bien en chantily)
  • 1 c. à soupe de véritable eau de fleur d’oranger (merci Cybèle, ma chère amie :))
  • 1 c. à soupe d’extrait de vanille liquide
  • ¼ de cuillère à café d’extrait d’amande amère
  • 8cl (85g) de miel d’acacia

 

Pour le gâteau :

  • 175g de farine T110 de blé ou de grand épeautre
  • Un sachet de poudre à lever
  • 100g de compote pomme-vanille sans sucre ajouté
  • 110g de miel d’acacia
  • 6cl de jus de pomme
  • 50g d’huile de coco + un peu pour le moule
  • Une pincée de sel.

 

La veille, mélanger tous les ingrédients de la crème, couvrir et mettre au frais.

Le lendemain, mettre à chauffer environ 2L d’eau dans un cuiseur vapeur ou un couscoussier (ou préchauffer le four à 180°C, au choix).

Graisser un moule à savarin de 22cm de diamètre avec de l’huile de coco.

Mélanger dans un saladier la farine, la poudre à lever et le sel. Ajouter la compote, le miel, le jus de pomme et l’huile de coco préalablement fondue. Mélanger de nouveau juste ce qu’il faut puis verser dans le moule à savarin et égaliser.

Déposer le moule dans le panier vapeur poser le couvercle et compter 25min de cuisson (ou enfourner pour 25 min, au choix). Laisser refroidir avant de démouler.

Le lendemain, fouetter les ingrédients de la crème au robot muni de ses fouets à fils jusqu’à obtention d’une chantilly bien ferme. Démouler le gâteau sur un plat, puis déposer des cuillerées de crème sur le dessus. Décorer éventuellement de jolies fleurs d’arbres fruitiers (ici, des fleurs de pruneliers).

 

⇒ Nota : la cuisson à la vapeur ou au four donnent des textures très différentes, mais les deux sont excellentes. Cela vous fera une bonne excuse pour, comme moi, tester les deux versions 😉

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{ Sans sucre ajouté (bis) }

12 mars 2020

{ Sans sucre ajouté (bis) }

Des petits cakes énergétiques aux noix et aux figues

(Et des photos de mon nouveau salon ! )

 

Ouf, c’est fait  ! Ces 10 derniers jours, j’ai allègrement pataugé dans les gravats, je me suis collé de la poussière jusque dans les trous de nez, de la chaux sous les chaussettes et de la peinture à l’argile dans les cheveux, j’ai les genoux en compote et les poignets en marmelade, le bras droit agité de soubressauts à force d’avoir poncé, bref, je suis HEU-REUSE ! Je viens de terminer le relooking de mon salon, et ça fait juste 15 ans que j’attendais ça…

Comme l’an dernier, pour la cuisine, je vous mets quelques photos accompagnées d’infos pratiques afin de partager avec vous quelques idées pour le cas où cela vous intéresserait, mais sans trop donner de noms de marques ou de liens car sincèrement, il y a surtout beaucoup de récup’ (et si vous ne trouvez pas votre bonheur, genre vous voulez absolument savoir où j’ai déniché les trois tableaux avec le lapin, le hibou et le louveteau qui ornent le mur au dessus du radiateur, demandez-le moi en commentaire, je vous répondrai volontiers;)).

Et comme certains d’entre vous (c’est bien normal) ne seront pas DU TOUT passionnés par mes histoires de vieux meubles décapés et de tomettes en terre cuite de récupération, je vous donne aussi la recette des petits cakes que vous apercevrez ça et là sur les photos : ils sont absolument délicieux et très sains. En ce moment, je teste par curiosité pas mal de recettes sans aucun sucre ajouté (ni sirop d’agave, ni miel, etc.) et du coup, autant en faire profiter tout le monde… enfin, quand c’est bon (ce qui est le cas de ces cakes aux figues, mais pas de tous mes essais, loin s’en faut ;))

Bon… on y va ?

 

 

L’an dernier, je vous montrais cette jolie vieille porte de ferme “chipée” à la chèvrerie de mon fils (avec son accord tout de même !)… Mais qu’y a-t-il derrière cette grosse porte? 😉

 

Le meilleur moyen de savoir, c’est de l’ouvrir hein… Elle grince un peu sur ses vieux gonds rouillés. Oh, mais c’est le salon ici ! (Sans blague, je suis sûre que vous ne vous y attendiez pas du tout ;))

 

Un vaaaste salon ! Et bien non. En vrai, il est tout petit petit. C’est juste mon objectif grand angle qui fait le cake… J’ai d’ailleurs un peu galéré pour ces photos car je rêverais de savoir prendre de beaux clichés comme dans les magazines de déco, sauf que je ne suis pas DU TOUT équipée pour ça ! Avec mon objectif fixe 50mm (celui avec lequel je prends toutes mes photos de cuisine), on ne peut shooter que des petits détails, ou alors reculer de 10m si on veut faire rentrer ne serait-ce qu’un fauteuil en entier dans le cadre. Or je n’ai (carrément) pas 10m de recul dans mon salon, même en grimpant sur le mur d’en face… Alors j’ai utilisé le grand angle, celui qui me sert pour les photos de paysages, et du coup, là j’arrive à cadrer plus de choses sauf que c’est tout déformé un peu comme Godefroy de Montmirail qui regarde son château après avoir bu la potion hallucinogène de la sorcière… Mais au moins, vous avez une vue sur mon beau sol en tomettes de récupération, je l’aime teeellement ce sol ! Et dire que la semaine dernière, il y avait encore un carrelage moderne blanc et brillant dans ce salon…

 

Ici c’est mon post de travail 😉 Et ce n’est pas une blague. Car quitte à passer des heures devant l’ordi, autant me balancer dans un rocking chair, c’est mieux. Et dans cette grande armoire en noyer chinée 80€ sur le Bon Coin, puis “décapée” à la pierre d’argent pour que le bois soit moins foncé…

 

… se cache justement mon vieil ordinateur, celui qui a essayé de me lâcher 4 ou 5 fois en deux ans mais que mon mari à toujours réussi à réanimer de peur de devoir en racheter un autre (le gorille tout gris qui se reflète dans l’écran avec un appareil photo à la main, c’est moi en pyjama) ! Et dans les innombrables bacs en plastique tout moches autour, il y a des petites cuillères en bois, des petites cuillères anciennes en métal, des petites cuillères à manche coloré, des petites cuillères en porcelaine, des fourchettes (en bois, en métal, etc.), des couteaux, des ustensiles tout bizarres (genre un presse-purée vintage), des baguettes chinoises, des caissettes à cupcakes, des poches à douilles avec toutes les douilles possibles et imaginables y compris celles dont personne ne sait pourquoi elles existent, des emporte-pièces, des cercles inox individuels, des rubans, etc. Bref, tous ces petits trucs qui servent à mes recettes et mes photos. Avant, c’était dans des cartons, empilés dans un placard moche en maçonnerie avec une porte rouge. Et c’était tellement bourré qu’avant d’y trouver un truc, je devais farfouiller comme un sanglier en disant plein de gros mots, puis jeter par terre la moitié du placard avant de trouver ce que je cherchais (ou pas). Là j’ai JUSTE à ouvrir un tiroir en sifflotant… Ah, ce que c’est que l’organisation quand même ! Et pour travailler, et bien je mets le rocking chair devant l’armoire ouverte, j’allonge les pieds sur les coussins, et c’est parti pour trois heures de balançoire en tapant sur le clavier. On appelle ça “l’ergonomie du travail”, c’est très sérieux comme concept ;))

 

A gauche du placard, il y a maintenant un vieux radiateur tout charmant en “fonte fleurie”, venu remplacer le grand truc blanc tout moderne qui prenait la moitié du mur… Ce grand-père radiateur, on l’a acheté d’occasion, il pèse 180kg, il a fallu se mettre à trois rugbymen pour le rentrer dans le salon et encore, j’ai bien cru qu’on n’y arriverait jamais. Moi, je l’ai “juste” repeint avec un gniwagnagna de petit pinceau coudé pour aller dans tous les recoins et je vous raconte pas le temps que ça m’a pris… Mais là, il me plaît vraiment, c’est une oeuvre d’art à lui tout seul ce radiateur ! Seul souci : il chauffe comme un malade, et au bout d’une heure de travail devant l’ordi, j’ai un coup de soleil sur la joue gauche. (Mais ne le répétez pas à mon mari, sinon il va soupirer “je te l’avais bien dit !!!)…

 

Quand on tourne le dos à mon armoire de Narnia, il y a la porte-fenêtre contre laquelle je fais absolument toutes mes photos de cuisine depuis des années… Avant j’avais une petite table ronde à bout de souffle sur laquelle je disposais mes fonds, mais que je ne pouvais pas utiliser telle quelle (car elle était un peu jaunâtre). Là, j’ai dégoté cette petite table de bistrot des années 50 pour 20€ dans une ressourcerie du coin. Je l’ai entièrement poncée pour retirer le vernis, patinée au brou de noix + cire teintée de noir, mon mari l’a équipée de roulettes, bref, je sens qu’on va faire une bonne équipe elle et moi… Au fond, une alcôve (un ancien évier) qui était, au départ recouverte de carrelage moche : Il y a deux ans j’y ai collé des briques de parement assez sympa, ça me plaît bien mieux… On aperçois parfois ce bout de mur en briques sur certaines de mes photos.

 

Le plateau de ma petite table de bistrot (avec des cakes au figues, aux noix et à l’huile d’olive, mais oui, on va y arriver à la recette ;))…

 

Ça, ce sont des malles qui me font de l’oeil depuis des mois. J’ai failli me les acheter pour mes 40 ans cet automne, puis pour Noël… Je viens de craquer, (pardon!) après 5 mois de résistance acharnée. Désolée… Mais c’était pour le travail, si si, promis !

 

Regardez : j’y range tout bien mes petits torchons qui servent au stylisme des recettes ! C’était donc un achat utile et raisonnable. C’était pas pour leur look, nooooon. Juste par pure “raisonnabilité”…

 

A côté des petites malles il y a ce vieux buffet, qu’un ami nous a donné il y a 20 ans. Il était marron foncé, vraiment pas très jojo (le buffet, pas le copain). Je l’ai sablé, repeint en bleu gris, “usé” légèrement en reponçant les angles, patiné au brou de noix…

 

… Sauf le plateau, laissé tel quel.

 

A côté dudit buffet se trouve LE fauteuil du salon… Alors moi, j’ai toujours rêvé d’un fauteuil Laura Ashley “à oreilles”, genre celui de Sherlock Holmes au 221 B Baker Street. Mais bon, à défaut du budget, j’ai trouvé ce fauteuil IKEA d’occasion, et il fait le job… Ce qui est dommage, c’est que je n’ai pas très souvent le temps de m’y assoir avec un thé, un livre et un gros plaid sur les genoux comme semble nous y inviter cette photo. La dernière fois c’était en décembre (2018), je crois. Bah, j’en profiterai quand je serai à la retraite {soupir}…

 

A côté du fauteuil il y a ce petit meuble rouge foncé, lui aussi “rescapé de la marronitude” grâce à un gros coup de peinture rouge basque ;). On y range les livres d’enfants.

 

Hop, demi-tour à 180° : voici le canapé. Avec dessus, une collection de sangliers en peluche. Chez les Chioca, on a un truc avec les sangliers, tout le monde trouve ça “trop meugnooooon” et faudrait qu’un psy nous explique, parce que ce n’est peut-être pas très normal d’être à ce point attendris devant des gros cochons de la forêt munis de défenses terrifiantes. Les autres gens, normaux, aiment les petits chats en peluche, les petits lapins, les flamants roses, Hello Kitty, les petits trucs mignons quoi. Les miens sont gagas de sangliers (tous !), et à Noël, l’arrivée du gros “papa sanglier” (à gauche) a été salué par un octuple hurlement de joie délirante (oui, moi aussi j’ai crié et pourtant, je savais bien ce qu’il y avait dans le paquet).

 

Quant au canapé, c’est toute une histoire. Vous voulez savoir? Alors : c’était le canapé de mon arrière-papi. Il était en velours vert, rembourré en crin de cheval, et il avait traversé la mer en bateau pour atterrir à Nice dans les années 60. On n’a gardé que le tour (c’est à dire les accoudoirs et le coffre derrière), on a sablé le tout pour éclaircir le bois, puis mon mari a rajouté une jolie planche dessous (pour camoufler les roulettes, parce que c’est plus facile comme ça de le déplacer). Et au milieu, c’est juste un clic-clac de chez Confo qui a exactement 18 ans. Ça ne vaut pas le look d’un canapé de chez Maison du Monde mais au moins, il est unique celui-là 😉

 

Au mur, les portraits de nos ancêtres? Ben non, parce qu’on en avait pas (voilà ce que c’est que de descendre de paysans auvergnats et de maçons italiens : il n’y avait personne pour les peindre ;)). Alors on a mis cet ourson extrêmement mignon sur le mur en briques…

 

… et ces trois ravissantes petites bêtes au dessus du radiateur (mur enduit à la chaux et peint à l’argile, soit dit en passant : des matériaux naturels, très peu onéreux, et au rendu vraiment joli). C’est un salon des Chambaran, avec des animaux de la forêt dans tous les coins !

 

Ici, détail sur deux meubles du salon que j’ai repeint et “vieilli” en reponçant doucement les angles puis en patinant au brou de noix (très important, sinon le bois reste trop blanc et ça ne fait pas ancien du tout). J’aime beaucoup cet effet usé mais j’ai bien ri de l’air dépité d’un ami, plus âgé, s’exclamant devant mes meubles dont j’étais si fière : “Mais… c’est ni fait ni à faire !”

 

Juste pour le délire… des petites bêtes au crochet, réalisées par ma Roseline aux doigts de fée 🙂

 

Et ces jolies fleurs…

 

… que je n’ai pas pu résister de ramasser pour fleurir mon salon tout neuf (ça nous fera quelques prunes de moins cet été mais bon, pour ce que les oiseaux nous auraient laissés de toute façon ;)).

 

Et bien voilà, on a fini je crois… Je n’ai pas photographié le poêle à bois parce qu’il est vert canard, pas du tout assorti, mais mon mari ne veut pas le changer (j’ai quand même tenté de négocier, évidement, mais bon, il faudra attendre qu’il tombe en panne et comme ça ne tombe pas souvent en panne, un poêle à bois…). J’ai aussi évité soigneusement de prendre en photo l’effroyable buffet style “Henri II” que mon cher-et-tendre aime tellement et qu’il a bien fallu garder parce que dans un couple, faut faire des concessions hein {triple soupir}. Il est absolument hideux, vaguement (mais alors très vaguement) moyenâgeux (le buffet, pas le cher-et-tendre!), avec, sculpté sur les portes, des espèces de gargouilles en train de vomir des fruits (une horreur je vous dit !!!). Et là j’ai eu beau le sabler, je ne peux pas faire de miracle non plus 😉 Heureusement qu’il est planqué dans l’ombre derrière le canapé ^^

Allez, on passe aux petits cakes? Vous les avez bien mérités 🙂

Ingrédients pour 8 petits cakes :

Préparation : 10min

Cuisson : 20min

  • 130g de figues séchées
  • 100g de noix de Grenoble fraîchement décortiquées (ou d’amandes)
  • 110g de farine T110 de grand épeautre (ou de blé)
  • 1 sachet de sucre vanillé (ou 7 à 8g de sucre vanillé maison)
  • ½ sachet de poudre à lever
  • 1 c. à soupe de véritable eau de fleur d’oranger (merci ma Cybèle pour ton délicieux cadeau :))
  • 3 œufs
  • 60g de jus de pomme
  • 60g d’huile d’olive
  • 1 c. à café rase de graines d’anis vert (facultatif, mais délicieux)
  • Une pincée de sel.

Préchauffer le four à 180°C, chaleur tournante.

Avec une paire de ciseaux, découper les figues en petits morceaux. On peut aussi découper les cerneaux de noix ou les amandes en deux (facultatif).

Mélanger la farine, le sel, le sucre vanillé, l’anis vert et la poudre à lever. Ajouter les œufs, le jus de pomme, l’huile et la fleur d’oranger. Mélanger le moins possible, rajouter les figues et les noix, mélanger de nouveau et verser aussitôt dans 8 petits moules à muffins (environ 5cm de hauteur et 6cm de diamètre).

Enfourner pour 15 à 17min environ., jusqu’à ce que les cakes soient bien gonflés, bien dorés, et qu’une pique plantée à coeur ressorte parfaitement sèche.

A conserver dans une boîte hermétique ou un sachet plastique.

 

 

 

 

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{ C’est tellement mieux que d’ouvrir une brique ! }

26 février 2020

{ C’est tellement mieux que d’ouvrir une brique ! }

 

La petite soupe asiatique « chrono » et trop bonne 

(Modulable en fonction des appétits)

♥ IG bas ♥ Sans Lait ♥

 

En publiant mon affreux cake tout vert de la dernière fois, je ne m’attendais certainement pas à un tel engouement ! Oui oui, encore des légumes et des recettes faciles, rapides, toutes légères pour le soir Marie ! C’est donc bien volontiers que je m’exécute, et même d’autant plus volontiers qu’étant actuellement en cure Cabot, je ne me vois pas trop vous poster des recettes genre dégoulinantes de chocolat que vous me bouloteriez sous le nez (sadiques !). Ce sera donc une Marie trèèès sage qui écrira sur ce blog pour les 2 ou 3 prochains articles. Et si, ça peut m’arriver des fois. Il me faut aussi vous dire qu’ayant attaqué lundi des travaux dans mon salon (je vous mettrai des photos quand ça sera fini, promis), et étant donné que cette pièce me faisait aussi office de bureau et de studio photo (et de frigidaire, c’est pour ça qu’on va rajouter un radiateur), je risque d’être un peu en galère pour shooter les prochaines recettes. Ce matin, par exemple, des terres-cuites étaient en train de sécher devant LA fameuse porte-fenêtre (seul endroit de ma maison où la lumière soit au top le matin) et pour photographier cette soupe, j’ai dû aller me geler dehors alors que j’avais mal au crâne, que mon chien louchait sur les crevettes (même qu’un filet de bave coulait de sa babine et je tremblais que ça ne tombe dans l’assiette…), que des flocons de neige se collaient sur l’objectif, que les brins de ciboulette s’envolaient à chaque coup de vent, que mon écharpe trempait dans la soupe (pendant que je surveillais imbécilement le filet de bave du chien) bref, que du plaisir hein… Mais bientôt, j’aurais un joli salon/bureau/studio photo, et ça c’est chouette ! Comme pour la cuisine l’an dernier, je tente petit à petit de redonner à ma maison un peu de son charme rustique, sachant que les précédents propriétaires se sont légèrement acharnés dessus : plaques de placo pour « cacher » les poutres en bois ou les jolis murs en pisé, lambris en PVC, carrelage design pour remplacer les planchers anciens, bref, rien n’aura été épargné, ou presque, mais bon, chacun ses goûts on va dire. Là, on est en train de poser des tomettes en terre cuite de récup sur le carrelage blanc brillant, sans savoir ce qu’il y avait dessous, ça va faire une drôle de lasagne mais bon, on était trop fatigués à l’idée de tout défoncer au marteau-piqueur…

Bref, pour en revenir à ma recette, c’est un plat que je fais souvent le soir quand je suis un peu limite côté timing (presque comme tous les soirs, en fait) car avec un robot pour émincer finement les légumes (et éventuellement une bouilloire pour chauffer l’eau plus vite), cette super bonne soupe se cuisine en un clin d’œil ! Elle peut même être modulée très facilement en fonction de l’appétit de chacun puisque les pâtes ne sont proposées qu’à part : Moi par exemple, je n’en mets pas dans mon assiette mais en revanche j’essaye toujours de choper deux ou trois crevettes dans la marmite, mine de rien.

Ce genre de petit plat, tout chaud, bien parfumé et HYPER léger c’est vraiment bien pour le soir quand on surveille un peu sa ligne : Car parfois, on n’a pas vraiment faim, mais juste “envie de manger”, et/ou de partager un moment de détente à table avec sa famille, pour se réconforter d’une longue journée. Or, sans les pâtes, cette bonne soupe est vraiment “light”…

Toujours sur le plan nutritionnel, sachez qu’outre le côté bien pratique de la cuisson chrono des légumes émincés finement, ils conservent ainsi presque toutes leurs qualités mais sans le côté « refroidissant » et parfois un peu plus difficile à digérer des crudités. Pour l’hiver, c’est le top ! Les crevettes sont facultatives (voir plus bas pour les alternatives végé ou pas) mais 25g de protéines animales par personnes, c’est hyper raisonnable pour un repas du soir… et ça donne un super bon goût à la soupe !

Surtout, ne zappez pas le petit « secret » consistant à faire légèrement rissoler l’ail, le gingembre et les oignons hachés avant d’ajouter les autres ingrédients. Perso, je n’utilise jamais de bouillons tout prêts, car il ne faut vraiment pas grand chose pour en réaliser de délicieux à la maison : une feuille de laurier, un clou de girofle, quelques légumes et un peu de sel étant vraiment la base, sauf dans cette soupe aux parfums un peu plus asiatiques où là c’est le trio ail/gingembre/coco qui fait le job (en plus des bons légumes ! ).

Je profite pour préciser qu’en vous recommandant d’émincer les légumes au robot, je n’essaye pas de vous faire de la pub pour telle ou telle marque. Je m’en fiche, prenez le robot que vous avez, et si vous n’en avez pas, il ne vous faudra que quelques minutes de plus pour émincer les légumes avec un couteau et une planche (ce que je fais parfois par « flemme » de devoir ensuite rincer les éléments du robot)… Pendant des années, j’ai eu un robot multifonctions Magimix, pas top canon côté design mais super robuste. Juste pour l’anecdote, un jour un de mes enfants a réussi à mettre une cuillère à café en inox (si si) dans le robot en train de hacher de la viande. Et là je suis sûre que vous voudriez bien savoir ce qu’il s’est passé hein ? Moi aussi.

Parce que quand je suis revenue dans la cuisine, attirée par des bruitages de film de guerre à 120 décibels, j’ai vu mon robot Magimix danser la gigue sur le plan de travail en faisant des bonds de kangourous. Je l’ai rattrapé in extremis dans sa tentative de saut en parachute et il n’a même pas été cassé… Bref, c’était du solide. Mais comme au bout de 15 ans d’usage intensif dans une famille de barbares il commençait quand même à partir en quenelle, mes enfants m’ont offert pour mes 40 ans un joli robot du même type mais d’une autre marque (Kitchenaid) et celui-ci a un look vintage de folie ! Bref, on peut se passer de robot multifonction pour cuisiner, car tout peut être découpé ou haché au couteau. Mais si l’on manque généralement de temps pour cuisiner, et que l’on veut malgré tout manger sainement, c’est un « gadget » intelligent je pense, car cela permet de préparer des bons légumes crus ou cuits en un clin d’oeil. Et là je suis sûre que quelqu’un va me dire « Et une mandoline, c’est bien aussi une mandoline ! ». Oui, quand on veut parfumer sa soupe avec de la pulpe de doigts (j’ai en horreuuuuur les mandolines, cet instrument au petit nom si poétique, si féminin, cachant des instincts meurtriers sous sa lame de rasoir !!!).

En tout cas, j’ai plein d’autres recettes de « soupes chrono au robot » dans mes petits papiers alors je vous les donnerai à l’occasion. Je ne vais pas garder ça égoïstement pour moi, pendant que tant d’entre vous se résignent à ouvrir tristement une brique de soupe tous les soirs faute de temps…

 

Ingrédients pour 4 personnes

Préparation : 5 à 10 min

Cuisson : 12min

  • 1 oignon
  • 1 poireau
  • 1 grosse carotte (ou 2 petites)
  • 1 petit chou chinois (350g)
  • 2 ou 3 branches de céleri bien tendres (édit du 28/02, car je les avais oubliées)
  • Quelques champignons frais (facultatif)
  • 15 à 25g de gingembre frais (selon les goûts)
  • 2 gousses d’ail
  • 4 c. à soupe d’huile au choix (coco ou olive)
  • Environ 100g de crevettes décortiquées (voir plus bas pour les variantes car je sais que ça coûte un bras, les bonnes crevettes)
  • Environ 200g de nouilles asiatiques aux œufs (en magasin bio)
  • 20cl de crème de coco liquide
  • Optionnel : 1 petit piment séché (ou un peu de purée de piment), quelques brins de ciboulette.
  • Un morceau d’écharpe pour infuser
  • Sel, poivre 5 baies.

Hacher l’ail, le piment et le gingembre puis faire blondir le tout avec l’huile dans une cocote en fonte jusqu’à obtention de notes légèrement caramélisées. Pendant ce temps, émincer assez finement tous les autres légumes puis les mettre dans la cocotte avec les crevettes. Saler généreusement, mélanger et faire revenir le tout quelques minutes, juste le temps de porter à ébullition 2l d’eau à la bouilloire.

Verser 1,5l d’eau dans la cocotte, ajouter le piment, le poivre 5 baies, poser un couvercle et cuire 7 à 10min de plus, juste le temps que les légumes deviennent tendres. Pendant ce temps, verser le restant d’eau bouillante sur les nouilles, poser un couvercle et laisser gonfler quelques minutes (vérifier le temps indiqué sur le paquet).

Servir à part la soupe et les nouilles, chacun pouvant ainsi moduler la quantité qu’il rajoute dans son assiette en fonction de son appétit…

Plein d’options !

– Les nouilles asiatiques sont très pratiques pour dépanner les soirs de crise grâce à leur cuisson très rapide (on les fait juste gonfler quelques instants dans de l’eau bouillante), mais elles peuvent être remplacées par des nouilles soba pur sarrasin (IG bas et sans gluten) ou des tagliatelles de riz (sans gluten) qui devront cuire à part avant d’être ajoutées à la soupe.

– Vous pouvez cuisiner cette soupe de façon totalement végétalienne (c’est déjà bien bon), ou ajouter un tout petit peu de protéines qui parfumeront beaucoup le bouillon tout en restant très digestes pour un repas du soir : ici, j’ai utilisé des crevettes, mais l’on peut aussi prendre 100g de filet de cabillaud ou de blanc de poulet préalablement découpés en petits cubes, ou 100g de bœuf ou de porc en fines lamelles (le cabillaud sera ajouté dans la soupe, comme les crevettes, tandis que le poulet, le porc ou le bœuf gagneront à rissoler dès le début de la recette, avec les oignons, l’ail et le gingembre.)

– Dans l’absolu, la crème de coco est optionnelle (on peut se contenter du bouillon clair), mais il serait bien dommage de s’en priver car c’est délicieux. Elle peut être ajoutée directement dans la marmite, ou présentée à table, chacun l’utilisant en fonction de ses goûts…

La soupe sans crevettes, ni nouilles ni crème de coco. Sans blaguer, c’est déjà pas mal 🙂

Même si AVEC, c’est tellement mieux 🙂

Je termine en postant quelques photos de cet hiver. La plupart ont déjà été publiées sur Instagram, et je ne peux pas à chaque fois tout mettre en “doublon” car il y a le contenu du blog, le contenu d’Instagram, et j’essaye de faire quelque chose d’un peu différent sinon ça n’aurait pas beaucoup d’intérêt 😉 Mais ces photos là, quelqu’un que j’aime bien m’a littéralement supplié de les poster ici…

Voici donc ma campagne après la pluie (faute de neige…)

 

Deux petits ânes rencontrés dans la brume…

 

L’abbaye Saint-Antoine, 1000 ans d’Histoire dans un bel écrin de campagne.

 

Chingachgook (et non John Cannar finalement), le caneton “coureur indien” né la semaine dernière (je ne peux pas tout vous re-raconter, sinon on va dire que je radote ;))

 

La ramure de cet arbre majestueux se détachant sur les montagnes… à noter que depuis cette photo, j’ai traversé trois collines et vallées à pied (et c’était loin, car ce cliché a été pris au téléobjectif ;)) pour toucher ce bel arbre. Rien à dire, de près, il est aussi beau, mais je ne sais toujours pas de quelle essence il est 🙂

 

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{ En trois coups de mixeur ! }

7 février 2020

{ En trois coups de mixeur ! }

Shrek le cake 😉

♥ Végétarien ♥ IG Bas ♥ 

 

J’ai faim, qu’est-ce qu’on mange ce soir ?

Je ne sais pas si vous avez souvent entendu cette question (ah si ?), en tout cas elle résonne chez moi quasiment tous les soirs car statistiquement, plus vous avez d’enfants, plus vous avez de chances qu’un gugusse vous la pose. Et quand c’est la quatrième ou la cinquième fois en un quart d’heure, ça peut devenir un tantinet irritant… (Gniiiiiiiiii !!!)

Du coup, pleine de pitié pour tous les pauvres parents en train de faire gniiiiiiii ! eux aussi tous les soirs dans leur cuisine, j’ai eu envie de poster sur mon blog une “recette du soir”, c’est à dire quelque chose qui soit à la fois facile, super rapide et équilibré. Alors j’ai longuement cogité sur la question hier en marchant en forêt (il faut savoir qu’avant, je réfléchissais à mes futures recettes en sautant sur un trampoline, c’était efficace comme tout, mais depuis mon pied cassé ce n’est plus possible. Or, mes neurones ont visiblement besoin d’être secoués très forts pour produire quelque chose puisque dès que je m’assois tranquillement, ils tombent en panne d’inspiration). L’idée de cette recette a donc germé sur un chemin forestier et franchement j’ai bien du mérite (sans blague !) parce que j’étais partie marcher avec une de mes filles qui est championne olympique de tchatche (elle peut parler 2H20 non stop, j’ai vu ça hier ;)). Je suis rentrée assez tard avec une de ses envies de roupiller… mais pas question de céder à l’appel de l’oreiller : Trois semaines d’absence sur le blog, ça n’avait que trop duré !

J’ai donc réalisé un gâteau de légumes en quelques coups de mixeur (l’impératif « faut que ça aille vite » m’arrangeait bien pour le coup !), puis j’ai attendu les 50min fatidiques de cuisson en baillant comme un diplodocus dans ma cuisine. En entendant enfin sonner le minuteur, j’ai soulevé avec appréhension le couvercle du cuit-vapeur pour découvrir, merveille, un gâteau d’un vert intense, super appétissant ! Réussite sur toute la ligne, hé hé…

Et puis là pfiouuuuu. Il s’est dégonflé.

La seule fois de ma vie où j’ai vu une tronche de cake se dégonfler à cette vitesse là, c’est le jour où un livreur Amazon (qui était en train de sérieusement manquer de courtoisie) a vu mon beauceron dégringoler de par dessus la clôture pour s’interposer entre nous !

Bref, mon cake avait la bonne couleur (celle de Shrek, comme le livreur ), mais un look des plus déprimants. Une bouse, ni plus ni moins. (Le cake, pas le livreur).

Là je voudrais vraiment que vous sortiez vos petits mouchoirs pour pleurer sur cette scène si épique, si émouvante, si attendrissante, si bouleversante, si poignante, si héroïque, si pathétique, si édifiante, si homérique de moi en train de ressortir, dans le noir de la nuit, chercher un poireau à la cave (et vous êtes en train de rire, bravo ! Vraiment pas de cœur !!!) au lieu de fourrer mon nez une bonne fois pour toutes dans l’oreiller.

Bref, j’ai recommencé à 22H ce gniwagnagna de gâteau en modifiant un peu les quantités d’ingrédients. Et le temps que ça cuise, j’ai baillé, écris la recette, baillé, rangé la vaisselle, baillé, regardé ma montre, baillé, ouvert mes mails d’un œil hagard et larmoyant, baillé, attrapé une poignée d’amandes au chocolat dans le bocal, baillé, reposé les amandes en me souvenant de mon tour de hanches, baillé, entendu sonner le minuteur, baillé, soulevé le couvercle du cuit-vapeur… et là je suis restée la bouche ouverte !!! Certes, déjà, parce que j’étais en train de bailler, mais surtout parce que “Shrek le Cake II” semblait é-pa-tant ! Dodu, aéré, bien plus séduisant que le premier en tout cas !

J’ai attendu quelques minutes, le cœur battant { là, musique de film d’horreur } pour surveiller (en oubliant de bailler) qu’il ne se dégonfle pas mais, ouf, tout s’est bien passé. Et j’ai pu aller me coucher en baillant de soulagement : Première partie de mission accomplie ! Après une bonne nuit de sommeil, la seconde partie de mission consisterait à shooter “Shrek le Cake II” sous ses meilleurs profils (ce qui n’était pas gagné ;)), mais cette perspective ne m’a pas franchement empêché de dormir…

D’ailleurs, je n’ai pas vu Shrek (le dessin animé), et mes enfants non plus. Désolée, ça manque à ma graaande culturation générale. Mais comme on sait quand même à quoi il ressemble, ma petite Luce m’a supplié de renommer mon gâteau autrement pour ne pas vous effrayer. Pourtant je trouve ça marrant moi, Shrek le Cake, ça sonne bien 😉

Et puis, s’ils ont tous les deux la même couleur, la comparaison ne s’arrête pas là ! Il partagent aussi, à prime abord, un aspect un peu repoussant (si si, disons les choses comme elles sont), qui s’estompe vite au profit d’une certaine affection dès qu’on fait davantage connaissance… Mon gâteau et le monstre vert ont encore en commun ce côté extraterrestre et mutant, car la texture de Shrek le Cake est à mi-chemin entre le gâteau éponge, le cake humide, les quenelles, la terrine de légumes et le clafoutis (oui oui, à mi-chemin de tout ça !)… et là, je ne suis pas sûre DU TOUT d’avoir réussi à vous convaincre d’y goûter alors sachez que je grignote des parts depuis ce matin en me disant à chaque fois « C’est trop rigolo ce truc, humm, c’est bon, ça ressemble à rien, c’est laid mais c’est bon. »

Je préfère juste prévenir les légumophobes les plus récalcitrants : passez votre chemin, car Shrek le Cake est si bourré d’épinards, de poireaux, de persil et d’oignons que vous ne vous en remettriez pas ! Il faut dire que ça nous fait quand même presque 700g de légumes frais planqués dans le gâteau (enfin, « planqué » n’étant pas vraiment le mot, n’est-ce pas, vu que ce gâteau semble hurler à tout le monde « Je suis tout vert donc plein de léguuuuumes !!!). J’aurais pu en mettre moins, c’est vrai, et obtenir une texture plus séduisante. Mais à vaincre sans danger, on vainc sans gloire, et le challenge était bien plus rigolo à relever avec toute cette verdure en premier ingrédient 😉

Ingrédients pour 6 parts

Préparation : 5 à 10min

Cuisson : 50min

  • 50g d’oignons
  • 200g de blancs de poireaux
  • 400g d’épinards frais
  • 1 grosse gousse d’ail
  • Un demi bouquet de persil (70g)
  • 4 œufs
  • 100g de parmesan râpé
  • 175 à 250g* de farine semi-complète de blé ou de grand épeautre
  • 1 sachet de poudre à lever
  • 6 cl d’huile d’olive
  • Noix de muscade fraîchement râpée
  • 1 c. à café de sel, poivre 5 baies (soyez généreux sur le poivre et la muscade)

 

* J’ai fais plusieurs tests de ce cake : avec 175g de farine, ça se dégonfle un peu, mais la texture est très agréablement fondante, beaucoup plus proche de la terrine de légumes. Avec 250g de farine, le gâteau lève mieux, est plus aéré, mais moins fondant. À vous de voir, les deux sont bons.

Mettre à chauffer au moins deux litres d’eau dans l’élément du bas d’un cuit-vapeur.

Rincer les épinards et les égoutter très soigneusement à l’essoreuse à salade.

Dans le bol d’un robot, hacher les poireaux, les épinards, l’oignon, l’ail et le persil avec l’huile, les œufs et le parmesan (procéder en deux fois si le bol est trop petit).

Dans un petit saladier à part mélanger la farine, la levure, le poivre, la muscade et le sel, puis verser dans le bol du robot avec le hachis de légumes et mixer de quelques impulsions, juste pour mélanger.

Transférer la pâte dans un moule à savarin huilé de 22cm de diamètre. Le déposer dans le panier du cuit-vapeur, poser un couvercle et compter 50min de cuisson.

Laisser un peu refroidir avant de démouler.

À servir tout chaud, ou froid avec une vinaigrette maison (ça fonctionne aussi très bien avec une sauce tomate !)

 

 

 

 

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{ Sans sucre ajouté }

16 janvier 2020

{ Sans sucre ajouté }

 

Le gâteau « Pomme d’Or »

♥ IG bas ♥ Sans Lait ♥

 

 

Chose promise, chose due… Voici la recette de ce fameux gâteau aux pommes sans sucre mis au point pendant les vacances de Noël, et déjà refait trois fois entre-temps !

Autant dire qu’à la maison, tout le monde l’aime beaucoup : il est à la fois moelleux, un peu humide, très parfumé et gourmand, bref, tout le contraire d’un estouffe gari, et pourtant ! Quand on regarde les ingrédients, difficile de faire plus « raisonnable » et il y aurait presque de quoi prendre un peu peur ;).

Dans ce gâteau, il n’y a pas de sucre (hormis le sucre vanillé, 15g en tout, soit 1,5g la part, bref, on va pas chipoter), et pas non plus de « sucre alternatif » de type sirop d’agave ou miel car les pommes Golden, naturellement très douces, se suffisent à elles-mêmes. Attention en revanche de ne pas vous tromper de variété, car ce même gâteau réalisé par exemple avec des Granny Smith ou des Reinettes du Canada risquerait de vous faire dresser les cheveux sur la tête ! Sincèrement, seules les Golden conviendront bien je pense (et non, ceci n’est pas un article sponsorisé), à moins que vous n’ayez sous la main une autre variété que je ne connaisse pas et qui soit toute aussi douce, mais ça m’étonnerait un peu…

Il faut dire que la pâtisserie et les gâteaux sans aucun sucre ajouté, c’est un drôle de challenge, mais qui mérite d’être relevé ! Car dans les produits industriels (même bio) estampillés « sans sucre », on croise pas mal d’horreurs…

Tout ça, c’est surtout une histoire d’étiquette. Et là je ne vous parle évidemment pas de « l’étiquette » qui définit, à la cour, la façon de se moucher avec grâââce et distinction, ou l’exact angle d’inclinaison que l’on doit donner à son buste selon que l’on salue un baron (43°), un duc (45°) ou l’empereur (75° et ça commence à faire mal aux reins), mais c’est presque aussi compliqué !

Un jour, je vous pondrai un petit article bien comme il faut là dessus, parce que ça m’exaspère au plus haut point de lire sur certaines étiquettes « sans sucre ajouté », alors que c’est bourré de maltose (IG 105 !), de sirop de raisin concentré, de sirop de malt, de sirop de maïs, de sirop de datte, de sirop de riz, de dextrose, bref, des sucrial killers, des trucs bien plus machiavéliques que le sucre de canne, lequel n’est déjà pas un enfant de choeur. Ce « sans sucre ajouté » spécial pigeons c’est une honte pour les marques qui le pratiquent, sachant quels dégâts cela peut provoquer par exemple chez une personne souffrant de diabète !

Mais là, j’ai envie de rester de bonne humeur. L’article rageur, je l’écrirai un jour où j’aurai envie de râler (ça arrive bien assez souvent), pas de souci. Aujourd’hui il a fait un temps superbe, Bouclette et Timmy sont revenus à la maison et j’ai couru une partie de l’après-midi (à genoux) dans le jardin pour tenter de caresser Timmy à qui je flanque visiblement une frousse formidable, ma fille a refait des truffes au chocolat, j’ai réussi à ne pas regarder les infos, ma journée n’a été entachée d’aucun cornichon téléphonique voulant me vendre des panneaux solaires à l’heure du repas, bref. Je n’arriverais pas à me fâcher là, je le sens bien. Alors revenons à cette bonne recette.

D’ailleurs, vous savez quoi? Elle me rappelle un certain gâteau normand de quand j’étais petite, lequel était souvent préparé par une brave vieille dame qui aidait un peu ma maman de temps en temps. Une “mamie-gâteaux” (aux pommes) à bouclettes blanches, semblant sortie tout droit d’un livre de contes pour enfants, gentille comme tout… mais ayant la pauvre, une fâcheuse tendance à lever le coude et ça, on ne le savait pas ! Mon papa voyait bien que ses bouteilles d’alcools forts « s’évaporaient », c’était mystérieux… et puis un jour, il a fabriqué de l’élixir du Suédois (c’est horriblement amer, mais ça soigne tout un tas de trucs !). N’ayant sous la main qu’une bouteille vide de rhum Negrita, il y a transvasé son élixir pour le filtrer, a reposé le tout sur la table de la cuisine, et n’y a plus pensé. Moi je jouais au salon. J’ai vu la pauvre vieille dame fermer soiiigneusement la porte de la cuisine d’un air innocent, détaché, presque en sifflotant vous voyez… puis j’ai entendu tousser, cracher, jurer à faire rougir Calamity Jane en personne. Et quand je me suis précipitée dans la cuisine elle se rinçait la bouche sous le robinet. Oups, évidement, l’élixir du Suédois c’est pas du rhum, et forcément, ça a dû la surprendre un peu… Pour le coup des bouteilles qui s’évaporaient on était fixés ! C’est quand-même un peu triste cette histoire, une des premières déceptions de mon enfance, et 30 ans après, j’y repense quasiment à chaque fois que je mange un gâteau aux pommes… mais aussi en voyant une bouteille d’élixir du Suédois ou de rhum Negrita. Faut croire que ça m’a marqué, et que ça me marque encore vu que je suis en train de vous le raconter ! Il faut dire que les enfants et mon mari ayant déjà entendu 55 fois cette histoire (Tient, un gâteau aux pommes, ça me rappelle… Oui, on sait maman, tu l’as déjà raconté. Tient une bouteille d’élixir du Suédois ça me rap… Oui, maman, on sait. Tient, une bouteille de rhum Negrit… ON SAIIIIT !!!), je suis bien contente de pouvoir radot… vous l’écrire sur le blog ;).

Pour dénicher chez Bioc.. enfin, dans un magasin bio que j’aime bien, des petites pommes Golden “photographiables”, j’ai dû perdre toute dignité en plongeant littéralement la tête en bas et les pieds en l’air dans le bac à pommes histoire de mieux trier. J’avais un peu honte, j’avoue. Et comble de l’horreur j’ai entendu une voix derrière moi murmurer “c’est Marie Chioca”. Je voulais tellement, mais teeeeellement à ce moment-là rester DANS le bac à pommes. Mais bon, fallait bien en sortir un jour, hein. C’était si bien avant, quand je pouvais “incognito” déchirer le sac de pois chiches au rayon vrac, casser un pot de compote au milieu de l’allée, ou ouvrir mon porte-monnaie à l’envers en caisse…

Alors, comment dirais-je. Les gâteaux des rois à la frangipane, j’en ai eu ma dose jusqu’à l’Epiphanie 2032. Du coup, j’ai fait ces derniers jours plusieurs gâteaux tout légers mais “avec une fève dedans” et comme ça, tout le monde était content ! Ici, vous avez LE fameux gâteau aux pommes avec, en guise de couronne un truc un peu loufoque mais fort poétique. Je vous explique tout ça un peu plus bas…

Ingrédients pour un gâteau de 10 parts

Préparation : 15 min

Cuisson : 35min

  • 3 ou 4 pommes de variété Golden (environ 500g pesées entières)
  • 160g de farine T110 de grand épeautre ou de blé
  • 1 sachet de poudre à lever
  • 3 sachets de sucre vanillé, ou 15g de sucre vanillé « maison », ou 1 c. à soupe d’extrait de vanille liquide
  • 2 œufs
  • 7cl d’huile neutre (tournesol désodorisée par exemple)
  • 5cl de jus de pomme
  • 1 c. à soupe de rhum ambré
  • 1 pincée de sel.

Préchauffer le four à 180°C, si possible en chaleur tournante. Huiler (ou beurrer, si l’on veut donner un petit goût encore plus sympa) un moule à savarin d’environ 21cm de diamètre.

Éplucher les pommes, enlever les trognons et les découper en petits cubes d’environ 1 à 1,5cm de diamètre. Peser 400g de cubes de pomme.

Dans un saladier, mélanger la levure, la farine, le sel et le sucre vanillé. Faire un puits, ajouter l’huile, le jus, le rhum, les œufs, et mélanger rapidement, puis ajouter les cubes de pomme et mélanger de nouveau juste ce qu’il faut (sans trop insister).

Verser aussitôt dans le moule, égaliser et enfourner pour 35min.

Laisser un peu tiédir avant de démouler.

Une petite vue de l’intérieur tout moelleux qui aurait “un bon goût de crêpes” dixit mes enfants…

Mon tout premier gâteau aux pommes sans sucre (il y en a eu 4 en trois semaines ;)), réalisé pour le soir du 31 décembre, où je voulais un dessert trèèèèès sage étant donné le reste du menu (rââârgh). J’ai pris cette photo vite-fait vers 16H, alors que rien n’était prêt pour le soir, que mes invités arrivaient vers 18H, que je voulais entre-temps profiter absolument du beau soleil couchant en faisant un tour dehors… Bref, du coup, comme un cornichon j’ai saupoudré mon gâteau “sans sucre ajouté” de sucre glace. Désolée… Mais promis, il est très bon sans ! (PS : évidemment, quelqu’un qui se reconnaîtra a shooté dans une tasse de café juste après la photo et en a mis plein le salon, ça tombait bien, vu que je m’em*erdais un peu ce jour là…)

Troisième gâteau, cette fois-ci cuit dans un plus joli moule, du coup je l’ai présenté retourné sur le plat (contrairement à celui  juste au dessus qui est présenté à l’endroit ).

Au bord de l’étang où j’ai ramassé mes “matériaux” pour la couronne…

En fait, je n’ai aucun mérite : c’est la blogueuse Griotte qui a posté sur son compte Instagram une jolie “couronne des rois” en feuilles il y a quelques jours, et j’ai trouvé cela très joli. Pour ma part, j’ai récupéré quelques tiges de vigne vierge sur les murs de ma maison pour assurer la “structure”…

… avant d’y entrelacer des jolies feuilles rousses et des morceaux de fougères ramassés en forêt (au bord du fameux étang). Cette réalisation (un peu “rustique” mais qui a le mérite d’exister quand le chien a mordillé la dernière couronne en carton doré) nous sert à couronner celui qui s’est joyeusement entrechoqué la dent sur une fève à chaque “gâteau des rois” depuis quelques jours ! Entre deux, elle orne pompeusement le crâne d’un gros ours en peluche du salon. A condition de bien lui mettre une oreille dedans et une oreille dehors, car les deux ne rentrent pas en même temps. (Remarquez un peu comme c’est intéressant le genre de précisions que je vous donne, c’est palpitant Saines Gourmandises parfois !)

Cette princesse sous la couronne, qui présente un autre gâteau des rois (aux amandes cette fois-ci) c’est… Poupougnette ! Et oui, bientôt 9 ans, mazette que ça grandit vite. Surtout les couettes 😉 (Oui, on est du genre chevelus chez les Chioca…)

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{ Meilleurs vœux ! }

9 janvier 2020

{ Meilleurs vœux ! }

Et plein de petites nouvelles pour commencer l’année…

 

Ce matin, j’ai fais un gâteau aux pommes terrible, quasiment sans sucre ajouté (avec juste un peu de sucre vanillé). Comme il est gravement bon, promis je n’attendrai pas trois plombes pour vous le poster sur le blog mais en attendant, voici déjà quelques petites nouvelles pêle-mêle…

– Déjà, tous mes plus beaux vœux pour cette nouvelle année ! Je pourrais vous souhaiter tout un tas de choses qui me tiennent encore bien plus à cœur que la cuisine (qui est déjà en elle-même une si bonne chose ;)) mais bon, mon “job” étant principalement de veiller à ce que vous mangiez bien, je vais vous faire des vœux d’auteur culinaire : alors pour 2020, je vous souhaite plein de cookies maison qui croustillent sous la dent, de tartes qui cuisent en embaumant le four de senteurs caramélisées, de petits frichtis appétissants qui mijotent à la cocotte, de gâteaux au chocolat qui laissent des moustaches, de délicieuses petites soupes veloutées qui réchauffent le cœur, de tartines et salades de toutes les couleurs… Le tout cuisiné avec de « vrais » et bons ingrédients, frais, complets, vivants, nourrissants, et qui font du bien. Ce n’est pas grand chose, mais c’est déjà ça de pris pour commencer à sauver le monde 😉

– Dans le chapitre des faire-parts de naissance, Bouclette, ma brebis de compagnie, a eu un bébé ! Je me doutais bien que ce genre de « blague » risquait d’arriver (car il y a avait un bélier dans le troupeau de la bergerie où je l’ai achetée en septembre), mais voilà, cela m’a ému tout de même de la voir s’arrondir doucement… jusqu’à ce que la naissance survienne avant-hier, juste quand je venais visiter ma Bouclette (du coup j’étais là pour l’arrivée du bébé ;)). Je vous explique cela plus en détail ici, mais le bébé s’appelle Timmy, et il grandira près de sa maman.

– Ensuite, vous êtes nombreux à me demander d’autres nouvelles de la chèvrerie… Je vous en donnerai bientôt (un article prévu prochainement), mais d’ors et déjà, voici une nouvelle d’une grande « mignonnitude » : En attendant la naissance des chevreaux, il y a déjà cinq bébés Border Collie à câliner (et on ne s’en prive pas ;)). C’est la deuxième portée de Dauphine, leur maman, qui après avoir veillé sur le « troupeau » des enfants Chioca exerce maintenant toute son attention sur les biquettes de Hugues. Pour que ses chiots soient plus tard de bons chiens de berger, on les laisse grandir au contact des chèvres, lesquelles semblent assez curieuses il faut le dire, et tout à fait bienveillantes devant ces petites boules de poil… Je vous ai mis plein de photos un peu plus bas !

Ces derniers mois, nous avons mis le paquet (surtout Roseline) pour récompenser les personnes qui avaient participé au financement du troupeau de la chèvrerie. Hélas, nous avons reçu malgré tout quelques messages de personnes « déçues de n’avoir rien reçu » et c’est désespérant car nous avons passé une très grande partie de l’été à faire des milliers de cookies, confectionner des colis, envoyer des mails de relance, poster des actualités sur Miimosa (elles sont encore en ligne) et ce afin de demander aux contributeurs de bien vouloir nous envoyer leur adresse pour les cookies et/ou le nom de la chèvre à parrainer et/ou le livre choisi chez Terre Vivante, etc. Je ne m’explique vraiment pas comment cela peut-être possible que certaines personnes n’aient « reçu aucune nouvelle », et croyez-moi, c’est très douloureux et frustrant pour nous ! C’est surtout bien triste d’avoir reçu à cause de cela deux ou trois messages un peu durs, comme si nous étions des personnes sans parole, ingrates ou négligentes… Croyez-moi ; nous étions bien trop heureux de tout mettre en oeuvre pour remplir nos promesses au plus vite pour récompenser la gentillesse des contributeurs de ce projet ! Mais à l’impossible, nul n’est tenu, et ne pouvons pas, hélas, aller repêcher d’éventuels mails arrivés dans les spams des gens à qui nous écrivons, ou deviner avec (une boule de cristal ;)) qui, de nos 488 contributeurs, pourrait se déplacer pour venir chercher les fromages sur le marché ou préfèrerait un envoi de cookies (et à quelle adresse postale surtout !). Une très grande majorité de contributeurs a répondu à nos mails ou à nos actualités Miimosa dans les temps, et tout bien reçu. Mais s’il restait quelques personnes lésées ou frustrées de n’avoir “rien vu ni rien reçu ni eu aucune nouvelle”, je ne sais comment vous dire à quel point Hugues, Roseline et moi sommes désolés, peinés pour vous, et surtout dans l’incompréhension la plus totale que cela puisse être le cas après tant de relances ! Bien que l’envoi des contreparties soit désormais terminé, Hugues tient à vous dire que s’il restait quelques personnes qui soient passées au travers des mailles du filet, elles peuvent encore venir chercher leurs fromages ce printemps, dès la reprise des marchés, car cela, on peut encore le faire sans souci. Dans tous les cas, merci encore pour tout, on ne vous le dira jamais assez…

Roseline a ouvert un compte Instagram des Biquettes de Chambaran, où elle poste plein de photos de la vie à la chèvrerie pour les personnes qui voudraient avoir des nouvelles régulièrement (car sur le site, c’est plus compliqué à mettre en ligne, le “webmaster” n’étant pas toujours très dispo, le pauvre). Là, c’est l’hiver, alors les photos sont toutes prises à l’intérieur de l’étable, mais ça n’empêche pas les petites chèvres d’avoir de super bonnes bouilles 😉

– A propos d’Instagram, je précise une fois de plus pour ceux qui ne le savent pas (car je reçois beaucoup de questions à ce sujet) que vous pouvez accéder à mes posts même sans être abonnés ou inscrits : il suffit de cliquer sur ce lien, ou sur le picto d’Instagram qui se trouve dans la colonne de droite de mon blog, (juste sous ma photo d’auteur, entre Pinterest et FB, que je délaisse complètement il faut l’avouer). Si vous n’avez pas de compte Instagram, vous ne pouvez ni « aimer » ni commenter mes articles, mais ça n’a aucune importance ! Du moment que vous pouvez profiter des photos ou des recettes, c’est le principal 😉 ! Instagram, j’avoue que cela me permet de poster un peu plus souvent des nouvelles car c’est moins de travail qu’un gros article de blog… Même si celui-là, rien ne me fera le lâcher, rassurez-vous ;).

– Toujours dans le chapitre des petites nouvelles, Cléa a eu la gentillesse d’enregistrer un podcast avec moi pour son site “Champs d’Action”. Si cela vous dit d’entendre mes bafouillages, voici le lien 😉

– Sur ce, je vous dit à très vite pour mon fameux gâteau aux pommes…

Bouclette, photographiée dans mon jardin en octobre, quand son bedon commençait à s’arrondir…

Juste un paysage de soir d’hiver, capturé lors d’une marche sur les hauteurs du plateau de Chambaran durant les vacances de Noël.

Hugues et ses cinq “bébés”…

Autre joli paysage de chez nous…

Bouclette et Timmy, au chaud dans la chèvrerie (où ils ont pris leurs quartiers d’hiver au milieu des chèvres, car je n’avais pas d’abri suffisamment chaud chez moi.)

Perché sur une botte de luzerne, évidement on se sent tout de suite plus fier…

Un si beau ciel d’hiver !

Probablement la petitoune que Hugues va garder, pour aider sa maman à surveiller les biquettes… c’est si difficile de faire un choix !

Quand je vous dis que les chèvres sont curieuses comme tout devant ces petits chiens…

Hop, un p’tit bisou (j’aime beaucoup cette photo, pas très réussie d’un point de vue technique mais malgré tout si touchante :))

Dans la portée, il y a une fifille qui ressemble incroyablement à un petit renard vous ne trouvez pas? (On dirait Fatastique Mr Fox !)

Timmy et Bouclette, certes, mais à droite, on aperçoit aussi Bichette, avec le joli coeur blanc qu’elle porte sur le front… Elle va beaucoup mieux en tout cas, et à part sa cécité, ne se ressent plus du tout de la maladie neurologique terrible qui a été à deux doigts de l’emporter cet été.

Quincieu, un petit village des Chambaran, juste après le coucher du soleil… J’aime la quiétude qui émane de ces petits villages, quand on redescend dans la vallée après une longue marche. Et c’est encore plus poignant quand, à la nuit tombée, s’allument les fenêtres et les feux de cheminée…

Quelle bouille ! C’est bien difficile de ne pas garder les cinq petits chiens rien que pour nous 😉

Et pour terminer sur quelque chose d’un peu plus “nourrissant”, une brioche des rois postée tout dernièrement, je vous donne les explications ici (clic)

 

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{ Pour Julie et ses enfants… }

18 décembre 2019

{ Pour Julie et ses enfants… }

 

Chalet de Noël à croquer…

♥ IG Bas ♥ Sans glaçage ni aucun sucre raffiné ♥ Sans lactose ♥ Sans œufs ♥ Végétalien ♥

 

Vendredi dernier, c’était la sainte Lucie, donc aussi la fête de ma petite Lulu… qui ne s’appelle pas Lucie, mais presque ;). J’étais donc à la recherche d’une chouette idée gâteau. D’un autre côté, il y avait Julie, une personne qui m’est très chère et qui souhaitait une recette de maison en pain d’épices pour ses enfants, si possible avec des produits non raffinés, sans glaçage blanc, sans pâte à sucre, sans « colle à gâteaux » du supermarché, bref, un truc qui soit bon, joli… et hyper sain pour ses loulous. On a les mêmes “lubies”, Julie et moi, et tant mieux car c’est elle qui corrige mes livres 🙂

Mais moi je n’avais jamais fait de maison en pain d’épices ! Me voilà donc transformée en Nuf Nuf (le quatrième des 3 petits cochons de l’histoire, celui qui a bâti sa maison en pain d’épices et pâte à sucre : le loup a tout boulotté puis a perdu ses dents à cause des caries, Nuf Nuf était donc le plus malin des petits cochons car un loup qui ne peux plus manger que de la purée, c’est nettement moins dangereux, bref, revenons à nos moutons cochons).

Investie de cette « mission » quelque peu effarante pour une novice en la matière, j’ai donc cogité sur la question, c’est à dire que j’ai plié du linge en méditant sur ma maison en pain d’épices, conduit en méditant sur ma maison en pain d’épices, marché dans la forêt en méditant sur ma maison en pain d’épices, fait la conversation à mon mari en méditant sur ma maison en pain d’épices, répondu au téléphone en méditant sur ma maison en pain d’épices, fait cramer des poireaux en méditant sur ma maison en pain d’épices, bref. Quand j’ai cet air ahuri pendant quelques heures, plus personne ne s’inquiète à la maison. C’est juste que je suis en train d’élaborer des plans « machiavéliques » pour mater une recette qui me donne un peu de fil à retordre…

Et voilà le résultat ! Evidemment, côté look ça ne peut pas rivaliser avec une maison en pain d’épices toute décorée au cornet de glaçage au sucre blanc, mais bon, c’est quand même mignon, et bien meilleur pour la santé. Ici, un des deux pignons de la maison…

Et là pour le coup, il en fallait des plans justement. Je me suis donc faite architecte d’un soir, avec le papier calibré, la règle, le crayon… mais en mode pas très douée : Au quatrième essai, et après avoir bien fait marrer mon mari avec mes plans à la Numérobis (il faut avoir des références sérieuses en asterixologie pour comprendre ), les plans tenaient à peu près la route.

Et puis il a fallu plancher (sans vouloir faire de jeu de mots navrant) sur des matériaux de construction pour les murs. Mon premier essai ayant été des plus « casse-dents », j’ai refait une pâte plus tendre, mi pain d’épices, mi pâte à cookies, parfumée à la cannelle et à l’orange. Là pour le coup elle n’est pas mauvaise du tout ;), et c’est de plus une pâte bien lisse et malléable, facile à découper, dont on peut réétaler plusieurs fois les « chutes » sans souci, bref, que du plaisir pour les pâtissiers-maçons plutôt novices de la truelle.

Du côté des huisseries en revanche, j’ai eu quelques complications. Car aucun de mes emporte-pièces ne pouvait convenir pour découper des carreaux de fenêtres assez petits, donc assez mignons. « Oùùù, mais où donc vais-je bien pouvoir trouver un petit truc carré pour découper des morceaux de pâte de 1,5cm de côté !!! », pensais-je désespérée, à 22H30 en m’arrachant les joues ! Après avoir farfouillé rageusement en mode phacochère dans les malles de playmobils des enfants (rien trouvé, enfin si, un pinceau à paupières perdu depuis 2 mois mais en l’occurrence ça nous fait une belle jambe) ce sont des capuchons carrés de tubes d’homéopathie qui m’ont sauvé la mise. Ah, quand je pense qu’il y en a qui veulent dérembourser l’homéopathie ! Non mais regardez un peu le BIEN que m’ont fait ces quatre tubes périmés depuis 8 ans…

Le toit se présentant sous la forme de deux pans rectangulaires en pâte à biscuit cacaotée, le travail de couvreur a en revanche été assez facile, si ce n’est la fâcheuse tendance du toit à faire de la luge (ce galopin !) au risque de s’éclater la tronche par terre, ce qu’il n’a pas manqué de faire (heureusement que le matériau au cacao, c’est du solide !).

La façade avant (avec la porte d’entrée et une fenêtre… mais pas la place de placer des volets, désolée).

Mais ça, c’était surtout un problème de ciment, lequel m’a occasionné quelques sueurs froides et bouffées de chaleur (oui, les deux en même temps !) : Car voulant éviter la « colle pour gâteaux » qu’on trouve au rayon pâtisserie des grandes surfaces, j’ai utilisé le premier miel qui me soit tombé sous la main pour assembler les murs, les fenêtres et le toit. Monumentale erreur. J’ai passé les heures les plus sombres de ma vie, ou, du moins, de cette dernière semaine. Car monter la maison a été incroyablement facile certes, et sur le coup j’étais très fière de ma « performance ». Mais dès que j’ai tourné le dos, les volets se sont mis à glisser telle des limaces le long des murs du chalet, le toit a tenté de se barrer (en luge, donc) et les murs se sont écartés. Doucement, mais sûrement, et surtout, dangereusement ! Oh, pas de quoi paniquer vraiment : car si je maintenais bien fermement le toit avec mes deux pouces, les volets de devant avec mes indexes, les volets de derrière avec mes petits doigts et la porte avec mes dents, plus rien ne bougeait. Mais il était 10h du mat’, et je ne pouvais décemment pas rester comme ça jusque vers 19H.

J’ai donc pris mes photos (vite vite !) puis démonté la maison, dont les divers éléments ont attendu sagement, à plat. Le soir j’ai tout remonté avec un miel beaucoup plus pâteux, du genre à tordre la petite cuillère quand tu essayes de te faire une tartine. Et là ça a été nickel 😉

Ma Lulu a été folle de joie en voyant arriver cette jolie maison au moment du dessert et depuis, toute la famille se régale au goûter avec les murs et le toit qui ont été rangés en morceaux dans deux grands bocaux. Et voilà, une maison en pain d’épices (ou plus exactement, en pâte à biscuits aux épices ;)) très saine, à IG bas, sans glaçage au sucre blanc… et même finalement assez simple et rigolote comme tout à fabriquer ! Fin de mission pour moi 🙂

La maison en “bocal”… après avoir été démontée par un ouragan de gourmands… 😉

Je repars vers d’autres challenges de Noël, le prochain consistant à trouver le temps de tout faire étant donné que je n’ai même plus la place de marquer quoi que ce soit sur mon agenda, sauf la nuit après 23H, mais là bof… J’espère d’ailleurs que vous êtes aussi en train de concocter plein de bonnes choses en ce moment ! Chez moi, deux bocaux sont déjà pleins de truffes qui attendent sagement au frais la fin de l’Avent, la maison sent bon la cannelle, le sapin frais, la mousse de la crèche… Ce soir j’ai emballé secrètement un marcassin en peluche trop mignon, des beaux livres, des habits de poupée… tout cela sent terriblement bon Noël 🙂

D’ailleurs, on me demande souvent quel menu je vais adopter : et bien au risque de vous étonner, chez les Chioca c’est chaque année la même chose, ou presque ! Non pas par manque d’idée, mais plutôt parce que justement, puisque la bûche, la dinde, le sapin et tutti quanti ce n’est qu’une fois par an, on ne risque pas de s’en lasser (je précise que le sapin, évidemment, ne fait pas partie du menu proprement dit). D’ailleurs, chaque membre de cette famille serait désespéré de déroger aux traditions familiales tant nous sommes heureux d’en retrouver, une seule fois dans l’année, chaque réjouissant détail ! Si vous voulez, je vous dit tout :

Le 24 au soir, c’est souvent un peu léger, car nous aimons bien aller ensuite à la Messe de Minuit (nous sommes très gâtés, avec un monastère de religieuses dans le village d’à côté, des chants et des illuminations magnifiques, et avoir ça le soir de Noël c’est vraiment beau) sans avoir l’impression d’avoir avalé un ours. Alors chaque année, c’est chaudrée en entrée (un bouillon raffiné d’origine celtique aux légumes et coquillages : ça réchauffe, c’est sublimement gourmand et parfumé, un jour je vous donnerai la recette, promis), suivi souvent d’un plat de poisson (cette année une truite du Vercors de 2kg, rôtie et farcie, avec une bonne sauce maison, recettes dans mon livre « Poissons et autres produits de la mer »). C’est local et délicieux ! Puis, en dessert, des éclairs : Recette à IG bas bien sûr, fourrés à la chantilly de coco et Grand-Marnier, glacés au chocolat noir croquant, avec des suprêmes de mandarine dedans pour apporter de la fraîcheur.

Le 25 à midi, c’est « Faux foie-gras de Grand-mère » en entrée avec du pain de mie maison à l’épeautre, puis une dinde fermière cuite au roaster avec des cèpes des Chambaran préalablement congelés quelques semaines plus tôt (accompagnement : des marrons confits dans la bonne sauce brune du plat, des ravioles du Royans et des légumes sautés), puis une “Bûche baba des iles paradisiaques” au rhum, fruits frais et chantilly de coco ultra vanillée (recette dans ce livre). Sur ce, un bon café et un armagnac accompagné des truffes végétales au chocolat noir… puis une bonne sieste sur fond “musical” (ou plus précisément, les petits cris des enfants qui jouent tout heureux dans les couloirs :)). Et voilà, notre petit menu local, gourmand, assez raisonnable (pour Noël !), et réalisé avec des ingrédients authentiques, pas « trop » hors de prix. Et je vous le redis, ce menu traditionnel revient chaque année, avec très peu de variantes !

Il ne me reste qu’à vous avouer que je vais « décrocher », aussitôt cet article posté, pour deux semaines de repos sans ordi… Repos dont j’ai bien besoin pour ne pas commencer 2020 à moitié gaga, aussi ne pourrai-je peut-être pas répondre aux commentaires cette fois-ci, vraiment désolée. J’espère toutefois avoir prévenu beaucoup de vos questions en mettant un maximum de photos et d’explications… Il m’a quand même fallu 3 jours pour réaliser ce post ;)).

Je voulais aussi partager avec vous une recette de rillettes de canard sans graisse ajoutée, mais je vois bien que je n’aurai pas le temps. Peut-être arriverai-je juste à la mettre rapidement sur Instagram ? Si vous voulez surveiller un peu, je vous redonne le lien vers mon compte (via ce lien on peut y accéder et lire les recettes même sans être abonné).

https://www.instagram.com/mariechioca/

Sur ce, je vous souhaite un très joyeux Noël 🙂

Le petit bonus qui fait plaisir 😉 : Comme j’avais prévu un peu large en pâte (mieux vaut ne pas se trouver à cours de matériaux n’est-ce pas !), j’ai aussi pu faire plusieurs délicieux cookies avec les “chutes” de pâte crue (cuisson, 20min à 180°C, mais ça dépend de la taille des cookies…)

Gros plan sur un morceau de “toit” en pâte sablée cacaotée. C’était si bon !!!

Ingrédients pour une maison de… 15 à 20 parts au moins (ça dépend de la voracité des gourmands)

Préparation, cuisson, montage (tout compris, y compris les gabarits) : j’ai mis 1H30, en écoutant de la musique de Noël, c’était chouette, ça aussi ce devrait être remboursé par la sécu  😉

 Pour la pâte en « bois blond » (façades et pignons de la maison)

  • 650g de farine bise (T110) de grand épeautre
  • 20g de cannelle (2 c. à soupe)
  • 260g de sucre de coco
  • 15cl d’huile neutre (pépin de raisin ou tournesol désodorisé)
  • Une briquette de 20cl de crème de coco
  • 7cl d’eau
  • 4 sachets de sucre vanillé
  • 25 gouttes d’huile essentielle d’orange bio
  • 1 c. à café de sel fin.

Pour la pâte en « bois brun » (toiture, porte et volets)

  • 320g de farine bise (T110) de grand épeautre
  • 50g de cacao
  • 130g de sucre de coco
  • 14cl d’huile neutre (pépin de raison ou tournesol désodorisé)
  • 10cl de lait de soja-vanille
  • 2 sachets de sucre vanillé
  • Une grosse pincée de sel.

Pour monter le chalet :

  • Du miel très pâteux (ou de la « colle » pâtissière)
  • De la noix de coco râpée
  • Un clou de girofle (pour la poignée de la porte)

1/ Préambules :

Préchauffer le four à 180°C, chaleur tournante.

Dessiner les gabarits sur un papier à carreaux, les découper (désolée, j’aurais aimé que vous puissiez les télécharger et les imprimer, mais je ne sais pas faire ça…) (PS : on ne se moque pas de mes gabarits ;))

2/ Préparer la pâte blonde à la cannelle :

Mélanger la farine, le sel, le sucre de coco, le sucre vanillé et la cannelle. Ajouter l’huile, l’essence d’orange, la crème de coco et l’eau, puis pétrir (à la main ou au robot) juste ce qu’il faut pour obtenir une pâte bien homogène. Réserver dans un sachet de congélation (pour éviter qu’elle ne sèche).

3/ Préparer la pâte brune au cacao :

Mélanger la farine, le cacao, le sucre vanillé, le sucre de coco et le sel. Ajouter le lait et l’huile, mélanger juste ce qu’il faut pour obtenir une pâte bien homogène. Réserver dans un sachet de congélation.

4/ Réaliser les deux pignons de la maison :

Poser un papier cuisson sur une grande plaque de pâtisserie. Y étaler la moitié de la pâte blonde, en formant une épaisseur d’environ 1cm. Fleurer légèrement le dessus avec un voile de farine (sinon le gabarit en papier risque de rester collé) puis y découper les deux pignons avec une roulette à pizza, en s’aidant du patron. Enlever les chutes et les remettre en boule, dans le sachet avec le reste de pâte.

A l’aide d’un emporte pièce en forme de cœur, découper les lucarnes du grenier (ce n’est pas grave si le cœur reste dans la « lucarne », vous l’enlèverez plus facilement après cuisson). Avec un ou plusieurs tout petits emporte-pièces carrés ou rectangulaires, découper les carreaux des fenêtres (là aussi ils peuvent rester en place, car mieux vaut ne pas trop manipuler la pâte crue : après cuisson, il sera plus facile d’enlever les carreaux), puis dessiner l’encadrement de la fenêtre avec un emporte-pièce carré (sans découper jusqu’au bout, il doit juste marquer la pâte). On peut enfin dessiner des “planches” sur le mur avec une règle, ou pas, voir le résultat plus bas).

Enfourner pour 20min, en surveillant un peu (si la pâte tend à se soulever un peu par endroit en cours de cuisson, poser dessus un papier cuisson puis une plaque bien plate et pas trop lourde, de type moule à tarte, et terminer la cuisson ainsi.)

5/Réaliser les deux façades.

Etaler le reste de pâte blonde (toujours sur une plaque chemisée de papier), puis y découper les deux façades. Laisser telle quelle la façade arrière, mais découper une fenêtre (voir ci-dessus) dans la façade avant, ainsi qu’une porte (avec un emporte-pièce rectangulaire ou un couteau), et une lucarne de grenier avec l’emporte-pièce en forme de cœur. Quand les pignons sont cuits enfourner 20min aussi.

6/ Toiture :

Etaler la pâte brune au cacao. Y découper les deux pentes du toit, en s’aidant du gabarit. On peut utiliser une roulette festonnée pour le bord du toit, c’est plus joli. Quand les façades de la maison sont cuites, enfourner les pans de toit pour 20min.

Quand tout est cuit, enlever délicatement les carreaux et les lucarnes pour ajourer les fenêtres. Remettre tous les éléments sur une grille (sans papier cuisson) et remettre au four 10min à 150°C pour donner plus de croustillant et de solidité au biscuit.

7/ Porte et volets :

Etaler le reste de pâte brune. Y découper des rectangles pour les volets (réaliser éventuellement un petit motif ajouré au milieu, à l’aide d’un petit emporte-pièce en forme de cœur ou de losange par exemple), ainsi qu’une porte. Réaliser éventuellement les carreaux sur la porte, des moulures, et placer le clou de girofle en guise de poignée. Une fois les pignons, façades et toits sortis du four, remonter la température du four à 180°C et enfourner 12 min la porte et les volets.

 

 

8/Montage de la maison :

Encoller légèrement au pinceau le dessus des deux pans de toit (on peut n’encoller que le bas, comme si la neige avait un peu fondu sur le dessus), puis les saupoudrer généreusement de noix de coco (sans « colle », la noix de coco n’adhère pas). Réserver.

Encoller assez généreusement à la cuillère ou au couteau les bords du premier pignon. Coller les façades de chaque côté du pignon, bien appuyer pour faire adhérer, puis passer le bout du doigt le long de la soudure pour lisser éventuellement la colle qui « bave ». Encoller les bords du deuxième pignon, l’insérer entre les façades, bien appuyer. Ça tient ! 😉

(Psst : Attention, miel trop liquide ;))

…Encoller les pentes des pignons, puis déposer les deux morceaux de toit sur la maison. Appuyer délicatement pour bien faire adhérer.

Encoller enfin assez généreusement la fente qui se trouve sur le faîtage, puis appuyer pour que les deux plaques du toit restent bien soudées l’une contre l’autre. La colle doit « baver » un peu au niveau du faitage car on y saupoudrera de la « neige » pour camoufler la fente…

9/ Finitions :

Encoller légèrement le haut des volets et de la porte, puis les tremper dans la noix de coco pour figurer la neige qui s’est accumulée sur le dessus. Encoller le dessous des volets, les coller sur la façade, en faisant bien adhérer. Poser la porte, légèrement entrouverte.

Saupoudrer le faîtage de « neige »… C’est fini !

On peut illuminer joliment l’intérieur de la maison avec une petite lumière, mais surtout pas une bougie ! Car la chaleur ferait fondre le miel, et la maison se décollerait en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire… (c’est du vécu, arrrh !)

Et après on s’amuse… Là le faon veut rentrer, il a l’air de faire si bon et si chaud dans ce petit chalet accueillant…

Sur le toit, un écureuil batifole poétiquement dans la neige (beaucoup plus prosaïquement, sachez que quelques minutes seulement après la photo, l’écureuil ne se marrait plus du tout :  il a fini brutalement englouti entre les deux pans du toit qui s’étaient écartés, comme dans les mauvais films d’aventure… Pauvre bête, ça en fait des émotions. Il aurait dû se méfier en voyant le volet de droite commencer à glisser. Bref, ne vous trompez pas de miel ;))

Et là, un petit renard en paille qui surveille mon goûter… (je sais, il me faut du repos)

Je vous souhaite à tous un très JOYEUX NOEL !!! 🙂

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{ Avec de la farine intégrale, ça le fait… }

5 décembre 2019

{ Avec de la farine intégrale, ça le fait aussi…}

Gâteau “Grog” (super moelleux et aérien)

♥  Sans lait ♥  IG bas ♥

 

Gâteau grog

Depuis le temps que je « pâtisse » avec des farines complètes et des produits bruts, je commence à avoir, hum, disons, une toute petite expérience en la matière… Dommage d’ailleurs que l’agrégation en pâtisserie bio n’existe pas, j’aurais tenté une validation des acquis et « Docteur ès Gâteaux bio pas trop estouffe-gari » ça aurait fait classe sur mon CV 😉

Il y a un peu plus de 30 ans, je tentais mon premier gâteau toute seule. C’était un dimanche matin (très tôt), je devais avoir 8 ou 9 ans, et j’ai inventé une recette de cake au chocolat pour épater (sic) mes parents en les réveillant avec un petit dej’ de rêve. Je ne me souviens que d’une chose : Dedans, il y avait 750g de farine complète, 2 c. à soupe de Nesquik (ça c’était pour le chocolat), et j’avais oublié la levure. Vous imaginez un peu le parpaing qui est sorti du four…

Et je suis allée réveiller mes pauvres parents avec ça. Un dimanche matin à 7H. Mais ils sont gentils comme tout :). Il leur a juste fallu beaucoup de café pour faire descendre leur toute petite part. Maman m’a demandé quelle recette j’avais suivie, puis m’a confié d’une voix douce que 750g de farine c’était un peu beaucoup pour un seul gâteau, et que la prochaine fois, je pouvais aussi mettre davantage de chocolat. Mon Papa, plus taquin, a dû prononcer une phrase dans le style qu’il faudrait proposer mon gâteau à la Nasa pour nourrir les cosmonautes, mais comme j’avais 8 ans, j’ai trouvé ça chouette comme compliment. Il m’a fallu beaucoup grandir, et devenir maman à mon tour pour comprendre quelle chance j’avais eu de ne pas me faire enguirlander d’avoir flingué sans permission 750g de farine complète (et sûrement d’autres ingrédients que j’ai oublié entre temps, ce qui n’est pas une grande perte pour l’humanité), mais surtout une grasse mat’ de rêve…

Encouragée par tant d’abnégation, que dis-je d’immolation sur l’autel de la patience (mes parents ont été des martyrs de la pâtisserie, si si), j’ai réalisé beaucoup d’autres « créations » (entre-temps maman s’était hâtée de m’offrir un petit carnet de recettes maison, je me demande bien pourquoi ;)), et maintenant, je peux dire sincèrement que même en travaillant « au pifomètre » je ne rate presque plus jamais de gâteau.

Et pourtant…

La semaine dernière, c’était l’anniversaire de ma grande Roseline, qui n’aime pas trop le chocolat (a-t-on idée aussi !) et je cherchais une idée de gâteau inédit. Il faisait froid, et revenant d’une bonne marche dans la campagne, nous étions fort occupées à humer les vapeurs séduisantes d’un grog brûlant quand l’idée m’est venue : mais oui, un Gâteau-Grog, quelle aubaine pour un anniversaire de novembre ! Seulement, comme nous surveillons un peu notre ligne Roseline et moi (car on a comme l’impression que dans cette famille c’est nous qui stockons mystérieusement tout ce que les autres s’empiffrent sous notre nez), je lui ai promis de le faire très « sage » ce gâteau, avec de la farine T150, un IG au ras des pâquerettes, pas trop de matières grasses et tout et tout.

Seul souci (qui m’arrive assez souvent en ce moment, où nous nourrissons des poules grévistes), je manquais d’œufs. Résultat, le premier gâteau a été cataclysmique. Une sorte de pâtisserie collector pour fêter les 32 ans du parpaing au Nesquik.

C’était étouffant au possible, pas assez sucré, sans goût… et imperméable, que dis-je, littéralement amphibie ! Promis (j’ai des témoins !) une nuit après avoir versé le sirop dans le cercle à pâtisserie, le gâteau ne l’avait toujours pas absorbé !!!

Ce sont donc nos trois toutous qui ont mangé ce « gâteau » là, ça leur a même fait plaisir, ils ont juste vidé leurs gamelles d’eau dans la foulée. Puis j’ai refais un gâteau en mode panique, mais en changeant la recette (après avoir acheté les œufs nécessaires), et là ce fut un ré-gal (mon honneur était sauf, l’anniversaire aussi), mais ma “création” était juste un peu bizarre visuellement car la pâte avait énormément levé avant de s’affaisser pitoyablement dans le four. Du coup je l’ai recommencé deux jours plus tard en peaufinant encore un peu la recette, et là, victoire : Mon Gâteau-Grog était encore meilleur, et de surcroît parfaitement “présentable” (ça se joue à un oeuf et 20g de farine près ! ;)).

Alors je vous donne vite la recette, parce qu’un Gâteau-Grog, ça pourrait peut-être même faire un chouette dessert de Noël, qu’en pensez-vous?… 😉

Le gâteau du 3ème essai, celui qui n’avait pas de cratère au centre (car promis, ce n’est pas pour “camoufler” que j’ai rajouté la chantilly et la déco !)

Ingrédients pour un gâteau de 8 parts

Préparation : 15 min (sans la déco)

Cuisson : 35min

Pour le gâteau :

  • 125g farine T150 de grand épeautre (ou de blé)
  • 125g de poudre d’amande
  • 1 sachet de poudre à lever
  • Le jus d’une orange bio fraîchement pressée, avec sa pulpe (soit 9cl)
  • 6 oeufs
  • 100g de miel d’acacia
  • 5 cl d’huile neutre

Pour le sirop “grog” :

  • 20 cl d’eau
  • ½ c. à café de cannelle en poudre (ou un bâton de cannelle)
  • 1 ou 2 étoiles de badiane
  • 1 gousse de vanille fendue en deux
  • Le jus d’une orange bio
  • Le jus d’un demi-citron bio
  • 100g de miel d’acacia
  • Une pincée de thym séché bien parfumé
  • 10 gouttes d’huile essentielle d’orange
  • 10 gouttes d’huile essentielle de citron
  • 3 c. à soupe de rhum ambré.

Préchauffer le four à 180°C, si possible en chaleur tournante.

Chemiser de papier un moule à manqué, puis y déposer un cercle à pâtisserie d’environ 22cm de diamètre.

Fouetter quelques minutes au robot les oeufs entiers avec les 100g de miel jusqu’à ce que le mélange blanchisse, devienne mousseux et double (ou triple !) de volume. Mélanger dans un bol à part la farine, la poudre d’amande et la levure, puis verser dans les œufs fouettés en « vrac » avec le jus d’orange et l’huile.

Bien mélanger le tout avec une spatule souple, en soulevant la préparation dans un mouvement tournant (les œufs « retomberont » un peu, c’est normal, ce qui compte c’est que la préparation soit bien homogène). Verser aussitôt dans le cercle à pâtisserie, enfourner pour 35mn (en baissant éventuellement la température à 150°C en cours de cuisson si le dessus du gâteau bronze trop vite, mais sans jamais ouvrir la porte du four).

Pendant ce temps, préparer le sirop : Mettre dans une casserole l’eau, la cannelle, la badiane et la gousse de vanille, poser un couvercle et laisser frémir à feu doux quelques minutes. Filtrer, puis ajouter le rhum, les jus d’orange et de citron, le miel, les huiles essentielles et bien mélanger.

Imbiber le gâteau encore chaud, cuillerée après cuillerée, de ce sirop, puis laisser tiédir avant de savourer.

Petites astuces :
Ce gâteau est déjà très bon tel quel, mais si vous voulez épater la galerie, vous pouvez évidemment le décorer un peu. Moi par exemple j’ai rajouté une chantilly végétale de crème de coco fouettée au miel et à la vanille (je sais, oui, la chantilly coco je fais toujours ça, mais c’est parce que c’est bon !), ainsi que des tranches d’agrumes “confites” au four : pour cela, il suffit de découper des rondelles d’orange, de mandarine et de citron vert, de les déposer sur une plaque chemisée de papier cuisson puis de les “peindre” au pinceau avec du sirop d’agave (sur les deux faces). Il ne reste plus qu’à enfourner 1H à 180°C (en baissant un peu la température si ça semble “bronzer” un peu trop vite), et c’est tout ! Sincèrement, c’est beaucoup plus simple à réaliser que les fruits confits au sucre, et pour un résultat épatant ! Gardez bien cette petite astuce sous la main car pour vos desserts de Noël, ça peut aider n’est-ce pas? ;))
⇒ Lorsque vous battez les oeufs avec le miel pour les faire mousser, l’opération sera bien plus facile à réaliser avec un robot pâtissier muni de son fouet à fils plutôt qu’avec un simple fouet électrique mais à mon avis, cette dernière option se tente quand même. Vous me direz?
⇒ N’essayez surtout pas de mélanger le jus d’orange et l’huile à la farine avant d’y incorporer les oeufs car ça ne marche pas. Il faut tout jeter “en vrac” dans un grand saladier (oeufs mousseux + farine à la levure + huile + jus) puis travailler à la spatule pour bien mélanger. Et pas de panique si le mélange “redescend” un peu : c’est même mieux (sinon ça risque de faire un “gâteau cratère”)
⇒Attention : Ce gâteau est fait pour être imbibé de son sirop, voilà pourquoi sa base est volontairement peu sucrée et peu parfumée. Ne me faites pas le coup de le goûter sans 😉
⇒ Je sais, je sais. Vous n’avez pas de rhum (si si, il y en toujours un qui n’a pas de rhum dans les commentaires, je commence à bien vous connaître ;)). Bon, et bien essayez avec un autre alcool (Cointreau ou Grand-Marnier, ça le fait ! Cognac, Armagnac, brandy, kirsh, schnaps et eau de vie aussi par exemple). Vous ne voulez pas du tout mettre d’alcool dans ce gâteau? Et bien tant pis, il y a déjà les jus d’agrumes et les huiles essentielles pour parfumer. Mais ça ne sera plus un gâteau grog 😉

En redescendant à pied de la chèvrerie, vers notre village… C’était la balade d’avant le grog 😉

Il y a même un peu de thym dans le sirop de ce gâteau (et oui comme dans les vrais grogs !) et promis, c’est délicieux… à noter que ce gâteau est celui du deuxième essai, c’est à dire très bon mais avec un cratère au centre (là il est retourné sur le plat, mais on voit qu’il est quand même bien concave ;))

Une part du dernier gâteau, celui qui était bon ET présentable, sans cratère au milieu 😉

Les jolies couleurs d’automne, cette année, fallait pas les louper parce que ça a juste été 8 jours chrono avant que les arbres ne commencent à se déplumer. Mais quand le givre arrive, c’est joli aussi. On se rapproche de Noël, ça se sent 🙂

 

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{ Sous la neige… }

20 novembre 2019

{ Sous la neige… }

Welsh Cawl (Soupe-repas galloise)

♥ Sans lait ♥ IG Bas ♥

 

Jeudi dernier, il est tombé entre 20 et 30cm de neige lourde et collante sur des arbres qui n’avaient pas encore perdu leurs feuilles… Je vous laisse imaginer le désastre ! Ramures qui ploient sous la neige jusqu’à toucher terre, troncs déracinés, branches charpentières écrasées sur les fils électriques ou téléphoniques… et dans des milliers de maisons, plus de jus, ni de chauffage, ni de téléphone, hop, retour à l’époque de nos arrières-pépés !

Les petites coupures d’électricité ou de téléphone ça nous connaît car ici, c’est presque tous les ans quand il neige. Mais là, ça a tout de même duré 4 jours et à la maison, il s’était invité en prime un bon petit virus du genre enquiquineur de première classe… Or je vous assure que lorsqu’on a une bronchito-asthmatico-trachéito-angino-conjonctivito-otito-sinusite, et bien… plus de chauffage quand il fait 2°C dehors, c’est tout de même un peu frisquet. Nous avons heureusement un petit poêle à bois dans le salon, et il a avalé tant de bûches qu’il a bien failli fondre : résultat, 45°C près du poêle (même que pour lire sur le canapé, il ne fallait pas oublier de tourner la tête de l’autre côté toutes les 10min pour bien faire griller l’autre face, c’est l’effet « coup de poêle », comme un coup de soleil mais en plus hivernal), 25° à l’autre bout du salon, 17° dans la cuisine, 14° dans le couloir, et 10° dans les toilettes. Bizarrement, il n’y a pas eu besoin de déloger ceux qui lisent habituellement sur le trône… Tout le monde ressortait très vite en claquant des dents.

Idem en montant vers l’étage : plus on s’éloignait du salon, plus on se rapprochait du pôle nord, la chambre de Roseline (tout au bout de la maison) ayant été littéralement transformée en réfrigérateur géant. Les autres enfants en revanche étaient tout contents : pas d’école, le feu de bois, les dessins à la bougie, tout ça tout ça, c’est é-pa-tant. Et c’est vrai que ça fait parfois du bien d’être un peu coupé de tout, sans téléphone, sans internet… on a fait de bonnes parties de belote, on a lu des bons livres, c’était chouette !

Par contre, quand il fait nuit à 17H dans la maison, et qu’on ne croise plus dans les couloirs que des cyclopes luminescents (chaque membre de la famille se baladant avec une lampe frontale), ce n’est pas très jojo. Il fallait donc choisir, juste après le goûter, entre :

– Aller se coucher à 17H (avec le risque de se réveiller vers 1H du mat en pétant la forme… dans le noir, évidemment)

– Sortir jouer dans la neige, sous la clarté poétique de la lune (ça aurait été trop bien, mais vu le contexte, c’était pneumonie assurée).

– Se prélasser dans le canapé devant le feu de bois (sauf que l’unique place où l’on ne rôtissait pas était déjà très convoitée)

– Se planquer dans la chambre sous 6 couvertures avec des BD (mais pour tenir le bouquin il faut bien sortir les bras de dessous la montagne de couettes, et ça fait froid, brrrr).

– Cuisiner à la lampe de poche (histoire d’avoir l’impression de servir à quelque chose, tout en se réchauffant à la chaleur de la cocotte en fonte qui mijote sur le feu.)

J’ai évidemment opté pour la dernière option, irrécupérable morfal que je suis, car nous avions du gaz, youpi !!!! (mais pas de four, évidement). Et comme je rêvais d’un gigantesque plat fumant, que l’idée d’un welsh cawl me faisait de l’œil depuis longtemps, et que j’avais tout ce qu’il fallait sous la main, et bien je me suis mise à l’ouvrage, on s’est régalés… et bien réchauffés !

Juste une petite anecdote rigolote : quand le téléphone est revenu, dimanche soir, sur le coup on était tout contents mais il y avait plusieurs personnes au bout du fil, dont une mémé qui racontait sa vie à je ne sais qui alors que j’essayais de parler à mon fiston ! L’employé télécom avait dû réparer ça sans enlever ses moufles ;)) Le pauvre… Merci quand même 🙂

Ingrédients pour 8 personnes

Préparation : 15min

Cuisson : environ 1H15

Trempage : 8H

  • 500g d’orge mondé (ou de gruau d’avoine)
  • Une petite épaule d’agneau, ou du collier d’agneau (environ 1 à 1,2kg)
  • Un jarret de porc fermier demi-sel (environ 1 à 1,2kg)
  • 2 gros oignons
  • Un chou vert (environ 800g à 1kg)
  • 4 c. à soupe d’huile
  • 4 poireaux
  • 4 carottes
  • Un céleri rave
  • 3 feuilles de laurier
  • 3 clous de girofle
  • Persil (pour le service)
  • 1 c. à soupe rase de sel.

 

Environ 8 à 12H avant, mettre l’orge ou l’avoine à tremper dans l’eau froide. Le lendemain, bien rincer la céréale dans une passoire, puis la mettre à cuire dans un grand faitout d’eau froide (non salée). Dès que l’eau arrive à ébullition, compter environ 45min de cuisson (il faut que le grain soit bien tendre).

Parallèlement, couper les oignons en gros morceaux et les faire revenir à l’huile avec l’épaule d’agneau dans une très grande cocotte ou marmite (33cm de diamètre), jusqu’à obtention d’une légère coloration.

Découper les carottes et les poireaux en tronçons d’environ 3cm, le chou vert en petits carrés de 4cm, et le céleri en cubes de 5cm. Les ajouter dans la cocotte avec le jarret bien rincé, le laurier, les clous de girofle et le sel, puis couvrir d’eau jusqu’à 3cm du bord de la cocotte. Laisser mijoter 1H15 environ à petit feu.

Égoutter l’orge ou l’avoine dès qu’elle est cuite (la rincer éventuellement, voir plus bas), puis la rajouter dans la cocotte et bien mélanger.

Découper la viande, et servir en parsemant les assiettes de persil haché.

 

Nota :

– Si vous ne mettez pas de jarret de porc demi-sel, pensez à ajouter une cuillerée à soupe supplémentaire de sel dans le bouillon (d’autant plus que la céréale n’est pas salée pendant sa cuisson, mais juste par contact avec le bouillon).

– L’orge et l’avoine ont une saveur et une texture différente. L’orge est plus mucilagineuse, l’avoine plus crémeuse. On pourrait les faire tremper et les ajouter directement dans la soupe en début de cuisson mais dans ce cas, il faudrait surveiller de très près car en épaississant le bouillon, cela augmente beaucoup les risques que le fond « attache » !

– Si vous vous contentez d’égoutter la céréale une fois cuite, sans la rincer, elle épaissira davantage le bouillon, donnant une texture plus crémeuse. Si vous la rincez, le bouillon restera plus limpide. C’est vraiment au choix, les deux variantes sont excellentes.

– Si vous préférez goûter à la variante sans céréale, mais aux pommes de terre (moins ancestrale, mais « traditionnelle » tout de même depuis au moins deux ou trois siècles) rajoutez-les tout simplement dans le bouillon, coupées en gros cubes, environ 20min avant la fin de la cuisson.

– Cette soupe-repas galloise populaire et ancestrale, constitué de légumes, de viande d’agneau, d’éventuellement un peu de porc, d’orge ou d’avoine (même si le cawl « moderne » peut aussi se préparer avec de la pomme de terre) est aussi revigorante que conviviale ! J’espère juste que vous disposez d’un « chaudron » de taille suffisamment conséquente… à défaut, vous pourrez encore diviser les proportions par deux.

Mon village, vu de ma chambre, vendredi matin au lever du jour. La lumière était très spéciale, c’était joli… mais je ne pouvais pas sortir, snif  (c’est le cas de le dire !)

Une autre vue prise d’une fenêtre de la maison, vendredi matin (c’est mon cher-et-tendre qui a pris cette photo, je le précise sinon il va bouder ;))

Là par contre c’était aujourd’hui lors ma première marche après 3 semaines de bronchito-asthmatico-angino etc. : la neige a fondu, mais ça continue de cailler… mais j’étais trop contente quand même !

Vercors et Chartreuse en fond de paysage… je ne m’en lasse pas.

Une jolie Aubrac dans un champ plein de neige… avec de la “brume” qui sort des naseaux ( mais c’était pareil pour moi, derrière l’appareil photo ;))

Des petits moutons bien mignons, mais qui se demandent quand même où est passé l’herbe, zut alors, ça c’est bêêêête !

La cabane de chasse, où j’aime bien “squatter” , en fin d’après-midi, pour boire mon thermos de thé quand il n’y a pas de chasseurs… Qui va à la chasse perd sa place, hé hé !

Et ce grand champ magnifique c’est la vue que l’on a sous les yeux lorsque l’on est assis sur le banc de la cabane, en buvant le thermos de thé. Quand je vous dis que je l’aime, ce pays… Je ne vous posterai pas de photos de mes balades à chaque fois, promis, mais c’était la première neige, alors quand même, hein 😉

Tout prêt de la cabane, il y a enfin ce petit étang, but de ma randonnée, où le ciel se reflétait si joliment ce soir…

En bonus : Autre recette concoctée pendant la coupure d’électricité; ce moelleux à l’orange… cuit à la vapeur (évidement, vu que je n’avais plus d’électricité, donc plus de four !). J’ai mis la recette sur mon compte instagram “mariechioca”. Bonne fin de semaine ! Et réchauffez-vous bien…

 

           

 

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{ Un peu de sagesse… }

6 novembre 2019

{ Un peu de sagesse… }

 

Tourte fine aux légumes d’automne, thym et parmesan

♥ Végétarien ♥ IG bas ♥ 

 

J’ai vu que vous aviez plutôt apprécié mon petit gâteau du dernier post ;), et ça m’a fait rudement plaisir ! Si vous saviez… J’ai plein d’autres idées de nouveaux gâteaux un peu déments sur les bords (au moins trois, là tout de suite, juste pour commencer), mais mieux vaut quand-même intercaler quelques recettes de légumes histoire que mon blog reste un peu « sortable » n’est-ce pas ?

Alors voici déjà une recette de tourte que j’aime beaucoup, et que je fais assez souvent en variant juste les légumes en fonction de la saison et de ce que j’ai sous la main. D’ailleurs, lors de ma dernière randonnée -et juste avant de chopper une bronchite historique dont j’essaye encore de me remettre- le rythme de marche avait été un peu plus soutenu que prévu à cause de trois pensées : La première, c’est qu’il allait pleuvoir (et effectivement, il a plut… copieusement… d’où la bronchite). La deuxième, c’est qu’une de mes filles avait cru apercevoir un loup (mais c’était peut-être juste un gros berger allemand tout gris qui s’était perdu dans la forêt, c’est en tout cas ce que j’ai tenté d’expliquer pour rassurer mes trois chaperons rouges effarouchés). La troisième, c’est qu’une tourte de la meilleure espèce nous attendait au four. Je l’avais cuisinée tôt le matin avec des blettes du jardin, des oignons, du parmesan, et j’avoue que nous y avons beaucoup (trop) pensé pendant la balade. Je n’irai pas jusqu’à dire que la vision de cette tourte fumante et croustillante se superposait à celle des forêts, des étangs et des montagnes, mais on n’en était pas loin. Il m’a même semblé entendre quelques regrets du style « Arf, dommage qu’on ne l’ait pas emmenée dans le sac à dos », ou « On aurait pu y goûter au petit-déjeuner quand même » mais bon. Rien de bien grave (et de toute façon, la vision du berger-allemand-de-la-forêt a apporté entre temps une excellente diversion).

La tarte sans les feuilles en pâte…

Et puis ce matin, j’ai eu envie de la mettre sur le blog pour vous, cette fameuse tourte de légumes qui revient si souvent au menu des Chioca ! C’était un de ces petits matins tout pluvieux (mais si calmes et poétiques) où l’on commence à éplucher ses légumes dès 7H30, en sifflotant, gage d’une journée de travail qui va bien se passer.

Erreur !

C’était sans compter sur le Bon Coin (qui n’y est pour rien). Car nous avons tâté de près ce que peut être un type très très relou (c’est bien ce nouveau mot, ça évite d’en dire un autre en trois lettres). Moi je ne me doutais de rien jusqu’à ce que ma grande fille ne vienne me voir, désespérée, tenant son portable à la main. Et sur ledit portable, il y avait une loooongue conversation par SMS avec un fada qui avait acheté deux jolies robes de cortège (que ma fille avait mis sur le Bon Coin donc), les avait reçues, les avait soit disant payées – sauf que nous n’avions rien reçu – et nous demandait, que dis-je, nous ordonnait de façon très péremptoire d’aller séance tenante (« aujourd’hui avant midi ! » précisait-il) dans le premier bureau de tabac de proximité (chez nous la « proximité » c’est quand-même 25 bornes) pour acheter deux tickets de je ne sais trop quoi à 150€ pièce afin de, je cite presque mot à mot  “Recharger le compte Paypal pour le passer en version premium car sans cela impossible que Paypal ne verse les sous“. (Compte Paypal dont nous n’avions nul besoin mais que nous avions créé tout exprès juste pour lui être agréables car monsieur était aux abois, il lui fallait ces robes tout de suite mais habitant à l’étranger il ne pouvait nous payer par chèque vous comprenez, le pauvre homme. Je pense d’ailleurs que vu son énervement il devait se marier ce week-end, et  s’est dit tout à coup « Crotte, j’ai oublié de penser aux tenues des demoiselles d’honneur ! », et heureusement qu’on s’est dépêchées sinon ses petites filles auraient peut-être dû y aller déguisées en ananas).

Donc pour résumer (parce que la chute est incroyable) : ma fille a envoyé deux robes de cortège à un monsieur trèèèèèès pressé. On n’a pas reçu le règlement. Mais c’est quand-même nous qui devons payer préalablement 300 balles rien que pour avoir le « droit » de recevoir les 70 balles qu’il nous doit. Et quand je lui ai expliqué à quel point cela ne me semblait guère envisageable (avec le plus de politesse possible, car la moutarde m’était entre temps montée au nez et c’était de la moutarde forte !)… il nous a menacé de porter plainte !

Si si… Je sais que ça semble prodigieux mais ça c’est VRAIMENT passé comme ça ^^

Ce gaga avait reçu le colis, nous n’avions pas reçu le règlement, il exigeait qu’on débourse en plus 300€ avant midi mais à part ça c’est lui qui allait porter plainte. Zut alors, ce paltoquet m’a littéralement ôté les mots de la bouche  😉

J’avoue qu’en lisant ça, toute la tension accumulée au cours de cet échange est redescendue… Aaah, d’accord, nous avions juste affaire à un pauvre barjot ! Quand la colère cède la place à la pitié, ça va déjà mieux je trouve… J’espère juste qu’il est bien allé porté plainte contre nous pour « Non-obtempération d’effectuer 25 bornes séance tenante dans le but d’aller se faire entuber de 300€ », ou qu’il est rentré dans le commissariat en pleurnichant “Je viens porter plainte parce qu’une demoiselle m’a envoyé un colis, et que moi je ne l’ai pas payée”. Au moins ça a dû bien fait rire les gendarmes. 

N’empêche, les petites robes sont déjà parties. Gratos. Ma pauvre grande fille a été beaucoup trop naïve, je sais, cela lui servira de leçon, mais quel dommage. J’aimerais tant que mes enfants reçoivent des leçons plus édifiantes ! Leçons d’honnêteté, de grandeur d’âme, de bonté, de politesse, de bienveillance… Mais non, dans notre magnifique société civilisée, ce sont les goujats qui donnent à la jeunesse des « leçons »… de défiance.

Tout cela nous a mené bien loin de cette pauvre tourte de légumes, qui a donc été photographiée entre deux SMS en mode « Grlmbrlmr non mais quel moule à gaufre ce type* ». Ça ne s’est donc pas fait dans les meilleures conditions mais bon… à midi elle était sur la table, et toute cette histoire a été vite oubliée.

* Version censurée

J’espère au moins que les deux petites filles qui porteront ces si jolies robes « gratuites » seront heureuses car elles n’y sont pour rien, les pauvres… Et j’espère aussi que ce mufle glissera ce jour-là sur une banane pourrie et atterrira directement à plat ventre dans une crotte de chien, ou qu’un goéland géant viendra vomir sur son costard, voilà, bien fait ! que ce monsieur sera touché de repentir à l’idée d’avoir estampé aussi honteusement une jeune fille de 16 ans qui lui avait fait confiance… juste sur parole.

( Je vais aussi vous dire un truc : même si ça sert à rien, ça fait quand-même du bien de pouvoir venir râler sur mon blog quand j’en ai gros sur la patate ;))

 

 

 

{ Edit du soir, 23H15 : Renseignements pris, il semblerait que ce soit une grosse arnaque, dont plusieurs personnes ce sont déjà plaintes, et qui n’a absolument rien à voir avec Paypal, société n’ayant plus à démontrer son sérieux et son honnêteté. Nous nous rendrons donc demain à la gendarmerie car en plus ma fille s’est peut-être fait pirater des informations importantes ! Ce type là n’était donc pas un barjot… mais un fumier. Hugues propose de lui envoyer un colissimo rempli de crottes de chèvres, mais bon, comme ce n’est probablement pas sa véritable adresse… }

 

La tarte AVEC les feuilles en pâte (faites comme vous voulez !)

Ingrédients pour 6 personnes

Préparation : 25 min

Cuisson : environ 10 min + 35min

 

Pour la pâte à l’ail et au thym :

  • 300g de farine complète de grand épeautre
  • 7cl d’huile d’olive
  • 15cl de vin blanc
  • 1 c. à café bombée de thym
  • 1 c. à café bombée d’ail en semoule
  • 1 c. à café rase de sel fin

Pour le fond de tarte à la compotée d’oignons :

  • 500g d’oignons
  • 4 c. à soupe d’huile d’olive
  • 1 c. à café de thym
  • Un peu de sel et de poivre 5 baies

Pour la garniture :

  • Une grosse patate douce
  • Un céleri rave
  • Un radis long rose
  • Un radis long vert
  • 2 ou 3 oignons rouges pas trop gros
  • 1 ou 2 carottes

Autres :

  • 150g de parmesan râpé, sel, poivre, huile d’olive.

 

La tarte crue… Jolie n’est-ce pas? Oui, mais en cuisant, elles va “faner” un peu, faut pas rêver 😉

1/ Préparer la compotée d’oignons : Les émincer, puis les faire revenir dans une cocotte avec l’huile d’olive, le sel, le poivre et le thym, en mélangeant de temps en temps jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés.

2/ Parallèlement, préparer la pâte : Mélanger la farine et le sel, ajouter l’huile, mélanger, puis le vin blanc d’un coup et pétrir juste ce qu’il faut pour bien amalgamer. Etaler sur un plan fariné, en garnir un grand moule à tarte (environ 32 à 34cm). Ne pas oublier de préchauffer le four à 180°C, si possible en chaleur tournante.

3/ Trancher les légumes : Et recouper en deux les tranches les plus larges (céleri rave et éventuellement patate douce) pour faire des demi-cercles.

4/ Garnir la tarte : étaler la compotée d’oignons sur la pâte, saupoudrer 100g de parmesan par dessus. Disposer ensuite les tranches de légumes (comme pour faire une tarte aux pommes) mais en alternant : Demi-tranche de patate douce, demi-tranche de céleri, tranche de radis rose, demi-tranche de patate douce, demi-tranche de céleri, tranche de radis vert, etc. pour les deux premiers cercles. Puis réaliser un cercle avec uniquement des tranches de radis roses et verts. Puis un cercle avec des tranches d’oignon rouge. Puis enfin, garnir le centre de tranches de carottes.

Ajouter un filet d’huile partout, saler, poivrer, parsemer avec le parmesan restant.

Si l’on souhaite (facultatif, mais c’est une bonne astuce anti-gaspi) on peut étaler les chutes de pâte et y découper de jolies formes pour en recouvrir la tarte. Enfourner pour 35min, assez bas dans le four (pour que le dessous soit bien cuit) et savourer tiède ou à température ambiante.

Nota :

– Ici j’ai utilisé surtout des légumes racine, qui cuisent parfaitement bien au four sans pré-cuisson. Mais si vous garnissez votre tourte de blettes, d’épinards, de courgettes, etc. (bref, des légumes plus aqueux) mieux vaut les faire préalablement cuire avec les oignons sinon ils rendraient trop d’eau et détremperaient la pâte.

– Avec les « chutes » de légumes (car tout n’est pas rentré sur la tarte) et bien ce soir j’ai juste fait une bonne soupe !

– Si vous cherchez du thym qui soit bien parfumé (c’est important) il peut être intéressant de recourir à des infusettes de tisane de thym (le contenu d’une infusette = 1 c. à café). Aujourd’hui j’ai fais comme ça, et c’était parfait )

 

Tourte fine aux légumes d'automne

Ça c’est juste le fond de tarte… Des oignons caramélisés à l’huile d’olive et recouverts de parmesan. On pourrait d’ailleurs stopper là et enfourner comme ça (sur le coup, ça m’a tenté ;)) Mais IL FAUT manger plus de légumes les gars ! Ne croyez pas que vous allez échapper aux navets si facilement !

Tourte fine aux légumes d'automne 2

En prenant cette photo, je disais quelques gros mots. Pardon.

Tourte fine aux légumes d'automne 3

Pour terminer sur une note plus poétique (j’ai râlé ce soir, si si, désolée), je vais tenter de me faire pardonner en postant quelques jolies photos d’automne 😉 Là c’est au dessus de chez moi, sur un chemin de crête longeant l’orée de la forêt de Chambaran… Et juste derrière la colline, il y a la chèvrerie de Hugues !

Tourte fine aux légumes d'automne 4

Chemin faisant… Quelle jolie lumière d’automne !

Tourte fine aux légumes d'automne5

Ma douce et jolie Brunhilde… qui devient terrible quand “ça sent le loup” (grognements sourds et pelage hérissé dès qu’on tombe sur une trace, brrr, s’en est presque flippant !). Mais il y en a très peu par chez nous… pour le moment.

Tourte fine aux légumes d'automne11

Des coteaux, des forêts, des pâtures, des montagnes au loin…

… C’est chez moi, dans le Dauphiné, et j’aime tellement ces paysages !

Tourte fine aux légumes d'automne 6

Le soir tombe vite, depuis qu’on a changé d’heure… Le “berger allemand tout gris” (sic) a été aperçu sur ce chemin, juste un peu plus loin dans un bosquet (mais pas le jour où j’ai pris cette photo).

Tourte fine aux légumes d'automne 7

Au loin, le Vercors à la lumière du soir, et quelques paisibles vaches.

Tourte fine aux légumes d'automne 8

Vue plus large de ce très joli chemin qui me ramène soit à la maison (à gauche), soit à la chèvrerie (à droite), au choix… Et c’est un bien joli choix 🙂

Tourte fine aux légumes d'automne 8

Au loin, dans la vallée, le village voisin et sa belle église de campagne…

Tourte fine aux légumes d'automne10

La nuit tombe sur les coteaux. C’est toujours l’heure à laquelle je rentre de mes marches en forêt, en me disant “flûte, dommage, je n’ai pas l’appareil photo”. Et bien cette fois-ci, je l’avais 😉

 


 

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{ ENCORE du chocolat ?!!! Ben... oui, pardon }

{ ENCORE du chocolat ?!!! Ben... oui, pardon }

{ ENCORE du chocolat ?!!! Ben... oui, pardon }   « Le Clan » Gâteau « mousse au chocolat » sur biscuit croustillant, crème de whisky   Ouille, deux gâteaux au chocolat à la suite sur mon blog, ça ne fait pas sérieux du tout du tout ! Alors déjà, faisons taire les espoirs les plus fous : non, je ne suis pas en train en réaliser un ouvrage sur le chocolat (pleurons ensemble){ ENCORE du chocolat ?!!! Ben... oui, pardon }