{Permaculture, chapitre 2 }

28 mai 2020

 

{Permaculture, chapitre 2 }

Un jardin bio, ça a aussi le droit de ployer sous les fleurs…

(En bonus, un gâteau fraise-rhubarbe à tomber pour ceux qui en ont marre du jardinage ;))

 

Lors de mon dernier post sur ce blog, je vous ai déjà bien décrit l’aménagement général de mon jardin cultivé en permaculture (potager, verger, jardin de fleurs) et comme une bonne image vaut mieux qu’un long discours, je vous présente (presque) sans autre forme de blabla supplémentaire quelques photos des fleurs qui me réjouissent si fort en ce mois de mai précoce, même si je ne peux absolument pas toutes vous les photographier (sinon cet article ne serait plus “permaculture chapitre 2” mais “permaculture “tome 2“) ! Et puis, les fleurs estivales sont encore en boutons, et leur éclosion prochaine sera peut-être une bonne excuse pour un autre article, plus tard, quand la canicule aura un peu assommé les roses mais que les perovskias, hibiscus, bignones, gauras, sauges, etc. auront courageusement pris le relais, formant de jolies scènes impressionnistes sous le chaud soleil de l’été !

Avant de passer à la petite visite du jardin de fleurs, je voudrais vous confier une réflexion que je me fais souvent : quand on pense « permaculture », on imagine tout de suite et avant tout « jardin nourricier », à savoir des légumes, des arbres fruitiers, un poulailler… Mais il me semble que le jardin de fleurs y a aussi toute sa légitimité car s’il ne remplit pas directement les assiettes, il “nourrit” un peu l’âme du jardinier (ce qui n’est pas peu de choses) mais aussi – et c’est capital !- assure gîte et couvert à toute une kyrielle de petites bêtes auxiliaires. Un jardin potager ou un verger qui n’aurait pas de fleurs à proximité se porterait beaucoup moins bien, c’est certain.

Le rosier couvre-sol “Neige d’été”. Une vraie beauté, jamais assoiffé, jamais malade, toujours en fleurs… si touchant dans sa simplicité.

Il existe des fleurs de toutes sortes, mais pour que le jardin d’ornement soit, lui aussi, le plus résilient possible et apporte réellement quelque chose  (outre la joie du jardinier) au projet permaculturel général du jardin, il me semble intéressant de les choisir en fonction de certains critères :

– Sobriété en eau

– Affinité parfaite avec votre sol (car il existe des plantes pour les sols plutôt argileux, plutôt filtrants, plutôt acides, plutôt calcaires, etc. et une plante ne sera jamais aussi solide si elle n’est pas dans son “élément”).

– Adaptation idéale au climat local (sécheresse, canicule, pluviométrie, gels importants en hiver ou pas, etc.)

– Grande variété de tailles et de formes des plantes pour imiter ce qu’il se passe spontanément dans la nature, sans lésiner sur les couvre-sol (ce qui permet, au bout d’un an ou deux seulement, que les massifs de fleurs puissent quasiment « s’autogérer », sans passer devoir des heures à désherber).

– Propriétés mellifères

– Diversité importante pour que les floraisons, et donc les moments “mellifères”, s’étalent au cours des saisons.

– Nourriture et accueil pour les oiseaux, les lézards, les insectes auxiliaires, etc. (petites baies, possibilité de nicher…).

 

Chez moi (terre argileuse, climat très froid en hiver et très chaud en été), les plantes qui me donnent beaucoup de satisfaction sont les nepetas Six Hill Giant, les lavandes, les valérianes, les sauges vivaces (choisies parmi les plus rustiques, telle la sauge « Améthyste »), les lavatères, les géraniums vivaces (dont le sublime « Rozanne », si florifère et d’un bleu profond). Parmi les “plantes-bourriques” que je ne réussis pas très bien il y a les gauras (que j’aime pourtant tellement, comme toutes les fleurs au port un peu vaporeux qui créent un si joli brouillard végétal), les lins bleus (j’en suis fana, mais ils préfèrent les sols plus sablonneux), les anémones du Japon (réputées « increvables », sauf chez moi, et je suis très vexée !).

Parmi les envahissantes, qui se plaisent si bien que je dois limiter leur ardeur chaque année, il y a les asters (vraiment sans-gêne !), les verges-d’or et les menthes.

L’entrée du jardin. Une bordure de roses et de nepetas longe l’allée sablée. En été, les perovskias, les lavatères et les hibiscus assureront un décor totalement différent, mais dans les mêmes tonalités.

Du côté des rosiers, je sais que certaines personnes vont être un peu étonnées d’en voir autant dans un jardin qui se veut aussi écolo que possible, comme si cela était un peu trop beau pour être vrai. Car on associe souvent, dans l’imaginaire collectif, “jardin sobre” avec “jardin spartiate”, voire même, “jardin lunaire”. Or il n’en est rien. Mes rosiers sont très peu chouchoutés, ne reçoivent AUCUN engrais ni traitement chimique, et ne sont arrosés que leur première année de plantation (et exceptionnellement deux ou trois fois en été si c’est caniculaire). Mais je soigne toujours beaucoup le moment de la plantation, et chaque année au printemps je les paille généreusement avec le fumier de mes animaux (poules, lapins), en rajoutant parfois un peu de foin ou de copeaux dans l’été si besoin. C’est à peu près tout (avec une bonne taille de printemps), mais ces quelques soins, ils me les rendent au centuple…

On peut réellement créer un très beau jardin d’ornement en respectant tous les principes de permaculture tels qu’économie en eau, non travail du sol, absence totale de traitements chimiques, imitation des systèmes de la nature, etc. Il ne faut donc pas s’autocensurer ! Un jardin bio, un jardin “écolo” n’est pas forcément composé que de plantes grasses et de graminées. Même si je reconnais que dans le sud, certains jardins secs sont aussi tout à fait charmants… mais dans ma campagne, je rêvais davantage d’un jardin dans le style de celui de Monet, un jardin anglais, un jardin “de curé”, enfin, vous voyez un peu le truc. Luxuriant, sauvageon, généreux, rétro, un peu “foufou”. Et sobre aussi, et naturel. Et oui, c’est conciliable.

J’y vois un parallèle avec ce que je constate déjà en alimentation : Beaucoup de gens s’imaginent que pour manger sain, il faut absolument manger triste, et renoncer définitivement à la gourmandise. Comme si tout ce qui donnait du plaisir était forcément mauvais pour la santé ou faisait immanquablement grossir. Moi je suis là pour vous dire le contraire depuis des années : ne faites pas n’importe-quoi en alimentation certes, prenez les bonnes décisions, renoncez à la mal-bouffe et aux produits industriels, choisissez des aliments sains et surveillez vos portions mais à part ça, faites-vous plaisir en apprenant comment réaliser des petits plats qui mettent l’eau à la bouche, y compris des pizzas, y compris des plats de fête, y compris des gâteaux et desserts géniaux. Le tout étant de connaître quelques “trucs” pour tout bien concilier.

En jardinage c’est pareil : ne faisons pas n’importe-quoi, prenons les bonnes décisions en choisissant les bonnes plantes, économisons l’eau en paillant bien notre sol, etc. mais à part ça, faisons-nous plaisir en cultivant des plantes VRAIMENT très belles, dont nous avons VRAIMENT envie, y compris des rosiers si on aime ça, y compris choisis parmi les plus spectaculaires du moment qu’ils sont bien résistants (car tous ne se valent pas, et beaucoup n’ont pas survécu chez moi, j’avoue, comme tant d’autres plantes installées en grande pompe mais non adaptées, donc gardées en vie sous perfusion jusqu’à ce que je me dise “oh et puis zut”). Le tout étant de connaître quelques “trucs” pour tout bien concilier…

C’est un peu la “Saine gourmandise” appliqué au jardin… 😉

Bon, j’avais dit que je vous montrerai tout ça sans blabla… (Pardon).

Allez, on enfile nos bottes et on y va !

Textes et photos : ©Marie Chioca

Vergerette et campanule des murs pour donner une petite note bucolique à ce vieux banc de pierre (derrière la barrière, le domaine des toutous, qui nous lèchent les oreilles et nous mâchonnent les cheveux quand on s’assoit “poétiquement” sur ledit banc…).

 

J’aime les roses un peu « rétro », aux tons pastels et parfum capiteux… Mais ce qui me choque parfois un peu – et jusque dans les plus grandes roseraies -, ce sont les associations de couleur contre-nature : ainsi voit-on, par exemple, le rose dragée d’une grande douceur côtoyer l’orangé criard, ou le jaune canari faire affreusement jurer de grandes roses de velours grenat. Aussi me suis-je régalée à créer des massifs de roses (que j’appelle pompeusement mes « roseraies » ;)) aux camaïeux les plus harmonieux possibles : ces trois massifs ne se côtoyant pas, on les découvre au grès des flâneries dans le jardin sans que leurs tons ne jurent ou ne s’écrasent entre eux :

Mon premier massif, qui borde l’allée d’entrée, est entièrement construit dans des tons de « vrai rose », sans aucune pointe de rouge, de jaune ni d’orangé : Rose cerise, rose framboise, rose pétale, rose dragée… et même quelques déclinaisons de mauve ou de blanc s’harmonisent en douceur, le tout ponctué de fleurs ton sur ton (hibiscus, pivoines, géraniums vivaces…) parfois blanches, sans oublier les bleues (nepetas, lin et perovskias principalement).

L’un des rosiers de ce massif aurait dû être “Geoff Hamilton” mais il me semble que le rosiériste s’est trompé car une fois épanoui, il ressemble davantage à “James Galway”. Heureuse faute, puisque le voilà encore plus beau que prévu avec ses pétales si élégamment disposés ! A son pied, le géranium vivace “Brookside” hisse ses longues tiges aussi haut que possible histoire de faire admirer ses fleurettes au bleu intense.

Alors, “James Galway “ou “Geoff Hamilton”? On demande l’avis des connaisseurs 😉

“Young Lycidas”, rose sombre, et si beau.

“The Ancient Mariner” (David Austin, comme tous les rosiers précédents), aux énormes roses de forme parfaite.

“Chartreuse de Parme” (Delbard) : une jolie couleur, mais un feuillage hélas vite touché par les taches noires. Il a 14 ans, et c’est un des “pépés” de mon jardin 😉

Rosier “Souvenir de Louis Amade” (Delbard), l’un des quelques vétérans Delbard à avoir traversé les années sans prendre une ride. Ses roses, presque mauves, sont sublimes à l’ouverture puis la couleur passe un peu et devient grisonnant, c’est dommage. Mais en coupant les fleurs fanées de temps en temps il reste bien pimpant jusqu’à l’automne.

J’ai pu capturer les tous premiers rayons du soleil tombant sur mon massif d’entrée… Il faut s’imaginer cela à 7H30, à la fraîche, une tasse de café à la main, quand les oiseaux du jardin et de la forêt toute proche semblent se répondre en polyphonie… Sans compter le coq qui s’en donne lui aussi à coeur joie, mais sans toutefois pouvoir prétendre au même talent (bousilleur de concerto !).

 

Le deuxième massif de roses, situé à quelques encablures seulement du premier et tout proche de la maison (je l’aperçois même de la porte-fenêtre de mon salon) reste dans des tons de rose doux tout en oscillant doucement vers des teintes chair, pêche et abricot pastel. Parmi les vivaces qui soulignent ces jolies teintes on retrouve mes incontournables nepetas, mais aussi des campanules, de la menthe bergamote, diverses sauges aux teintes mauves, quelques pavots saumon, des sedums, des gauras blanches… En voici quelques aperçus :

“Fighting Téméraire” (Austin) aux larges roses un peu sauvageonnes.

Quelques campanules délicieusement champêtres (elles sont arrivées là toutes seules !)

“Sweet Juliet” (Austin)

“Boscobel” (Austin)

“Queen of Sweden” (Austin)

Mais aussi des pavots, des nepetas, des sauges (en arrière plant)…

 

Ma troisième et dernière roseraie, derrière la maison, est davantage une haie vive qu’un massif : comme deux bignones (une jaune et une couleur brique) y étaient déjà bien installées au milieu d’autres arbustes comme des hibiscus, des lilas, des seringats, des boules de neige, des chèvrefeuilles, etc.), je me suis fait plaisir en plantant des rosiers aux tons plus chauds, plus cuivrés, incluant aussi différents vrais jaunes et des roses approchant de très près l’orangé sans que jamais leur teinte ne soit trop vive à mon goût. C’est ma roseraie « agrumes ». Le pied des rosiers est habillé de nepetas (non, sans blague !), de géraniums vivaces et de millepertuis.

Au premier plan, “Graham Thomas” (Austin), suivi de “Yann Arthus Bertrand” (Meilland), deux valeurs sûres.

Autre vue, plus large, de cette haie. A droite, un mur de pierres, celui du garage, ou grimpe le rosier liane “Bobby james” (non photographié, ce sera pour une autre fois. )

Dans cette haie, on retrouve aussi par exemple “Orangerie” (Kordes)…

… dont les roses restent sublimes à tous les stades de leur épanouissement.

Mais encore “Jean Cocteau” (Meilland), qui hésitera toute la saison entre framboise et mandarine… et c’est bien ce qui fait tout son charme !

Ici, la rose “Marie Curie”, des nepetas et des aubriettes (en fin de floraison) pour ourler joliment le muret en contrebas de la haie…

Bouquet en progression… 😉 “Charlotte”, “Lady Emma Hamilton”, “Lady of Shalott”, “Orangerie”, “Graham Thomas”, “Golden Celebration”, “Fighting Téméraire”, “Liane Foly”, “Yann Arthus Bertrand”, “Crown Princess Margareta”, et “Marie Curie”. Ces tons de citron, de mandarine et d’orange sanguine…Pas de doute, ces roses ont toutes été cueillies dans ma haie “agrumes” !

C’est fait 😉 Il sera pour la chambre de ma Phiphi, aux mêmes camaïeux de corail et de jaune doux que ce bouquet.

Toujours ce bouquet, deux jours plus tard : en fanant légèrement les teintes se sont adoucies, je le trouve encore plus charmant ainsi !  A droite, toujours “Orangerie”, absolument sublime…

 

Comme j’aime bien les rosiers rouges mais qu’il me semblait qu’aucun de ces trois massifs ne pourraient en accueillir sans risque de faute de goût, j’en ai installé un qui me faisait rêver… au potager (“Eric Tabarly”, Meilland) ! Il n’était pas encore en fleurs lors du “reportage” alors ce sera pour une autre fois 😉

Divers rosiers grimpants aux teintes douces partent à l’assaut d’autres zones du jardin, se mêlant volontiers aux vignes et clématites.

Ici, le somptueux “Teasing Georgia” (the best of the best of the best meilleur plus beau génial top moumoute rosier of the world de l’univers). Il a 15 ans, pousse les pieds dans la caillasse…

Et ne cesse de nous éblouir, année après année.

Ses roses, d’un jaune doux tirant sur le crème en fin de floraison, sont même délicieusement parfumées.

Autre grimpant au charme extraordinaire, “A Stropshire Lad” (Austin), qui part à l’assaut de l’entrée de l’atelier et chatouille les oreilles de mon mari à chaque fois qu’il va chercher un outil. S’en sont suivies quelques séances de taille un peu vengeuses, mais rien à faire. A Stropshire Lad est têtu…

Têtu et MAGNIFIQUE…

Comme je vous le racontais dans le dernier article, un champ de boue jaunâtre décaissée à la pelleteuse s’étalait derrière la maison lorsque nous l’avons achetée il y a 15 ans. Nous y avons construit un mur en galets du pays pour terrasser un peu tout ça, et un petit oratoire. Exposé Nord-Ouest, c’est notre jardin d’été, si frais grâce à la brise qui descend de la forêt toute proche. Nous n’avons pas semé de gazon (trop fragile) mais attendu patiemment que repoussent des graminées sauvages lesquelles, une fois tondues, donnent une pelouse tout à fait acceptable, c’est à dire piétinable et rustique à souhait ! En été, ça devient un paillasson mais bah, un orage d’août et ça repart…

Des rosiers blancs pour Marie…

Dont “Crocus Rose”, (Austin) vraiment extraordinaire…

… et sachant même faner joliment, sans brunir, ce qui est rare chez les roses blanches.

… et “Neige d’été”, que je vous ai déjà présenté…

… dont les petits boutons légèrement rosés s’ouvrent en larges corolles d’un blanc très pur.

Juste derrière la clôture de ce jardin s’étend un champ non cultivé d’un hectare où les graminées se balancent au soleil. Et juste après commence la forêt de Chambaran, immense, sauvage, un brin mystérieuse, je l’aime tant… Plus encore que mon jardin ! C’est un tout autre terrain de jeu pour une assoiffée de nature telle que moi… 🙂

Maintenant, j’ai aussi pensé à tous ceux d’entre vous qui ne sont pas fans de jardin et que cet article pourrait un peu barber… Alors voici une recette pour vous réconforter un peu parce que les fleurs, et tout et tout, ça ne se mange pas, on est bien d’accord, et deux articles de jardin à la suite sur “Saines Gourmandises” c’est un peu abuser, OK 😉

(Psst : Ceux qui ont un jardin, et plein de jolies fleurs, ont aussi le droit d’y goûter)

 

Gâteau au fromage blanc, curd fraise-rhubarbe

La saveur toute douce de ce gâteau un peu humide forme une association parfaite avec la crème acidulée fraise/rhubarbe. Comme les jaunes d’œufs ont été utilisés pour le curd, on ne met que des blancs dans le gâteau, d’où sa teinte très claire et sa texture un peu étonnante, autant au moment de la préparation que de la dégustation. Ce gâteau au fromage blanc très simple peut aussi se savourer avec de la confiture ou de la compote maison.

Ingrédients pour 6 personnes

Préparation : 25 min

Cuisson : environ 10min à la casserole + 30min au four

Pour le curd :

  • 350g de rhubarbe
  • 350g de fraises
  • 150g de sirop d’agave
  • 3 sachets de sucre vanillé
  • 4 jaunes d’œuf
  • 20g de farine
  • 75 g de beurre

Pour le gâteau au fromage blanc :

  • Environs 250g de fromage blanc en faisselle
  • 4 blancs d’œuf
  • 200g de farine T110
  • ½ sachet de poudre à lever
  • 55g de beurre
  • 100g de sirop d’agave
  • 1 c. à soupe de jus de citron
  • Une pincée de sel.

Avant toute chose, renverser le fromage en faisselle dans une passoire fine et laisser égoutter au dessus d’un bol le temps d’avancer la recette.

Préchauffer le four à 180°C.

1/ Curd :

Eplucher la rhubarbe (uniquement si les tiges sont très grosses), puis l’émincer en tronçons de 5 cm. Equeuter les fraises et les mettre dans une casserole avec la rhubarbe, le sirop d’agave et le sucre vanillé. Laisser compoter à feu doux jusqu’à ce que les fruits soient bien tendres et que le jus ait bien réduit.

Mettre le beurre, la farine et les jaunes d’œuf dans un blender, rajouter la compotée brûlante et mixer soigneusement. Réserver.

2/ Gâteau au fromage blanc :

Mélanger la farine, le sel et la levure.

Fouetter les blancs en neige.

Faire fondre le beurre, puis le mélanger avec le fromage blanc, le sirop d’agave et le jus de citron. Verser cette préparation dans le bol des blancs en neige, ajouter la farine, puis mélanger le tout en soulevant le mélange dans un mouvement tournant à l’aide d’une spatule souple, juste ce qu’il faut pour obtenir une consistance assez homogène (ne pas insister).

Verser dans un cercle à pâtisserie d’environ 22cm de diamètre, égaliser et enfourner 25 min.

3/ Montage : A la sortie du four, laisser un peu refroidir le gâteau. Le retourner sur un plat (pour que la partie la plus plate et régulière se retrouve sur le dessus car le gâteau va se bosseler un peu en refroidissant). Le napper de curd fraise-rhubarbe et bien égaliser à la spatule.

Ce gâteau se savoure tiède ou froid, au choix.

⇒ Pour la déco…

J’ai enfourné des tronçons de rhubarbe légèrement badigeonnés de sirop d’agave en même temps que le gâteau pour les faire rôtir. Une fois refroidis, je les ai disposé en bandes sur les ¾ du gâteau (en recoupant les bords aux ciseaux) puis j’ai ajouté quelques fraises et fleurs de sureau.

Et aussi, sur Youtube… (même si le thème n’a rien à voir ;))

Poussée par mon fils Jean qui m’aide beaucoup dans ce projet, je vais tenter de tourner tous les 15 jours pour vous une petite vidéo de cuisine ou de permaculture parce que la vidéo est un vecteur très pédagogique, je pense, pour montrer ce qu’il est un peu compliqué d’expliquer avec des mots ou des photos. Gestes de pâtisserie, astuces de jardin, pain au levain, recettes… Vous pouvez vous abonner si vous souhaitez être sûr de ne rien rater.

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12 mai 2020

 

{ Où je vous parle de mon jardin en permaculture… }

Et de mon potager en particulier !

 

Ces dernières semaines, si déconcertantes, ont été grandement adoucies par le bonheur d’être en famille à la maison… Mais mon jardin a aussi joué un grand rôle à la fois rassurant, consolant, joyeux, poétique, étonnant, distrayant, nourricier, bref, du baume au cœur, un baume 100% bio et naturel à base de fleurs, de miel, de sucs de plantes et de perles de rosée…

Pauvre jardin, dans lequel je regrette chaque année de ne pouvoir passer plus de temps malgré la tendresse que je lui porte… Il a été tout étonné ce printemps de me voir chaque jour, même sous la pluie ! Autant dire qu’il en est tout transformé, et sans ressembler non plus au Potager du Roy à Versailles (et tant mieux, car je suis pas tellement adeptes des thuyas savamment taillés en suppositoires géants), il a quand même une bonne tête de jardin campagnard délicieusement rétro, avec des légumes et des fleurs à profusion formant une sorte de gros bazar harmonieux, les graminées sauvages chatouillant le nez des roses, les corolles toutes légères du lin bleu égayant les plans de pommes de terre (tout en les protégeant, beaucoup plus prosaïquement, des doryphores), les potirons partant à l’assaut des treilles dans une course amicale contre les vignes, les marguerites, coquelicots et bleuets formant de jolies touches impressionnistes au pied des fruitiers (tout en abritant la faune auxiliaire)… Sans oublier, au potager, les vrilles charmantes des pois gourmands, le feuillage si fin des carottes, les grosses laitues craquantes semblant mourir d’envie d’être dévorées et le popotin tout rose des petits radis sortant de terre pour prendre un peu le soleil. Bref, tout cela, c’est une merveilleuse découverte au jour le jour, et je visite mon jardin chaque matin avec une joie sans cesse renouvelée. Hier j’ai découvert la première fleur de pivoine, d’un rose chair si doux… Un plan de fenouil sauvage s’est installé à côté, tout seul comme un grand, et son feuillage si fin, si aérien, est juste l’accord parfait pour souligner ces grosses fleurs si généreuses.

” Roses anglaises “Teasing Georgia”, “Bathsheba” et “Crown Princess Margareta” (David Austin), associées à du gaillet blanc, une “mauvaise herbe” si charmante que je me garde bien de l’arracher !

Après la visite de deux jolis pigeons dans mon cerisier, j’ai craqué et installé un couple de “texans” dans la volière de mon poulailler : ils couvent déjà ! En attendant de voir à quoi ressemble un petit pigeon (il paraît que c’est particulièrement laid, genre E.T. avec des ailes), plusieurs ravissantes boules de plumes jaunes et noires sont nées au poulailler. Quant à Chingachgook le canard, il a bien grandi et nous suit partout de sa démarche dodelinante si comique… Une couvée de canards « coureur indien » (des vrais, cette fois-ci ;)) a été lancée, et on attends tout cela avec beaucoup d’impatience car en plus d’être très affectueux et carrément délirants avec leur démarche de vieux gentleman très digne qui aurait été filmé en accéléré, ce sont paraît-il des bouloteurs de limaces hors pairs ! Je vous dirais ça quand j’aurais testé. Pourvu que ce ne soient pas des coureurs indiens vegans, qui préfèreront mes salades…

Ce jardin, je le cultive en appliquant jour après jour un maximum de principes de permaculture, apprenant chaque saison un peu plus sur la vie du sol, les associations de plantes, l’importance du non-travail de la terre, ou les échanges de « bons procédés » entre auxiliaires du jardin et végétaux par exemple. Sans oublier l’importance d’ouvrir grand les yeux pour trouver, le plus localement possible, des ressources formidables pour pailler, soigner les plantes, ou améliorer la fertilité du sol sans devoir acheter en jardinerie des sacs onéreux et venant de loin.

Mon jardin, qui entoure totalement la maison mais pas de façon très équitable, se découpe, grosso modo, en 4 zones :

1/ Une cour de ferme exposée sud-ouest, devant la maison, avec une grande allée sablée : ce n’est pas l’endroit le plus fertile du jardin puisque l’allée doit rester « carrossable »… Mais cette cour a deux zones de pelouse (composées de plantes et graminées autochtones, plus résilientes que le gazon), une cabane d’enfants avec mini-potager (composé principalement de fraisiers en guise de « légumes », tu parles ;)) et « mini-clairière secrète » lovée au milieu d’une haie de lilas et d’arbres à papillons. Quatre grands massifs de fleurs dans le style « jardin anglais » (associant rosiers et plantes vivaces vaporeuses) suivent l’allée en laissant déborder leurs jolis coussins bien ronds de népétas et géraniums vivaces. On trouve aussi dans cette cour plusieurs treilles plantées de vignes, des rosiers grimpants, deux figuiers, un mûrier platane, des herbes aromatiques, bref, beaucoup de vie, et cette zone du jardin si colorée, parfumée et bourdonnante, a bien changé depuis que nous avons acheté la maison (à l’époque, c’était une allée gravillonnée, un gazon uniforme, et quelques arbustes d’autoroute paillés aux écorces de pin, bref, rien de bien charmant, et le quasi vide en terme de biodiversité). Mais cette zone-là, qui est la plus proche de ma maison, je vous en parlerai dans un prochain article 😉

Je laisse fleurir quelques choux tôt au printemps, c’est le délice des petites abeilles…

2/ Derrière la maison, au nord-ouest, il y a un morceau de terrain se présentant sous la forme d’une bande assez étroite (environ 4m), et qui était au départ un sol très dégradé car décaissé à la pelleteuse ! La terre, jaune, glaiseuse, est du pur pisé, celui dont on se sert pour monter les murs des maisons dans ma région… Donner de la vie et du charme à cet endroit du jardin a donc été une gageure !!! Maintenant, on y trouve une grande haie très diversifiée associant des petits fruits et des floraisons échelonnées sur plusieurs mois, une sublime collection de rosiers dans un camaïeu de jaune doux, pêche et tons cuivrés soulignée de plantes couvre-sols bleues et mauves, deux pruniers, une glycine, deux bignones, et j’en oublie, c’est sûr ! Cette haie est un refuge merveilleux pour les oiseaux du ciel… Même si elle est aussi pleine de lézards verts du genre Jurassic Park miniature (pas si « miniatures » que ça), qui nous filent souvent des frousses du tonnerre de Brest quand on ne s’y attend pas^^. Là aussi, cette zone – qui aurait pu servir au départ pour une reconstitution historique sur la bataille de Verdun – est devenu au cours du temps bien plus fertile, fleurie, mellifère, animée de l’incessant balai des abeilles et papillons, même si cela ne s’est pas fait en un jour mais petit à petit, tout tranquillement… Il a fallut passer par les plantes pionnières, les lasagnes, les paillages et tutti quanti, mais ce serait bien long de vous raconter tout cela aujourd’hui.

On y a construit un grand muret de galets pour soutenir la terre décaissée, un joli petit oratoire dédié à Notre Dame Reine de la Paix, un barbecue vertical (c’est tout de suite plus prosaïque ;)) et depuis, c’est notre jardin d’été, car exposé plein nord et souvent rafraîchit par une petite brise descendant de la forêt toute proche, cet endroit est un délice par temps de canicule grâce à son ombre bienfaisante et sa pelouse si fraîche. De cette zone du jardin, bordée d’un immense champ d’un hectare non cultivé (un agriculteur y fait ses foins), on a vue sur les sommets et crêtes de la forêt de Chambaran (qui commence juste après le champ, on habite donc quasiment à l’orée des bois), dont une petite colline de pâturage couronnée d’un énorme chêne, au loin. Et cette silhouette se découpant sur le ciel du soir, avec ou sans les vaches broutant paisiblement à son pied (selon le vent, on entend même tinter leurs jolies cloches), je ne m’en lasserai jamais… Mais ça, je vous le présenterai un autre jour aussi 😉

On a dit qu’on ne parlait que du potager, et je ne vous ai pas (encore ;)) photographié les autres zones du jardin. Mais je craque quand même (c’est plus fort que moi !) pour quelques roses, dont “Lyne Renaud” (Meilland) un rosier somptueux qui accueille les amis à l’entrée du jardin depuis plus de 10 ans.

3/Au sud-est, c’est le verger, composé de divers pommiers, pruniers, mais aussi un noyer, un pêcher, un poirier, un plaqueminier, un cerisier (gigantesque !) et une haie de noisetiers. Mais c’est aussi la pâture des poules ! Cette zone de prairie est non fauchée, si ce n’est par la gourmandise des cocottes. C’est aussi ma réserve d’orties sauvages (pour la soupe, mais aussi le purin et la fertilisation du potager), que les poules boudent parce que ça pique (on les comprend !). Pour aller de leur grand poulailler/volière (contre le mur sud-est de la maison) à cette partie du verger qui leur est destinée (mais clôturée, vous allez voir pourquoi !), les poules doivent emprunter un petit tunnel sous-terrain construit par mon mari car sinon, elle seraient obligées de traverser une bande du verger trèèès dangereusement tentante car menant tout droit… au potager 😉

D’ailleurs, des potagers il y en a deux chez moi, dont un dans cette zone de verger sud-est (celui qui serait directement menacé sans le tunnel à poules) : Il tout simple, parfaitement rectiligne et rectangulaire, le sol y est assez sablonneux, et je l’ai beaucoup cultivé il y a quelques années avant qu’il ne devienne un terrain de foot/badminton ces derniers temps faute de disponibilité de la jardinière. Il est redevenu cette année un potager grâce à Grelinet mon cher fils (qui, rassurez-vous, ne s’appelle pas Grelinet dans la vraie vie : c’est juste un petit nom attachant que je lui ai trouvé en le voyant défricher bravement, à la pioche et à la grelinette, ce bout de terrain tassé et piétiné par des années de parties foot déchaînées). Cette terre, une fois défrichée, est assez agréable à travailler, mais a bien besoin d’un coup de pouce pour améliorer sa fertilité et sa structure : lasagnes, engrais verts, paillages nutritifs, amendements… je suis en train de reprendre les choses en main tout en y menant déjà quelques bonnes cultures de légumes.

Toujours dans cette zone sud-est de verger-potager, j’ai deux énormes tas de compost dans le bas du terrain (où je plante chaque année des pieds de courges, sachant que j’ai une façon très particulière de produire du compost, en lasagne, avec courges ET phacélie durant tout l’été, je vous raconterai peut-être ça un jour), des patates douces qui grimpent contre la clôture (c’est un essai cette année), un massif de framboisiers et cassissiers (bien paillés, et au pied desquels je plante aussi des courges pour qu’elles puissent faire profiter les framboisiers de leurs divers arrosages et fertilisations), un large carré de pommes de terres plantées « sur gazon » (encore une technique de permaculture, mais je ne peux hélas pas tout expliquer dans les détails aujourd’hui)… et c’est à peu près tout. De cet endroit du jardin, on aperçoit des champs cultivés, mais aussi une petite route de campagne (en contrebas, bordée de merisiers sauvages et d’acacias absolument géants où s’ébattent de nombreuses pies, piverts, coucous et écureuils pour assurer le spectacle à toute heure du jour) et, au loin, les massifs de la Chartreuse et des Alpes. Bref, c’est bien joli aussi.

L’ail se consomme aussi immature, comme ici, avec ses tiges et ses feuilles. On appelle cela de l’aillet, et c’est tellement, mais tellement bon ! Au jardin, il prend la suite de l’ail des ours, qui disparait courant mai pour réapparaitre comme par magie en grands tapis l’année suivante, en mars, dans le coin le plus humide et le plus ombragé de mon potager.

4/ Enfin, LE potager principal, plein sud, et ceint d’un ancien petit muret moussu, charmant, qui coupe le vent et crée un formidable micro-climat (les anciens faisaient bien les choses). C’est de lui que je vais davantage vous parler aujourd’hui (pas du muret, du potager !) : Cet endroit est planté d’un vieux cerisier, d’un vieux mirabellier, et ils sont tout deux si généreux en fruits malgré leur grand âge que je partage volontiers avec eux cette zone assez fertile, argilo-limoneuse, au sol un peu lourd mais que j’ai réussi à bien améliorer grâce à divers amendements (engrais verts, apports massifs de compost et/ou compostage en surface, paillis nutritifs, etc.). Ce potager-là, que j’ai toujours cultivé en l’agrandissant un peu plus chaque année grâce au principe de la lasagne, est d’une générosité folle : à cette date, 12 mai, nous avons déjà mangé 81 salades en moins de 2 mois (promis, nous notons tout sur un carnet), et ce n’est que le début. Les légumes y sont plantés assez serrés, avec une succession de cultures quasiment non stop, bref, un ratio « surface/production » très élevé. C’est ma façon à moi de voir le potager, car avec toutes ces bouches à nourrir et un espace relativement petit (environ 50 à 60m2 pour ce potager-là), je ne peux pas me permettre, même si j’aimerais beaucoup, d’intégrer de larges allées confortables, ni de mettre les légumes bien à l’aise… Chez moi, ils doivent pousser en cohabitant de très près avec les autres, sans râler !

Cette plantation un peu dense au potager pose trois problèmes :

1- Il faut bien veiller à la fertilité du sol (mais là ça se passe bien, et chaque année ma terre est un peu plus riche et vivante grâce à divers principes de permaculture dont le non-travail du sol, le paillis nutritif quasi-permanant, etc.).

2- On peut voir apparaître quelques maladies cryptogamiques (par exemple un peu de mildiou sur les salades, ou de pourriture du collet) mais ce n’est jamais catastrophique grâce à la grande diversité de légumes cohabitant entre eux, dont certains avec des interactions très bénéfiques. Il serait par exemple extrêmement risqué de planter aussi serré uniquement de larges planches de laitues en monoculture : les insectes ravageurs et divers maladies s’y répandraient en un clin d’oeil. Mais en les intercalant par exemple avec des tomates, des cebettes, des épinards, des poireaux, etc. sans oublier les fleurs mellifères (qui attirent toute une gentille petite armée d’insectes auxiliaires), ça se passe plutôt bien ! Et puis j’ai toute une petite « pharmacie » de produits tout simples et naturels pour intervenir si besoin (le moins possible) : Huiles essentielles anti-fongiques (origan, sarriette, géranium..) et très bien tolérées par les légumes même très jeunes, savon noir, bicarbonate, décoction de prêle, petit lait… éventuellement soufre ou bouillie bordelaise dans de rares cas d’enquiquinements récalcitrants.

3- Il ne faut pas faire l’éléphant dans un magasin de porcelaine ! Et je rouspète un peu, parfois, toute seule dans mon jardin, car emprunter les allées s’apparente beaucoup à un jeu de marelle, étant donné que je n’ai pas d’allées (place perdue) mais juste des tomettes de terre cuites disposées çà et là pour poser le bout du pied sans écraser les légumes ni tasser cette belle terre aérée. Il en faut de l’équilibre, surtout avec un arrosoir de 20 litres à la main ! Et quand on s’accroupit un peu vite pour prélever une cebette, il ne faut pas oublier que derrière, se cache peut-être un machiavélique tuteur de piment en bambou qui ricane d’avance à l’idée de nous pourfendre le fessier gauche !

Mon potager en avril : C’est le seul moment de l’année où l’on voit la belle terre brune entre les frêles petits légumes. Après, le sol sera paillé, et le potager deviendra une vraie jungle nourricière ! Gardez bien cette photo en tête : je vous la reprendrai sous le même angle dans deux mois et on en reparle 😉

Mi-mars, j’ai semé et planté, en plus de mes 150 laitues (oui parce que chez nous, quand on fait de la salade – et c’est tous les jours en cette saison où il n’y a quasiment que ça au jardin – il en faut au moins quatre dans le saladier pour que tout le monde puisse en avoir une assiette décente. { J’ai un saladier de compet’, ma sœur doit s’en souvenir, c’est un truc en inox de 45cm de diamètre qu’on s’est trimballé toute une journée dans le Vieux-Nice accroché à une poussette il y a déjà 8 ans de ça 😉 }, de la roquette, du persil, des bulbilles d’ail et d’oignons, des épinards, des radis, des pois mange-tout, des pois croquants, des carottes, des choux et des blettes. En avril j’ai fait une lasagne de légumes verts (voir la vidéo, un peu plus bas), abritant du chou noir toscan (j’en suis archi-fan !), d’autres blettes (des niçoises, celles sans cardes), des choux flower sprout (quel horrible nom pour ces petits choux roses si jolis et savoureux ;)), des céleris, des choux chinois Tsoi Sim, des choux chinois Tah Tsai (je me la pète un peu mais je viens de vérifier, comme chaque année, l’orthographe sur le sachet de graines), de la tétragone, d’autres laitues, du basilic… tout cela avait été préalablement semé en petits godets courant mars et chouchouté bien au chaud, sur la dalle de la porte-fenêtre plein sud contre la maison.

La “grelinette” home-made, conçue et soudée par mon cher-et-tendre. Je suis très fière de lui (même si elle pèse un poids terrible du coup c’est lui qui la passe, hé hé…)

Fin avril, comme le printemps a été précoce cette année j’ai aussi eu la témérité de planter les pieds de tomate, de courgettes, de poivrons, de piment, de basilic, de courges et de potirons… et même, d’aubergines (!) avec un mois d’avance.

Je viens aussi de semer en godets et cagettes des légumes pour la fin de l’été et l’automne : poireaux, choux chinois, choux frisés, d’autres céleris, fenouils, etc. puis, un peu plus tard dans l’été, je penserai aux chicorées, laitues d’hiver, mâche, cresson, navets (pour les bons pot-au-feux ! »), claytone, etc., qui viendront compléter les récoltes hivernales de carottes, poireaux, courges et potirons, oignons et autres choux.

Toutes ces cultures prendront la place de cultures finissantes : par exemple, poireaux après le ramassage des pommes de terre, choux après les laitues ou les carottes de printemps, chicorées et laitues d’hiver après les pois gourmands, mâche et roquette glissées un peu partout où il reste de l’espace, bref, comme je le disais plus haut, mes légumes se serrent les coudes, c’est du « bien vivre ensemble » obligatoire, content ou pas, y’a pas trop le choix, et c’est cela qui me permet de récolter autant (à condition, je le reprécise, de bien m’occuper de mon sol  : ce petit bout de terre me nourrit généreusement, je le nourris en retour, c’est la moindre des gratitudes :)), et aussi de veiller à ce que les légumes soient courtois entre eux. Là par exemple je viens de récolter des choux certes encore un peu trop petits, mais parce qu’ils avaient décidé, malgré mes admonestations, d’étrangler les poivrons pour avoir toute la place. Je les avais prévenus !

Le fait de semer en godets permet de produire davantage, car le mois (ou les deux mois) que tel ou tel légume passe chouchouté ainsi en pépinière permet qu’un autre légume soit en train d’occuper l’espace au potager pendant ce temps.

La terre de mon potager, après 6 ou 7 ans de pratiques de permaculture…

Je ne cultive pas de topinambours (et pourtant j’en raffole) car des agriculteurs du pays en ont planté un champ entier au cœur de la forêt il y a quelques années (pour nourrir les sangliers et, si j’ai bien compris, éviter qu’ils ne s’en prennent trop aux autres cultures) et ils nous ont dit qu’on pouvait en prendre tant qu’on voulait. Alors je ne vais pas m’en priver, et chaque automne, je fais comme les sangliers : le nez dans la terre, je fouille avec une petite pelle (n’ayant pas de groin) et je déterre des topinambours, c’est rigolo comme de chercher des œufs de Pâques, version “gros bébés de 40 ans” ;).

 

Ont dit généralement que pour nourrir une famille de 4 personnes, il faut environ 500m2 de potager. J’en suis très loin, car mes deux potagers totalisent à peine environ 120m2 à eux deux si on compte aussi les patates sous gazon et les diverses lasagnes rajoutées cette année (voir la vidéo plus bas). Mais même les années précédentes, avec seulement mon « potager fortifié » (celui entouré d’un vieux mur ;)) de 50m2, on a été presque autonomes en salades, tomates, cebettes, poivrons, courges… et surtout courgettes (qui veut des courgeeeeeetttes ?). Sans compter plein de choux différents, des poireaux, etc. Cette année, en rajoutant le deuxième potager et trois lasagnes, j’aimerais bien savoir exactement combien je récolte, voilà pourquoi nous avons décidé de tout noter : j’ai posé une balance sous le auvent, devant la porte de la cuisine, avec un petit carnet de type répertoire posé à côté : chaque onglet de légume est représenté par une gommette de sa couleur (violet pour les aubergines, rose fushia pour les radis, rouge pour les tomates, orange pour les carottes, bleu pour les poireaux, etc.) et comme il y avait plusieurs légumes de la même couleur (surtout en vert, n’est-ce pas) j’ai rajouté la ou les premières lettres du nom sur la pastille. Ainsi on a des pastilles vertes notées « E » (épinards), « T » (Tétragone), mais ça se gâtait pour les « C » (céleri, courgette, concombre, chou…). Alors on a une pastille verte « COU » (courgettes), « CHO » (choux), « CEL » (céleri) et, heu, « CONC » (pour les concombres, et là on a un peu serré l’écriture car la 4ème lettre s’imposait vraiment). Ce petit carnet, très facile d’utilisation pour toute la famille, est accroché par une ficelle à la balance ET à un stylo. Sinon, je sais comment ça va se passer, il va se perdre et ça sera la faute à personne (vous aussi vous avez les mêmes à la maison ?)

Les épinards, qui nous font tellement plaisir dès les premiers beaux jours. C’est la verdure “primeure” du potager, ils sont si frais, si gourmands…

Je savais déjà que beaucoup de légumes sortaient chaque année de mon potager, et plus je modifie mes pratiques vers davantage de permaculture, plus j’ai de récoltes. Mais comme ça, je saurai précisément combien. Le coup des 81 salades, 2kg d’épinards, 22 cebettes, etc. au 12 mai, ça m’a déjà bluffé…

Le deuxième potager (celui, plus sablonneux, qui a été retourné par Grelinet dans le verger) sera forcément moins fertile cette année, mais j’y ai toutefois planté des pommes de terre (une culture « nettoyante » idéale pour les terres fraîchement défrichées), des pois gourmands et croquants (qui vont, comme toutes les légumineuses, apporter de l’azote au sol grâce à leurs nodosités racinaires), des oignons et de l’ail (qui se plaisent bien en terre assez pauvres) des courgettes et des courges (généreusement agrémentées de fumier), ainsi que de la phacélie (un engrais vert ayant un effet à la fois structurant du sol, nettoyant et fertilisant, sans oublier que c’est une très jolie fleur bleue, de surcroît mellifère ce qui est très important quand on plante des courges car la présence d’abeilles pour polliniser les fleurs de cucurbitacées peut modifier la production du tout au tout !)

Pour arroser tout cela, nous récupérons l’eau de pluie dans de grands bacs. Nous paillons beaucoup les sols, avec tout ce qu’on a sous la main (feuilles mortes en automne, tontes de gazon, broyat de fins rameaux de haies taillées, mais surtout foin, ce dernier étant je pense le « régal » des sols, car plus riche en substances nutritives que la paille). Ces paillis, nous laissons la terre les « digérer » sur place après l’été, en automne et hiver, et nous intégrons, au croc, sur les premiers centimètres du sol ce qui ne serait pas tout à fait décomposé au début du printemps (car de mars à mai, je laisse ma terre nue, sans paillis, pour qu’elle puisse bien se réchauffer). Outre ces paillis nutritifs (qui se transforment en humus via l’action des vers de terre, des champignons et des micro-organismes du sol), la terre est aussi enrichie de compost, de fumiers de poule ou de chèvre (en fonction des cultures), et parfois d’Or Brun (la seule chose que j’achète en jardinerie avec le terreau pour semis) quand je manque de compost pour certaines cultures exigentes.

Au début, ces laitues étaient beaucoup plus serrées sur le rang. Au bout d’un mois environ, j’en récolte une sur deux sans attendre qu’elles soient énormes, laissant les autres continuer de grossir. C’est autant de place de gagnée…

Je rêve d’apporter encore beaucoup d’améliorations à mon jardin mais déjà, il a trouvé je pense un bel équilibre grâce à ses diverses zones qui interagissent entre elles : le broyant des haies ou les tontes de pelouse paillent et nourrissent le potager, zone la plus « exigente » du jardin. Outre le broyat pour pailler et fertiliser, les haies diversifiées coupent le vent glacial en hiver et desséchant en été, limitent l’évaporation et l’érosion du jardin, abritent les oiseaux et auxiliaires, captent par leur racines profondes les éléments nutritifs situés loin dans le sol. Les nombreuses fleurs d’ornement, outre le bonheur des yeux, attirent une grande vie au jardin : papillons, abeilles, syrphes, etc. sans oublier toutes les petits bêtes qui s’abritent dans les coins les plus sauvageons des massifs, que je me garde bien de nettoyer en automne car ils représentent gîte et couvert pour beaucoup d’espèces. Outre de bons œufs, nos poules fournissent un fumier CA-PI-TAL dans cet équilibre… et en échange, le potager leur fournit de délicieuses fanes et épluchures. Bref, chaque élément du jardin a plusieurs attraits, plusieurs atouts, interagit avec d’autres éléments, c’est cela aussi la permaculture. Il y un monde entre une haie de thuyas (dont on ne peut même utiliser les tailles pour pailler le jardin) et la même haie composée de lilas, boules de neige, églantiers, chèvrefeuilles, corêtes du japon, bignones, mûres grimpantes, seringats, troènes, rosiers, etc. dont les délicieuses floraisons vont se succéder au fils des saisons, sans compter les petites baies d’automne… Quelle beauté, la biodiversité !

Ce sont toutes ces interactions entre les différentes zones du jardin qui font sa force et sa résilience. L’an dernier, je me suis cassé le pied, mon jardin été totalement « abandonné » (5 mois d’immobilisation entre mai et septembre, ça ne pardonne pas !), et pourtant, le jardin s’est bien débrouillé : les coussins serrés de fleurs vivaces ont protégé le pieds des rosiers du manque d’eau, les nombreux auxiliaires bien installés ont veillé à ce que piérides et pucerons ne se croient pas tout permis au potager, les nombreux apports de compost et paillis nutritifs des ans passés ont permis aux légumes de se passer de moi pour une fois, bref, je n’ai pu qu’admirer l’équilibre et la force d’un jardin en permaculture. Même si tout n’a pas été parfait (les campagnols, ou rats taupiers, se sont fait des ventrées par exemple, sales bêtes !!!).

Du chou kale, vu sous un jour nouveau 🙂

Pour un jardin au design idéal en permaculture, il est « topissime » d’avoir aussi une mare (que je n’ai pas… un jour peut-être ?) et un coin de terrain totalement sauvage, où la main de l’Homme n’intervient pas. Pour cela, j’ai la forêt, immense, juste à côté…

Ma région a ses atouts (forêt, agriculture forte permettant de trouvant aisément du foin ou de la paille, zone rurale aux nombreuses espèces d’oiseaux et d’insectes auxiliaires, etc.) mais aussi des points faibles : hivers montagnards très froids, été très chauds et souvent secs, terre lourde et argileuse par endroits, armada de campagnols (ça prolifère dans les champs ces petits « Attila » rongeurs, mais entre un champ et un potager, hélas, le choix est vite vu) ou de mulots (on en a des gros comme des lapins, ils mangent les œufs, les poussins…). Chaque région a ses atouts et points faibles différents, ressources variées, etc., c’est pour cela qu’il n’y a pas un seul modèle valable en permaculture, mais plusieurs , les uns s’inspirant des autres en intégrant les différents impératifs.

Les trois grands principes consistent à observer, observer… et observer 😉 ! Mais il faut ensuite réfléchir et tirer partie des meilleurs ressources locales sans vouloir absolument copier à la lettre tel ou tel modèle vu dans un livre ou une vidéo youtube, mais juste en s’inspirant des modèles de la nature. Cela fait de nous des jardiniers observateurs, souvent émerveillés, respectueux… et comblés !

 

⇒ Je vous ai fait une petite vidéo sur la lasagne en permaculture, parce que la lasagne, ça a tout simplement changé ma vie de jardinier ! Il n’y a pas, à ma connaissance de moyen plus radical pour métamorphoser son sol (même le plus ingrat !), rapidement, sans se casser le dos, et le tout avec des récoltes dès les premières semaines suivant l’implantation. En voyant mon pauvre Grelinet se casser les reins et s’entailler les mains pour défricher le « terrain de foot » cette année, je me suis dit « Quel dommage qu’on n’ait pas eu plus de temps ! On aurait transformé ce terrain sans bêchage, juste grâce au système des lasagnes, par petites bandes d’1,20m, année après années, exactement comme je l’ai fait pour l’autre potager, gagnant chaque printemps un peu plus sur la prairie »…

 

Les pois croquants, encore plus dodus et sucrés que les pois gourmands. Mais là, il me faut encore un peu de patience avant les premières récoltes !

Une nouvelle lasagne, faite cette année. Je vous en parle un peu dans la vidéo.

Détail sur les tout petits légumes (blettes de Nice, Choux Tah Tsai, céleri, laitues) plantés dans la lasagne. Ils vont devenir énormes, je le sais, c’est comme ça tous les ans 😉

Un aperçu de la glycine en fleurs

Une “récolte” qui ne se mange pas. C’est juste pour le bonheur de faire rentrer cela dans sa maison…

Cette petite soupe de fanes de radis et patates douces est un dé-lice, on l’a faite 4 fois en deux semaines. Quand les fanes nous réjouissent plus encore que les radis en question… 😉

Avril au potager, ça “circule” encore bien entre les légumes… mais tout va se gâter courant mai !

Ah, ces salades de rêve, craquantes, ultra-fraîches, savoureuses au possible…

Oups, encore des roses, désolée, mais je ne peux résister au plaisir de partager avec vous ces jolis bouquets. ici dans un camaïeu de pêche, framboise et abricot…

Là dans des tons de fruits rouges acidulés…

Et enfin, cette photo que j’aime tant, sur le petit banc de pierres ourlé de campanules et de vergerettes… (Rosier, “Teasing Georgia”). 

En bonus, voici une petite bibliographie (non exhaustive) des livres qui m’ont tout appris ( depuis 30 ans que je dévore les ouvrages de jardin…) : il y en a bien d’autres sur le site de Terre Vivante, éditeur de référence et véritable “pionnier” en matière de jardin bio. Là je ne vous parle que de quelques livres que j’ai déjà dans ma bibliothèque. Comme on ne peut pas tous les acheter (évidemment ;)) je les ai classés : Certains sont des bases quasi incontournables (je les signale par une *) d’autres des livres plus spécialisés pour se perfectionner, soit que l’on soit passionné par un sujet bien précis (ex : les pommes de terre), soit que l’on soit déjà un jardinier chevronné en quête de perfectionnement ou de précision. Vous pouvez cliquer sur chaque titre pour plus d’infos.

 

Le poireau préfère les fraises*(Parce que c’est le tout premier – et le seul- que j’ai eu pendant des années, avec un autre ouvrage sur le potager, de Claude Aubert qui n’est plus édité.)

Je prépare mes potions pour le jardin (Des purins et décoctions diverses, très efficaces, pour remplacer les produits chimiques au jardin)

Je paille mes cultures

Je réussis mes plants du premier coup

Elles sont bonnes mes tomates

J’associe mes cultures et ça marche !*

Je ne jardine que le week-end !

J’accueille et j’observe les oiseaux dans mon jardin (Offert à ma petite Luce qui aime tant les oiseaux)

Mon potager de vivaces

Stop aux ravageurs dans mon jardin (Avec une super  solution pour tout… sauf pour les campagnols ;))

Je prépare mon potager d’hiver*

Mon petit jardin en permaculture* (Une perle ce livre !)

Je cultive mes pommes de terre

Le verger bio*

Les clés d’un sol vivant

Les enfants, vous venez jardiner ?

Le guide de la permaculture urbaine

Petit élevage familial bio*

Le sol en permaculture

Mon jardin du moindre effort*

Je cultive en lasagnes, partout et toute l’année* (Voir la vidéo ! ;))

Produire tous ses légumes, toute l’année*

Jardiner, ça peut pas faire de mal ! (De bons gestes, de bons outils et de très bons conseils pour jardiner longtemps, et à tout âge, sans se blesser ni se mettre le dos en compote)

Mon balcon en permaculture* (Pour ceux d’entre vous qui seraient citadins, mais titillés par la question ;))

L’oignon fait la force, et les choux sont pleins d’atouts

Mon potager, mes mômes et moi* (Une nouveauté, un livre très touchant, pédagogique et super sympa écrit par le “jardinier en chef” de Terre Vivante, qui intéressera tout autant les débutants que les jardiniers plus chevronnés.)

Drôles de légumes

Petit manuel d’apiculture douce en rucher Warré (Avec de si jolies photos de mon amie Aurélie Jeannette)

Faire son vin bio dans son jardin (Offert à mon cher et tendre, qui n’a pour l’instant réussi qu’à produire une effroyable piquette avec nos vignes un peu bizarroïdes… mais on y croit et on persévère ^^)

Du bois pour aménager mon jardin

Agenda 2020 du jardinier bio* (Histoire d’être sûrs de ne rien oublier, on y trouve toutes les dates idéales pour semer et planter).

 

Ceux qui ont l’air bien sympa mais que je n’ai pas (encore)…

Le guide Terre Vivante du potager bio* (Il est un peu onéreux mais très complet, et s’il ne vous en fallait qu’un seul pour débuter au potager, ce serait peut-être celui-là je pense. Beaucoup de mes amis l’ont à la maison et en sont fans)

Je démarre mon potager bio*

J’économise l’eau au potager

J’installe une ruche dans mon jardin

La vie secrète de ma mare

Des auxiliaires dans mon jardin

Je veux un jardin tout de suite !

 

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{ Piou ! }

8 avril 2020

{ Piou ! }

Nid de Pâques « Capuccino »

(Et ses poussins en pâte d’amande maison)

(♥ IG bas ♥ Sans Lait ♥ Sans Oeufs ♥ Végétalien ♥)

 

Et bien voilà, Pâques arrive à grands pas. Et comme cette année ce ne sera pas – pour tout un tas de raisons – vraiment bien jojo, j’ai essayé de mettre un peu de bonne humeur dans le dessert… c’est toujours ça de pris, même si ce n’est pas grand chose.

Je sais que vous galérez grave pour trouver, soit de la farine, soit des œufs, (soit ces fameux petits rouleaux roses qui sont, mystérieusement, ce qu’il y aurait de plus essentiel à stocker pour parer à une pandémie respiratoire mais bon ça, heureusement en cuisine on peut encore s’en passer). Moi c’est après les œufs que je cours, car mes poules sont vieillissantes (chez les Chioca, elles atteignent un âge canonique) et du coup, j’ai des œufs quand elles veulent. Et là, elles veulent pas.

Il semblerait que des mulots aient eu l’audace d’envahir le poulailler (si j’en crois mon mari qui s’est payé une trouille du tonner… a ressenti un peu d’effroi avant-hier soir quand un rongeur de la taille d’un lapin lui a filé entre les pieds) et ça doit contrarier nos chères demoiselles de l’ordre des gallinacés qui, du coup, se sont mises en grève une fois de plus. Et avec ces poulettes de la CGT (Cocottes Grévistes Tenaces) je me suis donc retrouvée, pour la énième fois, à devoir improviser un  gâteau sans œufs. On va dire que grâce à ça, je me sens plus solidaire envers tous ceux d’entre vous qui galèrent pour faire les courses dans des rayons plus vides que le cerveau des mecs qui ont pensé que la pandémie serait – tel le nuage de Tchernobyl- miraculeusement refoulée par la ligne Maginot.

Côté farine heureusement j’avais déjà ce qu’il faut, et tant mieux car un dessert sans œufs ET sans farine, cela n’aurait pu être qu’une crème dessert, et pour ce qui est de la transformer en nid de Pâques, heu… à moins d’être la marraine de Cendrillon avec sa baguette magique (bibibidou, lamagicadou, gagabibiba, bibidou ♪) je ne vois pas bien comment procéder. A la limite, on aurait pu imaginer une flaque de Pâques avec ses petites grenouilles en pâte d’amande, mais là n’était pas le sujet car moi je voulais un nid avec des poussins (à ce propos, notre couvée de cailles a été un ratage parfait, puisque sur tous les œufs mis en couveuse, seul un poussin a sorti le bout du bec, juste le temps qu’on appelle les enfants en grandes pompes… pour constater qu’il avait passé l’arme à gauche. Génial. Et dire qu’on a attendu 15 jours pour voir ça. Bref.).

Pour le challenge du nid de Pâques sans oeufs, j’ai donc repris un peu l’idée de cette génoise là, puis bidouillé deux crèmes toutes légères, l’une au chocolat, l’autre au café, pour étrenner ma toute nouvelle poche à douille double (que j’ai acquis par erreur, en croyant acheter une poche à douille normale, ce qui m’avait beaucoup énervé sur le moment). Mais quèsaco une “poche à douille double” ? Et bien, une poche à douille avec deux poches bien distinctes, mais une seule douille, comme ça, quand on presse dessus, il sort un joli zigouigoui marbré (enfin, si on a pris soin de remplir les deux poches avec des préparations de couleurs différentes évidement, et d’autre part, si on presse doucement, sinon au lieu de sortir ledit joli zigouigoui marbré du côté de la douille, c’est un gros schplof marbré qui nous explose à la figure).

Le résultat était somptueux, une sorte de « tourbillon » littéralement hypnotisant avec sa spirale ivoire et chocolat, et j’étais toute fière de ma performance, hé hé. Mais le temps que je règle mon  appareil pour la photo… hop, ma chère fille (celle qui pose pour le pas à pas) a mis une malencontreuse « baffe » au gâteau ce qui a eu pour effet de scalper la moitié de la crème. J’étais conteeeeente, ohlàlà, je vous raconte même pas. Il ne me restait plus qu’à tout ré-étaler puis « lisser » grosso modo à la fourchette. Forcément, pour le coup c’était nettement moins ébahissant, mais on va se consoler en se disant que ça donne une idée plus réaliste de ce à quoi ressemble ce gâteau quand on n’a pas de poche à douille “double”. Ou alors, quand on a une poche à douille “double” (youpiii !!!) mais qu’on se fait assister en photo par Gastonnette Lagaffe…

Bon, à part ça, j’espère très fort que vous avez de la farine… De la farine de blé ou d’épeautre je veux dire, pas de la farine de teff, de souchet, de coco, d’amarante, de lentilles vertes, de manioc ou de cosses de graines de lupin vert à pois rouges de Madagascar, bref, les seuls sachets qui restent en rayon… A défaut, vous pouvez peut-être tenter votre nid de Pâques avec cette base sans farine (sauf que là, manque de bol faut des œufs). Pour décorer votre nid, je vous propose d’utiliser ma recette de pâte d’amande maison au sirop d’agave, celle, toute simple, que j’ai déjà publié et qui se modèle si facilement.

Période de confinement oblige, j’ai tenté de faire pour vous un truc trèèèès chelou 😉 à savoir une vidéo (tout arrive) pour vous montrer comment réaliser ces poussins. Sans rire, la vidéo c’est vraiment une épreuve pour moi ;), et comme j’ai 02/10 de patience en générale, et 0,5/10 de patience en ce moment, on a tout tourné d’un coup et ce n’est pas une œuvre d’art mais bon, avec mon court métrage « Je fais des poussins en pâte d’amande » on ne vise pas la Mostra de Venise et je me suis dit que pour une fois ça serait reposant de ne pas être trop perfectionniste…

Bon, et à part ça, le confinement, chez vous ça donne quoi ? Ici on a des gendarmes planqués dans la forêt de Chambaran, bon, ils ont sûrement des bonnes raisons stratégiques hautement prioritaires de traquer les deux pépés qui auraient dépassé leur “1 km” réglementaire mais bon, ça casse un peu l’ambiance. Moi qui avait déjà du mal à ressortir faute de moral adéquat…

Côté oisiveté, j’avoue ne pas avoir encore pu beaucoup souffrir de la « mère de tous les vices » vu que je rend un livre de 80 recettes en fin de semaine, que je m’occupe d’un potager pour régiment d’infanterie (avec un lumbago depuis 10 jours, c’est tellement plus rigolo), que je dois m’improviser institutrice (au secuuours, c’est quoi une « subordonnée circonstancielle d’opposition ou de concession elliptique du verbe ou du sujet juxtaposée ou coordonnée à la précédente ou incise* » ?), que ma grande va bientôt péter une durite pour son Bac (apparemment, le cas des « bac pro agricole » en candidats libres intéresse autant l’éducation nationale que la dernière chaussette du dernier pingouin du dernier iceberg de l’extrême pointe sud de la Patagonie), que mon mari me dit toute la journée « ça y est t’es libre, je peux enfin te monter un truc marrant sur youtube ? », que mon grand chevrier cherche tous les moyens possibles de vendre ses fromages maintenant que les marchés sont fermés (je commence à envisager de me balader en panneau sandwich publicitaire, avec un porte voix “Les booons, les booons, les booons fromages des Biquettes de Chambaran !!!“), que le téléphone et whatsapp sonnent du matin au soir parce que tout le monde se fait suer et cherche à « tuer le temps » sauf moi, que les repas sont un peu compliqués (et le ravitaillement une épopée épique, genre, il faudrait la musique du film Gladiator quand on arrive à chopper le dernier paquet de pâtes sous le nez de trois personnes qui nous fusillent des yeux ), bref, vous voyez, je suis un peu fatiguée, et je voudrais bien m’ennuyer un tout petit peu en confinement moi aussi, juste pour voir si j’aime ça… Je vais d’ailleurs essayer, en prenant quelques vacances dès vendredi, des vacances sans ordi, sans devoirs scolaires, sans boîte mail. Juste ma petite famille à s’occuper, le chant des oiseaux au potager, les siestes-fleuves, les grasses matinées, les massages anti-lumbagos, les BD, et même les petites balades réglementaires d’1km en tous sens autour de la maison… je sens que je vais aimer ça 😉

A défaut d’avoir eu une fête de Pâques super « joyeuse », je vise au moins des vacances un peu ressourçantes… C’est aussi ce que je vous souhaite !

*Mais si PROMIS ça existe !!!

 

Nota : Je vous demande pardon d’avance, mais pour cet article je pense que je n’arriverai pas à répondre aux commentaires. Mais je lirai tout, promis… Du coup je vous remercie beaucoup d’avance, et de tout coeur, pour vos petits mots toujours si agréables, si amicaux, si touchants… et si motivants 🙂

Pour la génoise au cacao :

  • 300g de farine T110 de blé ou de grand épeautre
  • 2 sachets de poudre à lever
  • 2 sachets de sucre vanillé
  • 30g de cacao amer
  • 165g de sucre de coco
  • 33cl de lait de soja vanille
  • 3cl de vinaigre de cidre
  • 5cl d’huile de tournesol désodorisée
  • Une grosse pincée de sel

Pour la ganache montée rhum-chocolat :

  • 100g de chocolat noir à 70% de cacao
  • 1 c. à soupe de rhum ambré
  • 20cl de crème de coco
  • 1 sachet de sucre vanillé

Pour la crème cappuccino :

  • 40cl de crème de coco bien froide
  • 1 expresso très serré (3 cl)
  • 60g de sucre de coco
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • Un peu de cacao pour saupoudrer.

Pour le sirop :

  • 3 c. à soupe de rhum
  • 3 c. à soupe d’eau
  • 1 café expresso bien serré (5cl)
  • 4 c. à soupe de sirop d’agave

Nota : Recette de la pâte d’amande blanche ici, dans ce post un peu ancien (sauf que maintenant, je mixe longuement au robot la poudre d’amande et la sirop d’agave, puis je laisse reposer la pâte d’amande une nuit dans un sachet bien fermé avant de l’utiliser. La texture est bien meilleure ainsi !)

Une autre recette de pâte d’amande plus récente ici, associant sirop d’agave ET sucre complet ou sucre de coco. Elle est brune mais cela permet de faire aussi des poussins « bronzés » trop mignons 😉

PS : Pour teinter la pâte d’amande blanche en jaune, j’ai utilisé un peu de curcuma, et j’ai ajouté quelques gouttes d’huile essentielle de citron pour “camoufler” le parfum un peu spécial 😉

1/ Génoise : La veille, ou quelques heures auparavant, préchauffer le four à 180°C, si possible chaleur tournante.

Huiler un moule à savarin de 24cm de diamètre environ. Mélanger dans un saladier la farine, le cacao, le sel, le sucre vanillé, la poudre à lever et le sucre de coco. Faire un puits, y verser le lait de soja, l’huile et le vinaigre de cidre puis mélanger juste ce qu’il faut pour obtenir une pâte homogène (sans trop insister). Verser dans le moule, égaliser, enfourner pour 30min.

2 / Ganache au chocolat : à feu très doux, faire fondre dans une casserole tous les ingrédient de la ganache.

3/ Crème capuccino : Mélanger la crème de coco, le café, le sucre de coco et le sucre vanillé dans le bol d’un robot, puis tout mettre au congélateur pour quelques minutes, le temps que le bol et la crème soient bien froids. Fouetter ensuite le tout au robot, en commençant doucement, puis en augmentant petit à petit la vitesse des fouets jusqu’à obtention d’une chantilly bien ferme.

Jusqu’au lendemain, mettre la crème capuccino ainsi que la ganache au réfrigérateur (ne pas oublier de bien les couvrir).

A la sortie du four, imbiber le gâteau de sirop, cuillerée après cuillerée, puis le couvrir et laisser à température ambiante.

4/ Montage : Le lendemain, démouler le gâteau.

Fouetter la ganache au robot (batteur plat, puis fouet) pour la « monter », c’est à dire lui donner une texture plus souple, crémeuse et légèrement aérée. Sans trop les mélanger, mettre les deux crèmes (chocolat et café) dans une grande poche à douille (ou dans une poche à douille double), puis en recouvrir le gâteau (on peut s’aider d’un plateau tournant, c’est plus simple). Mettre tout le restant de crème au fond du plat, dans le « creux ».

5/Déco : Orner le gâteau de fleurs non toxiques (ici, des fleurs de pommiers et de cerisiers)… et/ou passer à la confection des poussins en pâte d’amande (voir la vidéo ci-dessous ;)).

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20 petites idées pour mieux vivre le confinement…

26 mars 2020

 

{ 20 petites idées pour mieux vivre le confinement… }

 …Et un joli gâteau pour Pâques

(Uniquement avec des ingrédients du placard !)

♥ Sans lait ♥ Sans oeufs ♥ IG bas ♥ Végétalien ♥

 

10ème jour de confinement en France… sur combien à venir ? Plutôt que de subir cela en laissant s’amenuiser chaque jour un peu plus nos forces, notre santé, notre moral, nos nerfs et la bonne ambiance familiale, nous pourrions tenter d’en faire une épreuve salutaire dont nous ressortirions plus forts, plus raisonnables… pour bien préparer demain.

Dans cette optique, je partage de bon cœur avec vous tout un tas de petites idées pour vivre au mieux ce temps de quarantaine si pesant et déroutant. Surtout, n’hésitez pas à partager vous-même votre expérience et vos bonnes astuces ! Si vous le voulez, les commentaires de cet article pourraient représenter comme une sorte de forum d’échange pour nous soutenir les uns les autres 🙂

Je précise que cet article s’adresse tout particulièrement aux personnes confinées en télétravail avec des enfants, car on ne parle bien que des situations que l’on connaît 😉 mais certaines petites astuces peuvent tout aussi bien convenir à des étudiants, des couples sans enfants ou des personnes à la retraite par exemple. Et puis, j’attends impatiemment vos petits « trucs » à vous aussi car surtout, ne croyez pas que je veuille m’ériger là en sorte de maître à penser ! Les quelques « astuces » que je vous livre, c’est avec beaucoup de timidité car je me sens moi-même bien fragile. Pas plus tard qu’hier, je vous avoue avoir fait une crise de nerf totalement ridicule parce que je ne retrouvais pas mes gants de jardin anti-ronces… on sent la tension qui couve depuis des jours, hélas. Mais ne nous laissons pas abattre ! (PS : Après les avoir cherché partout en mode Taz, je les ai finalement retrouvés bien plus tard dans la boîte à pain. Bien sûr, personne ne les avait mis là. Et depuis j’hésite à les utiliser en tant que vulgaires gants de jardinage : pensez-donc, j’ai la chance extrême de posséder des gants ronciers ayant une vie propre, capables de se planquer tout seul dans une boîte à pain ! Leur place est dans un musée, assurément…)

 

(⇒ Nota : Comme je vous l’ai déjà expliqué par le passé, j’ai un partenariat avec Decitre et Terre Vivante qui me permet de toucher une petite commission sur les ventes de livres via mon blog grâce à des liens d’affiliation spéciaux (qui permettent, pour simplifier, de dire au libraire “ce clic vient de Saines Gourmandises, il faut donc reverser un petit pourcentage à Marie Chioca” quand quelqu’un achète un livre). Mais pour cet article, je n’ai mis aucun lien de ce type car sinon, j’aurais eu l’impression troublante d’avoir l’air de vouloir “profiter de la situation”. Tous les liens des livres cités ici sont donc juste à titre informatif pour vous aider, et libres de toute affiliation. Pour une fois j’ai mis les liens vers Amazon car je ne sais pas si Terre Vivante ou les autres librairies en ligne livrent toujours : il faudrait se renseigner).

 

 

Bouclette et son bébé, Timmy, qui a bien grandit. Pour qu’ils aient de la bonne herbe, je les ai confiés à un voisin qui a une grande pâture juste avant la “crise”, et j’allais les voir tous les jours. Mais c’est à 2km de chez moi… Donc voilà, plus de visites possibles à ma Bouclette car il n’y a pas de case “Je vais gratouiller la tête de ma brebis” sur l’attestation de sortie. Pourvu qu’elle ne m’oublie pas… 🙁

Préambule : Restons (absolument !) chez nous !

Je commence par cela, car bien que ce soit évident, cela ne l’est pas encore assez. Oui, le confinement c’est pénible, et même parfois très pénible. Les gens des campagnes sont probablement moins durement privés de bon air, c’est vrai, mais je vous assure que chacun a ses soucis, ses angoisses, ses brisements de coeur. Moi, pour ne vous donner qu’un exemple je ne vois plus mon fils alors qu’il habite à 3km de chez nous, et qu’on le sait en énorme galère en ce moment (marchés qui ferment, impossibilité de vendre ses fromages alors qu’on est au pic de lactation, tous les semis et travaux de printemps à faire tout seul, bref, quand j’y pense j’ai une grosse boule dans la gorge). MAIS nous avons été malades à la maison. Coronavirus ou pas, impossible de se faire tester pour savoir : cela a « juste » été un peu de fièvre et de toux, rien de grave DU TOUT, mais dès les premiers symptômes, soit trois jours avant le confinement officiel, nous avons décidé de ne plus voir personne pour ne pas risquer de transmettre une saleté.

Je sais que chacun a ses petites et grandes tristesses en ce moment. On ne voit plus ni sa famille ni ses amis, c’est très difficile. Mais le but de ce confinement est d’éviter que nous attrapions tous ce virus en même temps, ce qui enverrait des milliers de gens aux urgences quand les soignants sont déjà au bout du rouleau et le matériel médical cruellement manquant donc, oui, je sais que je n’ai vraiment RIEN de mieux à faire que de supporter cet enfermement en essayant de ne pas trop me plaindre. Je pense que, pendant que je me lamente un peu égoïstement d’être privée de balades d’autres sont entre la vie et la mort dans un box de réanimation… Ou exposent leur vie pour soigner des gens qui, pour certains (pas tous !) n’ont pas été assez prudents. Quand c’est difficile, je pense combien j’ai de chance d’avoir un toit, d’être chez moi, avec quatre de mes six enfants. Je tente de faire de ce foyer un doux cocon qui nous protège tout autant contre le virus que contre la déprime, la mauvaise humeur ou l’asthénie ! Je n’y arrive pas à la perfection ;). Mais ça ne se passe pas si mal non plus 🙂

 

 

Idée N°1 : Bien se reposer pour se renforcer contre le virus

Me reposer, j’en avais besoin, alors je saisis l’occasion à chaque fois qu’elle se présente en ce moment. Ce repos n’est pas sensationnel car je travaille tout autant qu’avant pour mes livres en cours, et il faut en plus superviser le travail scolaire des petites, accélérer les travaux du potager, etc. Mais je m’accorde une petite sieste chaque jour, j’essaye réellement de me détendre, de me ménager en remettant à plus tard certaines choses afin que le virus ne risque pas de tomber sur un organisme épuisé… Je vous souhaite de prendre aussi bien soin de vous, en vous octroyant du vrai temps de repos. J’écris « vrai » repos car attention : zoner des heures sur le net n’est peut-être pas aussi reposant que de s’accorder une bonne sieste hein 😉

Là vous allez me dire « Hin hin, super le coup de la sieste alors que mon voisin de droite joue du trombone électronique, que la mémé du dessous regarde « Les feux de l’amour de la passion qui tue à Santa Barbara » (et elle n’en est qu’à la saison 2 depuis le début du confinement, alors qu’il y en a 137, bouhouhou), que mon voisin du dessus passe ses nerfs sur un trampoline qui grince, que mes enfants s’étripent à propos d’un chien en Légo perdu et que mon mari vomit des gros mots contre son ordinateur qui plante (variante : que mon mari est déjà dans la chambre et qu’il ronfle comme un phacochère en train de digérer une tartiflette à l’aïoli) ».

Alors là, pour une fois j’ai une solution im-pa-rable : Les Boules Quiès ! Cela fait 20 ans que je pratique ;). Et sans Boules Quiès, mon état mental et nerveux serait nettement plus endommagé encore 😉

Autre solution très efficace pour se relaxer : s’étendre un peu (dans son lit, dans le canapé, dans le jardin, sur le balcon, dans la baignoire, dans les chiottes, bref, où vous voulez du moment qu’on vous laisse la paix) avec un casque de MP3, et écouter une musique qui vous fait du bien (quelque chose que vous aimez vraiment ! moi par exemple les musiques « zen » et « relaxantes » pour « se détendre » me font littéralement exploser d’agacement ;)), tout en sniffant quelques gouttes d’huile essentielle sur un mouchoir : lavande ou mandarine pour se relaxer, citron ou lemongrass pour la bonne humeur, etc. : le choix est vaste !

Les cueillettes sauvages dans le jardin, un bon moyen de faire le plein de vitamines (à condition de bien savoir que ramasser !). Ici, un “mesclun” de pissenlit, roquette sauvage, repousses de fenouil, feuilles de pâquerettes, ail des ours, plantain, persil…

Idée N°2 : Booster ses défenses naturelles

Paragraphe délicat s’il est, car je ne suis pas médecin, et de plus, comme on ne sait pas grande chose de ce virus, ce serait doublement abruti de vous donner des consignes pseudo-imparables. Je sais, beaucoup d’entre nous sont en quête d’invincibilité ;). Mais la vraie vie, ce n’est pas un jeu vidéo hein…

Tout ce que je peux vous dire c’est que d’une façon générale, pour renforcer son immunité contre les virus il y a :

– Le repos (ça on vient de voir)

– Une alimentation saine (ça on VA le voir)

– Une bonne hygiène de vie, c’est à dire s’aérer, respirer (et oui c’est possible, on va le voir aussi), éviter de prendre un gros coup de froid, un gros coup de stress…

– La vitamine C (chez les Chioca, on en prend tous les matins depuis 15 jours)

– L’HE de ravinstara, dont l’effet antiviral est très bien documenté et confirmé par de nombreuses études. Pour ce qui est de cette huile essentielle, renseignez-vous bien mais les voies d’absorption privilégiées sont le massage sur l’intérieur des poignets (car c’est un endroit du corps où les vaisseaux sanguins affleurent la peau : l’HE passe donc très vite et très bien dans la circulation générale) et l’inhalation.

Chez nous, les « adultes » (donc mon mari, moi et les enfants de plus de 16 ans) prennent 4 gouttes sur les poignets matin et soir (on laisse tomber les 4 gouttes sur l’intérieur d’un poignet, et on frotte avec l’autre poignet jusqu’à ce que l’huile ait été absorbée), et deux gouttes à inhaler matin et soir (avec un inhalateur vintage de ce genre là, en veillant à ce que l’eau ne soit pas trop chaude sinon l’huile s’évapore d’un coup et on n’en profite pas bien : 45°C environ, c’est bien !).

Pour mes enfants plus jeunes (9 et 12 ans), c’est 2 gouttes sur les poignets et 2 gouttes à inhaler (matin et soir).

Il existe d’autres huiles essentielles, d’autres plantes ou compléments alimentaires (échinacée, shiitake, propolis, zinc, sureau, etc.) efficaces pour renforcer l’immunité et/ou lutter contre les virus mais là je ne maîtrise pas assez. Surtout, ne faites pas n’importe quoi, renseignez-vous auprès d’un médecin, dans un ouvrage écrit par des gens sérieux, ou au strict minimum sur des sites internet de référence (évitez les trucs genre « Le réveil du Vichnou transcendantal » par Skippy Dugland, auto-thérapeute depuis 2016).

Le confinement, c’est aussi l’occasion de se former sur la santé au naturel… mais on y reviendra 🙂

Idée N°3 : Manger sainement pour que « confinement » ne rime pas avec « engraissement » 😉

Une assiette équilibrée et de saison, la salade de pois chiches aux jeunes pousses. Recette tirée de mon livre “La cuisine bio du quotidien”. A la maison on a des pois chiches, une pelouse et des poules, bref, tout ce qu’il faut pour se faire cette salade tous les jours s’il le fallait ^^

Certaines personnes se sont rués sur les paquets de pâtes comme s’ils en avaient besoin pour ériger des barricades contre le Covid ;).

Miaaam, des glucides, plein de bons glucides, histoire d’avoir bien des forces pour emmener Médor faire son pipi journalier au coin du pâté de maison 😉

Bref, vous me voyez venir… quand on bouge moins, la première chose à limiter un peu ce sont les sucres, tous les sucres (sauf si vraiment on n’a aucun souci de silhouette). Privilégiez donc PLUS QUE JAMAIS les menus à IG bas. C’est un peu compliqué quand on doit limiter les courses mais pas tant que ça. Je vous donnerai quelques idées-recettes « du placard » mais néanmoins équilibrées sur mon compte Instagram mais vous en trouverez déjà beaucoup dans cet ouvrage par exemple, ou tout simplement sur mon blog. Car on peut cuisiner des menus qui soient à la fois bons, équilibrés et faciles à partir de conserves, de céréales et de produits congelés : c’est moins bien que de manger du tout frais, mais infiniment mieux que de bouloter n’importe quoi…

Idée N°4 : Rire et sourire… malgré tout !

Vous êtes anxieux, je suis anxieuse, et c’est bien normal.

Il faudrait être complètement insensible ou inconscient pour ne pas avoir le cœur brisé devant tant de détresse humaine, et un minimum préoccupé pour l’avenir du monde ces prochaines semaines.

Mais faire tout son possible pour ne pas se laisser submerger par cette vague d’angoisse, ce n’est pas un manque d’empathie ou de réalisme : c’est tout simplement du courage.

J’ai lu des histoires de mamans restées seules pendant la guerre, sachant leur cher-et-tendre (et parfois même leurs grands fils chéris) exposés à mille morts, et pendant ce temps-là il fallait gérer la faim, le froid, les bombardements, les tickets de rationnement, etc. Et ces mamans-là ont tout fait pour garder le sourire afin de ne pas accentuer l’angoisse de leurs plus petits, ceux qu’elles avaient gardé sous leurs ailes et qui étaient encore fragiles comme des poussins.

J’ai lu aussi les 8 tomes de « La petite Maison dans la Prairie » (infiniment plus bouleversants que la série télé des années 70) où l’on voit Mme Ingalls garder son calme et son imperturbable visage avenant dans des situations absolument terrifiantes, histoire de ne pas faire péter les plombs à ses enfants. Il y a aussi le livre « La famille Trapp » (c’est l’histoire vraie de la famille dont l’histoire a inspiré le film « La mélodie du bonheur »), où Maria Von Trapp, la maman, a toujours su garder sa bonne humeur communicative malgré les persécutions nazies, la fuite avec juste quelques valises, le déracinement dans un pays étranger qui a les plusieurs fois rejetés et quasiment remis à la mer (ah, le « rêve » américain…), la pauvreté absolue de sa famille très (!) nombreuse, la maladie, plusieurs fausses couches et j’en passe. Ce livre, d’un optimisme éblouissant a changé ma vie.

Il y aussi cette jolie devise d’un ancien chef scout et grand résistant, que j’aime beaucoup tant elle peut s’appliquer aux papas et aux maman :

Si tu veux être chef un jour

Pense à ceux qui te seront confiés,
Si tu ralentis, ils s’arrêtent.
Si tu faiblis, ils flanchent.
Si tu t’assieds, ils se couchent.
Si tu critiques, ils démolissent.

Mais…
Si tu marches devant, ils te dépasseront.
Si tu donnes la main, ils donneront leur peau.
Et si tu pries, alors, ils seront des saints.

Bref, rire et sourire malgré tout, ne pas flancher, ou en tout cas, ne pas le montrer…

Pour cela, voici quelques petites idées (j’attends les vôtres !)

– Éviter autant que possible de trop regarder les infos devant les enfants. On sait tous que ce qui se passe est terrible. Nos yeux et notre cœur n’ont pas tellement besoin d’être abreuvés d’images affreuses comme des cercueils alignés par centaines, des gens qui pleurent, des malades dans leurs lits médicalisés… Ces images peuvent aider, certes, à convaincre les récalcitrants (ces sombres crétins qui se prennent pour Zorro ou William Wallace juste parce qu’ils continuent à organiser des barbecues géants en se torchant avec le papier d’attestation). Mais nous, qui avons compris, ménageons-nous. Et protégeons nos petits de ces images qui peuvent les détruire profondément, même si ça ne se voit pas forcément tout de suite ! (Certains enfants « encaissent » super bien avec une apparente insensibilité… mais ce sont parfois ceux qui morflent le plus !).

– Sourire, beaucoup, car notre famille a besoin de cela. Sourire gentiment, sourire doucement, sourire pour encourager, sourire pour rassurer. Car le sourire est incroyablement contagieux ! (La mauvaise humeur aussi).

– Rire, autant que possible : petites blagues ou petites farces gentilles de temps en temps, choix de films ou de livres particulièrement joyeux, parties de cache-cache, jeux rigolos, etc., c’est le moment où jamais de faire un peu « le guignol » avec des enfants. Je sais, on ne peut pas faire cela toute la journée mais de temps en temps, c’est bien, et cela laisse dans l’atmosphère comme un petit parfum de légèreté et de bonheur. Et plutôt que de laisser ses enfants devant leur dessin-animé, pourquoi ne pas le regarder avec eux une fois de temps en temps ? Winnie l’Ourson ou Toy Story en posant sa petite tête sur le cœur de papa ou maman, c’est tellement mieux que tout seul dans sa chambre !

Idée N°5 : Chouchouter son cocon

Ouvrir les fenêtres en grand, trier, laver, organiser, nettoyer à fond, c’est à la fois utile et source de grand contentement… Chez les Chioca, depuis le début du confinement on fait le ménage en famille ET en musique. Ça défoule, et quel bonheur ensuite de se détendre dans une maison qui sent bon le propre :). Pour ménager vos poumons, et respirer de l’air pur, choisissez autant que possible des produits écologiques. En ce moment, à la maison c’est savon noir parfumé à l’HE de pamplemousse. Ça sent bon et c’est si naturel…

On peut aussi relooker un peu, s’autoriser de petites « futilités » pour la maison… dans la mesure où l’on a déjà tout sous la main, car les magasins de bricolage sont fermés, et ça c’est dur (Pfff, dire qu’en ce moment j’ai mon mari à la maison et que je pourrais lui faire faire tant de trucs ! Mais il n’a « pas ce qu’il faut », l’affreux et ça l’arrange bien ;))

 

 

Idée N°6 : Faire de l’exercice physique… à tout prix

Je sais, c’est pas de la tarte en ce moment. Mais ceux qui ont un jardin peuvent déjà désherber, planter, bêcher, tailler, cela ne fait que du bien. En matière de jardinage, j’ai un adage « Tout ce qui ne donne pas de tour de rein rend plus fort » ;). On peut aussi faire de la gym dans son jardin, du trampoline, etc.

En appartement, outre le petit jogging réglementaire-autorisé-par-le-gouvernement c’est plus compliqué mais je peux quand même un tout petit peu ramener ma fraise sur la question vu que je sors d’un « confinement » de 5 mois côté sport… Car pour ceux qui ne savent pas tout, je me suis fait une double fracture du pied, grave, début mai dernier. Il m’a fallu 5 mois d’immobilisation et pour quelqu’un qui aime autant que moi la marche (c’est « vital » pour mon équilibre) l’épreuve a été terrible. Au bout de quelques jours sans bouger je me suis rendue compte que j’allais mal, très mal.

Alors j’ai ouvert ma fenêtre, et de mon lit j’ai fais plein de battements de jambes, d’abdos, tout ce qui me venait en tête par séries de 20, de 50, de 100… et tout ça en musique. Je faisais cette petite séance une ou deux fois par jour et après je me sentais bien, mais bien… Et puis dès que ça a été possible j’ai fais du vélo d’appartement : c’est vraiment nul le vélo d’appart, ça a les inconvénients du vélo (on a mal aux fes… au bas du dos, on transpire comme un phoque, etc.) sans les avantages (les jolis paysages ne défilent pas, on se fait suer… dans tous les sens du terme ;)). Mais ça défoule ! Et ça, c’est déjà bon à prendre.

Bref, ouvrons grand nos fenêtres puisque l’air est moins pollué en ce moment, et faisons de l’exercice. À la maison, mon deuxième fils a téléchargé un programme de fitness très complet : il fait ça avec ses petites sœurs (qui ne réussissent pas absolument tous les exercices, mais qu’importe). Quand la séance est finie, elles sont rouges, suantes et fumantes comme des poivrons grillés sortant du four : une bonne douche, et tout le monde est calmé pour longtemps ;).

Moi je continue à me faire suer sur le vélo d’appart, je jardine et je fais des allers-retours rapides dans l’allée gravillonnée ;). Voilà, ce n’est pas aussi captivant qu’une randonnée en forêt, mais ça fait du bien au corps… et à la tête !

Idée N°7 : Le « miracle » de l’emploi du temps

Vous allez me dire : du sport, de la cuisine, des jeux… en plus du télétravail, mais comment arriver à tout concilier !

En ayant un emploi du temps.

On me demande souvent comment j’arrive à faire « tout ça » dans ma vie (c’est à dire, 4 livres par an, 6 enfants, du sport, quelques loisirs créatifs, du jardinage, etc.). Et bien voici mon secret (qui n’en est pas un) : le jour où j’ai décidé de faire un emploi du temps, et de m’y tenir, ça a changé ma vie !!!

Et c’est d’autant plus important en ce moment car rester confinés comme des zombies, en se croisant dans les couloirs d’un œil bovin, en pyjama, pas peignés, en train de se gratter l’épaule d’un air désabusé pour savoir qui ira s’étaler comme une étoile de mer sur le canapé pour regarder une série plus ou moins débile ou qui restera dans sa chambre à zoner sur son portable 4H de plus, c’est un cauchemar. La lassitude et l’oisiveté aidant, on perd de sa « pêche » un peu plus chaque jour, toute volonté s’affaiblit, la mauvaise humeur s’accroît, tout part à la dérive… jusqu’à la famille elle-même. Plusieurs semaines de confinement, il faut être conscient que cela peut être bien dangereux 🙁

Chez les Chioca, nous avons réalisé ensemble pour ce temps de confinement un emploi du temps familial assez chouette, équitable et relativement “réaliste” même s’il pourrait encore beaucoup se perfectionner. Tout a été mis par écrit : À quelle heure se lever, les horaires de travail scolaire, les « récréations », le ménage, les temps de jeu, la préparation du repas (qui varie en fonction des jours, comme ça tout le monde cuisine à tour de rôle et c’est plus rigolo), le ménage, le linge, etc. Je n’ai rien imposé : j’ai proposé, suggéré, et chacun s’est engagé sur telle ou telle chose après avoir bien compris qu’on est tous « sur le même bateau » et que chacun doit y mettre du sien pour que la famille aille bien. Et cet emploi du temps, qui nous garde toujours occupés à de bonnes choses, c’est un remède infaillible contre l’ennui, la mauvaise humeur et la routine. Même pour aider, les enfants ne rechignent pas, car ils savent que s’ils donnent un coup de main comme prévu de telle heure à telle heure, ou qu’ils travaillent bien de telle heure à telle heure, et bien ils auront de longues heures prévues à d’autres moments de la journée ou de la semaine pour jouer aux playmobils, dessiner, lire, voir un film ou se défouler un peu. C’est certes un peu long de faire un emploi du temps tenant bien compte des impératifs de tous les membres de la famille. Mais que de bienfaits ensuite…

Idée N°8 : Mettre le paquet sur son potager (et les cueillettes dans le jardin !)

Les courses, c’est compliqué. Comme je le disais sur Instagram, j’ai vu il y a 15 jours (juste avant qu’on ne tombe nous-même un peu malades) des gens tousser sur les salades, se gratter le nez, se moucher avant de tâter les fruits… Bref. Moins on sort pour les courses, mieux c’est à tous points de vue.

Alors samedi dernier, nous avons fait une énorme opération « potager » en semant et plantant des choses qui poussent assez vite (semis de mesclun et de radis entre autres) sans oublier les légumes qui arriveront un peu plus tard (oignons tiges, laitues, ail frais, pois gourmands, carottes, tétragone, épinards, tomates, courges, concombres, etc.) mais qui seront bienvenus si la situation restait un peu compliquée économiquement après la fin du confinement. Je préfère ne pas laisser « dormir » mon petit morceau de bonne terre, quitte justement à laisser les légumes qui seront dispos sur le marché pour les gens qui n’ont pas de jardin. En attendant, on compte beaucoup sur les cueillettes sauvages du jardin pour assurer la liaison entre les quelques légumes semi-décomposés qui nous restent à la cave et les premiers radis tout frais du potager qui n’arriveront que dans 10 jours…

Les jardineries sont ouvertes, certaines livrent en ligne, bref, là dessus on a bien de la chance :). Et puis qui dit potager dit faire de l’exercice, respirer du bon air, mûrir de chouettes projets, se changer les idées, bref, c’est un programme feel good au top des tops 🙂

En plus je ne sais pas chez vous mais ici avec le confinement et le silence sur la route et bien je n’ai jamais eu autant de merveilleux chants d’oiseaux dans mon jardin !

Et si vous n’avez pas de jardin, mais un balcon, sachez que vous pouvez déjà bien vous amuser 🙂

Idée N°9 : Se recentrer sur la « vraie » vie

Si les écrans, bien utilisés, peuvent aider à mieux vivre le confinement (musique, émissions passionnantes, télétravail, etc.) il faut je pense prendre un peu garde à ne pas se laisser trop happer non plus au point d’être comme déconnectés du réel. À la maison, je dois faire un peu la guerre, c’est usant. Oui, même avec mon emploi du temps « miraculeux » ;), il m’arrive encore d’en surprendre en plein flagrant délit de « zonage » inutile : portable devant les yeux ou ordi sur les genoux, air lunaire, avachissement sur le canapé. Hop, on secoue tout ça ! Il y a toujours mieux à faire que de subir un programme télé ou une recherche internet qui nous « capte » sans vraiment nous intéresser.

Idée N°10 : Laisser la nature venir à nous

Nous ne pouvons plus randonner, plus accéder aux parcs, plus sortir avec autant de liberté.

Alors, à défaut d’aller à elle, laissons la nature venir à nous : elle nous émerveillera toujours, ne nous décevra jamais…

A la maison, dans cet optique (et outre le potager) nous avons par exemple :

1/ Ranimé le levain naturel qui attendait au congel pour refaire du pain avec les enfants et tout expliquer : le travail des « petites bêtes » qui font lever la pâte, comment ça marche, etc.

2/ Lancé une couvée d’œufs de caille (idée ridicule s’il en est, j’avoue : nous avions des œufs de cailles au frigo, on les a mis dans la couveuse à poussins et on attend avec beaucoup d’impatience que ça éclose lundi prochain ^^. Je vous posterai des photos, ça doit être mignon à mourir de tendresse vu la taille riquiqui des œufs… Ces petites cailles iront rejoindre la volière avec les poules et les canards, dans l’espoir d’avoir des bons oeufs frais !)

Mais sans aller vers des idées aussi excentriques que couver des œufs de cailles (surtout que tout le monde n’a pas de couveuse, j’en ai bien conscience à défaut, on peut mettre les œufs sous les ados en train de zoner sur internet ou des jeux vidéo) vous pouvez semer quelques graines sur le balcon, faire nourrir les petits oiseaux du quartier par vos enfants, observer avec des jumelles un couple de pies en train de construire leur nid (on en a un juste en face de la maison), etc. Ce seront autant de sources d’émerveillement pour les enfants… et nous-même. La nature nous soigne, elle est bienfaisante, elle est merveilleuse, elle est fidèle, elle est résiliente, elle nous enseigne, elle nous apaise. Il faut savoir la trouver là où elle est, même dans les villes…

Idée N°11 : Retrouver son âme d’enfant

Vous avez beaucoup de travail, je sais. Moi aussi {soupir}.

Mais le temps que l’on passe avec ses enfants n’est jamais perdu s’il est bien utilisé. J’ai remarqué une chose (en tout cas avec les miens) : Si je leur consacre un peu de temps privilégié vraiment, mais VRAIMENT rien que pour eux (sans m’interrompre toutes les 30 secondes), ils sont incroyablement moins « pot-de-colle » dans les heures qui suivent et je peux mieux travailler. Habiller ou coiffer une poupée, faire une partie de “Times-up” (ce jeu est dé-li-rant et on se fend la poire de 7 ans à 107 ans ^^), décorer un cahier avec une enluminure (j’ai fait ça hier, et mon « paon » ressemble ridiculement à un poulet avec une traîne, ça a fait rire toute la famille), inventer une histoire rocambolesque à l’heure de la sieste (avec plein d’épisodes « à suivre » pour la sieste du lendemain ;)), organiser une petite veillée en soirée, lire des BD à quatre sur un canapé, cuisiner avec les enfants… tout cela, c’est de l’anti-morosité assuré ! Alors prévoyez-le bien sur le fameux emploi du temps (celui avec lequel je vous bassine depuis tout à l’heure ;))

Idée N°12 : Lire… et faire lire les enfants !

LE remède puissant anti-écrans, anti-oisiveté, anti-énervement et anti-zombies. À la maison, on a ressorti tous les classiques : les livres d’Enid Blyton (série « Club des cinq »), de Georges Bayard (série « Michel »), de Paul-Jacques Bonzon (série « Famille HLM » et « Les 6 compagnons »), d’Edward Home-Gall (série « Shirley »), de Fenimore Cooper (série « Bas de cuir », dont « Le Dernier des Mohicans »), de Laura Ingalls Wilder (La Petite Maison dans la Prairie), Jacqueline Dusmenil (série « Les compagnons du cerf d’Argent »), tous les Jules Vernes, et j’en passe car la liste n’est pas du tout exhaustive ! Il y a de quoi lire pour 5 ans de confinement avec tous les livres que je collectionne d’occasion depuis 20 ans ;). Vos parents ou vous-même les avez probablement déjà lus, ils ont déjà un peu vécus ces braves vieux livres mais sont à la fois passionnants et super bien écrits pour des livres d’enfants (en tout cas bien mieux que la plupart des livres pour enfants plus récents je trouve). On en trouve beaucoup d’occasion sur Rakuten (qui livre encore… ;)). Mes enfants sont passionnés en tout cas, sincèrement, et les dévorent hyper volontiers. Précieuses heures de tranquillité en vue pour les parents en télétravail… Sans compter toutes les BD (Tintin, Astérix, Gaston et Cie), que vous pouvez accessoirement leur piquer sans vergogne pour le bien de votre moral ;).

Idée N°13 : Les loisirs créatifs

Moi je n’ai pas trop le temps mais si ça vous tente, c’est le moment où jamais! Ma Roseline crochète par exemple des petits doudous “de Pâques” pour se changer les idées, ça fait rire toute la famille et c’est mignon à croquer. Quelques grammes de douceur dans ce monde de brutes 😉

 

Idée N°14 : Savoir s’isoler quand ça ne va pas

Mauvaise humeur de maman ou papa = danger. Car c’est encore plus contagieux que le coronavirus ça… Alors quand ça ne va pas (et c’est normal d’avoir des coups de mou), je crois que c’est prudent de savoir s’isoler un peu avant que ça « pète ». Hier, après le coup des gants disparus je me suis planquée au fond du jardin et j’ai arraché des ronces avec fureur. Ça m’a fait du bien. Une autre fois, je me suis enfermée dans ma chambre avec une BD. Ce n’est pas toujours facile, mais savoir s’éclipser avant de s’être engueulé avec chaque membre de la famille c’est plus sage… On est humains, donc pas parfaits 😉

Idée N°15 : Gérer au mieux le « ravitaillement »

Je suis sûre que déjà, vous avez du PQ. Ah ben si ! Parce que sinon, je voudrais bien savoir où sont passés tous les rouleaux des supermarchés de la région de St Marcellin ! Moi par exemple, je n’ai pas fait de stock… pas pensé. Imprévoyance folle. On s’arrangera avec des feuilles de noisetiers parce que « l’acacia, ça irriiite », comme dirait Laurent Gerra…

Pour le reste, je ne pense pas que l’on ait besoin de réserves pré-apocalyptiques. D’abord parce que si plus personne n’a à bouffer à part nous, on va faire quoi ? Savourer tranquillou nos 30 mètres cubes de victuailles planquées en regardant les voisins crever la gueule ouverte ? Très peu pour moi, merci. Bref, faire quelques réserves, c’est normal, c’est prudent, c’est prévoyant, c’est le bons sens même, ne serait-ce que pour sortir le moins possible par la suite afin que le confinement soit optimal. À chaque fois que l’on sort, on prend un risque, on en fait prendre aux autres.

Mais de là à vider les rayons de pâtes, de riz, de sucre et de boîtes de thon… Ceux qui font ça ne vont pas se régaler les prochains mois, quand tout sera rentré dans l’ordre (mais si, il faut être optimiste) et qu’ils devront s’avaler ces kilos de bouffe en conserve pour pas laisser gâcher…

D’ailleurs, j’ai une communication à faire : Hé, les emmerd… les râleurs qui vous permettez de nous insulter, mon mari ou moi, quand on passe en caisse avec un énorme chariot ! J’ai six bouches à nourrir tous les jours + des recettes à faire pour mes livres donc mes chariots sont TOUJOURS énormes, même quand c’est pas la panique mondiale. Comparez avec vos courses pour deux personnes, et vous verrez qu’il n’y a rien de choquant dans le fait d’acheter les boîtes de haricots verts par 3, ou les bouteilles d’huile par 4 !!! Zut quoi ! (version censurée)

Côté « stock », je n’ai acheté que des choses que je suis sûre de pouvoir manger assez rapidement, en variant bien (parce que 25kg de coquillettes, ça risquerait d’être un tantinet lassant pour les 50 jours à venir), en associant céréales et légumineuses, farine pour le pain, quelques conserves… On ne crèvera pas de faim, même si quelques produits sont manquants ou risquent de manquer un peu ces prochaines semaines. On ne meurt pas du fait qu’il n’y ait plus de chocolat (mauvais exemple, OK), de beurre, d’œufs ou de pâtes en rayon certains jours. On improvise juste autre chose avec ce qui est disponible, et il y aura toujours plein de choses disponibles parce qu’on a quand même l’immense chance de ne pas habiter au Sahara ou au Groenland, et c’est un virus qu’on s’est pris, pas une bombe nucléaire ou un nuage de sauterelles. De toute façon on est trop gâtés, et ça nous fera du bien (moi la première ;), de devoir faire des touts petits efforts de sobriété si besoin.

Juste une info : quand vous rentrez avec des courses d’épicerie, ou que vous vous faites livrer, certaines personnes conseillent de laisser vos achats deux ou trois jours en « quarantaine » dans un coin sans y toucher car le fameux virus serait semble-t-il assez récalcitrant sur le carton ou le plastique. Je ne sais pas DU TOUT ce que vaut ce conseil mais bon, dans le doute je l’applique…

Idée N°16 : Téléphoner aux anciens

Grands-parents, vieux voisins, etc. ils sont très seuls, pas toujours connectés à Internet, et souvent très angoissés par cette pandémie… alors prendre quelques minutes (OK, 1H30 c’est plus réaliste) pour appeler tante Désirée ou pépé Robert, c’est d’une grande délicatesse. Je me dis que dans le cas inverse (moi très vieille et eux encore tout jeunes) je serais touchée au plus profond de mon âme qu’ils prennaient le temps de me tenir un peu compagnie par téléphone en me donnant des nouvelles, en me changeant les idées, en me donnant un peu d’affection et d’attention.

Idée N°17 : Ne rien gaspiller !

C’est une des « conséquences » les plus positives du confinement !

Apprendre à ne rien gâcher, montrer cela à nos enfants, quel magnifique pas en avant pour préparer demain…

Faire un bouillon bien parfumé avec le vert des poireaux et juste un clou de girofle avant d’y faire cuire des petites pâtes, apprêter les tiges de brocoli ou les fanes de radis en plat de légumes bien appétissant, ne pas jeter la moindre miette de pain, mais aussi limiter sa consommation de shampoing (une seule bouteille pour tous les « chevelus » de la famille Chioca, ça va se terminer au savon de Marseille cette histoire là !), de lessive, de produit vaisselle… C’est merveilleusement formateur !

Je ne m’attarde pas plus sur le sujet car j’ai déjà l’impression d’avoir écrit une thèse (ça fait deux jours que je rédige ce post ;)), mais je posterai plusieurs recettes « anti-gaspi » sur Instagram ces prochaines semaines… Promis !

Idée N°18 : Profiter de ce temps pour se former

Lire de bons ouvrages ou des articles sérieux par exemple sur le potager bio (même si on ne s’y met pas encore cette année, tout est bon à prendre pour plus tard ;)), la permaculture (y compris urbaine), la santé naturelle, l’alimentation saine, le pain maison, la fermentation, ou que sais-je encore, c’est le moment où jamais puisque beaucoup d’entre nous se retrouvent avec un peu de temps devant eux, ce fameux temps si précieux et si rare dans nos sociétés de fous, et qui nous empêche bien souvent d’approfondir les choses ! Certaines librairies en ligne livrent encore pour le moment, heureusement.

Sur un sujet plus spirituel, j’ai lu dernièrement deux ouvrages bouleversants : « Don Bosco, l’apôtre des jeunes », et « Saint Vincent de Paul, le père des pauvres », tous écrits par Guillaume Hunermann, un auteur que j’apprécie beaucoup. Je pense que ces livres pourraient toucher beaucoup de personnes, y compris parmi les athées, tant ces deux vies sont à la fois captivantes (difficile de lâcher le livre une fois commencé, c’est palpitant, touchant, avec parfois même un peu d’humour, bref, tout sauf rébarbatif et on ressort de ces lectures avec un petit stock de courage en prime, ce dont nous avons tous bien besoin ;)). Mais surtout… tous deux ont vécu une grave épidémie (bien plus grave encore que le Covid) à un certain moment de leur vie, et la façon dont ils ont géré cela est un poignant témoignage de ce que l’Homme peut avoir de meilleur en lui dans les situations les plus terribles.

À priori ce sont des livres « pour les jeunes », mais à 40 ans, pour moi c’était juste parfait 😉

Idée N°19 : Rester solidaires AUTANT qu’on le peut

On peut avoir parfois l’impression que confinement individuel et solidarité sont incompatibles. Or on peut, de chez soi, faire tout de même quelques petites choses pour les malades, les soignants et toutes les autres personnes en grande difficulté : déjà, respecter le confinement (quand je vois des gens continuer à se voir comme si de rien n’était en « bravant » les interdictions, ont-ils conscience que s’ils tombent malades, outre le danger pour leur vie ils risquent de « prendre » le respirateur d’une personne un peu plus âgée qui décèdera par leur faute ? »), mais aussi confectionner des masques en tissu (une association en fait dans notre région et mon fils Hugues en a bénéficié pour ses livraisons de fromages, cela m’a énormément touchée et du coup, on est en train d’en faire à notre tour), prier pour eux (dans les temps passés, nos anciens qui avaient beaucoup de bon sens ont toujours pensé à demander le secours du Ciel en priant les uns pour les autres dans les grandes épreuves de famine, de guerre et d’épidémie… ces fléaux qui, bien souvent, ne sont dus qu’à la folie humaine !), en gardant leurs enfants quand cela est possible (j’ai une amie, très chère, qui est « sur le front » directement au contact des malades : elle a deux petites filles, gardées par des amis, elle ne les a plus revues depuis 10 jours et ne les reverra probablement pas avant la fin du confinement, c’est un crève-cœur pour une maman ça), en « profitant » d’une course urgente pour ramener quelques denrées nécessaires à un voisin fatigué ou une personne âgée du quartier (en gardant toujours les « gestes barrière », pour ne pas apporter le covid en même temps que la baguette de pain…), en demandant si, dans sa famille ou connaissances, certaines personnes pourraient être soulagé d’un peu de leur télétravail, etc.

Surmonter son individualisme pour aider tout autant qu’on le peut (sans jamais mettre en péril non plus le dispositif de confinement), cela occupe, cela grandit l’âme, cela rend très heureux…

Idée N°20 : Cuisiner !!!

Vous l’attendiez un peu celle là, avouez :)… et bien nous y voilà ! Cuisiner de bons petits plats équilibrés ça occupe, ça nourrit sainement, ça fait passer le temps, ça console et ça apaise.

Pour votre bon moral, c’est une recette un peu poétique que je vous propose aujourd’hui, un gâteau réalisé uniquement avec des ingrédients que nous avons tous (ou presque) dans nos placards !

Mais nooon, pas du PQ. (Pffff !).

De la farine, de la compote, des trucs comme ça 😉 Et même pas d’œufs ou de beurre puisque c’est en rupture dans certains magasins !

Ce pourrait être un chouette gâteau de Pâques d’ailleurs, car malgré la simplicité des ingrédients et de la recette, il est extrêmement bon…

Et puis lors du prochain post, j’essaierai de vous trouver un moyen de faire des petits animaux de Pâques home made pour vos enfants… enfin, si j’arrive à un résultat correct ! Parce que je suis encore très vexée par mon paon enluminé qui ressemble à un poulet en queue de pie

 

Bon courage à vous tous. On en viendra à bout de cette saleté. Et le bon plan suprême, ce serait qu’on en sorte plus forts…

 

 

 

« Fleurs blanches », le gâteau du placard qui n’en avait pas l’air…

Telles les première corolles d’un verger de printemps enivrant abeilles et papillons de leurs senteurs florales et miellées, ce gâteau léger comme un nuage joue sur une partition pleine de délicatesse et de légèreté : miel d’acacia, vanille, soupçon de fleur d’oranger et d’amande évoqueront ces fleurs blanches qui ne laissent personne indifférent…

A noter que ce gâteau, ultra facile à réaliser, ne contient ni œufs ni laitages et peut se cuire soit à la vapeur soit au four.

 

Ingrédients pour 8 parts

Préparation : 15min (tout compris !)

Cuisson : 25min

À commencer la veille

 

Pour la crème :

  • 40cl de crème coco liquide (marque Kara, briquette verte, car elle monte bien en chantily)
  • 1 c. à soupe de véritable eau de fleur d’oranger (merci Cybèle, ma chère amie :))
  • 1 c. à soupe d’extrait de vanille liquide
  • ¼ de cuillère à café d’extrait d’amande amère
  • 8cl (85g) de miel d’acacia

 

Pour le gâteau :

  • 175g de farine T110 de blé ou de grand épeautre
  • Un sachet de poudre à lever
  • 100g de compote pomme-vanille sans sucre ajouté
  • 110g de miel d’acacia
  • 6cl de jus de pomme
  • 50g d’huile de coco + un peu pour le moule
  • Une pincée de sel.

 

La veille, mélanger tous les ingrédients de la crème, couvrir et mettre au frais.

Le lendemain, mettre à chauffer environ 2L d’eau dans un cuiseur vapeur ou un couscoussier (ou préchauffer le four à 180°C, au choix).

Graisser un moule à savarin de 22cm de diamètre avec de l’huile de coco.

Mélanger dans un saladier la farine, la poudre à lever et le sel. Ajouter la compote, le miel, le jus de pomme et l’huile de coco préalablement fondue. Mélanger de nouveau juste ce qu’il faut puis verser dans le moule à savarin et égaliser.

Déposer le moule dans le panier vapeur poser le couvercle et compter 25min de cuisson (ou enfourner pour 25 min, au choix). Laisser refroidir avant de démouler.

Le lendemain, fouetter les ingrédients de la crème au robot muni de ses fouets à fils jusqu’à obtention d’une chantilly bien ferme. Démouler le gâteau sur un plat, puis déposer des cuillerées de crème sur le dessus. Décorer éventuellement de jolies fleurs d’arbres fruitiers (ici, des fleurs de pruneliers).

 

⇒ Nota : la cuisson à la vapeur ou au four donnent des textures très différentes, mais les deux sont excellentes. Cela vous fera une bonne excuse pour, comme moi, tester les deux versions 😉

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12 mars 2020

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Des petits cakes énergétiques aux noix et aux figues

(Et des photos de mon nouveau salon ! )

 

Ouf, c’est fait  ! Ces 10 derniers jours, j’ai allègrement pataugé dans les gravats, je me suis collé de la poussière jusque dans les trous de nez, de la chaux sous les chaussettes et de la peinture à l’argile dans les cheveux, j’ai les genoux en compote et les poignets en marmelade, le bras droit agité de soubressauts à force d’avoir poncé, bref, je suis HEU-REUSE ! Je viens de terminer le relooking de mon salon, et ça fait juste 15 ans que j’attendais ça…

Comme l’an dernier, pour la cuisine, je vous mets quelques photos accompagnées d’infos pratiques afin de partager avec vous quelques idées pour le cas où cela vous intéresserait, mais sans trop donner de noms de marques ou de liens car sincèrement, il y a surtout beaucoup de récup’ (et si vous ne trouvez pas votre bonheur, genre vous voulez absolument savoir où j’ai déniché les trois tableaux avec le lapin, le hibou et le louveteau qui ornent le mur au dessus du radiateur, demandez-le moi en commentaire, je vous répondrai volontiers;)).

Et comme certains d’entre vous (c’est bien normal) ne seront pas DU TOUT passionnés par mes histoires de vieux meubles décapés et de tomettes en terre cuite de récupération, je vous donne aussi la recette des petits cakes que vous apercevrez ça et là sur les photos : ils sont absolument délicieux et très sains. En ce moment, je teste par curiosité pas mal de recettes sans aucun sucre ajouté (ni sirop d’agave, ni miel, etc.) et du coup, autant en faire profiter tout le monde… enfin, quand c’est bon (ce qui est le cas de ces cakes aux figues, mais pas de tous mes essais, loin s’en faut ;))

Bon… on y va ?

 

 

L’an dernier, je vous montrais cette jolie vieille porte de ferme “chipée” à la chèvrerie de mon fils (avec son accord tout de même !)… Mais qu’y a-t-il derrière cette grosse porte? 😉

 

Le meilleur moyen de savoir, c’est de l’ouvrir hein… Elle grince un peu sur ses vieux gonds rouillés. Oh, mais c’est le salon ici ! (Sans blague, je suis sûre que vous ne vous y attendiez pas du tout ;))

 

Un vaaaste salon ! Et bien non. En vrai, il est tout petit petit. C’est juste mon objectif grand angle qui fait le cake… J’ai d’ailleurs un peu galéré pour ces photos car je rêverais de savoir prendre de beaux clichés comme dans les magazines de déco, sauf que je ne suis pas DU TOUT équipée pour ça ! Avec mon objectif fixe 50mm (celui avec lequel je prends toutes mes photos de cuisine), on ne peut shooter que des petits détails, ou alors reculer de 10m si on veut faire rentrer ne serait-ce qu’un fauteuil en entier dans le cadre. Or je n’ai (carrément) pas 10m de recul dans mon salon, même en grimpant sur le mur d’en face… Alors j’ai utilisé le grand angle, celui qui me sert pour les photos de paysages, et du coup, là j’arrive à cadrer plus de choses sauf que c’est tout déformé un peu comme Godefroy de Montmirail qui regarde son château après avoir bu la potion hallucinogène de la sorcière… Mais au moins, vous avez une vue sur mon beau sol en tomettes de récupération, je l’aime teeellement ce sol ! Et dire que la semaine dernière, il y avait encore un carrelage moderne blanc et brillant dans ce salon…

 

Ici c’est mon post de travail 😉 Et ce n’est pas une blague. Car quitte à passer des heures devant l’ordi, autant me balancer dans un rocking chair, c’est mieux. Et dans cette grande armoire en noyer chinée 80€ sur le Bon Coin, puis “décapée” à la pierre d’argent pour que le bois soit moins foncé…

 

… se cache justement mon vieil ordinateur, celui qui a essayé de me lâcher 4 ou 5 fois en deux ans mais que mon mari à toujours réussi à réanimer de peur de devoir en racheter un autre (le gorille tout gris qui se reflète dans l’écran avec un appareil photo à la main, c’est moi en pyjama) ! Et dans les innombrables bacs en plastique tout moches autour, il y a des petites cuillères en bois, des petites cuillères anciennes en métal, des petites cuillères à manche coloré, des petites cuillères en porcelaine, des fourchettes (en bois, en métal, etc.), des couteaux, des ustensiles tout bizarres (genre un presse-purée vintage), des baguettes chinoises, des caissettes à cupcakes, des poches à douilles avec toutes les douilles possibles et imaginables y compris celles dont personne ne sait pourquoi elles existent, des emporte-pièces, des cercles inox individuels, des rubans, etc. Bref, tous ces petits trucs qui servent à mes recettes et mes photos. Avant, c’était dans des cartons, empilés dans un placard moche en maçonnerie avec une porte rouge. Et c’était tellement bourré qu’avant d’y trouver un truc, je devais farfouiller comme un sanglier en disant plein de gros mots, puis jeter par terre la moitié du placard avant de trouver ce que je cherchais (ou pas). Là j’ai JUSTE à ouvrir un tiroir en sifflotant… Ah, ce que c’est que l’organisation quand même ! Et pour travailler, et bien je mets le rocking chair devant l’armoire ouverte, j’allonge les pieds sur les coussins, et c’est parti pour trois heures de balançoire en tapant sur le clavier. On appelle ça “l’ergonomie du travail”, c’est très sérieux comme concept ;))

 

A gauche du placard, il y a maintenant un vieux radiateur tout charmant en “fonte fleurie”, venu remplacer le grand truc blanc tout moderne qui prenait la moitié du mur… Ce grand-père radiateur, on l’a acheté d’occasion, il pèse 180kg, il a fallu se mettre à trois rugbymen pour le rentrer dans le salon et encore, j’ai bien cru qu’on n’y arriverait jamais. Moi, je l’ai “juste” repeint avec un gniwagnagna de petit pinceau coudé pour aller dans tous les recoins et je vous raconte pas le temps que ça m’a pris… Mais là, il me plaît vraiment, c’est une oeuvre d’art à lui tout seul ce radiateur ! Seul souci : il chauffe comme un malade, et au bout d’une heure de travail devant l’ordi, j’ai un coup de soleil sur la joue gauche. (Mais ne le répétez pas à mon mari, sinon il va soupirer “je te l’avais bien dit !!!)…

 

Quand on tourne le dos à mon armoire de Narnia, il y a la porte-fenêtre contre laquelle je fais absolument toutes mes photos de cuisine depuis des années… Avant j’avais une petite table ronde à bout de souffle sur laquelle je disposais mes fonds, mais que je ne pouvais pas utiliser telle quelle (car elle était un peu jaunâtre). Là, j’ai dégoté cette petite table de bistrot des années 50 pour 20€ dans une ressourcerie du coin. Je l’ai entièrement poncée pour retirer le vernis, patinée au brou de noix + cire teintée de noir, mon mari l’a équipée de roulettes, bref, je sens qu’on va faire une bonne équipe elle et moi… Au fond, une alcôve (un ancien évier) qui était, au départ recouverte de carrelage moche : Il y a deux ans j’y ai collé des briques de parement assez sympa, ça me plaît bien mieux… On aperçois parfois ce bout de mur en briques sur certaines de mes photos.

 

Le plateau de ma petite table de bistrot (avec des cakes au figues, aux noix et à l’huile d’olive, mais oui, on va y arriver à la recette ;))…

 

Ça, ce sont des malles qui me font de l’oeil depuis des mois. J’ai failli me les acheter pour mes 40 ans cet automne, puis pour Noël… Je viens de craquer, (pardon!) après 5 mois de résistance acharnée. Désolée… Mais c’était pour le travail, si si, promis !

 

Regardez : j’y range tout bien mes petits torchons qui servent au stylisme des recettes ! C’était donc un achat utile et raisonnable. C’était pas pour leur look, nooooon. Juste par pure “raisonnabilité”…

 

A côté des petites malles il y a ce vieux buffet, qu’un ami nous a donné il y a 20 ans. Il était marron foncé, vraiment pas très jojo (le buffet, pas le copain). Je l’ai sablé, repeint en bleu gris, “usé” légèrement en reponçant les angles, patiné au brou de noix…

 

… Sauf le plateau, laissé tel quel.

 

A côté dudit buffet se trouve LE fauteuil du salon… Alors moi, j’ai toujours rêvé d’un fauteuil Laura Ashley “à oreilles”, genre celui de Sherlock Holmes au 221 B Baker Street. Mais bon, à défaut du budget, j’ai trouvé ce fauteuil IKEA d’occasion, et il fait le job… Ce qui est dommage, c’est que je n’ai pas très souvent le temps de m’y assoir avec un thé, un livre et un gros plaid sur les genoux comme semble nous y inviter cette photo. La dernière fois c’était en décembre (2018), je crois. Bah, j’en profiterai quand je serai à la retraite {soupir}…

 

A côté du fauteuil il y a ce petit meuble rouge foncé, lui aussi “rescapé de la marronitude” grâce à un gros coup de peinture rouge basque ;). On y range les livres d’enfants.

 

Hop, demi-tour à 180° : voici le canapé. Avec dessus, une collection de sangliers en peluche. Chez les Chioca, on a un truc avec les sangliers, tout le monde trouve ça “trop meugnooooon” et faudrait qu’un psy nous explique, parce que ce n’est peut-être pas très normal d’être à ce point attendris devant des gros cochons de la forêt munis de défenses terrifiantes. Les autres gens, normaux, aiment les petits chats en peluche, les petits lapins, les flamants roses, Hello Kitty, les petits trucs mignons quoi. Les miens sont gagas de sangliers (tous !), et à Noël, l’arrivée du gros “papa sanglier” (à gauche) a été salué par un octuple hurlement de joie délirante (oui, moi aussi j’ai crié et pourtant, je savais bien ce qu’il y avait dans le paquet).

 

Quant au canapé, c’est toute une histoire. Vous voulez savoir? Alors : c’était le canapé de mon arrière-papi. Il était en velours vert, rembourré en crin de cheval, et il avait traversé la mer en bateau pour atterrir à Nice dans les années 60. On n’a gardé que le tour (c’est à dire les accoudoirs et le coffre derrière), on a sablé le tout pour éclaircir le bois, puis mon mari a rajouté une jolie planche dessous (pour camoufler les roulettes, parce que c’est plus facile comme ça de le déplacer). Et au milieu, c’est juste un clic-clac de chez Confo qui a exactement 18 ans. Ça ne vaut pas le look d’un canapé de chez Maison du Monde mais au moins, il est unique celui-là 😉

 

Au mur, les portraits de nos ancêtres? Ben non, parce qu’on en avait pas (voilà ce que c’est que de descendre de paysans auvergnats et de maçons italiens : il n’y avait personne pour les peindre ;)). Alors on a mis cet ourson extrêmement mignon sur le mur en briques…

 

… et ces trois ravissantes petites bêtes au dessus du radiateur (mur enduit à la chaux et peint à l’argile, soit dit en passant : des matériaux naturels, très peu onéreux, et au rendu vraiment joli). C’est un salon des Chambaran, avec des animaux de la forêt dans tous les coins !

 

Ici, détail sur deux meubles du salon que j’ai repeint et “vieilli” en reponçant doucement les angles puis en patinant au brou de noix (très important, sinon le bois reste trop blanc et ça ne fait pas ancien du tout). J’aime beaucoup cet effet usé mais j’ai bien ri de l’air dépité d’un ami, plus âgé, s’exclamant devant mes meubles dont j’étais si fière : “Mais… c’est ni fait ni à faire !”

 

Juste pour le délire… des petites bêtes au crochet, réalisées par ma Roseline aux doigts de fée 🙂

 

Et ces jolies fleurs…

 

… que je n’ai pas pu résister de ramasser pour fleurir mon salon tout neuf (ça nous fera quelques prunes de moins cet été mais bon, pour ce que les oiseaux nous auraient laissés de toute façon ;)).

 

Et bien voilà, on a fini je crois… Je n’ai pas photographié le poêle à bois parce qu’il est vert canard, pas du tout assorti, mais mon mari ne veut pas le changer (j’ai quand même tenté de négocier, évidement, mais bon, il faudra attendre qu’il tombe en panne et comme ça ne tombe pas souvent en panne, un poêle à bois…). J’ai aussi évité soigneusement de prendre en photo l’effroyable buffet style “Henri II” que mon cher-et-tendre aime tellement et qu’il a bien fallu garder parce que dans un couple, faut faire des concessions hein {triple soupir}. Il est absolument hideux, vaguement (mais alors très vaguement) moyenâgeux (le buffet, pas le cher-et-tendre!), avec, sculpté sur les portes, des espèces de gargouilles en train de vomir des fruits (une horreur je vous dit !!!). Et là j’ai eu beau le sabler, je ne peux pas faire de miracle non plus 😉 Heureusement qu’il est planqué dans l’ombre derrière le canapé ^^

Allez, on passe aux petits cakes? Vous les avez bien mérités 🙂

Ingrédients pour 8 petits cakes :

Préparation : 10min

Cuisson : 20min

  • 130g de figues séchées
  • 100g de noix de Grenoble fraîchement décortiquées (ou d’amandes)
  • 110g de farine T110 de grand épeautre (ou de blé)
  • 1 sachet de sucre vanillé (ou 7 à 8g de sucre vanillé maison)
  • ½ sachet de poudre à lever
  • 1 c. à soupe de véritable eau de fleur d’oranger (merci ma Cybèle pour ton délicieux cadeau :))
  • 3 œufs
  • 60g de jus de pomme
  • 60g d’huile d’olive
  • 1 c. à café rase de graines d’anis vert (facultatif, mais délicieux)
  • Une pincée de sel.

Préchauffer le four à 180°C, chaleur tournante.

Avec une paire de ciseaux, découper les figues en petits morceaux. On peut aussi découper les cerneaux de noix ou les amandes en deux (facultatif).

Mélanger la farine, le sel, le sucre vanillé, l’anis vert et la poudre à lever. Ajouter les œufs, le jus de pomme, l’huile et la fleur d’oranger. Mélanger le moins possible, rajouter les figues et les noix, mélanger de nouveau et verser aussitôt dans 8 petits moules à muffins (environ 5cm de hauteur et 6cm de diamètre).

Enfourner pour 15 à 17min environ., jusqu’à ce que les cakes soient bien gonflés, bien dorés, et qu’une pique plantée à coeur ressorte parfaitement sèche.

A conserver dans une boîte hermétique ou un sachet plastique.

 

 

 

 

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{ C’est tellement mieux que d’ouvrir une brique ! }

26 février 2020

{ C’est tellement mieux que d’ouvrir une brique ! }

 

La petite soupe asiatique « chrono » et trop bonne 

(Modulable en fonction des appétits)

♥ IG bas ♥ Sans Lait ♥

 

En publiant mon affreux cake tout vert de la dernière fois, je ne m’attendais certainement pas à un tel engouement ! Oui oui, encore des légumes et des recettes faciles, rapides, toutes légères pour le soir Marie ! C’est donc bien volontiers que je m’exécute, et même d’autant plus volontiers qu’étant actuellement en cure Cabot, je ne me vois pas trop vous poster des recettes genre dégoulinantes de chocolat que vous me bouloteriez sous le nez (sadiques !). Ce sera donc une Marie trèèès sage qui écrira sur ce blog pour les 2 ou 3 prochains articles. Et si, ça peut m’arriver des fois. Il me faut aussi vous dire qu’ayant attaqué lundi des travaux dans mon salon (je vous mettrai des photos quand ça sera fini, promis), et étant donné que cette pièce me faisait aussi office de bureau et de studio photo (et de frigidaire, c’est pour ça qu’on va rajouter un radiateur), je risque d’être un peu en galère pour shooter les prochaines recettes. Ce matin, par exemple, des terres-cuites étaient en train de sécher devant LA fameuse porte-fenêtre (seul endroit de ma maison où la lumière soit au top le matin) et pour photographier cette soupe, j’ai dû aller me geler dehors alors que j’avais mal au crâne, que mon chien louchait sur les crevettes (même qu’un filet de bave coulait de sa babine et je tremblais que ça ne tombe dans l’assiette…), que des flocons de neige se collaient sur l’objectif, que les brins de ciboulette s’envolaient à chaque coup de vent, que mon écharpe trempait dans la soupe (pendant que je surveillais imbécilement le filet de bave du chien) bref, que du plaisir hein… Mais bientôt, j’aurais un joli salon/bureau/studio photo, et ça c’est chouette ! Comme pour la cuisine l’an dernier, je tente petit à petit de redonner à ma maison un peu de son charme rustique, sachant que les précédents propriétaires se sont légèrement acharnés dessus : plaques de placo pour « cacher » les poutres en bois ou les jolis murs en pisé, lambris en PVC, carrelage design pour remplacer les planchers anciens, bref, rien n’aura été épargné, ou presque, mais bon, chacun ses goûts on va dire. Là, on est en train de poser des tomettes en terre cuite de récup sur le carrelage blanc brillant, sans savoir ce qu’il y avait dessous, ça va faire une drôle de lasagne mais bon, on était trop fatigués à l’idée de tout défoncer au marteau-piqueur…

Bref, pour en revenir à ma recette, c’est un plat que je fais souvent le soir quand je suis un peu limite côté timing (presque comme tous les soirs, en fait) car avec un robot pour émincer finement les légumes (et éventuellement une bouilloire pour chauffer l’eau plus vite), cette super bonne soupe se cuisine en un clin d’œil ! Elle peut même être modulée très facilement en fonction de l’appétit de chacun puisque les pâtes ne sont proposées qu’à part : Moi par exemple, je n’en mets pas dans mon assiette mais en revanche j’essaye toujours de choper deux ou trois crevettes dans la marmite, mine de rien.

Ce genre de petit plat, tout chaud, bien parfumé et HYPER léger c’est vraiment bien pour le soir quand on surveille un peu sa ligne : Car parfois, on n’a pas vraiment faim, mais juste “envie de manger”, et/ou de partager un moment de détente à table avec sa famille, pour se réconforter d’une longue journée. Or, sans les pâtes, cette bonne soupe est vraiment “light”…

Toujours sur le plan nutritionnel, sachez qu’outre le côté bien pratique de la cuisson chrono des légumes émincés finement, ils conservent ainsi presque toutes leurs qualités mais sans le côté « refroidissant » et parfois un peu plus difficile à digérer des crudités. Pour l’hiver, c’est le top ! Les crevettes sont facultatives (voir plus bas pour les alternatives végé ou pas) mais 25g de protéines animales par personnes, c’est hyper raisonnable pour un repas du soir… et ça donne un super bon goût à la soupe !

Surtout, ne zappez pas le petit « secret » consistant à faire légèrement rissoler l’ail, le gingembre et les oignons hachés avant d’ajouter les autres ingrédients. Perso, je n’utilise jamais de bouillons tout prêts, car il ne faut vraiment pas grand chose pour en réaliser de délicieux à la maison : une feuille de laurier, un clou de girofle, quelques légumes et un peu de sel étant vraiment la base, sauf dans cette soupe aux parfums un peu plus asiatiques où là c’est le trio ail/gingembre/coco qui fait le job (en plus des bons légumes ! ).

Je profite pour préciser qu’en vous recommandant d’émincer les légumes au robot, je n’essaye pas de vous faire de la pub pour telle ou telle marque. Je m’en fiche, prenez le robot que vous avez, et si vous n’en avez pas, il ne vous faudra que quelques minutes de plus pour émincer les légumes avec un couteau et une planche (ce que je fais parfois par « flemme » de devoir ensuite rincer les éléments du robot)… Pendant des années, j’ai eu un robot multifonctions Magimix, pas top canon côté design mais super robuste. Juste pour l’anecdote, un jour un de mes enfants a réussi à mettre une cuillère à café en inox (si si) dans le robot en train de hacher de la viande. Et là je suis sûre que vous voudriez bien savoir ce qu’il s’est passé hein ? Moi aussi.

Parce que quand je suis revenue dans la cuisine, attirée par des bruitages de film de guerre à 120 décibels, j’ai vu mon robot Magimix danser la gigue sur le plan de travail en faisant des bonds de kangourous. Je l’ai rattrapé in extremis dans sa tentative de saut en parachute et il n’a même pas été cassé… Bref, c’était du solide. Mais comme au bout de 15 ans d’usage intensif dans une famille de barbares il commençait quand même à partir en quenelle, mes enfants m’ont offert pour mes 40 ans un joli robot du même type mais d’une autre marque (Kitchenaid) et celui-ci a un look vintage de folie ! Bref, on peut se passer de robot multifonction pour cuisiner, car tout peut être découpé ou haché au couteau. Mais si l’on manque généralement de temps pour cuisiner, et que l’on veut malgré tout manger sainement, c’est un « gadget » intelligent je pense, car cela permet de préparer des bons légumes crus ou cuits en un clin d’oeil. Et là je suis sûre que quelqu’un va me dire « Et une mandoline, c’est bien aussi une mandoline ! ». Oui, quand on veut parfumer sa soupe avec de la pulpe de doigts (j’ai en horreuuuuur les mandolines, cet instrument au petit nom si poétique, si féminin, cachant des instincts meurtriers sous sa lame de rasoir !!!).

En tout cas, j’ai plein d’autres recettes de « soupes chrono au robot » dans mes petits papiers alors je vous les donnerai à l’occasion. Je ne vais pas garder ça égoïstement pour moi, pendant que tant d’entre vous se résignent à ouvrir tristement une brique de soupe tous les soirs faute de temps…

 

Ingrédients pour 4 personnes

Préparation : 5 à 10 min

Cuisson : 12min

  • 1 oignon
  • 1 poireau
  • 1 grosse carotte (ou 2 petites)
  • 1 petit chou chinois (350g)
  • 2 ou 3 branches de céleri bien tendres (édit du 28/02, car je les avais oubliées)
  • Quelques champignons frais (facultatif)
  • 15 à 25g de gingembre frais (selon les goûts)
  • 2 gousses d’ail
  • 4 c. à soupe d’huile au choix (coco ou olive)
  • Environ 100g de crevettes décortiquées (voir plus bas pour les variantes car je sais que ça coûte un bras, les bonnes crevettes)
  • Environ 200g de nouilles asiatiques aux œufs (en magasin bio)
  • 20cl de crème de coco liquide
  • Optionnel : 1 petit piment séché (ou un peu de purée de piment), quelques brins de ciboulette.
  • Un morceau d’écharpe pour infuser
  • Sel, poivre 5 baies.

Hacher l’ail, le piment et le gingembre puis faire blondir le tout avec l’huile dans une cocote en fonte jusqu’à obtention de notes légèrement caramélisées. Pendant ce temps, émincer assez finement tous les autres légumes puis les mettre dans la cocotte avec les crevettes. Saler généreusement, mélanger et faire revenir le tout quelques minutes, juste le temps de porter à ébullition 2l d’eau à la bouilloire.

Verser 1,5l d’eau dans la cocotte, ajouter le piment, le poivre 5 baies, poser un couvercle et cuire 7 à 10min de plus, juste le temps que les légumes deviennent tendres. Pendant ce temps, verser le restant d’eau bouillante sur les nouilles, poser un couvercle et laisser gonfler quelques minutes (vérifier le temps indiqué sur le paquet).

Servir à part la soupe et les nouilles, chacun pouvant ainsi moduler la quantité qu’il rajoute dans son assiette en fonction de son appétit…

Plein d’options !

– Les nouilles asiatiques sont très pratiques pour dépanner les soirs de crise grâce à leur cuisson très rapide (on les fait juste gonfler quelques instants dans de l’eau bouillante), mais elles peuvent être remplacées par des nouilles soba pur sarrasin (IG bas et sans gluten) ou des tagliatelles de riz (sans gluten) qui devront cuire à part avant d’être ajoutées à la soupe.

– Vous pouvez cuisiner cette soupe de façon totalement végétalienne (c’est déjà bien bon), ou ajouter un tout petit peu de protéines qui parfumeront beaucoup le bouillon tout en restant très digestes pour un repas du soir : ici, j’ai utilisé des crevettes, mais l’on peut aussi prendre 100g de filet de cabillaud ou de blanc de poulet préalablement découpés en petits cubes, ou 100g de bœuf ou de porc en fines lamelles (le cabillaud sera ajouté dans la soupe, comme les crevettes, tandis que le poulet, le porc ou le bœuf gagneront à rissoler dès le début de la recette, avec les oignons, l’ail et le gingembre.)

– Dans l’absolu, la crème de coco est optionnelle (on peut se contenter du bouillon clair), mais il serait bien dommage de s’en priver car c’est délicieux. Elle peut être ajoutée directement dans la marmite, ou présentée à table, chacun l’utilisant en fonction de ses goûts…

La soupe sans crevettes, ni nouilles ni crème de coco. Sans blaguer, c’est déjà pas mal 🙂

Même si AVEC, c’est tellement mieux 🙂

Je termine en postant quelques photos de cet hiver. La plupart ont déjà été publiées sur Instagram, et je ne peux pas à chaque fois tout mettre en “doublon” car il y a le contenu du blog, le contenu d’Instagram, et j’essaye de faire quelque chose d’un peu différent sinon ça n’aurait pas beaucoup d’intérêt 😉 Mais ces photos là, quelqu’un que j’aime bien m’a littéralement supplié de les poster ici…

Voici donc ma campagne après la pluie (faute de neige…)

 

Deux petits ânes rencontrés dans la brume…

 

L’abbaye Saint-Antoine, 1000 ans d’Histoire dans un bel écrin de campagne.

 

Chingachgook (et non John Cannar finalement), le caneton “coureur indien” né la semaine dernière (je ne peux pas tout vous re-raconter, sinon on va dire que je radote ;))

 

La ramure de cet arbre majestueux se détachant sur les montagnes… à noter que depuis cette photo, j’ai traversé trois collines et vallées à pied (et c’était loin, car ce cliché a été pris au téléobjectif ;)) pour toucher ce bel arbre. Rien à dire, de près, il est aussi beau, mais je ne sais toujours pas de quelle essence il est 🙂

 

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{ En trois coups de mixeur ! }

7 février 2020

{ En trois coups de mixeur ! }

Shrek le cake 😉

♥ Végétarien ♥ IG Bas ♥ 

 

J’ai faim, qu’est-ce qu’on mange ce soir ?

Je ne sais pas si vous avez souvent entendu cette question (ah si ?), en tout cas elle résonne chez moi quasiment tous les soirs car statistiquement, plus vous avez d’enfants, plus vous avez de chances qu’un gugusse vous la pose. Et quand c’est la quatrième ou la cinquième fois en un quart d’heure, ça peut devenir un tantinet irritant… (Gniiiiiiiiii !!!)

Du coup, pleine de pitié pour tous les pauvres parents en train de faire gniiiiiiii ! eux aussi tous les soirs dans leur cuisine, j’ai eu envie de poster sur mon blog une “recette du soir”, c’est à dire quelque chose qui soit à la fois facile, super rapide et équilibré. Alors j’ai longuement cogité sur la question hier en marchant en forêt (il faut savoir qu’avant, je réfléchissais à mes futures recettes en sautant sur un trampoline, c’était efficace comme tout, mais depuis mon pied cassé ce n’est plus possible. Or, mes neurones ont visiblement besoin d’être secoués très forts pour produire quelque chose puisque dès que je m’assois tranquillement, ils tombent en panne d’inspiration). L’idée de cette recette a donc germé sur un chemin forestier et franchement j’ai bien du mérite (sans blague !) parce que j’étais partie marcher avec une de mes filles qui est championne olympique de tchatche (elle peut parler 2H20 non stop, j’ai vu ça hier ;)). Je suis rentrée assez tard avec une de ses envies de roupiller… mais pas question de céder à l’appel de l’oreiller : Trois semaines d’absence sur le blog, ça n’avait que trop duré !

J’ai donc réalisé un gâteau de légumes en quelques coups de mixeur (l’impératif « faut que ça aille vite » m’arrangeait bien pour le coup !), puis j’ai attendu les 50min fatidiques de cuisson en baillant comme un diplodocus dans ma cuisine. En entendant enfin sonner le minuteur, j’ai soulevé avec appréhension le couvercle du cuit-vapeur pour découvrir, merveille, un gâteau d’un vert intense, super appétissant ! Réussite sur toute la ligne, hé hé…

Et puis là pfiouuuuu. Il s’est dégonflé.

La seule fois de ma vie où j’ai vu une tronche de cake se dégonfler à cette vitesse là, c’est le jour où un livreur Amazon (qui était en train de sérieusement manquer de courtoisie) a vu mon beauceron dégringoler de par dessus la clôture pour s’interposer entre nous !

Bref, mon cake avait la bonne couleur (celle de Shrek, comme le livreur ), mais un look des plus déprimants. Une bouse, ni plus ni moins. (Le cake, pas le livreur).

Là je voudrais vraiment que vous sortiez vos petits mouchoirs pour pleurer sur cette scène si épique, si émouvante, si attendrissante, si bouleversante, si poignante, si héroïque, si pathétique, si édifiante, si homérique de moi en train de ressortir, dans le noir de la nuit, chercher un poireau à la cave (et vous êtes en train de rire, bravo ! Vraiment pas de cœur !!!) au lieu de fourrer mon nez une bonne fois pour toutes dans l’oreiller.

Bref, j’ai recommencé à 22H ce gniwagnagna de gâteau en modifiant un peu les quantités d’ingrédients. Et le temps que ça cuise, j’ai baillé, écris la recette, baillé, rangé la vaisselle, baillé, regardé ma montre, baillé, ouvert mes mails d’un œil hagard et larmoyant, baillé, attrapé une poignée d’amandes au chocolat dans le bocal, baillé, reposé les amandes en me souvenant de mon tour de hanches, baillé, entendu sonner le minuteur, baillé, soulevé le couvercle du cuit-vapeur… et là je suis restée la bouche ouverte !!! Certes, déjà, parce que j’étais en train de bailler, mais surtout parce que “Shrek le Cake II” semblait é-pa-tant ! Dodu, aéré, bien plus séduisant que le premier en tout cas !

J’ai attendu quelques minutes, le cœur battant { là, musique de film d’horreur } pour surveiller (en oubliant de bailler) qu’il ne se dégonfle pas mais, ouf, tout s’est bien passé. Et j’ai pu aller me coucher en baillant de soulagement : Première partie de mission accomplie ! Après une bonne nuit de sommeil, la seconde partie de mission consisterait à shooter “Shrek le Cake II” sous ses meilleurs profils (ce qui n’était pas gagné ;)), mais cette perspective ne m’a pas franchement empêché de dormir…

D’ailleurs, je n’ai pas vu Shrek (le dessin animé), et mes enfants non plus. Désolée, ça manque à ma graaande culturation générale. Mais comme on sait quand même à quoi il ressemble, ma petite Luce m’a supplié de renommer mon gâteau autrement pour ne pas vous effrayer. Pourtant je trouve ça marrant moi, Shrek le Cake, ça sonne bien 😉

Et puis, s’ils ont tous les deux la même couleur, la comparaison ne s’arrête pas là ! Il partagent aussi, à prime abord, un aspect un peu repoussant (si si, disons les choses comme elles sont), qui s’estompe vite au profit d’une certaine affection dès qu’on fait davantage connaissance… Mon gâteau et le monstre vert ont encore en commun ce côté extraterrestre et mutant, car la texture de Shrek le Cake est à mi-chemin entre le gâteau éponge, le cake humide, les quenelles, la terrine de légumes et le clafoutis (oui oui, à mi-chemin de tout ça !)… et là, je ne suis pas sûre DU TOUT d’avoir réussi à vous convaincre d’y goûter alors sachez que je grignote des parts depuis ce matin en me disant à chaque fois « C’est trop rigolo ce truc, humm, c’est bon, ça ressemble à rien, c’est laid mais c’est bon. »

Je préfère juste prévenir les légumophobes les plus récalcitrants : passez votre chemin, car Shrek le Cake est si bourré d’épinards, de poireaux, de persil et d’oignons que vous ne vous en remettriez pas ! Il faut dire que ça nous fait quand même presque 700g de légumes frais planqués dans le gâteau (enfin, « planqué » n’étant pas vraiment le mot, n’est-ce pas, vu que ce gâteau semble hurler à tout le monde « Je suis tout vert donc plein de léguuuuumes !!!). J’aurais pu en mettre moins, c’est vrai, et obtenir une texture plus séduisante. Mais à vaincre sans danger, on vainc sans gloire, et le challenge était bien plus rigolo à relever avec toute cette verdure en premier ingrédient 😉

Ingrédients pour 6 parts

Préparation : 5 à 10min

Cuisson : 50min

  • 50g d’oignons
  • 200g de blancs de poireaux
  • 400g d’épinards frais
  • 1 grosse gousse d’ail
  • Un demi bouquet de persil (70g)
  • 4 œufs
  • 100g de parmesan râpé
  • 175 à 250g* de farine semi-complète de blé ou de grand épeautre
  • 1 sachet de poudre à lever
  • 6 cl d’huile d’olive
  • Noix de muscade fraîchement râpée
  • 1 c. à café de sel, poivre 5 baies (soyez généreux sur le poivre et la muscade)

 

* J’ai fais plusieurs tests de ce cake : avec 175g de farine, ça se dégonfle un peu, mais la texture est très agréablement fondante, beaucoup plus proche de la terrine de légumes. Avec 250g de farine, le gâteau lève mieux, est plus aéré, mais moins fondant. À vous de voir, les deux sont bons.

Mettre à chauffer au moins deux litres d’eau dans l’élément du bas d’un cuit-vapeur.

Rincer les épinards et les égoutter très soigneusement à l’essoreuse à salade.

Dans le bol d’un robot, hacher les poireaux, les épinards, l’oignon, l’ail et le persil avec l’huile, les œufs et le parmesan (procéder en deux fois si le bol est trop petit).

Dans un petit saladier à part mélanger la farine, la levure, le poivre, la muscade et le sel, puis verser dans le bol du robot avec le hachis de légumes et mixer de quelques impulsions, juste pour mélanger.

Transférer la pâte dans un moule à savarin huilé de 22cm de diamètre. Le déposer dans le panier du cuit-vapeur, poser un couvercle et compter 50min de cuisson.

Laisser un peu refroidir avant de démouler.

À servir tout chaud, ou froid avec une vinaigrette maison (ça fonctionne aussi très bien avec une sauce tomate !)

 

 

 

 

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{ Sans sucre ajouté }

16 janvier 2020

{ Sans sucre ajouté }

 

Le gâteau « Pomme d’Or »

♥ IG bas ♥ Sans Lait ♥

 

 

Chose promise, chose due… Voici la recette de ce fameux gâteau aux pommes sans sucre mis au point pendant les vacances de Noël, et déjà refait trois fois entre-temps !

Autant dire qu’à la maison, tout le monde l’aime beaucoup : il est à la fois moelleux, un peu humide, très parfumé et gourmand, bref, tout le contraire d’un estouffe gari, et pourtant ! Quand on regarde les ingrédients, difficile de faire plus « raisonnable » et il y aurait presque de quoi prendre un peu peur ;).

Dans ce gâteau, il n’y a pas de sucre (hormis le sucre vanillé, 15g en tout, soit 1,5g la part, bref, on va pas chipoter), et pas non plus de « sucre alternatif » de type sirop d’agave ou miel car les pommes Golden, naturellement très douces, se suffisent à elles-mêmes. Attention en revanche de ne pas vous tromper de variété, car ce même gâteau réalisé par exemple avec des Granny Smith ou des Reinettes du Canada risquerait de vous faire dresser les cheveux sur la tête ! Sincèrement, seules les Golden conviendront bien je pense (et non, ceci n’est pas un article sponsorisé), à moins que vous n’ayez sous la main une autre variété que je ne connaisse pas et qui soit toute aussi douce, mais ça m’étonnerait un peu…

Il faut dire que la pâtisserie et les gâteaux sans aucun sucre ajouté, c’est un drôle de challenge, mais qui mérite d’être relevé ! Car dans les produits industriels (même bio) estampillés « sans sucre », on croise pas mal d’horreurs…

Tout ça, c’est surtout une histoire d’étiquette. Et là je ne vous parle évidemment pas de « l’étiquette » qui définit, à la cour, la façon de se moucher avec grâââce et distinction, ou l’exact angle d’inclinaison que l’on doit donner à son buste selon que l’on salue un baron (43°), un duc (45°) ou l’empereur (75° et ça commence à faire mal aux reins), mais c’est presque aussi compliqué !

Un jour, je vous pondrai un petit article bien comme il faut là dessus, parce que ça m’exaspère au plus haut point de lire sur certaines étiquettes « sans sucre ajouté », alors que c’est bourré de maltose (IG 105 !), de sirop de raisin concentré, de sirop de malt, de sirop de maïs, de sirop de datte, de sirop de riz, de dextrose, bref, des sucrial killers, des trucs bien plus machiavéliques que le sucre de canne, lequel n’est déjà pas un enfant de choeur. Ce « sans sucre ajouté » spécial pigeons c’est une honte pour les marques qui le pratiquent, sachant quels dégâts cela peut provoquer par exemple chez une personne souffrant de diabète !

Mais là, j’ai envie de rester de bonne humeur. L’article rageur, je l’écrirai un jour où j’aurai envie de râler (ça arrive bien assez souvent), pas de souci. Aujourd’hui il a fait un temps superbe, Bouclette et Timmy sont revenus à la maison et j’ai couru une partie de l’après-midi (à genoux) dans le jardin pour tenter de caresser Timmy à qui je flanque visiblement une frousse formidable, ma fille a refait des truffes au chocolat, j’ai réussi à ne pas regarder les infos, ma journée n’a été entachée d’aucun cornichon téléphonique voulant me vendre des panneaux solaires à l’heure du repas, bref. Je n’arriverais pas à me fâcher là, je le sens bien. Alors revenons à cette bonne recette.

D’ailleurs, vous savez quoi? Elle me rappelle un certain gâteau normand de quand j’étais petite, lequel était souvent préparé par une brave vieille dame qui aidait un peu ma maman de temps en temps. Une “mamie-gâteaux” (aux pommes) à bouclettes blanches, semblant sortie tout droit d’un livre de contes pour enfants, gentille comme tout… mais ayant la pauvre, une fâcheuse tendance à lever le coude et ça, on ne le savait pas ! Mon papa voyait bien que ses bouteilles d’alcools forts « s’évaporaient », c’était mystérieux… et puis un jour, il a fabriqué de l’élixir du Suédois (c’est horriblement amer, mais ça soigne tout un tas de trucs !). N’ayant sous la main qu’une bouteille vide de rhum Negrita, il y a transvasé son élixir pour le filtrer, a reposé le tout sur la table de la cuisine, et n’y a plus pensé. Moi je jouais au salon. J’ai vu la pauvre vieille dame fermer soiiigneusement la porte de la cuisine d’un air innocent, détaché, presque en sifflotant vous voyez… puis j’ai entendu tousser, cracher, jurer à faire rougir Calamity Jane en personne. Et quand je me suis précipitée dans la cuisine elle se rinçait la bouche sous le robinet. Oups, évidement, l’élixir du Suédois c’est pas du rhum, et forcément, ça a dû la surprendre un peu… Pour le coup des bouteilles qui s’évaporaient on était fixés ! C’est quand-même un peu triste cette histoire, une des premières déceptions de mon enfance, et 30 ans après, j’y repense quasiment à chaque fois que je mange un gâteau aux pommes… mais aussi en voyant une bouteille d’élixir du Suédois ou de rhum Negrita. Faut croire que ça m’a marqué, et que ça me marque encore vu que je suis en train de vous le raconter ! Il faut dire que les enfants et mon mari ayant déjà entendu 55 fois cette histoire (Tient, un gâteau aux pommes, ça me rappelle… Oui, on sait maman, tu l’as déjà raconté. Tient une bouteille d’élixir du Suédois ça me rap… Oui, maman, on sait. Tient, une bouteille de rhum Negrit… ON SAIIIIT !!!), je suis bien contente de pouvoir radot… vous l’écrire sur le blog ;).

Pour dénicher chez Bioc.. enfin, dans un magasin bio que j’aime bien, des petites pommes Golden “photographiables”, j’ai dû perdre toute dignité en plongeant littéralement la tête en bas et les pieds en l’air dans le bac à pommes histoire de mieux trier. J’avais un peu honte, j’avoue. Et comble de l’horreur j’ai entendu une voix derrière moi murmurer “c’est Marie Chioca”. Je voulais tellement, mais teeeeellement à ce moment-là rester DANS le bac à pommes. Mais bon, fallait bien en sortir un jour, hein. C’était si bien avant, quand je pouvais “incognito” déchirer le sac de pois chiches au rayon vrac, casser un pot de compote au milieu de l’allée, ou ouvrir mon porte-monnaie à l’envers en caisse…

Alors, comment dirais-je. Les gâteaux des rois à la frangipane, j’en ai eu ma dose jusqu’à l’Epiphanie 2032. Du coup, j’ai fait ces derniers jours plusieurs gâteaux tout légers mais “avec une fève dedans” et comme ça, tout le monde était content ! Ici, vous avez LE fameux gâteau aux pommes avec, en guise de couronne un truc un peu loufoque mais fort poétique. Je vous explique tout ça un peu plus bas…

Ingrédients pour un gâteau de 10 parts

Préparation : 15 min

Cuisson : 35min

  • 3 ou 4 pommes de variété Golden (environ 500g pesées entières)
  • 160g de farine T110 de grand épeautre ou de blé
  • 1 sachet de poudre à lever
  • 3 sachets de sucre vanillé, ou 15g de sucre vanillé « maison », ou 1 c. à soupe d’extrait de vanille liquide
  • 2 œufs
  • 7cl d’huile neutre (tournesol désodorisée par exemple)
  • 5cl de jus de pomme
  • 1 c. à soupe de rhum ambré
  • 1 pincée de sel.

Préchauffer le four à 180°C, si possible en chaleur tournante. Huiler (ou beurrer, si l’on veut donner un petit goût encore plus sympa) un moule à savarin d’environ 21cm de diamètre.

Éplucher les pommes, enlever les trognons et les découper en petits cubes d’environ 1 à 1,5cm de diamètre. Peser 400g de cubes de pomme.

Dans un saladier, mélanger la levure, la farine, le sel et le sucre vanillé. Faire un puits, ajouter l’huile, le jus, le rhum, les œufs, et mélanger rapidement, puis ajouter les cubes de pomme et mélanger de nouveau juste ce qu’il faut (sans trop insister).

Verser aussitôt dans le moule, égaliser et enfourner pour 35min.

Laisser un peu tiédir avant de démouler.

Une petite vue de l’intérieur tout moelleux qui aurait “un bon goût de crêpes” dixit mes enfants…

Mon tout premier gâteau aux pommes sans sucre (il y en a eu 4 en trois semaines ;)), réalisé pour le soir du 31 décembre, où je voulais un dessert trèèèèès sage étant donné le reste du menu (rââârgh). J’ai pris cette photo vite-fait vers 16H, alors que rien n’était prêt pour le soir, que mes invités arrivaient vers 18H, que je voulais entre-temps profiter absolument du beau soleil couchant en faisant un tour dehors… Bref, du coup, comme un cornichon j’ai saupoudré mon gâteau “sans sucre ajouté” de sucre glace. Désolée… Mais promis, il est très bon sans ! (PS : évidemment, quelqu’un qui se reconnaîtra a shooté dans une tasse de café juste après la photo et en a mis plein le salon, ça tombait bien, vu que je m’em*erdais un peu ce jour là…)

Troisième gâteau, cette fois-ci cuit dans un plus joli moule, du coup je l’ai présenté retourné sur le plat (contrairement à celui  juste au dessus qui est présenté à l’endroit ).

Au bord de l’étang où j’ai ramassé mes “matériaux” pour la couronne…

En fait, je n’ai aucun mérite : c’est la blogueuse Griotte qui a posté sur son compte Instagram une jolie “couronne des rois” en feuilles il y a quelques jours, et j’ai trouvé cela très joli. Pour ma part, j’ai récupéré quelques tiges de vigne vierge sur les murs de ma maison pour assurer la “structure”…

… avant d’y entrelacer des jolies feuilles rousses et des morceaux de fougères ramassés en forêt (au bord du fameux étang). Cette réalisation (un peu “rustique” mais qui a le mérite d’exister quand le chien a mordillé la dernière couronne en carton doré) nous sert à couronner celui qui s’est joyeusement entrechoqué la dent sur une fève à chaque “gâteau des rois” depuis quelques jours ! Entre deux, elle orne pompeusement le crâne d’un gros ours en peluche du salon. A condition de bien lui mettre une oreille dedans et une oreille dehors, car les deux ne rentrent pas en même temps. (Remarquez un peu comme c’est intéressant le genre de précisions que je vous donne, c’est palpitant Saines Gourmandises parfois !)

Cette princesse sous la couronne, qui présente un autre gâteau des rois (aux amandes cette fois-ci) c’est… Poupougnette ! Et oui, bientôt 9 ans, mazette que ça grandit vite. Surtout les couettes 😉 (Oui, on est du genre chevelus chez les Chioca…)

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{ Meilleurs vœux ! }

9 janvier 2020

{ Meilleurs vœux ! }

Et plein de petites nouvelles pour commencer l’année…

 

Ce matin, j’ai fais un gâteau aux pommes terrible, quasiment sans sucre ajouté (avec juste un peu de sucre vanillé). Comme il est gravement bon, promis je n’attendrai pas trois plombes pour vous le poster sur le blog mais en attendant, voici déjà quelques petites nouvelles pêle-mêle…

– Déjà, tous mes plus beaux vœux pour cette nouvelle année ! Je pourrais vous souhaiter tout un tas de choses qui me tiennent encore bien plus à cœur que la cuisine (qui est déjà en elle-même une si bonne chose ;)) mais bon, mon “job” étant principalement de veiller à ce que vous mangiez bien, je vais vous faire des vœux d’auteur culinaire : alors pour 2020, je vous souhaite plein de cookies maison qui croustillent sous la dent, de tartes qui cuisent en embaumant le four de senteurs caramélisées, de petits frichtis appétissants qui mijotent à la cocotte, de gâteaux au chocolat qui laissent des moustaches, de délicieuses petites soupes veloutées qui réchauffent le cœur, de tartines et salades de toutes les couleurs… Le tout cuisiné avec de « vrais » et bons ingrédients, frais, complets, vivants, nourrissants, et qui font du bien. Ce n’est pas grand chose, mais c’est déjà ça de pris pour commencer à sauver le monde 😉

– Dans le chapitre des faire-parts de naissance, Bouclette, ma brebis de compagnie, a eu un bébé ! Je me doutais bien que ce genre de « blague » risquait d’arriver (car il y a avait un bélier dans le troupeau de la bergerie où je l’ai achetée en septembre), mais voilà, cela m’a ému tout de même de la voir s’arrondir doucement… jusqu’à ce que la naissance survienne avant-hier, juste quand je venais visiter ma Bouclette (du coup j’étais là pour l’arrivée du bébé ;)). Je vous explique cela plus en détail ici, mais le bébé s’appelle Timmy, et il grandira près de sa maman.

– Ensuite, vous êtes nombreux à me demander d’autres nouvelles de la chèvrerie… Je vous en donnerai bientôt (un article prévu prochainement), mais d’ors et déjà, voici une nouvelle d’une grande « mignonnitude » : En attendant la naissance des chevreaux, il y a déjà cinq bébés Border Collie à câliner (et on ne s’en prive pas ;)). C’est la deuxième portée de Dauphine, leur maman, qui après avoir veillé sur le « troupeau » des enfants Chioca exerce maintenant toute son attention sur les biquettes de Hugues. Pour que ses chiots soient plus tard de bons chiens de berger, on les laisse grandir au contact des chèvres, lesquelles semblent assez curieuses il faut le dire, et tout à fait bienveillantes devant ces petites boules de poil… Je vous ai mis plein de photos un peu plus bas !

Ces derniers mois, nous avons mis le paquet (surtout Roseline) pour récompenser les personnes qui avaient participé au financement du troupeau de la chèvrerie. Hélas, nous avons reçu malgré tout quelques messages de personnes « déçues de n’avoir rien reçu » et c’est désespérant car nous avons passé une très grande partie de l’été à faire des milliers de cookies, confectionner des colis, envoyer des mails de relance, poster des actualités sur Miimosa (elles sont encore en ligne) et ce afin de demander aux contributeurs de bien vouloir nous envoyer leur adresse pour les cookies et/ou le nom de la chèvre à parrainer et/ou le livre choisi chez Terre Vivante, etc. Je ne m’explique vraiment pas comment cela peut-être possible que certaines personnes n’aient « reçu aucune nouvelle », et croyez-moi, c’est très douloureux et frustrant pour nous ! C’est surtout bien triste d’avoir reçu à cause de cela deux ou trois messages un peu durs, comme si nous étions des personnes sans parole, ingrates ou négligentes… Croyez-moi ; nous étions bien trop heureux de tout mettre en oeuvre pour remplir nos promesses au plus vite pour récompenser la gentillesse des contributeurs de ce projet ! Mais à l’impossible, nul n’est tenu, et ne pouvons pas, hélas, aller repêcher d’éventuels mails arrivés dans les spams des gens à qui nous écrivons, ou deviner avec (une boule de cristal ;)) qui, de nos 488 contributeurs, pourrait se déplacer pour venir chercher les fromages sur le marché ou préfèrerait un envoi de cookies (et à quelle adresse postale surtout !). Une très grande majorité de contributeurs a répondu à nos mails ou à nos actualités Miimosa dans les temps, et tout bien reçu. Mais s’il restait quelques personnes lésées ou frustrées de n’avoir “rien vu ni rien reçu ni eu aucune nouvelle”, je ne sais comment vous dire à quel point Hugues, Roseline et moi sommes désolés, peinés pour vous, et surtout dans l’incompréhension la plus totale que cela puisse être le cas après tant de relances ! Bien que l’envoi des contreparties soit désormais terminé, Hugues tient à vous dire que s’il restait quelques personnes qui soient passées au travers des mailles du filet, elles peuvent encore venir chercher leurs fromages ce printemps, dès la reprise des marchés, car cela, on peut encore le faire sans souci. Dans tous les cas, merci encore pour tout, on ne vous le dira jamais assez…

Roseline a ouvert un compte Instagram des Biquettes de Chambaran, où elle poste plein de photos de la vie à la chèvrerie pour les personnes qui voudraient avoir des nouvelles régulièrement (car sur le site, c’est plus compliqué à mettre en ligne, le “webmaster” n’étant pas toujours très dispo, le pauvre). Là, c’est l’hiver, alors les photos sont toutes prises à l’intérieur de l’étable, mais ça n’empêche pas les petites chèvres d’avoir de super bonnes bouilles 😉

– A propos d’Instagram, je précise une fois de plus pour ceux qui ne le savent pas (car je reçois beaucoup de questions à ce sujet) que vous pouvez accéder à mes posts même sans être abonnés ou inscrits : il suffit de cliquer sur ce lien, ou sur le picto d’Instagram qui se trouve dans la colonne de droite de mon blog, (juste sous ma photo d’auteur, entre Pinterest et FB, que je délaisse complètement il faut l’avouer). Si vous n’avez pas de compte Instagram, vous ne pouvez ni « aimer » ni commenter mes articles, mais ça n’a aucune importance ! Du moment que vous pouvez profiter des photos ou des recettes, c’est le principal 😉 ! Instagram, j’avoue que cela me permet de poster un peu plus souvent des nouvelles car c’est moins de travail qu’un gros article de blog… Même si celui-là, rien ne me fera le lâcher, rassurez-vous ;).

– Toujours dans le chapitre des petites nouvelles, Cléa a eu la gentillesse d’enregistrer un podcast avec moi pour son site “Champs d’Action”. Si cela vous dit d’entendre mes bafouillages, voici le lien 😉

– Sur ce, je vous dit à très vite pour mon fameux gâteau aux pommes…

Bouclette, photographiée dans mon jardin en octobre, quand son bedon commençait à s’arrondir…

Juste un paysage de soir d’hiver, capturé lors d’une marche sur les hauteurs du plateau de Chambaran durant les vacances de Noël.

Hugues et ses cinq “bébés”…

Autre joli paysage de chez nous…

Bouclette et Timmy, au chaud dans la chèvrerie (où ils ont pris leurs quartiers d’hiver au milieu des chèvres, car je n’avais pas d’abri suffisamment chaud chez moi.)

Perché sur une botte de luzerne, évidement on se sent tout de suite plus fier…

Un si beau ciel d’hiver !

Probablement la petitoune que Hugues va garder, pour aider sa maman à surveiller les biquettes… c’est si difficile de faire un choix !

Quand je vous dis que les chèvres sont curieuses comme tout devant ces petits chiens…

Hop, un p’tit bisou (j’aime beaucoup cette photo, pas très réussie d’un point de vue technique mais malgré tout si touchante :))

Dans la portée, il y a une fifille qui ressemble incroyablement à un petit renard vous ne trouvez pas? (On dirait Fatastique Mr Fox !)

Timmy et Bouclette, certes, mais à droite, on aperçoit aussi Bichette, avec le joli coeur blanc qu’elle porte sur le front… Elle va beaucoup mieux en tout cas, et à part sa cécité, ne se ressent plus du tout de la maladie neurologique terrible qui a été à deux doigts de l’emporter cet été.

Quincieu, un petit village des Chambaran, juste après le coucher du soleil… J’aime la quiétude qui émane de ces petits villages, quand on redescend dans la vallée après une longue marche. Et c’est encore plus poignant quand, à la nuit tombée, s’allument les fenêtres et les feux de cheminée…

Quelle bouille ! C’est bien difficile de ne pas garder les cinq petits chiens rien que pour nous 😉

Et pour terminer sur quelque chose d’un peu plus “nourrissant”, une brioche des rois postée tout dernièrement, je vous donne les explications ici (clic)

 

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{ Pour Julie et ses enfants… }

18 décembre 2019

{ Pour Julie et ses enfants… }

 

Chalet de Noël à croquer…

♥ IG Bas ♥ Sans glaçage ni aucun sucre raffiné ♥ Sans lactose ♥ Sans œufs ♥ Végétalien ♥

 

Vendredi dernier, c’était la sainte Lucie, donc aussi la fête de ma petite Lulu… qui ne s’appelle pas Lucie, mais presque ;). J’étais donc à la recherche d’une chouette idée gâteau. D’un autre côté, il y avait Julie, une personne qui m’est très chère et qui souhaitait une recette de maison en pain d’épices pour ses enfants, si possible avec des produits non raffinés, sans glaçage blanc, sans pâte à sucre, sans « colle à gâteaux » du supermarché, bref, un truc qui soit bon, joli… et hyper sain pour ses loulous. On a les mêmes “lubies”, Julie et moi, et tant mieux car c’est elle qui corrige mes livres 🙂

Mais moi je n’avais jamais fait de maison en pain d’épices ! Me voilà donc transformée en Nuf Nuf (le quatrième des 3 petits cochons de l’histoire, celui qui a bâti sa maison en pain d’épices et pâte à sucre : le loup a tout boulotté puis a perdu ses dents à cause des caries, Nuf Nuf était donc le plus malin des petits cochons car un loup qui ne peux plus manger que de la purée, c’est nettement moins dangereux, bref, revenons à nos moutons cochons).

Investie de cette « mission » quelque peu effarante pour une novice en la matière, j’ai donc cogité sur la question, c’est à dire que j’ai plié du linge en méditant sur ma maison en pain d’épices, conduit en méditant sur ma maison en pain d’épices, marché dans la forêt en méditant sur ma maison en pain d’épices, fait la conversation à mon mari en méditant sur ma maison en pain d’épices, répondu au téléphone en méditant sur ma maison en pain d’épices, fait cramer des poireaux en méditant sur ma maison en pain d’épices, bref. Quand j’ai cet air ahuri pendant quelques heures, plus personne ne s’inquiète à la maison. C’est juste que je suis en train d’élaborer des plans « machiavéliques » pour mater une recette qui me donne un peu de fil à retordre…

Et voilà le résultat ! Evidemment, côté look ça ne peut pas rivaliser avec une maison en pain d’épices toute décorée au cornet de glaçage au sucre blanc, mais bon, c’est quand même mignon, et bien meilleur pour la santé. Ici, un des deux pignons de la maison…

Et là pour le coup, il en fallait des plans justement. Je me suis donc faite architecte d’un soir, avec le papier calibré, la règle, le crayon… mais en mode pas très douée : Au quatrième essai, et après avoir bien fait marrer mon mari avec mes plans à la Numérobis (il faut avoir des références sérieuses en asterixologie pour comprendre ), les plans tenaient à peu près la route.

Et puis il a fallu plancher (sans vouloir faire de jeu de mots navrant) sur des matériaux de construction pour les murs. Mon premier essai ayant été des plus « casse-dents », j’ai refait une pâte plus tendre, mi pain d’épices, mi pâte à cookies, parfumée à la cannelle et à l’orange. Là pour le coup elle n’est pas mauvaise du tout ;), et c’est de plus une pâte bien lisse et malléable, facile à découper, dont on peut réétaler plusieurs fois les « chutes » sans souci, bref, que du plaisir pour les pâtissiers-maçons plutôt novices de la truelle.

Du côté des huisseries en revanche, j’ai eu quelques complications. Car aucun de mes emporte-pièces ne pouvait convenir pour découper des carreaux de fenêtres assez petits, donc assez mignons. « Oùùù, mais où donc vais-je bien pouvoir trouver un petit truc carré pour découper des morceaux de pâte de 1,5cm de côté !!! », pensais-je désespérée, à 22H30 en m’arrachant les joues ! Après avoir farfouillé rageusement en mode phacochère dans les malles de playmobils des enfants (rien trouvé, enfin si, un pinceau à paupières perdu depuis 2 mois mais en l’occurrence ça nous fait une belle jambe) ce sont des capuchons carrés de tubes d’homéopathie qui m’ont sauvé la mise. Ah, quand je pense qu’il y en a qui veulent dérembourser l’homéopathie ! Non mais regardez un peu le BIEN que m’ont fait ces quatre tubes périmés depuis 8 ans…

Le toit se présentant sous la forme de deux pans rectangulaires en pâte à biscuit cacaotée, le travail de couvreur a en revanche été assez facile, si ce n’est la fâcheuse tendance du toit à faire de la luge (ce galopin !) au risque de s’éclater la tronche par terre, ce qu’il n’a pas manqué de faire (heureusement que le matériau au cacao, c’est du solide !).

La façade avant (avec la porte d’entrée et une fenêtre… mais pas la place de placer des volets, désolée).

Mais ça, c’était surtout un problème de ciment, lequel m’a occasionné quelques sueurs froides et bouffées de chaleur (oui, les deux en même temps !) : Car voulant éviter la « colle pour gâteaux » qu’on trouve au rayon pâtisserie des grandes surfaces, j’ai utilisé le premier miel qui me soit tombé sous la main pour assembler les murs, les fenêtres et le toit. Monumentale erreur. J’ai passé les heures les plus sombres de ma vie, ou, du moins, de cette dernière semaine. Car monter la maison a été incroyablement facile certes, et sur le coup j’étais très fière de ma « performance ». Mais dès que j’ai tourné le dos, les volets se sont mis à glisser telle des limaces le long des murs du chalet, le toit a tenté de se barrer (en luge, donc) et les murs se sont écartés. Doucement, mais sûrement, et surtout, dangereusement ! Oh, pas de quoi paniquer vraiment : car si je maintenais bien fermement le toit avec mes deux pouces, les volets de devant avec mes indexes, les volets de derrière avec mes petits doigts et la porte avec mes dents, plus rien ne bougeait. Mais il était 10h du mat’, et je ne pouvais décemment pas rester comme ça jusque vers 19H.

J’ai donc pris mes photos (vite vite !) puis démonté la maison, dont les divers éléments ont attendu sagement, à plat. Le soir j’ai tout remonté avec un miel beaucoup plus pâteux, du genre à tordre la petite cuillère quand tu essayes de te faire une tartine. Et là ça a été nickel 😉

Ma Lulu a été folle de joie en voyant arriver cette jolie maison au moment du dessert et depuis, toute la famille se régale au goûter avec les murs et le toit qui ont été rangés en morceaux dans deux grands bocaux. Et voilà, une maison en pain d’épices (ou plus exactement, en pâte à biscuits aux épices ;)) très saine, à IG bas, sans glaçage au sucre blanc… et même finalement assez simple et rigolote comme tout à fabriquer ! Fin de mission pour moi 🙂

La maison en “bocal”… après avoir été démontée par un ouragan de gourmands… 😉

Je repars vers d’autres challenges de Noël, le prochain consistant à trouver le temps de tout faire étant donné que je n’ai même plus la place de marquer quoi que ce soit sur mon agenda, sauf la nuit après 23H, mais là bof… J’espère d’ailleurs que vous êtes aussi en train de concocter plein de bonnes choses en ce moment ! Chez moi, deux bocaux sont déjà pleins de truffes qui attendent sagement au frais la fin de l’Avent, la maison sent bon la cannelle, le sapin frais, la mousse de la crèche… Ce soir j’ai emballé secrètement un marcassin en peluche trop mignon, des beaux livres, des habits de poupée… tout cela sent terriblement bon Noël 🙂

D’ailleurs, on me demande souvent quel menu je vais adopter : et bien au risque de vous étonner, chez les Chioca c’est chaque année la même chose, ou presque ! Non pas par manque d’idée, mais plutôt parce que justement, puisque la bûche, la dinde, le sapin et tutti quanti ce n’est qu’une fois par an, on ne risque pas de s’en lasser (je précise que le sapin, évidemment, ne fait pas partie du menu proprement dit). D’ailleurs, chaque membre de cette famille serait désespéré de déroger aux traditions familiales tant nous sommes heureux d’en retrouver, une seule fois dans l’année, chaque réjouissant détail ! Si vous voulez, je vous dit tout :

Le 24 au soir, c’est souvent un peu léger, car nous aimons bien aller ensuite à la Messe de Minuit (nous sommes très gâtés, avec un monastère de religieuses dans le village d’à côté, des chants et des illuminations magnifiques, et avoir ça le soir de Noël c’est vraiment beau) sans avoir l’impression d’avoir avalé un ours. Alors chaque année, c’est chaudrée en entrée (un bouillon raffiné d’origine celtique aux légumes et coquillages : ça réchauffe, c’est sublimement gourmand et parfumé, un jour je vous donnerai la recette, promis), suivi souvent d’un plat de poisson (cette année une truite du Vercors de 2kg, rôtie et farcie, avec une bonne sauce maison, recettes dans mon livre « Poissons et autres produits de la mer »). C’est local et délicieux ! Puis, en dessert, des éclairs : Recette à IG bas bien sûr, fourrés à la chantilly de coco et Grand-Marnier, glacés au chocolat noir croquant, avec des suprêmes de mandarine dedans pour apporter de la fraîcheur.

Le 25 à midi, c’est « Faux foie-gras de Grand-mère » en entrée avec du pain de mie maison à l’épeautre, puis une dinde fermière cuite au roaster avec des cèpes des Chambaran préalablement congelés quelques semaines plus tôt (accompagnement : des marrons confits dans la bonne sauce brune du plat, des ravioles du Royans et des légumes sautés), puis une “Bûche baba des iles paradisiaques” au rhum, fruits frais et chantilly de coco ultra vanillée (recette dans ce livre). Sur ce, un bon café et un armagnac accompagné des truffes végétales au chocolat noir… puis une bonne sieste sur fond “musical” (ou plus précisément, les petits cris des enfants qui jouent tout heureux dans les couloirs :)). Et voilà, notre petit menu local, gourmand, assez raisonnable (pour Noël !), et réalisé avec des ingrédients authentiques, pas « trop » hors de prix. Et je vous le redis, ce menu traditionnel revient chaque année, avec très peu de variantes !

Il ne me reste qu’à vous avouer que je vais « décrocher », aussitôt cet article posté, pour deux semaines de repos sans ordi… Repos dont j’ai bien besoin pour ne pas commencer 2020 à moitié gaga, aussi ne pourrai-je peut-être pas répondre aux commentaires cette fois-ci, vraiment désolée. J’espère toutefois avoir prévenu beaucoup de vos questions en mettant un maximum de photos et d’explications… Il m’a quand même fallu 3 jours pour réaliser ce post ;)).

Je voulais aussi partager avec vous une recette de rillettes de canard sans graisse ajoutée, mais je vois bien que je n’aurai pas le temps. Peut-être arriverai-je juste à la mettre rapidement sur Instagram ? Si vous voulez surveiller un peu, je vous redonne le lien vers mon compte (via ce lien on peut y accéder et lire les recettes même sans être abonné).

https://www.instagram.com/mariechioca/

Sur ce, je vous souhaite un très joyeux Noël 🙂

Le petit bonus qui fait plaisir 😉 : Comme j’avais prévu un peu large en pâte (mieux vaut ne pas se trouver à cours de matériaux n’est-ce pas !), j’ai aussi pu faire plusieurs délicieux cookies avec les “chutes” de pâte crue (cuisson, 20min à 180°C, mais ça dépend de la taille des cookies…)

Gros plan sur un morceau de “toit” en pâte sablée cacaotée. C’était si bon !!!

Ingrédients pour une maison de… 15 à 20 parts au moins (ça dépend de la voracité des gourmands)

Préparation, cuisson, montage (tout compris, y compris les gabarits) : j’ai mis 1H30, en écoutant de la musique de Noël, c’était chouette, ça aussi ce devrait être remboursé par la sécu  😉

 Pour la pâte en « bois blond » (façades et pignons de la maison)

  • 650g de farine bise (T110) de grand épeautre
  • 20g de cannelle (2 c. à soupe)
  • 260g de sucre de coco
  • 15cl d’huile neutre (pépin de raisin ou tournesol désodorisé)
  • Une briquette de 20cl de crème de coco
  • 7cl d’eau
  • 4 sachets de sucre vanillé
  • 25 gouttes d’huile essentielle d’orange bio
  • 1 c. à café de sel fin.

Pour la pâte en « bois brun » (toiture, porte et volets)

  • 320g de farine bise (T110) de grand épeautre
  • 50g de cacao
  • 130g de sucre de coco
  • 14cl d’huile neutre (pépin de raison ou tournesol désodorisé)
  • 10cl de lait de soja-vanille
  • 2 sachets de sucre vanillé
  • Une grosse pincée de sel.

Pour monter le chalet :

  • Du miel très pâteux (ou de la « colle » pâtissière)
  • De la noix de coco râpée
  • Un clou de girofle (pour la poignée de la porte)

1/ Préambules :

Préchauffer le four à 180°C, chaleur tournante.

Dessiner les gabarits sur un papier à carreaux, les découper (désolée, j’aurais aimé que vous puissiez les télécharger et les imprimer, mais je ne sais pas faire ça…) (PS : on ne se moque pas de mes gabarits ;))

2/ Préparer la pâte blonde à la cannelle :

Mélanger la farine, le sel, le sucre de coco, le sucre vanillé et la cannelle. Ajouter l’huile, l’essence d’orange, la crème de coco et l’eau, puis pétrir (à la main ou au robot) juste ce qu’il faut pour obtenir une pâte bien homogène. Réserver dans un sachet de congélation (pour éviter qu’elle ne sèche).

3/ Préparer la pâte brune au cacao :

Mélanger la farine, le cacao, le sucre vanillé, le sucre de coco et le sel. Ajouter le lait et l’huile, mélanger juste ce qu’il faut pour obtenir une pâte bien homogène. Réserver dans un sachet de congélation.

4/ Réaliser les deux pignons de la maison :

Poser un papier cuisson sur une grande plaque de pâtisserie. Y étaler la moitié de la pâte blonde, en formant une épaisseur d’environ 1cm. Fleurer légèrement le dessus avec un voile de farine (sinon le gabarit en papier risque de rester collé) puis y découper les deux pignons avec une roulette à pizza, en s’aidant du patron. Enlever les chutes et les remettre en boule, dans le sachet avec le reste de pâte.

A l’aide d’un emporte pièce en forme de cœur, découper les lucarnes du grenier (ce n’est pas grave si le cœur reste dans la « lucarne », vous l’enlèverez plus facilement après cuisson). Avec un ou plusieurs tout petits emporte-pièces carrés ou rectangulaires, découper les carreaux des fenêtres (là aussi ils peuvent rester en place, car mieux vaut ne pas trop manipuler la pâte crue : après cuisson, il sera plus facile d’enlever les carreaux), puis dessiner l’encadrement de la fenêtre avec un emporte-pièce carré (sans découper jusqu’au bout, il doit juste marquer la pâte). On peut enfin dessiner des “planches” sur le mur avec une règle, ou pas, voir le résultat plus bas).

Enfourner pour 20min, en surveillant un peu (si la pâte tend à se soulever un peu par endroit en cours de cuisson, poser dessus un papier cuisson puis une plaque bien plate et pas trop lourde, de type moule à tarte, et terminer la cuisson ainsi.)

5/Réaliser les deux façades.

Etaler le reste de pâte blonde (toujours sur une plaque chemisée de papier), puis y découper les deux façades. Laisser telle quelle la façade arrière, mais découper une fenêtre (voir ci-dessus) dans la façade avant, ainsi qu’une porte (avec un emporte-pièce rectangulaire ou un couteau), et une lucarne de grenier avec l’emporte-pièce en forme de cœur. Quand les pignons sont cuits enfourner 20min aussi.

6/ Toiture :

Etaler la pâte brune au cacao. Y découper les deux pentes du toit, en s’aidant du gabarit. On peut utiliser une roulette festonnée pour le bord du toit, c’est plus joli. Quand les façades de la maison sont cuites, enfourner les pans de toit pour 20min.

Quand tout est cuit, enlever délicatement les carreaux et les lucarnes pour ajourer les fenêtres. Remettre tous les éléments sur une grille (sans papier cuisson) et remettre au four 10min à 150°C pour donner plus de croustillant et de solidité au biscuit.

7/ Porte et volets :

Etaler le reste de pâte brune. Y découper des rectangles pour les volets (réaliser éventuellement un petit motif ajouré au milieu, à l’aide d’un petit emporte-pièce en forme de cœur ou de losange par exemple), ainsi qu’une porte. Réaliser éventuellement les carreaux sur la porte, des moulures, et placer le clou de girofle en guise de poignée. Une fois les pignons, façades et toits sortis du four, remonter la température du four à 180°C et enfourner 12 min la porte et les volets.

 

 

8/Montage de la maison :

Encoller légèrement au pinceau le dessus des deux pans de toit (on peut n’encoller que le bas, comme si la neige avait un peu fondu sur le dessus), puis les saupoudrer généreusement de noix de coco (sans « colle », la noix de coco n’adhère pas). Réserver.

Encoller assez généreusement à la cuillère ou au couteau les bords du premier pignon. Coller les façades de chaque côté du pignon, bien appuyer pour faire adhérer, puis passer le bout du doigt le long de la soudure pour lisser éventuellement la colle qui « bave ». Encoller les bords du deuxième pignon, l’insérer entre les façades, bien appuyer. Ça tient ! 😉

(Psst : Attention, miel trop liquide ;))

…Encoller les pentes des pignons, puis déposer les deux morceaux de toit sur la maison. Appuyer délicatement pour bien faire adhérer.

Encoller enfin assez généreusement la fente qui se trouve sur le faîtage, puis appuyer pour que les deux plaques du toit restent bien soudées l’une contre l’autre. La colle doit « baver » un peu au niveau du faitage car on y saupoudrera de la « neige » pour camoufler la fente…

9/ Finitions :

Encoller légèrement le haut des volets et de la porte, puis les tremper dans la noix de coco pour figurer la neige qui s’est accumulée sur le dessus. Encoller le dessous des volets, les coller sur la façade, en faisant bien adhérer. Poser la porte, légèrement entrouverte.

Saupoudrer le faîtage de « neige »… C’est fini !

On peut illuminer joliment l’intérieur de la maison avec une petite lumière, mais surtout pas une bougie ! Car la chaleur ferait fondre le miel, et la maison se décollerait en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire… (c’est du vécu, arrrh !)

Et après on s’amuse… Là le faon veut rentrer, il a l’air de faire si bon et si chaud dans ce petit chalet accueillant…

Sur le toit, un écureuil batifole poétiquement dans la neige (beaucoup plus prosaïquement, sachez que quelques minutes seulement après la photo, l’écureuil ne se marrait plus du tout :  il a fini brutalement englouti entre les deux pans du toit qui s’étaient écartés, comme dans les mauvais films d’aventure… Pauvre bête, ça en fait des émotions. Il aurait dû se méfier en voyant le volet de droite commencer à glisser. Bref, ne vous trompez pas de miel ;))

Et là, un petit renard en paille qui surveille mon goûter… (je sais, il me faut du repos)

Je vous souhaite à tous un très JOYEUX NOEL !!! 🙂

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{ Avec de la farine intégrale, ça le fait… }

5 décembre 2019

{ Avec de la farine intégrale, ça le fait aussi…}

Gâteau “Grog” (super moelleux et aérien)

♥  Sans lait ♥  IG bas ♥

 

Gâteau grog

Depuis le temps que je « pâtisse » avec des farines complètes et des produits bruts, je commence à avoir, hum, disons, une toute petite expérience en la matière… Dommage d’ailleurs que l’agrégation en pâtisserie bio n’existe pas, j’aurais tenté une validation des acquis et « Docteur ès Gâteaux bio pas trop estouffe-gari » ça aurait fait classe sur mon CV 😉

Il y a un peu plus de 30 ans, je tentais mon premier gâteau toute seule. C’était un dimanche matin (très tôt), je devais avoir 8 ou 9 ans, et j’ai inventé une recette de cake au chocolat pour épater (sic) mes parents en les réveillant avec un petit dej’ de rêve. Je ne me souviens que d’une chose : Dedans, il y avait 750g de farine complète, 2 c. à soupe de Nesquik (ça c’était pour le chocolat), et j’avais oublié la levure. Vous imaginez un peu le parpaing qui est sorti du four…

Et je suis allée réveiller mes pauvres parents avec ça. Un dimanche matin à 7H. Mais ils sont gentils comme tout :). Il leur a juste fallu beaucoup de café pour faire descendre leur toute petite part. Maman m’a demandé quelle recette j’avais suivie, puis m’a confié d’une voix douce que 750g de farine c’était un peu beaucoup pour un seul gâteau, et que la prochaine fois, je pouvais aussi mettre davantage de chocolat. Mon Papa, plus taquin, a dû prononcer une phrase dans le style qu’il faudrait proposer mon gâteau à la Nasa pour nourrir les cosmonautes, mais comme j’avais 8 ans, j’ai trouvé ça chouette comme compliment. Il m’a fallu beaucoup grandir, et devenir maman à mon tour pour comprendre quelle chance j’avais eu de ne pas me faire enguirlander d’avoir flingué sans permission 750g de farine complète (et sûrement d’autres ingrédients que j’ai oublié entre temps, ce qui n’est pas une grande perte pour l’humanité), mais surtout une grasse mat’ de rêve…

Encouragée par tant d’abnégation, que dis-je d’immolation sur l’autel de la patience (mes parents ont été des martyrs de la pâtisserie, si si), j’ai réalisé beaucoup d’autres « créations » (entre-temps maman s’était hâtée de m’offrir un petit carnet de recettes maison, je me demande bien pourquoi ;)), et maintenant, je peux dire sincèrement que même en travaillant « au pifomètre » je ne rate presque plus jamais de gâteau.

Et pourtant…

La semaine dernière, c’était l’anniversaire de ma grande Roseline, qui n’aime pas trop le chocolat (a-t-on idée aussi !) et je cherchais une idée de gâteau inédit. Il faisait froid, et revenant d’une bonne marche dans la campagne, nous étions fort occupées à humer les vapeurs séduisantes d’un grog brûlant quand l’idée m’est venue : mais oui, un Gâteau-Grog, quelle aubaine pour un anniversaire de novembre ! Seulement, comme nous surveillons un peu notre ligne Roseline et moi (car on a comme l’impression que dans cette famille c’est nous qui stockons mystérieusement tout ce que les autres s’empiffrent sous notre nez), je lui ai promis de le faire très « sage » ce gâteau, avec de la farine T150, un IG au ras des pâquerettes, pas trop de matières grasses et tout et tout.

Seul souci (qui m’arrive assez souvent en ce moment, où nous nourrissons des poules grévistes), je manquais d’œufs. Résultat, le premier gâteau a été cataclysmique. Une sorte de pâtisserie collector pour fêter les 32 ans du parpaing au Nesquik.

C’était étouffant au possible, pas assez sucré, sans goût… et imperméable, que dis-je, littéralement amphibie ! Promis (j’ai des témoins !) une nuit après avoir versé le sirop dans le cercle à pâtisserie, le gâteau ne l’avait toujours pas absorbé !!!

Ce sont donc nos trois toutous qui ont mangé ce « gâteau » là, ça leur a même fait plaisir, ils ont juste vidé leurs gamelles d’eau dans la foulée. Puis j’ai refais un gâteau en mode panique, mais en changeant la recette (après avoir acheté les œufs nécessaires), et là ce fut un ré-gal (mon honneur était sauf, l’anniversaire aussi), mais ma “création” était juste un peu bizarre visuellement car la pâte avait énormément levé avant de s’affaisser pitoyablement dans le four. Du coup je l’ai recommencé deux jours plus tard en peaufinant encore un peu la recette, et là, victoire : Mon Gâteau-Grog était encore meilleur, et de surcroît parfaitement “présentable” (ça se joue à un oeuf et 20g de farine près ! ;)).

Alors je vous donne vite la recette, parce qu’un Gâteau-Grog, ça pourrait peut-être même faire un chouette dessert de Noël, qu’en pensez-vous?… 😉

Le gâteau du 3ème essai, celui qui n’avait pas de cratère au centre (car promis, ce n’est pas pour “camoufler” que j’ai rajouté la chantilly et la déco !)

Ingrédients pour un gâteau de 8 parts

Préparation : 15 min (sans la déco)

Cuisson : 35min

Pour le gâteau :

  • 125g farine T150 de grand épeautre (ou de blé)
  • 125g de poudre d’amande
  • 1 sachet de poudre à lever
  • Le jus d’une orange bio fraîchement pressée, avec sa pulpe (soit 9cl)
  • 6 oeufs
  • 100g de miel d’acacia
  • 5 cl d’huile neutre

Pour le sirop “grog” :

  • 20 cl d’eau
  • ½ c. à café de cannelle en poudre (ou un bâton de cannelle)
  • 1 ou 2 étoiles de badiane
  • 1 gousse de vanille fendue en deux
  • Le jus d’une orange bio
  • Le jus d’un demi-citron bio
  • 100g de miel d’acacia
  • Une pincée de thym séché bien parfumé
  • 10 gouttes d’huile essentielle d’orange
  • 10 gouttes d’huile essentielle de citron
  • 3 c. à soupe de rhum ambré.

Préchauffer le four à 180°C, si possible en chaleur tournante.

Chemiser de papier un moule à manqué, puis y déposer un cercle à pâtisserie d’environ 22cm de diamètre.

Fouetter quelques minutes au robot les oeufs entiers avec les 100g de miel jusqu’à ce que le mélange blanchisse, devienne mousseux et double (ou triple !) de volume. Mélanger dans un bol à part la farine, la poudre d’amande et la levure, puis verser dans les œufs fouettés en « vrac » avec le jus d’orange et l’huile.

Bien mélanger le tout avec une spatule souple, en soulevant la préparation dans un mouvement tournant (les œufs « retomberont » un peu, c’est normal, ce qui compte c’est que la préparation soit bien homogène). Verser aussitôt dans le cercle à pâtisserie, enfourner pour 35mn (en baissant éventuellement la température à 150°C en cours de cuisson si le dessus du gâteau bronze trop vite, mais sans jamais ouvrir la porte du four).

Pendant ce temps, préparer le sirop : Mettre dans une casserole l’eau, la cannelle, la badiane et la gousse de vanille, poser un couvercle et laisser frémir à feu doux quelques minutes. Filtrer, puis ajouter le rhum, les jus d’orange et de citron, le miel, les huiles essentielles et bien mélanger.

Imbiber le gâteau encore chaud, cuillerée après cuillerée, de ce sirop, puis laisser tiédir avant de savourer.

Petites astuces :
Ce gâteau est déjà très bon tel quel, mais si vous voulez épater la galerie, vous pouvez évidemment le décorer un peu. Moi par exemple j’ai rajouté une chantilly végétale de crème de coco fouettée au miel et à la vanille (je sais, oui, la chantilly coco je fais toujours ça, mais c’est parce que c’est bon !), ainsi que des tranches d’agrumes “confites” au four : pour cela, il suffit de découper des rondelles d’orange, de mandarine et de citron vert, de les déposer sur une plaque chemisée de papier cuisson puis de les “peindre” au pinceau avec du sirop d’agave (sur les deux faces). Il ne reste plus qu’à enfourner 1H à 180°C (en baissant un peu la température si ça semble “bronzer” un peu trop vite), et c’est tout ! Sincèrement, c’est beaucoup plus simple à réaliser que les fruits confits au sucre, et pour un résultat épatant ! Gardez bien cette petite astuce sous la main car pour vos desserts de Noël, ça peut aider n’est-ce pas? ;))
⇒ Lorsque vous battez les oeufs avec le miel pour les faire mousser, l’opération sera bien plus facile à réaliser avec un robot pâtissier muni de son fouet à fils plutôt qu’avec un simple fouet électrique mais à mon avis, cette dernière option se tente quand même. Vous me direz?
⇒ N’essayez surtout pas de mélanger le jus d’orange et l’huile à la farine avant d’y incorporer les oeufs car ça ne marche pas. Il faut tout jeter “en vrac” dans un grand saladier (oeufs mousseux + farine à la levure + huile + jus) puis travailler à la spatule pour bien mélanger. Et pas de panique si le mélange “redescend” un peu : c’est même mieux (sinon ça risque de faire un “gâteau cratère”)
⇒Attention : Ce gâteau est fait pour être imbibé de son sirop, voilà pourquoi sa base est volontairement peu sucrée et peu parfumée. Ne me faites pas le coup de le goûter sans 😉
⇒ Je sais, je sais. Vous n’avez pas de rhum (si si, il y en toujours un qui n’a pas de rhum dans les commentaires, je commence à bien vous connaître ;)). Bon, et bien essayez avec un autre alcool (Cointreau ou Grand-Marnier, ça le fait ! Cognac, Armagnac, brandy, kirsh, schnaps et eau de vie aussi par exemple). Vous ne voulez pas du tout mettre d’alcool dans ce gâteau? Et bien tant pis, il y a déjà les jus d’agrumes et les huiles essentielles pour parfumer. Mais ça ne sera plus un gâteau grog 😉

En redescendant à pied de la chèvrerie, vers notre village… C’était la balade d’avant le grog 😉

Il y a même un peu de thym dans le sirop de ce gâteau (et oui comme dans les vrais grogs !) et promis, c’est délicieux… à noter que ce gâteau est celui du deuxième essai, c’est à dire très bon mais avec un cratère au centre (là il est retourné sur le plat, mais on voit qu’il est quand même bien concave ;))

Une part du dernier gâteau, celui qui était bon ET présentable, sans cratère au milieu 😉

Les jolies couleurs d’automne, cette année, fallait pas les louper parce que ça a juste été 8 jours chrono avant que les arbres ne commencent à se déplumer. Mais quand le givre arrive, c’est joli aussi. On se rapproche de Noël, ça se sent 🙂

 

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{ Sous la neige… }

20 novembre 2019

{ Sous la neige… }

Welsh Cawl (Soupe-repas galloise)

♥ Sans lait ♥ IG Bas ♥

 

Jeudi dernier, il est tombé entre 20 et 30cm de neige lourde et collante sur des arbres qui n’avaient pas encore perdu leurs feuilles… Je vous laisse imaginer le désastre ! Ramures qui ploient sous la neige jusqu’à toucher terre, troncs déracinés, branches charpentières écrasées sur les fils électriques ou téléphoniques… et dans des milliers de maisons, plus de jus, ni de chauffage, ni de téléphone, hop, retour à l’époque de nos arrières-pépés !

Les petites coupures d’électricité ou de téléphone ça nous connaît car ici, c’est presque tous les ans quand il neige. Mais là, ça a tout de même duré 4 jours et à la maison, il s’était invité en prime un bon petit virus du genre enquiquineur de première classe… Or je vous assure que lorsqu’on a une bronchito-asthmatico-trachéito-angino-conjonctivito-otito-sinusite, et bien… plus de chauffage quand il fait 2°C dehors, c’est tout de même un peu frisquet. Nous avons heureusement un petit poêle à bois dans le salon, et il a avalé tant de bûches qu’il a bien failli fondre : résultat, 45°C près du poêle (même que pour lire sur le canapé, il ne fallait pas oublier de tourner la tête de l’autre côté toutes les 10min pour bien faire griller l’autre face, c’est l’effet « coup de poêle », comme un coup de soleil mais en plus hivernal), 25° à l’autre bout du salon, 17° dans la cuisine, 14° dans le couloir, et 10° dans les toilettes. Bizarrement, il n’y a pas eu besoin de déloger ceux qui lisent habituellement sur le trône… Tout le monde ressortait très vite en claquant des dents.

Idem en montant vers l’étage : plus on s’éloignait du salon, plus on se rapprochait du pôle nord, la chambre de Roseline (tout au bout de la maison) ayant été littéralement transformée en réfrigérateur géant. Les autres enfants en revanche étaient tout contents : pas d’école, le feu de bois, les dessins à la bougie, tout ça tout ça, c’est é-pa-tant. Et c’est vrai que ça fait parfois du bien d’être un peu coupé de tout, sans téléphone, sans internet… on a fait de bonnes parties de belote, on a lu des bons livres, c’était chouette !

Par contre, quand il fait nuit à 17H dans la maison, et qu’on ne croise plus dans les couloirs que des cyclopes luminescents (chaque membre de la famille se baladant avec une lampe frontale), ce n’est pas très jojo. Il fallait donc choisir, juste après le goûter, entre :

– Aller se coucher à 17H (avec le risque de se réveiller vers 1H du mat en pétant la forme… dans le noir, évidemment)

– Sortir jouer dans la neige, sous la clarté poétique de la lune (ça aurait été trop bien, mais vu le contexte, c’était pneumonie assurée).

– Se prélasser dans le canapé devant le feu de bois (sauf que l’unique place où l’on ne rôtissait pas était déjà très convoitée)

– Se planquer dans la chambre sous 6 couvertures avec des BD (mais pour tenir le bouquin il faut bien sortir les bras de dessous la montagne de couettes, et ça fait froid, brrrr).

– Cuisiner à la lampe de poche (histoire d’avoir l’impression de servir à quelque chose, tout en se réchauffant à la chaleur de la cocotte en fonte qui mijote sur le feu.)

J’ai évidemment opté pour la dernière option, irrécupérable morfal que je suis, car nous avions du gaz, youpi !!!! (mais pas de four, évidement). Et comme je rêvais d’un gigantesque plat fumant, que l’idée d’un welsh cawl me faisait de l’œil depuis longtemps, et que j’avais tout ce qu’il fallait sous la main, et bien je me suis mise à l’ouvrage, on s’est régalés… et bien réchauffés !

Juste une petite anecdote rigolote : quand le téléphone est revenu, dimanche soir, sur le coup on était tout contents mais il y avait plusieurs personnes au bout du fil, dont une mémé qui racontait sa vie à je ne sais qui alors que j’essayais de parler à mon fiston ! L’employé télécom avait dû réparer ça sans enlever ses moufles ;)) Le pauvre… Merci quand même 🙂

Ingrédients pour 8 personnes

Préparation : 15min

Cuisson : environ 1H15

Trempage : 8H

  • 500g d’orge mondé (ou de gruau d’avoine)
  • Une petite épaule d’agneau, ou du collier d’agneau (environ 1 à 1,2kg)
  • Un jarret de porc fermier demi-sel (environ 1 à 1,2kg)
  • 2 gros oignons
  • Un chou vert (environ 800g à 1kg)
  • 4 c. à soupe d’huile
  • 4 poireaux
  • 4 carottes
  • Un céleri rave
  • 3 feuilles de laurier
  • 3 clous de girofle
  • Persil (pour le service)
  • 1 c. à soupe rase de sel.

 

Environ 8 à 12H avant, mettre l’orge ou l’avoine à tremper dans l’eau froide. Le lendemain, bien rincer la céréale dans une passoire, puis la mettre à cuire dans un grand faitout d’eau froide (non salée). Dès que l’eau arrive à ébullition, compter environ 45min de cuisson (il faut que le grain soit bien tendre).

Parallèlement, couper les oignons en gros morceaux et les faire revenir à l’huile avec l’épaule d’agneau dans une très grande cocotte ou marmite (33cm de diamètre), jusqu’à obtention d’une légère coloration.

Découper les carottes et les poireaux en tronçons d’environ 3cm, le chou vert en petits carrés de 4cm, et le céleri en cubes de 5cm. Les ajouter dans la cocotte avec le jarret bien rincé, le laurier, les clous de girofle et le sel, puis couvrir d’eau jusqu’à 3cm du bord de la cocotte. Laisser mijoter 1H15 environ à petit feu.

Égoutter l’orge ou l’avoine dès qu’elle est cuite (la rincer éventuellement, voir plus bas), puis la rajouter dans la cocotte et bien mélanger.

Découper la viande, et servir en parsemant les assiettes de persil haché.

 

Nota :

– Si vous ne mettez pas de jarret de porc demi-sel, pensez à ajouter une cuillerée à soupe supplémentaire de sel dans le bouillon (d’autant plus que la céréale n’est pas salée pendant sa cuisson, mais juste par contact avec le bouillon).

– L’orge et l’avoine ont une saveur et une texture différente. L’orge est plus mucilagineuse, l’avoine plus crémeuse. On pourrait les faire tremper et les ajouter directement dans la soupe en début de cuisson mais dans ce cas, il faudrait surveiller de très près car en épaississant le bouillon, cela augmente beaucoup les risques que le fond « attache » !

– Si vous vous contentez d’égoutter la céréale une fois cuite, sans la rincer, elle épaissira davantage le bouillon, donnant une texture plus crémeuse. Si vous la rincez, le bouillon restera plus limpide. C’est vraiment au choix, les deux variantes sont excellentes.

– Si vous préférez goûter à la variante sans céréale, mais aux pommes de terre (moins ancestrale, mais « traditionnelle » tout de même depuis au moins deux ou trois siècles) rajoutez-les tout simplement dans le bouillon, coupées en gros cubes, environ 20min avant la fin de la cuisson.

– Cette soupe-repas galloise populaire et ancestrale, constitué de légumes, de viande d’agneau, d’éventuellement un peu de porc, d’orge ou d’avoine (même si le cawl « moderne » peut aussi se préparer avec de la pomme de terre) est aussi revigorante que conviviale ! J’espère juste que vous disposez d’un « chaudron » de taille suffisamment conséquente… à défaut, vous pourrez encore diviser les proportions par deux.

Mon village, vu de ma chambre, vendredi matin au lever du jour. La lumière était très spéciale, c’était joli… mais je ne pouvais pas sortir, snif  (c’est le cas de le dire !)

Une autre vue prise d’une fenêtre de la maison, vendredi matin (c’est mon cher-et-tendre qui a pris cette photo, je le précise sinon il va bouder ;))

Là par contre c’était aujourd’hui lors ma première marche après 3 semaines de bronchito-asthmatico-angino etc. : la neige a fondu, mais ça continue de cailler… mais j’étais trop contente quand même !

Vercors et Chartreuse en fond de paysage… je ne m’en lasse pas.

Une jolie Aubrac dans un champ plein de neige… avec de la “brume” qui sort des naseaux ( mais c’était pareil pour moi, derrière l’appareil photo ;))

Des petits moutons bien mignons, mais qui se demandent quand même où est passé l’herbe, zut alors, ça c’est bêêêête !

La cabane de chasse, où j’aime bien “squatter” , en fin d’après-midi, pour boire mon thermos de thé quand il n’y a pas de chasseurs… Qui va à la chasse perd sa place, hé hé !

Et ce grand champ magnifique c’est la vue que l’on a sous les yeux lorsque l’on est assis sur le banc de la cabane, en buvant le thermos de thé. Quand je vous dis que je l’aime, ce pays… Je ne vous posterai pas de photos de mes balades à chaque fois, promis, mais c’était la première neige, alors quand même, hein 😉

Tout prêt de la cabane, il y a enfin ce petit étang, but de ma randonnée, où le ciel se reflétait si joliment ce soir…

En bonus : Autre recette concoctée pendant la coupure d’électricité; ce moelleux à l’orange… cuit à la vapeur (évidement, vu que je n’avais plus d’électricité, donc plus de four !). J’ai mis la recette sur mon compte instagram “mariechioca”. Bonne fin de semaine ! Et réchauffez-vous bien…

 

           

 

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{ Un peu de sagesse… }

6 novembre 2019

{ Un peu de sagesse… }

 

Tourte fine aux légumes d’automne, thym et parmesan

♥ Végétarien ♥ IG bas ♥ 

 

J’ai vu que vous aviez plutôt apprécié mon petit gâteau du dernier post ;), et ça m’a fait rudement plaisir ! Si vous saviez… J’ai plein d’autres idées de nouveaux gâteaux un peu déments sur les bords (au moins trois, là tout de suite, juste pour commencer), mais mieux vaut quand-même intercaler quelques recettes de légumes histoire que mon blog reste un peu « sortable » n’est-ce pas ?

Alors voici déjà une recette de tourte que j’aime beaucoup, et que je fais assez souvent en variant juste les légumes en fonction de la saison et de ce que j’ai sous la main. D’ailleurs, lors de ma dernière randonnée -et juste avant de chopper une bronchite historique dont j’essaye encore de me remettre- le rythme de marche avait été un peu plus soutenu que prévu à cause de trois pensées : La première, c’est qu’il allait pleuvoir (et effectivement, il a plut… copieusement… d’où la bronchite). La deuxième, c’est qu’une de mes filles avait cru apercevoir un loup (mais c’était peut-être juste un gros berger allemand tout gris qui s’était perdu dans la forêt, c’est en tout cas ce que j’ai tenté d’expliquer pour rassurer mes trois chaperons rouges effarouchés). La troisième, c’est qu’une tourte de la meilleure espèce nous attendait au four. Je l’avais cuisinée tôt le matin avec des blettes du jardin, des oignons, du parmesan, et j’avoue que nous y avons beaucoup (trop) pensé pendant la balade. Je n’irai pas jusqu’à dire que la vision de cette tourte fumante et croustillante se superposait à celle des forêts, des étangs et des montagnes, mais on n’en était pas loin. Il m’a même semblé entendre quelques regrets du style « Arf, dommage qu’on ne l’ait pas emmenée dans le sac à dos », ou « On aurait pu y goûter au petit-déjeuner quand même » mais bon. Rien de bien grave (et de toute façon, la vision du berger-allemand-de-la-forêt a apporté entre temps une excellente diversion).

La tarte sans les feuilles en pâte…

Et puis ce matin, j’ai eu envie de la mettre sur le blog pour vous, cette fameuse tourte de légumes qui revient si souvent au menu des Chioca ! C’était un de ces petits matins tout pluvieux (mais si calmes et poétiques) où l’on commence à éplucher ses légumes dès 7H30, en sifflotant, gage d’une journée de travail qui va bien se passer.

Erreur !

C’était sans compter sur le Bon Coin (qui n’y est pour rien). Car nous avons tâté de près ce que peut être un type très très relou (c’est bien ce nouveau mot, ça évite d’en dire un autre en trois lettres). Moi je ne me doutais de rien jusqu’à ce que ma grande fille ne vienne me voir, désespérée, tenant son portable à la main. Et sur ledit portable, il y avait une loooongue conversation par SMS avec un fada qui avait acheté deux jolies robes de cortège (que ma fille avait mis sur le Bon Coin donc), les avait reçues, les avait soit disant payées – sauf que nous n’avions rien reçu – et nous demandait, que dis-je, nous ordonnait de façon très péremptoire d’aller séance tenante (« aujourd’hui avant midi ! » précisait-il) dans le premier bureau de tabac de proximité (chez nous la « proximité » c’est quand-même 25 bornes) pour acheter deux tickets de je ne sais trop quoi à 150€ pièce afin de, je cite presque mot à mot  “Recharger le compte Paypal pour le passer en version premium car sans cela impossible que Paypal ne verse les sous“. (Compte Paypal dont nous n’avions nul besoin mais que nous avions créé tout exprès juste pour lui être agréables car monsieur était aux abois, il lui fallait ces robes tout de suite mais habitant à l’étranger il ne pouvait nous payer par chèque vous comprenez, le pauvre homme. Je pense d’ailleurs que vu son énervement il devait se marier ce week-end, et  s’est dit tout à coup « Crotte, j’ai oublié de penser aux tenues des demoiselles d’honneur ! », et heureusement qu’on s’est dépêchées sinon ses petites filles auraient peut-être dû y aller déguisées en ananas).

Donc pour résumer (parce que la chute est incroyable) : ma fille a envoyé deux robes de cortège à un monsieur trèèèèèès pressé. On n’a pas reçu le règlement. Mais c’est quand-même nous qui devons payer préalablement 300 balles rien que pour avoir le « droit » de recevoir les 70 balles qu’il nous doit. Et quand je lui ai expliqué à quel point cela ne me semblait guère envisageable (avec le plus de politesse possible, car la moutarde m’était entre temps montée au nez et c’était de la moutarde forte !)… il nous a menacé de porter plainte !

Si si… Je sais que ça semble prodigieux mais ça c’est VRAIMENT passé comme ça ^^

Ce gaga avait reçu le colis, nous n’avions pas reçu le règlement, il exigeait qu’on débourse en plus 300€ avant midi mais à part ça c’est lui qui allait porter plainte. Zut alors, ce paltoquet m’a littéralement ôté les mots de la bouche  😉

J’avoue qu’en lisant ça, toute la tension accumulée au cours de cet échange est redescendue… Aaah, d’accord, nous avions juste affaire à un pauvre barjot ! Quand la colère cède la place à la pitié, ça va déjà mieux je trouve… J’espère juste qu’il est bien allé porté plainte contre nous pour « Non-obtempération d’effectuer 25 bornes séance tenante dans le but d’aller se faire entuber de 300€ », ou qu’il est rentré dans le commissariat en pleurnichant “Je viens porter plainte parce qu’une demoiselle m’a envoyé un colis, et que moi je ne l’ai pas payée”. Au moins ça a dû bien fait rire les gendarmes. 

N’empêche, les petites robes sont déjà parties. Gratos. Ma pauvre grande fille a été beaucoup trop naïve, je sais, cela lui servira de leçon, mais quel dommage. J’aimerais tant que mes enfants reçoivent des leçons plus édifiantes ! Leçons d’honnêteté, de grandeur d’âme, de bonté, de politesse, de bienveillance… Mais non, dans notre magnifique société civilisée, ce sont les goujats qui donnent à la jeunesse des « leçons »… de défiance.

Tout cela nous a mené bien loin de cette pauvre tourte de légumes, qui a donc été photographiée entre deux SMS en mode « Grlmbrlmr non mais quel moule à gaufre ce type* ». Ça ne s’est donc pas fait dans les meilleures conditions mais bon… à midi elle était sur la table, et toute cette histoire a été vite oubliée.

* Version censurée

J’espère au moins que les deux petites filles qui porteront ces si jolies robes « gratuites » seront heureuses car elles n’y sont pour rien, les pauvres… Et j’espère aussi que ce mufle glissera ce jour-là sur une banane pourrie et atterrira directement à plat ventre dans une crotte de chien, ou qu’un goéland géant viendra vomir sur son costard, voilà, bien fait ! que ce monsieur sera touché de repentir à l’idée d’avoir estampé aussi honteusement une jeune fille de 16 ans qui lui avait fait confiance… juste sur parole.

( Je vais aussi vous dire un truc : même si ça sert à rien, ça fait quand-même du bien de pouvoir venir râler sur mon blog quand j’en ai gros sur la patate ;))

 

 

 

{ Edit du soir, 23H15 : Renseignements pris, il semblerait que ce soit une grosse arnaque, dont plusieurs personnes ce sont déjà plaintes, et qui n’a absolument rien à voir avec Paypal, société n’ayant plus à démontrer son sérieux et son honnêteté. Nous nous rendrons donc demain à la gendarmerie car en plus ma fille s’est peut-être fait pirater des informations importantes ! Ce type là n’était donc pas un barjot… mais un fumier. Hugues propose de lui envoyer un colissimo rempli de crottes de chèvres, mais bon, comme ce n’est probablement pas sa véritable adresse… }

 

La tarte AVEC les feuilles en pâte (faites comme vous voulez !)

Ingrédients pour 6 personnes

Préparation : 25 min

Cuisson : environ 10 min + 35min

 

Pour la pâte à l’ail et au thym :

  • 300g de farine complète de grand épeautre
  • 7cl d’huile d’olive
  • 15cl de vin blanc
  • 1 c. à café bombée de thym
  • 1 c. à café bombée d’ail en semoule
  • 1 c. à café rase de sel fin

Pour le fond de tarte à la compotée d’oignons :

  • 500g d’oignons
  • 4 c. à soupe d’huile d’olive
  • 1 c. à café de thym
  • Un peu de sel et de poivre 5 baies

Pour la garniture :

  • Une grosse patate douce
  • Un céleri rave
  • Un radis long rose
  • Un radis long vert
  • 2 ou 3 oignons rouges pas trop gros
  • 1 ou 2 carottes

Autres :

  • 150g de parmesan râpé, sel, poivre, huile d’olive.

 

La tarte crue… Jolie n’est-ce pas? Oui, mais en cuisant, elles va “faner” un peu, faut pas rêver 😉

1/ Préparer la compotée d’oignons : Les émincer, puis les faire revenir dans une cocotte avec l’huile d’olive, le sel, le poivre et le thym, en mélangeant de temps en temps jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés.

2/ Parallèlement, préparer la pâte : Mélanger la farine et le sel, ajouter l’huile, mélanger, puis le vin blanc d’un coup et pétrir juste ce qu’il faut pour bien amalgamer. Etaler sur un plan fariné, en garnir un grand moule à tarte (environ 32 à 34cm). Ne pas oublier de préchauffer le four à 180°C, si possible en chaleur tournante.

3/ Trancher les légumes : Et recouper en deux les tranches les plus larges (céleri rave et éventuellement patate douce) pour faire des demi-cercles.

4/ Garnir la tarte : étaler la compotée d’oignons sur la pâte, saupoudrer 100g de parmesan par dessus. Disposer ensuite les tranches de légumes (comme pour faire une tarte aux pommes) mais en alternant : Demi-tranche de patate douce, demi-tranche de céleri, tranche de radis rose, demi-tranche de patate douce, demi-tranche de céleri, tranche de radis vert, etc. pour les deux premiers cercles. Puis réaliser un cercle avec uniquement des tranches de radis roses et verts. Puis un cercle avec des tranches d’oignon rouge. Puis enfin, garnir le centre de tranches de carottes.

Ajouter un filet d’huile partout, saler, poivrer, parsemer avec le parmesan restant.

Si l’on souhaite (facultatif, mais c’est une bonne astuce anti-gaspi) on peut étaler les chutes de pâte et y découper de jolies formes pour en recouvrir la tarte. Enfourner pour 35min, assez bas dans le four (pour que le dessous soit bien cuit) et savourer tiède ou à température ambiante.

Nota :

– Ici j’ai utilisé surtout des légumes racine, qui cuisent parfaitement bien au four sans pré-cuisson. Mais si vous garnissez votre tourte de blettes, d’épinards, de courgettes, etc. (bref, des légumes plus aqueux) mieux vaut les faire préalablement cuire avec les oignons sinon ils rendraient trop d’eau et détremperaient la pâte.

– Avec les « chutes » de légumes (car tout n’est pas rentré sur la tarte) et bien ce soir j’ai juste fait une bonne soupe !

– Si vous cherchez du thym qui soit bien parfumé (c’est important) il peut être intéressant de recourir à des infusettes de tisane de thym (le contenu d’une infusette = 1 c. à café). Aujourd’hui j’ai fais comme ça, et c’était parfait )

 

Tourte fine aux légumes d'automne

Ça c’est juste le fond de tarte… Des oignons caramélisés à l’huile d’olive et recouverts de parmesan. On pourrait d’ailleurs stopper là et enfourner comme ça (sur le coup, ça m’a tenté ;)) Mais IL FAUT manger plus de légumes les gars ! Ne croyez pas que vous allez échapper aux navets si facilement !

Tourte fine aux légumes d'automne 2

En prenant cette photo, je disais quelques gros mots. Pardon.

Tourte fine aux légumes d'automne 3

Pour terminer sur une note plus poétique (j’ai râlé ce soir, si si, désolée), je vais tenter de me faire pardonner en postant quelques jolies photos d’automne 😉 Là c’est au dessus de chez moi, sur un chemin de crête longeant l’orée de la forêt de Chambaran… Et juste derrière la colline, il y a la chèvrerie de Hugues !

Tourte fine aux légumes d'automne 4

Chemin faisant… Quelle jolie lumière d’automne !

Tourte fine aux légumes d'automne5

Ma douce et jolie Brunhilde… qui devient terrible quand “ça sent le loup” (grognements sourds et pelage hérissé dès qu’on tombe sur une trace, brrr, s’en est presque flippant !). Mais il y en a très peu par chez nous… pour le moment.

Tourte fine aux légumes d'automne11

Des coteaux, des forêts, des pâtures, des montagnes au loin…

… C’est chez moi, dans le Dauphiné, et j’aime tellement ces paysages !

Tourte fine aux légumes d'automne 6

Le soir tombe vite, depuis qu’on a changé d’heure… Le “berger allemand tout gris” (sic) a été aperçu sur ce chemin, juste un peu plus loin dans un bosquet (mais pas le jour où j’ai pris cette photo).

Tourte fine aux légumes d'automne 7

Au loin, le Vercors à la lumière du soir, et quelques paisibles vaches.

Tourte fine aux légumes d'automne 8

Vue plus large de ce très joli chemin qui me ramène soit à la maison (à gauche), soit à la chèvrerie (à droite), au choix… Et c’est un bien joli choix 🙂

Tourte fine aux légumes d'automne 8

Au loin, dans la vallée, le village voisin et sa belle église de campagne…

Tourte fine aux légumes d'automne10

La nuit tombe sur les coteaux. C’est toujours l’heure à laquelle je rentre de mes marches en forêt, en me disant “flûte, dommage, je n’ai pas l’appareil photo”. Et bien cette fois-ci, je l’avais 😉

 


 

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{ Ode à l’automne… }

24 octobre 2019

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Moelleux à la pomme, ghee et miel

Crème végétale fouettée à la noix de Grenoble et fleur de sel

 ♥ IG Bas ♥ 

 

 

Lundi, c’était mon anniversaire… ça y est, j’ai 40 ans !

Et pour fêter ça, il m’est venue une impérieuse envie de créer un joli gâteau pour le blog, oui, quelque chose de vraiment sympa car là, après avoir réalisé plusieurs ouvrages de cuisine salée (et avant d’en attaquer d’autres…), je veux faire des gâteaux moi ! (dit-elle en tapant du pied…)

Ou alors c’est l’âge, peut-être 😉

J’étais donc en train de balancer entre une « Charlotte des Highland » (à la mousse au chocolat et crème de whisky) ou un « Layer-cake de la forêt » (à la crème de marron et noisettes toastées, bref, rien de très sage dans tous les cas), et tout en réfléchissant, je boulottais des kakis (ça aide). Et c’est comme ça, en découpant une tranche de kaki du bout de mon opinel, que j’ai découvert à quel point c’est joli, dedans, cette sorte de petite étoile naturelle… comme les pommes, du reste (vous avez remarqué, quand on les coupe en deux horizontalement, l’emplacement des pépins forme comme une jolie petite fleur d’edelweiss). J’ai donc découpé des tranches assez fines (environ 3mm), puis taillé dedans des fleurs à l’emporte-pièce, c’était ravissant et j’ai fait des petits bonds dans la cuisine ! Voilà donc déjà comment a germé l’idée des « fleurs » de kaki et de pomme, astuce que je reprendrai bien volontiers pour décorer dorénavant mes gâteaux d’automne tant c’est facile et joli !  Quand je pense à tous les tutos compliqués pour créer des fleurs en sucre ou à la poche à douille, là c’est juste à la portée d’un petit enfant 🙂

Bon, la déco c’était déjà bien mais après, il fallait décider que mettre dans ce gâteau, et si possible qui changerait un peu (parce qu’en général, à la maison c’est toujours cette génoise-là qui revient). J’avais une idée bien précise en tête, mais plus d’œufs. J’ai donc envoyé ma petite Lulu les chercher au poulailler, mais là, ça ne s’est pas passé comme prévu. Vous vous souvenez de Bouclette, ma brebis si sage ? Et bien elle cohabite avec les poules en ce moment. Et Bouclette avait piétiné les œufs… au point qu’il n’est restait plus qu’un. Imaginez un peu comme j’étais furax mon désarroi ! Quel somptueux gâteau de fête peut-on espérer réaliser avec un seul œuf riquiqui… Mais là j’ai pensé à ma si gentille copinaute Flo Makanai, et sa fabuleuse astuce consistant à remplacer les oeufs par de la compote. Bingo, j’avais de la compote. Il a donc fallu cogiter sur un plan B, et ça c’est terminé en pâte à gâteau avec de la compote (pour ceux qui ont suivi), du ghee, une reinette (pas la grenouille, la pomme, on se calme), du miel, une lichette de rhum et de vanille. En enfournant, je n’étais pas très rassurée. Pendant la cuisson, j’ai commencé à espérer (mazette que ça sentait bon)… Et à la sortie du four, en voyant comme c’était moelleux j’ai su que c’était gagné ! D’ailleurs, vous pouvez vous arrêter à cette étape de la recette (10min seulement de préparation) si vous cherchez juste un super bon moelleux aux pommes !

Mais moi, je voulais « que ca en jette », alors en attendant le complet refroidissement (car on ne découpe jamais un gâteau encore chaud !) je suis partie dans la campagne chercher des petites idées de déco « nature » pour tenir compagnie à mes fleurettes de pommes et de kakis. Je suis revenue avec quelques ravissantes minuscules châtaignes (celles qui sont trop petites pour que les gens les ramassent), des cèpes (rien à voir avec le gâteau mais ça n’aurait pas été décent de les laisser là ;))… et trois mini-pommes jaunâtres toutes tachetées. J’étais un peu frustrée pour le coup des pommes, car généralement, en automne je trouve au cœur de ma forêt un arbre qui produit de ravissantes pommes de poupées, toutes rouges, toutes minuscules, toutes ravissantes, mais là cette année, rien : il boude le pommier. Alors je me suis rappelée qu’il y en a un autre, sur la place du village, qui produit lui aussi des pommes miniatures encore plus petites, mais bon, c’est juste en face de la  mairie alors comment oserais-je…

J’ai osé (pardon Mr le maire, promis, je recommencerai plus !).

Il paraît que ce sont des pommes d’ornement (malus perpetu Evereste), que sans être toxique ça ne se mange pas, bref, j’en ai chipé quelques unes et après ce grave acte de « détérioration » de bien publics, j’avoue que j’étais plutôt ravie : ces pommes ressemblent à de ravissantes cerises ! Enfin, juste d’aspect hein, parce que pour le reste elles sont dures comme le bois, âpres comment une tige d’artichaut cru, acides comme de l’oseille et juteuses comme des billes de cade antimites. Evidemment j’y ai goûté, et rien que d’y repenser, j’en ai encore la chair de poule (vous avez remarqué comme le corps humain est bizarre tout de même, quand je mord dans certaines pommes, mes poils se dressent sur les avant-bras, je voudrais bien qu’on m’explique…). Bref, si vous en trouvez, précisez bien à vos invités que c’est joli, très joli même, pas toxique du tout, mais que ça ne se mange pas. Oh que non. C’est comme les bougies sur le gâteau (en pire ! ;))

Pour ce qui est des feuilles en chocolat, j’ai voulu les réaliser en me servant de feuilles de pommier et de plaqueminiers en guise d’« empreintes ». Monumentale erreur, car ces feuilles, toutes douces, sont pourvues de minuscules « poils » et au moment de démouler, impossible de séparer les feuilles de leur coque de chocolat sans en briser deux sur trois, bref, je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi de revivre ça… Mes nerfs, déjà un tantinet ébranlés par le coup de ma pauvre Bouclette qui avait piétiné les œufs, puis électrifiés par la « dégustation » d’une pomme Evereste, ont failli lâcher. Mais quelques feuilles ont pu être démoulées sans finir en miettes, et le moral est remonté en flèche.

Entre temps, j’avais aussi trouvé avec quoi fourrer mon gâteau (au départ j’étais partie sur une ganache chocolat noir, mais je me suis dit qu’avec la pomme acidulée ça le ferait pas), à savoir une crème fouettée coco et noix de Grenoble, avec une pincée de vanille et de fleur de sel dedans. Là c’était déjà le soir, mon mari agonisait à moitié sur le canapé en attendant d’aller se coucher, je lui ai fais goûter un bout de spatule de crème aux noix, ça l’a réveillé direct, il a voulu savoir s’il fallait aussi lécher le saladier tout de suite.

En le photographiant le lendemain matin (le gâteau, pas le mari), c’était la tempête dehors, et la lumière était toute pourrie. Mais tant pis, car après tout, c’est l’automne, et on va dire que tant mieux si ça se voit un peu sur les photos ;).

 

Alors voilà, ainsi vous avez la genèse de ce gâteau. Si j’avais été un super pâtissier interviewé pour une émission de télé, le texte aurait probablement été beaucoup plus poétique et inspiré, genre «  Ode à L’Automne ? Oh, pour rendre hommage en toute simplicité à cette saison à la fois si languide et vivifiante, je suis parti sur un biscuit moelleux rhum-vanille aux notes délicatement beurrées et miellées, mais en twistant l’appareil de pétillants inserts de pomme acidulée pour réveiller les papilles, puis j’ai fourré et nappé ma création d’un velours coco-noix suavement aérien, avant d’orner le tout d’un diadème aux fleurs de fruits d’automne sculptés et feuilles craquantes en chocolat Val**ona  ».

Mais chez moi, c’est beaucoup plus terre à terre : « Ode à L’automne? Ben… Je suis partie sur une charlotte qui a été d’emblée sabotée par une brebis qui avait piétiné des œufs, alors je me suis rabattue sur un gâteau à la compote, j’ai dérobé quelques pommes au goût oseille-artichaut sur un arbre de mon village, j’ai insulté quelques pauvres feuilles de pommier et de plaqueminiers poilues qui s’attachaient trop à leur coque de chocolat, et voilà, paf, avec un peu (beaucoup) d’entêtement parce que j’avais vraiment envie de “pâtisser”, ça nous donne quand même un super, méga, giga bon gâteau top moumoute de chez top moumoute et qui en jette un max ! ».

Ingrédients pour un gâteau de 6/8 parts

Préparation : 30 min

(mais 10 min seulement si on fait le gâteau aux pommes tout simple, sans décor)

Cuisson : 40min

A préparer idéalement la veille

Pour le moelleux à la pomme :

  • 200g de farine de grand épeautre T110
  • 1 sachet de poudre à lever
  • 3 sachets de sucre vanillé
  • 200g de compote de pomme sans sucre ajouté
  • 2 c. à soupe de rhum ambré
  • 110g de ghee (ou de beurre si vous n’en avez pas)
  • 1 œuf
  • 1 grosse pomme de reinette grise (environ 150g), ou autre pomme un peu acidulée
  • 115g de miel d’acacia
  • 1 bonne pincée de fleur de sel

Pour la crème fouettée aux noix (facultative) :

  • 40cl de crème de coco liquide bien froide (marque kara, briquette verte, pour moi)
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 40g de sucre de coco
  • 1 pincée de fleur de sel
  • 60g de cerneaux de noix de Grenoble fraichement décortiquées

Pour la déco (facultatif) :

  • 125g de cerneaux de noix en plus (pour le tour du gâteau), quelques fruits de saison (pomme et kakis persimon pour moi), châtaignes, graines de courges, pommes d’ornement, quelques feuilles d’arbre non toxiques et non velues (de rosier, lierre…), environ 100g de chocolat noir pâtissier.

 

1/ Feuilles en chocolat (facultatif)

Couper le chocolat noir en petits morceaux puis le faire fondre trèèès doucement, sans surchauffe, au bain-marie. Avec un pinceau « peindre » de chocolat chaud (en couche épaisse) le dessous de plusieurs feuilles (bien veiller à ne pas trop en mettre sur l’autre face, sinon ça complique le démoulage). En prévoir un peu plus car attention, il y aura un peu de « casse » au démoulage ! Laisser entièrement durcir.

 

2/Moelleux à la pomme :

Préchauffer le four à 180°, chaleur tournante.

Faire fondre le ghee, réserver. Eplucher la pomme, la découper en cubes d’environ 1 à 1,5cm, réserver.

Mélanger la farine et la levure, faire un puits, y verser le ghee, la pomme et tous les autres ingrédients du moelleux, bien mélanger. Verser aussitôt la pâte dans un cercle à pâtisserie de 18cm, enfourner pour 40min environ (bien surveiller). A cette étape, on a déjà un super bon gâteau aux pommes, hyper moelleux, hyper goûteux. On peut donc s’arrêter là… ou sortir le grand jeu !

 

3/ Crème fouettée aux noix (facultatif) :

Fouetter au batteur la crème de coco très froide avec le sucre de coco, le sucre vanillé et une bonne pincée de fleur de sel. Quand la chantilly est bien épaisse, ajouter 60g de noix préalablement concassées (par exemple en les mettant dans un sac et en les tapant avec un rouleau à pâtisserie).

 

4/ Montage du gâteau :

Quand il est bien refroidi, ouvrir le gâteau en deux pour le fourrer avec la moitié de la crème aux noix, puis répartir le reste de crème sur le dessus et bien lisser. Avec une spatule, lisser aussi sur les bords du gâteau la crème qui aura probablement un peu « bavé ». Concasser le reste de noix, puis les appliquer tout autour du gâteau en appuyant bien. Mettre au frais pour quelques heures (ça durcit la crème et facilite la découpe).

 

5/ Décor (facultatif) :

Découper des tranches de fruits (j’ai utilisé des pommes et des kakis) puis y redécouper des fleurs à l’aide d’emporte-pièces au choix.

Décoller délicatement les feuilles en chocolat.

Disposer joliment, en couronne autour du gâteau, les « fleurs » de pomme et de kaki, les feuilles en chocolat, les graines de courges (qui font comme des mini-feuilles), les petites châtaignes, etc., et ajouter éventuellement un fin nuage de cacao pour poudrer très légèrement certains endroits du gâteau. C’est prêt !

 

Quelques précisions…

– La crème de coco est de marque kara (briquette verte) ceci n’est pas un article sponsorisé mais je préfère le préciser pour vous éviter toute déconvenue (car certaines crèmes de coco ne « montent » pas en chantilly). J’ai reçu dernièrement une autre marque à la maison (Compagnie Autour du Riz), je vais la tester et vous dire ça très vite.

– J’ai déposé mon cercle à pâtisserie dans un plat en terre, et comme j’ai déjà pu constater que cela ralentit parfois un peu la cuisson, faites bien attention si vous utilisez une plaque en métal : votre gâteau risque de cuire un peu plus vite (du coup surveillez un peu, et vérifiez que le gâteau soit cuit en le piquant à cœur avant de le sortir du four).

kakis

Pour réaliser les fleurs de ce gâteau, utilisez bien des kakis de variété “persimon”, ceux qui ont une texture assez ferme. Car dans les kakis (délicieux mais tout mous !) qui poussent sur la plupart des plaqueminiers de nos campagnes, vous ne pourrez rien y découper du tout 😉

Découpe fleurs kaki

J’ai acheté mes emporte-pièces au milieu de tout un lot il y a bien longtemps, du coup je ne saurais plus vous dire où, mais je pense que ce n’est pas bien grave si vous n’avez pas exactement les mêmes, n’importe quel découpoir en forme de fleur peut convenir.

gâteau automne IG bas

Ça c’est la photo postée en avant-première hier soir sur Instagram (cliquez sur la photo si vous voulez le consulter)… Et à ce sujet, je voulais vous dire que je suis un peu triste de ne pas pouvoir répondre sur Instragram, car vous me mettez plein de petits mots super gentils, j’ai toujours une grande joie à les lire, mais hélas, je sais que je n’arriverai pas à assurer la réponse aux commentaires à la fois sur le blog et sur Instagram : je suis bien trop dépassée pour ça… et comme j’ai promis de toujours garder la priorité à ce blog, j’espère que vous ne m’en voudrez pas trop 🙂  Merci encore, en tout cas, car pour l’instant, grâce à votre soutien si amical j’avoue me sentir un peu moins timide et impressionnée sur mon nouveau compte Instagram 🙂

part gâteau d'automne à IG bas

Je ne vous mentirai pas : ce gâteau est une tuerie, et quand j’en ai enfin goûté une cuillerée sur le coup des 11H30, j’ai su que mon repas de midi risquait d’être du grand n’importe quoi… et ça a été du grand n’importe quoi, genre quatre parts de gâteau en entrée puis une boîte de thon et une salade (pouah !) pour tenter « d’équilibrer » le menu 😉

Chemin du soir

L’automne met un peu de temps à s’installer cette année, mais si les feuillages ne sont pas encore bien colorés, en revanche les somptueux ciels du soir sont bien au rendez-vous… Ici, un petit chemin que je prends presque tous les jours. Vous savez, quand on a goûté à une telle beauté, une telle quiétude, on n’a pas vraiment besoin d’autre chose pour se ressourcer d’une longue journée de travail. La nature est un “luxe” gratuit, et précieux au possible…

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Saines Gourmandises sur Instagram ! (Quelle drôle d’idée…)

7 octobre 2019

 

{ Saines Gourmandises sur Instagram ! (Quelle drôle d’idée…) }

 

… Et une recette de croquettes thaïe au thon

(Pour les “étudiants” de 7 à 107 ans !)

 

Croquettes thaie au thon 1

Marie Chioca ©

Comment, Marie, tu n’es pas sur Instagram ?

Cette petite phrase énoncée sur un ton à la fois stupéfait, incrédule, compatissant, un brin choqué, revenait souvent ces dernières années. Mais je ne suis pas une super fan des réseaux sociaux, pour diverses raisons, la principale restant que je n’ai vraiment pas le temps. Et puis, cela me navre un peu de voir l’importance que ces réseaux virtuels ont prit dans nos vies ! Cela me rend perplexe pour la suite, aussi.

Car avant il suffisait du moindre échange de regard suivi de l’esquisse d’un sourire pour que se crée spontanément, par exemple dans une salle d’attente, une des ces conversations sympathiques qui, en plus de juste « faire passer le temps », pouvait être tellement enrichissante et chaleureuse. En petit comité j’ai le contact facile, c’est vrai, et même la « tchatche » comme on dit. Mais depuis deux ou trois ans, je ne croise plus beaucoup de regards. Tout autour de moi, il n’y a que des fronts penchés. Des fronts penchés ET des paupières baissées vers un rectangle noir, sur lequel les doigts pianotent compulsivement…

Dans le train ? Des fronts et des paupières baissées.

En ville ? Des fronts et des paupières baissées.

Au café ? Des fronts et des paupières baissées.

A la sortie de l’école ? Des fronts et des paupières baissées.

En parfois même en famille (ce qui est bien plus triste encore !) ? Des fronts et des paupières baissées…

Avouons que c’est un peu nouveau tout ça, à l’échelle de l’histoire de l’humanité. Je ne sais pas trop si nos cerveaux étaient bien préparés à une telle gifle… passer en deux ou trois générations du modèle « veillée le soir tous autour du feu » au modèle « chacun dans sa piaule derrière un écran », ça fait froid dans le dos.

Alors j’ai pris tout ça en grippe, sans bien faire dans le détail j’avoue : Facebook, Instagram, Whatsap, et même Pinterest (envahi depuis quelques temps « d’épingles sponsorisées » – c’est à dire de pub !- ), ça m’a gavé. Un jour j’ai lu cette petite phrase très drôle : « Avoir beaucoup d’amis sur Facebook, c’est comme être riche au Monopoly »…  et c’est tellement, mais tellement vrai.

Croquettes thaie au thon 2

Marie Chioca©

Pourquoi tout vivre –ou presque – à travers des écrans ? La vie n’est-elle pas encore plus full HD quand on la regarde en live avec nos petits yeux à nous, si bien faits, eux qui ont un écran retina monté en série, du 3D « réalité augmentée », un objectif reflex de plusieurs millions de pixels qui capture les plus belles images pour les stoker en ultra haut débit dans le cloud du cerveau, un autofocus infaillible bourré d’options méga intuitives, une batterie autonome qui peut durer plus de 80 ans, et tout et tout… J’ai l’impression qu’on peut passer à côté de nos vies, en tout cas à côté de moments très importants avec tout cet environnement numérique qui nous tente, qui nous bouffe, qui nous mine (et qui pollue !). Oh, bien sûr, il y a de jolies choses parfois, très inspirantes, sur le net et les réseaux sociaux. Moi aussi, j’ai épinglé des photos magnifiques sur mes tableaux Pinterest. Mais plusieurs fois, je me suis prise en flagrant délit de crétinerie avancée : Car c’est bien de passer 20min, le matin devant son café, à épingler des photos de paysages d’automne somptueuses, mais si c’est pour au final louper un lever de soleil grandiose dans les ramures du champ d’en face, quelle absurdité ! De même, lire des commentaires furieux sous un post d’actualité et rater du coup le départ des enfants à l’école, c’est nul aussi. Ils avaient peut-être des choses à me dire mes loulous, autrement plus importantes que la colique verbale de quelques trolls excités du clavier. Avant que la porte d’entrée ne claque, j’ai même eu droit à une petite bise toute fraiche, toute mignonne, toute timide, à laquelle je n’ai répondu que distraitement, le front plissé et soucieux, les yeux rivés sur l’écran. C’était nul. Plus jamais ça. Alors depuis trois ou quatre ans je ne « zone » plus ; enfin, presque plus. Avec ça, évidemment je ne suis jamais à la page des dernières tendances, c’est sûr, je loupe des épisodes, des choses parfois importantes qui se passent sur les blogs, Facebook ou autre, mais certaines priorités de la « vraie vie » sont bien plus capitales. Mieux vaut passer pour un blaireau et vivre heureux que de s’étioler tout seul en parfait geek. Et puis la tentation, quand on surfe, de passer d’une chose à une autre, puis une autre, puis encore une autre est bien trop chronophage ! Or, bien utiliser son temps, ne pas se le laisser voler par mille absurdités c’est un des piliers du bonheur, de l’équilibre, de l’harmonie.

Alors maintenant, chaque jour je déconnecte TOUT dès mon travail terminé, et je déconnecte complètement, j’aurais presque envie de dire « furieusement » ! Evidemment, après j’ai droit à des réflexions « Hé hé, t’as vu tout ce qui s’est passé dans le groupe whatsapp aujourd’hui ! Non ? Pas possible… Pfff, tu ne regardes jamais… ». Désolée les gars. Oui, mon téléphone a bien bippé toute la journée pour m’annoncer qu’il y a avait du nouveau sur Whatsap mais…

1/J’étais en train de bosser (à fond, comme d’habitude), et si je m’arrête toutes les 3 min pour tapoter sur le clavier de mon téléphone ça va pas être joli joli mon prochain bouquin !

2/ Quand j’ai enfin eu 10 minutes de battement pour souffler un chouïa en fin de journée (ce qui n’arrive pas tous les jours ) et que j’ai vu la notification « 63 messages » j’ai soupiré, refermé mon téléphone et je suis sortie faire le pitre dehors avec mon chien qui, lui, n’a jamais d’écran devant ses beaux yeux plein d’amour et d’espièglerie. C’est mieux je pense de jouer avec son chien que de regarder des mini-vidéos de mecs en train de le faire à notre place sur Youtube. Mais ça c’est juste ma vision de la vie, en mode blaireau (et fier de l’être).

Croquettes thaie

Marie Chioca©

Maintenant vous allez peut-être me dire que là, je suis en train de râler contre les méfaits d’internet en écrivant sur un blog, ce qui est complètement contradictoire…

Et c’est pas faux 😉

Mais déjà, premier point. Si j’escalade une colline au dessus de chez moi pour « haranguer les foules », ça risque de ne pas être très efficace. Au pire, vais-je terroriser un ramasseur de champignon, un vieux chasseur ou un vététiste, et ça c’est si j’ai de la chance car notre superbe forêt est vide (tout le monde est bien trop occupé à zoner sur internet, pour visionner entre autres des belles images de forêt).

On pourrait tenter le coup dans une grande ville, au beau milieu d’une place noire de monde, mais des petits bonshommes en blouse blanche risquent de vite m’embarquer dans une camisole. Et puis au lieu de m’écouter, les gens me filmeraient pour me balancer sur Youtube en opposant à mes arguments des objections très profondes genre « Lol », « MDR » et la controverse s’en tiendrait là.

Je pourrais aussi écrire un bouquin, qui se vendrait à au moins 30 exemplaires.

Alors pour ça, évidemment, un blog c’est bien, et même très bien, car cela permet de prendre le temps d’exposer des idées, en espérant qu’il y aura toujours des personnes qui prendront le temps de les lire car là aussi, on m’explique souvent que les gens “à la page” préfèrent zapper rapidement d’une image à l’autre, tout doit aller très vite, très très vite, très très très vite, de plus en plus vite… Sauf que certaines choses importantes méritent qu’on s’y arrête, qu’on les examine, qu’on les comprenne BIEN, avant de s’en faire une idée. Regardez l’alimentation saine par exemple, ça ne peut pas s’apprendre en trois croquis gribouillés sur Instragram ou Pinterest ! Moi ça fait bientôt 9 ans que je blogue, j’ai écris 40 bouquins, mais j’en ai encore des choses à partager… et à apprendre !

Il y a donc du bon dans la voie numérique, le tout étant de pratiquer la fameuse devise « autant que, mais pas plus que » qui me tient très à cœur. Utiliser Internet autant que  cela peut nous apporter de l’information (celle dont nous avons besoin… pas les démêlés médiatiques de Laetitia Markle ou de Meghan Halliday, parce que ça pardon mais franchement…), du rêve, de l’art, de la beauté, des idées pratiques (de déco, de cuisine, de loisirs créatifs, que sais-je encore !), des tutos intéressants (en bricolage écolo par exemple c’est génial !), de la musique, des documentaires passionnants, des échanges constructifs, parfois de grands éclats de rire, etc. Mais pas plus que… Car internet peut aussi vite devenir notre pire ennemi. Vous avez remarqué ? Plus on est fatigué, crevé, complètement sou l’eau, plus la tentation de « zoner » est forte, quasi hypnotique. Internet en général, et les réseaux sociaux en particulier, peuvent aussi engendrer beaucoup (trop) de colère, de frustration, de mesquinerie, de lâcheté, de mensonge, d’imbécillité, d’oisiveté, de violence, de parti-pris…

Protégeons-nous !

Mais depuis qu’on me dit qu’Instragram – si on l’utilise à bon escient !-, c’est bien, alors je tente l’aventure, coucou me voilà… avec juste une toute petite inquiétude car je ne sais pas si je pourrai assurer la réponse aux commentaires (pour cela, si je dois faire un choix je préfère garder la priorité à mon blog). Avec ce compte Instagram, j’essaierai de vous apporter un contenu qui vous fasse un peu de bien, soit à la santé, soit au moral, je n’y posterai pas exactement les mêmes choses que sur le blog (ça serait ballot), mais plutôt des petites tranches de vie prises par ci par là, non pas en me photographiant sous les trous de nez jour après jours en attendant que pleuvent les mentions « j’aime » (pitié), mais en partageant ce qui, je pense, pourra peut-être vous apporter un peu de douceur, un sourire, une idée, une information… bref, ce que moi aussi j’aime trouver sur Internet 😉

Je pensais que ça ferait un peu double-emploi avec le blog mais en fait non, car une photo et sa légende Instagram, ça se poste très vite, et cela permet de mettre quelques petites « brèves » que je ne savais pas très bien où insérer sur le blog… Bref, rendez-vous ici si le cœur vous en dit :).Vous pouvez vous abonner pour être tenu au courant des derniers posts, ou pas, c’est comme vous le sentez !

Juste pour la petite histoire, mon premier post sur Instagram a été une photo de Bouclette. Mais c’est vrai, vous ne connaissez pas Bouclette, c’est une histoire de coup de foudre, ou de coup de folie plus exactement, et si vous voulez je vous raconte ça en deux mots 😉 : J’étais allée chez un berger photographier son troupeau. Et puis il y a une brebis, une seule, qui est sortie des rangs pour se frotter contre moi en bêlant très fort et d’une façon si drôle, si drôôôle, que j’étais littéralement pliée en deux, ah, un de ces rires mémorables qui font tant de bien et n’arrivent pas assez souvent ! Elle ne bêlait pas comme un mouton, mais plutôt comme quelqu’un qui essayerait de brailler à tue tête en imitant vaguement un mouton, juste histoire de faire le clown. Et puis elle était si câline… Drôle et câline, comment ne pas craquer !

« Celle-là c’est un vrai pot de colle » m’a dit le berger. « D’ailleurs elle est à vendre, et elle attend des petits… » a-t-il ajouté d’un air détaché.

Et voilà comment je suis revenue avec Bouclette sur la banquette arrière de mon Renault Trafic (mon coffre était plein de légumes bio, et au prix que ça coûte, je ne tenais pas tellement à ce que Bouclette en fasse une orgie !), et mon mari s’es arraché les cheveux, le pauvre, c’est pas de tout repos 20 ans de mariage avec moi…

Maintenant j’ai Bichette (toujours en “maison de repos” chez nous) et Bouclette qui déambulent dans le verger. 

Avant, j’aurais baffé à grands coups de grelinette quiconque aurait osé abîmer une seule branche de ma haie de rosiers anglais mais là, je regarde avec attendrissement Bichette et Bouclette dévorer les fleurs, les feuilles…. Mes rosiers ressemblent à des arrêtes de poisson mais rien à cirer. Ce que la sécheresse, les rats taupiers et la canicule avaient déjà bien commencé, Bichette et Bouclette l’ont achevé (mais je sais qu’ils vont repousser, mes rosiers, c’était juste une année de %#8* pour eux, ah ils s’en souviendront de 2019 !). Bientôt, je vous posterai sur Instagram une petite vidéo de mes deux bêbêtes à jolies cornes, qui sont inséparables (et impayables ;)). 

Et maintenant, une recette pour combler toutes vos envies de street-food exotique, bien épicée et croustillante à souhait, du genre de celles que l’on savoure en se léchant les doigts… Super rapides à préparer, ces petites croquettes se jettent juste en petits tas dans la poêle avec une cuillère. Difficile de rêver plus simple !

C’est une recette facile, avec des ingrédients peu onéreux (les épices font partie des 4 ou 5 “incontournables” que je recommande d’avoir toujours au placard), peu de matériel (par exemple même pas de râpe pour zester le citron).

Riches en protéines, elles sont parfaites pour caler une grosse faim au repas de midi (avec par exemple un peu de riz ou un fruit pour compléter l’apport en glucides), mais peuvent aussi constituer deux repas du soir avec des légumes ou une salade (car conservées au frais, elles se réchauffent très bien à la poêle, une minute sur chaque face).

Ingrédients pour 1 à 2 portions

Préparation : 10 min

Cuisson : 6 min           

 

  • 140g de thon (poids égoutté)
  • 1 oeuf
  • Un morceau d’environ 1,5cm de gingembre frais
  • 1 gousse d’ail
  • 4 c. à soupe de farine (environ 60g)
  • Un demi citron bio ou non traité
  • 1 c. à café de curcuma + 1/4 de c. à café de piment en poudre
  • Environ 3 c. à soupe d’huile de coco, d’olive, ou d’huile neutre
  • Sel, poivre 5 baies.

Croquettes thaie

Marie Chioca©

Découper le gingembre et l’ail en tous petits cubes.

Presser le demi citron. À l’aide d’un économe, prélever un long morceau de zeste sur l’écorce du citron, puis le redécouper en petits cubes ou en petits bâtonnets.

Égoutter le thon, puis le malaxer avec les mains dans un grand bol avec tous les autres ingrédients de la recette sauf l’huile.

Faire chauffer l’huile dans une poêle, puis prélever des cuillerées de pâte, et les déposer en petits « tas » dans la poêle chaude (on peut s’aider d’une autre cuillère pour les faire tomber dans la poêle). Étaler un peu les « tas » en appuyant dessus avec une cuillère mouillée afin qu’ils cuisent plus vite, puis poser un couvercle et compter 3 min de cuisson à feu moyen. Les retourner, remettre le couvercle et compter 2 à 3 min de plus : les croquettes doivent être bien dorées, mais sans brûler.

Savourer aussitôt, tant que c’est délicieusement croustillant…

 

⇒ Et le reste du gingembre, j’en fais quoi ?

Pour ne rien gaspiller, vous retrouverez dans le livre un dhal indien et un moelleux citron-gingembre, mais vous pouvez aussi tout simplement préparer un  délicieux chaï épicé pour le matin, en rajoutant une belle rondelle de gingembre et de citron (et éventuellement un peu de cannelle) dans une tasse de thé nature. Ça réchauffe, ça réveille, et c’est même extra pour la concentration !

 

Recette extraite de l’ouvrage :

“Pressé, fauché, mal équipé… mais gourmand !

Recettes saines pour étudiants, jeunes actifs, solos…

Paru aux éditions Terre Vivante

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{ Pressé, fauché, mal équipé… mais gourmand ! }

17 septembre 2019

 

{ Pressé, fauché, mal équipé… mais gourmand ! }

Recettes saines pour étudiants, jeunes actifs, solos…

 

Couverture du livreJ’aime bien relever les défis impossibles 😉

Car « impossible n’est pas gaulois », (déjà !), et puis de toute façon il faut parfois se casser un peu la tête pour faire avancer le schmilblik… Genre, trouver comment cuisiner le poisson de façon délicieuse, facile, mais avec des espèces pas trop onéreuses, non menacées et non polluées… ça c’était l’an dernier. Ou encore réaliser un livre entier de recettes vraiment appétissantes ET équilibrées pour les personnes qui n’ont pas de sous, pas le temps, pas de matériel, pas d’expérience, pas forcément beaucoup de notions en matière d’équilibre alimentaire… mais qui aimeraient bien se régaler quand même. Facile ! Et bien, heu. Non en fait.

Mais on peut parfois trouver quelque intérêt au fait d’être têtue comme une bourrique. Depuis le temps que je m’entends dire sur tous les tons (allant de l’excédé au mélodramatique en passant par l’amusé, le furibond et le pathétique) « Ah toi quand t’as une idée en tête… !», autant que ça serve à quelque chose.

Or, il fallait absolument un livre de cuisine saine pour les étudiants. Un livre qui soit gourmand et co-hé-rent !  Pas avec des recettes improbables que personne ne bouloterait dans la vraie vie, dont la préparation dure trois plombes, avec des ingrédients hors de prix (genre du saumon fumé ou du blanc de poulet vendu en découpes, ça coûte un bras ça les gars, et pourtant on en trouve dans tous les livres de cuisine dite « pour étudiants » !), et sans non plus tomber dans le cliché « cuisine étudiante = junk food ». Ah, parce que vous ne saviez pas ? C’est pourtant bien connu : Les licornes vivent près des arc-en-ciels et les étudiants ne doivent se nourrir que de sandwichs americanos qui dégoulinent de mayo.

Pour les licornes, je ne peux rien faire. Mais pour les étudiants…

– J’ai acheté une plaque de camping (si si, promis, et même deux : une jolie tout blanche un peu vintage qu’on voit sur les photos et une moche à induction!).

– Je me suis imposée de ne cuisiner pour ce livre qu’avec une poêle, une casserole et un faitout (même pas de mixeur !)

-J’ai scruté de (encore plus) près les étiquettes de prix. J’ai comparé, noté…

-J’ai chronométré mes recettes.

-J’ai cuisiné des portions solo (après des années à faire à bouffer pour un régiment, c’était plutôt reposant !)

-J’ai pensé à ceux qui n’auraient peut-être même pas de voiture pour le gros “ravitaillement” de courses.

-Je me suis mise (non en fait j’étais déjà…) dans la peau d’une personne hyper pressée, affamée, qui ne disposerait que de quelques minutes et de trois ingrédients du placard pour mettre quelque chose d’équilibré dans son assiette avant de craquer sur une grosse imbécilité (ça c’est moi à midi quand je suis toute seule).

Puis ces recettes, j’ai proposé à trois de mes grands enfants (17, 18 et 21ans) de les refaire, histoire de les voir se « dépatouiller » tout seuls, comme dans la vraie vie d’étudiants. Cela m’a permis de rajouter plein de petits conseils en plus…  que ma pauvre éditrice ne savait plus où fourguer (pour moi, il faudrait inventer des livres avec certaines pages qui se déplieraient en accordéon, ou qui se dérouleraient jusqu’à nos orteils, comme un parchemin).

Et puis je vais vous livrer un petit secret : Fabienne, Brigitte, Julie (les trois éditrices épatantes avec lesquelles j’ai travaillé sur ce livre) et moi même, on n’arrête pas de les refaire ces recettes, et pourtant, dans le genre « débordé » difficile d’imaginer pire. Comme quoi, on reste tous un peu « étudiants » dans l’âme dès qu’il s’agit de boulotter un petit truc vite-fait et bien sympa… 😉 

On découvre un petit extrait? Allez, c’est parti !

 

L’intro…

C’est un concentré de petites astuces et conseils “anti pétage de plombs” sur tout un tas de questions : Où faire ses courses, comment s’organiser, que mettre en réserve dans ses placards ou son frigo, comment cuisiner avec très peu de matériel et /ou un très petit budget, comment gagner du temps, qu’est-ce qu’un repas équilibré…

…bref, une sorte de petit coaching de “tata Marie” pour cuisiner en trombe des petits plats encore plus appétissants qu’au resto du coin. (Et même qu’avec toutes ces bonnes odeurs, les voisins risquent de se radiner, comme ça, l’air de rien, juste pour “prendre de vos nouvelles” sur le coup des 12H30, faites gaffe…)

 

 

Dans le premier chapitre, “Roi de l’impro”…

Vous apprenez à cuisiner des recettes vraiment très rapides…

Par exemple ces blinis express de tomate (10 min de préparation, quelques minutes de cuisson) … Et oui, je sais, les tomates en boîte c’est moins bien que les légumes frais, mais quel étudiant peut se permettre d’aller faire son marché peinard tous les matins, en sifflotant avec son petit cabas sous le bras, avant d’aller en cours?

 

Ici, c’est chili sans viande mais parfaitement bien équilibré pour le déjeuner, riche en protéines végétales et réalisé avec juste quelques ingrédients du placard. Réconfortant !

 

Vous voulez des “vrais” légumes frais? Pas de souci. Je liste dans le bouquin ceux qui sont les plus abordables, les plus rapides à cuisiner, les plus faciles à conserver, comme par exemple une simple de tête de brocoli dont la moitié permettra de préparer cette succulente omelette italienne…

 

… et l’autre moitié une bonne salade de riz tiède au thon, car j’ai pris soin dans cet ouvrage que rien ne  s’ennuie trop longtemps dans le frigo (car vous connaissez l’adage? Le tupperware c’est cette petite boîte qui permet de conserver soigneusement ce que vous ne jetterez que dans une semaine…). Bref, s’il faut ouvrir  une boîte de tomates pelées pour les blinis, hop, je vous donne la recette pour utiliser aussi le jus (un risotto rosso express que vous trouverez p30).

D’autres exemples anti-tuperwares-oubliés ? Les blocs de tofu se vendent généralement par deux ; Or, il en faut un pour le chili… et l’autre servira à faire de succulents steaks végétariens au parmesan (recette page 39). De même, si la réalisation d’une recette nécessite un steak surgelé (lesquels se vendent au minimum par quatre, et peuvent se conserver quelques jours dans le bac à glaçon du frigo) je vous donne des idées de recettes et d’utilisations pour les trois autres steaks de la boîte.

Ainsi, pas de gaspillage !

 

 

Dans le 2ème chapitre, on devient le roi de l’organisation !

… Avec des recettes à multiples “rebondissements” de type batchcooking ! Je m’explique.

C’est un concept que j’applique depuis toujours, et que j’ai déjà expliqué dans d’autres ouvrages : cuire en une fois, le plus simplement possible, une bonne quantité de quelque chose qui servira de base à d’autres recettes variées pour gagner du temps en semaine. Par exemple un plat de lentilles (très peu onéreux et très nutritif), qui se décline ensuite en trois plats express équilibrés. Ci-dessus, une assiette de moudardara libanaise, un mets délicieux que j’affectionne tout particulièrement !

 

Autre exemple avec un petit rôti de porc cuit à la casserole, et consommé en trois ou quatre fois (c’est tellement plus naturel que le jambon !). Après avoir savouré la première tranche toute chaude et la deuxième par exemple en sandwich à emporter, vous pourrez encore vous régaler d’une escalope panée (en version particulièrement saine, voir p69) ou de ces nouilles sautées chinoises… D’ailleurs les pâtes asiatiques, ça c’est un bon plan ! Elles ne sont peut-être pas aussi nutritives que des pâtes complètes, mais c’est tellement pratique pour dépanner quand on n’a que très peu de temps… il suffit de verser de l’eau chaude dessus, et trois minutes après, hop, c’est prêt ! Quant aux légumes frais de cette recette, ils sont particulièrement abordables, se conservent bien et cuisent vite, comme tous ceux proposés dans ce livre.

 

Autre exemple glané dans ce chapitre “Roi de l’organisation” : Même quand on est seul, mieux vaut cuire -par exemple le dimanche soir- un poulet entier (même sans four c’est possible, je vous explique ça dans le livre) car c’est beaucoup moins cher que d’acheter des découpes. Et avec ce seul poulet comme base vous réaliserez plusieurs repas formidables : La première cuisse de poulet sera savourée telle quelle, la deuxième cuisse sera apprêtée en pilaf aux épinards (c’est le montage photo ci-dessus), le premier blanc en one-pot-pasta, le deuxième blanc en poêlée forestière aux champignons et haricots blancs, le bouillon de cuisson servira de base à un potage écossais aux flocons d’avoine… et même les petits morceaux récupérés sur la carcasse seront valorisés en salade Caesar ! Evidemment, toutes ces recettes sont dans le bouquin, c’est pas juste pour vous faire saliver 😉

A noter que beaucoup des recettes de ce livre sont végétariennes car les légumineuses, les oeufs et certains fromages sont des protéines particulièrement économiques. Cependant, j’ai listé quatre protéines animales “abordables” pour un petit budget : le poulet entier, le rôti de porc, le steak surgelé et le poisson “carré” surgelé. Dit comme ça, c’est pas franchement folichon mais promis, ces trucs de cantine on va les relooker du tonnerre ! Pour en revenir à ce pilaf, il est d’une grande simplicité car tout cuit dans la même poêle, et vous (re)découvrirez peut-être en outre à quel point c’est facile à vivre, des épinards frais : une petite rincette dans la passoire, hop dans la poêle, et 3min après c’est déjà cuit…  sans rien devoir éplucher !

 

 

Le 3ème chapitre est pour les “veinards” qui ont un four…

(Avec parfois des variantes pour ceux qui n’en ont pas !)

Au départ, je m’étais dit “pas de four”… Mais comme vous êtes tout de même nombreux à vivre par exemple en collocation (avec souvent une “vraie” cuisine) je propose quelques recettes rigolotes. Non pas d’énièmes versions de quiches, de gratins ou de tartes dont vous trouverez les recettes un peu partout, mais plutôt des recettes un peu “magiques” tant elles sont simples et bluffantes !

Par exemple, une flamme aux légumes, à partir d’une pâte souple et délicieuse qui se prépare en 3 minutes avec juste un mug et une cuillère, qui s’étale à la main, qui cuit en 10min

Ou ces lasagnes végétariennes à la ratatouille, préparées à partir d’ingrédients du placard…

 

Ou encore des pitas-pizzas : la pâte n’est autre que des petits pains pitas complets longue conservation qu’on trouve très facilement en magasin bio. C’est épatant !

 

Le 4ème et dernier chapitre est pour les petites envies de sucré…

 

Bref, des gourmandises bonnes pour le moral comme ce granola croustillant…

 

Ces cookies au chocolat cuits à la poêle…

 

Ou ce gâteau au chocolat cuit à la casserole, dans un simple mug…

 

Pressé, fauché, mal équipé… mais gourmand !

Recettes saines pour étudiants, jeunes actifs, solos…

 

Paru aux éditions Terre Vivante

Pour découvrir le sommaire la 4ème de couverture, c’est ici (clic)

 

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⇒ Ou chez mon libraire-partenaire Decitre

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6 septembre 2019

 

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 Picodons (ou saint-marcellins) au lait cru

(Recette en pas à pas spéciale “débutants” ;)) 

 

Cette année, je n’ai plus que deux enfants qui rentrent à l’école, et me souvenant de rentrées passées complètement épiques, j’ai comme une grosse nostalgie. Que l’être humain est bizarre tout de même ! Quand je repense à toutes les énormes galères de « quand-y-z’étaient-p’tits », je donnerais très cher pour rempiler histoire de revivre tout ça… Tenez, les courses de rentrée justement, avec un chariot monstrueux qui menaçait de s’effondrer sur ses roulettes, les « descentes » exténuantes pour écumer tous les Emmaüs de Grenoble à la recherche de vêtements adéquat… Pour six iroquois, je vous promets que c’était du sport :  genre, tenter de déchiffrer la taille à moitié effacée d’un pull pendant qu’un de mes garçons sortait en caleçon de la cabine d’essayage à cloche pied, la demi-jambe coincée dans un pantalon trop petit, que l’autre brandissait triomphalement une veste caca d’oie taille XXXL en claironnant « super chouette la veste de cowboy, en plus elle me va ! » , que la grande s’esclaffait « hé hé, t’as vu maman un peu la jupe de mémé à grosses fleurs que j’ai trouvé, elle est impayable celle-là » (évidemment juste sous le nez d’une pauvre dame affublée d’un imprimé tout à fait du même acabit), que la moyenne fifille avait faim, que sa cadette était prise d’une irrépressible envie de courir aux toilettes et que la petite dernière voulait faire la sieste, n’importe où, là, tout de suite, par exemple sur un monticule de couvertures pouilleuses qui sentaient le chien mouillé. Bref, épique je vous dit ;)).

Et puis il y avait la journée où l’on marquait pour l’école chaque gomme, chaque compas, et jusqu’à chaque stylo ou crayon individuellement  (j’en retrouve encore dans tous les recoins de la maison, et quand je m’en plante un dans le… dos en m’asseyant dans le canapé, et bien comme ils sont « signés » au moins on connaît le coupable !), celles où on préparait les cartables avec tendresse (ah, tous ces jolis petits cahiers, tout frais, tout neufs, tout propre, les pauvres, s’ils avait su…). Bref. Maintenant que  trois de mes grands sont partis d’un coup, et que ma quatrième est en alternance, il ne me reste plus à la maison que deux petites filles toutes sages, toutes douces, c’est reposant, c’est tout mignon, c’est plein de tendresse… mais c’est presque trop calme !

Bref, savourez bien chaque instant avec vos petits, car tout le monde m’avait dit « Profite bien, ça grandit si vite » mais moi, plus maline bien sûr, je pensais que le mythe des enfants qui grandissent trop vite c’était que pour les autres hein. Ben non. Tout ça pour dire… ben rien du tout. Ce n’était même pas l’intro de ma recette, ça m’a pris quand j’ai attrapé mon clavier. Faut croire que j’en avais trop gros sur la patate 😉

Et dans quelques années, vous allez voir que je viendrai pleurnicher sur mon blog « Ah, que c’était bien, quand j’avais deux petites filles si sages à la maison, que c’était mignon, que c’était poétique et apaisant, maintenant j’ai 12 petits-enfants déchainés qui piétinent mes plates bandes, qui tirent les oreilles de mon chien, qui écrabouillent les quelques jouets qui avaient résisté à leurs parents ». Puis quelques années plus tard « Bouhouhou que c’était mignon quand mes petits enfants venaient labourer mon salon… ». Je suis une vraie tête à claques en fait 😉

Bichette, en flagrant délit de bêtise dans mon potager. En d’autres circonstances, j’aurais sorti manu militari cette debroussailleuse à pattes de mes légumes ! Mais elle a été si malade, la pôôôvre, et ils sont si bons, mes choux-fleurs 😉

Alors je vais me mettre un grand coup de pied au derrière parce que la vie est belle quand même. Et puis en ce moment (et je sens que ça y est, je vais encore ouvrir une trop longue parenthèse), j’ai beaucoup de chance car je soigne une petite pensionnaire : Bichette. C’est une petite chèvre de quelques mois, et accessoirement, « LA » petite bête chérie adoptée à sa naissance par ma Poupougnette de 8 ans. Mais Bichette est tombée gravement malade (une plante toxique ?), au point qu’une de mes grandes nous a envoyé il y a 10 jours ce SMS alarmant « Bichette est morte », avec un petit émoticône qui pleurait toutes les larmes de son corps. Notre chevrier en chef, lui, venait tout juste (à 14H15 le pauvre) de s’asseoir chez moi devant son repas en revenant d’une grosse matinée de marché : il est évidemment rentré chez lui en trombes, a trouvé Bichette dans le coma mais encore animée d’un mini souffle de vie, a réussi à la faire « revenir » avec un massage cardiaque, lui a prodigué toutes sortes de soins jusque tard dans la nuit (je vous passe les détails, mais même le véto n’était pas optimiste du tout !). Pauvre Bichette… et pauvre Hugues aussi ! Car elle était prise par moment de fortes convulsions, et lors d’une de ces crises, la corne de Bichette a rencontré si violemment l’œil de Hugues qu’il a bien cru que dorénavant, il vivrait le restant de ses jours avec un bandeau de pirate (son œil a carrément « roulé » sous la corne, qui s’est enfoncée dans l’orbite de plusieurs centimètres, c’était horrible, et moi qui était à côté j’ai cru que j’allais tourner de l’œil – sans vouloir faire de jeu de mot super nul). Pour tenter de sauver Bichette (et éviter à sa petite maîtresse un énorme chagrin) il fallait lui faire boire goutte à goutte de l’argile et de l’eau sucrée toute la journée car elle avait bien reçu du véto le traitement adéquat, mais en attendant qu’il fasse effet (quelques jours), elle ne pouvait ni se tenir debout, ni boire, ni manger toute seule, d’où un état de deshydratation extrême. Et puis on a proposé au pauvre Hugues – qui était au bout du rouleau !- de nous emmener Bichette à la maison pour qu’on prenne la relève. C’était effrayant, elle était vraiment mal en point… On l’a couchée dans l’herbe, à l’ombre d’un arbre, avec une petite couverture et sa tête posée sur  un « oreiller » de paille, je vous promets que ça fendait le coeur. Elle n’arrivait pas à bouger du tout, ni même à bêler, mais nous suivait du regard. Je me disais « Pauvre petite bête, au moins on aura fait tout ce qu’on pouvait ». On s’est relayés pour la faire boire, manger (en lui enfonçant loin dans le gosier du foin, de l’herbe, des mini morceaux de pomme, etc. jusqu’à ce que le réflexe de mâche se déclenche, et même que là t’as intérêt à vite enlever tes doigts !). Chaque jour il y avait un petit progrès : jour après jour elle a relevé la tête, puis s’est remise debout, puis a fait trois pas, puis a attrapé toute seule une feuille pour la mâchonner, puis a bu sans aide, etc. Bref, cette histoire qui était si mal partie est bien jolie puisque chaque jour Bichette va un peu mieux… elle a même vampirisé mon potager, liquidé mes choux fleurs, piétiné mes plans de piment, dévoré  mes vignes, déplumé un rosier et totalement relooké un drap sur l’étendoir, mais c’est si mignon d’entendre enfin ce petit bêêê joyeux quand on s’approche du jardin !  Pfiou, on commence tout juste à s’éponger le front, ça y est, Bichette est sauvée (et je précise, en mère indigne que je suis, que bien évidemment, l’œil de mon fiston aussi !).

Et là je me rends compte qu’il y a sûrement des gens qui ont lu le titre du post « Picodons ou saint-marcellins au lait cru », qui ce sont dits « miam, chouette ! », et qui là sont au bout du rouleau, car les souvenirs de monstrueux chariots de rentrée, d’essayages cataclysmiques chez Emmaüs ou de petite chèvre qui a la colique et bien en toute sincérité, ils n’en ont franchement rien à braire . Désolée.

Et promis, je vais être très sage maintenant jusqu’à la fin du post.

Puisque vous avez été nombreux à plébisciter des recettes de fromages fait-maison, j’en posterai avec plaisir quelques unes sur le blog (mais pas tout d’un coup !). Grosso modo, il y a principalement deux grandes façons de faire du fromage :

1/ La méthode dite « lactique », qui donne des fromages comme le picodon, le crottin de chèvre, le saint-marcellin, le saint-félicien, le chaource, le valençay, le sainte-maure, le rocamadour, etc. Cette méthode se caractérise par une lente maturation du lait avec des ferments (ce qui a pour effet de développer l’acidité et le goût du lait), puis un emprésurage (l’ajout de la présure) à température ambiante, puis un caillage long, puis un égouttage long, généralement sans pressage.

2/ La méthode dite du « caillé-présure », qui est à l’origine de quasiment tous les autres fromages. Dans cette méthode, la maturation est plus courte et se fait généralement après un léger chauffage du lait additionné des ferments, l’emprésurage se fait à une température précise, le caillage est rapide, le caillé est brassé, parfois cuit, puis égoutté, voire pressé. En jouant sur ces divers paramètres, ainsi que sur l’affinage, on obtient un panel incroyable de fromages très différents : reblochon, parmesan, roquefort, camembert, munster, cheddar, gouda, cantal, ossau iraty, beaufort, gorgonzola, morbier, saint-nectaire, etc.

Il existe d’autres façons de faire du fromage, y compris sans présure (paneer indien, labneh libanais, azeito portugais etc.), mais les méthodes lactiques et de caillé-présure sont de loin les plus répandues.

Nous allons donc commencer par deux recettes « lactiques » qui se ressemblent beaucoup (le picodon et le saint-marcellin) car c’est un peu le BA BA des fromages : tout se fait à température ambiante (de la maturation du lait à l’affinage !), sans beaucoup de matériel, et si le lait est de bonne qualité le fromage est quasiment inratable, s’affine très bien, avec plein de variantes possibles (demi-sec, crémeux, bleu, etc.) ! Un bonheur pour les débutants donc… Mais aussi les personnes plus expérimentées, qui auront beaucoup de plaisir à produire un si bon fromage à partir d’une recette si simple !

Je vous rajoute en rouge au cours de la recette des petites infos pour vous aider à bien comprendre le pourquoi du comment. Cela rallonge beaucoup le texte mais ne prenez pas peur car ce ne sont que des explications en plus. En réalité, il est vraiment ultra simple de faire du fromage (surtout lactique !), c’est même bien plus fastoche que la plupart des recettes de cuisine en général ! Faut juste être plus patient, le temps que ça caille, que ça s’égoutte…

Des saint-marcellins affinés une semaine à température ambiante, sous un bol.

 

Fromage de chèvre type Picodon (ou de vache type saint-marcellin)

 

Ingrédients pour 4 fromages (en fonction de la taille des moules)

Temps actif de préparation : 15 min

  • 3 l de lait de chèvre cru et entier (ou de vache si on veut faire du saint-marcellin)
  • 3cl de petit lait (récupéré dans une boîte de fromages en faisselle bien frais par exemple), ou de kéfir bien actif
  • 4 gouttes de présure 
  • Sel.

Mélanger le lait avec le petit lait ou le kéfir. Couvrir, laisser maturer environ 12H à température ambiante (cette étape permet le développement des ferments lactiques, ces micro-organismes bienfaisants qui protègent le lait contre les bactéries pathogènes, mais aussi sans lesquels le fromage n’aurait aucun goût !).

Ajouter la présure préalablement diluée dans environ 3 à 5cl (pour faciliter sa bonne dilution dans le lait), mélanger au fouet (sans non plus trop insister sinon le lait peut commencer à coaguler en faisant des “grumeaux”), couvrir, puis laisser cailler 12H sans y toucher jusqu’à obtention d’un beau caillé à cassure nette (voir la photo ci dessous).


Enlever si possible avec une louche le petit lait qui surnage sur le caillé  (ça dépend des fois, parfois il n’y a pas de petit lait sur le dessus, et on ne le voit que lorsque qu’on commence à le briser), puis mouler le caillé avec une cuillère à pot (à mon avis, plus pratique que la louche) dans quatre faisselles à picodon ou à saint-marcellin, en veillant à casser le moins possible le caillé, et en laissant le maximum de petit lait dans la bassine.

Laisser égoutter 12H sur l’égouttoir bien propre de l’évier, ou sur une grille posée sur un plat si on veut récupérer le petit lait (ci dessous il y a cinq fromages car j’ai réalisé des saint-marcellins avec 5l de lait)…

…puis démouler délicatement pour retourner chaque fromage dans sa faisselle. 

Saler la face qui se retrouve alors sur le dessus de la faisselle (environ la moitié d’une petite cuillerée à café), et laisser égoutter 12H de plus.Démouler alors les fromages sur une grille ou un paillon (par exemple, une natte à sushi en bambou, ça fonctionne très bien).

Saler la deuxième face.

Laisser égoutter encore 12H de plus sur une grille ou sur une natte (on dit qu’on fait “ressuyer” le fromage”), puis mettre tel quel au réfrigérateur (dans une boîte hermétique pour éviter le « goût du frigo ») si on veut les savourer tout frais… ou passer à l’affinage.

Pour cela, on peut au choix, soit laisser les fromages sur une grille à température ambiante (en les protégeant bien des mouches) plusieurs jours jusqu’à ce qu’ils deviennent un peu plus secs, ou les couvrir chacun d’un bol pour conserver une meilleure hygrométrie (et rendre les fromages tout crémeux, avec une jolie peau plissée), soit les mettre dans une cave à environ 12 à 13°C pour un affinage de un mois ou plus…

Quatre affinages différents: dans le sens des aiguilles d’une montre, en commençant par celui en haut à gauche : Crémeux, frais, demi-sec, bleu.

 

 

Pour mieux comprendre…

 

⇒ Quel lait utiliser ? 

Du lait cru, bio ou fermier, ou à la rigueur du lait frais micro-filtré ou pasteurisé (avec du lait en brique UHT, c’est même pas la peine d’essayer hélas…)

⇒ Pourquoi retourner les fromages dans leur faisselle en cours d’égouttage ?

Tout simplement pour leur donner une jolie forme (sinon, le côté du fromage qui aurait égoutté sur le dessus ne serait pas arrondi) mais aussi pour qu’ils s’égouttent mieux, tout simplement

⇒ Que signifie « moulé à la louche » ?

Ces quelques mots fièrement mis en avant sur certaines étiquettes de fromages m’ont toujours beaucoup fait rire, car on serait tenté de penser que moulé à la louche, à la petite cuillère, à la pelle à neige, avec les mains ou même les pieds, ça ne change pas grand chose au final… Et que donc, comme « Label », c’est un peu nul. Cependant, il faut reconnaître qu’un fromage moulé à la louche comme ici – donc en brisant le moins possible le caillé – donne une texture encore plus crémeuse.  C’est donc moins important qu’un label bio ou fermier (qui garantissent souvent de bons fromages), mais ce n’est pas une indication si ridiculement inutile que ça…

⇒ A quel moment saler ?

Le sel aide le fromage à bien égoutter, mais si on le met au tout début de l’égouttage, il sera « lavé » par la grande quantité de petit lait qui s’écoule. Pour les fromages de type picodon, l’idéal est vraiment de ne saler qu’après avoir attendu 12H d’égouttage, puis retourné le fromage dans sa faisselle. Ainsi, il risque moins d’être lessivé (la majeure partie du petit lait s’étant déjà bien égouttée à ce stade là), mais aidera le fromage a gagner en fermenté avant d’être définitivement démoulé.

⇒ L’affinage :

Pour le picodon et le saint-marcellin (mais aussi bien d’autres fromages !), c’est en jouant avec la température d’affinage, le degré d’hygrométrie mais aussi la proximité avec d’autres fromages déjà affinés qu’ils deviendront soit demi-secs (de texture un peu cassante à la coupe mais fondante à dégustation, avec une peau assez lisse d’une couleur crème unie, quand on les affine quelques jours à température ambiante dans un lieu bien aéré), soit à peau plissée légèrement crémeuse et cœur moelleux (quand on les laisse affiner avec un bon taux d’humidité, par exemple sous un bol retourné), soit presque coulants à cœur (affinage plus long en cave fraîche ET avec une bonne hygrométrie), soit « bleus » (affinés en cave ou au frigo, à proximité d’autres fromages bleus). Pensez bien à retourner régulièrement vos fromages pour qu’ils ne collent pas aux grilles ou aux planches d’affinage !

⇒ Dans tous les cas…

Veillez à toujours travailler avec des mains et du matériel bien propre, y compris les éventuelles planches en bois brut pour l’affinage (qui ne doivent pas servir au fromage ET aux légumes, car les germes les plus embêtants en fromagerie proviennent souvent de la terre). Les planches d’affinage peuvent être en épicéa, hêtre ou bouleau, mais évitez les autres essences qui pourraient “déteindre” sur les fromages !

⇒ Le saint-marcellin…

Fortement emblématique du terroir Dauphinois, il est l’un des rares fromages lactiques de vache et sa fabrication, ancestrale, ressemble beaucoup à celle du picodon. La petite histoire raconte que le futur Roi Louis XI se perdit un jour à la chasse dans une forêt du Vercors, avant que des bûcherons ne lui portent secours et ne le réconfortent d’un morceau de saint-marcellin.  Conquis par ce petit fromage (qui était à l’époque préparé au lait de chèvre) il l’exigea ensuite à sa table et assura ainsi sa renommée.

Aujourd’hui, le saint-marcellin est fabriqué avec le lait des vaches de race montbéliarde, dont la jolie robe blanche tachetée de roux égaie les champs, les collines, les vallons, et sans qui les splendides paysages du Dauphiné ne seraient pas tout à fait les mêmes…

Pour le réaliser, c’est presque exactement la même recette que le picodon sauf que lors de la maturation du lait, puis du caillage, le lait de vache a beaucoup plus tendance que celui de chèvre à se déphaser, la crème remontant alors en surface pour former une peau ivoire : aussi veillez bien, en moulant le caillé, à répartir assez équitablement dans les faisselles le dessus du bac de caillé (qui est très riche) avec celui, plus maigre, du dessous, sinon, vous aurez dans la même fournée des saint-marcellins « light », et d’autres complètement décadents… Il faut aussi particulièrement bien veiller à soutirer le petit lait avant de mouler les fromages dans les faisselles, car l’égouttage est souvent un peu plus compliqué qu’avec du lait de chèvre.

On peut aussi écrémer à la louche le lait cru ayant un peu reposé avant de fabriquer le saint-marcellin.

⇒ Où trouver du matériel de fromagerie? (Présure, faisselles…)

Dans ma cambrousse, pardon, dans ma belle région de France rurale, tout simplement chez Gamm Vert : ils ont un rayon spécialisé pour cela, c’est chouette ! Sinon, et bien par exemple ici, ici ou ici.(Article NON sponsorisé !)

La présure se trouve aussi en pharmacie. Pour une fois, je ne recommande pas celle de la marque Nat’Ali (en magasin bio, que j’aime énormément par ailleurs et que j’utilise énormément en pâtisserie) car la dilution est totalement différente !

 

Des saint-marcellins maison frais, réalisés avec 5l de lait de vache cru et entier, 5cl de kéfir et 7 gouttes de présure.

Quand on laisse affiner les picodons environ 1 mois dans un endroit un peu frais et humide (cave, bac du frigo…) et à proximité d’un autre fromage à pâte persillée (roquefort par exemple) ils deviennent tout bleus, et leur goût change totalement. Moi, j’ai horreur de ça (désolée ;)), mais tous les autres membres de ma famille en raffolent !

Affinage 5 à 7 jours à température ambiante, sur une grille dans ma cuisine. Les fromages obtenus sont de type demi-sec, avec un petit goût très légèrement piquant et acidulé… délicieux ! La peau a pris une teinte ivoire et une texture plissée, due au ferment geotrichum candidum (à vos souhaits !) lequel est naturellement très présent dans le lait cru et le kéfir, et qui permet un affinage de nombreux  fromages mythiques comme le saint-félicien, le valençay, le chabichou, le rocamadour… mais aussi le picodon et le saint-marcellin, évidement !

Affinage plus poussé (3 semaines en cave, sous un bol)… c’est délicieusement crémeux et coulant sous la peau, avec un franc parfum de crème, des petites notes de sous-bois, et plus aucune acidité.

La petite Bicheeette <3 … son museau est si doux 🙂

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Petit éloge de la nuance, épisode 2 

12 août 2019

{ Petit éloge de la nuance, épisode 2 }

 

Alors le lait, bon ou mauvais ?

(En bonus, la recette du kéfir de lait)

 

Lait et produits laitiers

Marie Chioca©

En lisant certains commentaires par ci par là sur internet (où l’on « m’accuse » d’être une grande adepte du soja, ce qui me fait dresser les cheveux sur la tête !), je me rends compte qu’il y a un petit malentendu : Oui, je suis bien l’auteure de « Cuisiner sans lait », mais non, je ne rejette pas tous les produits laitiers ! Cet ouvrage est destiné, comme je l’explique bien dans l’introduction (que certains râleurs n’ont visiblement pas lue, mais encore eut-il fallu pour cela qu’ils daignassent ouvrir ledit bouquin avant de grogner) aux personnes soit gravement allergiques au lactose, soit plus ou moins intolérantes (mais ça demande d’être nuancé, d’où mon article d’aujourd’hui), soit souffrant de pathologies pour lesquelles une éviction des laitages est souhaitable (certains cancers hormono-dépendants par exemple).

Une fois de plus – et n’en déplaise aux esprits manichéens – il n’y a pas un gentil (le lait végétal) et un méchant (le lait animal). Dans la vie, les choses sont rarement aussi simples.

Vous connaissez peut-être déjà mon amour de la nuance, laquelle pourrait changer bien des choses si elle était davantage appliquée en matière d’alimentation (sans même parler de politique, d’Histoire, d’écologie… bref !). La nuance c’est un peu la fille de la bonne volonté, la sœur jumelle de l’honnêteté intellectuelle, et la mère du bon sens. La nuance, certes, s’oppose à un certain dualisme excessif (ça c’est blanc ou noir, bon ou mauvais, basta), mais ce n’est pas  non plus le consensus dans la mollesse genre « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout le monde il a raison, tout le monde il a sa vérité », non, il faut parfois batailler pour la nuance, être exigent, et même un peu casse-pied ;). Insister sur l’importance de nuancer telle ou telle idée, ce n’est ni plus ni moins qu’une forme d’amour de la vérité et de l’exactitude dans une société ou les jugements sont hélas souvent de plus en plus hâtifs, simplistes… et tout particulièrement en matière de bouffe ! Il y aura donc probablement un épisode 3 du « petit éloge de la nuance » qui portera sur le gluten… puis peut-être un épisode 4 (si  certains “animalistes” surexcités continuent à me chauffer un peu trop les oreilles), et bien d’autres encore, pourquoi pas.

Bref, pour en revenir au cas particulier des produits laitiers :

Une vache Salers et son petit... quelles belles cornes !

Une vache Salers et son petit…  Marie Chioca©

Je connais des médecins qui préconisent absolument trois laitages par jour, pour tous, sans distinction, et qui n’en démordent pas. A croire que sans ça notre squelette va fondre, nos dents vont se décrocher, et qu’on va tous finir par ressembler à des calmars.

Et puis je connais d’autres médecins qui les bannissent, car pensez-donc madame, les laitages sont responsables de tous nos maux (avec le gluten évidemment). Troubles ORL, cancer, surpoids, cors aux pieds, redressement fiscaux, tout je vous dit ! Laitages et gluten seraient les Bonnie and Clyde de notre assiette ! 

Avec ça, allez y comprendre quelque chose. Allez surtout savoir que mettre au menu de nos enfants ! Alors je ne suis pas médecin, c’est vrai. Mais j’aime bien comprendre. Il y a quelques années j’ai essayé de supprimer les produits laitiers de mon alimentation pendant plusieurs mois. Ça ne m’a pas vraiment fait du bien, j’ai souffert de spasmophilie. J’ai aussi essayé, bêtement, le coup des trois laitages par jour (c’était il y a encore plus longtemps, j’étais jeune et influençable ;)) et j’ai vite arrêté en frôlant les 80kg ! Puis je suis arrivée depuis quelques années à une sorte, je pense, de bon équilibre, en tout cas pour moi et ma famille. Je ne vous dit pas de faire absolument pareil car je ne suis ni médecin, ni diététicienne, ni coach santé, ni dictateur en bouffologie (mon CV, c’est cuisinière/photographe, basta !) et de plus nous sommes tous différents, mais voici toutefois quelques pistes dont vous ferez vraiment ce que vous voudrez. C’est juste le fruit de nombreuses années de réflexion, de lectures variées, et de constatations très empiriques « sur le terrain » (le terrain c’est à dire moi, en fait, car j’étais le seul cobaye à disposition ;)).

Un saint-nectaire "maison" en cours de fabrication...

Un saint-nectaire “maison” en cours de fabrication… Marie Chioca©

 

⇒Affirmation N°1 (des « pro-lait ») : « Il faut manger trois laitages par jour pour ne pas manquer de calcium. » 

⇒Nuance(s) à apporter :Trois laitages par jour, c’est vraiment beaucoup ! Déjà en terme de budget, ensuite parce que cela surcharge le foie, peut perturber l’activité hormonale, et acidifier l’organisme. Or, qui dit acidose chronique dit… fuites en calcium pour « tamponner » l’excès d’acidité, et donc déminéralisation osseuse ! Trois laitages par jour cela représente aussi trop de protéines et de graisses animales pour nos organismes qui, des chasseurs-cueilleurs-cultivateurs qu’étaient nos ancêtres sont devenus zoneurs-sur-ordinateurs en même pas trois générations.

Et puis cela dépend aussi des gens (certains médecins disent même, des groupes sanguins, mais je ne sais pas ce que vaut cette hypothèse) : Il y a des gens qui peuvent consommer un peu plus de laitages que d’autres, et s’en portent très bien. Cela évolue aussi au cours de la vie : un petit bébé devra consommer 100% de produits laitiers (idéalement, le bon lait de sa maman) et non pas du lait de soja (trop perturbateur au niveau hormonal), de riz (pas assez nourrissant) d’amande (trop allergisant), etc., alors qu’en approchant de la quarantaine ou de la cinquantaine, beaucoup de personnes commencent à moins bien digérer les laitages qu’avant, même en quantité raisonnable. Il faut donc savoir écouter son corps (et non sa gourmandise,dommage! ), car la bonne tolérance (ou pas) aux produits laitiers évolue au cours de la vie. Evolue ou fluctue, avec parfois des hauts et des bas : ainsi, une légère intolérance au lactose ressentie par exemple en période de stress intense ou de convalescence ne signifie pas que vous resterez intolérant à vie ! Juste que vous devez lever le pied quelques temps… jusqu’à ce que votre corps retrouve son équilibre.

A la maison, nous consommons 3 à 5 laitages par semaine (et pas n’importe lesquels, ni à n’importe quel repas, voir plus bas)

Une chèvre du Rove...

Une superbe chèvre du Rove (race provençale, mais photographiée tout près de chez nous dans le Dauphiné). Un éleveur dont le troupeau de moutons avait été décimé par le loup les a jointes au cheptel pour aider… ses chiens (!) à défendre le troupeau.. Et ça marche, car contrairement aux moutons les chèvres tiennent souvent tête aux loups, et avec de telles cornes, mazette… Marie Chioca©

⇒Affirmation N°2 (toujours des « pro-lait ») : « Il faut manger beaucoup de laitages après 50 ans pour éviter l’ostéoporose »

⇒Nuance(s) à apporter : C’est pas dit… Car comme nous l’avons vu juste au dessus, un excès de laitages engendre de l’acidose, laquelle accentue les risques d’ostéoporose. 

On trouve aussi du calcium dans d’autres aliments (brocoli, algues, sésame, fruits de mer, etc.), cependant, il semblerait que le calcium des eaux minérales ou de certains végétaux ne soient pas aussi bien assimilé que le calcium du fromage (à vérifier, mais je l’ai lu plusieurs fois). On peut donc, pas exemple, consommer de temps en temps des produits laitiers de bonne qualité (voir plus bas), mettre par ailleurs le plus possible de calcium végétal au menu, et renforcer son squelette avec de la vitamine D naturelle, de la silice organique, de la prêle, de l’ortie, pratiquer un peu d’activité sportive (à condition de ne pas se lancer non plus dans l’ultra trail ou le saut en parachute !). Il faut surtout lutter contre l’acidose chronique au quotidien, mais ce serait trop long de détailler cela ici, bien que ce soit intéressant. Renseignez-vous bien sur la question de l’équilibre acido-basique si vous souffrez d’ostéoporose. 

 

Un brousse de brebis fait-maison...

Un brousse de brebis fait-maison… Marie Chioca©

⇒ Affirmation N°3 (des « anti-lait ») : « Le lait, c’est mauvais pour la santé. »

⇒ Nuance(s) à apporter : Oui, c’est vrai, le lait sera mauvais pour votre santé si vous souffrez par exemple d’un cancer hormono-dépendant, d’une grave maladie inflammatoire chronique, d’une allergie au lactose (ou d’une intolérance avérée). En dehors de quelques pathologies, et bien tout dépend de la fréquence à laquelle nous consommons des produits laitiers (ça nous venons de le voir) mais aussi de quel lait on parle… et de quel laitage en particulier !

Car il y a un MONDE entre un verre de lait UHT produit par des vaches nourries à l’ensilage et le même verre de lait cru bio de vache, ou encore mieux, de chèvre.

Je m’explique (j’essaye d’aller au plus court mais ça va quand même être long).

– L’élevage : Dans le lait issu d’un élevage conventionnel on retrouve des antibiotiques, parfois des hormones bizarres, et beaucoup de graisses saturées car la façon dont les vaches sont nourries (ensilage, excès de soja et de céréales) influe sur la qualité même des graisses du lait.

Le lait issu de vaches mangeant de l’herbe et du foin est plus riche en omégas 3. Si de plus, les vaches sont bio, vous n’aurez pas de résidus d’antibiotiques.

– L’animal : Le lait de vache serait plus perturbant d’un point de vue hormonal que celui de chèvre ou de brebis. Cela ne veut pas dire que l’on doive le bannir, mais juste si possible privilégier davantage ceux de chèvre ou de brebis, comme cela se fait de façon ancestrale dans le régime méditerranéen par exemple.

– Le traitement du lait : Dans le lait UHT il n’y a plus aucun ferment, aucun probiotique, bref, plus de vie. C’est un aliment mort, stérilisé, indigeste. De plus, le traitement subi par le lait pour le rendre « UHT » modifie (si j’ai bien compris) les molécules mêmes de protéines et de graisses, les rendant plus aptes à traverser nos parois intestinales (d’où des risques accrus d’intolérances). Le lait cru, non homogénéisé, contient quant à lui dès la sortie du pie une diversité admirable de probiotiques, de ferments, de bonnes bactéries, bref, toute une vie, tout un brave petit peuple microscopique… qui aide déjà un peu à la digestion du lait, et ne demande qu’à se développer pour donner de bons fromages ou laitages, encore plus assimilables une fois fermentés ! Le lait cru (ou à la rigueur frais micro-filtré), de bonne qualité, est déjà meilleur donc que le lait UHT, mais gagnera beaucoup à être transformé en laitage ou en fromage avant sa consommation, car cette transformation (quand on ne dépasse pas une température de 57°C au moment de la fabrication) n’est autre qu’une sorte de multiplication « magique » de toute une flore composée de ferments naturels, de probiotiques, de champignons et d’enzymes qui nous font beaucoup de bien ! Pourquoi acheter à prix horrible des gélules de probiotiques quand on en trouve autant (et même davantage, avec une diversité bien plus impressionnante) dans les yaourts, fromages blancs, fromages frais, fromages affinés, kéfir, lait ribot, crème fraîche, etc. Bref, les laitages fermentés sont, comme tant d’autres aliments fermentés, bénéfiques à une bonne santé intestinale, mais aussi à une bonne immunité par exemple. 

 

Un cantal maison

Là c’est un cantal fait-maison. Vous me direz hein, si ça vous intéresse les recettes de tous ces fromages 😉 Marie Chioca©

⇒ Affirmation N°4 (des « anti-lait ») : «Le lait, ça fait grossir »

⇒ Nuance(s) à apporter : Oui, cela peut faire grossir. SI l’on consomme trop de laitages (excès de protéines et de matières grasses, fatigue du foie, inflammation chronique, perturbation hormonale, tout cela pèse sur la balance), et/ou si on les consomme régulièrement le soir, et/ou si on les choisit mal.

Il faut aussi savoir que les laitages peu ou non égouttés (donc riche en « petit lait », appelé aussi lactosérum), même s’ils sont par ailleurs intéressant pour la santé (yaourts par exemple, ou lait fermenté), peuvent chez certaines personnes augmenter la production d’insuline. Alors si vous êtes diabétiques, ou en surpoids, mieux vaut privilégier les laitages bien égouttés (faisselle plutôt que yaourt), frais ou affinés. Et il ne faut pas non plus oublier que plus le fromage est affiné, plus il est concentré en matières grasses et protéines ! Une portion de 50g de chèvre frais, c’est super raisonnable, mais 50g de comté, c’est beaucoup…

 

 

⇒ Affirmation N°5 (toujours des « anti-lait ») : « Le calcium du lait, on le métabolise pas bien »

⇒ Nuance(s) à apporter : Déjà, je n’ai jamais pu savoir qui avait raison entre les « pro-lait » qui affirment qu’on n’assimile pas aussi bien le calcium végétal que le calcium du lait, et les « anti-lait » qui disent exactement le contraire ! Mais une chose est sûre, on peut créer de bonnes associations d’aliments : Pour ma part, je mange du fromage au cours de repas ne contenant pas d’autres protéines animales (ou alors très peu, genre juste un œuf ou un peu de poisson). Cela évite les digestions difficiles, mais aussi les excès de protéines au même repas qui créent toutes sortes de troubles (problèmes de côlon, acidose, etc.). J’essaye, de façon générale (car je fais des exceptions, évidemment !) de ne pas manger de fromage en même temps que de la viande car l’assimilation du calcium et du fer serait semble-t-il en conflit s’ils sont consommés au sein d’un même repas. On peut aussi consommer un peu de fromage au petit déjeuner : du chèvre frais sur du pain complet grillé, avec un filet d’huile d’olive ça cale bien et c’est le bonheur !

Bref, je ne sais pas quel calcium est le plus assimilable, celui du lait ou celui des végétaux ? Dans l’impossibilité d’avoir une réponse sûre à ce sujet, j’ai adopté une position que je pense prudente : je mange « un peu de tout, et de tout un petit peu ! »

Un fromage de brebis

Un fromage de brebis (fait-maison aussi, avec une recette traditionnelle Corse) Marie Chioca©

⇒ Affirmation N°6 (des « anti-lait ») : « La preuve qu’on peut vivre sans lait c’est que les asiatiques n’en consomment traditionnellement pas et sont en très bonne santé »

⇒ Nuance(s) à apporter : C’est vrai ! Et certains d’entre eux cassent même des briques avec le tranchant de la main, tout ça tout ça, preuve que leurs squelettes sont bien assez solides pour que le diktat des 3-produits-laitiers-par-jour soit un peu mis à mal… Mais certaines populations qui consomment énormément de laitages (en Europe centrale par exemple, ou, beaucoup plus proche de nous, dans les Alpes) sont AUSSI en très bonne santé*, et c’est même là un grand mystère pour les « anti-lait ». De là à penser que, pour le lait comme pour le reste (soja, blé, etc.), nos organismes forgent leurs affinités alimentaires en fonction du terroir d’où il sont issus, il n’y a qu’un pas. Il n’est pas impossible par exemple que notre microbiote (la flore intestinale) ait évolué différemment selon que nos ancêtres aient été élevés depuis des générations au pain et fromage ou au riz et soja. On sait que dans la nature, la flore sait s’adapter. Pourquoi pas la flore intestinale ? Bref, une sage indication sur ce qui nous convient le mieux en matière d’alimentation consiste peut-être à essayer de reproduire autant que possible ce que faisaient nos anciens. Voilà aussi pourquoi chaque cuisine ancestrale et traditionnelle du monde est un trésor de l’humanité, et pourquoi il serait bien dommage de tout noyer dans une espèce de grande « fusion-food universelle » comme cela se fait hélas de plus en plus.

*Cela n’est vrai que si l’on parle du mode de vie réellement ancestral de ses peuples, soit des montagnes, soit des grandes steppes. Un mode de vie qui, par sa nature même, inclue aussi beaucoup d’activité physique au grand air, des cueillettes sauvages, des aliments non transformés et naturellement “bio”, du lait d’une extrême qualité, etc. Car évidemment, tout cela compte beaucoup ! On ne le répètera jamais assez… Dès qu’un peuple abandonne son mode de vie pour adopter notre “beeau” (sic) mode de vie moderne (malbouffe, produits industriels ultra-transformés, graisses trans, élevage intensif, pesticides sur les cultures, sédentarité, glucides raffinés, etc.) il adopte automatiquement tout le cortège des maladies dites de civilisation (re-sic) qui va avec… à méditer !

 

Pour résumer, voici comment l’on procède chez les Chioca en matière de produits laitiers :

– 4 ou 5 laitages par semaine et par personne

– En portion raisonnable (1 laitage = un seul yaourt, ou 30g de parmesan râpé, ou 50g de chèvre frais, ou un verre de kéfir de lait… ou un demi reblochon par personne (ça c’est pendant les vacances en Haute-Savoie)

– Mais jamais du lait en bouteille, non fermenté (personne chez nous ne boit de bols de lait au petit déjeuner par exemple : on carbure au thé, au café, à la chicorée, aux tisanes et au lait d’avoine)

– Toujours bio ou fermier

– Soit de vache, soit de chèvre, soit de brebis, mais en donnant quand même la préférence aux deux derniers

– Je fabrique la plupart de mes laitages (oui, et même mes fromages, d’ailleurs dites-moi si ça vous intéresse que je vous en parle ici)

… à partir de lait de chèvre cru bio (là je suis pistonnée, j’avoue), de lait de vache cru bio (que je trouve au rayon frais du supermarché, ou chez une éleveuse de ma région qui n’a pas le label bio mais dont le troupeau est toujours dans les champs), ou de lait de brebis acheté auprès d’un petit jeune du coin (mais ça reste assez cher, le lait de brebis).

Pour terminer j’ajouterai, sincèrement, que je ne peux imaginer une vie sans picodon de chèvre, ni cantal, ni mozzarella, ni reblochon, ni ossau iraty, ni gorgonzola au mascarpone, ni saint-félicien, ni chaource, ni saint-nectaire, ni tomme de Savoie, ni pecorino au poivre, ni beaufort, ni parmesan, ni rocamadour, ni valençay, ni brillat-savarin, ni pointe de brie, ni… râââââh, que c’est bon tout ça ! Et puis la gourmandise, ça rend heureux, et le bonheur, c’est la santé. Et puis c’est du patrimoine, de la culture générale, quoi. Et puis là je me rend compte que mes derniers arguments ne sont peut-être pas les plus objectifs de cet article 😉

Bon, on passe à la pratique? Voici la recette du kéfir, ou comment rendre un litre de lait encore plus bienfaisant, une sorte de petite “bombe” en probiotiques, de surcroît au goût délicieux et repiquable à l’infini…

Marie Chioca©

 

Le kéfir de lait à boire

 

Les grains de kéfir

Les grains de kéfir. Marie Chioca©

Le mot « kéfir » désigne tout aussi bien la boisson réalisée ci-après que les petits grains blancs et gélatineux qui servent à sa fermentation. Ces fameux grains de kéfir, qui ressemblent vaguement à des minis choux-fleurs et dont l’origine se perd dans la nuit des temps, sont en fait une sorte de symbiose entre des bactéries et des levures, une véritable bombe en micro-organismes vivants et bienfaisants, dont une multitude de ferments probiotiques (ceux que l’on paye si cher en gélules, alors qu’ils se retrouvent par millions dans chaque gorgée de ce délicieux breuvage…).

Certaines personnes ayant des soucis avec le lactose affirment même que le lait fermenté au kéfir ne leur pose aucun souci… Bon pour la santé donc le kéfir, certainement. Mais c’est aussi un régal : qu’il soit doux et crémeux comme un yaourt à boire, ou légèrement pétillant (je vous donne plus bas les deux versions possibles) on le boit d’abord par gourmandise !

 

Ingrédients pour 1l de kéfir à boire

Temps de préparation actif : environ 5min

 

Environ une c. à soupe de grains de kéfir de lait bien actifs

1l de lait cru à température ambiante (vache, chèvre ou brebis)

Facultatif : 2 c. à soupe de sucre roux (pour que ce soit plus pétillant)

 

Mettre les grains et le lait dans un bocal. Laisser fermenter environ 24H (tout dépend de la température ambiante), en agitant éventuellement le bocal de temps en temps pour que la préparation reste fluide.

Quand le lait a bien épaissi et pris un délicieux parfum un peu lactique et acidulé évoquant le fromage blanc en faisselle, c’est prêt ! Le filtrer à travers une passoire posée sur un entonnoir – lequel sera évidemment déposé dans le goulot d’une bouteille – pour récupérer les grains de kéfir (qui serviront à ensemencer d’autres fournées de kéfir), fermer la bouteille et placer au frais. Consommer idéalement dans la semaine, quand les ferments sont encore bien actifs.

 

⇒ Le saviez-vous ?

  • Si on ne relance pas tout de suite une nouvelle fermentation de kéfir, on peut conserver les grains longtemps au frais dans un tout petit bocal de lait, à condition de changer ledit lait tous les 5 jours environ (j’ai lu sur certains blogs qu’on pouvait changer le lait une fois tous les 3 mois seulement, mais je n’ai pas osé, de peur de perdre mes petits grains « magiques ») pour assurer à la fois le gîte et le couvert à ce gentil petit squatteur de frigo… qui nous rendra au centuple ces quelques bons soins !
  • Le lait de vache donne du kéfir plus épais que celui de chèvre, mais les deux sont excellents au goût Le kéfir de brebis est probablement tout aussi délicieux, mais je n’y ai pas encore goûté !
  • Si suite à la fermentation votre lait a trop épaissi, et que vous rencontrez quelques difficultés à le filtrer pour récupérer les grains, secouez bien le bocal pour le liquéfier avant de tout verser dans la passoire. On peut aussi récupérer les grains de kéfir tout simplement en partant « à la pêche » avec les doigts ou avec une fourchette dans le bocal de fermentation, puis, une fois les grains mis en « sécurité », fouetter le lait fermenté pour le rendre plus fluide et onctueux.
  • Où trouver des grains de kéfir ? Les ferments en poudre que l’on vend en petits sachets au rayon frais dans les magasins bio permettent certes de préparer une délicieuse boisson lactée au goût très proche du kéfir traditionnel, mais ne sont pas de véritables grains de kéfir. Ces derniers, par tradition, ne se vendent jamais : ils s’offrent ou se troquent ! Des forums de dons ou d’échange de kéfir existent sur le net, ainsi que des groupes Facebook, mais on peut aussi tout simplement déposer une petite annonce dans un magasin bio : c’est avec cette méthode que j’ai pu trouver des grains de kéfir en 48H seulement !
  • Si l’on souhaite faire du kéfir de lait un peu pétillant, le laisser fermenter, une fois filtré, 24h de plus dans une bouteille à température ambiante… sans visser le bouchon à fond !
  • Pour cette recette, l’idéal est d’utiliser du lait frais, soit cru, soit microfiltré ou pasteurisé car le goût sera bien meilleur ainsi. Mais si vous n’avez que du lait UHT sous la main, vous pouvez l’utiliser : en restaurant la flore de ce pauvre lait stérilisé, le kéfir lui redonnera une bien meilleure digestibilité.
  • Selon le type de lait utilisé (vache, chèvre ou brebis), sa qualité (cru, microfiltré, pasteurisé, UHT), son traitement (entier, demi-écrémé) mais aussi la température ambiante au moment de la fermentation, le kéfir obtenu peut avoir un goût et une texture très différents ! Mais du moment que le lait a épaissi, et sent bon, soit le fromage blanc, soit le yaourt, c’est que tout s’est bien passé !
  • Apparement, il est possible que le kéfir réalisé avec des grains un peu “fatigués” (qui sont par exemple restés longtemps au frigo) puisse avoir un gout un peu bizarre… Mais il ne faut pas se décourager ! Au bout de quelques tournées, le temps de se “remettre dans le bain” il reprendra un goût délicieux. Moi j’ai eu beaucoup de chance avec le kéfir que l’on m’a donné : dès que j’ai humé le bocal, j’ai su que j’allais aimer le kéfir 😉

 

 

« Yaourts » de kéfir

 

Marie Chioca©

Contrairement au kéfir à boire présenté dans la recette précédente, celui-ci se mange à la cuillère, et présente une extraordinaire texture, crémeuse à souhait, bien plus épaisse que celle de la plupart des yaourts maison. Comme c’est en outre beaucoup plus facile à faire (car le lait fermente à température ambiante), et tout aussi riche, voire plus, en probiotiques, cela pourrait bien nous faire remiser définitivement à la cave toutes les yaourtières qui encombrent nos placards…

 

Ingrédients pour 6 à 8 « yaourts » de kéfir

Temps de préparation actif : 5 min

 

10cl de kéfir bien actif (la boisson ci-dessus)

1l de lait cru (ou à la rigueur frais microfiltré) de vache bio et entier

 

Mélanger le kéfir et le lait. Verser dans les pots, couvrir d’un torchon et laisser fermenter environ 24H à 48H (tout dépend de la température ambiante), jusqu’à que la préparation soit bien épaissie.

Couvrir les pots et mettre au frais au moins 4H avant de savourer.

C’est tout !

 

Marie Chioca©

⇒ Le saviez-vous ?

Dans la recette précédente (kéfir à boire), ce sont les grains de kéfir qui font fermenter le lait. Dans ces « yaourts », c’est juste un peu de lait fermenté repiqué d’une précédente tournée de kéfir-boisson, car ainsi, on n’est pas obligé de partir à la « pêche aux grains » ce qui casserait immanquablement la jolie texture de ces yaourts ! Mais contrairement aux véritables yaourts (ceux que l’on fabrique en faisant fermenter à chaud du lait et du ferment pour yaourts), ceux-ci ne sont pas « repiquables » à l’infini et au bout d’un moment, la flore du kéfir s’appauvrit. Mieux vaut donc à chaque fois utiliser 10cl de kéfir-boisson pour ensemencer le litre de lait, plutôt qu’un pot de «kéfir-yaourt  d’une tournée précédente.

 

Allez, on termine ce (long) article sur le lait par quelques belles images de vaches, de moutons et de biquettes prises cet été (j’ai toujours un souci avec l’algodystrophie, mais je commence à aller faire le guignol boiteux dans les champs avec mon appareil photo alors c’est preuve que ça va mieux). Ah, que j’aime la campagne… Mais ça, vous le savez n’est-ce pas? 🙂

 

Une vache de race limousine

Une vache de race limousine

Génisses

De jolies petites génisses juste au dessus de chez moi (derrière la colline, il y a ma maison).

Montbéliardes

Deux belles montbeliardes, une race très répandue par chez nous puisque c’est avec son lait que l’on fabrique les fromages saint-marcellin et saint-félicien. Pour la petite histoire, un chevreuil a traversé juste après, mais je l’ai loupé de peu…

Vache Aubrac

Une belle Aubrac (la seule du coin ;))

Le soir dans les Chambaran

Le soir, juste au dessus de chez moi, trois vaches perdues dans un champ immense. J’aime tellement cette photo !

Voici enfin, pour approfondir la question, ces articles rédigés par Marie-Claire Frédérique, une personne que j’admire beaucoup pour son franc-parler et la grande qualité de ses publications :

Les fromages au lait cru ne sont ni risqués ni dangereux pour la santé (clic)

La rocambolesque histoire du kéfir de lait (clic)

Le kéfir étudié par la science (clic)

A bientôt 🙂

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{ Pique-nique du soir au jardin }

4 juillet 2019

{ Pique-nique du soir au jardin…}

 

Gaufres express aux courgettes

♥ Végétarien ♥ IG Bas ♥

 

Gaufres aux courgettes 1

Marie Chioca ©

Au départ, ce n’est pas du tout la recette que je voulais poster sur le blog cette semaine ! J’avais depuis longtemps prévu un autre article (ce n’est que partie remise), et puis hier soir, je me suis retrouvée seule à la maison avec mes deux plus petites. Comme vous le savez peut-être déjà (ou pas) j’ai un pied cassé depuis le 4 mai, une double fracture qui ne guérit pas du tout (Pourquoi ? Mystère !) avec en prime une complication neurologique à la noix (de « l’algoneurodystrophie » que ça s’appelle, un truc assez original où tu te retrouves avec le pied énorme et tout cramoisi de Vil Coyotte quand Bip Bip vient de lui flanquer un coup de marteau-pilon sur les orteils), bref, je ne suis pas très fringante en ce moment. Mais je voulais quand même faire un truc sympa avec mes deux choupinettes, histoire de fêter les vacances qui arrivent, et de passer un joyeux moment en pique-niquant toutes les trois au jardin (on vit les aventures palpitantes qu’on peut hein, avec un pied cassé…).

Mais pour élaborer un semblant de menu il a fallu commencer par passer le frigo en revue. Et comme en ce moment, ce n’est pas moi qui fait les courses, c’était, hum… Navrant. Il y a avait juste de quoi composer un menu à la fois sans gluten, sans lactose, sans allergènes, sans FODMAPs, vegan et hypotoxique. C’est à dire, de l’eau et de l’air.

Mais heureusement, on avait des œufs au poulailler ! Et puis des courgettes à gogo dans le potager… J’ai donc proposé d’envoyer une fille au poulailler (où il faut savoir que nous avons un coq psychopathe et ceinture noire de boxe Wing Shun… faut y aller en armure si on ne veut pas se faire trouer les tibias à grands coups de becs et d’ergots, et même mon chien recule devant ce velociraptor miniature), l’autre au potager. Evidemment, elles préféraient toutes les deux le potager.  Alors c’est moi qui suis allée au poulailler, en béquilles. En entrant dans l’antre de la bête { ici, musique stressante avec juste deux notes de piano } j’ai entendu un cri de guerre genre « whatchaïïï !!! », puis une furie emplumée m’est littéralement tombée dessus, bec et ongles en avant, comme dans un mauvais remake entre Dragon Ball Z, Les Oiseaux d’Hitchcock et Jurrassic Park.

Mais là, paf. Y’a pas à dire, ça calme bien un coup de béquille.

Gaufres aux courgettes 2

Marie Chioca ©

Paf le Coq est donc reparti d’aussi sec se cacher derrière le tas de compost, crête de travers, et si les poules avaient pu se marrer, elles s’en tiendraient encore les côtes de rigolade. Non mais. (Petite annonce : famille cherche coq gentil, et donne coq ninja). Bref, revenue saine et sauve à la cuisine, j’ai regardé ces courgettes et ces bons œufs, pensant à une omelette. C’est bon, une omelette aux courgettes. Mais pas très fun. Et puis une petite voix de 8 ans a dit « et si on faisait des gaufres ? ». Cela m’a fait sourire, car c’est Miss Gaufres celle là, dès qu’on réfléchit à un menu on entend inévitablement « Et des gaufres ? ».

Sauf que là, l’idée a fait son chemin. Mais oui, des gaufres aux courgettes ! Sur le moment, les filles ont été vaguement inquiètes, mais ça sentait si bon en cuisant… et nous nous sommes tellement, mais teeeeellement régalées… qu’on a immédiatement refait des gaufres (elle est si rapide, cette recette, c’est vraiment un truc qu’on bidouille en trois coups de mixeur !), et je vous les ai photographiées aussitôt pour le blog, là, dans le jardin et sur le coup des 19H30…

Là dessus, je vous laisse en m’excusant d’avance : comme ces trois dernières années, je pars en famille une petite semaine et entre les bagages à faire (sur une seule patte… je sais même pas comment je vais y arriver), les courses, le travail à boucler avant de partir et tout et tout je sais d’avance que je vais trop manquer de temps pour réussir à répondre à vos messages cette fois-ci, désolée. Mais je vous promets en revanche de tout lire, cela me fera même très plaisir !

Je souhaite de très chouettes vacances à ceux qui partent, beaucoup de courage à ceux qui travaillent encore (je compatis, car pour moi aussi les vacances seront très courtes), et à tous un bien bel été ! On se retrouvera fin juillet pour le fameux article qui vient de galamment céder sa place à ces demoiselles les gaufres 😉

 

PS : Je sais d’avance que dans les commentaires, je trouverai inmanquablement cette question : C’est quoi ton gaufrier Marie ?

Et bien, une saleté. Désolée pour ma franchise mais j’ai testé les gaufriers « vintage » en fonte, c’est très joli, mais il faut décoller chaque gaufre à la pince à épiler du couteau suisse, puis frotter entre les creux avec une brosse à dent de nouveau-né pour tenter de nettoyer la pâte incrustée entre chaque rainure, très peu pour moi, merci. Du coup je ne suis pas très fière, mais j’ai un gaufrier tout bête à 30euros, avec un revêtement anti-adhésif (soit disant sans téflon). Mais je crois que c’est la seule calamité de ce genre dans ma cuisine habitée par les poêles de cowboys en tôle de fer, grosses cocottes en fonte et faitouts inox 18/10. Alors je me dit que pour une fois… et puis ça faisait tellement plaisir à Miss Gaufres…

Mais si un jour je trouve un gaufrier performant, sans revêtement anti-adhésif, et qui ne m’oblige pas à vendre un rein pour pouvoir me le payer, je sauterai sur l’occasion ! Alors si vous avez une bonne adresse, je suis preneuse 😉

… surtout que je compte bien tenter cette recette avec plein d’autres légumes !

Gaufres aux courgettes 3

Marie Chioca ©

Ingrédients pour environ 8 grandes gaufres (tout dépend de la taille du gaufrier)

Temps de préparation 5 min

Temps de cuisson : environ 10 min (tout dépend du gaufrier)

  • Une courgette bien fraîche de 200g
  • 70 à 100g de parmesan râpé
  • 1 gousse d’ail
  • Quelques brins de persil et de basilic
  • 140g de farine complète ou semi-complète de blé ou de grand épeautre
  • 3 oeufs
  • ½ sachet de poudre à lever
  • 10cl de vin blanc sec
  • Une grosse pincée de sel.

Gaufres aux courgettes 4

Marie Chioca ©

Couper la courgette en rondelles dans le bol d’un robot. Ajouter le persil, le basilic et la gousse d’ail écrasée, mixer grossièrement en gardant des petits bouts (voir la photo)

Ajouter tous les autres ingrédients puis mixer par brèves impulsions, juste pour bien mélanger, mais surtout sans faire de « purée » trop lisse.

Faire chauffer le gaufrier. Le huiler au pinceau, puis verser des petites louchées de pâte sur chaque empreinte.

Laisser cuire jusqu’à ce que les gaufres soient bien dorées et se détachent facilement des parois du gaufrier.

Renouveler l’opération jusqu’à épuisement de la pâte et savourer tout chaud !

 

 

 

 

 

 

 

 

Gaufres aux courgettes 5

Marie Chioca©

 

Marie Chioca ©

Marie Chioca ©

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{ Quelques petites nouvêêêêêlles… }

20 juin 2019

{ Quelques petites nouvêêêêêlles… }

 

… du chevrier et de ses biquettes !

 

Biquettes des Chambaran 1Par quoi vais-je donc bien pouvoir commencer ? Car vous êtes nombreux à me demander des nouvelles, mais il s’en est passé tellement des choses, depuis l’arrivée des petites chèvres ! Cet hiver, les biquets sont nés… ça a été le marathon sur presque deux mois -dont trois semaines particulièrement « intenses »- mais un marathon tout mignon il faut dire ;)… Dehors, un froid terrible. Dans la tiédeur de l’étable, ça bêlait de partout (ou plus exactement, ça “béguetait” ;)), et Hugues était un touuut petit peu sous pression. Vas-y que je courre avec le flacon de bétadine pour désinfecter un petit cordon ombilical, tirer délicatement sur deux petits sabots, bouchonner vigoureusement avec deux poignées de paille un nouveau-né, ou aider un affamé pas très dégourdi à trouver la mamelle de sa maman. On entendait le petit bruit de succion si attendrissant des chevreaux qui buvaient le bon lait… et toutes ces petites voix, ces minuscules mêêêh, que c’était joli ! Et puis il faut savoir, et c’est merveilleux, que chaque maman a un bruit différent pour appeler ses biquets, une sorte de chant assez bas, grave, doux. Dans la journée, elles laissent les bébés jouer avec leurs copains, ça saute, ça gambade comme des petits chamois miniatures. Et puis dès qu’une maman fait entendre son chant, hop, ses petits courent immédiatement vers elle… C’est drôlement obéissant un biquet 😉

Il y a eu  une ou deux histoires tristes. Et puis d’autres très jolies, comme cette gentille grande chèvre blanche, Alba, qui après avoir frôlé la mort de très près (une septicémie après la naissance de ses jumeaux) a trouvé encore le courage d’adopter deux cabris de plus qui, eux, avaient été abandonnés par leur maman ! Elle est maintenant en pleine forme, Alba 🙂

Juste après le marathon des naissances, il y eu d’énormes travaux : décaissage, terrassements urgents à la pelleteuse (dans une de ces boues… je vous raconte pas), monter des murs en parpaings pour retenir le terrain instable, refaire le toit de la « nurserie », l’électricité de certains bâtiments… tout cela dans un froid stratosphérique ! Hugues me faisait rire tant il était débordé. C’est à peine s’il ne tendait pas la louche à fromage au papy (maçon) qui demandait une truelle, ne mettait pas le ciment dans le lait à la place de la présure et ne branchait pas la machine à traire sur son pauvre chien !

Biquettes de Chambaran 2

La petite Taïga, née cet hiver…

Et puis sont arrivés les premiers fromages (sans ciment promis). Hugues se débrouillait comme un chef, on était « babas ». Lui qui n’a jamais voulu cuisiner, alors là côté fromage il assurait ! Ils étaient si doux, si crémeux, si délicats ses picodons… Chapeau Hugues ! Mais après trois semaines seulement, le refroidisseur du séchoir est tombé en panne : Huit semaines de délai pour le réparer, et tout ce temps là, il a dû continuer ses fromages en se débrouillant à la Macgyver avec quatre ventilateurs vintage prêtés en urgence par une chevrière du village d’à côté, d’une gentillesse extrême puisqu’elle s’est démunie pour Hugues ! Puis (la même semaine) le gros cumulus de la salle de traite a lâché ! Puis Hugues a appris que suite à un « petit » oubli d’une autre personne dans un certain dossier, il ne pouvait toucher sa subvention pour la machine à traire (qui avait coûté un bras, et que Hugues n’aurait pas achetée sans qu’on la lui promette cette niwagnagna de subvention !). La raison ? L’installation n’est pas aux normes européennes, car l’eau qui sert à rincer le lait dans la machine part dans le champ de noyers. Il paraît que c’est drôlement grave, ça alors. Les usines qui déversent des tonnes de trucs chelous dans le Rhône même que les brochets après il leur pousse un troisième bras, ça va encore, mais de l’eau et des traces de lait frais dans un champ de noyers, faut pas déconner ! Heureusement, nous avons eu une interlocutrice conciliante :  Hugues va certes devoir encore emprunter un peu pour faire creuser une piscine à roseaux qui va filtrer les eaux de la salle de traite (on pourra même pas se baigner dedans, la poisse !), mais après ça sera aux normes, et il devrait avoir sa subvention… quand l’entrepreneur voudra bien se bouger, car il doit passer demain-soir-promis-sans-fautes-c’est-noté-cette-fois-j-oublie-pas depuis deux mois (où est le smiley qui a de la fumée qui sort des narines ?).

Biquettes de Chambaran 3

La superbe Whenua…

Et puis parfois, on a eu chaud comme le jour où Hugues m’a demandé : « Je peux emmener mes petites sœurs dans le tracteur pour épandre le fumier ? » Regards suppliants desdites petites sœurs, qui avaient même amené leurs poupées pour l’occasion (fallait pas qu’elles ratent ça !). Coup d’oeil un tantinet effaré de la maman vers le tas de ferail… le tracteur, soupir, puis, permission accordée. Ils se sont éclatés comme des fous. Jusqu’à ce qu’une grosse pierre soit projetée en l’air, ricoche sur la nuque de Hugues (il en a vu 36 chandelles !) avant d’exploser le pare brise du tracteur en mille morceaux. Plus de peur que de mal mais bon, heureusement que c’est le plus costaud des trois qui s’est pris cette pierre dans la poire… Maintenant le tracteur a l’air conditionné (chaud en été, froid en hiver) et quand aux petites, ça ira, pour l’instant elles sont vaccinées côté mécanique agricole 😉

Un autre jour, notre chevrier s’était levé de très grand matin pour gagner du temps (on l’attendait pour une petite fête de famille). Il est entré dans son séchoir à fromages (5H du mat), la grosse porte de sécurité s’est refermée derrière lui… et la clenche s’est cassée !!! C’est inouï, à peine croyable qu’elle ait cassé pile à ce moment là, mais rigoureusement véridique ! Et dans ce « trou » caverneux aux murs épais, aucun appel d’urgence ne passait avec le portable. Il lui a donc fallu presque une heure à coup d’épaules et de hanches pour défoncer cette %!81#!!! de  porte… les scénaristes des films américains ont jamais dû essayer, en vrai.

Et puis il y a le jour où il a trouvé une vipère sous ses pieds, le jour où il s’est fait voler la caisse avec les sous après le marché… Le jour où il a perdu son portable pro… Pour la vipère, elle s’est sauvée, on espère très loin.  Pour la caisse, on a rien pu faire. Mais le portable, on a réussi à le géolocaliser en direct jusqu’à ce qu’il s’arrête dans une auberge du village d’à côté! Mon mari y est allé en mode –John-Wayne-pas-content-déboule-dans-un-saloon pour tenter de pincer sur le fait « l’infâme voleur »… qui était entre temps reparti, pour déposer sagement ledit portable devant la porte de la maison de Hugues, comme un honnête brave type, après avoir juste demandé à l’auberge à qui appartenait ce téléphone trouvé sur la route et ayant le logo d’une chèvrerie en page d’accueil… Heureusement qu’ils se sont ratés à l’auberge, John Wayne et lui. Pauvre brave type, ça lui aurait fait une émotion 😉

Biquettes des Chambaran4

La si gentille petite Rosa…

Et puis il y a aussi eu la fois où ce grand bêta de Hugues a voulu jeter des fromages qui n’étaient plus du tout « présentables » (c’était à l’époque de la panne de séchoir, et ceux qui étaient trop crémeux passaient à travers les grilles… fallait les ramasser à la petite cuillère ! Nous on  les mangeait pour “pas gâcher” mais ça frisait l’indigestion). Une fois les fromages mis dans un sac, il les a posés sur le toit de sa camionnette le temps de fermer la maison… Les a oubliés, est parti comme ça au marché (circonstance atténuante, il était 4H du mat). Au premier virage, le sac est tombé, les fromages se sont éparpillés partout sur la route, et Hugues n’a rien capté du tout. Un voisin (sûrement pas très réveillé, ou que plus rien n’étonne dans notre monde de fous, pas même un plateau de fromages géant sur le bitume) a fait quelques allers-retours en tracteur entre sa ferme et son champ, éparpillant encore plus les fromages, les « incrustant » dans le goudron… miam. Vers 7H, Roseline est allée traire (elle remplace son frérot les jours de marchés) accompagnée par sa grande sœur. Et puis mon mari et moi, encore en quatrième phase de sommeil devant un bon petit déjeuner du samedi matin, avons reçu un coup de fil angoissé. « Papa, maman, il s’est passé quelque chose de terrible, quelqu’un a volé plein de fromages à Hugues et les a jetés sur la route, c’est affreux !!! ». Comment cela était-il possible ? Car il y a tout de même deux chiens du genre pas commodes à la chèvrerie… et des voisins, et une porte rudement solide. Mystère.

Mon mari est parti en trombes (encore le mode John Wayne…) pour constater les dégâts avant de porter plainte à la gendarmerie. Et moi pendant ce temps, la voix un peu tremblante (j’allais dire chevrotante), j’appelais Hugues, sur le marché, à mille lieux de se douter du « drame » qui se tramait… « Hugues ? C’est Maman. Ne t’affole pas mon grand, on va gérer ça au mieux, mais il y a eu un sabotage ce matin à ta chèvrerie, un salopard a volé plein de fromages et les a jetés sur la route. Papa va à la gendarmerie, tu le rejoindras après le marché ». Blanc à l’autre bout du fil. J’ai cru que Hugues était ému. En fait il était absolument ca-tas-tro-phé… « J’ai peur que ça soit moi, le schtroumfard qui a jeté les fromages partout sur la route » me dit-il d’une voix étranglée.  Quoiiiiiiiii ??? Ben oui. Et après quelques explications précipitées, on a pu rattraper in extremis par le fond du pantalon le papa furax qui partait voir les gendarmes avec à l’appui des photos de l’infâme « sabotage »…

Bon, je vous rassure, il ne lui arrive pas que des tuiles à mon Hugues, loin de là ! Ses fromages ont du succès (il n’en a jamais assez, faudrait même qu’il rachète quelques chèvres !), il s’occupe très trèèès bien de ses biquettes, croule sous les paperasses mais ne s’en sort pas si mal, et reste toujours bien zen dans les coups durs (comme ce week-end, où le toit de la chèvrerie a été entièrement détruit en 10 min chrono par des grêlons de la taille d’un abricot !!!).

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Voilà, c’est le temps magnifique qu’on a eu pour la “journée VIP à la ferme” 😉 Et c’est tombé comme ça toute la journée…

D’ailleurs, je vais vous donner « en vrac » quelques petites nouvelles des chèvres elles-mêmes, des anecdotes qui font tout le charme de la vie à la chèvrerie, et « compensent » à mille contre un tous les tracas et fatigues de chaque jour (fatigue qui est quand même bien présente, faut pas se leurrer ! Prévenez bien vos potes babas cools qui seraient tentés par la slow life genre Bob va traire ses trois chèvres à la main entre deux cours de yoga : la chèvrerie bio en 2019, c’est plutôt pour les types un peu énervés! ;)).

Ce printemps, mon mari a installé un ancien trampoline, un peu cassé, chez les bébés biquets. Ça a été du délire !!! Et puis un jour on a même pris Hugues en flagrant délit, sautant sur le trampoline avec un biquet, ils se tenaient tous les deux « par les pattes », c’était irrésistible. J’ai une vidéo ;)… Mais Hugues ne veut pas que je la propulse sur le blog ! (Je vous la mettrai un jour quand même, en douce, quand il surveillera pas ;)).

Ce printemps, il était un peu déconcerté. Tous les matins, en entrant dans la chèvrerie, une chèvre (une seule, toujours la même), le suivait absolument partout en bêlant très fort sur toute la gamme possible (comme quand on tombe par mégarde sur Radio Classique, et que manque de bol en plus c’est un opéra.) Pour le coup, Hugues qui pourtant commence à bien connaître ses chèvres avait du mal à comprendre ce qu’elle voulait. Râler ? Fayoter ? « Cafarder » les bêtises que les autres chèvres avaient faites pendant la nuit ? Présenter des doléances au nom du troupeau ? C’était hallucinant en tout cas, elle le suivait vraiment comme une ombre en lui « parlant » avec insistance, et elle y mettait des trémolos dans la voix et tout et tout ! Il l’a appelée « La Déléguée Syndicale », ça a duré longtemps… jusqu’au jour où, pour rigoler, il l’a prise par les cornes et lui a fait une bise sur chaque joue ! Ça l’a scotchée, la chèvre ! Et maintenant, tous les matins, elle vient râler, obtient sa bise, repart tout contente… et muette. Hugues espère juste que les 50 autres ne vont pas réclamer le même traitement quotidien 😉 Lui qui rouspétait déjà de devoir faire la bise aux « collègues » en arrivant au lycée…

Mélusine (si belle, avec son air de bouquetin sauvage), Alba la grande blanche (qui fayote auprès du « boss »;)) et Big Mamma (celle qui produit jusqu’à 5 litres de lait par jour !!!) sont les « matriarches » du troupeau. Ce sont elles qui décident de tout, marchent devant, accèdent à la nourriture en premier…. Et donnent le ton ! Les matriarches sont elles sages ? Le troupeau est impeccable. Font-elles les bécassines ? Alors mieux vaut aller se recoucher et traire un autre jour (ce qui est évidemment impossible).

La petite Châtaigne a été gravement blessée dans une dispute « chevresque » ce printemps. C’était affreux… sa pauvre mamelle était déchiré à quatre ou cinq endroits différents, pour la traite c’était quasi impossible, et personne, même pas le véto, n’espérait qu’elle puisse survivre à une telle blessure de surcroît bien infectée. Hugues a soigné les plaies avec de la pommade au calendula car c’est la seule chose qui ne la brûlait pas trop. Ça a été long, looong, mais bien lui en a pris, car en plus d’être complètement soignée, Châtaigne arrive à produire un peu de lait pour récompenser son « infirmier » !

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Là, c’est Mignonne, mon amour de bébé chèvre…

Hugues avait installé dans l’étable un très grand balai agricole pour que les chèvres puissent aller se gratter le dos. Et puis un jour, ma petite Luce est allée s’y frotter aussi, par jeu. Quelle ne fut pas notre stupeur d’entendre une sorte de rumeur monter de tout le troupeau à la fois, un mêêêêêh évoquant le rire, ou l’étonnement (difficile à interpréter, je ne suis pas psy pour chèvres moi). C’était génial : grand silence, Poupougnette se grattait le dos sur le balai, mêêêêê de tout le troupeau, grand silence, Poupougnette se re-grattait le dos sur le balai, re-mêêêêê de tout le troupeau, etc. J’ai pris une de ces parties de rire ^^

En avril, Hugues a lâché les chèvres dans les prés qui avaient enfin reverdi…  On croyait naïvement qu’elles seraient ivres de joies mais non, elles ont juste voulu illico retourner dans l’étable genre “horreur de l’herbe !!!”. Ça a été un drôle de rodéo, mais les pauvres sont tombées sur un os, ou plutôt sur un boss… bien plus têtu qu’elles. D’ailleurs, on imagine souvent les chèvres comme des êtres rustiques, indépendants, sauvageons… c’est vrai par certains côtés. Mais dès qu’il tombe trois gouttes d’eau -vraiment juste un pipi d’oiseau !- elles se précipitent en masse vers la porte de la chèvrerie et béguètent d’un air complètement navré pour que Hugues vienne vite ouvrir. On dirait des petites mamies qui craignent pour leur mise en plis…

Les bébés de cet hiver ont grandi. Mignonne (la fille de Mélusine) c’est MON bébé. Mais il y a aussi Asphodèle, Bichette, Vernerette, Taïga, Sissi, Madeleine, Hortense, et tant d’autres !  Ces chevrettes sont tellement gracieuses, affectueuses et mutines qu’on sent son cœur se gonfler de joie rien qu’à les regarder… Par contre elles ne font que des conner.. bêtises ! Renverser le seau de lait, enfoncer le portillon, prendre des bains de pied dans la gamelle d’eau toute propre, se coincer trente six fois par jour la tête dans la barrière… Ce sont des enfants quoi !

Poupette est la petite chèvre à qui Hugues a un jour donné un trognon de pomme qu’il venait de manger. Tous les matins, elle vient maintenant réclamer son trognon. C’est bien, ça fait manger des fruits à mon grand dadais…

Bref, il y a plein de petites anecdotes comme ça, je ne peux pas toutes les raconter, et je suis sûre que les éleveurs qui tomberont sur cet article souriront en disant « moi aussi ça me rappelle la fois où… ».

Il y a eu certes des coups durs (il y en aura d’autres), des nuits blanches, des mois à très peu dormir, des jours où la pause repas a juste été impossible, de longues heures de permanence sur les marchés, des petits drames parfois, une fatigue importante, les inimaginables emmerdemen…tracasseries administratives, une tonne de travail à abattre chaque jour, un Hymalaya de paperasses… chevrier bio, faut pas croire, c’est pas une planque ! Mais qu’est-ce que c’est chouette 🙂

 

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Selfie…

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Frais, demi-sec, séchon, crémeux, coulant, bleu… tous les affinages des fromages de Hugues et Roseline.

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Mélusine, aux cornes de légende…

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Dauphine et le troupeau

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Roseline et Chouquette

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La chèvrerie…

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Châtaigne, la petite chèvre “rescapée”…

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Le jardin de Hugues (en friches ;))

Un petit moment de complicité pris sur le vif…

Hugues et Alba 

Dans la fromagerie

Le soir, devant la maison…

Un crémeux… quel régal, mais c’est tout un art pour l’affiner !

La petite Pomera, un autre bébé de la maison. La plus sage…

En vrai, Roseline ne trait pas tout à la main… Mais là j’avais besoin de lait tout de suite pour une photo !

La “nurserie”… Et puis Hortense, Bichette et Mignonne qui nous font coucou.

 

  • Si vous voulez découvrir la trombine de chaque membre du troupeau (je les ai photographiées une par une, c’était pas une sinécure, je veux une médaille de la légion d’honneur pour ça ! ), voici le lien vers le site de la chèvrerie qui vient juste d’être mis en ligne. Le portrait des chèvres se trouvent dans l’onglet “Galeries”
  • Si vous êtes parrain ou marraine d’une chèvre suite au financement participatif, mais que vous ne voyez pas son nom apparaître sous un « portrait », pas de panique ! On a juste pas réussi à retrouver absolument tous les prénoms que vous nous avez envoyé au compte goutte soit sur Mimosa, soit par mail, soit par Face de Bouc (vraiment désolés…). Il vous suffit juste de contacter Hugues sur la boîte mail de la chèvrerie pour nous redonner le nom de votre chèvre…
  • Nous avons attribué les prénoms au hasard, de peur que sinon ça soit trop délicat (si plusieurs personnes avaient voulu la même chèvre par exemple). Nous espérons beaucoup, Roseline Hugues et moi, que votre « filleule » vous plaira mais si vraiment vous lui trouviez une tronche de cake (vous avez le droit ;)) on peut éventuellement changer avec une chèvre qui n’a pas encore été parrainée (celles qui sont libres ont juste un numéro de matricule, mais pas de prénom).
  • Concernant les contributions… on a mis une actualité sur Miimosa pour expliquer que c’est en train de se faire, mais qu’il y a hélas un peu de retard par ma « faute ». J’ai en effet des complications sérieuses suite à ma fracture du pied, je ne pourrai pas marcher normalement ni tenir debout sans béquilles avant de longs mois. Mais je vous raconterai ça plus tard, car pour l’instant je préfère ne pas trop y penser…
  • Si vous habitez la région et voulez acheter les fromages de Hugues, voici comment les trouver

 

Sur ce, je suis sûre que vous allez bientôt récupérer vos loulous en vacances… Profitez-en bien !

… Avant qu’ils ne deviennent peut-être chevriers, et que vous ne les aperceviez plus qu’en coup de vent 😉

 

 

 

 

 

 

 

 

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