{ Les p’tites chèvres sont bien arrivées ! }

{ Les p’tites chèvres sont bien arrivées ! }

Et comme promis, les voici en photos…

 

…Parce que je vous devais bien cela !

Et puis après, promis, j’arrêterai un peu de vous parler de biquettes sinon vous allez finir par les prendre en grippe, ces pauvres bêtes, et ça sera bien de ma faute en plus.

Alors la prochaine fois ce sera un post « avec quelque chose à se mettre sous la dent », rassurez-vous. Pour vous montrer ma bonne volonté, j’essaierai même de ne pas écrire une seule fois le mot « chèvre » de tout mon article… (Est-ce que j’ai quand même droit à « caprin », « biquette »? Non? Pff, z’êtes durs…)

En attendant, petit retour en photos sur la belle journée d’hier…

 

Départ à 4H du matin pour un long trajet Dauphiné-Charolais. Traversée de petits villages endormis où l’aube se devine à peine au dessus des clochers.

 

Puis lever du soleil, perçant timidement ce ciel bas de décembre aux teintes un peu fantastiques, sous lequel se révèle une bien jolie campagne…

 

Arrivée à destination, au petit matin, après plusieurs heures de route. Envie de secouer une sorte de torpeur, de s’étirer et de manger un croissant chaud… Mais les biquettes attendent, et notre cœur bat plus vite.

 

Allez mesdemoiselles, embarquement immédiat à destination du Dauphiné, veuillez monter à bord et prendre place ! Un moment que nous n’oublierons jamais… Bien tranquillement, les petites chèvres prennent le « bus » qui va les mener vers leur nouvelle vie. À droite, une curieuse aux yeux doux 😉

 

Et c’est le départ. Les champs, brillent de petites perles mouillées… comme les paupières de l’éleveuse, disant au revoir à son troupeau chéri. Gros serrement de cœur. Et puis, le camion s’élance. Sous un ciel encore rose, des vaches charolaises semblent regarder passer le train… Le train, vraiment ?

 

Non, le voilà, c’est lui, le précieux camion jaune et vert, qu’il va falloir suivre, couver du regard tout le voyage, priant qu’il puisse passer tous les barrages routiers de notre pays « un peu » en émoi ces temps-ci, espérant très fort qu’il n’y ait pas de blocage, pas de chahut, pas d’émotions fortes et que tout se déroule au mieux. Car dedans, bien au chaud, se serrent un peu anxieuses 57 jolies chèvres chamoisées. Et dans leur bedon rebondi, des promesses de vie à protéger.

 

Au revoir, joli pays du Charolais…

 

(En attendant je suis bien contente que mon fiston élève des chèvres plutôt que des heu, bisons (?) charolais. Car je ne sais pas si c’est bien facile de s’expliquer avec un morceau pareil !)

 

15H30, destination atteinte ! Tout a été ni-ckel… Mais à l’arrivée, petite complication : la camion ne pourra pas monter jusqu’à la chèvrerie (la cour est trop étroite pour tourner). Que faire ? Une fois de plus, la solidarité des campagnes fonctionne à merveille, et un agriculteur du village que nous connaissons à peine propose illico son aide : le camion peut se garer chez lui. Un autre éleveur prêtera de bon cœur sa petite remorque-bétaillère à Hugues, qui n’a plus qu’à l’accrocher derrière son « antique » tracteur (antique mais fidèle, il nous l’a bien prouvé hier !). Et c’est parti pour deux aller-retour village/chèvrerie ! La moitié de ces dames est donc invitée à prendre la navette, et sans bousculade s’il vous plait…

 

Cahin-caha… Pof pof pof… Teuf teuf Pof. La remorque du tracteur ce n’est tout de même pas le même confort ! Heureusement, ce trajet là est court, moins d’un kilomètre. Il est un peu plus de 16H, le jour décline déjà, et moi je suis là, attendant assise devant la ferme que les premières biquettes entrent dans l’étable.

 

Techniquement, cette photo est complètement ratée. Mais je la trouve particulièrement émouvante, car ce flou dû au mouvement traduit bien l’élan des biquettes –moment magique !-s’élançant spontanément vers Hugues et Roseline, leurs nouveaux éleveurs…leurs nouveaux amis. Une bonne étable les attend, paillée sur 40cm d’épaisseur. Hugues avait tout préparé, tout nettoyé, ça sent bon le foin frais.

 

Tout le monde est redescendu au village chercher le reste du troupeau. Sauf moi. Dans la semi-pénombre et la tiédeur de l’étable, on se regarde, avec les p’tites chèvres… Elles sont vraiment touchantes. Si calmes, si curieuses. Ça grignote déjà ça et là des petites touffes de foin frais, sans me quitter des yeux. Mais ce ne sont pas des regards craintifs. Malgré le trajet, les émotions, ces petites bêtes ont immédiatement retrouvé leur douceur teintée d’espièglerie… C’est le grand silence, et puis à tout coup retentit un mêêêêêh joyeux qui me fait sourire. Une grosse chèvre blanche (il n’y en a que deux au milieu de ce troupeau d’écureuils !) vient se frotter contre moi et se laisse gratouiller entre les cornes. Je pose mon appareil photo, il y a des moments qu’il vaut mieux vivre intensément, sans y interposer d’écran…

 

Mais je me souviens de ma promesse ! Vite, prendre des photos des chèvres pour vous, avant qu’il ne fasse trop nuit. J’essaye de capter des regards, des « sourires », et ce n’est pas bien compliqué, puisque de toute façon elles me regardent TOUTES 😉

Et c’est là que j’ai découvert Biscotte…

 

…Ce sera ma chèvre. Elle m’a immédiatement conquise : Un gabarit un peu « miniature », avec des jolies cornes de chamois, une petite tête mignonne et un regard vraiment différent. En fait, je crois qu’elle me plaît surtout parce qu’elle me regarde exactement comme ma gentille chienne bergère de Beauce. Elle en a même les couleurs noir et feu ! J’ai donc parrainé dès hier soir Biscotte, la « chèvre-beauceronne »… et supporté sans me fâcher les railleries de ma famille sur la « supposée » ressemblance de Biscotte et de Brunhilde. Visiblement, à part moi ça ne saute aux yeux de personne 😉

 

Un petit « sourire » par ci…

 

Un petit air curieux par là…

 

…Une incroyable petite bouille de chamois qui casse la croûte… (sans jamais me quitter des yeux).

 

Et puis, hop, tout le monde a tourné la tête en même temps parce que le tracteur revenait.

 

Sauf Biscotte 😉 On a continué à se regarder… C’est même à ce moment précis que je me suis vraiment décidée à la choisir comme « mascotte » (parce que j’hésitais encore un peu avec la « bouille de chamois » ;))

 

La dernière « navette » est maintenant arrivée à bon port, tout le monde est là, on fait connaissance… Oh, les belles cornes de bouquetin ! Quel bonheur qu’en bio, les chèvres ne soient pas écornées. C’est juste dommage, de mon point de vue de photographe, que la loi oblige à mettre ces grandes étiquettes sur les oreilles (mais bon, apparemment il n’y a pas moyen d’y couper, c’est pour la traçabilité).

 

Encore quelques doux regards et belles cornes captées par-ci par là… et puis la pénombre s’est installée doucement, et quelques biquettes ont commencé à se coucher dans la paille. Il règne une atmosphère paisible et rassurante.

Je sort.

 

Dehors, il fait froid, mais ce qui me frappe le plus c’est ce beau ciel d’un soir de décembre, teinté par les derniers rayons. J’ai repensé à celui de ce matin, dans le Charolais. Qu’il s’en est passé, des choses, en une journée… Dans l’étable, bien au chaud, Hugues inspecte ses chèvres, vérifie qu’elles ne manquent de rien, leur apprend à boire dans les nouvelles abreuvoirs. Elles sont en de bonnes mains.

Je récupère ma toutoune, qui m’a attendu bien sagement attachée tout ce temps, et qui me regarde d’un air un peu interrogatif. C’était quoi, toutes ces bêtes ? Pourquoi tu ne voulais pas que j’aboie? Tu faisais quoi, maîtresse, dans cette étable sans moi ? C’est bizarre, l’odeur de tes mains, aujourd’hui…

On redescend à la nuit vers notre maison, juste 2km plus bas, veillant l’une sur l’autre. Il fait vraiment noir, je suis heureuse qu’elle soit près de moi, ma grosse bête si rassurante. Biscotte, aussi mignonne soit-elle, ne la remplacera jamais ; )

C’était une bien belle journée…