{ La dernière recette au chèvre de la saison… }

{ La dernière recette au chèvre de la saison… }
 

Cromesquis de chèvre à l’huile d’olive, ail et thym

(Et aussi le Beaujolais sous la brume, cet automne)

 

Il faut déjà que je vous dise : Merci !!!

… et que je vous fasse à chacun une grosse bise virtuelle sur chaque joue !

Merci pour Hugues, pour son projet, pour ses biquettes qui doivent bientôt arriver grâce à vous tous. Le financement participatif a été un bien plus grand succès que prévu, et ce formidable soutien sera très, très précieux pour lui.

Alors je me suis dit, quoi de plus naturel qu’une bonne recette au fromage de chèvre pour fêter cela ? Il faut savoir qu’en plus c’est en automne, donc en fin de lactation (du moins, quand on ne dessaisonne pas le troupeau, vous avez vu, j’apprends plein de trucs sur les chèvres maintenant ;)) que le lait est le plus riche, donc que les fromages sont les plus crémeux, et ce avant une petite pause hivernale bien méritée pour les biquettes… C’est aussi en automne que les épinards repoussent après leur pause estivale. Hum, tout cela pour dire quoi ? Ah, oui, juste histoire de se trouver une excuse im-pa-rable pour croquer dans ces cromesquis de chèvre tout crousticoulants et parfumés au thym, à l’ail et à l’huile d’olive… Avec ça, vous allez tomber le derrière par terre, promis, et en plus, c’est tout simple à préparer ! L’idée de cette recette m’est venue grâce à mon cher-et-tendre qui aime bien, quand c’est le Beaujolais nouveau (et c’était il y a quelques jours) préparer des camemberts panés pour ses copains qui viennent picoler à la maison ;). Or, (que mes lecteurs normands aient la grande bonté de me pardonner) je n’aime pas trop le camembert, ni les fromages un peu forts en général. Le reblochon, le saint-nectaire, oui, mille fois oui, mais le camembert et le maroilles, houlàlà… mon nez se retrousse.

Pardon 😉

J’ai donc mijoté dans ma tête cette petite dérogation à la recette initiale, et je ne sais pas si mon mari va aimer (je lui ferai goûter ça ce soir), mais de mon côté, malgré des tracas aujourd’hui qui m’ont un peu tourneboulé l’estomac, je me suis quand même bien régalée à midi ! Comme le dirait nos jeunes, ça console grave, des cromesquis de chèvre à l’ail et au thym 😉

Et puis, cette histoire de Beaujolais nouveau est une bonne occasion de vous faire découvrir l’autre Beaujolais : pas celui qui se boit (plus ou moins bien selon qu’il soit vraiment bon, ou au contraire le roi de la piquette !), non, celui qui se savoure avec les yeux. Touchée au plus profond de mon cœur par ces paysages extraordinaires découverts pour la première fois lors d’une petite virée à deux ce printemps, j’ai eu envie d’y emmener mes enfants cet automne. La journée a été très brumeuse. Mais loin de gâcher le paysage, cela lui a conféré un charme particulier, quelque chose d’un peu onirique, en dehors du temps. C’était extraordinaire.

Je n’avais pas pris mon appareil photo, car j’avais décidé que ce devait être un « vrai » samedi de vacances, entièrement pour les enfants (or, quand je commence à prendre des photos, en général je suis pénible ;)). Mais après avoir croisé, sur la petite route allant du Mont Brouilly au somptueux village médiéval de Oingt, une vingtaine de petits châteaux de campagne tous plus pittoresques les uns que les autres, j’ai craqué… et piqué l’appareil de mon mari. Du coup, la qualité n’est pas tout à fait la même, mais franchement, entre les couleurs des feuillages, la beauté extraordinaire des paysages, la lumière particulière de l’automne et cette brume un peu mystérieuse, je suis moi-même bluffée par le résultat et toute heureuse d’avoir gardé ces photos en souvenir… Évidemment, une fois que j’ai eu l’appareil autour du cou, il n’y a plus eu le moindre château sur la route *!!!#. Ah si, sauf un, carrément canon, mais là j’étais au téléphone avec mon grand qui est parti en Italie et qui ne m’appelle qu’une fois par semaine, alors même si j’avais croisé sur le bord de la route Brad Pitt et Georges Clooney en train de tourner une pub « Beaujolais nouveau, what else? », je n’aurais même pas interrompu la conversation histoire de prendre une photo pour vous ! (Désolée…)

Et puis en fin de journée, la brume s’est un peu levée, et nous avons sillonné les petites routes de plus belle, faisant mille tours et détours pour être sûrs de ne rien rater : Jarnioux, St Laurent d’Oingt, Sainte Paule d’Oingt, Bagnols, etc., quelle campagne magnifique, quand même (à juste 30 min de Lyon !), très joliment vallonnée, alternant vignes, champs, forêts et petits villages en pierre dorée (d’ailleurs, dites-le à Esteban, Zia et Tao : on a trouvé les Cités d’Or, en fait c’était pas dans les Andes, ils se sont fait suer pendant 50 épisodes pour rien), bref, un régal. Ça, c’était pour les yeux.

Après, oserais-je vous avouer (mais si, je vais oser) qu’on a aussi disparu entre 14H et 15H30 dans une cave ? Mmmf, c’est louche hein, cette histoire. Mais il était très bon, ce Beaujolais bio*, vraiment très bon, et puis le vigneron était très accueillant, alors vous comprenez, on n’allait pas le laisser tout seul et tout triste dans sa cave, en tête à tête avec ses bouteilles. C’était juste de la charité, quand on est passé et qu’on a vu la pancarte avec marqué « vin bio, ouvert », on s’est dit, houlàlà, et si on sacrifiait un peu de notre temps pour le pauvre gars qui doit sûrement beaucoup s’ennuyer dans sa cave toute froide. Alors on lui a tenu compagnie, et par gentillesse, on a bien voulu goûter son vin, pour lui faire plaisir. Et puis on est reparti avec des cartons de vin, heu, juste pour l’aider à faire un peu de place parce que sa cave était un peu trop encombrée et qu’il risquait de se cogner un genou à la fin. Voilà voilà.

(Et là, je dois ajouter « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé » histoire d’être en règle avec la loi, c’est ça ? Mais nous on n’a pas abusé, promis monsieur le juge !).

 

* Domaine Paire, à Ternand, parce que je suis sûre que sinon il y en a qui vont me le demander (à commencer par mon Papa ;)). Et ceci n’est pas un article sponsorisé !

Ingrédients pour 4 personnes

Préparation : 15min

Cuisson : quelques minutes

  • 6 crottins de chèvre d’environ 60g chacun
  • 35g de biscottes (moi j’ai pris des biscottes complètes d’épeautre)
  • 1 oeuf
  • 1 grosse gousse d’ail
  • 1 c. à café de thym séché bien parfumé (ou d’origan)
  • 2 c. à soupe d’huile d’olive
  • 300g de jeunes pousses d’épinards
  • 4 tranches fines de jambon cru (facultatif)
  • 8 noix.

Pour la sauce :

6 c. à soupe d’huile d’olive, 2 c. à soupe de vinaigre de cidre, 1 c. à soupe rase de moutarde de Dijon, une gousse d’ail écrasée (facultatif), sel, poivre.

Recouper chaque fromage de chèvre en deux dans le sens de l’épaisseur, de façon à obtenir 12 petits fromages.

Bien fouetter l’œuf dans un petit bol.

Mixer les biscottes avec la gousse d’ail et le thym. Verser dans une assiette.

Tremper le premier morceau de chèvre dans l’œuf battu, puis le passer dans la chapelure de façon à bien l’enrober.

Renouveler l’opération pour les autres morceaux et réserver.

Répartir les pousses d’épinards dans les assiettes, ajouter le jambon découpé en lanières et les noix mondées. Bien fouetter les ingrédients de la sauce dans un bol pour l’émulsionner et la rendre crémeuse. En arroser chaque assiette.

Faire chauffer l’huile (sans la faire fumer !) dans une large poêle, puis y déposer les petits fromages : laisser dorer à peine 3 min de chaque côté, juste le temps que ça devienne croustillant autour et coulant dedans, puis servir aussitôt !