Alla Norma, mais pas totalement dans les normes…

{ Alla Norma, mais pas totalement dans les normes…}

Spaghettis d’épeautre alla norma

♥ Végétarien ♥ IG bas ♥

Spaghetti d'épeautre alla norma 1Ah, la bonne cuisine méditerranéenne, à peine arrivée dans l’assiette, et hop, chez moi tout le monde a le sourire ! Sourire de gourmandise certes, mais aussi, souvent, sourire d’intense soulagement (On n’en pouvait pluuus d’attendre, ça fait une heure que toute la maison sent bon et nos estomacs hurlaient famine Maman !!!), ou encore, parfois, sourire un tantinet moqueur (Tu peux nous redire un peu le nom de ce plat italien ? Hé hé, tu nous a prononcé ça avec un accent auvergnat trop marrant, mais ça a l’air très bon quand même ;)).

Après l’osso buco de la dernière fois, voici donc une autre recette de saison vraiment très sympa : les spaghettis alla norma. Évidemment, pour ma part j’utilise des spaghettis d’épeautre complets, bien plus intéressants pour la santé que ceux de blé ultra raffiné. Je crains un peu de m’attirer les foudres des puristes (ma ché idiota, gli spaghetti integrale con la salsa alla norma, che cosa completamente degueulassi !!!), mais tant pis, j’assume. Il faut dire qu’en matière de pâtes, j’en connais certains très légèrement « exaltés » sur la question : il faudrait n’acheter que certaines marques bien précises (les autres ne seraient bonnes que pour faire des colliers de nouilles pour la fête des Mères), les faire cuire dans 1l d’eau minimum pour 100g de pâtes (donc, chez moi, il faudrait un faitout de 10l chaque soir, bonjour les biceps au moment d’égoutter tout ça, et je n’ose même pas imaginer comment ils font dans les restos… ils ont des piscines à pâtes ou quoi ?), en ajoutant le sel à ébullition (et pas avant… heu, pourquoi ?), mais surtout sans couvrir le faitout, et en tenant compte à la seconde près du temps de cuisson al dente au risque de se rendre coupable d’un meurtre aggravé de pauvres pâtes innocentes .

Bref, moi aussi j’aime beaucoup les pâtes, mais ça me gonfle un peu de me stresser à ce point pour cuire un malheureux plat de nouilles sans risquer d’horripiler tout le côté transalpin de la famille. Alors comme ça, il paraît que mon plat de pâtes « colle un peu, tout en manquant légèrement d’amidon » ? Que c’est un peu mou et un peu trop dur à la fois ? Un peu trop élastique, tout en manquant légèrement de ressort ? Ça ne retient pas la sauce « comme il faut » ? (NB : les pâtes blanches ont des « petits bras » pour retenir la sauce, que les pâtes complètes n’ont pas apparemment). Ça ne s’enroule pas tout seul sur la fourchette en chantant o sole mio ?

Normal, mon gars (et rien à voir avec une éventuelle très légère mauvaise foi de ta part…), c’est juste que ce sont des pâtes complètes.

Et là, cette réponse clôt toujours la contestation sur un soupir navré dudit horripilé*: il n’y a plus rien à dire, inutile de discuter pasta avec quelqu’un qui pousse l’ignardise, que dis-je, la bouffonerie, l’icônoclasterie jusqu’à acheter des pâtes complètes… Pauvre Marie, complètement ir-ré-cu-pé-rable avec ses idées loufoques sur la cuisine saine.

Bref, moi je les aime bien mes pâtes complètes les gars, je les trouve savoureuses, un brin rustiques, pleines de caractère, j’aime leur texture, j’aime savoir qu’elles me régalent en me faisant du bien. À l’épeautre, elles ont un goût encore plus délicat, et sont me semble-t-il encore plus digestes. Je les fais cuire certes al dente (c’est mieux pour l’IG) dans un faitout de taille normal (ma baignoire ne rentrant pas sur la cuisinière hélas), je les égoutte rapidement, j’ajoute un peu d’huile d’olive et hop, je me régale.

Côté sauce, je les aime toutes (aux légumes, à la viande, au thon, aux fruits de mer, à la persillade, à l’arrabbiata, à la bolognaise, à la napolitaine, etc.), mais en voici une vraiment légendaire aux « chips » d’aubergines : les pâtes alla norma… Non, « norma » ne signifie pas « aubergine » en italien, il y a toute une histoire sur l’origine de ce nom mais comme je ne me sens pas aujourd’hui l’âme pédagogique d’un Lorànt Deutsch, je vous laisse taper « histoire des pasta alla norma » sur internet, ça ira plus vite (désolée de vous lâcher sur ce coup là, mais j’ai faim, et il est 13H49 ;))

Côté diététique, et tout et tout, soyons honnêtes : en cuisine méditerranéenne traditionnelle, on croise tout de même pas mal de fritures. Consommées de temps en temps au milieu d’une alimentation riche en légumes (et à condition toutefois d’utiliser une huile de qualité, sans la faire fumer, en « épongeant » bien le surplus d’huile à la sortie du bain, etc.), c’est une petite gourmandise acceptable, à réserver aux jours de fête par exemple. Cette petite précision n’ayant d’autre but, vous l’aurez compris, que de vous inviter à craquer sans le moindre remord, pâtes complètes ou pas, sur cette sublime recette sicilienne traditionnelle…

*Toute ressemblance avec une personne existant ou ayant existé ne pourrait être que purement fortuite… (c’est que je tiens à la paix des familles moi !)

Spaghetti d'épeautre alla norma 3

 

Ingrédients pour 4 personnes

Préparation : 20min

Cuisson : environ 25 min

  • 350g de spaghettis demi-complets d’épeautre (ou de blé, de kamut… ou sans gluten si besoin)
  • 800g de tomates Roma ou anciennes (donc à chair épaisse et peu aqueuse) bien mûres et de saison
  • 2 aubergines très fraîches (donc choisies bien dures et bien brillantes)
  • 2 gousses d’ail
  • 1 petit bouquet de basilic frais
  • Environ 100g de tomme de brebis (en Italie, en sert souvent les pasta alla norma avec de la ricotta séchée et légèrement salée, mais c’est quasiment introuvable en France. Désolée pour cette idée si saugrenue, mais avec de l’Etorky, ça le fait…)
  • Huile d’olive
  • Sel et poivre.

Spaghetti d'épeautre alla norma 4

Spaghetti d'épeautre alla norma 5Couper les aubergines en fines tranches. Les poser sur une assiette tapissée de plusieurs feuilles de papier essuie-tout, en salant assez généreusement les tranches au sel fin (on peut les faire se chevaucher sans souci). Laisser dégorger 30 minutes, afin que les aubergines perdent leur excès d’eau, mais aussi leur légère amertume.

Rincer les tranches et les sécher avec soin.

Faire chauffer de l’huile d’olive dans une poêle (hauteur 1,5cm environ). Dès qu’elle semble bien chaude (ne surtout pas faire fumer !) y plonger une tranche d’aubergine : si elle rissole avec un joli bruit, et que l’huile mousse légèrement tout autour, c’est parfait, on peut y plonger d’autres tranches (sans qu’elles se chevauchent) et les faire dorer d’un côté, puis les retourner pour cuire la deuxième face (qui cuit souvent beaucoup plus vite !). Les éponger ensuite soigneusement sur du papier absorbant, et procéder de même avec le reste des tranches d’aubergine, en veillant toujours à ne pas faire fumer l’huile (ne pas hésiter à baisser le feu).

Porter à ébullition un grand faitout d’eau salée.

Pendant ce temps, faire rissoler très légèrement dans une large poêle les gousses d’ail coupées en deux avec deux cuillerées à soupe d’huile d’olive. Ajouter les tomates coupées en cubes d’environ 2cm. Saler, et faire mijoter un quart d’heure environ, jusqu’à ce que la sauce ait épaissi. Hors du feu, ajouter la moitié des aubergines coupées en morceaux, le basilic ciselé, et poivrer.

Faire cuire les pâtes al dente, les égoutter, puis servir avec la sauce, le reste des « chips » d’aubergines et quelques copeaux de tomme de brebis.

 

 

Spaghetti d'épeautre alla norma 6

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