{ Et l’okara, on en fait quoi ? }

18 février 2015

{ Et l’okara, on en fait quoi ? }

Partie 1 : idées recettes salées

♥ Végétarien ♥ IG bas ♥

 

1-2Je sais.

Un jour, à la fin d’une recette de lait d’amande maison, je vous ai dit que je vous expliquerais « bientôt » que faire de l’okara qui allait vous rester sur les bras. Et vu que j’ai un tout petit peu oublié, j’espère qu’en l’espace d’un an et demi, vous avez déjà trouvé quelques solutions pour « recycler » ce précieux okara autrement qu’en paillant les rosiers ou remplaçant la litière du chat. Non ? Ah. 

Alors pour me faire pardonner, voici déjà aujourd’hui 3 recettes salées assez sympas. Et « bientôt » (peut-être vers octobre 2017, puisque j’ai dit « bientôt »… ;)) je vous donnerai aussi des idées de recettes sucrées. Vous voilà rassurés.

Mais d’abord, je vais éclairer quelques lanternes, car j’en vois certains qui paniquent un peu derrière leurs écrans d’ordinateur.

C’est quoi l’okara ?

Oh, rassurez-vous, je suis là, à faire la maline avec mon okara, mais ça ne fait pas très longtemps que je connais ce mot savant, et régulièrement je reste hébétée devant bien d’autres mots « super-tendance « , qui ont apparemment fait 5 fois le tour du monde des blogs culinaires, de Face de Bouc et autres réseaux sociaux, qui ont même été vantés par toutes les stars américaines du « shobize » passionnées de cuisine (bon, en même temps y’en a pas beaucoup) mais moi rien à faire, je passe com-plè-te-ment à côté. Genre le chou kale… Mais heureusement, il y a Cléa 😉

9-2Bref, pour en revenir à mon okara, c’est le résidu d’amande, de noisette, de soja ou autre, qui reste dans la passoire une fois qu’on a réalisé un lait végétal. Ce n’est ni très glamour d’aspect (à mi chemin entre le marc de café décoloré, le sable de chantier mouillé et le quignon de pain recrachouillé par un bébé de 6 mois, avec quelques vagues souvenirs de frangipane ratée), ni très parfumé, ni très goûteux. Bref, c’est un résidu quoi. Si on essaye de le manger comme ça, en plus on s’étrangle un peu parce que ça a du mal à descendre le long du gosier, l’okara : ça s’accroche, ça « ponce » la trachée, et si vous essayez de parler en même temps, ou si vous avez attaqué l’okara à la cuillère dans un grand moment de boulimie sans prévoir la cruche d’eau à côté, ça va pas le faire du tout.

Mais… C’est très riche en fibres solubles, en minéraux, en précieux acides gras, et en outre, ça se mange, alors dans un monde où je dois serrer les dents, respirer un grand coup et boire un petit verre de schnaps avant que la caissière m’annonce la note du magasin bio (ou autre…) que je laisse chaque semaine, si ça se mange, et ben on le mange.

Et puis la bonne nouvelle, c’est que vous ne serez même pas obligé, pour « pas gâcher », d’avaler l’okara avec un grand verre d’eau en vous pinçant le nez. Parce qu’une fois un tout petit peu cuisiné, c’est même carrément bon, apportant du moelleux, du liant et même de la saveur une fois que vous y aurez ajouté du sel, du poivre, du safran, du piment d’Espelette, de la moutarde, du tabasco, du wasabi, de la sauce Worcestershire, du nuoc-mam, du miso, du curry, de la harissa, du ras-el-hanout et 3 bouillons knor pour 100g d’okara.

3-2Et les gars, je rigole hein ? Ça c’était pour fabriquer une bombe à l’okara. Parce qu’en vrai, avec juste un peu de sel, de poivre, et deux ou trois ingrédients (pour ne parler que des versions salées), l’okara-pas-jojo se transforme en super recette !

Alors je vous laisse découvrir tout ça, parce que le top, c’est vraiment d’avoir, pour le prix de 100g d’amandes bio en vrac (soit environ 1,60 euros), un litre de sublime lait d’amande maison + 4 petits cakes au chèvre et à l’okara 😉 Ou 1 litre de lait de cajou + 9 petits pains buns tout moelleux. Ou encore 1 litre de lait de noisette + 3 petits pâtés végétariens vraiment trop bons. C’est vous qui faites le choix et ça, c’est vraiment du « recyclage » intelligent…

… pas comme quand on doit, comme chez nous à Ploucs-sur-Isère, enfiler chaque boîte de sardine vide qui pue une par une dans le moloch de tri parce que le trou est trop petit pour y mettre ne serait-ce qu’un tout petit sac, et qu’en plus, pour éviter de polluer la planète, les géniaux ingénieurs en écologie ont trouvé qu’il fallait mieux que des dizaines de milliers d’habitants prennent leur bagnole pour vider leurs poubelles plutôt qu’un seul camion passe chaque semaine, comme au bon vieux temps… Et tout cela au milieu des guêpes (en été), des milliers de moucherons qui vous rentrent dans les narines (en automne), avec des moufles (en hiver), et en costard cravate quand les pauvres maris partent travailler… Avec le jus de maquereau qui fuit du sac de tri sur la moquette du coffre.

Enfin, vraiment désolée pour ce petit coup de sang qui n’a presque rien à voir avec l’okara (si ce n’est que le mot « recyclage » m’a fait voir rouge, d’où cette longue et stupide parenthèse), mais les habitants des communes voisines qui me lisent compatiront (non promis, ce n’est pas moi qui ait incendié plusieurs fois les molochs, je vous avoue que j’en ai eu envie, mais je l’ai pas fait ! N’empêche que j’ai quand même bien rigolé en lisant ça dans le journal)

Et pourtant, j’aime VRAIMENT l’écologie… Le tout, c’est d’essayer de « pondre » par pitié, des initiatives vraiment intelligentes et qui font avancer le schmilblick . Merci !

 

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{ Je vous donnais en octobre 2013 une méthode déjà vraiment simple pour réaliser du lait végétal (avec juste une passoire fine et un filtre à café perpetuel). Mais depuis, je me suis « perfectionnée »… 😉 Je vous laisse découvrir le sac à lait (clic !), c’est encore plus pratique !}

 

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Pâté végétarien à l’okara de noisette, oignons confits et tofu fumé

6-2D’une texture très moelleuse, ce pâté sans viande présente un parfum très « terroir » absolument succulent (et la prochaine fois, j’y ajouterai même une cuillerée à soupe d’Armagnac, non mais ;)). Bien protéiné, riche en fibres qui « calent » et en bonnes matières grasses, un pâté par personne constituera un repas de midi idéal avec du pain complet et une salade.

Ingrédients pour 3 pâtés individuels
Préparation 10 min
Cuisson : quelques minutes à la poêle + 30 min au four

120g d’okara de noisette bien essoré (soit le résidu d’un lait réalisé avec 100g de noisettes sèches)
3 oignons
4 c. à s. d’huile d’olive
2 c. à s. de levure de bière
50g de parmesans râpé (facultatif)
35g de noisettes entières
200g de tofu fumé au bois de hêtre
2 oeufs
2 c. à s. légèrement bombées de farine d’épeautre
1 c. à c. rase de fleur de sel
Poivre 5 baies du moulin
Facultatif : un peu de piment d’Espelette

alt1-2Préchauffer le four à 180°C.

Émincer les oignons, les faire revenir au wok ou à la cocotte en fonte dans l’huile d’olive avec le tofu fumé coupé en cubes et une bonne pincée de sel.

Mélanger souvent, de façon à obtenir une appétissante coloration dorée des sucs, sans risque d’attacher. Quand les oignons sont bien dorés (mais surtout pas brûlés !) ajouter un petit verre d’eau, couvrir et laisser mijoter 5 minutes de plus.

Pendant ce temps, mettre dans le bol d’un robot mixeur tous les autres ingrédients du pâté. Ajouter les oignons et le tofu, puis mixer par brèves impulsions, de façon à garder des petits morceaux (éviter la texture « purée »).

Répartir dans 3 terrines individuelles (ou 3 mini cocottes), et enfourner pour 30 minutes, en baissant la température du four à 150°C au bout d’un quart d’heure pour que le pâté soit bien cuit à cœur, mais pas trop « bronzé ».

Ce pâté se conserve au frais, bien fermé, au moins 5 jours, mais il sera à mon avis encore meilleur savouré tiède avec du pain grillé…

 

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Petits pains buns très doux à l’okara de cajou

7-2C’est fou comme l’okara de cajou apporte de moelleux et de douceur à ces petits pains : ils en sont comme « briochés ».

Inutile de vous faire un dessin, c’est juste une tuerie savouré avec la recette au dessus… N’hésitez pas à ajouter aussi votre okara de noisette ou d’amande à votre recette de pâte à pain habituelle (environ 100 à 110g d’okara, 500g de farine, 30 cl d’eau tiède, 10g de sel, levure). C’est ni vu, ni connu, il n’y a aucun gaspillage et cela enrichit le pain en précieuses fibres solubles, matières grasses de qualité, minéraux, etc.

Un conseil : pour réaliser un lait de cajou (et garder de l’okara) ne laissez pas trop tremper les noix de cajou (1H, c’est bien). Sinon, elles deviendront si tendres, si tendres, que pour peu que vous ayez un bon blender, il vous mixera tout et vous obtiendrez certes un lait particulièrement velouté et crémeux, mais… bye bye l’okara ! Tout aura « fondu » dans le lait 😉

Ingrédients pour 9 pains buns individuels
Préparation : 20 min
Levée 2H
Cuisson : 20 min

500g de farine T130 de grand épeautre
30cl d’eau tiède
1 sachet de levure de boulangerie déshydratée
Environ 110g d’okara de cajou (le résidu d’un lait réalisé avec 100g de noix de cajou sèches)
2 c. à s. de miel liquide d’acacia
8g de sel fin
Graines de sésame blond


 

9-2Mélanger le sel et la farine.

Délayer la levure dans l’eau tiède (jamais plus chaude que 40°C).

Mélanger le tout, ajouter l’okara, le miel, et pétrir une dizaine de minutes à la main ou au robot. Laisser lever environ 1H30, couvert, dans un endroit tiède.

Dégazer la pâte sur un plan de travail bien fariné, en un grand rectangle. L’enrouler sur lui même de façon à obtenir une long boudin. Le recouper en 9.

Façonner chaque morceau de pâte en boule bien régulière, puis les déposer sur une plaque de cuisson chemisée de papier, saupoudrer de sésame et couvrir d’un torchon. Laisser lever 30 min de plus.

Préchauffer le four à 260°C.

Enfourner dans le four brûlant, puis baisser la température à 180°C au bout d’une minute. Surveiller pour que les petits pains ne brunissent pas trop (tout dépend des fours).

Savourer tiède ou à température ambiante, de préférence le jour même car c’est encore meilleur…

 

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5b-2Cakes-repas à l’okara d’amande, chèvre, origan et olives noires

Elle aussi bien protéinée et riche en fibres solubles qui « calent » cette recette super simple se réalise en 3 coups de fouets, et vous pourrez emporter 2 de ces petits cakes pour votre repas de midi au travail (en complétant avec un fruit ou une salade par exemple).

Ingrédients pour environ 4 cakes individuels de la taille d’un gros muffin
Préparation : 10 min
Cuisson : 25 min


100g d’okara d’amande
2 oeufs
110g de bûche de chèvre coupé en cubes
100g de farine complète de grand épeautre T130
1 yaourt de soja
1/2 sachet de poudre à lever
2 c. à c. d’origan séché
2 c. à s. d’huile d’olive
Une douzaine d’olives noires dénoyautées
Une bonne pincée de sel
Poivre 5 baies du moulin
Facultatif : un peu de piment d’Espelette

Préchauffer le four à 180°C.

Mélanger la farine, le sel et la levure dans un saladier.

Ajouter tous les ingrédients sauf le chèvre et les olives, bien mélanger pour obtenir une pâte homogène.

Ajouter le chèvre et les olives, les incorporer à la cuillère de façon à garder des gros morceaux de chèvre (on parle du fromage, bien sûr, pas de l’animal…) dans la pâte.

Répartir dans 4 moules à muffins de taille moyenne, et enfourner pour 25 min en surveillant que les muffins soient bien gonflés, bien dorés, sans que le dessus ne bronze trop vite (cela dépend des fours, mais aussi de la taille et de la forme des moules ou des caissettes à muffins.)

 

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17 grains de sel au sujet de « { Et l’okara, on en fait quoi ? } »

  1. Sylvie

    Vous êtes trop marrante… J’adore vous lire et je vais maintenant essayer les recettes et je fais bcp d' »okara » dont je viens seulement de découvrir que ce ne sont pas que des résidus de soja……
    Merci pour ces bons moments rigolos … mais goûteux : ;o))

    Répondre
  2. arlette

    super et j’ai apprécié vraiment la grande parenthèse sur le tri sélectif !! …
    merci pour vos recettes que je vais essayer en changeant de farine ( gluten)

    Répondre
    1. Marie ChiocaMarie Chioca Auteur de l’article

      Ah, oui, j’avais oublié ce « coup de sang » que je viens de relire en rigolant grâce à vous Arlette 🙂
      Vous me direz si c’était bon avec une autre farine? Cela pourrait aider d’autres personnes qui ont aussi des soucis avec le gluten.
      Bien à vous,
      Marie

      Répondre
  3. Ping : Que faire avec l’okara? | Naturally On...

  4. BONNEVILLE

    Bonjour je découvre ton site suite à « quoi faire avec l’okara » et j’ai beaucoup ri avec le passage sur l’okara à l’état brut! avec le froid qui s’installe, le rire du dedans m’a bien réchauffée; Je vais tenter de congeler une certaine dose d’okara pour faire une belle fournée de muffins; A très bientôt; Cilène

    Répondre
    1. Marie ChiocaMarie Chioca Auteur de l’article

      Merci beaucoup Cilène, je suis heureuse d’avoir pu te faire un peu rigoler avec mes âneries 🙂
      Très belle journée à toi !
      (Et bienvenue sur mon blog !!! ;))
      Marie

      Répondre
  5. Magali

    Bonsoir Marie. Je souhaiterai réaliser ta recette de pâté sans utiliser le tofu. Serait ce possible et par quoi le remplacer ds ce cas ??
    Ici les amandes bio st à plus de 30€ le kilo du coup j’achète le lait en magasin ou je le fais avec des amandes achetées en vrac chez GF comme les noisettes que j’achète entière à 7€90 le kilo….. bonne soirée et merci pour ttes ces idées recettes

    Répondre
    1. Marie ChiocaMarie Chioca Auteur de l’article

      Hélas, je ne vois pas bien par quo remplacer le tofu ici Magali, vraiment désolée…
      Bon courage pour tes essais !
      Marie

      Répondre
  6. Breteau Francine

    coucou
    par les hasards d’internet je tombe sur okara d’amande
    je pose la question « c’est quoi « okara »
    et quel bonheur je tombe sur Marie Chioca
    donc enfin je vais sur ton blog et tes recettes
    Francine de Savoie
    merci pour tes recettes
    j’achète tous tes livres

    Répondre
    1. Marie ChiocaMarie Chioca Auteur de l’article

      Ma chère Francine,
      Je reviens tout juste de vacances (j’étais partie à 500km de mon ordinateur pour me reposer vraiment) et du coup, je te remercie à la fois pour ce petit mot si gentil, et à la fois pour les nouvelles que tu m’as donné par mail perso 🙂
      Je t’embrasse bien amicalement !

      Répondre
    1. Marie ChiocaMarie Chioca Auteur de l’article

      Oui, ils seront probablement un peu plus « rustiques », mais ce n’est pas bien grave.
      Bonne après-midi Déborah 🙂
      Marie

      Répondre
  7. Ping : Carrés gourmands à l'Okara de noix de cajou, mangue et coco - Un songe en cuisine

  8. Ping : Gagner du *temps* en cuisine : petit guide du *meal prep* - Carnet de printemps

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